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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2017 : un des colloques





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Flyer L'ALGÉRIE, TRAVERSÉES
Mise à jour
21/06/2017


DU JEUDI 13 JUILLET (19 H) AU JEUDI 20 JUILLET (14 H) 2017

(colloque de 7 jours)

DIRECTION : Ghyslain LÉVY, Catherine MAZAURIC, Anne ROCHE

ARGUMENT :

"Je pensais alors que "du même pays" voulait dire splendeur côtière,
immensité des paysages, couleur de terre forte, et il m’apparut que
toutes les explications des déchirements
et désastres et luttes historiques
de l’Algérie avaient été grevées d’un grand oubli
."
Nabile Farès, Un Passager de l’Occident

L’Algérie a fait l’objet, ces dernières années, de nombreuses recherches (colloques, publications) axées notamment sur la guerre d’Indépendance. Ce colloque, tout en tenant compte des avancées scientifiques dans le domaine, repose sur un point de vue différent. À partir des divers dénis de la réalité historique, politique et anthropologique, à partir de passés incompris (et voués à se répéter), il entend interroger l’histoire collective et ses entrecroisements avec les histoires individuelles: à quels silences, mutismes, blancs de la mémoire, exils hors de soi, renvoient les souffrances hors langage que chaque histoire singulière (franco-judéo-algérienne) porte en elle?

Il s’agit de faire appel à cette force traversière de la pensée à l’œuvre dans les productions culturelles d’aujourd’hui: textes littéraires et documents historiques, ombres portées d’un présent encore non vécu. Est-ce que le passé a un futur?

Ce colloque, au-delà des spécialistes, s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux multiples perspectives transhistoriques et transculturelles émergeant aujourd’hui comme de nouveaux points de passages entre la France et l’Algérie.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Jeudi 13 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Vendredi 14 juillet
Matin:
Ghyslain LÉVY, Catherine MAZAURIC & Anne ROCHE: Ouverture
Catherine BRUN: Toucher l’ancien présent et le futur déjà là

Après-midi:
Mondher KILANI: Les deux rives de la Méditerranée ou la traversée cannibale
Zineb ALI-BENALI: Écriture de la rupture et de la déliquescence. La littérature algérienne post-décennie noire


Samedi 15 juillet
Matin:
Karima LAZALI: L’impossible en partage
Ghyslain LÉVY: Un temps suspendu

Après-midi:
Charles BONN: L'écrivain algérien et sa relation au lieu d'origine
Claude de LA GENARDIÈRE: Des géographies psychiques où l’Algérie traverse la France

Soirée:
Jacques FERRANDEZ: Mes deux rives [entretien avec Anne ROCHE]


Dimanche 16 juillet
Matin:
Mustapha MESLEM: 1962. Un passé futur, mémoire et amnistie

Après-midi:
Sarah KOUIDER RABAH: Espaces autobiographique et historique dans trois nouvelles de Juives d’Algérie: re-panser les drames de l’Histoire
Rim MOULOUDJ: Représentations de l'Algérie dans l'œuvre d'Anouar Benmalek

Soirée:
Elisabeth LEUVREY: "Alger, mise en ombre". Cinq variations autour des images absentes du film La Traversée commentées par Ghyslain Lévy


Lundi 17 juillet
Matin:
Tristan LEPERLIER: Une littérature en état d'urgence? Controverses autour d'une notion stratégique dans la décennie noire
Anne ROCHE: Pour une histoire contrefactuelle

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée:
Habib TENGOUR: Autour de son livre Traverser [entretien vidéo avec Hervé SANSON]


Mardi 18 juillet
Matin:
Giulia FABBIANO: "Je viens d'un pays qui n'existe plus". Détours d'appartenance postcoloniale
Catherine MAZAURIC: L'Algérie traversée par l'Afrique subsaharienne (Maïssa Bey, Tierno Monénembo)

Après-midi:
Leila SEBBAR: "Le Ravin de la femme sauvage" [entretien avec avec Sabrinelle BEDRANE]
Hadj MILIANI: Traverses culturelles et pluralités créatrices

Soirée:
Habiba DJAHNINE: Projection du film Lettre à ma sœur


Mercredi 19 juillet
Matin:
Amina BEKKAT: L’image de la femme dans les romans algériens des vingt dernières années
Meriem ZEHARAOUI: Les dimensions mémorielles et contestataires dans l’écriture nomade de Malika Mokeddem (N’Zid, 2001 et La Désirante, 2010)

Après-midi:
Stéphane BAQUEY: Déplacements et ancrages de la poésie (ou non-poésie) algérienne contemporaine arabophone et francophone
Hervé SANSON: L’écriture de la catastrophe dans les romans de Sarah Haïdar

Soirée:
Hommage à Nabile Farès
Intervention chorégraphique de Marie-Odile LANGLÈRE


