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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2017 : un des colloques





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Flyer JACQUES PRÉVERT, DÉTONATIONS POÉTIQUES
Mise à jour
19/07/2017


DU VENDREDI 11 AOÛT (19 H) AU VENDREDI 18 AOÛT (14 H) 2017

(colloque de 7 jours)

DIRECTION : Carole AUROUET, Marianne SIMON-OIKAWA

ARGUMENT :

En tête des classements des poètes préférés des Français, en tête des traductions et des ventes avec son recueil de poèmes Paroles, en tête des scénaristes qui ont marqué le cinéma français, et dans la tête des enfants qui apprennent ses textes dès les petites classes, la poésie de Jacques Prévert est familière aujourd'hui comme hier aux petits et aux grands.

Cependant, malgré son immense popularité, il reste méconnu. Un profond décalage existe entre son œuvre réelle et l'image que la postérité en garde. La diversité de ses créations n’est présentée que de manière partielle. La perception actuelle qu'en a le public est également erronée. À côté de textes doux et rêveurs figure en effet, et même majoritairement, une poésie-action. Mais trop atypiques et trop dérangeantes, les productions prévertiennes ont été édulcorées.

Fidèle toute sa vie à ses convictions, l’artiste a créé une œuvre rebelle et virulente, anticléricale et antimilitariste, crue et corrosive, vivante et roborative, d’une actualité encore étonnamment criante. Elle résonne fortement dans le monde qui est à présent le nôtre, et contribue à l'éclairer.

Quarante ans après sa disparition, ce colloque sera enfin l’occasion de redécouvrir Prévert, de le donner à lire autrement, d’une manière plus complète et plus juste qui permette d'en réévaluer la portée.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Vendredi 11 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants

Samedi 12 août
Matin:
"Jacques Prévert vu par...", par Carole AUROUET & Marianne SIMON-OIKAWA

Après-midi:
Roland CARRÉE: Prévert, Grimault et le cinéma d’animation: inspirations, poétiques et prolongements
Akira ISE: Réception de Jacques Prévert au pays du Soleil Levant. Autour du théâtre et du film d’animation japonais


Dimanche 13 août
Matin:
Carole AUROUET: Tracts et manifestes politiques de Jacques Prévert
Béatrice de PASTRE: Ce que la pomme de terre veut dire — Pour un manuel illustré d'économie politique

Après-midi:
Marianne SIMON-OIKAWA: La poétique du collage chez Prévert: des mots aux images
Marianne SIMON-OIKAWA: "Tu ne sais pas peindre, mais tu es peintre!" — L’esthétique du collage chez Prévert

Soirée:
En commun avec le colloque en parallèle: Psychanalyse et cinéma: du visible et du dicible
Projection du film "Un Oiseau rare" de Richard Pottier, écrit par Prévert en 1935


Lundi 14 août
Escapade à Omonville-la-Petite: La maison Jacques Prévert, Port Racine, le Jardin Jacques Prévert, etc.


Mardi 15 août
Matin:
Noël HERPE: Les vies cinématographiques de Prévert
Carole AUROUET: Le cinéma invisible de Jacques Prévert se dévoile: nouvelles découvertes de scénarios détournés

Après-midi:
Laurent VÉRAY: Y a-t-il un style documentaire Prévert?

Soirée:
En commun avec le colloque en parallèle: Psychanalyse et cinéma: du visible et du dicible
Jacques Prévert !, spectacle musical par Philippe MÜLLER & Vincent VERNILLAT (Compagnie PMVV le grain de sable), avec le concours du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie (CRL)


Mercredi 16 août
Matin:
Laurence PERRIGAULT: "Lorsque l’on fait un pas de côté": penser Prévert à partir des œuvres de Lou Tchimoukow et de Fabien Loris
Francis MARCOIN: Prévert, crosse en l’air, cross over

Après-midi:
Serge MARTIN: Engagement du racontage: le poème de Jacques Prévert toujours à contre-écriture saintes
Fabrice THUMEREL: À la fête Prévert


