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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2018 : un des colloques


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VALÈRE NOVARINA :

LES QUATRE SENS DE L'ÉCRITURE
Mise à jour
17/09/2018
Cliquer pour suivre ce colloque sur Facebook

DU VENDREDI 10 AOÛT (19 H) AU VENDREDI 17 AOÛT (14 H) 2018

DIRECTION : Marion CHÉNETIER-ALEV, Sandrine LE PORS, Fabrice THUMEREL

Avec la participation de Valère NOVARINA

ARGUMENT :

"Très longtemps il m’a semblé que tout devait atteindre quatre sens: chaque phrase, chaque réplique, chaque scène de l’Écriture — et y compris mon nom (et y compris mes initiales !)"[1], peut-on lire dans le dernier essai de Valère Novarina, Voix négative précisément. Quels sont les quatre sens possibles de VN: Voie Négative, Voix Négative, Via Novarina, Viande Niée?... Si les pistes ne manquent pas, il convient cependant de s’interroger sur la valeur herméneutique, poétique et critique d’une telle approche: en quoi cette voie onomastique constitue-t-elle un mode opératoire pertinent pour aborder l’œuvre? Comment saisir la quatressence d’une œuvre particulière ou de l’œuvre dans son intégralité (lecture littérale, allégorique, morale et anagogique[2])? Dans quelle mesure l’écriture novarinienne doit-elle être rattachée à la scène de l’Écriture et comment comprendre cette expression dans toutes ses dimensions?

Par ailleurs, ces quatre sens de l’écriture renvoient-ils à quatre points cardinaux qui détermineraient un territoire novarinien? Sont-ils à mettre en relation avec les "quatre langues nourricières"[3] qu’évoque l’écrivain (le hongrois, le dialecte franco-provençal, l’italien valsésian et le latin)? Avec diverses autres langues / langues autres? Peut-on les relier à cette quatrième personne du singulier dont se revendique l’auteur[4]? En quoi cette quatressence scripturale invite-t-elle à explorer les voies poétiques, dramatiques/dramaturgiques, picturales et musicales — mais aussi philosophiques, théologiques? Faut-il donc excéder le quatre?

Tels sont quelques-uns des enjeux que se propose d’approfondir ce premier colloque de Cerisy consacré à l’œuvre d’un écrivain, dramaturge et peintre d’ores et déjà considéré comme un classique de la modernité. Ont répondu présents la plupart des principaux spécialistes et interlocuteurs de Valère Novarina: écrivains, philosophes, traducteurs, universitaires, comédiens et metteurs en scène. C’est dire que, en présence de l’auteur qui interviendra de diverses façons — notamment par des lectures —, seront développés de multiples domaines: théâtre, poésie, philosophie, dramaturgie, peinture, théorie, traduction, culture et langues de l’antiquité, histoire des idées... Pour le plus grand plaisir des passionnés, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés.

[1] Valère Novarina, Voix négative, P.O.L, 2017, p. 40.
[2] Dans cette même page, Novarina nomme "sens à l’arraché" ce sens anagogique qui est "sursens", passage du sens littéral au sens spirituel.
[3] Cf. ibid., p. 36-47.
[4] Cf. La Quatrième Personne du singulier, P.O.L, 2012.


CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 10 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 11 août
Matin:
Marion CHÉNETIER-ALEV, Sandrine LE PORS & Fabrice THUMEREL: Ouverture
Francis COHEN: Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien
Constantin BOBAS: Valère Novarina, hypothèses pour une écriture synesthésique d'origine lointaine

Après-midi:
Lecture de L'Homme hors de lui, par Valère NOVARINA
Thierry MARÉ: Valère Novarina, avec ou sans Japon
Enikő SEPSI: Le rituel kénotique dans les travaux (écrits et spectacles) de Valère Novarina
Lecture de Voie négative, par Valère NOVARINA

Soirée projection:
Le Vrai sang, texte et mise en scène de Valère Novarina (2011), captation à l’Odéon par Virgile Novarina et Raphaël O’Byrne


Dimanche 12 août
Matin:
Annie GAY: Entrée dans l’impossible "avec l’acteur comme objet de désir"
Jean-Luc STEINMETZ: L'antédiluvien

Après-midi:
Vernissage de l'exposition Novarina
Claude BUCHVALD: Mettre en scène Valère Novarina: L'Opérette imaginaire, accompagnée par l'acteur Claude MERLIN
Lecture de Lumières du corps, par Claude MERLIN
Table ronde avec Valère NOVARINA et Zsófia RIDEG

Soirée musicale:
Dialogue avec une langue inconnue [à partir d'Une langue inconnue de Valère Novarina (Éditions Zoé, 2012)], avec Mathias LÉVY (violon) et Valère NOVARINA (voix)


Lundi 13 août
Matin:
Christine RAMAT: Les bouffonneries macabres sur la scène novarinienne: un comique rédempteur [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]
Marie GARRÉ NICOARÃ: Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina [texte lu par Sandrine LE PORS]

Après-midi:
Lecture de L'Atelier volant, par Valère NOVARINA
Marie José MONDZAIN: Variations autour de L'Homme hors de lui
Inhye HONG: "Sentiment inconnu": la porte ouverte sur les catharsis

Soirée théâtre:
Le Discours aux animaux de Valère Novarina, par André MARCON


Mardi 14 août
Matin:
Laure NÉE: Novarina. L'intranquillité
Marco BASCHERA: Comment faut-il lire les textes théâtraux de Valère Novarina?

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée théâtre:
"Le Monologue d’Adramélech: Homo Automaticus" de Valère Novarina, par Leopold von VERSCHUER


Mercredi 15 août
Matin:
Olivier DUBOUCLEZ: "Un vide est au milieu du langage". Novarina et le sens de la prière
Lecture de Le Drame de la vie, par Valère NOVARINA
Débat autour d'Homo Automaticus, avec Leopold von VERSCHUER

Après-midi:
Leopold von VERSCHUER: Traduire les litonies ou les quatre outils de la traduction
Angela LEITE LOPES: Traduire, penser, jouer — Valère Novarina et son vivier des langues
Table ronde sur la traduction, avec Yuriko INOUE, Enikő SEPSI et Zsófia RIDEG

Soirée:
Dialogue avec le colloque en parallèle "Aragon vivant"


Jeudi 16 août
Matin:
Eric EIGENMANN: Valère Novarina: les quatre temps du respir
Patrick SUTER: Valère Novarina: une écriture frontalière

Après-midi:
Louis DIEUZAYDE: Faire l'animal. Quelques sorties de route de l'humanité dans le jeu de l'acteur novarinien
Rafaëlle JOLIVET PIGNON: De la cour d'honneur à la cour d'école: la poétique novarinienne à l'épreuve du bac théâtre

Soirée musicale:
"Éloge du réel" (textes de Valère Novarina), avec Christian PACCOUD (accordéon) et Agnès SOURDILLON (voix)


Vendredi 17 août
Matin:
Céline HERSANT: "Espace, es-tu là?": cartographie des territoires novariniens
Marion CHÉNETIER-ALEV & Fabrice THUMEREL: Conclusions
Lecture de Chaos, par Valère NOVARINA

Après-midi:
DÉPARTS


AUTRE ACTIVITÉ :

* Exposition Novarina commentée (une sélection de dessins et de photographies des spectacles)

COMPTES-RENDUS DU COLLOQUE :

Ouverture du colloque, par Marion CHÉNETIER-ALEV

Aperçu des trois premières journées, par Fabrice THUMEREL

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Marco BASCHERA: Comment faut-il lire les textes théâtraux de Valère Novarina?
Il y a une différence nette entre l’expérience qui consiste à assister à la représentation d’une pièce de Novarina et celle d’une lecture du texte théâtral. Si cette différence constitue le jeu théâtral en général, elle me semble particulariser celui de Novarina. Qu’en est-il du statut perdurable du texte théâtral constituant la base de toute représentation théâtrale? Chez Novarina, on croit assister soit à un spectacle de cirque, soit à l’exécution d’une partition musicale ou les deux à la fois. Ainsi le texte théâtral adopte-t-il la forme d’une partition musicale où le côté fugitif du jeu scénique semble l’emporter sur le caractère fixe du texte qui pourtant lui confère son itérabilité. S’ouvre de la sorte une scène de l’écriture qui soulève des questions fondamentales concernant le rapport entre parole et écriture.

