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Programme 2018 : un des colloques


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Flyer L'USAGE DES AMBIANCES
UNE ÉPREUVE SENSIBLE DES SITUATIONS

English Version
Mise à jour
20/07/2018
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DU MARDI 4 SEPTEMBRE (19 H) AU MARDI 11 SEPTEMBRE (14 H) 2018

( colloque de 7 jours )

DIRECTION : Didier TALLAGRAND, Jean-Paul THIBAUD, Nicolas TIXIER

Colloque à l'initiative de l’Unité de recherche de l’ESAAA et de l’équipe CRESSON (UMR AAU)

ARGUMENT :

Les ambiances et les atmosphères sensibles se prêtent à une grande diversité d’usages, que ce soit dans le domaine de l’art, de l’urbain ou des sciences sociales. Comment les ambiances contribuent-elles à mettre les situations ordinaires à l’épreuve du sensible? En quoi ouvrent-elles de nouvelles pistes en matière de pratique artistique, d’expérimentation méthodologique ou d’exploration théorique? Qu’en est-il d’une socio-esthétique située, attentive aux percepts et aux affects qui imprègnent nos milieux de vie et infusent les sensibilités contemporaines?

De telles questions traverseront le colloque selon une triple exigence: d’une part, une attention particulière sera portée aux échanges, apports réciproques et questionnements communs entre le monde de l’art et celui des sciences sociales; d’autre part, il s’agira d’initier une rencontre, d’ouvrir un dialogue inédit avec la pensée anglo-saxonne en la matière, mettant en résonance et en discussion l’approche des ambiances et celle des atmosphères; enfin, l’usage des ambiances sera passé aussi bien au filtre des enquêtes et des théories qu’à celui des pratiques effectives et des expériences situées. Les journées seront organisées de manière à alterner activité réflexive et expérimentations concrètes, à mettre en partage des expériences autant qu’à mettre en débat des arguments.

D’une certaine manière, l’usage des ambiances conduit à expérimenter une nouvelle forme de colloque, entre discussion scientifique et expérimentation artistique. Amorcée par une virgule matinale produite par des doctorants, chaque journée alternera des communications suivies de débats, interventions et tables rondes avec des propositions esthétiques produites par des jeunes artistes pour se conclure en soirée par de petites formes performatives.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Mardi 4 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants

Virgules matinales [présentation]
Moments sensibles [présentation]
Petites formes performatives [présentation]


Mercredi 5 septembre
Matin:
L’usage des ambiances
Didier TALLAGRAND, Jean-Paul THIBAUD & Nicolas TIXIER: Introduction
Gonçalo M. TAVARES: Lieux, corps, littérature [conférence-lecture]

Après-midi:
Quelles formes de la sensibilité moderne?
Animation: Céline BONICCO-DONATO
Nia PERIVOLAROPOULOU: Des ambiances urbaines au cinéma
Philippe SIMAY: La ville-pharmakon: vers une thérapeutique des ambiances urbaines

Soirée:
Lecture
Alexandre COSTANZO:
Benjamin


Jeudi 6 septembre
Matin:
Ce que peut un sol
Animation: Laurent DEVISME
Paola VIGANÒ [conférence]

Après-midi:
Passages du sensible [présentation]
Animation: Pascal AMPHOUX
Andres BOSSHARD: "Les écouteurs ne produisent pas de rafales de vent" (Die Kopfhörer erzeugen keine Windstösse)
Pierre LAFON: De l'expérience de la vacuité et de l'éphémère dans la pratique de l'architecture
Alexander RÖMER: "Faire ensemble" (ou bien le passage de l'action éphémère au temps long du projet)
Daniel SCHLAEPFER: "Mais où est donc passé le bleu?"

Soirée:
Projection
Stephen LOYE: Le "\vɛʁ\noir"


Vendredi 7 septembre
Matin:
Quel devenir de la sensibilité contemporaine?
Animation: Anne BOSSÉ
François J. BONNET: Monde-Signe et Monde-Gouffre
Marc BREVIGLIERI: Soulèvement

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée:
L'expérience des itinéraires
Hommage à Jean-Yves Petiteau
En présence de Bernard RENOUX


Samedi 8 septembre
Journée anglophone avec traduction [Sophie PROVOST]
Matin:
Ambiances vs Atmospheres?
Animation: Ola SÖDERSTRÖM
Derek McCORMACK: Atmospheres and the elemental
Olivier LABUSSIÈRE: Ambiance, an introductory experience to our ordinary environment

Après-midi:
Some modes of existence of atmospheres (Quelques modes d’existence des ambiances)
Animation: Damien MASSON
Friedlind RIEDEL: Moods and Modes. Thinking Atmosphere through Music
Izabela WIECZOREK: Atmospheres in formation: affective thresholds, immersive fields and active boundaries

Author (Derek McCORMACK) Meet critics (Rainer KAZIG and Gretchen SCHILLER)

Soirée (ouverte au public):
Création sonore
Giuseppe GAVAZZA: Toucher / jouer le son
Julien CLAUSS: De la radio à l'Ambient music: des sons dans l'air


Dimanche 9 septembre
Journée anglophone avec traduction [Sophie PROVOST]
Matin:
What do you mean by affect? (Qu'entendez-vous par affect?)
Animation: Niels ALBERTSEN
Paul SIMPSON: The Ambiguity of Affect
Tonino GRIFFERO: What an atmospheric feeling can do? Emotional games and critical distance

Après-midi:
How to sensitize interior space? (Sensibiliser l’espace intérieur?)
Animation: Bruno QUEYSANNE
Marc WINZ: Ambiances urbaines and atmospheres in research on the city-psychosis nexus
Emmanuel DOUTRIAUX: Affordances de l’ambiance / Architectures du commun

Dialogue: Jean-François AUGOYARD et Jean-Pierre PÉNEAU

Soirée:
Projection
Naïm AÏT SIDHOUM: Une fiction dans le parc


Lundi 10 septembre
Matin:
Des formes secondes
Animation: Jennifer BUYCK et Naïm AÏT-SIDHOUM
Conversation avec Pierre-Damien HUYGHE

Après-midi:
Des ambiances de pensée [présentation]
Animation: David ZERBIB
Noëlle BATT: Plasticité conceptuelle. Des vertus du flou, du vague, du mal délimité ou de l’indéterminé pour l’exercice de la pensée
Thierry MOUILLÉ: L'ambiant rotatif, en oui bémol et non dièse
Pauline NADRIGNY: Écouter, penser: Thoreau, Ives et l’ambiance de la forêt

Soirée:
Projection
Jean-Marc CHAPOULIE: Re:re-Méditerranée

The Party


Mardi 11 septembre
Matin:
Clôture: L'usage des ambiances
Restitution performée du Workshop "Design & espace"
Restitution dialoguée artistes / jeunes chercheurs
Débat: Quels dialogues entre art et ambiance?

Après-midi:
DÉPARTS



* Virgules matinales
Des doctorants travaillant sur les ambiances introduisent chaque matinée par un témoignage de terrain, une expérience de recherche: Ryma HADBI, Gwendoline L'HER, Juste PECIULYTE, Vanessa STASSI, Maïlys TOUSSAINT, Sarah VAN HOLLEBEKE

* Moments sensibles
De jeunes créateurs rendent compte par de productions artistiques d’un lieu, d’une situation, d’une ambiance: Diane AUBRUN, Léo BAUDY, Dorian DEGOUTTE, Jérémy LANCHON & Marion RAIMBAULT (Collectif La Meute), Quentin LAZZARESCHI, Hedi Ali MESTIRI, Linda SANCHEZ, Florence SCHMITT, Joana TEULE

* Petites formes performatives
Présentation courte d’un travail de recherche et de production artistique: Naïm AÏT-SIDHOUM [Une fiction dans le parc], Jean-Marc CHAPOULIE [Re:re-Méditerranée], Julien CLAUSS [De la radio à l'Ambient music: des sons dans l'air], Alexandre COSTANZO [Benjamin], Giuseppe GAVAZZA [Toucher / jouer le son], Stephen LOYE [Le "\vɛʁ\noir"], ainsi qu'un hommage à Jean-Yves PETITEAU

* Workshop "Design & espace"
Des étudiants en master Design & espace questionnent le CCIC, ses lieux, ses atmosphères et ses débats: Jérémie NICOLAS, Adeline OFFRET, Margaux PINTO, Sonia REYNOSA ALVARADO, Marine RIEUNIER, Anita SANCHEZ, Lana STEILER, Xu YAN, Xiyuan ZHANG.

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Niels ALBERTSEN
Niels Albertsen, social scientist (origin political science), professor emeritus at the Aarhus School of Architecture, Denmark. Research into urban and social theory, architectural and design theory, the sociology of the architectural profession, the sociology and philosophy of art. Head of the Department of Landscape and Urbanism (2003-2011), Co-director of the Centre for Strategic Urban Research (2004-2015).
Publication:
"Atmosphere: Power, Critique, Politics. A conceptual analysis" in Nicolas Rémy & Nicolas Tixier (eds.): Ambiances, tomorrow, Volos, 2016.


Pascal AMPHOUX
Architecte et géographe. Professeur à l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes. Activité indépendante de praticien et de consultant sur de nombreux projets architecturaux, urbains et/ou environnementaux (Bureau CONTREPOINT, Projets urbains, Lausanne). Chercheur au Centre de Recherches sur l’Espace Sonore et l’Environnement Urbain (CRESSON, École d’Architecture de Grenoble, UMR CNRS). Expert auprès de diverses institutions suisses, françaises ou européennes et notamment membre du conseil scientifique "Passages" à l'Institut pour la Ville en Mouvement (VEDECOM, Paris).
Auteur de nombreux ouvrages et publications scientifiques portant sur l'environnement sonore et urbain, et de façon plus spécifique, sur les rapports entre la pratique du projet, l'esthétique paysagère et les méthodes des sciences sociales.


