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Programme 2019 : un des colloques


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HUMAINS, ANIMAUX, NATURE :
QUELLE ÉTHIQUE DES VERTUS POUR LE MONDE QUI VIENT ?
Mise à jour
10/12/2018

DU LUNDI 24 JUIN (19 H) AU LUNDI 1ER JUILLET (14 H) 2019

[ colloque de 7 jours ]

DIRECTION : Gérald HESS, Corine PELLUCHON, Jean-Philippe PIERRON

ARGUMENT :

L'éthique des vertus met l’accent sur les motivations concrètes des personnes, au lieu de se focaliser sur les normes en se contentant d'énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où nombre d'individus comme d'États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie.

Quelles  représentations et quels affects expliquent que l'on puisse avoir du plaisir à consommer autrement? Quel processus de subjectivation permet de se sentir solidaire des autres vivants et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique qui repose autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie et à s'organiser sur le plan social et politique? Telles sont les questions qui réuniront des acteurs de la société civile et des chercheurs issus de disciplines différentes (économie, littérature, philosophie, psychologie, science politique, sociologie, théologie).

COMMUNICATIONS & TABLES RONDES (suivies de débats) :

* Gérald HESS, Corine PELLUCHON, Jean-Philippe PIERRON: Introduction

Pourquoi une éthique des vertus aujourd'hui?
* Sandra LAUGIER: Care, perfectionnisme et éthique des vertus
* Corine PELLUCHON: Quelle éthique des vertus? Transdescendance et considération
* Olivier RENAUT: L'éthique des vertus: ancrage antique et enjeux contemporains

Éthique des vertus, transition écologique et solidaire
* Stephen M. GARDINER: Virtue Ethics and Climate Change
* Catherine LARRÈRE: Éthique relationnelle et écologie à la première personne
* Table ronde, avec Sophie SWATON (Le revenu de transition écologique et solidaire) et Bruno VILLALBA (La relation à la violence dans les théories de la transition)
* Des innovations dans l'alimentation, l'agriculture, l'élevage, la mode (dialectiques agricoles, permaculture), table ronde avec Amandine LEBRETON (La transition alimentaire, l'élevage et la mode), Anahid ROUX-ROSIER (L'éthique de la permaculture: au-delà de l'aphorisme) et Géraldine VALLEJO (Façonner le luxe de demain)
* Ce que les animaux nous enseignent, table ronde avec Muriel ARNAL (Individualité animale et divertissement humain), Thierry BEDOSSA (Ce que les animaux nous enseignent. Le point de vue d'un vétérinaire et comportementaliste), Allain BOUGRAIN-DUBOURG (Condition animale et biodiversité) et Isabel BUIL (Animaux soignants)
* Réflexions des élèves du collège Anne Heurgon-Desjardins de Cerisy sur la manière dont les relations avec les animaux et la nature doivent évoluer

Éthique des vertus et politique
* Dominique BOURG: L'entrée en politique des modes de vie à l'Anthropocène
* Gérald HESS: Conscience écologique, vertus et communauté politique
* Comment la prise de conscience des destructions environnementales changent les personnes en situation de précarité?, table ronde avec Floran AUGAGNEUR (La "polyphasie cognitive": l'irréductibilité du sens commun chez Serge Moscovici) et Caroline LEJEUNE (Justice et sobriété imposée: du renoncement à l'acceptabilité politique)

Éthique des vertus, psychologie et éducation morale
* Jacques BESSON: Addictologie et comportements écolocides: un même paradigme?
* Table ronde, avec Michel Maxime EGGER (Restaurer nos liens profonds avec la toile de la vie: les voies de l'écopsychologie) et Layla RAÏD (Val Plumwood et les lieux particuliers: perspectives écoféministes sur les lieux de vie)
* La littérature, table ronde avec Yvon INIZAN (Poésie de la présence chez Yves Bonnefoy et éthique des vertus) et Nathanaël WALLENHORST (L'éducation en anthropocène)
* L'esthétique environnementale, table ronde avec Pascal FERRENE (Tentatives pratiques pour une culture de la transition: intentions, expériences et obstacles) et Diane LINDER (Les sens de l'expérience esthétique de la nature

Éthique des vertus et spiritualités
* Jean-Philippe PIERRON: L'attention
* Simon P. JAMES: Buddhism, Virtue and Environmental Ethics
* Table ronde, avec Bruno FISZON (La place des animaux dans la création) et Omero MARONGIU-PERRIA: Une approche musulmane de la personnalité animale)
* Table ronde, avec François EUVÉ (Le catholicisme se soucie-t-il des animaux?) et Otto SCHÄFER (Vertus vertes: ce que la relation au végétal inspire à l'éthique)

SOIRÉES :

* Les animaux et la biodiversité, avec Muriel ARNAL et Allain BOUGRAIN-DUBOURG
* De la spiritualité à l'écologie, aller et retour, autour de Dominique BOURG
* Lectures de textes des différentes traditions religieuses
* Ateliers doctorants

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Muriel ARNAL: Individualité animale et divertissement humain
L'exploitation d'animaux sauvages pour le divertissement des humains est présentée comme utile car pédagogique, comme le moyen de diffuser des connaissances sur les espèces, et d'éduquer les enfants à la nécessité de les protéger. Qui sont les individus "présentés" dans les cirques et les delphinariums? Quels sont leurs désirs? Leur vérité d'être? Leurs besoins? Quelle est leur vie dans les cirques et les parcs marins? Et pour les jeunes générations: quelle pédagogie? quel apport? quelle transmission? quelle influence? Au moment où les individus disparaissent inexorablement dans la nature, et à l'aune des connaissances et savoirs sur l'identité et la vie intérieure des animaux sauvages, le bien-fondé de leur exhibition dans des spectacles n'a jamais été autant remis en question.

