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DU MERCREDI 2 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 12 AOÛT (14 H) 2006


TEXTIQUE : VERS UNE PARAMÉTRISATION GÉNÉRALE


DIRECTION : Jean RICARDOU

ARGUMENT :

La textique ? Pour le moins, une discipline nouvelle inaugurée en 1985 au Collège International de Philosophie de Paris, visant à établir une théorie unifiée des structures de l’écrit, classique et moderne, dans ses divers modes (schémique, grammique, iconique, symbolique).

Ses avantages ? Pour la théorie: une coordination conceptuelle de mécanismes plus ou moins bien pensés jadis, et naguère (dont l'expressivité), une critique résolue de certaines notions trop admises (dont la polysémie), ainsi qu’une réévaluation concertée de phénomènes négligés, voire méconnus (dont les phénomènes liés aux places), et une classification réfléchie de toutes les erreurs possibles (dont les répétitions malheureuses et les omissions calamiteuses). Pour la pratique: sur la base de la cardinale notion de lieu scriptuel, une analyse inédite, attentive, notamment, aux prétendues broutilles, ainsi que la possibilité de programmes et métaprogrammes d’écriture raisonnés permettant la correction à plusieurs. En général: une clarté et une rigueur neuves, dans l'ordre de l’écriture et des concepts, quant à l'invention et à l'enseignement.

Sa méthode ? Explorer par niveaux l'ensemble des structures loisibles, leurs problèmes et leurs effets, selon des matrices exhaustives à stipulation croissante, réfutables à mesure, le cas échéant, par tout contre-exemple analysé comme tel.

Le thème ? L'on précisera, cette année, dans l'optique d'une systématisation, la question des paramètres de l'écrit, entendus comme les divers profus aspects sous lesquels celui-ci se présente.

Le travail ? Sur la base des contributions expédiées à l’avance, l’on discutera toutes questions ci-dessous à tous égards soulevées.

Les participants ? Celles et ceux que le champ ainsi balisé et le travail du coup permis intéressent, et qui, sachant que le début du séminaire sera consacrée à un recyclage à partir des documents adéquats, désirent venir à titre de participants actifs ou d'auditeurs curieux, mais aussi, certes, divers texticiens, et plusieurs chercheurs qui, sans s’inféoder à la textique, souhaitent prendre ou reprendre contact en présentant, soit des objections, soit des travaux.

Les séances ? En guise d’initiation ou de révision, un retour, pendant plusieurs séances, sur la méthode et les enjeux. Puis le traitement des questions annoncées. Et non moins, chaque jour, en vue d’unir, ainsi qu'il sied, la théorie et la pratique, un atelier d’écriture, élémentaire, prolongeant la série ouverte en 1984-86 au Collège International de Philosophie à Paris.

L'inscription ? Il est souhaitable de l'accomplir au plus tôt, si possible avant le 15 mai, pour bénéficier du précoce envoi des écrits préparatoires.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 2 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du séminaire et des participants


Jeudi 3 août
Matin:
RECYCLAGE
Gilles TRONCHET: Un aperçu de la textique

Après-midi:
RECYCLAGE
Cyclo : Daniel BILOUS, Gilles TRONCHET: Concepts majeurs

Gilles TRONCHET: Un aperçu de la textique

Soirée:
Vernissage textique de l'exposition « Imbrications iconiques » de Myriam LABADIE


Vendredi 4 août
Matin:
RECYCLAGE
Jean RICARDOU: Unification fondamentale

Après-midi:
RECYCLAGE
Jean RICARDOU: Unification fondamentale

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Samedi 5 août
Matin:
CONTACTS
Marc AVELOT: Rebonds

Après-midi:
RECYCLAGE
Cyclo : Daniel BILOUS, Gilles TRONCHET: Concepts majeurs

CONTACTS
Bernardo SCHIAVETTA: Almiraphèl en jeu

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE

Soirée
"Almiraphèl" par Bernado SCHIAVETTA


Dimanche 6 août
Matin:
BASES
Daniel BILOUS: Problèmes du paramètre narratif

Après-midi:
RECYCLAGE
Cyclo : Daniel BILOUS, Gilles TRONCHET: Concepts majeurs

BASES
Daniel BILOUS: Problèmes du paramètre narratif

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Lundi 7 août
Matin:
CONTACTS
Jany BERRETTI: De quelques dispositions prosodiques et grammaticales dans l'espace de l'alexandrin : structure et paramètres

