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Programme 2018 : un des colloques


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Flyer GOETHE : L'ACTUALITÉ D'UN INACTUEL
Mise à jour
09/07/2018
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DU LUNDI 20 AOÛT (19 H) AU LUNDI 27 AOÛT (14 H) 2018

( colloque de 7 jours )

DIRECTION : Christoph KÖNIG, Denis THOUARD, Heinz WISMANN

ARGUMENT :

Le nom de Goethe est célèbre et on mesure son importance, mais sans le lire vraiment. L’œuvre se présente au lecteur comme un cosmos inaccessible. L’observateur perspicace de son temps fut aussi résolument étranger à son époque et fut constamment perçu comme parfaitement inactuel. Il faut d’abord pénétrer, au moyen d’une lecture insistante, dans le monde de ses œuvres et dans leur idiosyncrasie pour découvrir leur actualité. De grands lecteurs tels que Nietzsche, Freud, Gide, Benjamin et Kafka se sont nourris, en actualisant son œuvre, de l’inactualité systématique de Goethe. C’est à cette figure de créativité que sera consacré le présent colloque. L’œuvre de l’âge mûr — le Divan occidental-oriental, les Années de voyage de Wilhelm Meister et le Faust. Deuxième partie — occupera une place centrale: Goethe retourne cette créativité contre ses propres œuvres et leur confère une dimension fortement réflexive. Comment Goethe a-t-il pu échapper à son propre classicisme? Comment, ayant édifié sa propre statue, Goethe parvient-il à y échapper, à se réinventer autrement dans son œuvre tardive, devenant peut-être un "second auteur" à l’ombre du premier? Les discussions interrogeront la figure de ce Goethe méconnu, encore sous-estimé et pourtant plus porteur d’avenir que l’icône du classicisme weimarien.

Les intervenants ayant particulièrement étudié ces aspects négligés de l’œuvre, seront attachés à faire apparaître les résonances actuelles de celle-ci, dans ses aspects scientifiques, sa distance instruite avec la philosophie, mais aussi dans son ouverture aux littératures du monde, dont il fut le pionnier, et dans la réinvention de la figure de l’auteur.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Lundi 20 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 21 août
Le deuxième auteur
Matin:
Andreas KABLITZ: La religion de Faust
Christoph KÖNIG: Le statut d’auteur second comme procédé poétique dans la Nuit de Walpurgis classique

Après-midi:
Michael FORSTER: Goethe et Hegel: le rôle de Faust dans la "Phénoménologie de l'esprit" (1807)


Mercredi 22 août
Science, philologie, histoire, philosophie
Matin:
Eli FRIEDLANDER: Goethe et Benjamin: de la Nature à l’Histoire
Bruno HAAS: Théorie des couleurs et phénomène originaire dans le contexte de la crise du langage autour de 1800

Après-midi:
Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK: Symbolisme et théâtralité

Atelier de lecture
, avec Christoph SCHMÄLZLE: La réflexion de Goethe sur l'Art

Soirée:
"Élégies croisées", lectures d'extraits de Bessette et de Goethe, suivies d'une discussion (avec le colloque en parallèle "Hélène Bessette: l'attentat poétique")


Jeudi 23 août
La forme moderne des œuvres
Matin:
Bernhard FISCHER: Goethe: Wilhelm Meisters Wanderjahre (1821/1829)
Anne LAGNY: Le théâtre dans l’œuvre tardive
Kirk WETTERS: "Voici venu le temps de l‘unilatéralité". Spécialisation, différenciation et métier dans Les Années de voyage de Wilhelm Meister

Après-midi:
DÉTENTE


Vendredi 24 août
Prises de position et autoréflexion
Matin:
Beatrice GRUENDLER: La poésie arabe comme tradition du Divan occidental-oriental
Denis THOUARD: Du vieillissement

Après-midi:
Werner WÖGERBAUER: L'art poétique des Élégies romaines

Atelier de lecture, avec Anne BAILLOT: Faire œuvre? Lectures de lettres entre Goethe et ses correspondants éditoriaux

Soirée:
Lieder (avec le colloque en parallèle "Hélène Bessette: l'attentat poétique")


Samedi 25 août
Critique historique des interprétations
Matin:
Michael WOLL: Potentiel pour la poésie du XXe siècle
Alexandra RICHTER: La métamorphose comme paradigme philosophique: Walter Benjamin, lecteur des écrits scientifiques de Goethe

Après-midi:
Roland KREBS: La Réception de Goethe en France dans les années 1930 et aujourd'hui
Christian HELMREICH: Soulever le voile d'Isis. Science de la nature chez Alexandre de Humboldt et Goethe

Atelier de lecture, avec Mark-Georg DEHRMANN: Philologie et créativité dans le Divan occidental-oriental


Dimanche 26 août
La langue de la traduction
Matin:
Michele COMETA: Du nouveau sur Goethe et la littérature universelle
Guillaume MÉTAYER: Nietzsche et Goethe: épigramme et inactualité