Jean-François AUGOYARD
Jean-François Augoyard est Directeur de recherche CNRS honoraire. Avec une formation en philosophie, sociologie, urbanisme et musicologie, il enseigne d'abord à l'Éducation Nationale puis entreprend une carrière de chercheur et d’universitaire. Ses travaux principaux portent sur les pratiques quotidiennes (marche, écoute), l'action artistique et l’expérience esthétique en milieu urbain. Fondateur du Centre de Recherche sur l'Espace sonore (1980) il a été co-fondateur, en 1992, du laboratoire "Ambiances architecturales et urbaines" et d’une formation doctorale sur le même thème. Outre quatre ouvrages (dont deux traduits en anglais et italien), il a publié de nombreux chapitres, articles et communications. Professeur ou conférencier invité en Europe, Chine, Amérique du Nord et du Sud,  il a enseigné régulièrement dans tous les cycles universitaires à Vincennes, Paris X, Grenoble (Université des SHS et ENSAG).

Noëlle BATT: Plasticité conceptuelle. Des vertus du flou, du vague, du mal délimité ou de l’indéterminé pour l’exercice de la pensée
À partir du théorème de von Fœrster, présenté par Henri Atlan et Benny Shanon et qui énonce la nécessité d’un certain degré d’indétermination pour un bon fonctionnement des systèmes complexes, on argumentera, comme l’ont fait Peirce, Wittgenstein, Ingarden, Marcuse, Iser ou Lofti Zadeh, sur le fait qu’un certain degré d’indétermination conceptuelle peut être bénéfique à l’exercice de la pensée. C’est le cas, par exemple, quand il s’agit de penser l’articulation de systèmes qui semblent à première vue incompatibles. C'est ainsi qu'ont procédé Mireille Delmas Marty et Jean-François Coste pour traiter de l’articulation des Droits de l’Homme et des différents systèmes juridiques nationaux, ou encore le peintre Francis Bacon lorsqu'il entreprend d’expliquer comment il brouille la logique de la représentation convenue en traçant des marques au hasard, "une sorte de diagramme" dont sortira finalement le tableau; de même quand le logicien Charles Sanders Peirce conçoit l’idée d’états intermédiaires ou naissants qui forment une continuité entre la détermination et l’indétermination; sans oublier l’usage fait par Deleuze et Guattari, à différents moments de leur parcours philosophique, du concept de "zone d’indiscernabilité", qu’il s’agisse de penser une "linguistique chromatique" (dans Mille Plateaux) ou la nature de la sensation dans l’œuvre d’art (dans Qu’est-ce que la philosophie?).

Noëlle Batt est professeur émérite de littérature américaine et de théorie de la littérature à l’Université Paris VIII. Elle a dirigé de 1984 à 2013 le Centre de Recherche sur la Littérature et la Cognition, et la revue TLE (Théorie, Littérature, Epistémologie) publiée par les Presses Universitaires de Vincennes. Elle a publié de très nombreux articles de théorie et de critique littéraire, particulièrement dans le domaine des rapports transdisciplinaires entre littérature, sciences et philosophie (philosophie deleuzienne en particulier). Elle est intervenue en janvier 2018 dans le colloque: "Quand la forme devient substance. Puissance des gestes, intuition diagrammatique et phénoménologie de l’espace", sur le thème: "La dimension diagrammatique de l’écriture littéraire: un formalisme dynamique inscrit dans la sensorialité du langage".
Publications:
Penser par le diagramme (dir. ), TLE, n°22, 2004.
"Kairos, Mâ, Corn... Le langage artistique ou l’art de la jointure ouverte", La Relation, Paris, Michel Houdiard Editeur, 2008.
"Composition, composition...", dans Jeux et Enjeux du texte, TRANSATLANTICA (en ligne), mai 2014.


Céline BONICCO-DONATO
Céline Bonicco-Donato, philosophe, est maître-assistante en sciences humaines et sociales à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Chercheuse au CRESSON (UMR 1563 Ambiances, Architectures, Urbanités). Elle développe une approche politique des ambiances urbaines dans les sociétés néo-libérales afin de cerner l’une des modalités contemporaines de l’esthétisation du politique.
Dernier ouvrage paru:
Une archéologie de l’interaction, Paris, Vrin, 2016.


François J. BONNET: Monde-Signe et Monde-Gouffre
L’enjeu de cette communication est d’exposer les deux pôles antagonistes de l’expérience sensible du monde. L’un de ces pôles rayonne autour de la détermination pan-signifiante du monde en tant que monde construit, le second, au contraire, signale le sensible tapi sous le seuil: l’infra-sensible. De l’un à l’autre de ces pôles, se déploient, en dégradé, tous les devenirs de l’expérience sensible, de l’expérience panique à la perception surcodée anesthésiée.

François J. Bonnet, né en 1981, membre du Groupe de Recherches Musicales de l’Institut National de l’Audiovisuel (Ina GRM) depuis 2007, en est le responsable depuis 2018. Théoricien, il est également compositeur, plasticien et producteur sur France Musique de l’émission L’Expérimentale.
Publications:
Les mots et les sons. Un archipel sonore, L’éclat, 2012.
L‘infra-monde, MF édition, 2015.
Après la mort, L’éclat, 2017.


Anne BOSSÉ
Anne Bossé, architecte et géographe, enseignante à l'école nationale supérieure d'architecture de Paris Malaquais et membre de l'UMR CNRS AAU équipe CRENAU. Ses travaux interrogent les espaces du public, entre dimension matérielle et dimension politique, et les hybridations architecturales et urbaines liées aux processus migratoires.
https://cv.archives-ouvertes.fr/anne-bosse


Andres BOSSHARD: "Les écouteurs ne produisent pas de rafales de vent" (Die Kopfhörer erzeugen keine Windstösse)
Les sons élémentaires perçus in situ dépassent toutes les représentations savantes que l'on peut s'en faire. Un coup de vent impétueux suffit, et nous voilà embarqués dans un tourbillon de perceptions sonores, vertigineuses ou terrifiantes, qui submergent notre représentation rationnelle de l'orage. Que de même le bourdon tranquille d'une ventilation nous accompagne dans une activité studieuse, et nous voici enveloppés dans un milieu sonore que nous nous empressons d'effacer ou d'oublier quelle que soit notre connaissance acoustique du son. Le corps, le son, le vent ne font qu'un et passent de l'un à l'autre. Inversement, les sons enregistrés perçus hors contexte, réactualisent les expériences vécues ou perceptions sensibles. Si j'écoute l'enregistrement sonore de l'orage, je peux re-sentir, virtuellement, les colonnes sonores des sapins noirs que j'ai perçues la veille. Mais le son ne passe plus dans le corps: il est représenté et comme mis à distance... — à moins que l'on ne s'attache à le re-spatialiser — à le refaire passer dans l'espace public ou urbain. La présentation consistera à révéler, à partir d'exemples concrets, les possibilités techniques et sensibles de la re-spatialisation des sons dans l'espace public ou urbain contemporain. Re-spatialiser, c'est apprendre à jouer avec les sons existants de la ville — car si les hauts-parleurs comme les écouteurs ne produisent pas de vent ni de rafales, ils peuvent jouer avec le vent en ouvrant l'espace urbain à une écoute active.

Andres Bosshard is an independent sound artist and musician. Since 2005 he is a lecturer at the Zurich University of the Arts ZHdK. His international artistic work focusses since more than 35 years on interventions in public spaces, like the /“Klangturm” /for the Swiss national exhibition. He is also involved in a 10 year cooperation with the urbanist Trond Maag, responsible for the development of acoustic quality of public spaces in Switzerland at the Federal Office for the Environment (FOEN).

Marc BREVIGLIERI: Soulèvement
Qu’est-ce que le trait naissant d’un souffle insurrectionnel? Comment un regard posé sur la respiration, comme relation primordiale au monde, vient-il mettre en perspective un espace infra et proto-politique de partage, autant qu’une amplitude existentielle? Comment les composantes climatiques de l’espace commun (turbulences, pulsations cosmiques, ennuagements atmosphériques, fusion symbiotique, etc.), qui parfois plongent leurs racines dans le sol de la colère, éveillent-elles des champs affectifs venant menacer l’ordre établi et prédisposent-elles à des gestes ascensionnels et extensionnels, des soulèvements? Mais notre communication ira plus loin: quel rapport l’espace urbain occidental contemporain entretient-il avec le soulèvement? Et poser une telle question permettra sans doute d’interroger certaines propriétés phénoménologiques et certaines dimensions épistémiques sur lesquelles repose cet espace, de méditer ses perspectives normalisatrices sur la qualité de vie, ses manières d’évaluer cette dernière, son axe de fondation ethnocentrique, son modèle politique et moral implicite, ses limites d’inclusivité et pour finir son univers existentiel spécifique.

Marc Breviglieri est professeur à la Haute École Spécialisée de Suisse Occidentale (HETS-Genève) et chercheur au Centre de recherche Ambiances Architectures Urbanités (CNRS). Ses thèmes de recherche touchent aux configurations et aux aménagements variés de l’habitation humaine, aux apprentissages de la vie commune, aux dimensions liant corps et espace et enfin aux questions d'ordre affectif, éthique et politique posées par l'expérience du soin. Il développe une sociologie d’inspiration phénoménologique nourrie par l’ouverture de perspectives méthodologiques liées à l’image (photographie-vidéo).
http://ies-geneve.academia.edu/MarcBreviglieri


Jennifer BUYCK
D'un doctorat consacré à la relation entre paysage et fabrique métropolitaine, Jennifer Buyck — actuellement maîtresse de conférences à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine et chercheure à l'UMR PACTE — a progressivement consacré ses travaux autour de l’hypothèse à la fois théorique et située d’une ville vivante. Cette orientation ouvre à l'analyse des logiques habitantes, aux processus de déploiement des intentions de projet, aux vécus urbains, environnementaux et paysagers, comme à la complexité des protocoles de fabrication et d’expérimentation urbaine.