Jeudi 17 août
Matin:
Alain KEIT: Une histoire de feuilles mortes
Giusy PISANO: Les chansons de Prévert: de l'écran au disque [texte lu]

Après-midi:
Dominique VERSAVEL: Jacques Prévert et les "voleurs d'images"
Christian LEBRAT: Jacques Prévert et le livre d'art


Vendredi 18 août
Matin:
Conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Carole AUROUET: Tracts et manifestes politiques de Jacques Prévert
Jacques Prévert est un homme révolté, sensible et sanguin, qui ne peut rester indifférent face à l’injustice qui l’entoure. Tous ses écrits sont à son image. Ainsi, dans ses poèmes, ses chansons, ses pièces de théâtre, ses sketches, ses saynètes, ses scénarios et ses collages, il prend position — ouvertement ou plus indirectement — sur les sujets qui lui sont chers. Parfois, rarement toutefois au regard de la totalité de son œuvre, Prévert signe des tracts et des manifestes politiques, seul ou avec d’autres. Quarante ans après la disparition du poète, cette communication se propose d’appréhender cet aspect peu analysé de son œuvre, de "Hands off love" (1927) — qui prend la défense de Charlie Chaplin accusé par Lia Grey, dont il divorce, de cruauté mentale et de goûts sexuels anormaux — à l’"Appel à l’opinion publique pour une paix négociée en Algérie" (1960), en passant par "Entendez-vous gens du Vietnam" pour l’ouvrage L’Affaire Henri Martin de Jean-Paul Sartre (1953).

Carole AUROUET: Le cinéma invisible de Jacques Prévert se dévoile: nouvelles découvertes de scénarios détournés
La filmographie de Jacques Prévert est impressionnante. Pourtant, contrairement à ce que l’on pourrait penser, une grande part de celle-ci reste méconnue. Certains projets inaboutis ont déjà été dévoilés, tels Une partie de campagne (1936; prévu pour Jean Renoir) ou La Fleur de l’âge (1947; tournage interrompu après trois mois de tournage sous la houlette de Marcel Carné). Après une vingtaine d’années de quêtes et d’enquêtes incessantes, de nouveaux scénarios détournés ont été découverts. Il s’agit soit de scénarios restés sur le papier, soit de scénarios tournés, mais de manière si différente du projet initial que Prévert a refusé d’être crédité au générique. Les déclinaisons sont multiples: modeste synopsis de quelques pages, copieuse continuité dialoguée, création originale, adaptation d’œuvre littéraire, reprise d’un scénario existant... Quarante ans après la disparition de scénariste, cette communication se propose d’éclairer des pans jusqu’à présent inédits de l’œuvre cinématographique de Jacques Prévert.

Carole Aurouet, maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l’Université Paris Est- Marne-la-Vallée, consacre notamment ses recherches à l’œuvre protéiforme de Jacques Prévert.
Publications
Prévert et le cinéma, Les Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2017.
Prévert et Paris, Parigramme, 2017.
Jacques Prévert. Une vie, Les Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2017.
L’Amitié selon Prévert, Textuel, 2012 et 2016.
Le Cinéma dessiné de Jacques Prévert, Textuel, 2012 et 2016.
Les Scénarios détournés de Jacques Prévert, Dreamland, 2003.
Elle est aussi directrice du Pôle Cinéma des Nouvelles éditions Jean-Michel Place, où elle a créé et dirige la collection "Le cinéma des poètes".


Roland CARRÉE: Prévert, Grimault et le cinéma d’animation: inspirations, poétiques et prolongements
Initiée dans le cadre de la préparation chaotique du long métrage La Bergère et le Ramoneur (1953), et achevée via la finalisation en 1980 du long métrage Le Roi et l’Oiseau que Paul Grimault considère, plus de trente ans après La Bergère et le Ramoneur, comme la seule et unique version de ce film qu’il estimait avoir raté, la collaboration entre Prévert et le célèbre réalisateur d’animation s’est également nouée autour de la scénarisation de quatre courts métrages. Cette communication visera à étudier les inspirations et le style d’écriture de Prévert pour le cinéma d’animation de Grimault, dont le pouvoir des images permet au poète de s’adresser le plus intelligemment possible à un public essentiellement enfantin; ainsi que les apports et influences de ce travail sur tout un pan d’un cinéma d’animation mondial qui est depuis parvenu, aux yeux du public autant que de la critique, à s’émanciper de son statut de simple divertissement pour intégrer celui d'art à part entière.