Professeur émérite de Littérature comparée à l’Université de Zurich, Marco Baschera s’est spécialisé dans les domaines du rapport entre théorie et théâtre, des questions concernant la traduction littéraire, les poétiques des  XXe et XXIe siècles et le rapport entre mystique et littérature.
Ouvrages récents:
Marco Baschera, Das Zeichen und sein Double, Hg. Monika Kasper, Christina Villiger, Königshausen und Neumann, Würzburg, 2017.
Das Unsagbare sagen, Hg. Marco Baschera, Pierre Bühler, Lucie Kaennel, Königshausen und Neumann, Würzburg, 2017.


Constantin BOBAS: Valère Novarina, hypothèses pour une écriture synesthésique d'origine lointaine
Dans le théâtre de Novarina une union, une rencontre singulière engagée entre corps dramatique et parole poétique, est donnée à entendre et à voir. Souvent, la "mimesis praxeos", d’inspiration aristotélicienne, se transforme en un théâtre en tant que "passion de la pensée dans l’espace"(1) ou encore de "dénouement de la parole dans l’espace"(2). Ainsi, l’action de la parole passe par la revendication d’une visibilité et d’une audibilité de la pensée en tant que fonction autonome susceptible de s’emparer d’un corps, d’une matière. C’est sur ce point que nous pourrions, sans doute, relever un rapprochement, entre autres, avec la tradition byzantine dans l’effacement de la dualité âme-corps, insérée dans l’expérience théâtrale. Une telle perspective ne nie pas uniquement le sujet et l’objet, la situation consacrée d’énonciation, mais produit également une fusion entre l’ici et l’ailleurs en exprimant la réalité d’une joie possible dans ce monde-là par sa dimension multiple en réunissant plusieurs sensations. En outre, cela est possible grâce à la représentation d’une passion qui est omniprésente ou mieux d’une "déprésentation"(3), terme qui relierait Valère Novarina à toute une pensée médiévale mais aussi antique, à travers un procédé qui renvoie à la via negationis. Cette approche apophatique multisensorielle est au centre aussi de la tradition byzantine que nous nous proposons d’explorer dans le cadre de cet exposé en prenant en considération plusieurs textes dramatiques.
(1) Valère Novarina, Pendant la matière, "CXLII", P.O.L, Paris, 1991, p. 40.
(2) Ibid., "CLII", p. 42.
(3)  Valère Novarina, Devant La Parole, P.O.L, Paris ,1999 p. 80.


Constantin Bobas enseigne à l’Université de Lille. Ses travaux portent sur la réception de l’Antiquité grecque et de la période byzantine à l’époque contemporaine, l’anthropologie culturelle des mondes méditerranéens, la littérature et la culture néo-helléniques. Il est également traducteur de textes théâtraux et mène une réflexion sur les écritures dramatiques européennes.
Publications:
"Prophétie et poésie en (s)cène: "Prototype de cérémonials" et pensées byzantines dans l’œuvre de V. Novarina", in Mémoire du Moyen Âge dans la poésie contemporaine, N. Koble-A. Mussou-M. Séguy (éds), Hermann, Paris 2014, pp. 291-300.
"Corps lumineux, gravitation des espaces autres dans le théâtre de Valère Novarina", in Passions du corps dans les dramaturgies contemporaines, A. Poulain (éd.), Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d’Ascq 2011, pp. 171-182.
"Diffractions d’un événement scénique dans l’œuvre de Valère Novarina. Ruptures et continuités d’une écriture dramatique contemporaine", Parabasis, Journal of the Department of Theatre Studies, University of Athens, vol. 11, 2013, pp. 149-156.
"Espaces iconographiques, espaces sacralisants ajourés dans le théâtre de Valère Novarina", Le théâtre et le sacré ‒ autour de l'œuvre de Valère Novarina, S. Enik (éd.), Ráció Kiadó, Budapest, 2009, pp. 85-98.


Claude BUCHVALD: Mettre en scène Valère Novarina: L'Opérette imaginaire
(Nous présenterons la captation de la pièce et nous parlerons du travail au plateau avec les acteurs et ceux qui ont participé à sa création)
L’écriture de L’Opérette imaginaire a presque immédiatement suivi celle du Repas et a été fabriquée pour les mêmes acteurs. Nous étions tous immergés dans la langue et en grand appétit d’en dévorer encore quand nous avons commencé les répétitions de cette nouvelle pièce fraîchement sortie du chalet savoyard de Valère Novarina. Le metteur en scène ne peut expliquer l’écriture aux acteurs, selon les procédures habituelles de l’analyse dramaturgique. Pourtant des lignes de forces courent dessous qu’il faut savoir saisir; il faut oser emprunter des voies souterraines, peu accessibles au premier abord mais qui s’avèrent à l’usage méticuleusement organisées: un cheminement mental creusant la mémoire du théâtre dans ses formes les plus anciennes, depuis ses sources allégorique et religieuse jusqu’à la place paradoxale qu’y occupe la dramaturgie classique et les auteurs du répertoire (Molière, Feydeau, Labiche, Shakespeare, Tchékhov...). D’autres sédiments du théâtre de Novarina se rattachent au théâtre épique, tel que l’entendait Bertolt Brecht, mais aussi en fonction du glissement de sens que le terme a connu depuis.

Claude Buchvald, metteur en scène, comédienne, maître de conférences honoraire (Paris 8), membre associée de SACRe, aborde l’écriture théâtrale et poétique depuis les premières épopées jusqu’aux écritures contemporaines. De Novarina, elle met en scène: Vous qui habitez le temps, Le repas, L’avant-dernier des hommes, L'Opérette imaginaire, Falstafe, L’Acteur sacrifiant... Et aussi, de P. Claudel, Tête d’Or; Rabelais, Morderegripippio...; Homère, L’Odyssée... la nuit; Molière, La folie Sganarelle; V. Cornaros, Erotokritos; C. Merlin, Quelque part au cœur de la forêt, la Belle et la Bête; et des opéras de Mozart, Saliéri, Rameau, avec L. Equilbey et E. Haim.
Publication:
Valère Novarina en scène, PUV, 2014.


