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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2017 : un des colloques





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DES HUMANITÉS NUMÉRIQUES LITTÉRAIRES ?
Mise à jour
22/05/2017


DU JEUDI 15 JUIN (19 H) AU JEUDI 22 JUIN (14 H) 2017

DIRECTION : Didier ALEXANDRE, Marc DOUGUET

ARGUMENT :

Le numérique bouleverse le champ des lettres sous divers angles: la création, l’archivage et la conservation des textes, mais aussi l’enrichissement des données et leur usage. Il oblige à penser un nouvel humanisme littéraire, dont les objets, les pratiques, les conditions d’existence et les finalités sont à définir.

On peut distinguer, dans ce qui scande la démarche du numérique littéraire, trois temps bien différents: la numérisation en vue de la constitution de données et de corpus; l’intelligence des textes, par la fouille de données et l’herméneutique assistée; la transformation de la vie littéraire et de l’activité critique.

Les nombreuses questions soulevées par cette révolution à la fois technologique, économique et culturelle, portent sur de nombreux objets: le texte numérisé; l’édition numérique et l’archivage des données avec les problèmes juridiques qu’ils posent; les logiciels d’analyse et leurs effets critiques dans la génétique textuelle et la lecture contextuelle; les réseaux de sociabilité littéraire et critique. Le design des objets numériques doit aussi faire l’objet d’une grande attention. Pour mesurer les transformations des conditions de lecture ainsi que leurs limites, cette exploration sera conduite à partir des études littéraires et des recherches en informatique.

Le colloque, qui alternera communications suivies de débats approfondis et ateliers abordant ces différentes questions, réunira des chercheurs venus d’horizons divers (littéraires, informaticiens, spécialistes de la communication, historiens du web, anthropologues) ainsi que toute personne intéressée par les sujets traités.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Jeudi 15 juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Vendredi 16 juin
Matin:
Didier ALEXANDRE & Marc DOUGUET: Ouverture

Perspectives historiques et méthodologiques
Aurélien BERRA: Méthodes lettrées: recherches antiques et expérimentations numériques
Dominique LEGALLOIS: Pour en revenir au texte: aspects de la lecture à "bonne distance" en humanités numériques littéraires

Après-midi:
Les corpus numériques: constitution, édition et exploitation
Diego PELLIZZARI: Mythographie et canon littéraire
Mercedes BLANCO: Gongora et les humanités numériques: nouvelles méthodes pour une nouvelle poésie
Frédéric GLORIEUX: Archivage et diffusion pérennes des services numériques pour la littérature


Samedi 17 juin
Matin:
Approches formelles
Valérie BEAUDOUIN: L'apport du numérique à l'analyse métrique et rythmique

L'analyse numérique du texte théâtral, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Donatien AUBERT (La création d’environnements et d’avatars de synthèse appliquée à la scène: vers une redéfinition des partitions théâtrales traditionnelles?), Marc DOUGUET (Les motifs dramaturgiques dans le théâtre du XVIIe siècle: évolution, spécificités auctoriales et répartition générique) et Frédéric GLORIEUX (Théâtre, réseaux d'interlocution)

Après-midi:
À la médiathèque de Saint-Lô
La plateforme Apollinaire-Marie Curie: présentation de la base de donnée et de l'interface, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Krystelle DENIS, Paule DESMOULIÈRE et Delphine VERNOZY

Paysage Fer, réouvert, lecture-performance par François BON & Dominique PIFARÉLY


Dimanche 18 juin
Matin:
Quels outils pour la fouille de texte?
Bénédicte PINCEMIN: Apports de la textométrie à l'analyse de corpus littéraires numériques

Les vecteurs dans la boîte à outils des littéraires: quel instrument pour quels usages?, atelier avec Olivier GALLET, Frédéric GLORIEUX et Marianne REBOUL

Après-midi:
DÉTENTE


Lundi 19 juin
Matin:
Les usages du numérique
Christophe SCHUWEY: La forme sur le fond: les enjeux de l’interface
Thomas LEBARBÉ: Des manuscrits de Stendhal au CAHIER d'Huma-Num: unité et diversité des humanités numériques textuelles

Après-midi:
Archives et bibliothèques numériques
Archives du Web et humanités numériques, de la collecte à l’analyse, atelier avec Géraldine CAMILE, Louise MERZEAU, Zeynep PEHLIVAN et Valérie SCHAFER

Le moteur de recherche de Gallica et le chercheur: lequel des deux apprivoise l'autre?, atelier avec Sophie BERTRAND, Jean-Philippe MOREUX et Stéphane PILLORGET

Soirée:
Le texte élusif dans la littérature numérique, table ronde organisée par Yan RUCAR, avec Annie ABRAHAMS (Une pratique du texte numérique qui dévoile), Philippe BOOTZ (Le texte absent comme indice d’une inadaptation) et le collectif RYBN (Machines d'écriture algorithmiques)


Mardi 20 juin
Matin:
Les humanités numériques et l'intertextualité
Marine RIGUET: Le sacre d’une littérature palimpseste?

Effets d’optique textuelle à grande échelle: Les Champs du réemploi, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Jean-Gabriel GANASCIA, Clovis GLADSTONE, Robert MORRISSEY et Glenn ROE

Après-midi:
Création numérique
I.A. et poétique: les RNN (Recurrent Neural Networks) appliqués au champ de la création littéraire, table ronde avec Franck SOUDAN (avec la collaboration de Anaïs GUILET)

Éditorialisation et littérature, atelier avec Servanne MONJOUR et Nicolas SAURET (avec la collaboration de Marcello VITALI-ROSATI)


Mercredi 21 juin
Matin:
Études de style
Rudolf MAHRER: Peut-on faire des "variantes" un observatoire pour l’histoire du style?

Être ou ne pas être raisonneur: étude du lexique et des motifs syntaxiques dans les comédies de Molière, table ronde avec Élodie BÉNARD et Jean-Gabriel GANASCIA (avec la collaboration de Francesca FRONTINI)

Après-midi:
À l'IMEC à Caen
Visite des archives de l'IMEC, par Claire PAULHAN

L’exploitation scientifique d’un corpus numérique épistolaire, table ronde avec Clarisse BARTHÉLEMY, Pauline FLEPP et Camille KOSKAS


Jeudi 22 juin
Matin:
L'analyse des textes critiques
Motasem ALRAHABI: Analyse automatique du jugement critique du XIXe siècle: évaluation des résultats
Chiara MAINARDI: Les dessous du numérique. La transformation des approches critiques: paradigme d'une nouvelle exploration littéraire?

Conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Motasem ALRAHABI: Analyse automatique du jugement critique du XIXe siècle: évaluation des résultats
À l’aide d’EXCOM-2, un système à base de règles, nous avons annoté automatiquement 300 textes du corpus littéraire de l’OBVIL (Intervention avec M. Riguet au workshop de l’OBVIL, juin 2015, Paris). L’objectif était l’identification et la catégorisation des expressions de modalité autour des citations textuelles véhiculées par le discours critique du XIXe siècle: opinion, jugement, définition, accord et désaccord. Afin de mesurer la qualité de l’annotation automatique et d’en calculer la précision, nous avons effectué une évaluation métrique des sorties du système. Dans cette communication, nous expliquerons d’abord les principes de notre évaluation et interpréterons les résultats de celle-ci. Ensuite, nous analyserons les difficultés rencontrées dans l’annotation automatique du corpus et proposerons plusieurs améliorations. Enfin, nous présenterons une ébauche d’un "Gold Standard Corpus" qui sera mis à la disposition de la communauté et servira de corpus de référence pour diverses tâches d’évaluation automatique dans le futur.