Après-midi:
CONTACTS
Sandra SIMMONS: Comment les Margelles (le paramètre de l'espace)

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Mardi 8 août
Matin:
BASES
Myriam LABADIE: 1) Paramètres schémiques

Après-midi:
RECYCLAGE
Cyclo : Daniel BILOUS, Gilles TRONCHET: Concepts majeurs

BASES
Myriam LABADIE: 2) Paramètres iconiques

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Mercredi 9 août
Matin:
BASES
Jean RICARDOU: Page (une dyade paramétrique)

Après-midi:
BASES

Jean RICARDOU: Page (une dyade paramétrique)

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Jeudi 10 août
Matin:
BASES
Gilles TRONCHET: Paramètre phonique en orthographe

Après-midi:
BASES
Gilles TRONCHET: Paramètre phonique en orthographe

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Vendredi 11 août
Matin:
BASES
Jean-Claude RAILLON: Images d'un paramètre : le point de vue

Après-midi:
Jean-Claude RAILLON: Images d'un paramètre : le point de vue

Atelier d'écriture : BESTIAIRE ENNÉALOGUE


Samedi 12 août
Matin:
BASES
Jean RICARDOU: Intelligibilité structurale de l'écrit

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

RECYCLAGE :

Sitôt, d'une part, que la textique vise à établir une théorie unifiée des structures de l'écrit dans ses divers modes (schémique, grammique, iconique, symbolique), ce qui la voue à une exhaustivité contrôlée sur un domaine immense, et sitôt, d'autre part, que ses premiers efforts, comme tels, datent du milieu des années quatre-vingt, nul doute qu'à l'orée du prochain séminaire se posent deux problèmes.
Celui de la révision, qui concerne les participants habitués, voire chevronnés, car il est opportun, avant ces journées de réflexion intensive, de se remettre en tête, soigneusement, les grandes lignes du travail.
Celui du recyclage, qui concerne les participants nouveaux qu'une curiosité intellectuelle aura porté à venir pour la première fois, car il est nécessaire pour bien saisir la pensée textique, voire pour y concourir, d'être mis en possession, aussi soigneusement que possible, de la méthode et des enjeux.
Cette révision et ce recyclage se feront en deux phases à partir des fascicules remis à jour pour 2006 : Un aperçu de la textique par Gilles Tronchet, et Unification fondamentale de l'écrit par Jean Ricardou.
La première phase relève de la lecture: les deux fascicules étant expédiés, avec d'autres écrits, dans le courant de juin, les participants auront tout le loisir qu'ils s'accorderont pour en prendre connaissance à leur guise.
La deuxième phase ressortit à la discussion: les deux premières journées du séminaire étant réservées à de libres échanges oraux sur ces deux fascicules, les participants auront tout le loisir permis par les séances pour solliciter les éclaircissements éventuellement nécessaires, voire pour énoncer, très librement, de premières objections (JR).