Marion CHÉNETIER-ALEV
Marion Chénetier-Alev est maître de conférences en arts du spectacle à l’Université de Tours, membre de l’équipe de recherche ICD - E.A. 6297 et chercheur statutaire dans l’équipe THALIM-Arias du CNRS. Ses recherches portent sur la stylistique et la dramaturgie des écritures dramatiques modernes et contemporaines; sur la théorie et la poétique du travail de l’acteur; sur l’histoire et les enjeux de la critique dramatique ; ainsi que sur les liens entre théâtre et radio. Auteur de L’Oralité dans le théâtre contemporain (Éd. Universitaires Européennes, 2010), elle a également publié un livre d’entretiens avec le dramaturge Valère Novarina, L’Organe du langage, c’est la main (Argol, 2013); dirigé des collectifs sur la critique dramatique (PUFR, 2013), l’histoire sonore du théâtre (Éditions Ulm, 2017), et le jeu de Maria Casarès (RHT, 2018). Traductrice, elle a également co-publié l’édition scientifique et bilingue du Théâtre des Fous d’E. Gordon Craig (IIM/L’Entretemps, 2012) et traduit l’ouvrage de Helen Solterer, Un Moyen Âge républicain: paradoxes du théâtre en temps de guerre (PUPS, 2014).

Francis COHEN: Ethnographie du stade d’action dans le théâtre novarinien
Lorsque Valère Novarina va enregistrer François Ducret à Ouatapan, il se pense lui-même "comme ethnologue amateur", la scène de théâtre serait aussi un "terrain" d’enquête ethnographique sur laquelle, à l’instar de Lucien Lévy-Bruhl, Marcel Griaule, Maurice Leenhardt et de nombreuses monographies ethnographiques, Valère Novarina interrogerait en "ethnologue" la notion de personne.
À travers les déclinaisons de "l’anthropopodule" chez les nombreux peuples qui habitent la scène novarinienne, une lecture ethnologique de la notion de personne, et des pratiques cannibales qui structurent le jeu de l’acteur, le théâtre de Valère Novarina s’avère être une expérience de décentrement radical de nos repères anthropologiques.

Francis Cohen est poète et professeur de philosophie.
Il a co-dirigé avec Sébastien Smirou la revue Ligne 13, a écrit plusieurs études sur Valère Novarina:
"Joussif", Scherzo, n°11, octobre 2000.
"Son héros est le son ou la grande peur de l'anuuuuuuuut", DEMéter [en ligne], Université Lille-3, décembre 2003.
"Le pornoleum se décolle et "le public demande une pénétration", Cahier Critique de Poésie, n°7, cipM, Marseille, Éditions Farrago, 2004.
"Ec(ce)rire", Cahier Critique de Poésie, n°12, cipM, Marseille, Éditions Farrago, 2008.
"Quand j’entends la lecture du Journal du drame ... les hommes sont personnes et sons de personne", Cahier Critique de Poésie, n°19, cipM, Marseille, Édition Farrago, 2009.
"Anthropopodulologie de l'acteur novarinien (Prolégomènes joussifs à une ethnologie en territoire novarinien)", Ligne 13, n°7, Montrouge, automne-hiver 2013-2014.
Derniers livres parus:
Le Cas Trawny, à propos des "cahiers noirs" de Heidegger (en collaboration avec Michèle Cohen-Halimi), sens&tonka, 2015.
Choses que nous savons, Nous, 2015.


Louis DIEUZAYDE: Faire l'animal. Quelques sorties de route de l'humanité dans le jeu de l'acteur novarinien
Dans Lumières du corps, Valère Novarina écrit: "Sur toute la terre, nous cherchons anxieusement partout notre double, notre pair, notre semblable, notre homonyme. Alors qu'il faudrait porter un regard sur l’homme depuis l’extérieur de l’homme: depuis l’animal, depuis Dieu, depuis le caillou, depuis le pantin". De ces quatre contre-modèles de la représentation humaine, je retiendrais le premier cité. L’animal est, en effet, une des figures récurrentes d’un autre de l’homme. Georges Bataille formule de la sorte sa singulière phénoménalité: "Tout animal est dans le monde comme de l’eau à l’intérieur de l’eau". Ainsi, l’écriture théâtrale de Novarina fait-elle, tour à tour, de l’animal un lieu d’adresse, un sujet d’écoute, un objet de tourments, un philosophème à débattre et, pour reprendre les termes de la citation, la figure décentrée d’un regard porté depuis le vivant d’une altérité à la fois si lointaine et si proche. Dans les écrits sur l’acteur, un certain devenir-animal concurrence souvent le devenir-marionnette. L’expression "faire l'animal" frappe même avec insistance le lecteur qui peut alors se rappeler quelques fulgurances entre-aperçues sur la scène novarinienne, dans de brèves mais incisives épiphanies relevant d'une "sortie de route" jaillissant du jeu de l’acteur ou l’évidant démesurément. Ce sont ces traces que nous suivrons afin d’analyser ce que la figure animale déplace et performe au sein du travail scénique.

Louis Dieuzayde est praticien et chercheur. Il est maître de conférences à l’Université Aix-Marseille, LESA (EA 3274), où sa recherche porte principalement sur les constructions de l’imaginaire actuel à travers les arts. Il a écrit de nombreux articles et ouvrages sur Valère Novarina, parmi lesquels Le Théâtre de Valère Novarina. Une scène de délivrance, Publications de l’Université de Provence, 2004.

Olivier DUBOUCLEZ: "Un vide est au milieu du langage". Novarina et le sens de la prière
Si Novarina est attentif à la pluralité des sens qui est au cœur des Écritures, c’est bien le quatrième, l’"anagogique" ou le "mystique", qui prend chez lui le dessus: "sens à l’arraché", sens transcendant et au futur, il est précisément celui où le langage s’ouvre à ce qui n’est pas là, à ce qu’on ne peut replier sur le déjà-connu. Or ce privilège du quatrième sens se retrouve dans l’une des formes primitives de la parole: la prière. Tension vers un destinataire aimé plutôt que description exacte des choses, appel plutôt que dénomination, la prière crée les conditions d’une crise du sens. Elle nous porte, observe Devant la parole, "à la lisière des mots", jusqu’au "seuil" de quelque chose qui outrepasse la signification. La prière fait le vide au cœur de notre langage, y provoquant une transe que rien ne satisfait. C’est que la prière est une sorte d’enfance; elle précède le sens lui-même: pour citer Levinas, elle est là "où l’invocation n’est pas précédée d’une compréhension", là où l’on ne sait pas encore quoi dire, là où l’on balbutie. Pour cette même raison, elle est "hymnique", toujours déjà collective et engageant un nous au-delà du "je" priant. En nous appuyant entre autres sur un chapitre de L’Arche de la parole de Jean-Louis Chrétien intitulé "La parole blessée. Phénoménologie de la prière", nous voudrions montrer comment Novarina reprend ce fil méditatif et inscrit la prière — litanique, suppliante ou chorale — au cœur du texte dramatique.

Ancien élève de l’École Normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé et docteur en philosophie, Olivier Dubouclez enseigne à l’Université de Liège.
Publications:
Valère Novarina, la physique du drame, Les Presses du réel, 2005.
Paysage parlé (avec Valère Novarina), Éditions de la Transparence, 2011.
Histoire du basilic, Actes Sud, 2015.
Almería, roman, Actes Sud, 2017.