Jeudi 20 juillet
Matin:
Synthèse et conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Zineb ALI-BENALI: Écriture de la rupture et de la déliquescence. La littérature algérienne post-décennie noire
La décennie noire offrait aux écrivains algériens un cadre et des thématiques attendus. On avait parlé de "retour du référent", tant l'événement masquait le travail de l'écriture. Aujourd'hui, quels sont les nouveaux aspects de cette littérature (d'expression française)? Il est possible de s'intéresser au travail de l'écriture, à la déconstruction des séparations et frontières, à l'élargissement de la mémoire historique et littéraire... Quelles sont les nouvelles tonalités de cette littérature qui semble sortie de l'ère des engagements et des résistances (pour les libertés, contre la barbarie)? Écriture de la fin des idéaux et de la "déliquescence"?
Écrivains retenus: Kaouther Adimi, Chawki Amari, Maïssa Bey, Ali Chibani, Kamel Daoud...

Bibliographie
Les Révolutions arabes ne se conjuguent pas au féminin (29 juin 2015), texte en ligne.
"Passages. Écritures francophones, théories postcoloniales", numéro coordonné avec F. Simasotchi-Bronès et M. Mégevand, Littérature, n°154, juin 2009.
"Une généalogie de la parole "harkis". Mémoires des filles, paroles des mères", Les Temps modernes, Harkis 1962-2012: Les mythes et les faits, n°666, nov-déc 2011, p. 186-196.


Stéphane BAQUEY: Déplacements et ancrages de la poésie (ou non-poésie) algérienne contemporaine arabophone et francophone
La littérature algérienne contemporaine, telle qu’elle se déploie depuis la fin des années 1990, tout en étant riche de son plurilinguisme local (littéral et oral), est déplacée par les deux principales littéralités transnationales en lesquelles elle s’écrit, celle de l’arabe et celle du français. Les lieux d’adoption de modèles et de reconnaissance sont pour partie ailleurs, au Machrek ou en France, quand sa pertinence énonciative reste souvent locale, avec le maintien d’un ancrage dans l’espace algérien, même quand cette littérature s’écrit dans l’exil. Les démarches de deux maisons d’édition, El-Ikhtilef et Barzakh, sont exemplaires de cette dualité, avec leurs coéditions au Liban ou en France. De cette littérature "traversée", la poésie est un lieu énonciatif révélateur, du fait, paradoxalement, de sa minorité et de sa relative indétermination dans l’ordre des discours. La poésie est toujours altérée, qu’elle se veuille encore poésie, qu’elle cesse d’être poésie, qu’elle voisine avec d’autres genres du discours (roman, théâtre, journalisme, autobiographie, voire cinéma) ou enfin que l’écriture ne cesse de se référer à la poésie comme à son absence. Cette situation transculturelle et transgénérique de la poésie algérienne contemporaine sera étudiée à partir d’un corpus bilingue d’une génération de poètes ou non-poètes arabophones et francophones, nés entre la fin des années 1960 et le début des années 1980: Bachir Mefti, Khaled Bensalah, Lamis Saïdi, El-Mahdi Acherchour, Mustapha Benfodil et Samira Negrouche.

Stéphane Baquey, Aix-Marseille Université, CIELAM.
Publications
"L’œuvre d’Edward W. Said: un moment critique pour une histoire littéraire méditerranéenne", in Les Orientaux face aux orientalismes, préface de Georges Corm, dir. Ridha Boulaâbi, Paris, Geuthner, 2013, p. 153-184.
"Pierre Larcher, après quelques caprices de la transculturation de la poésie arabe préislamique en langue française", in De miel et de coloquinte. Mélanges en hommage à Pierre Larcher, pour ses travaux de traduction littéraire et de poétique arabe, dir. Katia Zakharia, Quaderni di studi arabi, nuova serie 8. 2013, p. 65-92.
"Le Fou d’Elsa de Louis Aragon et l’ailleurs des romanistes", in Poésie de l’Ailleurs. Mille ans d’expression de l’Ailleurs dans les cultures romanes, dir. Yannick Gouchan et Estrella Massip i Graupera, Aix-en-Provence, Presses de l’Université de Provence, 2014, p. 125-144.
"Traductions en français de la poésie orale berbère et figures d’intellectuels algériens en période de décolonisation", in Rives méditerranéennes, n°50, "Figures d’intellectuels en Méditerranée. XIXe-XXe siècles", dir. Ourania Polycandrioti, 2015, p. 85-100.
"Emmanuel Hocquard, Tanger est Tanger: une poétique de la littéralité et ses contextes", in Une rose est une rose. Michel Parmentier & pratiques contemporaines, dir. Camille Saint-Jacques et Éric Suchère, Paris, Galerie Jean Fournier, coll. "Beautés", 2015, p. 228-241.
"Poésie", in Dictionnaire de la Méditerranée, dir. Dionigi Albera, Maryline Crivello et Mohamed Tozy, Actes Sud, Arles, 2016, p. 1270-1277.