Après-midi:
Heinz WISMANN: Goethe et Diderot
François THOMAS: Goethe, penseur de la traduction

Atelier de lecture, avec Elisabeth DÉCULTOT: La traduction comme dialogue critique: Goethe et Diderot sur la peinture

Soirée:
Goethe en musique, avec Julien SÉGOL (baryton basse) et Kunal LAHIRY (pianiste)


Lundi 27 août
Conclusion
Matin:
Dialogue entre Adolf MUSCHG et Christoph KÖNIG

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Michele COMETA: Du nouveau sur Goethe et la littérature universelle
Il faut relire les pages de Goethe sur la Weltliteratur (littérature mondiale) pour poser correctement les coordonnées théoriques d’une réflexion actuelle sur la littérature à l’époque de la globalisation et, plus exactement, sur la "vocation migratoire" de la littérature. Les notes éparses de Goethe affrontent le problème aux commencements du phénomène de la globalisation. Ces réflexions ont préparé la constitution d’un canon transnational, mais aussi tous les types de "résistance" rendus nécessaires pour affronter les différentes formes de nationalisme allemand apparues entre le romantisme et le national-socialisme. Goethe ne cache pas son intention de prendre en compte avant tout sa propre "situation" culturelle et de la faire interagir avec le contexte européen et extra-européen. Le caractère inévitable de cette confrontation est pour lui d’autant plus clair qu’il se dit convaincu "qu’une littérature universelle est en train de se former", comme on peut lire dans Art et Antiquité (Kunst und Altertum), la revue du classicisme allemand, ce qui induit une confrontation à l’autre qui n’a rien de "pacifique". Goethe a bien une vision "agonale" du contact entre les littératures. Il ne se cache pas l’âpreté et la conflictualité de cette confrontation dans laquelle, entre autres, "la littérature allemande a beaucoup à perdre".

Michele Cometa est professeur d'université en Littérature Comparée et Culture Visuelle à l'Université de Palerme. Il a consacré beaucoup d'études à la littérature et à la culture de l'époque de Goethe. Il a en outre traduit en italien l’Urfaust (1999).
Publications:
Il romanzo dell’infinito. Miti, metafore e simboli dell’età di Goethe (1990).
Il Romanzo dell’Architettura. La Sicilia e il Grand Tour nell’età di Goethe (1999).
Goethe e i Siciliani. Gli incontri segreti del viaggio in Sicilia
(1997).
L’età classico-romantica (2009).
L’età di Goethe (2009).
La scrittura delle immagini. Letteratura e cultura visuale
(2012).
Fantasmagorie. Sulla cultura visuale dell’età di Goethe (2018).

Bernhard FISCHER: Goethe: Wilhelm Meisters Wanderjahre (1821/1829)
L’exposé se penche sur les apports de la forme hétérogène des Années de voyage de Wilhelm Meister, qui n’est soutenue ni par une instance narrative constante, ni par une perspective stable. Dans la version de 1829, ce "roman d’archive" renonce à la lecture triviale ordonnée à l’intrigue comme à une signification totalisante, pour établir par des excès et des oppositions brutes un jeu du lecteur avec les significations qui se groupent en des constellations chaque fois individuelles, conformément au poème: "Ainsi je porte de vieux trésors / ...".

Michael FORSTER: Goethe et Hegel: le rôle de Faust dans la "Phénoménologie de l'esprit" (1807)
Le chapitre de la Phénoménologie de l’esprit d’Hegel sur "Plaisir et nécessité" traite de la perspective de Faust dans le Faust de Goethe. Mais de quelle version de Faust s’agit-il exactement? Il y a trois possibilités: l’Urfaust de 1775, Faust. Ein Fragment de 1790 et Faust I de 1808. Ce dernier est évidemment trop tardif, car la Phénoménologie de l’esprit est paru en 1807. Mais Faust. Ein Fragment de 1790 est d’une certaine façon trop tardif aussi, car le chapitre suivant de la Phénoménologie de l’esprit sur "La loi du cœur" traite sans aucun doute de Die Räuber de Schiller, paru en 1781. Donc il faut que la version dont il s’agit soit l’Ur-Faust de 1775 (c’est-à-dire que, bien que cette version se soit paru qu’en 1887, Hegel l’a déjà connue d’une façon ou d’une autre). Goethe et Hegel critiquent surtout deux aspects de la perspective de Faust dans le drame: sa renonciation à la morale pour le plaisir (ce qui équivaut, selon Goethe et Hegel, à un choix de la mort) et sa renonciation à la science pour la vie (ce qui, selon Goethe et Hegel, entraîne encore une fois une perte de la vie). Mais il y a aussi des différences entre les deux critiques. Par exemple, pour Goethe, la mort dont il s’agit est une mort au propre sens de la mort des autres (de Gretchen, de son bébé, de sa mère et de son frère), tandis que, pour Hegel, elle plutôt une terreur face à sa propre mort (un thème auquel il avait déjà touché dans La positivité de la religion chrétienne); et, pour Goethe, la vie dont il s’agit est le contenu des sciences naturelles auxquelles il s’est adonné (telle la biologie), tandis que, pour Hegel, elle est plutôt la vie, le "mouvement" du concept. La Phénoménologie de l’esprit implique donc aussi une certaine critique de Goethe. Est-ce-que Goethe y a répondu? Cela est la dernière question à laquelle nous essayons de donner une réponse ici en tenant compte de Faust II (1832).
Lectures:
J.W. von Goethe, Faust I, Faust II et Urfaust, dans Werke. Hamburger Ausgabe in 14 Bänden (Deutscher Taschenbuchverlag, 1988), tome 3.
G.W.F. Hegel, Phänomenologie des Geistes, surtout "Die Lust und die Notwendigkeit", dans Werke in 20 Bänden (Suhrkamp Verlag, 1970), tome 3.
J. Hyppolite, Genèse et structure de la Phénoménologie de l’esprit de Hegel (Aubier-Montaigne, 1974).
Michael N. Forster, Hegel’s Idea of a Phenomenologie of Spirit (University of Chicago Press, 1998).