Laurent DEVISME
Laurent Devisme est professeur des ENSA dans le champ SHS. Il enseigne plus particulièrement les études urbaines à l'ensa Nantes. Chercheur rattaché à l'UMR AAU, ses travaux de recherche relèvent principalement d'une approche ethnographique de la fabrique urbaine. Il est également impliqué dans la discussion des théories urbaines contemporaines et dans les approches visant à cerner l'expressivité urbaine.
Publications récentes:
L'architecture et l'urbanisme au miroir des formations (codirection avec Claude Cohen), cahiers RAMAU n°9, éditions de la Villette, 2018.
"Ressorts et ressources d’une sociologie de l’expérience urbaine", in Sociologie et Sociétés, vol XLV n°2, Automne 2013, pp 21-44.


Emmanuel DOUTRIAUX: Affordances de l’ambiance / Architectures du commun

Dans le prolongement d’un travail de recherche sur les Conditions d’air des architectures du contemporain (doctorat 2015), seront examinées les libéralités (potentielles) des ambiances, en ce que, à l’abri de couverts d’une certaine dimension, elles peuvent mettre en jeu l’exercice de communs d’une certaine nature.

Emmanuel Doutriaux est architecte, enseignant (Ensa Paris Val de Seine) et chercheur (Evcau).
Son domaine de recherche est celui des ambiances, comprises comme situations construites (atmosphères et enveloppes) potentialisant des perceptions sensibles, des relations et des actions interindividuelles qui relèvent du commun.
Auteur d’environnements domestiques et collectifs (foyers de travailleurs, refuges pour sans-abris), il participe aussi à la conception d’expositions d’art et d’architecture, et à des œuvres scéniques.
Contributeur à des ouvrages de théorie et de critique, à des revues spécialisées et à des médias généralistes, il co-anime le groupe informel de recherche Polygonale, comprenant architectes et artistes, enseignants et chercheurs.


Tonino GRIFFERO: What an atmospheric feeling can do? Emotional games and critical distance
Atmosphere is an intersubjective and holistic feeling, more a spatial state of the world than a very private psychic state. For this reason, it is mine not because I possess it, but because it concerns me and often deeply involves me. Since it precedes analysis and influences the situation of the perceiver, resisting in some cases (the prototypical ones) any conscious attempt at projective adaptation or epistemic correction, it gives life to involuntary felt-bodily processes and, also as an outstanding example of quasi-thing, authoritatively modulates the predimensional space whose presence we feel. However, we need to better understand what kind of power and specific authority an atmosphere has, what its role in a pathic aesthetics, whether every practice generating atmospheres should be regarded as a manipulative one, and finally whether acquiring a better atmospheric “competence” (both as producers and perceivers) we can really learn how not to be grossly manipulated by these vague but very strong feelings.

Tonino Griffero is Full Professor of Aesthetics at the University of Rome "Tor Vergata" and editor, among others, of the book series “Atmospheric Spaces” (Mimesis International, Milan).
Full bibliography:
http://dottoratostoriaefilosofiasociale.uniroma2.it/?p=765
https://atmosphericspaces.files.wordpress.com/2017/11/a-i-word.pdf
Most recent books:
Atmospheres. Aesthetics of Emotional Spaces, Routledge, London-New York, 2014.
Il pensiero dei sensi. Atmosfere ed estetica patica, Guerini, Milan, 2016.
Quasi-Things. The Paradigm of Atmospheres, Suny, Albany, N.Y. 2017.


Pierre-Damien HUYGHE: Des formes secondes
Je discuterai l'idée que les ambiances sont nécessairement des résultats. Quelques-unes au moins relèvent d'architectures inachevées, voire, en un certain sens, manquantes. Et peuvent être, en conséquence, formées en second temps par des opérations qui ne sont pas architecturales au sens le plus habituel du terme, mais qui le sont cependant si l'on veut bien admettre que: 1) tout ce qui peut être fait en second n'est pas inévitablement secondaire, 2) le donner forme a pu être au moins un temps défini, par Sullivan par exemple, comme "l'expression" même de l'architecture ou comme l'affaire d'une architecture qui ne serait pas seulement "élémentaire". Parmi ces opérations, paradoxalement peut-être, il y a le cinéma, une façon en tout cas de passer à une sorte d'espace-temps supplémentaire. J'en donnerai quelques exemples. Parmi les enjeux de toute cette réflexion: une critique de la notion de non-lieu.

Pierre-Damien Huyghe, professeur à l'Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, est l'auteur d'une quinzaine d'ouvrages, tous de philosophie de l'art et des techniques. Site www.pierredamienhuyghe.fr.
Publications:
Modernes sans modernité, Lignes, 2009.
Le cinéma avant après, De l'incidence, 2012.
Art et industrie, ré-édition Circé, 2015.
À quoi tient le design, De l'incidence, 2014.
Contre-temps, B 42, 2017.


Olivier LABUSSIÈRE: Ambiance, an introductory experience to our ordinary environment
This intervention considers the notion of urban ambience and attempts to characterise its generative dimension separately from the growing social demand for conditioned atmospheres (supermarkets, subways, etc.). Following the work of Gilles Deleuze, this paper revises the idea of perception as an activity of knowledge and focuses on it as an aesthetic experience. This is a process that utilises the notions of measure and rhythm. Ordinary perception would consist of a process of adjusting our knowledge to our lived environment, a case in which the measure is major and the rhythm is minor — or a classic process of recognition. Perception is also a fruitful field for aesthetic experiences, lived in daily situations in which the rhythm would become major and the measure minor. Our assumption is that Venice’s ambiences, as Proust describes them, can be traced to this outburst of the synthesis of perception: Measure fails to build an object, rhythm falls into a proliferative perceptual experience, and imagination no longer serves the purpose of comprehension but instead produces a very expressive space-time without any concept. The chapter builds on these notions (measure, rhythm) to discuss the idea of ambience as an introductory experience to our ordinary environment.

Olivier Labussière is a researcher in Geography at the French National Scientific Research Centre (CNRS). He is a member of the Pacte Social Sciences Research Centre (Grenoble, France) where he leads the interdisciplinary “Environments” research group. His research interests lie in the area of political ecology and geography of energy resources. He is developing an experimental workshop on visual media and documentary film.
Publication:
Energy Transition. A sociotechnical inquiry, Palgrave, 2018 (in coll. with A. Nadaï).


Pierre LAFON: De l'expérience de la vacuité et de l'éphémère dans la pratique de l'architecture
Les pratiques du paysage de l’architecture et dans une certaine mesure certaines tendances de l’art contemporain, font aujourd’hui largement appel à des approches dites conceptuelles. Ces approches fondées sur une surévaluation de notre pensée discursive sollicitent notamment notre cerveau gauche qui génère l’illusion d’une séparation de notre être avec le monde où nous vivons. Dans ce contexte comment pouvons nous envisager une pratique dans la prise en compte de l’inséparabilité de l’être et de l’univers et la prise en compte de notions fondamentales comme la vacuité, l’interdépendance et l’impermanence des phénomènes?  Nous examinerons alors différentes modalités pour une approche expérimentale, factuelles et holistique de notre pratique, au delà de la pensée et dans l’activation d’un rapport au présent dans un monde vécu comme impermanence. Avec l’expérience que toute observation modifie ce qui est observé, nous pouvons nous interroger sur des notions d’inséparabilité et de synchronicité entre sujet et objet. L’architecture sera ici considérée comme l’une des formes les plus évoluée de l’art de la vacuité, susceptible de générer  une "esthétique vivante" de l’éphémère.

Après une formation à l’École des beaux arts de Paris (Peinture et sculpture), Pierre Lafon est diplômé architecte DPLG à  l’Unité pédagogique d’architecture n°6 en 1977. Professeur à l’école d’art de Rennes entre 1987 et 2017 il enseigne la scénographie et l’environnement dans une approche phénoménologique et holistique. L’agence d’architecture "Les ateliers Pierre Lafon" (anciennement sarl LDLV), se consacre à des recherches et des actions dans les domaines trans-disciplinaire du paysage, des infrastructures et de l’architecture. Entre 2009 et 2016 l’agence développe un important programme de transformation d’un site industriel en centre ville à Ningbo, province de Zeeiang en Chine. Différentes recherches et actions environnementales se manifestent par la mise en place d’installations in-situ et de prototypes (par exemple: installations "l’eau dans l’eau" en 2001 (mission art et infrastructure, CDDEC), installation "Relâche" en 2009 (théâtre le Quai à Angers). Il  s’agit notamment aujourd’hui dans le contexte du programme "Floating Islands in Floating Landscape" de développer des centres d’essais pour l’épuration des eaux terrestres de l’échelle lacustre à un questionnement plus global des bassins versant.
http://www.pierlafon.net / https://www.instagram.com/pierre_ldlv/


Damien MASSON
Damien Masson est maître de conférences en urbanisme à l'Université de Cergy-Pontoise. Ses champs d'enseignement concernent principalement les sciences sociales, les approches méthodologiques, la cartographie et les SIG qualitatifs. Son activité de recherche concerne d'une part, l'expérience vécue des trajets ordinaires en transports collectifs. D'autre part, ses travaux portent sur la question des effets des dispositifs (matériels, humains, discursifs) de surveillance et de sécurités sur l'expérience ordinaire des espaces urbains. Ils visent à fonder une critique sensible de la sécurisation ordinaire et extraordinaire des espaces urbains, et pour cela articulent différentes théories des ambiances et atmosphères (francophone, anglophone et germanophone) à la géographie des affects, et à la géographie culturelle. L'enjeu théorique sous jacent tient en l’articulation de la critique sociale, culturelle et politique des espaces urbains à une critique sensible. Ce faisant, l’enjeu pratique associé vise en la démonstration du potentiel politique de la notion d’ambiance.