Roland Carrée est docteur en études cinématographiques de l’Université Rennes 2. Après avoir enseigné le cinéma aux universités Rennes 2 (de 2007 à 2011) puis de Caen (de 2011 à 2013), il l’enseigne depuis 2013 à l’école d’art privée Studio M Casablanca (Maroc), dont il dirige également le département Audiovisuel. En parallèle de ces fonctions, il travaille depuis 2014 pour l’Institut français du Maroc, dans le cadre duquel il assure des universités populaires du cinéma, des formations pédagogiques, ainsi que des conférences et débats dans le cadre de festivals de films. Auteur de nombreux textes et communications, ses recherches portent essentiellement sur l’enfance filmée, le cinéma d’animation, le cinéma marocain, le cinéma italien, l’art à l’écran, ainsi que le cinéma de Wim Wenders.

Noël HERPE: Les vies cinématographiques de Prévert
On a tendance à réduire l'apport scénaristique de Jacques Prévert à la parenthèse prestigieuse que constituent ses dix années de travail avec Marcel Carné. Peut-être est-il de temps de montrer, au delà des chefs-d’œuvre orchestrés par celui-ci, une certaine constance dans l'univers cinématographique de Prévert. Qu'il soit mis en images par son frère Pierre, par Jean Grémillon, par André Cayatte ou par Christian-Jaque (ou par d'autres encore). On pourrait par exemple identifier trois lignes de force, qui reviennent de film en film, des années trente aux années cinquante: le manichéisme, qui fait s'opposer l'idéalisme amoureux à une vision désespérée de la société bourgeoise; le goût du stéréotype rhétorique, du tic de langage, de l'automatisme verbal, qui font merveille aussi bien dans le registre tragique que dans celui de la bouffonnerie; l'art, enfin, d'adapter cette sensibilité aux acteurs chargés de l'incarner, et qui viennent moduler voire inspirer les partis pris de l'auteur — sans pour autant remettre en cause une poétique, pleinement cohérente, du cliché assumé comme tel.

Noël Herpe, maître de conférences à l'Université Paris-8. Historien du cinéma français, a notamment publié ou coordonné des ouvrages sur René Clair, Max Ophuls, Éric Rohmer... Co-commissaire de l'exposition Sacha Guitry organisé en 2007 à la Cinémathèque française (et dont le catalogue a été édité chez Gallimard), il prépare actuellement dans le cadre de cette institution une nouvelle exposition, consacrée au cinéma d'Henri-Georges Clouzot.

Akira ISE: Réception de Jacques Prévert au pays du Soleil Levant. Autour du théâtre et du film d’animation japonais
Si Jacques Prévert est connu au Japon comme scénariste et poète, sa création artistique n’y est appréhendée que sous le prisme de ses œuvres les plus célèbres telles que Les Enfants du paradis, "Les Feuilles mortes", "Déjeuner du matin" ou bien encore "Barbara", donnant de fait une image très limitée de l’artiste et de son art. Ce serait pourtant oublier que l’œuvre de Prévert a eu en réalité une influence décisive sur le théâtre et le film d’animation japonais. C’est ainsi que notre intervention s’attachera, dans un premier temps, à témoigner de l’influence de Prévert sur le théâtre japonais et singulièrement sur le "laboratoire théâtral Tenjô Sajiki" de Shûji Terayama et le Takarazuka (compagnie de théâtre créée en 1914 et composée exclusivement de femmes), avant de revenir, dans un second temps, sur les rapports entre l’artiste et l’animation japonaise à travers le Studio Ghibli, connu pour "Le voyage de Chihiro". Nous aimerions enfin préciser la contribution importante de Prévert à la naissance et au développement d’un art que l’on pourrait qualifier de "nouvelle tradition" japonaise, et qui est aujourd’hui connu dans le monde entier.