Eli FRIEDLANDER: Goethe et Benjamin: de la Nature à l’Histoire
Dans la théorie du Projet des Passages, Benjamin écrit: "... ma conception de l'origine ... est une transposition rigoureuse et décisive du concept Goethéen fondamental du domaine de la nature à celui de l'histoire. L'origine — c'est, en effet, le concept de phénomène primordial extrait du contexte païen de la nature et introduit dans le contexte juif de l'histoire". Cette conférence élabore cette transposition de concepts Goethéens, tels que le phénomène primal, la polarité et l'intensification, ainsi que la métamorphose, du domaine de la nature à celui de l’histoire. En essayant d'évaluer l'appropriation par Benjamin de la conception de la nature de Goethe pour l'histoire, nous devons considérer qu'une forme ou une méthode d'investigation est indissociable du caractère du domaine qu'elle ouvre. L'idée de Goethe du primordial ou de l'original n'est pas accidentellement liée à la présentation des formes de la nature vivante. Ainsi, dans la mesure où Benjamin cherche à reprendre le concept de phénomène primordial de Goethe pour l'investigation de l'histoire, cela impliquerait que l'histoire renferme une dimension de nature primale, ou qu’elle est un champ dans lequel la nature vivante se manifeste. Même si nous établissons finalement, à la suite de Benjamin, une distinction entre nature et histoire, il serait nécessaire de faire ressortir la manière dont l'histoire authentique émerge de l'existence collective naturelle, que Benjamin appelle aussi "vie pure et simple".

Eli Friedlander est professeur de philosophie à l'Université de Tel Aviv. Il enseigne l'Esthétique, Kant et le Kantisme, Wittgenstein et la philosophie du langage.
Publications récentes:
Walter Benjamin: A Philosophical Portrait, Cambridge: Harvard University Press, 2012.
Expressions of Judgment: An Essay on Kant’s Aesthetics. Harvard University Press, 2016.
"The Higher Intuitability of History", in Walter Benjamin’s Arcades Project, Dibur, January 2017.
"Wittgenstein, Benjamin and Pure Realism", in Wittgenstein and Modernism, eds. Karen Zumhagen-Yekple and Michael le Mahieu, Chicago University Press, 2017.
"Common Sense: Between Systematicity and Community", in Mathew Altman (ed.), Palgrave Kant Handbook, 2017.
"Benjamin on Photography and Fantasy", in special issue of Critical Horizons, (ed.) Alison Ross, October 2017.


Mildred GALLAND-SZYMKOWIAK: Symbolisme et théâtralité
Dès les années 1790, Goethe développe une conception philosophique et esthétique du symbole comme présentant un sens de manière organique et immanente, ce qui l’oppose à une présentation allégorique qui fait quant à elle accéder l’esprit à une signification au-delà de la figure sensible. Goethe est par ailleurs nommé directeur du théâtre de cour de Weimar en 1791 et l’écriture de Faust l’accompagne pendant la majeure partie de sa vie. Si les définitions évoquées concernent d’abord les arts plastiques, comment penser avec Goethe, auteur dramatique, praticien et théoricien du théâtre, la spécificité du symbolisme théâtral? Et comment dans ce cadre comprendre, d’un Faust à l’autre, le développement d’une tendance qui peut sembler allégorisante?

Mildred Galland-Szymkowiak est chargée de recherches au CNRS où elle co-dirige une unité de recherche sur les arts et la littérature de la modernité (THALIM). Philosophe, spécialiste d’esthétique et de philosophie allemande, elle a développé des recherches sur l’idéalisme allemand, sur l’histoire et la philosophie du symbole ainsi que sur l’empathie esthétique.
http://www.thalim.cnrs.fr/auteur/mildred-galland-szymkowiak
https://cv.archives-ouvertes.fr/mildred-galland-szymkowiak
Parmi ses publications concernant les contemporains de Goethe:
K. W. F. Solger, Écrits philosophiques, introduction, traduction et commentaires, Paris, Vrin, 2015.
"The Problem of Individuation in Schelling’s Philosophy, from the Identity Philosophy to the Ages of the World (1801–1811)", Schelling-Studien, 2016.
"Philosophy and the History of Art: Reconsidering Schelling’s Philosophy of Art from the Perspective of Works of Art", Critical Horizons, 14- 3, 2013.
"La Symbolique de Friedrich Creuzer. Philologie, mythologie, philosophie", Revue Germanique internationale, 2011.