Derek McCORMACK: Atmospheres and the elemental
This intervention will consider the relation between ideas of atmosphere and different versions of the elemental. In the first version, the elements refer to the meteorological worlds inhabited by different forms of life. In a second version, they refer to the physico-chemical arrangement of matter. Finally, in a third version, the elemental refers to a series of ontological propositions about what constitutes the world. The intervention will consider how these different version of the elemental are implicated in efforts to think with atmosphere in both affective and meteorological terms.

Derek McCormack is Professor of Cultural Geography at the University of Oxford. He has written about non-representational theories, atmospheres and, more recently, the elemental.
Publications:
Refrains For Moving Bodies: Experience and Experiment in Affective Spaces, Duke University Press, 2013.
Atmospheric Things: On the Allure of Elemental Envelopment, Duke University Press, 2018.


Thierry MOUILLÉ: L'ambiant rotatif, en oui bémol et non dièse
Ça tourne: "On voulut graver les désirs humains dans l’esprit des dieux au moyen du rythme, après que l’on eut remarqué qu’un homme retient mieux dans sa mémoire un vers qu’une phrase en prose; par le tic-tac rythmique on pensait aussi se faire entendre à de plus grandes distances; la prière rythmique semblait s’approcher davantage de l’oreille des dieux." (Friedrich Nietzsche, La naissance de la tragédie).
À l’invitation de la session "ambiances de pensée", je me suis demandé comment articuler cette proposition à une courte histoire de la rotation, de la boule à facettes à Copernic, du 33 tours aux 72000 tours/minute d’un disque dur. C’est donc un exposé de rotations dont il s’agira, ni conférence, ni performance, juste une maquette d’exposition, en circonférence, l’ambiance du travail en train de se faire.

Thierry Mouillé est artiste et professeur à l’école supérieure d’art de TALM-Tours, il dirige le laboratoire des intuitions, unité de recherche en art (http://laboratoiredesintuitions.esaaa.fr/). Il a notamment publié la série des Intuitive notebooks (Éditions de l’ESAAA, 2014-2016). Il développe depuis 1988 une œuvre pluridimensionnelle sous le terme générique de "La Fondation Mouvante" (http://www.lafondationmouvante.com/).

Pauline NADRIGNY: Écouter, penser: Thoreau, Ives et l’ambiance de la forêt
"Where do we find ourselves?": où nous trouvons-nous? — la question est posée par Emerson dans son essai "Experience". Gageons qu’une réponse très concrète peut lui être donnée à cette époque: dans les bois et leur ambiance sonore. Lieu concret d’expérience, la forêt, de Concord au Maine, est le lieu où s’enracine une pensée, celle de Thoreau, et une musique, celle de Charles Ives. Lieu non pas abstrait (comme la forêt labyrinthique de Descartes), mais ambiance sonore concrète que la philosophie et la musique américaines cherchent à figurer, en y agissant et en se mettant à l’écoute: "où nous nous trouvons penser".

Pauline Nadrigny est philosophe, spécialisée en esthétique et maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (PhiCo/CEPA), membre du LIA CRNR (Centre de recherche franco-allemand sur les nouveaux réalismes). Ses recherches portent sur les musiques contemporaines et expérimentales, abordées sous divers aspects : relation entre pensée musicale et philosophie, mutations de l’écoute et de ses pratiques, paysage sonore et écologie acoustique.
Publications:
Musique et Philosophie au XXe siècle: Entendre et faire entendre, Classiques Garnier, coll. "Philosophie contemporaine", 2015.
Avec Catherine Guesde, The Most Beautiful Ugly Sound in the World: à l’écoute de la noise, Musica falsa, coll. "Répercussions", 2018.


Nia PERIVOLAROPOULOU: Des ambiances urbaines au cinéma
Des études récentes consacrées aux atmosphères filmiques abordent différents aspects du phénomène, de l’ambiance d’une salle du cinéma à l’atmosphère immanente d’un film. L’analyse des procédés cinématographiques à l’œuvre dans la production d’une atmosphère particulière y occupe une place centrale. Toutefois, l’ambiance des paysages, notamment des paysages urbains, au cinéma n’est pas que l’effet des procédés cinématographiques utilisés. J’aborderai la question du rapport entre l’ambiance d’une ville et celle émanant de son image filmique en repartant de l’œuvre de Siegfried Kracauer, où la grande ville et le cinéma sont pensés comme des éléments constitutifs d’une sensibilité moderne.

Nia Perivolaropoulou, a enseigné à l’Université de Essen (Allemagne), où elle a été responsable des études cinématographiques dans le département de littérature. Ses recherches portent sur la théorie et l’esthétique du cinéma et ses rapports avec l’histoire et la mémoire. Spécialiste de Siegfried Kracauer, elle a notamment édité Les Employés. Aperçus de l’Allemagne nouvelle (1929) (2012) et avec Ph. Despoix L’Histoire. Des avant-dernières choses (2006), Théorie du film. La rédemption de la réalité matérielle (2010). Dernière publication: L’atelier cinématographique de Siegfried Kracauer (De l’incidence éditeur, 2018).

Sophie PROVOST
Traductrice de formation spécialisée en traductologie, Sophie Provost a suivi une formation trilingue à la Faculté de Traduction et d’Interprétation de l’Université de Genève, Suisse. Après avoir validé sa maîtrise théorique en 2016, elle a pu mettre à profit ses compétences linguistiques au service du Parlement européen, ainsi que de nombreuses organisations internationales dans le cadre de missions bénévoles. Elle est aujourd’hui traductrice pour le Laboratoire Ambiances Architectures Urbanités (UMR CNRS 1963), où elle travaille en français et en anglais.

Professional translator specialised in translation studies, Sophie Provost graduated from the Faculty of Translation and Interpreting, University of Geneva, Switzerland. After defending her Master’s thesis in 2016, she applied her language skills to her work at the European Parliament, as well as for many international organisations, for whom she worked as a volunteer. She is now translator for the Laboratoire Ambiances Architectures Urbanités (UMR CNRS 1963), where she works both in French and in English.


Bruno QUEYSANNE
Bruno Queysanne est né à Casablanca en 1941. Après des études de philosophie à la Sorbonne au début des années 60, il devient, sur la recommandation de Louis Althusser, collaborateur de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, de Janvier 1965 à Juillet 1967. En septembre 1967, il est nommé assistant de sociologie au Groupe C de la section architecture de l’ENS Beaux-Arts de Paris. Il participe activement au mouvement de Mai 68 et à la refondation de l’enseignement de l’architecture qui s’en suivra. En septembre 1970, il rejoint l’École d’Architecture de Grenoble, où il enseignera philosophie et histoire de l’architecture jusqu’à sa retraite en 2006. Depuis, il est enseignant invité à Casablanca, Marrakech ou Bogota. Il étudie l’architecture de la première Renaissance italienne, celle du Baroque en Bohême et au Piémont, ou celle des débuts de la Modernité de Loos et de Le Corbusier. Il s’intéresse aux villes "nouvelles", comme Pienza, Ferrara, San Francisco, Los Angeles, Casablanca ou Chandigarh. Outre les œuvres bâties, il étudie les textes théoriques, dans leurs diverses traductions, de Vitruve, Alberti, Vittone ou Semper.
Il rencontre les "ambiances" dans sa traduction des "Prolégomènes à une psychologie de l’architecture" d’Heinrich Wölfflin, avec la notion de stimmung. Dans son étude du Mémorial Walter Benjamin de Dani Karavan à Portbou, il recourt aux notions d’unheimlichkeit et d’inconfort existentiel qui lui semblent qualifier cette œuvre remarquable.


Bernard RENOUX
Bernard Renoux est photographe. En 1983, il entre au service photographique de l’Inventaire Général du Patrimoine des Pays de la Loire à la Direction des Affaires Culturelles. Simultanément, il devient le photographe de la Revue 303 arts, recherches, créations  dès sa création en 1984 jusqu’en 2014 où il entre au comité de rédaction. Il devient indépendant en 2000 et prend le statut d’artiste auteur, répond à des commandes des musées, FRAC, architectes, institutions culturelles et collectivités, qui se traduisent par de nombreuses publications de livres, catalogues et des expositions. Dans son travail, sa préférence va à l’exploration des rapports qu’entretient l’homme à son environnement et à sa propre image.

Friedlind RIEDEL: Moods and Modes. Thinking Atmosphere through Music
"Atmosphere" refers to a feeling, mood or Stimmung that fundamentally exceeds an individual person and instead pertains to the overall situation in which individuals find themselves. Atmosphere thus challenges a notion of feelings as merely the private inner states of a cognisant subject and instead affords an understanding of them as collective, extended, and situational. In this sense atmosphere can be considered a mereological concept: it prompts us to ask not only about the relational web of bodies with each other, but about the ways in which each body is part of and related to an overarching situational whole, one seemingly homogeneous rhythm or hue. Atmospheres can thus be described as a mode in which a group of individual bodies comes to exist as a felt-collective. This paper will investigate the structural affinity between musical modes and atmospheric moods to further explore the ways in which atmosphere operates as a medium that brings something into appearance which can neither simply be deduced from or reduced to the present bodies nor pinpointed to a source. Drawing on examples from religious music making in Myanmar I will explore how music as atmosphere can render dawning futures or repressed memories abundantly present, but also bring persons and things into appearance that are otherwise absent or ulterior.