Motasem Alrahabi, docteur en Ingénierie Linguistique de l'Université Paris-IV Sorbonne, est actuellement lecteur de TICE à l’Université de Paris-Sorbonne Abou Dhabi (EAU). Il est également formateur certifié en ICDL, plateformes d’enseignement en ligne, TBI et webradio éducative. Ses recherches portent sur le discours rapporté, l'analyse de la subjectivité en français et en arabe et la traduction.

Valérie BEAUDOUIN: L’apport du numérique à l’analyse métrique et rythmique
Bien avant l’apparition de l’informatique, les spécialistes de métrique ont mis en place des procédures manuelles de décompte et de relevés métriques pour étudier la spécificité du vers et ses variations, tant la dimension formelle et codée du vers s’avère importante. L’automatisation de ces procédures était naturelle. Si l’étude de la métrique est un sujet passionnant en soi, nous nous situons dans une perspective qui considère l’analyse métrico-rythmique comme une composante stylistique à part entière, qui aide à éclairer la signification des textes, en particulier par les corrélations entre les différentes entités linguistiques analysées. Notre propos visera 1) à présenter différentes expériences de traitement automatique de la métrique (dans quelle perspective et comment) et 2) à montrer comment la mesure qu’elle porte sur le mètre, le rythme ou la rime, peut contribuer à la lecture des textes.

Valérie Beaudouin est enseignante-chercheuse à Télécom ParisTech et associée au CEMS (EHESS). Ses travaux récents portent sur la sociabilité et les pratiques culturelles en ligne. Elle est spécialiste des méthodes des humanités numériques pour l’étude des corpus (mètre et rythme, text mining et analyse de réseaux) et a mis en œuvre l’un des premiers outils informatique pour l’analyse du vers français (Mètre et rythmes du vers classique - Corneille et Racine, Paris, Champion, coll. "Lettres numériques", 2002).

Aurélien BERRA: Méthodes lettrées: recherches antiques et expérimentations numériques
Afin d’aborder la question de la méthode des études littéraires, entre bricolage et épistémologie, je propose d’articuler deux tendances des humanités numériques: l’intérêt réflexif pour les procédures ou les gestes fondamentaux des sciences humaines et la volonté d’inscrire la conversion numérique des disciplines dans la longue durée et dans l’épaisseur anthropologique des pratiques savantes. À travers l’analyse des Deipnosophistes d’Athénée de Naucratis, mon propos est de jeter un regard réaliste sur l’atelier du lettré, en mettant en parallèle les méthodes de travail de l’érudition antique et celles qui sont à notre disposition aujourd’hui pour analyser une telle œuvre. Que peut nous apprendre sur les "humanités numériques littéraires" un tel comparatisme historique?

Aurélien Berra est maître de conférences à l’Université Paris-Ouest Nanterre, où il enseigne le grec ancien, la rhétorique et les humanités numériques. Co-responsable du séminaire "Digital Humanities" à l’EHESS, il remplit des fonctions de coordination au sein de plusieurs institutions internationales (Humanistica, EADH, DARIAH, Hypothèses, ESTS). Ses principaux intérêts de recherche concernent l’obscurité dans le monde antique, Athénée, la philologie classique, l’édition savante numérique, l’histoire et l’épistémologie des digital humanities.
Voir: http://u-paris10.academia.edu/berra et http://philologia.hypotheses.org


Mercedes BLANCO: Góngora et les humanités numériques: nouvelles méthodes pour une nouvelle poésie
L'œuvre poétique de Luis de Góngora (1561-1627), assez brève, mais dense et très variée ainsi que d’une qualité exceptionnelle, provoqua un véritable séisme: de manière explicite ou non, son empreinte se trouve partout en Espagne, au Portugal, en Amérique coloniale, pendant un siècle au moins, que ce soit dans les questions que l’on se pose à propos de la littérature, de ses valeurs et de ses buts, ou dans les pratiques d’écriture, y compris en prose, déterminant un style d’époque. Ce phénomène rare, dont les traces sont si nombreuses et dispersées, a été décrit mais non expliqué de manière satisfaisante. C’est pourquoi il appelle une analyse quantitative basée sur des expérimentations qui commencent à prendre forme grâce à une équipe de jeunes chercheurs (Hector Ruiz, Sara Pezzini, Antonio Rojas, François-Xavier Guerry, Marie-Églantine Lescasse). Cette conférence présentera la synthèse de leur présentation au congrès de la Renaissance Society of America (Chicago, 30 mars-1 Avril 2015). Elle considérera la notion d’hypertexte (au sens littéraire et au sens numérique) appliquée au corpus constitué par l’œuvre de Góngora et par l’ensemble des commentaires, pièces critiques et polémiques édités au sein du projet “Góngora” dans Obvil; elle donnera quelques exemples concrets d’usage de logiciels dans le laboratoire OVBIL telles qu’Eremo, Medite ou en dehors de ce laboratoire (Iramuteq, Gephi).

Professeur de littérature espagnole classique à l’Université Paris-Sorbonne, membre de l’Institut Universitaire de France (2014-2019) depuis une vingtaine d’années, Mercedes Blanco a travaillé sur Góngora et le gongorisme (parmi d’autres sujets touchant à la poésie, les poétiques, la rhétorique et la pensée politique et philosophique du Siècle d’or espagnol). Depuis 2013, elle a mis en place au sein d’OBVIL un projet d’édition et d’étude de la polémique autour de Góngora (au moins soixante textes, discours, lettres, commentaires, satires, défenses, etc). Il inclut des éditions philologiques annotées et commentées, codées en TEI et publiées en ligne dans le site d’OBVIL (Sorbonne-Universités). Y participent activement une quarantaine de spécialistes d’Europe, des États-Unis et d’Amérique Latine.

Thomas LEBARBÉ: Des manuscrits de Stendhal au CAHIER d'Huma-Num: unité et diversité des humanités numériques textuelles
L’épopée du projet Stendhal a commencé il y a 10 ans à Grenoble. 10 ans d’évolutions des technologies, des pratiques et des appropriations. 10 ans d’émergence exponentielle de la recherche en humanités numériques des textes. La méthode du projet a fait des émules, au-delà de la période, au-delà du cercle littéraire. Notre communication, sous forme de retour critique sur le projet Stendhal, servira de prétexte pour analyser les écueils de la numérisation des sources d’auteurs et présenter les difficultés, voire les contradictions à allier une forte volonté d’uniformiser les modalités et à permettre aux chercheurs de s’exprimer dans la donnée numérique et de faire de leurs sources des objets uniques.

Thomas Lebarbé est professeur en humanités numériques à l’université Grenoble Alpes, enseignant dans le département d’informatique pour les lettres langues et langage, et chercheur à Litt&Arts (UMR 5316). Il coordonne par ailleurs le consortium CAHIER (Corpus d’Auteurs pour les Humanités: Informatisation, Edition, Recherche ainsi que "Démarre SHS!", la branche SHS de l’Institut des Données de Grenoble.

Dominique LEGALLOIS: Pour en revenir au texte: aspects de la lecture à "bonne distance" en humanités numériques littéraires
Les conceptions (différentes) de Pierre Bayard (Comment parler des livres que l’on n’a pas lus) et de Franco Moretti (Distant Reading) sur la notion de lecture à distance pourraient être résumées ainsi: dans la perspective de Moretti, le texte est mis à distance par l’analyste (pour privilégier des indices para-textuels); dans celle de Bayard, c’est l’analyse qui se met à distance du texte (pour avoir une "vue générale" sur le texte). D’où la question suivante: quelle (bonne) distance adopter, à l’heure où les corpus numérisés et les techniques d’extraction et d’exploration apportent objets, outils et méthodes nécessaires, dans le cadre des humanités numériques, pour penser et pour expérimenter la notion de distance? On présentera dans cette communication des techniques à même de construire une distance pertinente pour que l’analyste puisse saisir des motifs linguistiques et thématiques: à la fois une vue générale sur un corpus conséquent et l’observation de particularités impossible à repérer à l’œil nu. Les exemples sont pris dans deux corpus: un corpus d’écrivains contemporains, afin d’étudier les particularités syntaxiques et stylistiques de ces auteurs (corpus: Echenoz, Carrère, Darrieusecq, Djian, Enard, Modiano, Rouaud, Toussaint); les Rougon- Macquart afin d’étudier les thèmes partagés par les différents romans.