Professeur à l'Université Doshisha (Japon), Akira Ise est spécialiste des mouvements culturels dans les domaines de l’art et de la littérature du XXe siècle, tout particulièrement de l’"Esprit nouveau" de Guillaume Apollinaire.
Publications
"Apollinaire au Japon - Autour de Daigaku Horiguchi", Europe, n°1043, 2016.
"Le rire comme facteur de désordre dans les récits d'Apollinaire", Apollinaire et les rires 1900, Éditions Calliopées , 2011.


Alain KEIT: Une histoire de feuilles mortes
Il est des chansons qui ne s’apprennent pas, elles nous viennent presque naturellement; d’ailleurs nous les avons toujours connues. C’est peut-être même la nature de toutes les vraies chansons populaires. Des airs de rien qui portent en eux le mystère de l’évidence et la vérité des désillusions. La mélodie des "Feuilles mortes" se fait entendre en 1945 dans Le Rendez-vous, ballet de Roland Petit. Puis se fredonne en 1948 dans Les Portes de la nuit de Marcel Carné. Et depuis le Monde n’a cessé de la jouer. Pour réussir à les ramasser à la pelle, il faut d’abord les attraper. C’est seulement après que nous pourrons lire ce qu’elles cachent au cœur de leurs nervures...

Alain Keit est conférencier et directeur du Cinéma Jacques-Brel à Garges-lès-Gonesse (Val d’Oise).
Publications
Brunius et le cinéma, paru en 2015 dans la collection "Le cinéma des poètes" aux Nouvelles Éditions Jean-Michel Place.
Sacha Guitry, vérités, représentations, simulacre et Le Crime de monsieur Lange, autopsie d’un meurtre, publiés en 1999 et 2010 aux éditions du Céfal.
Il prépare une étude sur Le Locataire de Roman Polanski pour les éditions Yellow Now avec lesquelles il a codirigé en 2011 avec Jacques Deniel et Marcos Uzal l’ouvrage collectif Jerzy Skolimowski, signes particuliers.


Christian LEBRAT: Jacques Prévert et le livre d'art
De Max Ernst à Tanguy, de Picasso à Miro, de Calder à Mayo, d’Asger Jorn à Gérard Fromanger, Jacques Prévert se lie d’amitié avec les jeunes comme les plus grands artistes de son temps. Cette fréquentation assidue va donner lieu à de nombreux textes publiés dans des catalogues, des monographies, ou des livres illustrés. Après un bref rappel des multiples collaborations de Prévert avec des peintres, nous analyserons sa production de livres d’art ou livres illustrés et nous montrerons comment la poésie de Prévert trouve un écho remarquable et unique dans certaines productions l’associant notamment à Max Ernst, Calder ou Miro. Pour conclure nous mettrons en perspective les collaborations de Prévert avec Miro avec celles d’autres poètes afin de restituer à Prévert sa vraie place dans le livre d’art.

Christian Lebrat est documentaliste, responsable de la collection de livres d'artistes à la Bibliothèque Kandinsky, Centre Pompidou à Paris. En 2017, il a co-organisé avec Didier Mathieu l’exposition ILUO de Claude Closky au Centre des livres d’artistes dans le cadre du 40e anniversaire du Centre Pompidou.

Francis MARCOIN: Prévert, crosse en l’air, cross over
L’insistance de l’esprit enfantin dans l’œuvre de Prévert a sans doute gravement nui à la totale reconnaissance d’un auteur qui a renouvelé la scansion de la langue française et qui l’a fait chanter en toute liberté, crosse en l’air. Cette enfance s’exprime par le lien constant avec une culture scolaire à la fois maîtrisée et déconstruite, qui persiste dans l’âge adulte, mais c’est aussi à cet âge adulte que s’adressent des textes aujourd’hui classés dans la littérature pour la jeunesse, illustrant le phénomène que la critique anglo-saxonne désigne sous le terme de cross over. La détonation poétique, c’est donc ici la méprise délibérée, un mot pour un autre, un public pour un autre.