Amina BEKKAT: L’image de la femme dans les romans algériens des vingt dernières années
La représentation de la femme a été au centre des débats et interrogations portant sur le roman algérien. De la mythique Nedjma aux quatre amants jusqu’aux héroïnes de Maissa Bey, plus contemporaines dans leur quête souvent déçue de bonheur, des textes de Boudjedra connotant une virilité dévastatrice aux confidences ultimes d’Assia Djebar, des amours interrompues d'Anouar Benmalek aux figures furtives de la jeune Kaouther Adimi, ces images façonnées par des écrivains et écrivaines ont marqué une évolution de la représentation des femmes. Absente de la trame narrative dans beaucoup de textes écrits après l’Indépendance, l’intrigue amoureuse revient dans certains romans plus récents. Les années 1990 et leur long convoi de souffrances ont permis l’émergence d’une nouvelle façon d’écrire et les femmes, prenant la parole, se sont mises en scène pour d’autres défis, d’autres quêtes. C’est cette évolution que cette communication se propose d’explorer à travers divers exemples.

Catherine BRUN: Toucher l’ancien présent et le futur déjà là
Se demander si le passé algérien a un futur, et lequel, comme voudrait le faire ce colloque, c’est s’interroger sur les inaccomplis dont les accomplis sont gros. C’est donc d’abord revenir sur ces accomplis, sur les fluctuations qui caractérisent leur perception et leurs usages (historiques, politiques, mémoriels). C’est aussi rappeler le statut problématique du présent, grevé par le legs de passés à géométries variables, et hypothéqué par l’à-venir supposé l’orienter. C’est, ainsi,  tenter de voir dans quelle mesure la littérature, non contente de nous mettre au contact des accomplis tus, tente de défaire les inaccomplis prévisibles.

Catherine Brun est professeur à la Sorbonne Nouvelle-Paris 3 et membre de l’UMR THALIM.
Dernières publications
Guerre d’Algérie. Le sexe outragé, CNRS Éditions, 2016.
Guerre d’Algérie. Les mots pour la dire (dir.), CNRS Éditions, 2014.
Algérie, d’une guerre à l’autre (dir.), PSN, 2014.
Engagements et déchirements. Les intellectuels et la guerre d’Algérie, avec Olivier Penot-Lacassagne, Gallimard, 2012.


Giulia FABBIANO: "Je viens d'un pays qui n'existe plus". Détours d'appartenance postcoloniale
1962, année de la proclamation de l’indépendance de l’Algérie, renvoie en France à la consécration d’une république postcoloniale, à l’émergence de nouvelles expressions identitaires et mémorielles ainsi qu'à la création d’un espace d’altérités et d’interpénétrations qu'Etienne Balibar identifie dans la fractale franco-algérienne. Plus de cinquante ans après, ce moment liminal est encore performant dans les projections collectives et les expériences subjectives d’appartenance de celles et ceux qui investissent l’Algérie comme un lieu des origines. À partir de l’ethnographie menée pendant les "retours mémoriels" des populations pied-noir et harkie, l'on étudiera la saillance du passé et son impossible résolution au cœur des imaginaires postcoloniaux qui esquissent une Algérie perdue.

Docteur en sociologie et en anthropologie, Giulia Fabbiano est chercheuse contractuelle à Aix-Marseille Université, associée à l’IDEMEC (Aix-en-Provence) et au Mucem. Elle s'intéresse à l'espace postcolonial franco-algérien, à ses mobilités, à ses narrations identitaires et à ses tropes mémoriels. Ses recherches actuelles portent sur les politiques, les pratiques et les poétiques du revenir en Algérie et, plus largement, sur les circulations entre les deux rives de la Méditerranée.
Publication récente
Hériter 1962. Harkis et immigrés algériens à l'épreuve des appartenances nationales, Presses Universitaires de Paris Ouest.


Jacques FERRANDEZ: Mes deux rives [entretien avec Anne ROCHE]
C'est le titre d'un livre en préparation au Mercure de France dans la collection "Traits et Portraits" dirigée par Colette Fellous. Il sera composé d’une suite de courts chapitres, avec comme fil conducteur mon travail sur l'adaptation en cours de réalisation du Premier Homme d’Albert Camus. En dehors de la relation à Camus, engagée depuis mon travail sur L’Hôte, puis sur L'Étranger (Gallimard 2009 et 2013), il s’agira aussi de traiter de mon rapport à l’Algérie de ma naissance et, plus largement, à la Méditerranée. Notamment l’évocation de l’Histoire commune entre la France et l’Algérie entre 1830 et 1962, sur laquelle j’ai travaillé pendant 25 ans et qui a donné la série Carnets d’Orient aux éditions Casterman, les carnets réalisés à l’occasion de nombreux voyages dans les pays de la Méditerranée orientale, Syrie, Liban, Istanbul, Irak, Bosnie, et la recherche des "Lieux de Guerre" dans cette Méditerranée, foyer de civilisation et de tragédie.