Dominique Legallois est professeur en Sciences du Langage à l’Université Paris 3 Sorbonne-Nouvelle. Spécialiste de sémantique (grammaticale, lexicale et textuelle), il travaille depuis quelques années à l’identification automatique de schémas syntaxiques (dits "motifs") dans les corpus, afin (entre autres) de caractériser le style d’un auteur ou les particularités linguistiques d’un genre discursif, à partir d’unités non-discrètes.

Rudolf MAHRER: Peut-on faire des "variantes" un observatoire pour l’histoire du style?
Les "variantes" entre versions successives d’une même œuvre peuvent-elles constituer le matériau d’une stylistique historique, qui cherche dans la réécriture non pas la singularisation croissante du chef-d’œuvre mais l’effet sur l’auteur de la sensibilité langagière du moment? Ce renouvellement du regard sur la variante, fondé sur les travaux de Gilles Philippe, soulève bien des questions méthodologiques et techniques. Comment, en effet, repérer les variations d’un texte qui témoignent de l’histoire du style? Par exemple, comment mettre en relation le bougé du texte avec ce qui bouge ailleurs à la même époque? Quel outillage informatique pourrait-il aider à dépasser la description des variantes isolées et à mettre au jour les co-variations de l’œuvre qui font d’elle un texte changé à une époque changée?

Rudolf Mahrer est maître-assistant en linguistique français à l’Université de Lausanne. Il a coordonné l’édition électronique des romans de Ramuz (Slatkine, 2011-2013) et dirigé avec Bénédicte Vauthier les travaux du séminaire "Manuscrit - Linguistique - Cognition" (ITEM, ENS/CNRS) consacrés à la réécriture des œuvres après publication (cf. Genesis, n°44: "Après le texte", avril 2017). Avec Joël Zufferey, il lance cette année "Variance": une collection numérique destinée à la publication des œuvres à versions multiples.

Chiara MAINARDI: Les dessous du numérique. La transformation des approches critiques: paradigme d'une nouvelle exploration littéraire?
Grâce à l’avènement du numérique, les techniques de recherche littéraire sont plus précises et plus efficaces. La digitalisation des données permet d’accéder en peu de clics à des pistes de recherche à explorer. La constitution d’outils numériques suscite l’espoir que des recherches automatiques puissent être accessibles et utilisables, en s’appuyant sur les habitudes perceptuelles des chercheurs et puissent faciliter la recherche sur une grande masse de textes. Néanmoins, ces technologies métamorphosent les approches critiques traditionnelles, en écartant les conséquences pratiques et intellectuelles qui lui sont liées. Afin d’explorer cette conversion liée aux humanités numériques, cette communication se propose de représenter les différents enjeux du Projet Haine du Théâtre (Labex OBVIL) sur un ensemble de textes théâtrophiles et théâtrophobes entre le XVIIe et le XVIIIe siècles, mais aussi d'évaluer la place des humanités numériques littéraires pour dévoiler les diverses aspects du corpus en question. Notre intervention situera les qualités et les défauts d’un outil informatique qui permet de visualiser la connaissance de ce domaine théâtral: une ontologie. D’une part, nous décrirons comment le questionnement du corpus soulève de nombreuses interrogations en matière intellectuelle et pragmatique. D’autre part, nous nous concentrerons à la fois sur l’aspect visuel de l’outil et sur l’analyse des résultats avec leur validation fonctionnelle ou empirique. Essayant de montrer les résultats de cette recherche, en analysant également ses limites, nous mettrons en lumière la transformation des approches critiques, les problématiques et les valeurs qui entourent ce champ en évolution, l’"humanisme littéraire".

Chiara Mainardi, docteur en Langues et Littératures étrangères, a fait une thèse (sous la direction de Daniela Dalla Valle) sur le roman mythologique Antiope de Guérin de Bouscal et sur la tragicomédie Thésée de J. Puget de La Serre, qui s’en inspire. Après sa conversion aux humanités numériques, elle a travaillé en tant que post doctorante au Labex Obvil au sein du Projet Haine du Théâtre. Ses recherches sont consacrées à l’analyse de données textuelles à travers la sémantique interprétative et l’approche textométrique. Elle est actuellement post doctorante à l’Université Sorbonne Nouvelle, où elle s’occupe de la valorisation des corpus relevant de plusieurs unités de recherche.

Diego PELLIZZARI: Mythographie et canon littéraire
Le corpus de textes mythographiques sélectionné par l’équipe de Véronique Gély, dans le cadre du projet "Autorités en Partage", au sein du Labex OBVIL — un ensemble de manuels scolaires, de dictionnaires, de récits qui englobe la période 1800-1950 — constitue un univers littéraire qui, à la différence d’autres corpus analogues de la Renaissance et du Moyen-Age, reste aujourd’hui totalement inexploré. Les humanités numériques offrent divers instruments d’analyse parfaits pour porter un regard critique sur cet immense corpus, visualiser les relations d’influence et les liens qui unissent les différents textes, cartographier quantitativement la présence des auteurs antiques et modernes, mettre à jour les oscillations du canon. Avec Véronique Gély, nous présenterons les résultats d’une première année de recherches et  réfléchiront sur leurs implications scientifiques et herméneutiques.

Détenteur d’un master de lettres classiques en tant que Normalien de Pise, docteur en littérature comparée, Diego Pellizzari s'est installé à Paris en mai 2015, suite à l’obtention d’une bourse Fernand Braudel à la FMSH. Actuellement en contrat postdoctoral à l’OBVIL (Université Paris-Sorbonne), il s’occupe de la réception du mythe classique au XIXe siècle dans le cadre du projet "Autorités en partage". Il a consacré des articles à la tragédie grecque et à sa réception moderne. Sa thèse doctorale "Something lost to be regained. Il ritorno degli dèi pagani in sei racconti ottocenteschi" va paraître dans la collection de l’Associazione Sigismondo Malatesta (prix Opera Critica 2015).

Bénédicte PINCEMIN: Apports de la textométrie à l'analyse de corpus littéraires numériques
Le chercheur littéraire s'interrogeant sur l'opportunité de mobiliser de nouveaux modes d'analyse textuelle assistés par ordinateur est invité ici à examiner les caractéristiques de l'approche textométrique, et ses affinités avec des recherches en sciences humaines. Cette problématique sera envisagée sous trois angles: (i) celui, théorique, des principes même de l'approche et de sa compatibilité avec des attentes littéraires; (ii) d'un point de vue appliqué, l'observation d'exemples illustrant la complémentarité d'une lecture numérique des textes; (iii) et méthodologiquement, la mise en évidence de types d'investigation en correspondance avec les fonctionnalités de logiciels de textométrie. Les exemples de mise en oeuvre seront essentiellement réalisés avec le logiciel open-source TXM, du fait de sa puissance et de sa disponibilité.

Bénédicte Pincemin, linguiste au CNRS, consacre ses travaux à la modélisation de la textualité pour l'analyse sémantique de corpus. Rattachée au laboratoire IHRIM (UMR5317, Lyon), elle s'investit dans le projet "Textometrie" qui conçoit, développe et diffuse le logiciel open-source TXM.
Elle a récemment édité "Tous comptes faits", tome 3 des Écrits choisis d'Étienne Brunet, chez Champion (en ligne).