Friedlind Riedel is a doctoral fellow at the Competence Centre for Media-Anthropology at Bauhaus University Weimar. As a musicologist and anthropologist, her interests lie with cultural histories of listening in Southeast Asia and with the peculiar relationship between music and mood. She has conducted extensive research on rituals in Myanmar and is currently working on a book that enquires into music and listening at the threshold of the human.

Alexander RÖMER: "Faire ensemble" (ou bien le passage de l'action éphémère au temps long du projet)
Nos projets sont des moments d’articulation entre deux temps: on les a pensés dans le long terme mais l'intervention, en soi, reste temporaire. Elle est conçue comme la "modalité de passage" d'un projet dans le long terme. Mais pourquoi mettre une telle énergie pour des productions temporaires, voire même éphémères? La réponse est immédiate: le projet souvent n'est pas réalisable si on l'envisage sur le mode de la permanence — non seulement d'un point de vue administratif, mais aussi et surtout du point de vue de la dynamique du projet. Une action temporaire permet d'initier "une énergie du moment", quelque chose qui devient autonome et qui se prolonge dans le temps long... On peut passer un été tous ensemble sur un site, on invente une narration, on "fait ensemble", une communauté se crée... Nous avons ainsi réussi plusieurs "projets", qui ne se sont jamais arrêtés, mais d’autres ont échoué ! L'exposé commencera par le récit de quelques faillites (pour révéler le risque à prendre), pour ensuite parler des réussites, avec deux témoignages: l'un dans lequel les matériaux sont réutilisés à maintes reprises, l'autre dans lequel le lieu a repris vie. Dans les deux cas, on construit une situation, que l’on partage avec d'autres, les autres se l’approprient et ensuite, ils le poursuivent ! Littéralement le projet passe.

Alexander Römer est architecte et charpentier. Initiateur du réseau construclab (http://www.constructlab.net/) et membre du ex-collectif EXYZT (http://www.exyzt.org/), deux laboratoires de recherche-action, d’expérimentations constructives et de création interdisciplinaire, il développe dans une dynamique collective une pratique du design et de l’architecture temporaire et participative. Ses projets lient conception et fabrication. Ils initient des collaborations avec les communautés locales et mettent en valeur les savoir-faire collectifs autant qu'individuels. Il envisage l’architecture et le design comme des médiums d’intervention sociale capables de mettre en place des espaces de dynamiques d’échanges.

Daniel SCHLAEPFER: "Mais où est donc passé le bleu?"
La couleur verte est un mélange de jaune et de bleu. Si les feuilles en automne deviennent jaunes, alors... que devient le bleu? Le ciel d’automne est souvent d’un bleu très intense. Serait-ce donc le bleu des feuilles qui est reparti dans le ciel? Cette interrogation, posée sur un mode poétique à un physicien de métier, est une métaphore du travail que je poursuis depuis des années sur le passage de la lumière — et de fait "la lumière ne fait toujours que passer". L'exposé consistera à montrer différentes manières d'utiliser les transformations des ambiances lumineuses pour en proposer une expérience sensible. Trois arguments seront explorés: la permanence du passage de la lumière, le voyage incognito entre sa source et son objet, le miracle de sa rencontre avec la matière.
Pour mémoire, projets et illustrations potentiels: Le séquoia des Bastions (une lumière qui retourne vers le haut, où ce qui est en haut est en bas, où le regard plonge vers le haut...) / Chapelle du Chuv (fibre optique, miracle de la multiplication du soleil) / Marcellin (coloration des saisons qui passent par des miroirs dichroïques) / Hébert  (une coloration du passage des heures par les ombres) / Fioles (passage de la lumière dans des liquides fluorescents et métamorphose du bleu au rouge) / Luminoscope (donner à voir les lumières qui arrivent des différentes directions qui se mélangent à la lumière du lieu)

Daniel Schlaepfer vit et travaille à Lausanne en Suisse. Il se passionne autant pour les sciences que pour les arts. Il s’oriente d’abord vers la botanique et entreprend des études de sciences naturelles à l’Université de Lausanne — études qu’il interrompt pour parcourir le monde et étudier la sculpture et la peinture dans différents ateliers d’artiste. Aujourd’hui, l’Atelier D. Schlaepfer entreprend des réalisations au carrefour de l’art et du design en intervenant dans des lieux tels que bâtiments publics, habitations privées, milieux urbains ou naturels. L’Atelier a de nombreuses réalisations à son actif en Suisse comme à l’étranger (France, Portugal, Hollande, Inde, Chine, Bolivie, USA).
Références bibliographiques:
Une Petite Maison de Nuit / Call me Edouard / 2015.
Daniel Schlaepfer / Lumen& Lux / Infolio / 2012.
Libero Zuppiroli et Daniel Schlaepfer / Lumières du futur / 2011.


Philippe SIMAY: La ville-pharmakon: vers une thérapeutique des ambiances urbaines
En s’interrogeant sur la dimension thérapeutique et capacitaire des ambiances urbaines, à partir des analyses de Walter Benjamin et Siegfried Kracauer sur le concept de "distraction" et les formes empruntées par la culture de masse, il s’agira de poser les bases d’une conception pharmacologique de la ville, conçue à la fois comme poison et comme remède. On questionnera la façon dont les ambiances permettent aux citadins de s’acclimater à un environnement complexe, parfois perçu comme chaotique ou traumatique, mais aussi de développer de nouvelles compétences en mobilisant des ressources générées par la métropole elle-même.

Philippe Simay est maître-assistant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville et co-directeur de la revue Métropolitiques. Il a coécrit Moholy-Nagy et le pont transbordeur de Marseille (Ophrys, 2013) et a dirigé Capitales de la modernité. Walter Benjamin et la ville (Éditions de L’Éclat), Le choc des métropoles: Simmel, Kracauer, Benjamin (avec Stéphane Füzesséry, Éditions de l’Éclat, 2008) et Droit de cité (éd. PUF/Ciph, 2009).

Paul SIMPSON: The Ambiguity of Affect
What do you mean by affect? Considering this question from within the context of recent research in Anglophone human geography on affect there is not necessary a single, agreed upon, stable definition of affect. While in broad terms affect is understood to relate to the body, sensation, and relationality, a variety of traditions co-exist, compete, compare, and critique in the aftermath of the "affective turn". In this presentation, I explore a range of these different understandings of affect and draw out a series of tensions that exist within them. This includes reflection on the relationships between affect, feeling, and emotion; affect’s autonomy or subjective tethering; and, affect’s social and biological organizations.

Paul Simpson is an Associate Professor of Human Geography in the School of Geography, Earth and Environmental Sciences, at the University of Plymouth. His research focuses on the social and cultural geographies of every day, artistic, and mobile practices and explores the complex situatedness of such practices in the environments in which they take place.

Ola SÖDERSTRÖM
Ola Söderström est professeur de géographie sociale et culturelle à l’Université de Neuchâtel, Suisse. Ses travaux portent sur la culturelle matérielle des villes, le visuel en urbanisme et, plus récemment, sur le développement urbain dans les villes des Suds et les relations entre vie urbaine et psychose. Les dimensions affectives et émotionnelles de l’urbain saisies par les concepts d’atmosphère et d’ambiance sont particulièrement importantes pour son travail sur le rapport entre urbanité et schizophrénie.

Didier TALLAGRAND
Didier Tallagrand est artiste. Il enseigne à l’École Supérieure d'Art Annecy Alpes depuis 2002. Il a fondé le master Design & espace en 2008 qu’il coordonne depuis. Il est président du centre d’art contemporain Angle à Saint-Paul-Trois-Châteaux. Ses travaux portent sur la question de l’art dans l’espace public où il déploie des actions et des formes en lien avec le paysage et les acteurs des territoires. Il interroge les statuts de l’image par le récit. Dernière exposition: Les dormantes (Maison Victor Hugo, Paris, 2015). Ses recherches actuelles portent sur la question des avant-pays dans les bassins versants de trois fleuves méditerranéens.

Gonçalo M. TAVARES
Gonçalo M. Tavares est né en 1970. Il est professeur à Lisbonne. Considéré comme l’un des plus grands noms de la littérature portugaise contemporaine, il reçoit les éloges d’auteurs célèbres comme Eduardo Lourenço, José Saramago, Enrique Vila-Matas, ou Bernardo Carvalho. Ses œuvres sont traduites dans une cinquantaine de pays.
Publications en français:
Une jeune fille perdue dans le siècle à la recherche de son père, Éditions Viviane Hamy, 2018.
Matteo a perdu son emploi, Éditions Viviane Hamy, 2016.
Un homme: Klaus Klump & La Machine de Joseph Walser, Éditions Viviane Hamy, 2014.
Un voyage en Inde, Éditions Viviane Hamy, 2012.
Apprendre à prier à l’ère de la technique, Éditions Viviane Hamy, 2010.
Jérusalem, Éditions Viviane Hamy, 2008.
La série d'ouvrages Les habitants du quartier "O Bairro", Éditions Viviane Hamy, 2002-2010.


Jean-Paul THIBAUD
Jean-Paul Thibaud, sociologue, est directeur de recherche au CNRS. Il est chercheur au CRESSON (UMR 1563 Ambiances, Architectures, Urbanités). Son domaine de recherche porte sur la théorie des ambiances urbaines, la perception ordinaire en milieu urbain, la culture et l’ethnographie sensible des espaces publics, l’anthropologie du sonore, les méthodes d’investigation in situ. En 2008 Jean-Paul Thibaud a fondé le Réseau International Ambiances.
Publication récente:
En quête d’ambiances. Éprouver la ville en passant, Genève, MétisPresses, 2015.