Francis Marcoin, professeur de littérature française à l’Université d’Artois, mène des recherches dans le domaine de l’histoire et de la critique de la littérature pour l’enfance et la jeunesse.
Il dirige les Cahiers Robinson, dédiés à ces problématiques, et dont le n°27, en 2010, s’intitulait À l’école Prévert.


Serge MARTIN: Engagement du racontage: le poème de Jacques Prévert toujours à contre-écriture saintes
Pour situer l’œuvre de Jacques Prévert dans son époque comme dans la nôtre, et donc ainsi penser sa modernité, peut-être faudrait-il prendre au mot le titre du livre qui lui a assuré une reconnaissance ("Le poète le plus populaire de son siècle", écrit D. Gasiglia-Laster en introduisant les Œuvres complètes dans la Pléiade en 1992) — rarement celle de ses pairs — : Paroles. J’essaierai donc de continuer par l’essai ces Paroles pour montrer comment l’écriture de Prévert engage une voix pleine de voix (incluant au passage celles des sans-voix), c’est-à-dire un poème plein de racontage au sens de Walter Benjamin (Le Raconteur, 1936). Dans et par ses poèmes (ses activités avec le cinéma, la chanson, les collages, la photographie et la peinture sont du même ordre et donc je ne me référerai en aucun cas à quelque genre que ce soit), Prévert aurait ainsi poursuivi une oralité relationnelle ("Écoutez" fait comme l’incipit de tous ses textes — entre autres, p. 12, 28...) construisant le continu d’une politique et d’une érotique, d’une éthique et d’une poétique. Par les seuls moyens du poème, le dire emportant le dit à chaque page, à chaque ligne et à chaque action dans quelque domaine que ce soit, il n’a cessé de s’insurger contre tous les académismes, y compris ceux de la révolte. L’œuvre de Prévert aurait ainsi construit une voix critique, jubilatoire et entraînante, permettant de nouer le peuple et le poème par l’expérience partagée-partageable, continuée-continuable au sens de John Dewey (Art as experience, 1934), contre tous les instrumentalismes — d’où les paradoxes toujours vifs dès que Prévert est mis en culture(s) scolaire, spectaculaire et bien évidemment politique.

Serge Martin est professeur de littérature à la Sorbonne nouvelle au département de didactique des langues et membre du DILTEC (EA 2288) et de THALIM (UMR 7172). Son enseignement et ses recherches associent la problématique de la voix et celle de la relation au plus près des expériences du dire en lecture et en écriture et plus largement dans tous les arts.
Publications
Les Cahiers du Chemin (1967-1977) de Georges Lambrichs. Poétique d’une revue littéraire, Champion.
Poétique de la voix en littérature de jeunesse. Le racontage de la maternelle à l’université, L’Harmattan.
Il a organisé avec Francis Marcoin et Fabrice Thumerel le colloque "À l’école Prévert" (Cahiers Robinson, n°27, 2010).
Serge Ritman, écrivain et animateur de revues et de blogs, vient de publier son quinzième livre aux éditions Tarabuste, Tu pars, je vacille.


Béatrice de PASTRE: Ce que la pomme de terre veut dire — Pour un manuel illustré d'économie politique
Prix et profits, sous-titré La Pomme de terre, est un film d’Yves Allégret dont la production a été assurée par la Production des Films de la Coopérative de l’enseignement laïque, émanation du mouvement Freinet, familier de l’usage du cinéma dans l’explicitation pédagogique. Au générique de cette fable moderne on trouve aussi les membres du groupe Octobre, Eli Lotar, Marcel Duhamel, Pierre et Jacques Prévert. Ce compagnonnage doit nous alerter sur la véritable nature de ce documentaire. Loin de n’être qu’un document éducatif de vulgarisation sur la circulation des denrées entre la campagne et la ville, le monde agricole et le monde ouvrier, il faut peut-être y voir un pamphlet politique, première livraison cinématographique du groupe. Nous nous attacherons à mettre en exergue les éléments visuels et conceptuels qui font de ce court-métrage une expérience politique et cinématographique.