Né en 1955 à Alger, Jacques Ferrandez fait ses études à Nice, à l’École nationale des Arts Décoratifs. Il participe dès 1978 à la revue À Suivre des éditions Casterman, où il publie ses deux premières BD, Arrière-pays puis Nouvelles du pays, soit la vie quotidienne d’un petit village de Haute-Provence. Mais ce sont les Carnets d’Orient qui, de 1987 à 2009, lui valent une large reconnaissance. Jacques Ferrandez narre en dix volumes l’histoire commune entre la France et l’Algérie, de la conquête en 1830, à l’indépendance en 1962. En 2012, il reçoit le prix spécial du jury de la revue Historia pour l’ensemble de la série. Il publie dans le même temps de nombreux carnets de voyages sur les pays de la Méditerranée. Il adapte Camus en bande dessinée, avec L’Hôte en 2009 et  L’Etranger en 2013, chez Gallimard. Il travaille actuellement sur l’adaptation du Premier Homme à paraître en septembre 2017 simultanément avec un ouvrage intitulé Mes deux rives qui paraîtra également en septembre 2017 au Mercure de France dans la collection "Traits et Portraits", dirigée par Colette Fellous.

Mondher KILANI: Les deux rives de la Méditerranée ou la traversée cannibale
Dès qu’il s’agit d’histoire, de mémoire et d’identité, on est immanquablement pris dans des représentations qui opposent progrès et obscurantisme, repli et ouverture, l’autre et soi, avec tout ce que cela suppose d’incompréhension et de déni. Comment sortir de ce dilemme qui est à la fois notre horizon et notre obsession? Il en est ainsi particulièrement de ceux et celles qui proviennent des deux côtés de la Méditerranée, traversé(e)s qu’ils/elles sont par de multiples et contradictoires héritages, parcours, projets et utopies. Des problèmes pris eux-mêmes dans des enjeux de fidélité et d’exil, d’assimilation et de rejet, de servitude volontaire et d’émancipation. À cet égard, j’aimerais m’aider de la métaphore "cannibale" afin de décrire cette situation et de montrer comment, malgré les rejets et les dénégations, l’identité du moi se nourrit du point de vue de l’autre.

Mondher Kilani est anthropologue, professeur honoraire à l’université de Lausanne. Ses intérêts portent sur l’histoire et l’épistémologie de l’anthropologie; sur le cannibalisme et le sacrifice; sur la guerre et la violence extrême.
Publications
Anthropologie. Du local au global, Paris, Armand Colin, 2012 (trad. italienne).
Pour un universalisme critique. Essais d’anthropologie du contemporain, Paris, La Découverte, 2014.
Tunisie. Carnets d’une révolution, Paris, Éditions Pétra, 2014 (trad. italienne).
Fragments d’un discours cannibale, Paris, Seuil, à paraître en 2017.


Sarah KOUIDER RABAH: Espaces autobiographique et historique dans trois nouvelles de Juives d’Algérie: re-panser les drames de l’Histoire
Dans le recueil de nouvelles autobiographiques Une enfance juive en Méditerranée musulmane, l’auteure franco-algérienne Leila Sebbar a rassemblé plusieurs écrivains juifs pour qu’ils racontent leurs souvenirs, individuels mais souvent communs, dans une terre éprouvée par une Histoire millénaire faite de conquêtes et de brassage culturel. D’une rive à l’autre, des femmes et des hommes sont revenus sur leur enfance, sur leur ville natale ou sur un sentiment de nostalgie jamais estompé, en dévoilant, à coups de confidences, de stratégies scripturaires particulières ou de digressions génériques, le statut minoritaire du Juif en Méditerranée interculturelle. Nous retenons, pour cette communication, trois nouvelles: celles de Joelle Bahloul et de Alice Cherki, toutes deux ayant vécu à Alger, et celle de Line Meller-Said racontant Blida, ville des tourments enfantins. Nous proposons, pour ces trois témoignages aux tonalités à la fois féminines et historiques, une étude générique afin d’examiner le discours du Moi intime en relation avec le Moi social, précisément celui en rapport à l’Histoire, tout en instaurant une réflexion sur le rapport à l’Autre dans l’Algérie colonisée des années cinquante/soixante qui s’apprête à vivre son Indépendance, pour mieux cerner le système de représentations chez ces écrivaines et les effets que pourraient induire au sein d’une œuvre les différentes interactions lors du processus de l’écriture.