Jean RICARDOU : Unification fondamentale (évolution 2006)
Si la textique peut envisager, d'emblée, une exhaustion des structures de l'écrit quel soit-il, c'est qu'elle procède par niveaux, du plus général au très particulier, en offrant, pour chacun d'eux, une matrice d'établissement sans reste. Ce sont alors deux choses distinctes qui deviennent possibles. La première, c'est, à tel niveau déterminé, de ne point laisser la moindre zone d'ombre. La deuxième, puisqu'il suffit de montrer qu'une occurrence concevable n'est pas incluse dans les matrices pour objecter, c'est de programmer, à chaque niveau, une réfutation éventuelle.
Le fascicule Unification fondamentale présente, notamment, les  deux plus générales matrices d'exhaustion textique, avec leurs divers concepts associés: la matrice modale et la matrice structurale.
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La matrice modale est d'allure arborescente.
D'abord un tronc commun, les schèmes, entendus comme "les zones déterminées dans un champ par au moins un différentiel".
Puis une première ramification, avec, d'une part, les grammes, ou "schèmes capables de représenter en ce que diversement liables aux sons d'au moins une langue selon certaines suites déterminées, ils permettent, par le relais d'une accréditation reçue, que s'ajoute, pour un récepteur donné, une autre idée à celles que l'on peut se faire d'eux-mêmes", et, d'autre part, les icônes ou "schèmes capables de représenter en ce que, sans devoir être liés aux sons d'une langue, ils comportent, pour un récepteur envisagé, au moins un caractère déterminant de tel objet, ou type d'objet, concret ou abstrait, réel ou fictif, vu sous quelque angle, et dont l'idée, ainsi, s'ajoute à celle que l'on peut se faire d'eux-mêmes".
Enfin, une deuxième ramification, avec les symboles ou "schèmes capables de représenter en ce qu'ils permettent, par le relais d'au moins une accéditation, reçue ou convenue,  que s'ajoute, pour un récepteur envisagé, une autre idée à celles que l'on peut se faire d'eux-mêmes", et qui, selon la base (schémique, grammique, iconique) sur laquelle ils s'appuient, forment trois types : les schémosymboles, les grammosymboles, les iconosymboles.
L'hypothèse de l'exhaustion des modes présume lors qu'un écrit, quel soit-il, ne comporte jamais d'autres modes que le schémoscrit, le grammoscrit, l'iconoscrit et, sous ses trois variétés (le symbolo(schémo)scrit, le symbolo(grammo)scrit, le symbolo(icono)scrit), le symboloscrit.
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La matrice structurale (représentative) est d'allure tabulaire.
Elle porte un couple principal flanqué d'un couple associé.
Le couple principal est formé de l'orthoreprésentation, déclarée advenue "chaque fois que des schèmes permettent correctement que s'ajoute, pour un récepteur donné, une autre idée à celles que l'on peut se faire d'eux-mêmes, si celle-ci semble convenir à tel ou tel objet réel ou fictif, concret ou abstrait", et de l'orthométareprésentation, déclarée advenue "chaque fois que, de manière organique, transparaissent, au-delà du régime représentatif, les "moyens", matériels notamment, qu'en son ordinaire fonctionnement l'orthoreprésentation à la fois requiert et estompe".
Le couple associé est formé de la cacoreprésentation, déclarée advenue "chaque fois qu'un effet d'orthoreprésentation se trouve engagé et entravé", et de la cacométareprésentation déclarée advenue "chaque fois qu'un effet d'orthométareprésentation se trouve engagé et entravé".
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L'hypothèse de l'exhaustion structurale (représentative) présume lors que l'écrit représentatif ne se présente jamais sous d'autres structures que celles de l'écrit orthoreprésentatif (ou orthoscript), de l'écrit cacoreprésentatif (ou cacoscript), de l'écrit orthométareprésentatif (ou orthotexte), de l'écrit cacométareprésentatif (ou cacotexte).
C'est à une explicitation de ces catégories que procède le fascicule Unification fondamentale de  l'écrit,et c'est à une élucidation de tous les écrits, quels soient-ils, et dans leurs moindres aspects, que, à partir des concepts plus pointus qu'impliquent ces deux matrices (la matrice modale et la matrice structurale) la textique a pour mission de procéder.

Gilles TRONCHET : Un aperçu de la textique
Ce fascicule est réactualisé chaque année, de manière à prendre en compte les acquis de la discipline et les remarques ou objections faites par les participants au précédent séminaire. Il a une double visée : d'abord, offrir un historique succinct, pour montrer dans quelles conditions et selon quelles étapes la textique est apparue et s'est constituée en une discipline nouvelle ; puis, fournir un bref exposé des principaux outils conceptuels élaborés jusqu'à présent. Comme la textique se propose d'établir une théorie unitaire de l'écrit, il importe avant tout d'expliquer la conception très vaste qu'elle a de son objet et de préciser comment il trouve à se spécifier selon différents modes, qui prennent en compte, notamment, les caractères alphabétiques, les images, les symboles. Ensuite, est retenu un domaine plus restreint et sans nul doute familier au lecteur, l'écrit représentatif relevant du mode grammique (ce qui correspond, pour simplifier, aux écrits basés sur des séries de lettres) : il s'agit d'inventorier les principales catégories qui permettent d'envisager de manière exhaustive les structures possibles dans un écrit grammique (la textique prétend y parvenir, en l'attente d'une éventuelle démonstration contraire, susceptible de relancer la recherche). Enfin, il a semblé utile de signaler quelques-uns des instruments analytiques servant à explorer en détail les dispositifs repérables dans un écrit. On admettra toutefois qu'un simple aperçu ne saurait dispenser davantage qu'une information initiale : une approche théorique plus fouillée, débouchant sur une pratique effective de la textique, exige de bien plus amples développements.