Marine RIGUET: Le sacre d’une littérature palimpseste?
À l’ère du numérique, les nouveaux outils de fouille invitent à repenser notre rapport au texte et, consécutivement, l’idée même de littérature. Une poignée de décennies après la définition qu’en a donnée Genette, l’approche numérique tend à sacrer la notion d’une littérature palimpseste, dont elle rendrait les différentes couches visibles simultanément; telle une nouvelle lumière, en somme, apte à révéler sur un seul plan la transtextualité inscrite à l’encre sympathique. De cette façon, la littérature soumise aux techniques informatiques ne se pense plus à partir de l’unité du texte, mais se conçoit dans sa dimension réticulaire et dynamique. Nous proposerons une illustration de cette mutation conceptuelle à l’aide d’une exploration informatique de l’imaginaire scientifique qui nourrit la critique littéraire dans la seconde moitié du XIXe siècle. Par quelques cas d’étude, il s’agira de replacer la littérature dans le dialogue qu’elle génère et qui l’alimente, c’est-à-dire comprendre la singularité d’un élément littéraire à partir du tout qui le façonne.

Marine Riguet prépare actuellement une thèse interdisciplinaire intitulée "La Littérature laboratoire 1850-1914: quand la critique défie la science" à Paris IV-Sorbonne. Dans ce cadre, elle participe également aux recherches en humanités numériques du Labex OBVIL. En 2016, elle a reçu le Paul Fortier Prize pour son article co-écrit avec Suzanne Mpouli: "À la croisée des discours littéraire et scientifique: la comparaison comme haute figure dialogique".

Christophe SCHUWEY: La forme sur le fond: les enjeux de l’interface
En plus des nouvelles approches et analyses qu’elles permettent, les humanités numériques apportent une autre évolution essentielle pour les études littéraires: la possibilité de proposer des interfaces utilisateurs innovantes. Chaque projet — d’une édition critique à une base de données — doit en effet inventer la manière dont il présente son contenu et ses fonctionnalités à ses utilisateurs. Depuis des anneés, écrivains et journalistes démontrent par la pratique ce que les technologies du web et les ebooks permettent, notamment en termes d’expérience de lecture et d’organisation de l’information. Cette communication analysera ainsi ce que cette étape de l’interface implique pour les études littéraires en particulier, en soulignant les nouvelles possibilité qu’elle offre mais, également, les défis qu’elle implique.

Christophe Schuwey est maître-assistant en littérature française à l’Université de Fribourg en Suisse et concepteur développeur en humanités numériques à l’Université de Lausanne. Il a conçu et réalisé plusieurs projets numériques: des éditions, notamment les Nouvelles Nouvelles (www.nouvellesnouvelles.fr) avec Claude Bourqui ainsi que L’Alcoran de Louis XIV avec Kathrina Laporta (en cours) et des bases de données, la Naissance de la critique dramatique (www.ncd17.fr) sous la direction de Lise Michel et le Répertoire français du théâtre imprimé d’Alain Riffaud (www.repertoiretheatreimprime.fr).



L'analyse numérique du texte théâtral, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Donatien AUBERT (La création d’environnements et d’avatars de synthèse appliquée à la scène: vers une redéfinition des partitions théâtrales traditionnelles?), Marc DOUGUET (Les motifs dramaturgiques dans le théâtre du XVIIe siècle: évolution, spécificités auctoriales et répartition générique) et Frédéric GLORIEUX

Didier Alexandre est professeur de littérature française à l’Université Paris Sorbonne et directeur du labex OBVIL. Il réfléchit, depuis plusieurs années à une histoire de l’idée de littérature en France, de 1750 à 1950, et développe des programmes d’édition et de recherche sur la critique littéraire, sur Claudel et sur Apollinaire. Sa réflexion sur les usages et les apports des humanités numériques au champ disciplinaire des lettres SHS et sur les questions de méthode qu’elles posent se fonde sur cette recherche.

Donatien AUBERT: La création d’environnements et d’avatars de synthèse appliquée à la scène: vers une redéfinition des partitions théâtrales traditionnelles?
Avec Le Théâtre et son double, Artaud expose et relaie les ambitions du théâtre moderne: la rupture des partitions classiques entre espace scénique, parterre et assistance, le renforcement de la participation émotionnelle des spectateurs, qu’il espère viscérale. Dans cette collection d’écrits publiés en 1938, Artaud inaugure l’expression "réalité virtuelle". Aujourd’hui, cette notion désigne un dispositif stéréoscopique d’"immersion", permettant de naviguer dans un environnement tridimensionnel de synthèse. Avec la réalité augmentée, elle offre au metteur en scène les moyens de concrétiser les effets désirés par Artaud. Le Jeu de la Mise en Terre, écrit par Thomas Morisset, dont j’ai modélisé les décors et les personnages, exemplifie leur application. En écho aux pièces à machines et au théâtre de marionnettes, la mise en scène assistée par ordinateur implique la mathématisation de l’espace de jeu, profile l’archivage potentiel de l’intégralité des actions exécutées au cours des représentations. De quoi stimuler une refonte de l’appareil critique théâtral.

Donatien Aubert, artiste et théoricien, félicité de l’ENSAPC (DNSEP-2014), est doctorant contractuel en humanités numériques (sous la direction de Milad Doueihi) à Paris IV, au sein de la chaire thématique du Labex OBVIL; parallèlement, il est rattaché au programme Spatial Media de l’EnsadLab, spécialisé dans la conception d’environnements 3D interactifs, immersifs et partagés. Sa thèse porte sur la réactualisation contemporaine des arts de la mémoire grâce à l’infographie tridimensionnelle.
Bibliographie
À paraître: Le Dernier homme n’est pas né, Hermann, Paris, 2017.
ONS. Un modèle pour des collaborations possibles entre art et science, Sylvain Lizon (dir.), Cergy, ENSAPC, 2014.


Marc DOUGUET: Les motifs dramaturgiques dans le théâtre du XVIIe siècle: évolution, spécificités auctoriales et répartition générique
La plupart des pièces de théâtre présentent un découpage en scènes qui se fonde sur les entrées et les sorties des personnages. Cette structuration intrinsèque reflète des enjeux propres à la conduite de l’intrigue: c’est par l’alternance des entrées et des sorties que le dramaturge fait se rencontrer les personnages, et donc progresser l’action; c’est également par là qu’il offre au spectateur divers points de vue sur l’univers fictionnel, mettant en scène tantôt des confrontations entre les personnages principaux, tantôt des scènes plus privées qui permettent de connaître leurs desseins secrets. Les combinaisons d’entrées et de sorties successives constituent autant de "motifs" qui possèdent chacun des enjeux dramatiques spécifiques et qui peuvent être extraits automatiquement à l’aide d’un programme informatique. Il s’agira ici, en étudiant systématiquement leur évolution et leur répartition par genre et par auteur dans un corpus de plus de 200 pièces du XVIIe siècle français, d’analyser sous un jour nouveau les techniques de composition propres au théâtre de cette époque.

Docteur en littérature française (La Composition dramatique. La liaison des scènes dans le théâtre français du XVIIe siècle, Université Paris 8, 2015), Marc Douguet est actuellement chercheur post-doctoral en humanités numériques au labex OBVIL (Université Paris-Sorbonne). Ses recherches portent sur les structures dramatiques, notamment sur la poétique de la composition dans le théâtre classique français.
Publications
"Entrée en scène, entrée en acte", Agôn, n°5, 2013 [agon.ens-lyon.fr/index.php?id=2346].
"L’unité de lieu comme interprétation", dans Pierre Zoberman [dir.], Interpretation in/of the Seventeenth Century, Cambridge Scholars Publishing, 2015, p. 153 168.
[avec Didier Alexandre et Frédéric Glorieux], "Graphologie de Claudel: autour de La Jeune Fille Violaine et de L’Annonce faite à Marie", RHLF, n°3, 2016.
[avec Céline Paringaux] Molière, Le Tartuffe et Le Misanthrope, Neuilly, Atlande, coll. "Clefs concours", 2016.
La Composition dramatique, Genève, Droz, coll. "Travaux du Grand siècle", 2017 [à paraître].