Muriel Arnal est présidente de One Voice qu'elle a fondée en 1995, pour une éthique animale et planétaire. Les combats de l'association sont centrés autour des individus, dans la vision de l'unité des combats: pour les animaux, pour les humains et pour la Nature.

Gérald HESS: Conscience écologique, vertus et communauté politique
Dans ses deux derniers ouvrages, Les nourritures (2015) et Éthique de la considération (2018), Corine Pelluchon montre la contribution qu'apporte une philosophie du sujet corporel à l'explicitation de la situation existentielle qui est la nôtre face aux défis environnementaux. À travers une prise de conscience de notre vulnérabilité et grâce à une transformation de soi, une éthique de la considération vise à préserver l'habitabilité du monde et sa durabilité. Toutefois, que peut bien signifier un monde durable pour lequel s'engager, lorsqu'on le confronte à sa mort propre prochaine, à sa mort-à-venir? Cette communication radicalisera cette philosophie de la corporéité du point de vue de la temporalité, afin de rendre la durabilité du monde aussi palpable et concrète que possible. La durabilité sera pensée à partir de ma propre mort, non pas comme une limite irreprésentable et infranchissable qui en vient à opposer la mort à la vie, mais comme une dimension de la vie elle-même. Sur le plan biologique, le phénomène du vieillissement d'abord en est la manifestation la plus immédiate. Sur le plan psychologique, la mort propre s'actualise à la mesure d'un décentrement ou d'un abandon de soi. Retournant à mon expérience corporelle sensible et vivante, je me dépouillerai de mon identité personnelle et sociale pour vivre — phénoménologiquement (selon diverses modalités) — des points de vue différents du mien, celui d'un animal, d'un végétal ou d'une montagne par exemple. Ultimement, le point de vue devient celui qui ne correspond à aucun point de vue particulier, comme peut l'être un point de vue esthétique sur le tout de la nature — là où, par l'imagination, la subjectivité s'efface momentanément pour faire place au monde lui-même. Cette dimension cosmique de l'expérience de la corporéité a des effets sur le comportement des agents, à la fois dans leur manière d'être et d'agir et d'envisager le vivre-ensemble. La dernière partie s'attachera à relever, d'une part, les diverses dispositions pratiques — les vertus — relatives à une durabilité concrète, et,  d'autre part, à décrire le sens que revêt la communauté politique dans la perspective d'un décentrement de soi.

Gérald Hess est philosophe et juriste, titulaire d'un doctorat en philosophie de l'Université de Lausanne, actuellement maître d'enseignement et de recherche en éthique et philosophie de l'environnement dans cette université.
Publications:
Éthiques de la nature, PUF, 2013.
Éditeur en collaboration avec Dominique Bourg de Science, conscience et environnement, PUF, 2016.
Il est également l'auteur de nombreux articles dans des revues spécialisées à l'audience internationale dont international Journal of the Commons, The Trumpeter et VertigO.


Corine PELLUCHON: Quelle éthique des vertus? Transdescendance et considération
Quelles vertus permettraient aux individus de tenir les promesses des éthiques environnementales et animales qui n'ont pas réussi à faire entrer l'écologie et la question animale en politique ni à motiver les individus à changer leurs styles de vie? Faut-il créer une nouvelle éthique des vertus? Ou bien les vertus propres au rapport à soi et à autrui ont-elles un sens dans notre rapport aux autres vivants et à la nature? Notre hypothèse est qu'une seule éthique des vertus est nécessaire, mais elle se distingue à la fois des morales néo-aristotéliciennes, perfectionnistes et essentialistes, et des éthiques du care.
Si la considération implique que le rapport à soi est la clef du rapport aux autres, humains et non humains, et à la nature, et si elle accorde une place importante à la magnanimité, l'éthique des vertus que nous proposons s'inspire aussi de l'héritage chrétien en ce qu'il fait subir un infléchissement majeur à la pensée antique, comme on le voit chez Bernard de Clairvaux. Ce dernier souligne, dans De la considération, l'importance de l'humilité, distingue prudence et considération et articule l'éthique à un plan spirituel. Toutefois, la notion de considération présentée ici est réinterprétée dans un contexte moderne et laïc. Indissociable du statut conféré par les Modernes à la subjectivité (Descartes), elle va de pair avec un processus d'individuation qui passe par un élargissement de la subjectivité (Spinoza, Arne Næss) et même par un rapport à l'incommensurable. Toutefois, au lieu d'être identifié à Dieu, l'incommensurable est rattaché au monde commun composé de l'ensemble des générations et du patrimoine naturel et culturel. Plus précisément, la considération est liée à la transdescendance. Car je fais l'expérience de cette appartenance à un monde commun qui me dépasse lorsque j'approfondis la connaissance de moi comme d'un être charnel. Non seulement les changements dans nos rapports aux autres vivants et à la nature ne découlent pas de nos devoirs, mais, de plus, ils requièrent une transformation en profondeur du sujet. Celle-ci ne s'opère pas seulement sur le plan intellectuel, mais elle suppose cette expérience de l'incommensurable qui ne désigne pas un mouvement de bas en haut (une trans-ascendance), mais implique l'exploration du sentir dans sa dimension pathique et archaïque. Le lien profond m'unissant aux autres vivants et l'épaisseur de mon existence deviennent alors des évidences qui changent ma perception de moi-même et mes affects. Ainsi, la considération n'est pas une vertu mais l'attitude globale rendant possible l'éclosion des vertus intersubjectives et environnementales, ce qui ne signifie pas qu'elle soit acquise une fois pour toutes. Nous insisterons sur le rôle que jouent la mort, la vulnérabilité et la naissance dans ce processus d'individuation dont les conséquences sur le plan politique sont essentielles. Il s'agira enfin de se demander ce que pourrait être une éducation morale aidant à émanciper le sujet et à réenclencher un processus civilisationnel lié à ce que nous appelons l'Âge du vivant.