Spécialiste du patrimoine cinématographique et photographique, Béatrice de Pastre est, depuis 2007, directrice des collections du Centre national du cinéma et de l'image animée. Auprès du Directeur du patrimoine cinématographique du CNC, elle a en charge l’ensemble de l’activité liée aux collections (collecte, conservation, catalogage, restauration, enrichissement, accès aux collections et valorisation). Enseignante, programmatrice, elle est aussi auteur d’ouvrages consacrés au patrimoine cinématographique et photographique. Le dernier en date, Arts plastiques et cinéma, dialogue autour de la restauration (coordonné avec Catherine Rossi-Batôt, De l’incidence éditeur, 2016) s’attache à interroger histoire et méthodologie des restaurations dans différents domaines artistiques.

Laurence PERRIGAULT: "Lorsque l’on fait un pas de côté": penser Prévert à partir des œuvres de Lou Tchimoukow et de Fabien Loris
À la mort de Théodore Fraenkel, Aragon regrettait la disparition de son ami, parti sans avoir déposé: "On ne saura pas à tout jamais, on ne saura pas de quoi les choses avaient l’air lorsque l’on faisait un pas de côté". On peut regretter de la même façon les nombreuses voix qui manquent encore aujourd’hui au procès, pour mieux comprendre la place qu'occupa la bande à Prévert sur l’échiquier artistique durant les années trente, et l’influence mutuelle que ces artistes ont d’emblée exercée les uns sur les autres. Notre communication cherchera à mettre en regard les premières créations de Jacques Prévert avec les œuvres graphiques et — surtout — photographiques, de deux de ses compagnons de route encore trop méconnus: Lou Bonin/Tchimoukow et Fabien Loris.

Laurence Perrigault enseigne à l’Université de Nantes et est membre du laboratoire "L’Antique, le Moderne" (L’AMo). Elle a soutenu une thèse consacrée à "Jacques Prévert et la photographie — 1928-1974". Ses travaux de recherches actuels portent principalement sur les liens entre l’écriture et les arts visuels (photographie, cinéma, art contemporain).
Elle a dirigé l’ouvrage collectif La Scène érotique sous le regard (PUR, 2014) et prépare actuellement une exposition qui sera consacrée à André François et la publicité.


Marianne SIMON-OIKAWA: La poétique du collage chez Prévert: des mots aux images
Marianne SIMON-OIKAWA: "Tu ne sais pas peindre, mais tu es peintre!" — L’esthétique du collage chez Prévert
[séance entière – double conférence]
De Prévert, on connaît le poète, le scénariste, l’ami des peintres et des photographes. On ignore souvent qu’il est aussi l'auteur de plusieurs centaines de collages, dans lesquels il joue avec les images pour créer des scènes parfois cocasses et souvent irrévérencieuses. Prévert vint au collage quasiment par accident, au sens propre du mot. Mais s’il s’y consacra avec passion, c’est peut-être parce que le découpage et l’assemblage des images rejoignaient son goût de poète pour la manipulation des mots. Les mêmes thématiques se retrouvent dans ses textes et dans ses collages. Mais l’analogie entre les deux médias, l’un pictural, l’autre verbal, va plus loin: "certains de ses poèmes sont en quelque sorte des collages de mots, si on veut", remarque son éditeur, René Bertelé. La question du collage chez Prévert invite ainsi à réfléchir non seulement aux formes et aux effets d’une manipulation spécifique des images, mais aussi à une pratique littéraire qui accorde une place importante à la juxtaposition (les fameux "inventaires à la Prévert"), au fragment, et à la surprise. Tel sera l’objet de cette séance.

Marianne Simon-Oikawa, est maître de conférences Habilitée à diriger des recherches à l’Université de Tokyo, chercheur associé à la Maison franco-japonaise (Tokyo) et au sein de l’équipe "Écritures de la modernité" (UMR THALIM, Université Paris 3). Elle travaille sur les relations entre le texte et l’image en France et au Japon. Elle a dirigé et codirigé plusieurs ouvrages portant sur l’écriture, l’image et la poésie.
Publications
Shi to e – Mararume ikô no tekusuto to imêji [Poésie et image depuis Mallarmé], Tokyo, Suiseisha, 2015.
Pierre et Ilse Garnier, Japon [textes choisis, établis et présentés par], L'herbe qui tremble, en 2016.
"Poésie et image à la croisée des supports" (avec Hélène Campaignolle-Catel), numéro spécial de la revue en ligne Textimage, en 2017 (https://www.revue-textimage.com/).