BASES :

Daniel BILOUS : Problèmes du paramètre narratif
Récit, écrit : pour spécieuse qu’en semblerait l’anagramme (il est des récits oraux, et tout écrit n’est pas narratif), il reste que, dans le domaine scriptuel, nul type n’est davantage, ni plus diversement exemplifié que le récit, ne serait-ce que sous le régime de la représentation. D’où, adressé par le texticien à cet « empire diégétique » (Ricardou), un possible questionnement, à deux égards.
En termes de pertinence conceptuelle, d’abord : aspect de certains écrits, le narratif est-il un paramètre comme les autres ou relève-t-il d’une catégorie plus vaste, ou plus étroite, voire d’un autre niveau structural ?
Sous l’angle de l’économie descriptive, ensuite : la narratologie classique ayant, de son côté, retenu une foule de traits pour définir un récit, le paramètre narratif, à supposer que la textique en admette le concept, s’avère-t-il un ou bien plusieurs ? Et, le cas échéant, quels seraient, parmi les aspects que cette nouvelle discipline a d’ores et déjà isolés, ceux qui peuvent recouper (et jusqu’à quel point) lesdits traits définitoires, et ceux qu’il convient d’adapter ?
Pris au secteur de l’écrit grammique, des exemples minimaux permettront d’étudier ces problèmes, avec pour horizon théorique une relative simplification du champ considéré.

Myriam LABADIE : 1) Paramètres schémiques (une exhaustion de principe)
En textique, l’on peut donner au concept de schème la généralisation la plus grande, en avançant qu’il s’agit de tout ce qui résulte d’un différentiel.
Ce différentiel peut affecter n’importe quel paramètre (fréquence chromatique, fréquence sonore, densité, chaleur, composition chimique, radioactivité, etc.) dans la mesure où un capteur plus ou moins spécifique se trouve apte à le percevoir. En l’absence d’un récepteur susceptible d’en saisir l’écart, il est impossible de cautionner l’existence d’un différentiel, hors le domaine de la foi (il n’y a rien, pourtant il y a quelque chose).
La relation décisive qui associe tout paramètre schémique (déterminé par un différentiel) à un spécial capteur (correspondant à ce différentiel) constitue, en soi, une exhaustion de principe.
Or si cette exhaustion de principe n’implique aucune exhaustion énumérative, ni des paramètres schémiques, ni de leurs capteurs respectifs, elle amène en revanche  à interroger, proche l’illusion qui risque de faire prendre, dans les travaux actuels de textique, une partie des phénomènes pour le tout, la place prépondérante accordée à la seule paramétrie optique.
Relativiser cette fallacieuse hégémonie, c’est aussi envisager, selon diverses modalités et différentes échelles, les structures qui s’établissent  entre plusieurs paramétries d’un même schème.

2) Paramètres iconiques (combinaison, contradiction)
Réaliser des imbrications iconiques c’est mettre en jeu, simultanément, deux échelles structurales :
- l’échelle locale, où la perception de chaque figure, étrangement contredite dans son effet de forme, impose une spéciale focalisation ;
- l’échelle globale, où l’articulation de toutes les figures compose une forme d’ensemble.
Tour à tour complémentaires ou conflictuels, coordonnés ou subordonnés (voire, en cas d’échec ou de négligence : désordonnés) les différents paramètres optiques sur lesquels se manifestent les structures locales et globales, isolés sous la pression des contraintes, permettent, de l’analyse à la théorie, une plus grande intelligibilité des phénomènes de représentation picturale.

Jean-Claude RAILLON : Images d'un paramètre : le point de vue
Le paramètre du point de vue joue un rôle majeur dans le mécanisme des icônes en textique. Il détermine l’angle sous lequel les structures de ce genre disposent à voir les objets qu’elles représentent. Or lui-même, ce paramètre est susceptible d’être visé par un jeu représentatif. L’on se propose d’examiner les miroitements qui en résultent, et d’autres phénomènes.
L’objet mis à l’étude sera un dessin de presse sur le thème du confinement des volailles :



Outre la relation entre cette idée et l’espace clos d’une page, c’est aussi le rapport entre une image et son emplacement sur le feuillet qui retiendra l’attention, le même tracé évoquant à tel endroit, une empreinte de patte au sol et à tel autre, une silhouette d’oiseau dans le ciel. Le spectacle de ce décollement est emblématique de la représentation et de ses liens, quoi qu’elle obtienne, avec la base où elle s’éploie.