L’exploitation scientifique d’un corpus numérique épistolaire, table ronde avec Clarisse BARTHÉLEMY, Pauline FLEPP et Camille KOSKAS

Le Labex Obvil compte deux projets portant sur l’édition numérique de correspondances: le projet Paulhan et le projet Ponge, soit deux projets XXème. Dans un premier temps, il s’agira de présenter les enjeux soulevés par l’édition d’un corpus épistolaire appartenant au XXe siècle: aspect juridique avec le problème de la gestion des droits; avantages de l’édition numérique dès lors que les corpus épistolaires sont souvent fragmentaires et dispersés; multiplicité des approches — sociologique, historique, génétique, etc. — et nécessité d’avoir un objectif scientifique clairement défini: la numérisation des correspondances rencontre des problématiques très larges. Le projet Paulhan, produit d’une collaboration entre l’Imec et le Labex Obvil, rassemble des lettres, inédites ou épuisées, des périodes 1925-1936 et 1950-1958. Le projet Ponge, lui, permet aux chercheurs d’accéder à l’intégralité de la correspondance de Ponge, de 1919 à 1988 (soit plus de 10 000 lettres). Étant donné l’importance de ces corpus, on ne saurait se contenter d’éditer les lettres telles quelles sans proposer aucun outil de visualisation et de fouille des données. Comment naviguer et procéder à des fouilles au sein de ces corpus électroniques de correspondances?

Agrégée de lettres modernes, Pauline Flepp, actuellement doctorante contractuelle à l’Université Paris IV Sorbonne depuis septembre 2014, prépare une thèse sous la direction de Didier Alexandre sur la tension entre singularité et appartenance caractéristique de l’ensemble de la trajectoire d’écriture de Ponge. Elle est en charge du projet Ponge du Labex Obvil (http://obvil.paris-sorbonne.fr/projets/ponge), dont un des volets importants est la mise en ligne exhaustive de la correspondance de Francis Ponge.
Participations à des colloques et à des journées d’études
Colloque "Guerre, transgressions et sociétés", Lyon III, 28 et 29 mai 2015, "Francis Ponge ou le refus d’une éthique de circonstance", publication à venir aux Presses Universitaires de Rennes.
Colloque "Francis Ponge: ateliers contemporains", Cerisy, du 24 au 31 août, "Francis Ponge-Jean Paulhan: l’échange épistolaire comme jeu d’abus réciproque", publication à venir aux Éditions Classiques Garnier.
Journées d’études de la revue CoNTEXTES, "Les lieux de sociabilités artistiques et littéraires", du 12 au 14 mai 2016, "Les lieux de Francis Ponge: du refus d’une sociabilité stratégique à la nécessité de créer son école".
Colloque "Poétique/politique: l’esthétique en partage", Université de Créteil, 14 et 15 octobre 2016, "Francis Ponge: une poétique fondée en raison(s) politique(s)".
"Ateliers de la Chaire HumaNum et du Labex Obvil", Maison de la Recherche, 17 juin 2015, intervention sur la constitution et l’édition des corpus numériques.
Depuis la rentrée 2016
Organisation avec Benoît Auclerc d’un séminaire "Francis Ponge" qui a lieu en alternance à Paris et à Lyon (partenariat labex Obvil/équipe Marge, Lyon III). La 1ère séance du séminaire a eu lieu à Lyon III le 9 novembre 2016, elle portait sur la question du recours au(x) dictionnaire(s).
Co-direction avec Benoît Auclerc des Cahiers Francis Ponge (Éditions Classiques Garnier).




Être ou ne pas être raisonneur: étude du lexique et des motifs syntaxiques dans les comédies de Molière, table ronde avec Élodie BÉNARD, Francesca FRONTINI et Jean-Gabriel GANASCIA

Une des applications les plus intéressantes, dans le domaine littéraire, des méthodes computationnelles et stylométriques est la caractérisation, autrement dit l’étude de la manière dont un auteur modifie son style pour donner à chacun de ses personnages une voix qui lui est propre. Le genre théâtral se prête particulièrement à ce type d’analyses quantitatives (Culpeper 2002, Lynch & Vogel 2008). Les commentateurs de Molière, depuis le XIXe siècle, ont pris l’habitude de qualifier de "raisonneurs" les personnages qui, comme Ariste (L’École des maris), Chrysalde (L’École des femmes), Cléante (Le Tartuffe) ou encore Béralde (Le Malade imaginaire), tentent d’opposer le discours de la raison aux extravagants. Ce groupe est intéressant, du point de vue de la caractérisation, car, si le terme est communément utilisé par la critique et l’institution scolaire, les avis divergent quand il s’agit de déterminer qui doit entrer dans la catégorie. Différents outils stylométriques seront utilisés pour comparer les répliques prononcées par les "raisonneurs" et celles des autres personnages, afin d’identifier les traits linguistiques et stylistiques communs et d’apprécier la pertinence d’une telle classification. Nous nous intéresserons particulièrement à la comparaison de l’emploi des mots fonctionnels (traditionnel dans les études stylométriques), du lexique (les mots pleins) et des motifs syntaxiques (Part of Speech Ngrams).
 
Agrégée de lettres modernes et docteure en littérature française, Élodie Bénard est post-doctorante au Labex OBVIL Rlle travaille sur l’extraction des anecdotes constitutives du discours critique sur Molière et, en stylistique computationnelle, sur l’extraction des motifs syntaxiques typiques des personnages de ses pièces.
Publications
"The syntax of stage: studying linguistic patterns in Molière", en collaboration avec Francesca Frontini (Institut de Linguistique Computationnelle "Antonio Zampolli", CNR-Pise), séminaire, Courant Center "Text Structures" Göttingen, Université de Göttingen, 3-4 Décembre 2015.
"L’attachement au caractère ou à l’intrigue: quelques considérations sur la réception du Misanthrope et du Tartuffe (XVIIe-XIXe  s.)", Op. cit., Agrégation de Lettres 2017, à paraître.


Francesca Frontini est maître de conférences en linguistique informatique à l'Université Paul Valéry de Montpellier et membre du Laboratoire Praxiling (UMR 5267). Spécialisée en technologies du langage, elle travaille entre autres sur l’application d’algorithmes de traitement du langage naturel à support de la stylistique computationnelle et en particulier sur le développement de méthodes statistiques pour l’extraction des motifs stylistiques.
Publications
Frontini Francesca, "What Makes Them Different: The Extraction of Distinctive Linguistic Patterns for the Protagonists of Molièreś Plays" (présenté au Cycle des séminaires ILES LIMSI, Paris, 2015).
Frontini Francesca, Mohamed Amine Boukhaled & Jean-Gabriel Ganascia "Molière’s Raisonneurs: A Quantitative Study of Distinctive Linguistic Patterns", in Corpus Linguistics 2015 - Abstract Book (presented at the Corpus Linguistics, Lancaster, UK, 2015), pp. 114–117.
Frontini, Francesca, Mohamed Amine Boukhaled & Jean-Gabriel Ganascia, "Linguistic Pattern Extraction and Analysis for Classic French Plays" (présenté au colloque ConSciLa, Paris, 2015).