Eric EIGENMANN: Valère Novarina: les quatre temps du "respir"
Théâtrale ou réflexive, l'œuvre de Valère Novarina ne cesse de revenir sur l'acte, élémentaire et fondateur, de la respiration humaine. Je me propose d'étudier les formes et les enjeux de ce qu’il conviendrait mieux sans doute de nommer en l’occurrence le "respir", et d’en dégager la valeur transversale sur les plans de l’anthropologie et de la théologie*, mais aussi de la pratique scénique. Je tenterai de montrer notamment que, sous la plume de Novarina, contrairement aux manifestations correspondantes du souffle beckettien, le "respir" se déploie selon un cycle à quatre temps (comme semblent d'une certaine manière le figurer les quatre syllabes du patronyme de l'auteur...).
* "Anthropologie et théologie sont unes profondément", affirme Novarina (L'organe du langage, c'est la main, Dialogue avec Marion Chénetier-Alev, Paris, Argol, 2013, p. 151).

Eric Eigenmann est professeur à l’Université de Genève, responsable des études de dramaturgie. Ses publications portent notamment sur le théâtre contemporain (Beckett, Koltès, Lagarce, Pinget, Sarraute, Soutter, Vinaver, etc.), sur la performance du texte et l’idée d’un théâtre originaire. Il signe les mises en scène de l’ATDF, théâtre universitaire, et collabore aux activités de plusieurs théâtres à Genève, de La Manufacture à Lausanne et de la Société Suisse du Théâtre.
http://www.unige.ch/lettres/framo/Enseignant/eigenmann.html


Marie GARRÉ NICOARÃ: Voix et dispositifs marionnettiques dans l’écriture de Novarina
Il s’agira d’interroger dans l’écriture de Novarina, non pas directement la figure marionnettique, mais les conditions de son apparition en observant les dispositifs qui conduisent à l’émergence de présences et qui font advenir la figure. Si l’image du castelet de la Loterie Pierrot traverse l’œuvre de l’auteur, nous serons également attentifs aux jeux d’index et de monstration, aux configurations de l’espace et du temps propres à ménager des jeux d’apparition et disparition de la figure, autant qu’aux relations entre langage et corps: dédoublements, corps traversés par les voix, ventriloquie, et autres zones d’apesanteur propres à mettre en jeu un théâtre "hors de soi" (F. Lazaro). On prendra comme point de départ de l’investigation les textes ayant donné lieu à une représentation par la marionnette — Vous qui habitez le temps (mise en scène Nicolas Gousseff, Théâtre Qui, 2004), La Chair de l’homme (mise en scène Aurelia Ivan, compagnie Tsara, 2009), Le théâtre des oreilles (création de Zaven Paré, 1999), L’Atelier volant (mise en scène Guy Jutard, 1996), L’Origine rouge (mise en scène Valère Novarina, 2000) — sans toutefois s‘y limiter.

Marie Garré Nicoarã, maître de conférences en Arts du spectacle, Université d’Artois, est membre de l’axe "Praxis et Esthétiques des Arts" de l’Équipe d’accueil "Textes et Cultures" (EA 4028). Ses recherches portent sur les arts de la marionnette, notamment dans une perspective scénographique, les écritures jeune public et dramaturgies de l’adolescence et les altérations et hybridations du vivant en scène.
Publication:
Corps béant, corps morcelé dans les arts scéniques et visuels: de l’altération à la constellation, Éditions EME, 2017.


Annie GAY: Entrée dans l’impossible "avec l’acteur comme objet de désir"
Quand, en 1980, Valère Novarina publie l’"Entrée de l’Homme de Valère dans le théâtre des oreilles"[1], il a déjà trouvé le lieu où établir sa parole comme œuvre: le théâtre. L’employé "A" de L’Atelier Volant s’avérait être le "père" de la multitude des figures humaines qui allaient peupler de façon exponentielle les œuvres suivantes. Mais le "jeu" de ce "A" initial avait aussi opéré par glissement, dès le Babil des classes dangereuses, la rencontre des trois composantes principales de l’œuvre: l’Auteur, l’Acteur et Adam. Quand le "languisme" novarinien atteint son acmé dans La Lutte des morts, une énergie vitale hors du commun passe directement dans l’œuvre, sans amarre symbolique, expulsant le monde adamique hors de la parole. C’est ce mystérieux acte créateur dont l’Acteur novarinien sera inlassablement appelé à opérer le retour au théâtre, faisant advenir rétroactivement, "L’Homme de Valère" remis en mouvement dans ce "présent antérieur perpétuel", qui se situerait dans l’interstice hors du temps qui sépare la création et le péché originel, c’est à dire "avant" l’Homo sapiens.
[1] V. Novarina, "Entrée de l’homme de Valère dans le théâtre des oreilles", entretien avec Jean-Noël Vuarnet, in TXT, n°12, 1980.

Annie Gay rencontre Valère Novarina au début des années 1970. Pendant plus de quinze ans, elle apporte à l'auteur un soutien amical: relectures, secrétariat, etc. Elle a publié plusieurs articles sur l'œuvre dans L’Âne, La Gazette jaune, Théâtre/Public; a contribué à l’ouvrage collectif Valère Novarina: théâtres du verbe en 2001 et au numéro spécial de la revue Europe en 2002; elle a rédigé la préface d’une édition d’œuvres choisies publiée en solvène, à Lublijana en 2010.

Céline HERSANT: "Espace, es-tu là?": cartographie des territoires novariniens
Entre invention poétique et effets de réel, l’écriture de Novarina met en scène lieux et non-lieux, arpentages et stations, dichotomies entre le visible et l’invisible. Cet espace, où les corps entrent en lutte et sont projetés aux quatre coins cardinaux, se définit comme un espace performatif ne tenant que sur la vivacité et la continuité de la parole; plus que fantasmé, il devient tangible dès qu’il est inscrit dans la géométrie du plateau par le geste du peintre.
Dans ce système architectonique, le frottement des territoires spatiaux et dramatiques permet à Novarina de démultiplier les cadres et les points de vue. Mais sous la diffraction apparente, des collections raisonnées de topoï, des marqueurs signifiants, des cartes, des géographies secrètes faites de creux et de reliefs, de dénivelés et de strates, sont à retrouver.

Docteur en Études théâtrales, Céline Hersant a été l’assistante de Valère Novarina (2002-2004) et enseignant-chercheur au sein de l’Institut d’Études Théâtrales - Université de la Sorbonne nouvelle. Elle dirige, depuis 2013, la Théâtrothèque Gaston Baty. Ses recherches portent sur les processus d’écriture dans les dramaturgies contemporaines et les approches géocritiques du texte dramatique. Sur Novarina, elle a notamment publié L’Atelier de Valère Novarina: recyclage et fabrique continue du texte (Classiques Garnier, 2016).

Inhye HONG: "Sentiment inconnu": la porte ouverte sur les catharsis
Si la catharsis est l’apanage de la tragédie classique, l’œuvre de Valère Novarina qui contredit la poétique aristotélicienne serait la dernière à accueillir ce "soulagement mêlé de plaisir"[1]. Cependant, comme témoignent de nombreux spectateurs, le travail de Novarina nous procure une joie semblable, presque purifiante: il s’agit d’une "joie incompréhensible"[2] dont l’origine ne se discerne que très difficilement d’un sentiment d’être délivré de quelque chose d’inidentifiable ou d’un "sentiment inconnu"[3] selon Novarina. Notre intérêt part de cette analogie entre la catharsis et le sentiment inconnu novarinien. Si le dernier résulte d’un autre processus cathartique qui prend pour le "matériau cathartique"[4] la parole, ne serait-il pas un lieu d’accueil pour plusieurs catharsis? En s’intéressant notamment à la dimension poéticomédicale de la catharsis par la parole, on tentera, dans cet exposé, d’amener la conciliation entre la catharsis classique et le théâtre dédramatique de Novarina.
[1] ARISTOTE, Politique VIII, 1342a 14-15, tr. AUBONNET Jean, Les Belles Lettres, Paris, 1989, p. 47-48.
[2] NOVARINA Valère, L’Opérette imaginaire, P.O.L., Paris, 1998, p. 96.
[3] ibid., p. 97.
[4] NAUGRETTE Catherine, "Du cathartique dans le théâtre contemporain", in Littérature et thérapeutique des passions, DARMON Jean-Charles (dir.), Hermann, Paris, 2011, p. 174.