Jean RICARDOU : Intelligibilité structurale de l'écrit
La textique visant à établir une théorie unifiée des structures de l'écrit, il lui faut envisager deux choses: d'une part, évidemment, les structures liées à ses divers modes ; d'autre part, concurremment, les paramètres en cause dans ces structures.
S'agissant des structures, c'est-à-dire des relations ou familles de relations permettant une cohérence de certains éléments forts d'une opérativité capable de certains effets, la textique a déjà construit, susceptibles elles-mêmes de croisement, les cinq matrices d'exhaustion majeures : la matrice catégorielle, la matrice modale, la matrice régimale, la matrice graduative, la matrice effectuative.
S'agissant des paramètres, c'est-à-dire des aspects passibles d'une détection et d'une structuration, elle se donne pour tâche, avec le séminaire 2006, à défaut d'une exhaustion qui pour l'instant demeure problématique, et après une première mise en place déjà faite, d'engager, sous deux angles, une nouvelle mise au clair.
D'un côté, avec la présente contribution, et selon une suite de brefs chapitres, l'élaboration d'un cadre théorique strict, sous les espèces de plusieurs concepts dont ceux d'hypo-paramètre (entendu comme tout sous-aspect selon lequel un aspect, éventuellement, peut lui-même recevoir une sous-spécification), de paramétrème (entendu comme toute unité avec laquelle peut s'accomplir une mesure paramétrique), de paramétries (entendues comme les familles cohérentes en lesquelles peuvent être groupés les paramètres), de détermination paramétrique modale (entendue comme l'opération capable de spécifier, en fonction des modes à l'œuvre (schémique, grammique, iconique, symbolique), les paramétries en cause dans une occurrence).
D'un autre côté, avec les diverses contributions proposées, et notamment celle qui s'intitule Page (une dyade paramétrique), des réflexions plus pointues, ainsi que l'examen de situations où s'avèrent certaines relations, voire certaines interactions, entre les paramètres.

Jean RICARDOU : Page (une dyade paramétrique)
Qu'un écrit puisse être tributaire de l'espace à deux dimensions, voilà, semble-t-il, qui ne heurte point trop l'intellect. La pensée, même, devient plus évidente encore si, et pour reprendre un langage ordinaire, l'on songe aux écrits alphabétiques.
En effet, ce qui se trouve lors concerné, ce sont, pour le dire trop vite, deux sortes de surfaces: celle, exiguë, nécessaire à la venue de chaque "lettre", et celle, étendue, nécessaire à la venue des écrits diversement tronçonnés sur quelque page.
Aux fins de saisir l'écrit paginal dans toutes ses variétés, l'on se propose d'établir une typologie sans reste.
L'on distinguera, d'abord, les deux concepts de spatialisation et de tabularisation.
L'on appellera spatialisation, la nécessité structurale inhérente aux écrits segmentaires survenus au moins chaque fois qu'il y a division et répartition des siens fragments en proche parallèle.
L'on appellera tabularisation, l'opérativité sur-structurale permise par cette nécessité.
L'on distinguera, ensuite, les deux loisibles catégories d'écrits tabulaires.
L'on parlera d'écrit linéo-tabulaire chaque fois que peut être mis en évidence un effet sur-structurant de la spatialité pensable en linéarité.
L'on parlera d'écrit tabulo-linéaire chaque fois que peut être mis en évidence un effet sur-structurant de la spatialité impensable en linéarité.
L'on examinera, également, les éventualités de part et d'autre : d'un côté, par restriction, le prétendu écrit faussement tabulaire; d'un autre côté, l'effectif écrit à mixage des tabulaires.
Ajoutons que chacun des types sera examiné sur quelque exemple.
Ainsi, s'agissant des écrits tabulo-linéaires, et après avoir noté, d'une part, que Un coup de dés (de Stéphane Mallarmé) est un écrit alphabétique à éploiement syntaxique, d'autre part que les Caligrammes (de Guillaume Apollinaire) sont des écrits alphabétiques à éploiement iconique, l'on examinera en détail ce qui pourrait bien devoir être nommé l'écrit alphabétique à éploiement sémantique.