Jean-Gabriel Ganascia est professeur d’informatique à l’Université Pierre et Marie Curie, chercheur au LIP6 (Laboratoire d’informatique de Paris 6) et membre senior de l’Institut Universitaire de France. Spécialiste d’intelligence artificielle (EurAI fellow - European Association for Artificial Intelligence), d’apprentissage machine et de fouille de données, ses travaux actuels portent sur le versant littéraire des humanités numériques, en particulier sur la détection de réutilisation et de réemplois, sur la comparaison de versions de textes, sur la cartographie de corpus et sur l’indexation sémantique. Outre ses activités scientifiques, Jean-Gabriel Ganascia est président du COMETS (comité d’éthique du CNRS) et membre de la CERNA (commission de réflexion sur l’éthique de la recherche dans les sciences du numérique d’Allistene).



Archives du Web et humanités numériques, de la collecte à l’analyse, atelier avec Géraldine CAMILE, Louise MERZEAU, Zeynep PEHLIVAN et Valérie SCHAFER

À la croisée de plusieurs thématiques et problématiques du colloque (archivage des données, constitution et fouilles de corpus, etc.), cet atelier a pour ambition de proposer une initiation aux archives du Web.
 Articulant étroitement regards de professionnels de l’archivage et de chercheurs — de la capture à la fouille des traces du passé et des grandes masses de données, notamment d’archives Twitter, cet atelier souhaite ouvrir les boîtes noires et coulisses de l’archivage du Web, présenter des outils d’analyse (interfaces de consultation et fonctionnalités, cartographie de sites et liens, fouille de textes et de données, enjeux des métadonnées) et souligner les défis posés sur le plan théorique et pratique. Il s’appuiera sur des exemples et résultats de recherche qui, s’ils seront partiellement mais pas exclusivement choisis dans le champ littéraire, veilleront à s’y référer et l’éclairer.

Géraldine Camile travaille au sein du service du Dépôt légal numérique à la Bibliothèque nationale de France (BnF). Elle intervient dans l’ensemble du circuit du dépôt légal du web, de la sélection à la préservation, en passant par la collecte (notamment pour les objets complexes telle que la presse, les réseaux sociaux...) et l’accès. Elle a mené des études de métiers du livre et d’histoire moderne avant d’intégrer la BnF.

Louise Merzeau est professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université Paris Nanterre et directrice adjointe du laboratoire Dicen-IDF. Ses travaux portent sur l’archivage et la traçabilité numérique, les usages connectés, la présence en ligne et les pratiques d’éditorialisation en réseau. Présidente du Conseil scientifique de l’Enssib, elle est également responsable scientifique des ateliers du dépôt légal du web à l’Ina. Codirectrice de la collection "Intelligences numériques" aux Presses universitaires de Paris Ouest, elle participe au comité de lecture de plusieurs revues dont Médium, I2D et Études digitales.
Dernières publications
"Le profil: une rhétorique dispositive", Itinéraires. Littérature, textes, cultures, Dossier "Ethos numérique", 2015-3 | 2016.
Wikipédia, objet scientifique non identifié, (en co-direction avec Lionel Barbe et Valérie Schafer), Presses universitaires de Paris Ouest, 2015, 216 p.

Zeynep Pehlivan est docteur en informatique. Sa thèse soutenue en 2013 à l'Université Pierre et Marie Curie (Paris VI) porte sur les méthodes d’accès aux archives web et leur optimisation. Elle est actuellement ingénieur de recherche et développement à l’Ina dans l’équipe dlweb.

Valérie Schafer est chargée de recherche à l’Institut des Sciences de la Communication (CNRS/Paris-Sorbonne/UPMC). Spécialiste d’histoire des télécommunications et de l’informatique, ses travaux actuels portent sur l’histoire d’Internet et du Web dans les années 1990 (voir notamment le projet de recherche ANR Web90, https://web90.hypotheses.org), ainsi que sur le patrimoine nativement numérique (en particulier les archives du Web).




Effets d’optique textuelle à grande échelle: les champs du réemploi, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Jean-Gabriel GANASCIA, Clovis GLADSTONE, Robert MORRISSEY et Glenn ROE

Entre la citation et l’allusion, les champs du réemploi textuel sont vastes. Cette table ronde a pour but de partir des premières expériences menées conjointement par des chercheurs des groupes ARTFL et OBVIL sur la très grande base de données (TGB) mise à la disposition de l’OBVIL par la BnF. À partir d’une certaine échelle, les pratiques de réemplois permettent de sortir de la logique d’une chaîne de relations entre auteurs pour pouvoir appréhender des phénomènes à l’échelle d’un système culturel. Quelles perspectives ce changement d’échelle ouvre-t-il? Comment les capacités de l’ordinateur peuvent-elles nous aider à aborder ces questions? Comment la science informatique et la recherche littéraire peuvent-elles travailler ensemble pour fournir des éléments d’explication à ces effets d’optique textuelle?

Didier Alexandre est professeur de littérature française à l’Université Paris Sorbonne et directeur du labex OBVIL. Il réfléchit, depuis plusieurs années à une histoire de l’idée de littérature en France, de 1750 à 1950, et développe des programmes d’édition et de recherche sur la critique littéraire, sur Claudel et sur Apollinaire. Sa réflexion sur les usages et les apports des humanités numériques au champ disciplinaire des lettres SHS et sur les questions de méthode qu’elles posent se fonde sur cette recherche.

Jean-Gabriel Ganascia est professeur d’informatique à l’Université Pierre et Marie Curie, chercheur au LIP6 (Laboratoire d’informatique de Paris 6) et membre senior de l’Institut Universitaire de France. Spécialiste d’intelligence artificielle (EurAI fellow - European Association for Artificial Intelligence), d’apprentissage machine et de fouille de données, ses travaux actuels portent sur le versant littéraire des humanités numériques, en particulier sur la détection de réutilisation et de réemplois, sur la comparaison de versions de textes, sur la cartographie de corpus et sur l’indexation sémantique. Outre ses activités scientifiques, Jean-Gabriel Ganascia est président du COMETS (comité d’éthique du CNRS) et membre de la CERNA (commission de réflexion sur l’éthique de la recherche dans les sciences du numérique d’Allistene).

Clovis Gladstone est postdoctorant au Computation Institute et à l’ARTFL Project à l'Université de Chicago. Il se spécialise dans l’histoire des idées à l’époque moderne, particulièrement dans le matérialisme des Lumières. Il est t le développeur principal de PhiloLogic, un moteur de recherche dédié à l’étude de texte et s’intéresse aux nouvelles méthodes d'apprentissage automatique appliquée à la recherche littéraire.

Robert Morrissey est professeur d’histoire littéraire et culturelle à l’Université de Chicago où il occupe la chaire Benjamin Franklin. Depuis plus de 25 ans, il dirige le groupe ARTFL qui a réalisé le logiciel, "PhiloLogic", plusieurs éditions électroniques, dont l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, et mène actuellement des recherches sur les grandes bases de données.
Publications
La Rêverie jusqu’à Rousseau. Recherches sur un topos littéraire, French Forum, 1984.
L’Empereur à la barbe fleurie. Charlemagne dans la mythologie et l’histoire de France, Gallimard, 1997.
Napoléon et l’héritage de la gloire, PUF, 2010.


Glenn Roe est maître de conférences (Senior Lecturer) en humanités numériques à l’Université nationale d’Australie (Australian National University). Suite à l’obtention d’une bourse nationale de l’Australian Research Council en 2016, il a été nommé professeur invité au sein du labex OBVIL de l’Université Paris-Sorbonne et l’Université Pierre et Marie Curie. Spécialiste de la littérature française et des humanités numériques, ses recherches portent sur l’histoire littéraire et intellectuelle du Siècle des Lumières et de la Troisième République, le traitement informatique des textes littéraires, et l’intertextualité numérique.