Nicolas TIXIER
Nicolas Tixier est architecte. Professeur à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble, il enseigne aussi à l’École Supérieure d'Art Annecy Alpes et à l’Institut d’Urbanisme et de Géographie Alpine de Grenoble. Chercheur au CRESSON (UMR 1563 Ambiances, Architectures, Urbanités), il mène parallèlement une activité de projet au sein du collectif BazarUrbain. Depuis 2018 il est directeur du Cresson et directeur adjoint de l’UMR AAU. Ses travaux actuels portent sur le transect urbain comme pratique de terrain, technique de représentation et posture de projet.
Publications récentes:
Ambiances, tomorrow (en co-dir. avec Nicolas Rémy), actes du 3e congrès international sur les ambiances, Volos, 2016.
Traversées urbaines, villes et films en regard, Genève, MétisPresses, 2015.


Paola VIGANÒ
Paola Viganò est Professeur d’urbanisme à l’Université IUAV de Venise et à l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL). En 2013, elle a été récompensée en France par le Grand Prix de l’Urbanisme. Avec Bernardo Secchi, elle a créé Studio en 1990, l’un des dix bureaux qui ont travaillé sur le Grand Paris entre 2008 et 2009. Depuis 2015, elle dirige le Studio Paola Viganò qui a gagné, en 2015 le concours international pour le Quartier de la Cité des Sciences à Rome. En 2016, elle a été nommée Doctor Honoris Causa de l’Université de Louvain (UCL) dans le cadre de "l’année des utopies pour le temps présent". Elle mène actuellement une recherche sur le sol des villes.

Izabela WIECZOREK: Atmospheres in formation: affective thresholds, immersive fields and active boundaries
Through analysis of the production and experience of spaces, and their theoretical contextualisation, the aim is to explore how the concept of atmosphere has been formed in an architectural trajectory inscribed within the history of the interior. Notions of "comfort", "mood", "theatricality", and "character" are only some of the atmospheric cognates that define this trajectory, revealing atmosphere’s somewhat confusing yet inspiring plurality. A plurality that renders space, from which atmosphere emerges, as a relational and immersive field in which both body and environment are understood as integrative and generative forces extended in a fluid spatial substance of affective power. The paper argues that considering space as such an affective field carries a new material logic. It calls for approaching matter as a performative and generative becoming that defines sensory thresholds and active boundaries, conjuring up a notion of involvement, stirring imagination, beckoning our sensorium and inciting responsive patterns of behaviour.

Dr Izabela Wieczorek is an architect, researcher and educator. She has taught and lectured widely and is currently a Lecturer in Architecture at the University of Reading. Her research is situated at the nexus of academia and practice and explores relational, sensorial, performative, affective and ecological aspects of Architecture. From 2003 to 2017, Izabela was a co-director of Gálvez + Wieczorek arquitectura whose work has been awarded prizes as well as published and exhibited internationally. In 2017 she set up Atmospheric Architecture Agency – a research-based experimental practice that focuses on the atmospheric dimension of architecture and its implications for critical and collaborative design practices as well architectural alternative pedagogies.

Marc WINZ: Ambiances urbaines and atmospheres in research on the city-psychosis nexus
Ambiances urbaines and atmospheres can be approached from a double perspective in relation to the question of urban mental health; on the one hand ambiances and atmospheres can be understood as the object of investigation, and on the other as a theoretical and analytical framework. In this presentation I first explore what and why we can learn more about urban ambiances when working with people diagnosed with psychosis. In the second part, I discuss ambiances urbaines and affective atmospheres as fertile concepts for studying how people living with a diagnostic of psychosis experience urban environments, and how the city relates to their mental state.

Marc Winz is a PhD candidate and a teaching assistant at the Institute of Geography of the University of Neuchâtel, Switzerland. Working under the supervision of Ola Söderström, Marc is conducting a doctoral research on the relationship between urban spaces and psychosis. He is interested in the way people diagnosed with schizophrenia experience urban environments, and how the city relates to their mental state.
Publication:
Marc Winz, "An atmospheric approach to the city-psychosis nexus. Perspectives for researching embodied urban experiences of people diagnosed with schizophrenia", Ambiances [Online], Varia, Online since 08 June 2018, connection on 10 July 2018. URL: http://journals.openedition.org/ ambiances/1163; DOI: 10.4000/ambiances.1163


David ZERBIB
David Zerbib coordonne l’Unité de Recherche de l’École Supérieure d’Art d’Annecy Alpes (ESAAA). Il est également maître d’enseignement en Philosophie de l’art à la HEAD — Haute École d’Art de Design de Genève. Rattaché au Centre de Philosophie contemporaine de la Sorbonne (PhiCo/CEPA: Culture Esthétique et Philosophie de l’Art) de l’Université de Paris 1, ses recherches portent sur les principes d’une théorie esthétique contemporaine, à travers en particulier la question de la performance et du format. Il a co-édité Performance Studies in Motion, International perspectives and practices (Londres: Éditions Bloomsbury, 2014) et a dirigé la publication de In octavo. Des formats de l’art (Presses du réel /ESAAA, 2015).

VIRGULES MATINALES :

Ryma HADBI
Ryma Hadbi, urbaniste, est doctorante à l’École d’Architecture de Grenoble et membre de l’équipe CRESSON (UMR Ambiances, Architectures, Urbanités 1563 – Université Grenoble Alpes). Son travail porte sur l’attachement des habitants dans les cités ouvrières des années 1920-1930 (cités de l’Abbaye, la Capuche et Jean Macé à Grenoble) afin de déterminer ce qui y fait patrimoine et de penser leurs mutations. Ce projet de recherche se définit par l’immersion in situ pour produire le(s) récit(s) de ces lieux. La démarche méthodologique développée permet de récolter les mémoires individuelle et collective, les pratiques, les usages et les ambiances qui caractérisent ces cités.

Gwendoline L'HER
Gwendoline L’Her est doctorante en Études Urbaine à l’ENSA Nantes et à l’École Centrale de Nantes sous la direction de Daniel Siret et Myriam Servières. Membre de l’équipe Crenau de l’UMR Ambiances Architectures Urbanités, son travail porte sur l’émergence des dispositifs de description collective des villes au sein de l’action publique urbaine: métrologies, inventaires, relevés. Elle s’intéresse notamment à l’étude des interactions lors des balades collectives organisées dans le cadre des ateliers.

Juste PECIULYTE
Juste Peciulyte est doctorante en design à l'Académie des Beaux Arts de Vilnius (Lituanie), chercheuse associée à l’ArcInTexETN, programme de recherche artistique (Marie Skłodowska-Curie Research). Entre les disciplines d’architecture, de design d’interaction et design textile. Son travail de "recherche avec design" s'intéresse à la technicité paradoxale de atmospheric staging, en tant que technique de design d’espace. Malgré la forte association de atmospheric staging avec la mise en scène des commodités, cette technique visuelle s'avère également être inhérente à l’exploration et la découverte des nouvelles expressions spatiales. Pour révéler cette dimension performative du atmospheric staging, Juste explore des formats hybrides de workshop - performance. Le but étant de proposer de nouvelles définitions de techniques de modélisation d’espace performatifs dans le champ, dit, des représentations architecturales.

Vanessa STASSI
Vanessa Stassi est architecte-urbaniste, enseignante à l’École Spéciale d’Architecture ainsi que doctorante en urbanisme au sein du laboratoire CRESSON / UMR AAU 1563 CNRS (Ambiances Architectures Urbanités) sous la direction de Jean-Paul Thibaud et en co-direction avec Stéphane Bonzani du laboratoire GERPHAU (Philosophie, Architecture, Urbain). Son doctorat porte sur la part opérationnelle des ambiances (dimensions physiques et perceptions sensibles des usagers) dans le cadre du processus participatif d’aménagement de la Petite Ceinture de Paris (2015-2018).

Maïlys TOUSSAINT
Maïlys Toussaint, urbaniste, est doctorante au laboratoire CRESSON (UMR 1563 Ambiances, Architecture, Urbanité) à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble. Ses recherches s’intéressent aux ambiances de la rénovation urbaine dans le quartier de la Villeneuve de Grenoble, et portent sur les habitudes et la vie quotidienne de ses habitants. Ces recherches l’amènent à se questionner sur les méthodes d’enquête et de restitution à mobiliser, comme la mise en récit d’expériences sensibles et la reconduction photographique de lieux urbains en transformation.
Publication récente:
Maïlys Toussaint, "La méthode des itinéraires, entre récits de vie et ambiances urbaines. Saisir et partager des ambiances", Nicolas Rémy (dir.), Nicolas Tixier (dir.), Ambiances, tomorrow. Proceedings of 3rd International Congress on Ambiances, Septembre 2016, Volos, Greece, International Network Ambiances, University of Thessaly, vol. 1, pp. 399-404. 2016.


Sarah VAN HOLLEBEKE
Sarah Van Hollebeke est doctorante en sociologie à l’UCLouvain (CriDIS, groupe de recherche Metrolab) et en urbanisme à l’ENSAGrenoble (UMR AAU-CRESSON). Depuis 2014, elle enquête sur les relations entre politiques de rénovation urbaine et sciences sociales à Bruxelles. Elle s’intéresse aux instruments de connaissance, de représentation et de communication mis en place en vue de planifier et projeter le développement de la ville. Elle s’intéresse aussi de manière spécifique aux supports (cartes, statistiques, PowerPoint, etc.) qui donnent des appuis à des discours sur la coexistence des populations en ville. Elle réalise une ethnographie des rassemblements publics visant à co-produire des connaissances sur l’urbain ou à communiquer un "diagnostic" dans le cadre de projets urbains. Elle est co-auteur, avec Mathieu Berger, d’un article intitulé "Bruxelles sous tensions. Quelques pistes pour une conceptualisation des formes et enjeux de la mixité sociale" (ouvrage collectif publié aux Presses Universitaires de Louvain).