Claude de LA GENARDIÈRE: Des géographies psychiques où l’Algérie traverse la France
Des géographies psychiques se découvrent parfois dans la langue des personnes accueillies chez le psychanalyste. Elles permettent des passages, des traversées de mots, d’un pays à l’autre, d’une langue à l’autre, d’une donnée historique à une autre, d’un registre intime, inconscient, à un registre politique ou historique. Passages effectués parfois en sens inverse et qui impliquent aussi bien l’analyste que l’analysant. Ces constructions peuvent s’appuyer sur les silences de l’Histoire, sur les dénis politiques, pour fortifier des occultations psychiques imposées par le traumatisme. Mais parfois, c’est bien grâce au drainage souterrain qu’opèrent dans la géographie psychique du sujet ce que j‘ai nommé "des signifiants maquisards" que peuvent être fécondés des pans entiers d’une Histoire en mal d’inscription chez le sujet mais aussi dans la société ou les sociétés concernées.

Claude de La Genardière est psychanalyste à Paris.
Publications (où sont travaillées les thématiques liées à l’histoire de l’Algérie et de la France)
Rue Freud, Hermann, 2013.
"D’une Algérie à l’autre. Des parcours narratifs entre histoire et psychanalyse", in Individu, récit, histoire, Sous la direction de Maryline Crivello et Jean-Noël Pelen, Publications de l’Université de Provence, collection "Le temps de l’histoire", 2008.
"Des signifiants maquisards", in Les Lettres de la SPF, Société de psychanalyse freudienne, n°28, 2012, numéro intitulé La guerre sans trêve.
Blog "Rue Freud" où ces thématiques sont également présentes.


Karima LAZALI: L’impossible en partage
Nous souhaitons par cette intervention déplier comment l'Algérie est devenue le nom et lieu d'une passion intraitable, d'un ravage et d'une déchirure dans son histoire avec la France et au-delà. Depuis la guerre et malgré l'indépendance, quelque chose de la destruction continue à traverser les subjectivités et les tissages sociopolitiques dans un réel qui peine à se transformer, à se métaphoriser et à produire ainsi une nouvelle histoire, dépourvue de résonance avec la violence historique. Comment et par quels rouages de l'intime et du collectif, ici et là, l'Algérie ne cesse-t-elle d'être le nom d'une passion qui scelle l'Impossible d'un partage?

Tristan LEPERLIER: Une littérature en état d'urgence? Controverses autour d'une notion stratégique dans la décennie noire
La littérature algérienne des années 1990, en particulier celle écrite en français et publiée en France, est aujourd’hui étiquetée comme une "littérature de l’urgence", ce qui est généralement un jugement esthétique négatif. Comme la "littérature de témoignage" à laquelle l’"urgence" est associée, cette littérature, présentée comme homogène, serait moins préoccupée de recherches esthétiques que d’engagement politique et de représentations macabres de la guerre civile en direction d’un public français ethnocentrique en mal d’exotisme et considérant les écrivains francophones venant des périphéries comme des informateurs. Ce jugement n’est certes pas dénué de fondements. Cependant, nous insisterons sur les origines stratégiques de la notion de "littérature de l’urgence" qui, d’instrument de promotion au sein de la revue Algérie Littérature/Action, est devenue une étiquette infamante dans la lutte des écrivains contre l’importance croissante des journalistes dans le champ intellectuel, avant d’être récupérée par la nouvelle génération d’écrivains apparus à la fin de la guerre civile, en particulier autour de l’avant-garde bilingue constituée en Algérie par les éditions Barzakh et El-Ikhtilef, pour contrer la domination de leurs aînés francophones publiant en France, Malika Mokeddem apparaissant comme la figure bouc-émissaire.

Tristan Leperlier a obtenu son doctorat de l’EHESS en littérature et sociologie, avec une thèse intitulée "Une guerre des langues? Le champ littéraire algérien pendant la "décennie noire" (1988-2003): Crise politique et consécrations transnationales" (à paraitre chez CNRS éditions).

Elisabeth LEUVREY: "Alger, mise en ombre". Cinq variations autour des images absentes du film La Traversée commentées par Ghyslain Lévy
Il s'agira de la projection de cinq séquences de rushes d'arrivées sur Alger et de départs d'Alger tournées depuis différents espaces du bateau: un pont, une passerelle, un poste de manœuvre... à différents moments de la journée: un petit matin, un crépuscule, une nuit... Des images soumises au regard et au commentaire de Ghyslain Lévy, passager du passé qui nous livre au présent sa "traversée des images de la mémoire". La proposition faite au spectateur est de découvrir des images commentées au moment même où elles sont elles-mêmes découvertes par celui qui les commente.
Elisabeth Leuvrey introduira cette projection en revenant sur la raison de l'absence de ces séquences dans son film La Traversée et leur place dans le Malus du DVD qui accompagne le film.

Elisabeth Leuvrey est issue de cinq générations d’Européens de la Méditerranée dont les anciens, de leurs rivages siciliens, espagnols et français, s'embarquèrent un jour pour une traversée qui s'acheva dans la baie d’Alger. Bien des années plus tard, leurs descendants refranchissaient la mer pour un exil en France. Née en 1968 à Alger, c'est en 1974, douze ans après l'indépendance algérienne, qu'elle arrive en France avec sa famille.
Après des études à l'Institut de Langues Orientales de Paris, elle tourne en 1998 un premier court métrage en 35mm, Matti Ke Lal, Fils de la Terre puis La Traversée (version TV 55' en 2006 et long métrage d'1h12 en 2013) et récemment At(h)ome, moyen métrage de 53 min et Oh, tu tires ou tu pointes? court métrage de 13 min.