Beatrice GRUENDLER: La poésie arabe comme tradition du Divan occidental-oriental
Dans cette contribution, on présentera l’engagement de Goethe à propos de la littérature arabe à partir de surtout de son Westöstlicher Divan en portant attention au traitement qu'il fait de la poésie arabe préislamique, de sa manière de traduction et d'adaptation de cette poésie et de son étude du monde littéraire arabe.

Beatrice Gruendler (PhD Harvard University, 1995) has been Professor of Arabic at the Freie Universität Berlin since 2014. She has also taught at Yale University (1996–2014) and Dartmouth College (1995–96). She was awarded the Leibniz-Prize 2017, the most important distinction for researchers in Germany. Her main areas of research are the development of the Arabic script, classical Arabic poetry and its social context, the integration of modern literary theory into the study of Near Eastern literatures, and early Islamic book-culture (ninth century AD) viewed from the perspective of media history, and the interaction of classical Arabic literature with other premodern literatures.
Publications:
The Development of the Arabic Scripts: From the Nabatean Era to the First Islamic Century (1993, Arabic trans. 2004).
Medieval Arabic Praise Poetry: Ibn al-Rūmī and the Patron’s Redemption, (2003).
As editor and translator:
The Life and Times of Abū Tammām (Akhbār Abī Tammām) by Abū Bakr Muhammad ibn Yaḥyā al-Ṣūlī (2015).
As contributing co-editor:
Understanding Near Eastern Literatures: A Spectrum of Interdisciplinary Approaches (2000).
Writers and Rulers:
Perspectives from Abbasid to Safavid Times (2004).
And, as contributing editor:
Classical Arabic Humanities in Their Own Terms (2007).


Christian HELMREICH: Soulever le voile d'Isis. Science de la nature chez Alexandre de Humboldt et Goethe
Où il sera question bien entendu des relations entre Goethe et Humboldt (notamment des allusions élogieuses dont les deux auteurs parsèment leurs œuvres respectives), de leur théorie de la nature mais aussi de leur conception des sciences. Ce dernier point en particulier permet de saisir à la fois leurs liens étroits, mais aussi leurs différends qui, de façon exemplaire, s’illustrent dans le portrait qu’ils font de la figure de Newton.

Christoph KÖNIG: Le statut d’auteur second comme procédé poétique dans la Nuit de Walpurgis classique
Dans le second Faust, Goethe se réfère à la fois à ses propres œuvres antérieures et à des traditions mythologiques qu’il se réapproprie. Le statut d’auteur second est la marque de sa production poétique. Dans la distance ainsi créée, il renseigne sur le sens qui se constitue, sur un mode réflexif. Il s’agit dans tous les cas de maîtriser une diversité étrangère. Cependant, les procédés de reprise ne visent pas la construction philosophique d’une totalité; ils créent à chaque fois un tout philologique dans le matériau langagier. La Nuit de Walpurgis classique est en ce sens pratique et critique: elle relève d’une tradition de critique savante au sujet de laquelle Goethe prend position dans la première partie du deuxième acte, consacrée à l’érudition. À partir de cet arrière-plan, on se demandera dans quelle mesure le principe philologique qui fait de lui un auteur second garantit sa liberté poétique.

Christoph König est professeur de littérature allemande à l’université d’Osnabrück. Il a été fellow au Wissenschaftskolleg de Berlin en 2008-2009 ainsi qu’au Forscherkolleg "Fate, Freedom and Prognostication" de l’Université d’Erlangen en 2011/12. Il est membre du PEN. Il est directeur de la revue Geschichte der Germanistik (Wallstein Verlag Göttingen) et a édité de nombreuses  correspondances, collections de livres et recueils.
Publications:
Hofmannsthal. Ein moderner Dichter unter den Philologen (2001, 2 ème édit. 2006).
Internationales Germanistenlexikon 1800 – 1950 (2003, 3 vol., CD - ROM).
Engführungen. Peter Szondi und die Literatur (2004, 2 ème édit. 2005).
Häme als literarisches Verfahren. Günter Grass, Walter Jens und die Mühen des Erinnerns (2008).
La philologie au présent. Pour Jean Bollack (éd. en collaboration avec Denis Thouard) (2009).
"O komm und geh". Skeptische Lektüren der "Sonette an Orpheus" von Rilke (2014).
L’intelligence du texte. Rilke – Celan – Wittgenstein (2016).