MOMENTS SENSIBLES :

Diane AUBRUN
Diane Aubrun est diplômée en 2016 d’un DNSEP Design & Espace à l’ESAAA,. Elle vit et travaille à Paris. Elle aime utiliser l’outil caméra pour provoquer la rencontre et documenter des pratiques pouvant se rattacher au champ cinématographique. Elle s’interroge aussi sur sa pratique cinéphile en côtoyant la Cinémathèque et autres ciné-clubs. Elle aime y observer le moment de la projection, comme un moment unique, lié directement à celui du tournage où l’image est créée.

Léo BAUDY: Une manière de filmer
Installée dans les combles du château, la caméra offre une perspective axonométrique rêvée sur une ville de Haute-Savoie. À hauteur du pavé, elle s'abandonne ensuite à la mise en scène réglée d'ouvriers des travaux publics d'une ville au Brésil. Sans rentrer dans l'action, elle bénéficie d'une place de choix pour témoigner d'un braquage raté quelques minutes plus tôt dans une ville nord américaine. Ailleurs, la caméra distingue une rotation sur le paysage avoisinant et marque plusieurs temps longs pendant le panoramique, comme pour nous accompagner dans la découverte du territoire.
Notre attention portée aux choses simples — qui occupent l'espace du cadre et l'espace sonore — construit comme un paysage sensible. Les événements que l'on choisit de retenir et/ou ceux qui nous arrivent comme des accidents, associés à d'autres, s'articulent ensemble, s'harmonisent, se repoussent.
Il y a là une existence.

Léo Baudy vit et travaille à Clermont-Ferrand. Sa pratique du terrain se pense à la fois comme territoire de recherches et décor de fictions. Les gestes sont avant tout cinématographiques. Peut-être que c’est l’exécution qui compte. Le souci de fabriquer du récit par l’agencement de postures, le plaisir de l’agencement, et les poésies traversées. Les situations rencontrées sont l’objet de questionnements autour de la notion des ambiances et de la matérialité de l’événement. Ou comment approcher un terrain et décrire les phénomènes observés?

Dorian DEGOUTTE: Projection de vidéos
Cette intervention prendra la forme d’une projection de films. Dorian Degoutte montrera plusieurs vidéos dont sa plus récente "Photo de Famille" et expliquera sa démarche de travail. Ce dernier film, tourné à Annecy avant de déménager en région centre, raconte la mise en scène d’une photo de groupe avec les habitants de son immeuble. Il s’inscrit dans une logique de travail "in situe" qui s’adapte au contexte et aux contraintes de création (économie, acteurs-habitants, matériel, etc.) et s’intéresse à la place de l’art dans notre quotidien.
Liées aux mêmes problématiques, les autres vidéos projetées ont été réalisées lors de voyages ou résidences d’artistes, dans la ville de Tétouan au Maroc, sur une plage au Sénégal, où encore dans une station de sports d’hiver en Haute-Savoie.
Photo de famille (titre provisoire, montage de la vidéo en cours)
Vidéo HD - 4:3 - 15’ - Annecy - 2017/2018
Le Grand Vide
Vidéo HD - 16:9 - 17’ - Centre d’Art de Flaine - 2016
Crêpas!
Vidéo HD - 16:9 - 6’ - Tétouan Maroc - 2013
Le monument de la plage (titre provisoire, montage de la vidéo en cours)
Vidéo HD - 16:9 - 9’ - Cap Skirring Sénégal - 2017

Dorian Degoutte est un artiste plasticien et réalisateur. Sa pratique de la vidéo, développée à l’École d’Art d’Annecy dans le département "design & espace", cherche à s’adapter aux différents contextes d’interventions (résidences d’artiste en milieu rural ou urbain, espaces publics ou privés, ou encore lors d’ateliers de création à destination des scolaires). Il travaille régulièrement avec l’Association Villeneuve la Série à Grenoble et s’est récemment installé dans le Berry pour construire un projet vidéo sur plusieurs années à Vierzon.
Son profil viméo: https://vimeo.com/user2195800

Publication:
49,9 Mégawatts, Éditions L’Erre de Rien, Lille, Carnet de voyage d’un tour de France des Centrales nucléaires en mobylette - 2013.


Jérémy LANCHON & Marion RAIMBAULT (Collectif La Meute): Bons Baisers de Saint-Etienne, 2017. Présentation et discussion autour du projet
Nombreuses au début du XXe siècle, les maisons d’édition de cartes postales ont peu à peu disparu du département de la Loire, laissant derrière elles des centaines de clichés d’époque qui figent encore la ville de Saint-Étienne et sa région dans son passé industriel. Les éditeurs de vues jouent un rôle important dans le développement de l’image d’un territoire. En investissant financièrement dans des campagnes photographiques, d’impression et de diffusion, ils parient en quelque sorte sur le devenir des villes, leur développement touristique et façonnent un point de vue, une couleur locale... Dans l’utopie de relancer l’attractivité de la ville, le collectif La Meute a parcouru le département de la Loire avec pour but d’identifier et de photographier les sites à caractère touristique. Ces clichés, édités selon les règles de la carte postale, ont été présentés et mis en vente pendant la biennale internationale du design 2017 sous la forme d’une vraie-fausse boutique souvenirs, laissant ainsi la ville de Saint-Étienne imaginer une nouvelle perspective: celle du tourisme de villégiature.

Fondé en 2015, le collectif La Meute évolue surtout sous la forme de résidences artistiques dans lesquelles il met en place des protocoles d’immersion, des dispositifs, des événements, des interventions artistiques, créant des décalages qui perturbent ou incitent à changer de regard et l’usage d'un lieu.
Le collectif La Meute, livre ainsi des propositions singulières, engagées et situées, mettant en jeu des pratiques locales, des situations économiques, politiques et esthétiques. Son travail, souvent ludique et parfois festif est centré sur les questions de paysage, d’aménagement du territoire, d’intervention urbaine et d’architecture.
https://issuu.com/collectiflameute


Quentin LAZZARESCHI: Art et manières, contextuel, contingent
Les manières d’être artiste, d’incarner l’artiste et de se définir comme tel?
Aussi, la manière de faire: envisager des formes liées à des postures, des attitudes.
Situer la pratique pour l’élargir, proposer des formes qui s’éloignent des logiques de création.
La position plutôt que la production? La production qui mène à la position?
Adopter des démarches in situ, contextuelles.
Faire en fonction d’espaces, d’ambiances, d’environnements, de temporalités.
Proposer d’être artiste de manière contingente.
Le rôle de l’écriture et du récit dans ces expériences?

Quentin Lazzareschi est diplômé de l’ESAAA en spécialité Art / Bachelor et Design & Espace / Master. Ses travaux portent principalement sur des questions de visibilité, de considérations, les décalages conventionnels, d’objets, d’actions, intégrant ou non le champ de l’art. Ses recherches actuelles visent au développement d’une plateforme en ligne qui permettrait de référencer "ce que les musées ne montrent pas": collections non exposées, non choix, œuvres invisibles en général.
Ouvrage collectif:
DIMANCHE (http://www.bsad.eu/index.php?lvl=notice_display&id=54182&seule=1).


Hedi Ali MESTIRI
Hedi Ali Mestiri vit à Paris, il est designer et étudiant en recherche à l'ENS Paris-Saclay. Fraîchement diplômé d'un Master à l’ESAAA option Design & Espace, sa pratique du design démarre par la vidéo pour aboutir à des objets et/ou à un film. Son travail d'écriture de recherche est concerné par le statut et l'usage de l'image en mouvement dans le design. Ses questionnements actuels sont autour du rapport entre l'image et le volume dans la capture photographique médical.

Jean-Pierre PÉNEAU
Jean-Pierre Péneau est architecte, docteur en histoire des sciences et des techniques, professeur honoraire des écoles d’architecture. Il est actuellement  professeur-visiteur  à l’ école d‘architecture de l’Université de  Carthage et  responsable d‘une équipe de recherche sur les ambiances. Il a mis au jour - en collaboration avec ses collègues du CERMA à Nantes, puis - à partir de 1992 en association avec les chercheurs du CRESSON de Grenoble - les premiers éléments d’une théorie des ambiances architecturales et  urbaines, ainsi que les instruments opératoires, assurant le lien entre ces avancées théoriques et les activités de conception du projet. Il a en particulier exploré les modalités de la référenciation en matière d’ambiances.

Florence SCHMITT
Florence Schmitt vit et travaille à Lyon. Diplômée de l'ESAAA Annecy, DNSEP Design & Espace 2017.
http://schmittflorence.wixsite.com/portfolio
"Oscillant entre espace d'exposition et espace scénique, d'une pratique plastique sculpturale et d'installations à un travail scénographique, j'en reviens souvent à la notion de Représentation et de ses nombreuses définitions associées. Je m'approprie des formes, des objets, des histoires principalement issus d’usages collectifs, publics. Je les mets en scène, je les nuance et leur donne un second sens de lecture afin de les montrer encore "plus vrai" peut-être, plus vivant. J'utilise souvent des moyens pauvres pour refaire la "grande image" et m'interroger sur le tragique de la vie (avec une pointe d'humour): ce que l'on voit ou non et qui constitue ce qui nous entoure."


Joana TEULE
Présentation de plusieurs travaux plastiques et vidéos, qui s'inscrivent dans une démarche d'exploration des territoires au travers des activités des personnes qui l'habitent.

Joana Teule est une jeune artiste, xylograveuse au Brésil; pêcheuse à la mouche en Haute-Savoie; navigatrice sur le lac d'Annecy; ouvrière agricole-hackiste en Provence; ancienne Barista chez Starbuckscoffe.
Participation à un ouvrage collectif: Dimanche, 2017.