I.A. et poétique: les RNN (Recurrent Neural Networks) appliqués au champ de la création littéraire, table ronde avec Anaïs GUILET et Franck SOUDAN

Artaud, avec ses glossolalies, par exemple, cherchait à expérimenter le langage dans les limites de la signifiance. Il s’agirait pour nous de mener une invagination similaire avec les RNN, à l’aune d’entrées variées — tour à tour signifiantes et a-signifiantes, poétiques ou a-poétiques —, afin de tester les conditions d’émergence (ou non) d’un tiers-poétique. La question n’est pas tant de savoir si la création poétique est vraiment dépendante du sens ou de sa capacité à être compréhensible, ou même syntaxiquement correcte, mais de ré-actualiser le problème de la cristallisation de la poéticité (Cohen 1995) sur la création de signes et donc sur la dualité signifiant / signifié (Saussure 1961). C’est à ce niveau qu’il nous semble que l’emploi des I.A. dégage des marges de création et des interrogations profondes de notre régime de sens actuel.

Anaïs Guilet est maîtresse de conférences en Littératures comparées et en Sciences de l’information et de la communication à l’Université Savoie Mont Blanc. Elle est rattachée au laboratoire de recherche LLSETI, équipe G-SICA et est membre associée du laboratoire FIGURA, à l’UQAM. Spécialisée dans les humanités numériques, ses recherches portent sur les esthétiques numériques et transmédiatiques, ainsi que sur la place du livre dans la culture contemporaine.
Site Web: www.cyborglitteraire.com

Franck Soudan est artiste et docteur en sciences de l’information et de la communication de l’Université Savoie-Mont Blanc. Ses recherches portent sur l’art programmé et les humanités numériques.




Éditorialisation et littérature, atelier avec Servanne MONJOUR, Nicolas SAURET et Marcello VITALI-ROSATI

Si la notion d’éditorialisation connaît ces dernières années un succès grandissant auprès des chercheurs en SHS, elle est encore largement sous-exploitée dans le champ des études littéraires. En s’appuyant sur les avancées théoriques les plus récentes autour de cette notion, cet atelier vise à présenter l’intérêt de l’éditorialisation pour le champ des Humanités numériques en littérature. Particulièrement opérante pour l’analyse des pratiques d’écriture en ligne, l’éditorialisation offre un cadre conceptuel efficace pour comprendre le statut de la littérature à l’ère du numérique et réinvestir des problématiques qui ont traversé l’histoire de la critique littéraire. En retour, ces pratiques littéraires permettent d’enrichir la réflexion sur la notion d’éditorialisation et, plus largement, sur le fait numérique lui-même, en mettant ainsi les Humanités numériques littéraires au service de ce que Milad Doueihi appelle un Humanisme numérique. À partir de l’analyse du projet Général Instin, nous mettrons en lumière le nouveau rapport entre réel et imaginaire (mimesis) qui semble se constituer au moment où les pratiques d’écritures numériques font des écrivains les architectes de notre espace.



Le texte élusif dans la littérature numérique, table ronde organisée par Yan RUCAR, avec Annie ABRAHAMS (Une pratique du texte numérique qui dévoile), Philippe BOOTZ (Le texte absent comme indice d’une inadaptation) et le collectif RYBN (Machines d'écriture algorithmiques)

Annie ABRAHAMS: Une pratique du texte numérique qui dévoile

Un texte sur écran n'est pas un texte, c'est peut être une image. Un texte qu'on scrolle se passe, mais ne passe pas, des bribes, des moments qui filent, c'est tout. Un texte doit être au présent, rester, prendre le temps. Un texte ne peut pas se dérouler, sinon c'est un scénario. Un texte d'un temps défini impressionne, détourne, manipule, prend le dessus, m'enferme dans lui-même et souvent me laisse indifférent. Je veux pouvoir malaxer, mixer, mordre, analyser, déchiffrer un texte, y revenir, voir les détails, son histoire ;je veux lui donner une mémoire, connaître son adresse, savoir d'où il vient, ce qu'il raconte. Pour pouvoir dévoiler / un rapport / une relation / soi-même / un autre / un texte a besoin de temps, de temps, de temps. Il n'y a que le dévoilement qui compte. Le texte est la matière du dévoilement. Retour.

Annie Abrahams développe ce qu'elle appelle une esthétique de l'attention et de la confiance. Pour sonder le comportement humain, elle utilise aussi bien la vidéo, la performance, l'écriture, l'installation que l’Internet. Elle questionne les possibilités et les limites de la communication, dont elle explore plus spécifiquement les modalités propres au réseau. Elle est reconnue pour son net-art, ces expériences en écriture partagée et en tant que pionnière de la performance en réseau.
Publications
From estranger to e-stranger
avec CONA et Aksioma, Ljubljana.
CyPosium - the book, une co-édition avec Helen Varley Jamieson avec LINK Editions et la Panacée, Montpellier.
Sites internet: http://bram.org / https://aabrahams.wordpress.com / http://e-stranger.tumblr.com


Philippe BOOTZ: Le texte absent comme indice d’une inadaptation
Les torsions, absences, déplacements du statut... du texte constituent des structures distordues qui font percevoir une inadaptation du dispositif de lecture et l’absence d’une véritable "machine à lire" ces œuvres. On confond souvent aujourd’hui la matérialité du dispositif écran d’une œuvre numérique avec l’œuvre elle-même. Cela revient à confondre le livre et le texte si on transpose la question dans le monde de l’imprimé. Tout comme le texte imprimable est aujourd’hui construit en tenant compte de contraintes liées à sa machine de lecture qu’est le livre, l’œuvre numérique est également construite en tenant compte de contraintes liées à une conception d’un dispositif numérique, mais peut-être pas du dispositif actuel: l’imaginaire projeté sur le technique est plus important que la réalité technique elle-même. Je poserai donc, à travers l’observation des caractéristiques de quelques textes de poésie numérique et de quelques expériences sur les œuvres, la question de la "machine à lire" ces œuvres et des limites des modalités actuelles de réception.

Philippe Bootz, Maître de Conférences HDR à Paris 8, Président du Laboratoire d’Excellence de Paris 8 (labex ARTS-H2H), Responsable de l’équipe Écritures et Hypermédiations Numériques au laboratoire Paragraphe, Responsable du master Écriture, Littérature et Livre Numérique, Co-éditeur de la collection Computing Literature aux West Virginia University Press. A été l’éditeur de la plus ancienne revue en poésie numérique, alire (1989-2009). Ancien membre du comité directeur de l’Electronic Literature Organization, membre fondateur du réseau sud-américain des littératures numériques (LitElat).
A écrit une centaine d’articles sur la littérature numérique. Crée de la poésie programmée depuis 1977. Ses œuvres sont présentes dans toutes les anthologies et bases de données internationales et présentées dans les principaux festivals de littérature numérique.


Collectif RYBN: Machines d'écriture algorithmiques

Depuis 1999, RYBN.ORG réalise des machines d'écriture algorithmiques qui, connectées à différents flux et variables, produisent un ensemble de signaux, prenant généralement la forme de textes. Ces machines sont agencées autour d'un premier noyau de texte (le code source), écriture spécifique au monde numérique (les langages de programmation) dont la syntaxe emprunte tout autant aux concepts logico-mathématiques que littéraires. À l'instar du modèle de la boîte noire cybernétique, ces machines d'écriture peuvent également être appréhendées par le biais de leurs "inputs" et "outputs": ces signaux rendent compte de l'activité des systèmes complexes qui les ordonnent, et constituent un moyen de les observer et d'en déduire le fonctionnement. Le texte devient alors un élément d'étude et d'observation, un enregistrement. Ces enregistrements portent les traces de présences fantomatiques, car les technologies sont hantées par des esprits — ceux des programmeurs, des ingénieurs ou des laboratoires qui les ont conçues —, et sont influencées par les systèmes symboliques dont découlent leurs modes opératoires, qu'ils soient rationnels, ou magiques. Enfin, de par leur nature computationnelle et numérique, ces machines d'écritures possèdent une dimension essentielle, celle d'être opérantes, exécutables, interprétables, performatives.