Fabrice THUMEREL: À la fête Prévert
Jamais Jacques Prévert ne s'est rendu chez le tailleur de pierre afin de faire "prendre ses mesures pour la postérité" (Paroles)... Jamais Grand-Homme, donc, mais mécréant habité par un imaginaire enfantin: que de fêtes — bals, spectacles et fêtes foraines — dans son œuvre! Rien d’étonnant alors à ce que, dans le manuscrit d’"Enfance", le début soit placé à l’enseigne du tournoiement: "Tout tournait, / du wagon du chemin de fer de ceinture aux vaches de la foire, au wagon de la grande roue, les couples qui valsaient (...). / Sur la piste de mon cirque / ils disaient à cette époque / On va faire un tour ! / C’était tout comme, dit-on, tourne la terre (...)"... La fête, c’est l’école du rire et de la vie. Cette étude sociogénétique se concentrera sur le poète de la ronde comme motif lié à la fête et comme forme (ritournelle): contre le merveilleux surréaliste et contre les discours dominants, Prévert est bel et bien un empêcheur de tourner en rond...

Critique et chercheur spécialisé dans les écritures contemporaines (Université d’Artois), Fabrice Thumerel a (co)dirigé plusieurs colloques internationaux et journées d'étude (sur la critique, les avant-gardes, Jacques Prévert, Annie Ernaux, Bernard Desportes, le Cerisy sur Christian Prigent en 2014...) et lancé en 2001 une collection qui fait référence ("Manières de critiquer", avec Francis Marcoin); il est codirecteur de la revue littéraire en ligne Libre-critique.com et a fondé le blog "Autour de Christian Prigent". Au moyen de son approche sociogénétique, il a étudié l’œuvre de nombreux écrivains contemporains et abordé de multiples problématiques (revues de poésie, écritures de soi, littérature et réalité sociale, etc.).
Publications
La Critique littéraire, Armand Colin, 1998.
Le Champ littéraire français au XXe siècle. Éléments pour une sociologie de la littérature, Armand Colin, "U", 2002.
Bernard Desportes autrement, Artois Presses Université, 2008.
À paraître chez Hermann, dans la collection Colloque de Cerisy: "Christian Prigent: trou(v)er la langue" de 2014,  B. Gorrillot et F. Thumerel (dir.).


Dominique VERSAVEL: Jacques Prévert et les "voleurs d'images"
La photographie est omniprésente dans le parcours artistique et la vie de Jacques Prévert. D’abord en tant qu’art ou outil de travail de certains de ses plus proches collaborateurs et "copains" (Émile Savitry, Lou Bonin, Robert Doisneau, Alexandre Trauner...); puis comme matériau de ses propres créations, Prévert recourant à des tirages pour composer ses collages; enfin, comme moyen d’expression mis en résonance avec ses écrits, dans le monde du ballet (cf. Le Rendez-vous, avec décor photographique de Brassaï) et dans celui, surtout, de l’édition (albums conçus avec des photographes tels qu’Izis ou Ylla). Après avoir évoqué les conditions de ces rencontres de Prévert avec la photographie tout au long de sa vie artistique, cette intervention s’attachera particulièrement aux spécificités de ses collaborations éditoriales avec les photographes. Elle interrogera les liens alors tissés entre son écriture poétique et les motifs développés par ces derniers, dans un contexte culturel et artistique favorable au dialogue entre littérature et image. Nous évoquerons enfin la réception, par la critique et la presse de l’époque, de ces œuvres collectives et tenterons d’établir de quelle façon ces objets culturels ont pu, par leur diffusion, toucher et influencer d’autres créateurs.