PETITES FORMES PERFORMATIVES :

Naïm AÏT-SIDHOUM: Une fiction dans le parc
Durant l'été 2018 une équipe de tournage prend place dans le parc Jean Verlhac, dessiné en 1968 par Michel Corajoud au cœur du quartier de la Villeneuve, grand ensemble situé au sud de Grenoble. Le parc est comme une miniature de nature avec ses collines, ses plaines, ses forêts et même un lac. Ce lieu est propice à la projection, il est comme un décor, inaccessible aux voitures, idéal pour tourner. Le parc Jean Verlhac fait de la Villeneuve une Cinecitta. L'équipe de tournage (technicien et acteurs) y reconstitue un récit historique, celui de Kunta Kinté, jeune africain arraché à ses terres en 1767 par les colons anglais pour être vendu comme esclave aux États-Unis.

Naïm Aït-Sidhoum est cinéaste. Il met en œuvre ses projets de films dans le quartier de la Villeneuve, grand ensemble construit à Grenoble à la fin des années 60. Ses films mettent en scène les habitants du quartier qui deviennent, le temps des tournages, des acteurs de fiction. En 2014 il produit "Guy Moquet", film sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes et nominé au César du court-métrage en 2016. En 2017, il produit et réalise "Africa", grand prix au Festival Cinébanlieue et diffusé sur France 2 en 2018.

Jean-Marc CHAPOULIE: Re:re-Méditerranée
Re:re-Méditerranée
est un film de la Méditerranée d’aujourd’hui dont les images proviennent de webcams installées sur le pourtour du bassin méditerranéen, au bord des plages, par les offices de tourisme, les associations de surfeurs, de météorologie, ou par des particuliers comme une version 2.0 de la perception. C’est une aventure sur le pourtour de la Méditerranée qui prend corps à travers un échange entre deux amis, l’écrivain Nathalie Quintane et le réalisateur Jean-Marc Chapoulie, parcourant tous deux la Méditerranée, immobiles depuis leur écran d’ordinateur. C’est un voyage sur une mer de paroles, qui frappent les images pour mettre en lumière une part des incohérences avec lesquelles nous vivons.

Jean-Marc Chapoulie est artiste. Cinéaste, performeur et essayiste, il tente de définir ce qui pourrait être défini comme du cinéma d'aujourd'hui.

Julien CLAUSS: De la radio à l'Ambient music: des sons dans l'air
En 1917, Eric Satie compose des pièces d'ameublement destinées à être jouées sous les bavardages.
En 1930, les ondes radio couvrent le globe et les auditeurs font l'expérience de l'écoute acousmatique.
En 1950, les musiques électroacoustique et électroniques naissent dans des studios de radios.
Puis le vinyle, la K7 et les radio FM accélèrent l'accès aux musiques exotiques; des producteurs re-mixent le catalogue musical mondial en une "ambient music" qui s'étend du minimalisme aux musiques bruitistes.
Julien Clauss proposera deux situations d'écoutes inspirées de cette histoire.

Julien Clauss, plasticien, vit dans les Hautes-Alpes. Il a étudié le piano à l’Institut Suzuki de Strasbourg. Après un cursus universitaire en mécanique des fluides et thermodynamique, il étudie l’acoustique au CNAM à Paris, puis assiste Pierre Henry de 2001 à 2007 lors de ses concerts. Depuis 2001, il réalise des pièces sonores, des sculptures, des installations, des performances et des dispositifs radiophoniques.
En savoir plus: www.cycliq.org


Alexandre COSTANZO: Benjamin
Il appartient à Walter Benjamin d'avoir constitué, tout au long de son œuvre, un immense catalogue de gestes, d'attitudes, de postures, de perceptions et de situations qu'il recueillait dans les rues, dans des livres ou dans ses souvenirs pour les envisager comme des "images de pensée". Ce sont ces objets que je voudrais ressaisir en les associant à ceux que nous proposent Franz Kafka, Pier Paolo Pasolini ou Rosa Luxemburg et qui, ainsi mis ensembles, posent le problème du monde émancipé.

Alexandre Costanzo est philosophe, il vit à Paris et enseigne à l’École supérieure d’art Annecy Alpes. Cofondateur de la revue Failles, il est aussi membre du comité de direction de la revue de(s)générations. Il achève une thèse sous la direction d’Alain Badiou et a notamment publié plusieurs essais consacrés à la question de l’émancipation.

Giuseppe GAVAZZA: Toucher / jouer le son
Toucher le son peut être traduit en espagnol "tocar el sonido" qui (re)traduit en français devient jouer le son, en anglais peut être "to play the sound", en allemand "den Klang zu spielen"; mais en italien on ne joue / play / spielen pas et tocar el sonido devient "suonare il suono"...
Un instrument de musique est un objet sonore mais est-ce qu'un "objet sonore" est un instrument de musique? Il vaudrait ledemander à Pierre Schaeffer...
Les instruments musicaux (acoustiques) sont des objets matériaux mais est-ce que le son est tangible? Est qu'on peut toucher / jouer un "objet sonore"?
Si le langage a créé le monde, on peut comprendre pourquoi le monde est aussi splendidement compliqué ... au revoir au monde du langage.
Encore.
J’ai plus de questions que de réponses et vous demande d’imaginer une expérience multi-sensorielle pour toucher / jouer sons et objets, entre sons réels et artificiels, objets physiques et modèles physiques.

Giuseppe Gavazza, (1957, compositeur) vit et travaille à Turin et Grenoble. Après un diplôme à l'Université de Turin, il est diplômé du Conservatoire de Milan en Composition et en Musique Électronique. Il a collaboré avec: CSC-Université de Padua, LIM-Université de Milan, Expérimental Studio SWF-Freiburg, l'IRCAM-Paris. Il mène une activité de recherche (PhD) au sein du laboratoire ACROE-ICA à Grenoble avec, comme sujet, l'utilisation du logiciel de synthèse par modèle physique GENESIS pour la création musicale et, depuis 1991, il est professeur de composition au Conservatoire de Cuneo, Italie.
Ses compositions — récompensées dans concours internationaux comme Irino Tokyo, Bucchi Roma, Ensemblia Monchengladbach, Briccialdi Terni, ICONS, Novara — sont exécutées et diffusées en Italie et àl'étranger. Elles sont éditées par BMG Ariola Ricordi et Edipan, enregistrées sur CD (Datum, 2E2M, DDT, Happy New Ears, Nuova Era) et jouées par importants musiciens. Il collabore habituellement avec des chorégraphes, plasticiennes, peintres, architectes, vidéoartistes, metteurs en scène de théâtre et cinéma, écrivains. Il a travaillé dans l'organisation et la promotion de la musique et de l’art contemporains. Il a obtenu des résidences d’artiste a la Fondation Château de La Napoule, USF Kulturhuset Bergen, Bogliasco Foundation, La vie des formes, Chalon-sur-Saone, Asilo Bianco, Ameno, META, Black Mountain College, USA.


Stephen LOYE: Le "\vɛʁ\noir"
Projection d'un extrait du film le "\vɛʁ\noir". Une enquête, chassé-croisé entre un anthropologue et un cinéaste, sur les lieux de la catastrophe aérienne du 24 mars 2015 dans les Alpes de Haute-Provence. À travers des archives, des témoignages et un travail cinématographique lié à la question du paysage, le film devient une recherche archéologique au sein des imaginaires de la mort et de sa représentation.

Stephen Loye mène un travail centré sur le cinéma et les problématiques qui découlent de ce medium. Issu des écoles d'art, il continue à pratiquer le dessin, la performance, la vidéo et l'installation. Il travaille souvent en binôme avec un anthropologue et des écrivains (Patrick Romieu, Nathalie Quintane et Théo Robine-Langlois).

BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE SUR LES AMBIANCES ET LES ATMOSPHÈRES :

Ben Anderson, "Affective atmospheres", in Emotion Space and Society, 2009, pp. 77-81.
Jean-François Augoyard, "L’environnement sensible et les ambiances architecturales", in L’espace Géographique, n°4, 1995, pp. 302-318.
Mikkel Bille, Peter Bjerregaard, Tim Flohr Sørensen, "Staging atmospheres: Materiality, culture, and the texture of the in-between", in Emotion, Space and Society, 2014, pp. 1-8.
Gernot Böhme, The Aesthetics of Atmospheres, New York, Routledge, 2017.
Tonino Griffero, Atmospheres: Aesthetics of Emotional Spaces, New York, Routledge, 2017.
Tim Ingold, "The atmosphere", in Chiasmi International, n°14, 2012, pp. 75-87.
Yves Michaud, L'art à l'état gazeux, Paris, Stock, 2003.
Timothy Morton, Ecology without Nature, Cambridge, Harvard University Press, 2007.
Nicolas Rémy, Nicolas Tixier (dir.), Ambiances, demain | Ambiances, tomorrow | Ατμόσφαιρες, Αύριο, actes du 3e Congrès international sur les ambiances, Volos, Grèce, Éd. Réseau International Ambiance – Université de Thessalie, Département d’architecture, septembre 2016, 1016 p., 2 volumes.
Hermann Schmitz, "Atmospheric Spaces", in Ambiances (en ligne).
Peter Sloterdijk, Sphères III. Écumes, Paris, Maren Sell Éditeurs, 2005.
Jean-Paul Thibaud, En quête d'ambiances, Genève, MétisPresses, 2015.

Avec le soutien
de l’École Supérieure d’Art Annecy Alpes,
de l’École
Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble,
du Laboratoire Ambiances Architectures Urbanités (UMR CNRS 1563),
de la Direction Générale de la Création Artistique,
de la Direction Générale du Patrimoine / BRAUP
et du Réseau International Ambiances