Ghyslain LÉVY: Un temps suspendu
Comment j’entends "Un temps en suspens"? C’est là une figure du temps dans lequel je me sens encore pris, dans le suspens qui me retient, puisque je ne suis jamais revenu en Algérie depuis 1962... En même temps je ne cesse d’y revenir en rêves, ce qui est bien, de cette Algérie en suspens pour moi, le lieu d’un retour rêvé, comme si depuis mon départ, quelque chose en moi continuait de dormir et de rêver. De cette figure du suspens qui me tient entre rêve et réalité, entre sommeil et veille, de ces traversées nocturnes vers une Algérie de rêve, je voudrais faire une forme d’écriture qui approcherait ce qui est si difficile à énoncer plus clairement mais qui me tient peut-être somnambule sur le fil d’un désir vers l’inconnu (et non pas d'un retour vers le connu)...

Leila MAROUANE: La flaque [entretien avec Ghyslain LÉVY]
"Elle est une. Elle est plusieurs. Elle est mythique. Elle est apocalyptique. Elle est contes. Elle est légendes. Elle est histoire. Elle est civilisation. Romaine, phénicienne, ottomane, gauloise, berbère, égyptienne, juive, latine, sarrasine, numide, fatimide, grecque, arabe... elle ne sait plus où donner de la tête. Elle est femme, elle est homme. Elle est virile, elle est féminine. Elle est ange, elle est démon. Elle est androgyne, elle est asexuée. Polyglotte, elle dit habibi, chéri, carissimi... Mystique, lettrée, elle lit la genèse la Torah, la Bible, le Coran. Illettrée, acculturée, elle est amère, elle est éclopée. Avenante, blessante, elle est amour, elle est haine. Elle enfante des prophètes et des despotes, des poètes et des bandits... elle ne sait plus qui elle est".

Catherine MAZAURIC: L'Algérie traversée par l'Afrique subsaharienne (Maïssa Bey, Tierno Monénembo)
À l’appréhension binaire de littératures africaines clivées par une frontière saharienne et mélanique, Tierno Monénembo répond en 1988, depuis son expérience algérienne, que "l’Afrique n’est jamais qu’un immense voyage" et qu’un "flux secret, rampant" cheminant au long des routes transsahariennes fait de l’Afrique noire "le non-dit du Maghreb". Celui-ci épouse, dans Bled (2016), la figure irruptive d’une course éperdue, celle d’une Zoubida affrontée aux clôtures, et cette "décharge" (pour reprendre un mot de Chamoiseau) rappelle celles des personnages de Maïssa Bey dans Cette fille-là (2001). On peut déceler, en ces trajectoires fugitives, un balancement entre "l’illusion des racines" et l’histoire comme "errance et perpétuelle traversée, barque de passeur qui ne se fixe à aucune rive", ainsi que Tahar Djaout l’écrivait de son côté en 1988.

Catherine Mazauric est professeur de littérature à Aix Marseille Université, directrice adjointe du CIELAM.
Publications récentes
La Question de l’auteur en littératures africaines, avec Anne Begenat-Neuschäfer, Peter Lang, 2015.
La Migration prise aux mots. Mises en récits et en images des migrations transafricaines, avec Cécile Canut, Le Cavalier bleu, 2014.
Littératures et migrations transafricaines, Études littéraires africaines, 36/2013, avec Alioune Sow.
Mobilités d’Afrique en Europe. Récits et figures de l’aventure, Karthala, 2012
.

Mustapha MESLEM: 1962. Un passé futur, mémoire et amnistie
Au-delà du malaise que suscite la question algérienne chez des millions de personnes, nous interrogerons le refus de partager les origines, à partir d’une approche multiréférentielle: comment ce déni laisse-t-il trace dans la culture? Quel est le travail de culture qui accompagne les passants que nous sommes? Quel passé pour l’Algérie? Quel futur pour l’Algérie? Que doit-on traverser pour ne pas sombrer? Nous considérerons l’espace et le temps à partir d’une histoire où la subjectivité trouve place.

Bibliographie
Politiques de l’inimitié, Achille MBEMBE, La Découverte.
La traversée du mal. Entretiens de Jean LACOUTURE et Geneviève ANTHONIOZ-DE GAULLE avec Germaine TILLON.
Franz Fanon, portrait, Alice CHERKI, Le Seuil.
L’immigration algérienne en France (1976), Abdelmalek SAYAD, Éditions Entente.
L’immigration ou les paradoxes de l’altérité (1991), Abdelmalek SAYAD, De Boeck Université.
La double absence: les illusions de l’émigré aux souffrances de l’immigré (1999), Abdelmalek SAYAD, Le Seuil.