Inhye Hong est doctorante en littératures françaises à l’Université Paris-Sorbonne. Sa thèse intitulée La Catharsis par la parole dans l’œuvre de Valère Novarina est en préparation depuis novembre 2014, sous la direction de Michel Murat (Université Paris-sorbonne/ENS) et Marion Chénetier-Alev (Université Tours). Elle a participé au colloque "La Catharsis aujourd’hui" (Fondation des Treilles, 2015) et au colloque International d’Étude Francophones Timişoara "silence(s)" (Roumanie, 2017).

Rafaëlle JOLIVET PIGNON: De la cour d'honneur à la cour d'école: la poétique novarinienne à l'épreuve du bac théâtre
En 2010, L’Acte inconnu et Devant la parole sont au programme des enseignements de spécialité Théâtre de la série littéraire: passée la stupéfaction, le choix s’avère un choc vivifiant pour la communauté des enseignants de théâtre. Pour la première fois s’invite au programme une œuvre dramatique portée par un poète qui crée une langue autant qu’un espace, un poète qui pose au cœur de sa parole la question de l’acteur. Comment "jouer" L’Acte inconnu quand on n’est pas soi-même un acteur novarinien? On le devient pardi! Telle est l’injonction qui sert de tremplin pour construire la quadrature du cercle entre l’enseignant, les élèves de terminales, l’intervenant comédien et l’œuvre de Valère Novarina. Construire une dramaturgie en acte est le défi qui sera relevé pendant trois années consécutives dans les classes qui passent le bac théâtre sur tout le territoire français. Il sera question, au cours de ce colloque, d’expériences de plateau, de questionnements et d’engagements de soi à travers quelques exemples de pratiques théâtrales dans différents établissements entre 2010 et 2013.

Rafaëlle Jolivet Pignon est docteure en études théâtrales, chargée de cours à Paris 3 – Sorbonne Nouvelle, animatrice d’ateliers du spectateur et formatrice pour l’ANRAT, dramaturge et auteure pour la Compagnie Nagananda.
Elle fait partie du Groupe de recherche sur la poétique de la scène contemporaine, dirigé par Catherine Naugrette et Joseph Danan (Paris 3).
Elle s’intéresse particulièrement au geste artistique dans la composition scénique, a écrit La Représentation rhapsodique. Quand la scène invente le texte. S. MacBurney, R. Castellucci, P. Delbono, C. Marthaler, F. Tanguy (éd. L’Entretemps, 2015) et de nombreux articles sur les écritures de plateau ainsi que sur le théâtre participatif.


Angela LEITE LOPES: Traduire, penser, jouer — Valère Novarina et son vivier des langues
"S’il est vrai que nous ne pouvons penser qu’à travers le langage, si, comme le disait Wittgenstein, toute interrogation philosophique peut être présentée comme une interrogation sur la signification des mots, alors la traduction est un des moyens éminents par lesquels l’homme pense sa parole".
Giorgio Agamben sur Hölderlin dans "Vocation et Voix", in Détour d’écriture - Hölderlin ou la question de la poésie, numéro hors série, Ed. Sillages, avril 1987, p. 11.


Si mon premier contact avec Valère Novarina et son œuvre a eu lieu en 1999 dans le but immédiat de traduire vers le portugais Lettre aux acteurs et Pour Louis de Funès, le fait de continuer depuis plus de quinze ans à traduire, diffuser et côtoyer son écriture relève d’un intérêt qui peut être résumé ainsi: expliciter à la fois la pensée du geste artistique et la théâtralité de la parole. Dans ce cas précis, accompagner la logodynamique de Valère Novarina, nous plonge dans ce qu’on pourrait appeler la césure de la pensée. La traduction a le privilège de s’y jeter.
D’une part, on évoquera les spectacles de cet auteur réalisés au Brésil ainsi que leur répercussion; d’autre part, on rendra compte du contexte théorique dans lequel s’inscrit mon parcours avec son œuvre, en soulignant comment les rapports interculturels y sont tissés. Cette contribution aux quatre sens de l’écriture de Valère Novarina émanera des quatre points cardinaux, se projetant à partir du sud et de l’ouest.

Angela Leite Lopes est traductrice, chercheuse pour le théâtre, professeur à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro.
Livres sur Novarina: Novarina em cena (dir.), 7Letras/Faperj, 2011; Traduzindo Novarina – Cena, pintura e pensamento, 7Letras, 2017.
Traductions: Carta aos atores e Para Louis de Funès; Diante da palavra; O animal do tempo e A inquietude; O ateliê voador e Vocês que habitam o tempo et O teatro dos ouvidos (7Letras); A opereta imaginária; O jardim do reconhecimento (inédits).


Sandrine LE PORS
Sandrine Le Pors est maîtresse de conférences en Études Théâtrales et dramaturge (compagnie ELk, Jonathan Châtel). Membre de l’équipe de recherche "Praxis et esthétiques des arts" de l’Université d’Artois, elle a (co)dirigé six colloques internationaux et huit journées d'étude consacrés aux écritures, à la dramaturgie et la création scénique contemporaines (théâtre, danse et marionnette). Elle est par ailleurs co-fondatrice et directrice de la série "corps et voix" aux APU (Artois Presses Université) Elle soutiendra début juillet 2018 son dossier pour une Habilitation à Diriger des Recherches intitulé "Du théâtre des voix au théâtre sous l’œil de l’enfant, une traversée des dramaturgies contemporaines".
Publications (sélection):
Le théâtre des voix, À l’écoute du personnage et des écritures contemporaines, PUR, 2011.
"Où est ce corps que j’entends?" Des corps et des voix dans le théâtre contemporain, série "Corps et voix", APU, 2014.
Les Voix marionnettiques, revue Études Théâtrales, n°60-61, 2014.
Entre Théâtre et jeunesse, formes esthétiques d’un engagement, avec Marie Bernanoce, Recherches & Travaux, n°87, Grenoble, automne 2015.


Thierry MARÉ: Valère Novarina, avec et sans Japon
Depuis leur découverte en Europe, les arts japonais de la scène tiennent au sein des mythes fondateurs du théâtre moderne une place si considérable qu’il ne paraît pas extravagant d’en chercher trace chez un dramaturge tel que Valère Novarina. Si elle existe, une telle influence reste pourtant discrète. Plus qu’au Japon proprement dit, on pourrait en rapporter les indices à l’affirmation d’une forme d’universalité, plus souvent représentée à travers le discours chrétien ou les manifestations carnavalesques.
Entre l’écriture de Valère Novarina et les dramaturgies japonaises, l’affinité paraît moins dans les procédures de la scène que dans une conception de la représentation comme évidement, mise en creux, "voie négative" qui, sinon à la réalité des pratiques artistiques, répond au discours dominant qu’ont porté sur celles-ci les observateurs occidentaux.