Gilles TRONCHET : Paramètre phonique en orthographe
Dans une première approche, on peut considérer l'orthographe comme la manière adéquate, réglée sur un commun usage, pour une époque donnée, d'associer des caractères alphabétiques aux sonorités d'une langue, en tenant compte des unités lexicales et de leurs relations syntaxiques. La textique appelle grammes les éléments de l'écrit dont les séries permettent la correspondance avec les phénomènes sonores constitués par des énoncés oraux dans une langue quelconque. Elle nomme paramètre phonique cet aspect sonore constitutivement associé à un écrit formé de grammes, ou écrit grammique. La réflexion portera sur les modalités du rapport, dans le cas du français, entre les phonèmes et les grammes ou séries de grammes. On tentera de dégager le mécanisme de la corrélation et les différents types d'échanges entre éléments de l'écrit grammique et sonorités. On découvrira ce faisant que l'examen des équivalences entre grammes et phonèmes fait apparaître diverses irrégularités qui compliquent l'identification et entravent l'accès à la dimension sonore pour un lecteur non averti. Par exemple, si, entre deux voyelles, -s- dans camisole s'oppose à -ss- dans boussole, renvoyant dans le premier cas au son [z], dans le deuxième au son [s], l'occurrence parasol vient brouiller les cartes, puisque -s- s'échange avec le son [s]. Dans ce cas, comme dans nombre d'autres, l'idée de justesse impliquée par le préfixe ortho- du mot orthographe pourrait bien s'avérer un leurre. La textique, grâce à l'analyse des dysfonctionnements et l'examen raisonné d'issues praticables, permettrait d'envisager quelques améliorations en ce domaine.

CONTACTS :

Jany BERRETTI : De quelques dispositions prosodiques et grammaticales dans l'espace de l'alexandrin : structure et paramètres
L’observation d’un grand nombre d’alexandrins classiques montre que l’espace de douze syllabes n’est pas un lieu indifférencié, qu’il présente au contraire une structure très contraignante (hiérarchies de durée, interdits syntaxiques). La configuration syllabique des mots et leur rôle grammatical se conjuguent, leur assignant certaines places sur la trame. Pour examiner quelques-unes des dispositions du français dans les deux hémistiches, on prendra l’exemple privilégié du groupe nominal de forme : nom+préposition+nom.
Il faudra s’interroger sur la manière dont pourrait se formuler selon la terminologie de la textique - c’est-à-dire avec plus de précision et de rigueur - cette distribution de paramètres en une structure.

Sandra SIMMONS: Comment les Margelles (le paramètre de l'espace)
Le site d’un écrit étant son lieu de comparution, l’on peut affirmer qu’il est une condition nécessaire à sa venue. Pour certains écrits, et ainsi qu’en témoignent les éditions successives qui font chaque fois des modifications matérielles, le site devient secondaire. Pour d’autres, ces changements spatiaux nuiraient aux effets produits par la présentation fournie dans le site initial. L’étude des Margelles, forme particulière d’un écrit autour de la page, permettra de mesurer certains effets du positionnement exact de l’écrit dans l’espace.


EXPOSITION :

Myriam LABADIE : Imbrications iconiques



Bande à part (2)

- Mea poulpa : 2005 ; 20 x 25 cm, encre sur papier. Imbrication iconique avec partage du point selon deux valeurs.
- Zut, mon dessin s’est abymé ! : 2005 ; 20 x 25 cm, encre sur papier. Imbrication iconique avec mise en abyme de la figure centrale sur la forme totale.
- L'épreuve par neuf : 2005 ; 40 x 50 cm, encre sur papier. Articulation partielle de neuf octogones  composés chacun de neuf icônes imbriquées sur grille apparente avec partage du point selon deux valeurs.
- L'art pour l'articulation: 2005 ; 40 x 50 cm, encre sur papier. Articulation parfaite de 7 hexagones composés chacun de 12 icônes imbriquées sur grille apparente avec partage du point selon trois couleurs.
- Bande(s) à part (1,2,3,4,5,6) : 2005, 4 x 21 cm (6 fois), encre sur papier. Exhaustion des six variations chromatiques pour une même grille apparente avec partage du point selon trois couleurs.
- La frise de Constantinople : 2006,  30 x 90 cm, acrylique sur isorel. Réalisation en grand format d’une Bande à part (collection particulière).
- EXpérience POp (1,2,3,4,5,6): 2006, 20 x 20 cm (6 fois), encre sur papier. Exhaustion des six variations chromatiques pour une même imbrication iconique sur grille apparente avec partage du point selon trois couleurs.
- Science sans patience n’est que ruine de l’Art : 2006, 50 x 50 cm, acrylique sur carton entoilé. Remplissage volumétrique du plan (positif circulaire) et partage du point selon trois couleurs.
- Approfondissement : 2006, 50 x 50 cm, acryclique sur carton entoilé. Remplissage volumétrique du plan (négatif circulaire) et partage du point selon deux couleurs (vernissage sur place).

