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Construit entre 1605 et 1620, agrandi en 1756 par alignement de
la façade nord, l'actuel château
succède à un édifice
médiéval dont subsistent, au nord-ouest, certains vestiges
(murs de soutènement et barbacane dominant le vallon). Il concilie
un certain équilibre entre :
la place-forte et la demeure de plaisance ouverte sur le paysage
environnant ;
la majesté (caractérisée par des volumes massifs
et une symétrie d'ensemble) et une certaine bonhomie (reposant sur
une implantation libre des ouvertures) ;
une relative austérité des lignes et une décoration
un peu fantaisiste (diversité des lignes qui ornent les toitures
: linteaux droits ou arrondis, frontons triangulaires ou en plein cintre,
surmontés ou non de boules, prolongeant l'alternance de couleurs
des pierres d'angle des pavillons).
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De la place-forte édifiée à l'époque où
la Normandie acceptait enfin l'Edit de Nantes (1609) par une famille protestante
craignant à juste titre les persécutions religieuses, il
subsiste notamment les douves sèches entourant l'édifice
sur trois côtés, le quatrième, à l'ouest, étant
protégé par l'enceinte de la ferme. |
Le château actuel, dont les fondations reposent sur le rocher
affleurant dans la Basse-Cour, est construit en grès rouge provenant
de carrières voisines et en granit. Le bâtiment central est
flanqué de quatre pavillons d'angle à plan losangé,
cette disposition classique présente en outre :
un cinquième pavillon au milieu de la façade nord, contenant
un imposant escalier de granit, à deux volées, séparées
par un mur d'échiffre parallèle aux façades ;
deux passages reliant les pavillons dépourvus d'escalier en
colimaçon à ceux qui en disposaient, aménagés
sur de larges arcades sous les toits des pignons est et ouest.
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On peut dater du XVIIe deux bâtiments
annexes, l'écurie pour chevaux de selle et d'attelage,
accotée à un ancien porche surmonté d'une toiture
élégante en forme de fer de hache, et l'orangerie.
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A l'intérieur du château, on notera l'escalier monumental,
les cheminées en granit de la "grande salle" (maintenant bibliothèque)
et de l'ancienne cuisine (maintenant salle à manger), le plafond
à poutres peintes de la bibliothèque selon la mode sous Louis
XIII (représentant notamment des cucurbitacées) et le plafond
d'un petit salon construit et peint probablement à la fin du XVIIe
siècle. Les boiseries du XVIIIe
siècle, provenant du logis abbatial de Pontigny, furent installées
vers 1950 dans un salon du 1er étage. |
La ferme de la Basse-Cour rassemble des constructions d'époques
variées dont certaines sont contemporaines de l'ancien château.
On remarque surtout un pigeonnier élancé avec fenêtre
à meneau, surmontant une entrée charretière munies
d'anciennes portes en bois, une élégante "charterie" à
trois arcades. |
Les trois serres, dont l'une forme le jardin d'hiver, situées
à l'écart, dans l'ancien jardin potager au sud-est du château,
ont été installées au Second Empire.
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On pourra noter enfin un chêne et un platane "oriental", au
moins bicentenaires, au nord du château, dominant un étang
à la place d'anciens viviers à poissons, le déversoir
du bief du moulin et des cascades. |
L'ensemble du château actuel, des vestiges du précédent
château ainsi que les bâtiments de la ferme libérés
en 1992 de leur activité agricole, sont classés "monument
historique" en totalité, intérieurs compris, en 1995.
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