Thierry Maré, professeur à l’Université Gakushûin, Tôkyô. A publié trois romans chez Gallimard, traduit L’Origine rouge en japonais (Renga-Shobô, 2013). "Pascal Quignard et la liste des commissions", in Pascal Quignard à son Orient, PU de Vincennes, 2015; "Des genres mineurs, autour des Haikus de Prison de Lutz Bassmann", in Jinbun, 2016; "Cuisine du latin des anges, le théâtre de Valère Novarina et les langues anciennes" (à paraître).

Marie José MONDZAIN: Variations autour de L'Homme hors de lui
Le passage de la colère épique, celle d’Achille, à la colère théâtrale, par exemple chez Sophocle, inscrit sur la scène un régime passionnel inséparable de l’articulation du poétique au politique. Il y a une histoire de la colère dans l’histoire du théâtre et cette histoire est politique. Dans le théâtre de Novarina la langue des passions se fait carnavalesque et à sa façon populaire, donnant à la joie profane sa frappe insolente et colérique. Tantôt contre la transcendance, tantôt contre la tyrannie, la colère semble vouloir détrôner toute domination rhétorique. Est-ce que le pouvoir des formes peut agir sur les formes du pouvoir comme le pensait Debord? Les poétiques de la colère gardent-elles aujourd’hui leur énergie politique? Je pose la question au théâtre de Novarina.

Marie José Mondzain, philosophe, directrice de recherche émérite au CNRS, dirige et anime depuis 1998 l'Observatoire des Images Contemporaines (OBI) aux Ateliers Varan à Paris.
Membre de l'Association théâtrale "Sans Cible".
Membre de l’Exception, groupe de recherche et réflexion sur le cinéma.
Publications:
Antirrhétiques de Nicéphore le Patriarche, traduction et commentaires (Kliencksiek,1991).
Image, icône, économie. Les sources byzantines de l’imaginaire contemporain (Seuil, 1996).
Le Commerce des regards (Seuil, 2003).
L’Image peut-elle tuer? (Bayard, 2002), nouvelle édition augmentée (Bayard, 2015).
Homo Spectator (Bayard, 2007).
Images (à suivre), de la poursuite au cinéma et ailleurs (Bayard, 2011).
L’image, une affaire de zone (Édition électronique D-Fiction, 2015).
Appétit de voir, Appétit de vivre (Édition électronique D-Fiction, 2015).
Confiscation des mots, des images et du temps (Les Liens qui Libèrent, 2017).


Laure NÉE: Novarina. L'intranquillité
S’il y a bien inquiétude comme chez Beckett, la condition de désassemblement semble acceptée dès le début chez Novarina, comme un préalable qui ne donne donc pas lieu à une déception, ni à l’ironie mordante du dramaturge irlandais, qui est comme la face cachée d’un idéal trompé ou impossible. Le désarroi de l’homme moderne sans Dieu, fait de fragments disparates, est le tremplin d’où peut s’envoler un mouvement de joie. À la façon du pari pascalien, savoir que peut-être il n’y a rien ni personne qui organise l’univers permet de s’élancer. La maison et l’espace social sont absents. De lieu, il n’y en a aucun où demeurer dans l’univers novarinien. Débusqués, nous devenons des errants, sans terre promise. Le seul espace qui nous appartient est la parole. Encore est-ce notre croix. Le théâtre de Novarina refuse de représenter les événements du monde. Face à une société "hébétée de réel", "saoule du trop-plein d’évènements", le rôle du théâtre est de "faire table rase". Comment Novarina opère-t-il ce "débarrassement du monde"? C’est l’inactualité qui maintient ouverts les possibles du devenir, et rend l’intranquillité féconde. La position critique et dramaturgique de l’auteur conduit à faire de "l’acte inconnu", devant soi, le seul événement riche d’avenir. Lieux fragmentés, temps disloqués, identités archipéliques, ce chaos, loin d’être l’espace-temps de la déréliction, ouvre l’espace d’un vide porteur de devenir et réenchante la langue.

Laure Née, docteur en Littérature, a suivi une formation théâtrale au Nouveau Théâtre d’Angers et a joué dans L’Atelier volant en 1994 (m.e.s. de Bernard Grosjean). Elle est enseignante de Lettres et Théâtre au lycée et chargée de cours à Paris 3 et Paris 8.
Publication:
Valère Novarina, Garnier, 2015.
Articles:
"Valère Novarina, l’inactuel", in L’inactualité: la littérature est-elle de son temps? (2013).
"La pratique du dépaysement", Agôn.
"Utopies de la scène, scènes de l'utopie", 2010.


Christine RAMAT: Les bouffonneries macabres sur la scène novarinienne: un  comique rédempteur
Le spectral est une des problématiques profondes sinon fondatrices du texte théâtral. Depuis la Seconde Guerre Mondiale, la figure du mort fait un retour sur la scène contemporaine. Emblématique du théâtre de l’après-Auschwitz, le cadavre est le témoin de la catastrophe, la figure du scandale et de la violence généralisée. Sur la scène novarinienne, la présence du mort acquiert une visibilité quasi obsessionnelle qui exhibe un catastrophisme jubilatoire. D'une part, la théâtralisation du macabre, associée au rituel d'un sacrifice, exacerbe toutes les logiques du pire dans des proportions démesurément loufoques si bien que le tragique devient franchement risible. D'autre part, le travestissement biblique de la Passion christique exploite toutes les potentialités joyeuses du rituel carnavalesque pour brouiller les frontières entre la vie et la mort. La corporéité du cadavre est alors animée d'une étonnante tonicité. Dans ce contexte, le rire de la mort ne signifie pas la mort du rire, mais il perturbe notre réception du comique. À la fois anxiogène et libérateur, c'est un comique paradoxal dont les vertus salutaires sont inversement  proportionnelles à ses capacités destructrices. Quelles relations entretiennent le rire et la mort sur la scène novarinienne? Quels sont les ressorts et les ressources de ce rire lazaréen qui insuffle, au cœur du spectacle grotesque de notre monde, une vitalité explosive? Telles sont les pistes que nous proposons d'explorer.