RYBN.ORG est une plate-forme de recherche artistique expérimentale et extra-disciplinaire fondée en 1999. Elle s'intéresse au couplage, au détournement et à la perversion des outils d'écriture et de formalisation liés aux technologies (algorithmes, réseaux, robots, flux de données, captation, surveillance, audiovisuel, temps-réel), réinscrites dans le champ artistique.
Site internet: http://www.rybn.org




La plateforme Apollinaire-Marie Curie: présentation de la base de donnée et de l'interface, table ronde avec Didier ALEXANDRE, Krystelle DENIS, Paule DESMOULIÈRE et Delphine VERNOZY

Lors de cette intervention, l'on présentera le prototype de plateforme web, documentaire et interactive, que notre équipe est en train de concevoir au Labex OBVIL. Destinée aussi bien à un public scolaire qu’à la communauté des enseignants et des chercheurs, la plateforme vise à utiliser les nouvelles ressources du numérique pour renouveler la façon dont est conçue et transmise l’histoire culturelle. La réalisation du prototype se concentre sur les figures de Guillaume Apollinaire (1880-1918) et de Marie Curie (1867-1934). L’utilisateur pourra ainsi circuler au sein d’une grande diversité d’archives (manuscrits, imprimés, iconographie, documents audio-visuels), parmi lesquelles l’on trouvera les œuvres de ces deux figures, mais également des documents témoignant de leur réception et de leur influence durable. L'objectif est de fournir un prototype pour un nouveau type de collection numérique pouvant être étendu à d'autres types de corpus.

Après une formation de designer, Krystelle Denis s’est spécialisée en prototypage d’interface. Elle crée des visualisations et des récits à partir de collections patrimoniales et numériques, notamment pour le metaLAB d’Harvard. Ingénieur de recherche au Labex OBVIL de la Sorbonne, elle fait partie de l’équipe chargée de la conception d’un prototype de plateforme multimédiale sur l’œuvre et la réception de Guillaume Apollinaire et Marie Curie.

Agrégée de lettres modernes et docteur en littérature comparée, Paule Desmoulière est chercheur post doctoral en humanités numériques au Labex OBVIL de la Sorbonne. Elle fait partie de l’équipe chargée de la conception d’un prototype de plateforme multimédiale sur l’œuvre et la réception de Guillaume Apollinaire et Marie Curie.

Agrégée de lettres modernes et docteur en littérature française, Delphine Vernozy est chercheur post-doctoral en humanités numériques au Labex OBVIL de la Sorbonne. Elle fait partie de l’équipe chargée de la conception d’un prototype de plateforme multimédiale sur l’œuvre et la réception de Guillaume Apollinaire et Marie Curie. Elle est également porteur du projet de base de données "Discours sur la danse".




Les vecteurs dans la boîte à outils des littéraires: quel instrument pour quels usages?, atelier avec Olivier GALLET, Frédéric GLORIEUX et Marianne REBOUL

Les "vecteurs", outils fondés sur une analyse syntaxico-statistique des textes, sont en train de prouver leur utilité dans le domaine, déjà littéraire, de la traduction, mais aussi de l’établissement des textes anciens. Au-delà de ces applications, quelles sont les autres possibilités offertes par ces instruments capables de faire émerger des notions en fonction des contextes syntaxiques scrutés? Quelles sont leurs limites? Comment adapter ces logiciels pour les mettre au service de l’étude de la littérature?

Olivier Gallet est maître de conférences en Littérature française à l’Université Paris Sorbonne. Il participe au projet HyperApollinaire (Labex Obvil), et au projet MELLON "Pour une histoire empirique de la littérature", sous la direction de Franco Moretti et Alexandre Gefen, en collaboration avec le Literary Lab de l'Université de Stanford.

Frédéric Glorieux est ingénieur au Labex Obvil de l’Université Paris Sorbonne.

Marianne Reboul est agrégée de Lettres Classiques, post-doctorante en Littérature Comparée, se spécialisant dans les Humanités Numériques (Sujet de thèse : "Étude comparative numérique de traductions françaises de l’Odyssée d’Homère, du XVIe au XXe siècle"). Sous contrat doctoral avec le labex OBVIL, elle est actuellement chargée d'études pour l'ANR Chapitres. Elle a développé un outil d’alignement automatique de traductions, en Java et participe au projet MELLON "Pour une histoire empirique de la littérature", sous la direction de Franco Moretti et Alexandre Gefen, en collaboration avec le Literary Lab de l'Université de Stanford.
Publications
Bizzoni Y., Del Grosso A. M., Reboul M. (2015). Diachronic Trends in Homeric Translations. In Digital Humanities Quarterly (in press).
Reboul M., Apprendre à traduire, de la lettre au style, Actes du Colloque "Enseignement des humanités et modèles littéraires" du 19 mars 2016 (in press, Hermann).
Bizzoni Y., "The Odysseus Project, A Tool for Comparative Translation Studies", Digital Humanities Quarterly special edition (2016) (in press).
Bizzoni Y., Reboul M. "Contextual Distribution for Textual Alignment", International Journal of Computer, Electrical, Automation, Control and Information Engineering, World Academy of Science, Engineering and Technology, International Science Index 104, 2015.




Paysage Fer, réouvert, lecture-performance par François BON & Dominique PIFARÉLY

Une ligne de train chargée d’histoire, 362 km de Paris à Nancy, qui traverse toute une suite de petites villes par le milieu. 2002: elle est remplacée par un TGV direct, qui les évite.
Toute cette année, je fais le trajet chaque jeudi, et s’installe un système de notes, par récurrences, répétitions. Et, chaque voyage, je fais des photos avec un appareil jetable.
Quand paraît le livre, on refait le voyage pour Arte: filmer ce qu’on voit du train, puis louer une voiture pour le retour et retrouver ces lieux qui nous ont surpris ou questionnés.
C’est mon dernier livre d’avant le web. Internet existe, mais quel usage pour la littérature.
Alors aujourd’hui, à quinze ans de distance, rouvrir le livre, et chercher de quel écosystème il participe. Le film, les photos, mais aussi les images d’archives, et par Google Street View la possibilité de refaire le voyage.
Écrivons-nous de la même façon, quand le web se superpose au réel et nous l’ouvre en plus grand?
Et le refaire en direct, ce voyage, dans les 52’ que dure le film. En utilisant aussi l’électronique, voix, violon, images, pour que ce soit aussi questionnement de l’écriture, du réel, de la ville, et de nos rêves.

Paysage Fer, livre de François Bon, est paru chez Verdier en 2000. Paysage Fer, film de François Bon et Patrice Cazeneuve, a été diffusé sur Arte/La Lucarne en 2002.

François Bon (voix, projections) et Dominique Pifarély (violon, traitements électroniques) travaillent ensemble depuis plusieurs années pour lectures et performances.

Avec le soutien
de l'Observatoire de la vie littéraire (
Labex OBVIL),
de l’Observatoire des Patrimoines de Sorbonne Universités (OPUS),
de l'UMR CNRS Cellf 16-21 (Université Paris Sorbonne),
de l'UMR LIP6, Équipe ACASA (Université Pierre et Marie Curie),
de la Fondation d'entreprise La Poste,
de la Bibliothèque nationale de France (BnF),
de l'Institut Mémoires de l’édition contemporaine (IMEC)
et de la Médiathèque de Saint-Lô


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BnF

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