Dominique Versavel est depuis 2003 conservatrice de la photographie moderne au département des Estampes et de la Photographie de la BnF et, depuis 2014, chef du service de la photographie.
Elle a participé aux commissariats et catalogues de plusieurs expositions BnF, dont: "La Photographie humaniste" (2006); "Presse à la Une... " (2012); "Louis Stettner... " (2012); "Alix Cléo Roubaud... " (2014) et "Lumière sur la ville - photographies de Nicolas N. Yantchevsky" (2016).




Rencontres d'été 2017

JACQUES PRÉVERT !

Textes et chansons de Jacques Prévert.

Compagnie PMVV le grain de sable > Spectacle musical

Textes, images, chansons et musique se répondent dans ce spectacle sensible, léger et profond. Vie en rage, douleur infinie, immense tendresse, irréversible inquiétude, enfantine rassurance... autant de facettes d’un Jacques Prévert d’hier, aujourd’hui et demain. Le poète révolté, radical, le poète partisan de la vie et de la liberté, toujours du côté des faibles. Du rire au sourire, de l’émotion à la satire cinglante, laissez battre votre cœur au rythme du grand Jacques !

Avec Valentine COHEN, Philippe MÜLLER, Vincent VERNILLAT.
Piano: Claude CLIN.
Réalisation: Philippe MÜLLER.

Sites: www.rencontresdete.fr // www.legraindesable.net

Compagnie PMVV le grain de sable

BIBLIOGRAPHIE :

Aurouet Carole, Compère Daniel, Gasiglia-Laster Danièle et Laster Arnaud, textes rassemblés et présentés par, Jacques Prévert "Frontières effacées", Actes du colloque organisé en décembre 2000 à Paris III/Sorbonne Nouvelle pour le centenaire de la naissance de Jacques Prévert, L’Âge d’homme, Paris, 2003, 216 p.
Aurouet Carole, Les Scénarios détournés de Jacques Prévert, Paris, Dreamland, 2003, 256 p.
Aurouet Carole, Prévert, l’humour de l’art, Paris, Naïve, 2007, 218 p.
Aurouet Carole, Jacques Prévert, portrait d’une vie, Paris, Ramsay, 2007, 239 p.
Aurouet Carole, Le Cinéma dessiné de Jacques Prévert, Paris, Textuel, 2012, 192 p.
Aurouet Carole, L’Amitié selon Prévert, Paris, Textuel, 2012 [1e édition], 2016 [réédition], 119 p.
Aurouet Carole, Prévert et le cinéma, Paris, Les Nouvelles éditions Jean-Michel Place, coll. "Le cinéma des poètes", 2017, 128 p.
Aurouet Carole, Jacques Prévert. Une vie, Paris, Les Nouvelles éditions Jean-Michel Place, 2017.
Aurouet Carole, Prévert et Paris, Paris, Parigramme, 2017.
Chardère Bernard, Jacques Prévert, inventaire d’une vie, Gallimard, coll. "Découvertes", 1997, 128 p.
Chardère Bernard, Le Cinéma de Jacques Prévert, Bordeaux, Le Castor Astral, 2001, 395 p.
Courrière Yves, Jacques Prévert, Paris, Gallimard, 2000, 720 p.
Collectif, Europe, 1991, n°748-749, numéro spécial Jacques Prévert.
Guillot Gérard, Les Prévert, Sehers, coll. Cinéma d'aujourd'hui, 1966, 188p.
Marcoin Francis, Martin Serge et Thumerel Fabrice [dir.], À l’école Prévert, Actes du colloque de l’Université d’Artois, Cahiers Robinson, n°26, 212 p.
Perrigault Laurence, "Une écriture populaire influencée par les hommes des pays loin: altérité et esthétique dans l'œuvre de Jacques Prévert, 1928-1936", Actes du colloque Du Moi au Monde et retour: identité, altérité et ailleurs dans les années 1920 et 1930 organisé par Dominique Lanni, Université de Malte, 27 mars 2012. Éditions Passage(s), coll. "Regards croisés", 2013.

Avec le soutien
du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie (CRL)
et de la Direction régionale des Affaires culturelles Normandie (DRAC)

CRL    DRAC Normandie