Roland KREBS: La réception de Goethe en France dans les années 1930 et aujourd'hui
On constate dans les années 1930 un regain d’intérêt pour Goethe. Les traductions se multiplient, en particulier dans la collection des classiques bilingues de Fernand Aubie ainsi que les études. La première raison de cet engouement est liée au centenaire de sa disparition en 1932, dont la commémoration donna lieu au célèbre numéro de la NRF: Hommage à Goethe (André Gide, Thomas Mann, Denis de Rougemont...). Mais le contexte historique joue aussi un rôle dans cette renaissance. Après la période de rapprochement franco-allemand succédant aux accords Stresemann-Briand, l’horizon s’assombrit de nouveau vers 1930 (crise économique et montée du national-socialisme). À une Allemagne perçue, surtout après 1933, comme agressive et menaçante, on  opposera donc l’image d’"une bonne Allemagne" humaniste et cosmopolite. Quelle autre figure des lettres allemandes pouvait mieux incarner ces valeurs et la notion de littérature universelle que le créateur de Faust? Qu’en est-il de nos jours? Goethe peut-il toujours servir de référence? Sa pensée et son écriture ont-elles trouvé une nouvelle actualité?

Roland Krebs est professeur de littérature allemande classique et romantique à Paris-Sorbonne (émérite).
Publications sur Goethe:
Monographie: Johann Wolfgang Goethe, Belin, 2010, coll. "Voix allemandes".
Les Affinités Électives, présentation, notes, chronologie, bibliographie, Paris, Garnier-Flammarion, 2009.
La vocation théâtrale de Wilhelm Meister, édition critique, Classiques Garnier, 2015.


Guillaume MÉTAYER: Nietzsche et Goethe: épigramme et inactualité
En un "prélude en rimes allemandes" au Gai Savoir (1882), Nietzsche lance une série de soixante-trois poèmes de forme et de ton épigrammatiques, qu'il intitule "Scherz, List und Rache". La référence à Goethe, et à son Singspiel du nom, est transparente: dans quelle mesure la veine épigrammatique de Nietzsche, sensible dans ces poèmes liminaires, mais aussi très présente dans son œuvre posthume, et jusqu'aux fragments poétiques de la fin, s'inspire-t-elle de modèles goethéens — Venezianische Epigramme, Xenien, etc.? Quel rôle y jouent les parodies de Goethe? Par-delà ces rencontres textuelles, quels rapports entretiennent, en miroir chez ces deux poètes, la forme antique et incongrue de l'épigramme et la notion d'inactualité? L'épigramme, forme indissociablement philologique et poétique, peut-elle être un creuset de jouvence? Peut-elle, pour y prétendre, faire l'économie d'un rapport renouvelé au passé et à la traduction, aussi bien hier qu'aujourd'hui?

Guillaume Métayer est chargé de recherche au CNRS (CELLF), traducteur de l'allemand et du hongrois.
Publications:
Nietzsche et Voltaire. De la liberté de l'esprit et de la civilisation, Paris, Flammarion, 2011.
Friedrich Nietzsche, Épigrammes, traduction, présentation et commentaires, Paris, Sillage, 2011.
Friedrich Nietzsche, Poèmes complets, Paris, Les Belles Lettres, "Bibliothèque allemande" (achevé, à paraître).


Alexandra RICHTER: La métamorphose comme paradigme philosophique: Walter Benjamin, lecteur des écrits scientifiques de Goethe
Dans le dernier chapitre de sa dissertation consacrée au Concept de critique esthétique dans le romantisme allemand, chapitre qu’il qualifia de "postface ésotérique destinée à ceux à qui j’aurais à la communiquer comme un mien travail", Walter Benjamin affirme: "Aujourd’hui encore, cet état de la philosophie allemande de l’art, tel qu’il se présente, autour de 1800, dans les théories de Goethe et des premiers romantiques, est légitime". Cette contribution propose de placer les travaux de Benjamin dans le contexte de "l'actualité" des écrits goethéens sur la métamorphose dans les années 1920 (Vladimir Propp, Morphologie du conte, 1926; André Jolle, Formes simples, 1923/1930;  Ludwig Wittgenstein, Remarques sur "Le rameau d´or" de Frazer, 1931; Oswald Spengler, Déclin de l´Occident. Esquisse d'une morphologie de l'histoire universelle, 1918/1922) et de montrer comme cette théorie "inactuelle" au moment de sa parution retrouve une postérité plutôt inattendue, notamment parmi les philosophes.

Alexandra Richter, enseignant-chercheur à l´Université de Rouen (http://eriac.univ-rouen.fr/author/alexandra-richter/), est boursière de la fondation Humboldt avec un projet de recherche sur les  archives de Walter Benjamin (Akademie der Künste) à Berlin. Doctorat à Paris-IV en 2003: "La pensée en archipel. Goethe face à la philosophie".
Publications:
Walter Benjamin, Le concept de critique esthétique dans le romantisme allemand. Œuvres et inédits, édition critique intégrale, tome 3, Texte traduit de l’allemand par Philippe Lacoue-Labarthe et Anne-Marie Lang, Appareil critique traduit de l’allemand par Alexandra Richter, Fayard, Paris, 2009.
Le coach de Goethe. Conseil et médiation dans Les Affinités électives, coll. "Actes académiques", Riveneuve, 2014.
"Goethes "Arbeit am Mythos": eine semiologische Lektüre des Festspiels Pandora", in Pandora. Zur mythischen Genealogie der Frau, p. 131-140, Heidelberg, 2012.
"Des roches et des nuages. Le Voyage en Italie de Goethe", Actes du colloque Seuils & Traverses 4, Faculté des Lettres, Ankara, 2004.