Christine Ramat est professeur agrégé et docteur ès lettres. Elle enseigne à l’Université d’Orléans (ESPE CVL). Ses recherches portent sur la place et les formes spécifiques du comique dans les dramaturgies contemporaines. Elle a consacré sa thèse au théâtre de Valère Novarina (Valère Novarina, La Comédie du verbe, L’Harmattan, Coll. "Critiques littéraires", 2009) et publié plusieurs articles sur son œuvre.
Bibliographie:
"Le rire cruciforme de Valère Novarina", in Valère Novarina, Laure Née (dir.), Classiques Garnier, coll. "Écrivains Francophones d'aujourd'hui", p. 37-53, juin 2015.
"La théomania comique de Valère Novarina", revue Littérature, n°176, "Littérature et théologie. Autour de Valère Novarina", décembre 2014.
"Lire, dire, traduire Valère Novarina ou comment rire aux éclats de langues", Humoresques, n°37, "Adapter le comique et l'humour", p. 95-110, printemps 2013.
"Le non-savoir dans le théâtre de Valère Novarina ou le gai savoir de rien", in La pensée sans abri, non-savoir et littérature, Éditions nouvelles Cécile Defaut, p. 287-299, juin 2012.
Valère Novarina, La Comédie du verbe, L’Harmattan, Coll. "Critiques littéraires", 426 p., 2009.
"La cure d’idiotie contre le culte de la bêtise: les représentations des figures du non savoir sur la scène novarinienne", Marie Dollé et Nicole Jacques-Lefèvre (dir.), Presses de l’Université Paris Ouest-Nanterre, p. 29-44, janvier 2011.
"Opérette théologique, théologie d’opérette: les paradoxes d’une dramaturgie spirituelle", in La Bouche théâtrale, études sur Valère Novarina, éd. XYZ (Québec), p. 87-100, septembre 2005.
"Le Carnaval des langues", in Le Théâtre de Valère Novarina: une scène de délivrance, textes réunis par L. Dieuzayde, publication de l’Université de Provence, p. 211-220, 2004.
"Je suis personne ou le lyrisme sans sujet", in La Voix de Valère Novarina, P. Jourde (dir.), L’Harmattan, p. 43-56, nov. 2004.
"La dramaturgie spirituelle de Valère Novarina, Louis de Funès: une figure de la sainteté comique", in revue Europe, "Valère Novarina", p. 125-133, septembre 2002.


Enikő SEPSI: Le rituel kénotique dans les travaux (écrits et spectacles) de Valère Novarina
Novarina a beaucoup lu les ouvrages de Jean-François Billeter, sinologue suisse de l’Université de Genève. Par son intermédiaire, Novarina a fait la connaissance du taoïsme et de l’écriture chinoise. C’est autour de la notion de Vide que s’organisent toutes les autres notions de la peinture chinoise. Dans la peinture comme dans l’Univers, sans le Vide, les souffles ne circuleraient pas, le Yin-Yang n’opérerait pas. Dans l’œuvre de Novarina, la pensée taoïste du Vide est complétée par l’introduction d’une notion théologique, la kénose, dont le fondement biblique se trouve dans la Lettre aux Philippiens (2, 5-9). L’acteur en tant qu’anti-personne œuvrant à la défiguration du visage humain, fait le vide autour de lui et se défait de ses masques. À partir de diverses acceptions de cette notion théologique, cette communication explorera les rituels, et à l’intérieur de ceux-ci, la liturgie de la kénose à la base des spectacles mis en scène par  Novarina en Hongrie.

Doyenne de la Faculté des Lettres de l’Université Károli Gáspár de l’Église Réformée en Hongrie, Enikő Sepsi est docteur en littérature comparée de l’Université Paris 4 (Sorbonne) et ELTE. Traductrice des essais de Valère Novarina (A cselekvő szó színháza, Budapest, Ráció Kiadó, 2009), elle a également publié une monographie sur son théâtre en hongrois.
Bibliographie:
"L’ordre rythmique de la parole jetée dans l'espace, ou le cérémonial novarinien", in Sepsi Enikő (sous la dir.), Le théâtre et le sacré ‒ autour de l'oeuvre de Valère Novarina, Budapest, Ráció Kiadó, 2009, 9-18.
"Poésie sans "je" dans l’espace: le théâtre de Valère Novarina et de János Pilinszky, in Fülöp József, Mirnics Zsuzsanna, Vassányi Miklós, Kuhn Gabriella Szilvia (sous la dir.), Kapcsolatban ‒ Istennel és emberrel: Pszichológiai és bölcsészeti tanulmányok, Budapest, KRE ‒ L'Harmattan, Károli Könyvek, 2014, 361-371.
"L’espace est la matrice du texte. À propos du théâtre de Valère Novarina", conférence au colloque "L’image est l’œil de l’Histoire Chine", Xi’An Jiaotong Univerity, 2015.
""L’espace est la matrice du texte". À propos du théâtre de Valère Novarina", in Kalla Stéphane (sous la dir. de), Espace-temps & mémoire de l'œuvre d'art. Esthétique & herméneutique, frontières de l'image & du sens. Chine-France 2, Paris, L'Harmattan, Collection "EIDOS", Série "RETINA", 2017, 69-84.
A paraître: "Theatrical approaches to mystery: the "kenotic" theatre", in Sepsi Enikő, Daróczi Anikó, Vassányi Miklós (eds.), Initiation into the Mysteries, Budapest - Paris, KRE - L’Harmattan, 2017 ou 2018.
L’amour est voyant, film documentaire sur la représentation parisienne de l’Opérette imaginaire en hongrois, Duna Televízió / Théâtre Csokonai de Debrecen, dir. Attila Mispál, 2011.


Jean-Luc STEINMETZ: L'antédiluvien
Un "Novarina d’avant le déluge" nous fait nécessairement relire la Bible et plus particulièrement la Genèse, le texte spirituel nutritif par excellence. Creusant certains passages des pièces ou des écrits critiques, on s’appliquera à réactiver plusieurs des questions fondamentales qu’un tel drame anime: la création de l’homme à l’image de Dieu (kat’eikona), Adam le nomenclateur, la lettre, le nombre et le Tétragramme, l’épenthèse et la déformation des noms, la tour de Babel et le babil. Avec l’humilité de l’homme-humus, on touchera les "mystères" (incarnation, Trinité, résurrection) et l’ineptum de Tertullien. Au risque de répéter ce qui se répète sans cesse et favorise l’exit, seront conçues quarante minutes de dépense avec et au-delà du temps.

Poète et critique, cofondateur de la revue TXT, Jean-Luc Steinmetz a notamment publié L’Écho traversé (Chambelland, 1969); Le Jeu tigré des apparences (Le Castor Astral, 2008; Grand Prix de poésie de la SGDL et prix Paul Verlaine de l’Académie française); Et pendant ce temps-là (Le Castor Astral, 2013); Suites et fins (Le Castor Astral, 2017).

Patrick SUTER: Valère Novarina: une écriture frontalière
Valère Novarina, né à Genève dans une zone-frontière, a passé sa jeunesse à Thonon, non loin de la Suisse — laquelle est bien visible derrière le lac, la frontière passant entre une rive et l’autre. Son œuvre en général accorde une grande place aux patois, aux parlers de ces territoires éloignés du centre parisien, marges écartées marquées par un relief important (vallées, montagnes), qui constituent le territoire imaginaire d’une langue en relief, non réduite à ces représentations plates du langage que Novarina ne cesse de dénoncer. Mais si la frontière renvoie à un territoire, elle peut être lue à bien d’autres niveaux. Dans la mesure où les frontières peuvent être traversées, elles évoquent le passage, entre les langues, entre le dedans et le dehors, entre la vie et la mort, entre soi et le hors-soi. La frontière apparaît donc comme un lieu fondamental qui constitue un paysage allégorique, pouvant donner lieu, comme dans les Écritures, à des lectures diverses. Il s’agira donc ici d’entreprendre une herméneutique de la frontière dans l’œuvre de Valère Novarina, à partir en particulier de Voie négative.

Patrick Suter, professeur de littérature française à l’Université de Berne, a interrogé les relations entre presse et littérature dans les avant-gardes (Le journal et les Lettres, 2 vol, 2010). Il étudie la figuration des frontières et la théorie de la culture (Regards sur l’interculturalité, 2016). Écrivain, il a publié Le Contre-geste (1999), Faille (2005) et Frontières (2014). Il a traduit la poétesse A. von Droste-Hülshoff (Tableaux de la lande, 2014).