Hadj MILIANI: Traverses culturelles et pluralités créatrices
Par des parcours singuliers, une expression artistique dynamique et volontaire se déploie aujourd’hui en Algérie. Au théâtre, dans la chanson, la bande dessinée ou le cinéma, jeunes créateurs ou artistes plus reconnus expérimentent des voies créatives qui approfondissent des thématiques et des formes déjà établies ou inaugurent des modes et des formes plus rares ou inconnues. Notre propos est moins de dresser un bilan des genres ou des domaines artistiques que de caractériser la fécondité artistique au travers des lignes de forces qui seraient la langue et ses usages et le re-cadrage de thématiques convenues. Il sera question également de la manière dont se "bricolent" les influences de la mondialisation culturelle.

Hadj Miliani est professeur de littérature, Université Abdelhamid Ibn Badis, directeur de recherche associé au CRASC.
Dernières publications
2016, Productions et réceptions culturelles. Littérature, musique et cinéma (direction ouvrage collectif), Oran, CRASC.
"Sur la chanson oranaise: une synthèse historique", in Productions et réceptions culturelles. Littérature, musique et cinéma.
"Une enquête au pays. Pratiques de lecture chez les étudiants de langue française en Algérie. Étude d’un sondage", in Productions et réceptions culturelles. Littérature, musique et cinéma.
2016, "Éléments pour une étude des entrepreneurs culturels et des expériences théâtrales en régime colonial en Algérie: 1950-1962", in "Variations culturelles", Insanyat, n°67, janvier-mars 2015 [parution février 2016].
2015, "Constructions filmiques et figures de la ville dans le cinéma algérien", in La ville méditerranéenne au cinéma (sous la direction de Alain Brenas et Toufic El-Khoury), collection "Cinématographies", Orizons éditions, Paris.
2015, "Diasporas musiciennes et migrations maghrébines en situation coloniale", in VOLUME !, n°12-1, "Avec ma gueule de métèque", novembre 2015, Éditions Seteun.


Rim MOULOUDJ: Représentations de l'Algérie dans l'œuvre d'Anouar Benmalek
Anouar Benmalek est l’auteur d’une œuvre imposante, inlassablement hantée par les images d’une Algérie au passé trouble et à l’avenir encore plus incertain. Les destinées individuelles qui habitent ses textes se font ainsi l’écho d’amertumes et de tensions qui s’inscrivent dans une collectivité tourmentée. Notre réflexion se concentrera sur la représentation de l’Algérie dans les romans d’Anouar Benmalek à travers les destins singuliers de personnages anodins qui se heurtent pourtant à la férocité de la grande histoire en marche. Une histoire dont les répercussions demeurent visibles de génération en génération, incarnant ainsi la violence tragiquement cyclique qui submerge le pays, compromettant continuellement son avenir.

Rim Mouloudj est maître de conférences en littérature et langue française à l'Université Lounici Ali (Blida II). Sa recherche doctorale a porté sur les représentations de la violence dans la littérature africaine.
Ouvrages collectifs
L'Anthologie Lire L'Afrique, sous la direction de Amina Azza Bekkat (2010).
Le Dictionnaire des écrivains francophones classiques, sous la direction de Christiane Chaulet Achour (2010).
Le Dictionnaire des écrivains algériens de langue française, sous la direction de Bekkat Amina Azza Bekkat (2014).
Créativité littéraire en Tunisie, sous la direction de Najib Redouane (2015).


Anne ROCHE: Pour une histoire contrefactuelle
Rêves de gloire de Roland Wagner (2011) met en scène un vieux monsieur nommé Albert Camus, qui n’est pas mort dans un accident de voiture, mais qui écrit un livre imaginant "une autre Algérie" que celle que nous connaissons ou croyons connaître. Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud (2014) inverse à sa manière l’histoire de L’Étranger, cependant qu’À nos frères blessés de Joseph Andras (2016) poursuit paradoxalement le rêve camusien d’une Algérie où toutes les communautés auraient pu vivre ensemble. Le point commun de ces textes et de quelques autres est de ne pas se contenter du réel et de ses évidences, mais de tracer des lignes alternatives, de "futur dans le passé", de futur pour notre présent.

Hervé SANSON: L’écriture de la catastrophe dans les romans de Sarah Haïdar
Je fais le pari de nommer "écriture de la catastrophe" le projet d’écriture de Sarah Haïdar: catastrophe en son sens propre, convenu, celui d’un événement inattendu, bouleversant, suscitant des conséquences majeures et irréversibles, mais aussi depuis son origine grecque: katastrophê, l’art de tourner le vers, la strophe, en sa chute, et partant, l’art de la chute au théâtre. Autrement dit: la catastrophe doit pouvoir s’incarner dans/par l’œuvre. Ainsi, Sarah Haïdar dans Virgules en trombe (2013) ou La morsure du coquelicot (2016) allie-t-elle à la dénonciation socio-politique présente dans son œuvre un souci formel aigu, qui consiste à dire que le dit de la catastrophe ne peut faire l’économie d’une réflexion sur la structure de l’œuvre. Ne peut qu’exhausser la ruine qui la fonde.