François THOMAS: Goethe, penseur de la traduction
Goethe a traduit toute sa vie (notamment, entre autres, le Neveu de Rameau de Diderot et des tragédies de Voltaire) et fut lui-même un auteur traduit. Les quelques textes qu’il a consacrés à l’art de traduire et au fait d’être traduit (dans ses Maximes et réflexions, lors d’un hommage rendu à Wieland, dans les Notes au Divan occidental-oriental, dans les textes sur la littérature universelle) ne proposent pas une théorie développée et ne s’inscrivent pas non plus, comme chez Herder ou Schleiermacher, au sein d’une philosophie du langage ou d’une réflexion sur l’herméneutique. Mais, tout en s’accordant avec les vues de l’époque, ils offrent une réflexion particulièrement intéressante sur les différentes manières de se rapporter aux cultures étrangères et de traduire les œuvres. Nous proposons de relire ces textes célèbres, et de relire en parallèle la scène de Faust, où Faust traduit la première phrase de l’Évangile de Jean.

François Thomas est Wissenchaftlicher Mitarbeiter au département de philosophie de l’Université de Bonn. Sa thèse (Lille, 2015) portait sur la critique des traductions françaises par les Romantiques allemands, et sur les enjeux philosophiques, éthiques et politiques de ce débat. Il a rédigé la chapitre "Traduire la philosophie" du volume de l’Histoire des Traductions en langue française portant sur les XVIIe et XVIIIe siècles (Verdier, 2014).

Denis THOUARD: Du vieillissement
Goethe a pu — en raison de son succès précoce — regarder son œuvre se faire, mais aussi contempler son œuvre faite. Que faire, quand l’œuvre est faite? Comment résister au sort qui paraît vouer tout langage à l’insignifiance? Comment continuer à dire quand on a déjà peut-être tout dit? Cette première question engage une réflexion sur le langage. La poésie peut-elle échapper au dépérissement du langage, qui efface inexorablement l’individualité? Une reprise, une refonte de ses propres œuvres est-elle envisageable ? La série des reprises engagées le laisserait penser: Second Faust, Années de voyage, voire le Divan. Goethe fut confronté à sa propre monumentalisation, par lui-même voulue: c’était le programme du classicisme de Weimar. Il chercha aussi à y échapper. Par là se posait pour lui la question de la temporalité des œuvres, de leur caducité. Les œuvres de langage peuvent-elles se rajeunir grâce à la poésie? Ou bien donnent-elles l’exemple même de la résignation? Les œuvres d’art plastiques sont non moins périssables, sujettes au temps. Le regard porté sur le Cenacolo de Milan à partir d’une étude sur le livre de Giuseppe Bossi (Milan, 1810) sur cette fresque lui permet de formuler cette préoccupation et de réfléchir à la question connexe de la restauration des œuvres (Abendmahl von Leonardo da Vinci zu Mailand, WA I, 49, 1, 199-248 et Observations on Leonardo da Vinci’s celebrated picture of the Last Supper by Goethe, WA I, 49, 1, 249252). La méditation tardive de Goethe, sa constitution d’un Spätstil, sa résignation devant le langage conventionnel en même temps que son souci d’échapper en refaisant ou prolongeant ses œuvres, à l’image convenue qu’il risquait de donner de lui-même, voilà ce qui constitue l’objet de l’exposé. Le thème de la résignation y vient dire l’aboutissement d’une philosophie du langage encore trop inaperçue.

Denis Thouard (CNRS), philosophe, a consacré ses travaux au romantisme allemand et à la question de l'herméneutique.
Parmi ses dernières publications:
Le partage des idées (2017).
Herméneutique critique. Bollack, Szondi, Celan (2012).
L'interprétation. Un dictionnaire philosophique (2015, avec Christian Berner).
Et toute langue est étrangère. Le projet de Humboldt (2016).
Pourquoi ce poète? Le Celan des philosophes (2016).