ATELIER D'ÉCRITURE :

Les règles du BESTIAIRE
Le travail quotidien en Atelier d'écriture se fera en deux phases sur la base d'un programme, lié à de précises considérations théoriques, mais qu'il est possible d'honorer d'une façon toute naïve, en suivant simplement, au mieux, les neuf prescriptions que voici :

Première règle: Chaque écrit, destiné à un perfectionnement collectif, et pouvant ultérieurement faire partie d'un corpus intitulé BESTIAIRE, sera établi de façon individuelle sous les relatives apparences d'un article encyclopédique ayant pour thème un animal fantastique.

Deuxième règle: Il débutera par le nom de l'animal, précédé d'un article défini, et se terminera par une mise en rapport de cet être avec un autre dont le nom, formant le dernier mot de l'ultime ligne, et l'article qui le précède seront mentionnés avec des points de suspension (en principe, dans le corpus, cette zone recevra le titre de l'écrit suivant).

Troisième règle: Il adoptera, en guise de titre, le nom de l'animal, exclusivement composé avec le plus grand nombre possible des lettres du mot BESTIAIRE.

Quatrième règle: Il choisira, pour ce nom, une combinaison de ces lettres capable de fournir approximativement un certain sens.

Cinquième règle: Il déterminera, à partir du sens ainsi produit, certains caractères majeurs de l'animal.

Sixième règle: Il se composera d'une série de neuf lignes, toutes faites de neuf mots.

Septième règle: Il manifestera au moins une fois, en les comportant à des places respectives notables, les lettres du mot de base, BESTIAIRE.

Huitième règle: Il présentera, si possible, au moins une mention capable d'assurer une désignation de certains des aspects matériels du mot de base, BESTIAIRE.

Neuvième règle: Il offrira, si possible, au moins une mention capable d'évoquer certain de ses propres aspects matériels hors ceux qu'il partage avec le mot de base, BESTIAIRE.

La première phase sera consacrée, sur plusieurs séances, à la lecture et à la récriture collectives, selon une méthode stricte, d'un des écrits qu'auront composé, dans cette optique, au préalable, certains participants.

La deuxième phase, au fil des séances suivantes, et en vue de pratiquer et de théoriser, s'agissant de l'interscrit, une variante paradoxale (dite l'inter(arthro)scrit), sera vouée à un ré-examen et à un accroissement de l'articulation pouvant réunir deux écrits composés dans les années quatre-vingt: L'eresit et L'esare.

l'ERESIT
 
l'érésit est une
Bête altière aux ailes ligneuses;
bistre, sa couleur l'
Exige au loin du tibre;
comme elle développe une
Scripturale stratégie, ses rites hérétiques
sont hypocritement réticulaires: elle
Torture les êtres par son
Bord Et Ses Textiles
Intersections. Avec Insistance, Rigueur, Elle
étire, de ses plumes
Acérées, en partant de la
gauche, neuf parallèles, qu'
Inévitablement recoupent, à angle droit,
de belles stries formant
Résille; souvent s'y abrite,
en bas, triste, capture
Extrême, autre bizarrerie, l... ...
(d'après E.H.)


l'ESARE

L'ésare type ressemble fort, apparemment, au risible Tab
Et le même air de bêtise semble leur caractéristique.
Symétrique partout, ne subsiste cependant qu'une des ailes.
A part cela le subtil volatile est vraiment parfait.
Rapport aux mœurs, il est bien le meilleur ami
Envisageable pour le très beau Satyre dont il sera
Toujours (bonheur des antithèses) un faire-valoir merveilleusement décati.
Inconvénient: il veut toujours, mais sans succès, vous imiter.
Bicolores, comme nonnes en messe, ils évoquent (l... ..e)

(d'après M.A.)


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