Leila SEBBAR: "Le Ravin de la femme sauvage" [entretien avec avec Sabrinelle BEDRANE]
Nous partirons du Ravin de la femme sauvage, en Algérie, près du Ruisseau, où une femme, originaire de Saint-Lô selon certaines versions, se rendait tous les lundis de Pâques pour pique-niquer avec ses fils. Les fils ont joué, puis ont disparu dans ce ravin tandis que la mère admirait le paysage. Le ravin est devenu le lieu des cris de douleur de cette femme, puis, avec Leila Sebbar, le lieu des cris de révolte. Du recueil Le Ravin de la femme sauvage aux deux recueils récents (2016 et 2017), quelles visions de l’Algérie?

Leila Sebbar est née à Aflou, en Algérie, d’un père algérien et d’une mère française, tous deux instituteurs. Elle vit en France depuis l’âge de vingt ans. Auteure de nombreuses nouvelles (dont le dernier recueil, L’Orient est rouge paru en 2017), de nombreux romans, de récits autobiographiques, elle a édité plusieurs recueils de récits de soi (dont le dernier en 2016, Une enfance dans la guerre, Algérie, 1954-1962).

Habib TENGOUR: Autour de son livre Traverser [entretien avec Hervé SANSON]
Habib Tengour a publié son poème Traverser chez Rumeur des âges la toute première fois en 2002. Le dramaturge Alain Rais adapte pour la scène parisienne en 2006 ce poème en l’articulant avec d’autres extraits des œuvres de l’écrivain algérien. En 2016, les éditions Apic en Algérie rééditent le poème Traverser, suivi de son adaptation théâtrale. À l’occasion du colloque "L’Algérie, traversées", nous organiserons l’échange autour des problématiques suivantes: comment faire le passage du poème à l’adaptation scénique? Lorsqu’un livre est publié réunissant les deux entreprises, celle du poète et celle du dramaturge, qu’arrive-t-il à la signature? à la position auctoriale de l’un et de l’autre? Enfin, mais ce n’est pas la moindre des questions: qu’arrive-t-il à l’expérience de l’exil et à sa restitution, lorsque le poème migre à la scène? Cet entretien tâchera de dérouler ces différents fils.

Habib Tengour, poète et anthropologue, est né en 1947 à Mostaganem. Il a publié plus d’une quinzaine d’ouvrages (poésie, prose, essais). Enseignant-chercheur en sociologie et anthropologie à l’Université de Constantine, puis Paris 7 et Evry-Val d’Essonne, il coordonne actuellement une équipe franco-algérienne pour réaliser une édition génétique et critique ITEM-CNRS de l’œuvre poétique complète de Mohammed Dib en 2020.

BIBLIOGRAPHIE :

Base de données bibliographiques: http://www.limag.refer.org/

Charles Bonn, Lectures nouvelles du roman algérien. Essai d’autobiographie intellectuelle, Classiques Garnier, 2016.
Catherine Brun (dir.), Guerre d’Algérie / Les mots pour la dire, CNRS Éditions, 2014, et Algérie, d’une guerre à l’autre, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2014.
Giulia Fabbiano, Hériter 1962. Harkis et immigrés algériens à l’épreuve des appartenances nationales, Presses universitaires de Paris-Ouest, 2016.
Alice Kaplan, En quête de "L’Étranger", Gallimard, 2016.
Mondher Kilani, Pour un universalisme critique. Essai d’anthropologie contemporaine, La Découverte, 2016.
Karima Lazali, La parole oubliée, Erès 2015.
Catherine Mazauric, Mobilités d’Afrique en Europe. Récits et figures de l’aventure, Karthala, 2012.
Crystel Pinçonnat, Endofiction et fable de soi. Écrire en héritier de l’immigration, Classiques Garnier, 2016.
Benjamin Stora, Histoire de l'Algérie: XIXe et XXe siècles, La Découverte, 2012.
Benjamin Stora, Les Clés retrouvées. Une enfance juive à Constantine, Stock, 2015.
Lucette Valensi, Juifs et musulmans en Algérie, Tallandier, 2016.

Avec le soutien
d'Aix-Marseille Université (Cielam, EA 4235)
et du Réseau-Mixte LaFEF (Réseau mixte Langue française & Expressions francophones)
[Université Rennes 2, Institut Français d’Algérie, Ministère de l’Enseignement Supérieur
et de la Recherche d’Algérie]


Université d'Aix-Marseille
Cielam, EA 4235

Réseau-Mixte LaFEF
Université Rennes 2
Institut Français d’Algérie
Ambassade de France en Algérie Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche d’Algérie