Kirk WETTERS: "Voici venu le temps de l‘unilatéralité". Spécialisation, différenciation et métier dans les Années de voyage de Wilhelm Meister
Dans un essai de 2017, "Who cares about Society? Souci et réification dans les Années de formation de Wilhelm Meister de Goethe", j’ai considéré le rôle social des symboles dans Wilhelm Meister. Leur circulation symbolique advient d’abord dans le roman sous la forme surtout d’échange de cadeaux, de dons, d’œuvres d’art et d’héritages. Ces mouvements s’arrêtent dans certains cas et reçoivent de ce fait un caractère statique et réifié. Afin de faire paraître la sémantique de la société dans ce contexte, je me suis appuyé sur la lecture du roman par Georg Lukács et, notamment, sur sa fameuse théorie de la réification, mettant ainsi en évidence le spectre des formes sociales de la réification. Je voudrais poursuivre ce questionnement en l’étendant au roman tardif que sont les Années de voyage de Wilhelm Meister ou les résignés. Dans cette poursuite de l’histoire de la vie de Wilhelm, les aspects négatifs de la réification sont encore davantage mis en relief, surtout en rapport avec l’unilatéralité prévalant dans une société différenciée: dans l’éducation, la vie professionnelle, l’art et la science. En ces domaines, la réification de l’homme est le produit de la société; elle est internalisée par le sujet réifié sous la forme du renoncement. En contrepoint, le memento vivere ("pense à vivre !") des Années d’apprentissage se mue en principe et activité du voyage. Renonçant à la sédentarité du foyer bourgeois, le voyage signifie la possibilité d’une transformation sociale au-delà de la conscience réifiée.

Werner WÖGERBAUER: L'art poétique des Élégies romaines
Le cycle des Élégies romaines, que Goethe avait dans un premier temps nommées Érotica, est contemporain de la Révolution française, mais il élude soigneusement toute référence explicite à l’actualité politique. Les poèmes sont généralement considérés comme le témoignage d’une sorte de conversion du poète à la sensualité, qui trouverait son origine dans la rencontre avec l’Antiquité pendant le voyage en Italie et avec Christiane Vulpius après le retour à Weimar. Cette double perspective a longtemps marqué l’histoire de l’interprétation; elle a produit de nombreuses études sur le matériau biographique des élégies et sur leurs sources d’inspiration littéraires, en particulier la poésie élégiaque de l’èpoque augustéenne. Plus récemment, l’intérêt de la recherche s’est porté sur la manière dont le discours érotique des élégies se combine avec un discours autoréférentiel. Comment envisager la relation entre ces deux pôles? Nous tenterons de montrer que la réflexivité des élégies va pus loin que la simple interrogation sur le rapport que le poète moderne peut entretenir avec les modèles antiques, et que Goethe se sert des formes de la poésie érotique pour examiner les ressources et les ressorts de la création littéraire.

Professeur de littérature allemande à l’Université de Nantes. Publications sur la littérature autrichienne, la poésie allemande moderne et contemporaine, en particulier Paul Celan, et l’histoire des disciplines philologiques.
Parutions récentes:
Martin Heidegger, la philologie et les poètes. Études réunies par Werner Wögerbauer, Études germaniques, 2013, n°3.
Jean Bollack. Die Philologie auf der Bühne. Études réunies par Rossella Saetta Cottone et Werner Wögerbauer, Maske & Kothurn (Vienne) 2013, n°4.
La modernité littéraire dans l'Allemagne divisée. Études réunies par Bénédicte Terrisse et Werner Wögerbauer, Germanica, n°59, 2016.


Michael WOLL: Potentiel pour la poésie du XXe siècle
Une histoire de la réception poétique de la poésie de Goethe et du Divan occidental-oriental peut être établie à partir de deux principes différents. D’un côté, on peut simplement recueillir les références et allusions dans les œuvres des époques suivantes; le résultat serait une représentation de la popularité de Goethe au fil du temps. De l’autre côté, il y a la possibilité de chercher le potentiel des poèmes du Divan, auquel les lecteurs-poètes de Goethe pouvaient succéder. Suivant cette deuxième approche, cette communication montrera, à partir de quelques exemples, comment des poètes comme Hugo von Hofmannsthal ou Rainer Maria Rilke — dans la réflexion de leur langue, dans leur pensée poétique, ou bien dans leur emploi des genres littéraires — ont profité des options qui avaient été créées par la poésie de Goethe. En ce sens-là, l’histoire de la réception fait partie de l’interprétation: dans l’analyse des lectures postérieures, on peut découvrir le potentiel créatif de la poésie lyrique du Divan.

ATELIERS DE LECTURE :

Anne BAILLOT: Faire œuvre? Lectures de lettres entre Goethe et ses correspondants éditoriaux
Après une toute première expérience de publication qui le laissa sans contrôle sur son manuscrit d'ouvrage, Goethe a été sur ses gardes vis-à-vis des éditeurs toute sa vie, passant le plus souvent par le truchement de tiers, quand il n'exigeait pas que les éditeurs souscrivent à une publication les yeux fermés sans avoir même vu le manuscrit. À l'heure de construire l'œuvre de fin de vie, la question de la relation de confiance envers les éditeurs se pose de nouveau, mais de manière différente de celle dont il usait lorsqu'il s'agissait de placer un ouvrage ou un autre. Cet atelier de lecture éclairera, notamment à partir des correspondance avec Cotta avec Zelter, le retour sur le faire-œuvre qui s'opère dans les dernières années de Goethe et de la place qu'y jouent les éditeurs. La réflexion portera également sur le rôle de la correspondance dans la constitution à la fois de l'œuvre et de l'identité d'écrivain.
Bibliographie:
Bernhard Fischer, Johann Friedrich Cotta, Verleger-Entrepreneur-Politiker, Göttingen, 2014.