Fabrice THUMEREL
Critique et chercheur spécialisé dans les écritures contemporaines (Université d’Artois), Fabrice Thumerel a (co)dirigé plusieurs colloques internationaux et journées d'étude (sur la critique, les avant-gardes, Jacques Prévert, Annie Ernaux, Bernard Desportes, le Cerisy sur Christian Prigent en 2014...) et lancé en 2001 une collection qui fait référence ("Manières de critiquer", avec Francis Marcoin); il est codirecteur de la revue littéraire en ligne Libre-critique.com et a fondé le blog "Autour de Christian Prigent". Au moyen de son approche sociogénétique, il a étudié l’œuvre de nombreux écrivains contemporains et abordé de multiples problématiques (revues de poésie, écritures de soi, littérature et réalité sociale, etc.); entre autres, il a publié La Critique littéraire (Armand Colin, 1998), Le Champ littéraire français au XXe siècle. Éléments pour une sociologie de la littérature (Armand Colin, "U", 2002), ou encore Bernard Desportes autrement (dir., Artois Presses Université, 2008) et Christian Prigent: trou(v)er sa langue (Actes du colloque de Cerisy, B. Gorrillot et F. Thumerel dir., Hermann, 2017).

Leopold von VERSCHUER: Traduire les litonies ou les quatre outils de la traduction
Partant de sa première lecture bilingue en 1994 d’un texte de Valère Novarina - la liste des noms de rivières qui termine La Chair de l’homme, où les deux langues, comme libérées des contraintes qu’impose la transposition du sens, se faisaient écho dos à dos en modelant le timbre de l’allemand et le timbre du français dans une double sculpture acoustique -, Leopold von Verschuer nous exposera les défis de la traduction des listes qui apparaissent dans toute l’œuvre de l’auteur: depuis celles où sa contribution de traducteur semble minime puisqu’il s’agit de collections de noms propres (de villes ou de rivières), voire arbitraire — par quel subconscient langagier traduire un nom de ville d’un pays à l’autre? — jusqu’à celles où sa tâche consiste en une réinvention sans règle applicable: comment traduire 1111 noms d’oiseaux inventés d’autant plus que ces types de dénomination se composent de manière différente dans chaque langue? Il s’expliquera sur les procédés de traduction des noms de personnages fantastiques et des sobriquets qui peuplent les pièces de Novarina, abordera la question de la traduction de néologismes, et donnera un bref aperçu des techniques détectives qu’exige la traduction des 311 définitions de Dieu. Les textes examinés seront La Chair de l’homme (définitions de Dieu et liste des rivières), L’Origine rouge (liste des villes), L’Opérette imaginaire et L’Acte inconnu (noms des personnages), Le Discours aux animaux (liste des oiseaux).

Leopold von Verschuer collabore depuis 1994 avec Valère Novarina comme acteur, traducteur, metteur en scène et en ondes en Allemagne, France, Autriche, Suisse. Ses traductions Brief an die Schauspieler & Für Louis de Funès, Die Eingebildete Operette, Der Rote Ursprung, Der Unbekannte Akt, Die Szene, Lichter des Körpers, 311 Gottesdefinitionen, Der Monolog des Adramelech, Die Rede an die Tiere sont éditées chez Alexander Verlag, Theater der Zeit, Matthes & Seitz Berlin.

BIBLIOGRAPHIE :

Des œuvres utopiques pour aller très loin
Le Drame de la vie, Paris, P.O.L, 1984 ; rééd. "Poésie/Gallimard", préface de Philippe Sollers, 2003.
Le Discours aux animaux, Paris, P.O.L, 1987.
Théâtre [L'Atelier volant, Le Babil des classes dangereuses, Le Monologue d'Adramélech, La Lutte des morts, Falstafe], Paris, P.O.L, 1989.
Je suis, Paris, P.O.L, 1991.
La Chair de l'homme, Paris, P.O.L, 1995.

Sept œuvres pour la scène
Le Jardin de reconnaissance, Paris, P.O.L, 1997.
L'Opérette imaginaire, Paris, P.O.L, 1998.
L'Origine rouge, Paris, P.O.L, 2000.
La Scène, Paris, P.O.L, 2003.
L'Acte inconnu, Paris, P.O.L, 2007.
Le Vrai sang, Paris, P.O.L, 2011.
Le Vivier des noms, Paris, P.O.L, 2015.

Sept essais par Valère Novarina
Le Théâtre des paroles, Paris, P.O.L, 1989.
Devant la parole, Paris, P.O.L, 1999.
Lumières du corps, Paris, P.O.L, 2006.
L'Envers de l'esprit, Paris, P.O.L, 2009.
La Quatrième Personne du singulier, Paris, P.O.L, 2012.
Observez les logaèdres !, Paris, P.O.L, 2014.
Voie négative, Paris, P.O.L, 2017.

Deux entretiens avec Valère Novarina
Paysage parlé (avec Olivier Dubouclez), Chatou, Les Éditions de la transparence, 2011.
L'Organe du langage, c'est la main (avec Marion Chénetier-Alev), Paris, Argol, 2013.

Sept dossiers et ouvrages consacrés à Valère Novarina
TXT, n°12, Paris, Christian Bourgois, 1980, p. 3-49.
Valère Novarina. Théâtres du verbe, Alain Berset (dir.), Paris, Corti, "Les Essais", 2001.
Europe, n°880-881, Paris, août-septembre 2002, p. 3-178.
Le Théâtre de Valère Novarina. Une scène de délivrance, Louis Dieuzayde (dir.), Aix-en-Provence, Publications de l’Université de Provence, 2004.
La Voix de Valère Novarina, Pierre Jourde (dir.), Paris, L'Harmattan, "L’Écarlate", 2004.
Littérature, n°176: "Valère Novarina: une poétique théologique?", O. Dubouclez, É. Grossman, D. Guénoun, A. James (dir.), Paris, Larousse, décembre 2014.
Valère Novarina, Laure Née (dir.), Paris, Classiques Garnier, "Écrivains francophones d'aujourd'hui", 2015.

FILMOGRAPHIE :

L'Atelier d'écriture de Valère Novarina, film réalisé par Pascale Bouhénic, DVD, Paris, Centre Georges Pompidou, 1996.
Ce dont on ne peut parler, c’est cela qu’il faut dire, film réalisé par Raphaël O'Byrne, Paris, Les Films à Lou/ARTE France, diffusion Arte, 15 novembre 2002. Rééd. dans L'Acte inconnu de Valère Novarina, coffret 2 DVD, livret élaboré par Marion Ferry, Chasseneuil-du-Poitou, SCÉRÉN/CNDP-CRDP, "Œuvres accompagnées", n°3, 2010.

SITOGRAPHIE :

On trouvera sur le site de l’auteur une bibliographie complète des publications et des manifestations de, et autour de, Valère Novarina: www.novarina.com

Avec le soutien
de l'Université d'Artois (Centre de Recherches Textes & Cultures, équipe "Praxis et esthétique des arts"),
de l'Université de Tours (ICD "Interactions culturelles et discursives" - EA 6297),
de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3 (Institut de Recherche en études théâtrales - EA 3959,
Programme fédératif de recherche Mémoire des arts et des lettres & Théâtrothèque Gaston Baty),
de Normandie Livre & Lecture,
des Éditions P.O.L.
et du site Libr-critique