Anne Baillot s'est attelée au rôle pivot de Goethe dans la réception des travaux de ses contemporains dès son tout premier article de recherche. Elle a poursuivi une thèse sur le romantisme où elle s'est penchée sur des aspects philologiques et philosophiques, rencontrant encore bien souvent le maître de Weimar, pour se tourner ensuite vers les réseaux intellectuels berlinois au début du XIXe siècle, où là encore, Goethe a joué un rôle proéminent. Dans son inédit d'habilitation, elle a esquissé une histoire intellectuelle des relations entre éditeurs et écrivains en Allemagne, où, une fois de plus, la figure du maître n'était autre que celle de Goethe.
En savoir plus: http://3lam.univ-lemans.fr/fr/membres/enseignants-chercheurs/baillot-anne.html


Elisabeth DÉCULTOT: La traduction comme dialogue critique: Goethe et Diderot sur la peinture
En 1799, Goethe publie dans les Propylées un texte inclassable. En apparence, son Diderots Versuch über die Malerei se présente comme une traduction des Essais sur la peinture de Diderot (1766). Très vite cependant, la traduction se transforme en un dialogue entre le traducteur et "son" auteur, mort plusieurs années auparavant, dialogue au cours duquel Goethe réorganise le texte de Diderot selon son propre plan, escamote certains passages, approuve, contredit, interroge l’"original", pour finalement produire un texte hybride, à mi-chemin entre traduction, commentaire et essai théorique propre. L’objet du présent atelier de lecture est de faire une lecture attentive de ce dialogue, en comparant notamment la traduction de Goethe et le texte de Diderot qui lui sert de fondement, de façon à faire émerger la stratégie de Goethe traducteur et ses intentions en termes de réflexion sur l’art de peindre.
Textes-sources:
J. W. Goethe, Diderots Versuch über die Malerei, éd. par N. Miller und J. Neubauer, in J. W. Goethe, Sämtliche Werke nach Epochen seines Schaffens, Münchner Ausgabe, vol. 7, München 1991, p. 517-565.
Denis Diderot, Essais sur la peinture, éd. par Gita May, in D. Diderot, Œuvres complètes, vol. 14, Paris, Hermann, 1984, p. 343-411.


Elisabeth Décultot a été directrice de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique entre 1996 et 2015, avant de se voir décerner en 2015 une chaire de professeur de littérature allemande à l’Université de Halle-Wittenberg (Allemagne), à la suite d’un prix international attribué par la Fondation Alexander von Humboldt. Ses recherches portent principalement sur la genèse de l'histoire de l'art, de l'archéologie et de l’esthétique en Allemagne au XVIIIe et au XIXe siècle. Elle a notamment consacré des ouvrages à Johann Joachim Winckelmann et à l’histoire de l'historiographie de l'art au XVIIIe siècle, au classicisme, à la critique d'art à l'époque du romantisme allemand, à l'esthétique des Lumières et aux échanges artistiques franco-allemands. Elle a été commissaire de l'exposition "Musées de papier. L'Antiquité en livres, 1600-1800" au Musée du Louvre (sept. 2010-janv. 2011) et, plus récemment, de l’exposition "Winckelmann. Moderne Antike" organisée en 2017 à Weimar (Neues Museum, avril-juillet 2017).

Mark-Georg DEHRMANN: Philologie et créativité dans le Divan occidental-oriental
L’atelier présente des lectures des poèmes choisis dans Divan occidental-oriental. On discutera la poétique du cycle, qui se conçoit entre création, transformation, dialogue et reconstruction philologique.

Mark-Georg Dehrmann est professeur de littérature allemande et comparée à l'Université Humboldt de Berlin.
Publications choisies:
Studierte Dichter. Zum Spannungsverhältnis von Dichtung und philologisch-historischen Wissenschaften im 19. Jahrhundert. Berlin, Boston 2015.
(éd. en collaboration avec Alexander Nebrig:) Poeta philologus. Eine Schwellenfigur im 19. Jahrhundert. (Publikationen zur Zeitschrift für Germanistik, Neue Folge, 22). Bern u.a.: Peter Lang, 2010.
Friedrich Schlegel: Alarcos. Ein Trauerspiel. Historisch-kritische Edition mit Dokumenten. Éd. Mark-Georg Dehrmann en collaboration avec Nils Gelker. Hannover 2013.
Gotthold Ephraim Lessing: Von der Aehnlichkeit der Griechischen und Deutschen Sprache. Éd. Mark-Georg Dehrmann en collaboration avec Jutta Weber. Göttingen 2016.


Avec le soutien
de la Fondation Thyssen,
de l’Université d’Osnabruck,
du Goethe-Institut,
de l’Association "l’art de lire"
et du Centre Georg Simmel