Corine Pelluchon, philosophe, professeur à l'université Paris-Est-Marne-La-Vallée. Spécialiste de philosophie politique et d'éthique appliquée (bioéthique, philosophie de l’environnement et de l'animalité), elle est l'auteur d’une dizaine d’ouvrages qui sont, pour la plupart, traduits dans d’autres langues.
Publications:
Leo Strauss, une autre raison, d'autres Lumières, Vrin, 2005, Prix F. Furet.
L'autonomie brisée. Bioéthique et philosophie, PUF, 2009, 2014.
Éléments pour une éthique de la vulnérabilité. Les hommes, les animaux, la nature, Cerf, 2011, Grand Prix Moron de l'Académie française.
Les Nourritures. Philosophie du corps politique, Seuil, 2015, Prix É. Bonnefous de l'Institut des Sciences Morales et Politiques et Prix de l'essai francophone Paris Liège.
Manifeste animaliste. Politiser la cause animale, Alma, 2017.
Éthique de la considération, Seuil, 2018.
http://corine-pelluchon.fr/


Jean-Philippe PIERRON: L'attention
Peut-on faire de l'attention une vertu? Et si oui, que serions-nous en droit d'en attendre quant à la manière que nous avons de nous rapporter aux humains, aux non humains et au milieu? Dans une formule célèbre du Catastrophisme éclairé, Jean-Pierre Dupuy observe, à propos de la crise écologique globale, que nous ne parvenons pas à "croire ce que nous savons?". Avec ce constat, il note qu'en plus des savoirs qui  relèvent de notre vigilance experte, il nous faut une croyance. Mais quel est le croire en question? S'agit-il de celui de l'opinion générale, de notre conviction intime, d'une croyance religieuse ou d'une foi?  Distinguer ainsi opinion, foi et savoir questionne en effet la nature de la nécessité subjective engagée dans la croyance en l'effectivité matérielle, sensible d'une crise écologique que l'on peut aussi considérer comme une crise de notre expérience pathique du monde. En interprétant ce croire comme relevant d'une épreuve de l'attention, nous répondons à  J.-P. Dupuy. Alors qu'il suggère l'existence d'une anesthésie à l'égard de la crise environnementale, l'attention pourrait contribuer à nous ré-esthétiser. À la vigilance experte de nos savoirs, elle apporte la réplique complémentaire de l'expérience spirituelle engagée dans l'attention. Cette dialectique dynamique de la vigilance et de l'attention travaillerait à rendre croyable le savoir de notre crise écologique. Cette expérience de l'attention peut faire l'objet d'une herméneutique du soi. Le soi apprend à se comprendre dans des expériences de la nature (Pierre Hadot les nommerait exercices spirituels). Engagés dans trois expériences écobiographiques, ces exercices préciseraient différentes modalités du croire liées à l'attention: la méditation, la contemplation et la prière. Là où une écospiritualité invite à "goûter les choses intérieurement", préfigurant spirituelle de ce que nous appellerions aujourd'hui "pleine conscience", nous nous demanderons comment l'attention peut permettre de penser le passage d'une écospiritualité vers une écothéologie?

Jean-Philippe Pierron,  philosophe, enseigne à la Faculté de Philosophie de l'Université Jean Moulin Lyon 3 ou il dirige la Chaire "Valeurs du soin". Ses recherches portent sur l'imagination entendue comme faculté du possible pratique et ses implications pour le soin, aussi bien dans une perspective narrative que de réflexion sur la logique de l'action irréductible à une science de l'action. Il le fait à partir d'une relecture des œuvres de Gaston Bachelard et de Paul Ricœur.
Publications:
Vulnérabilité, Pour une philosophie du soin, PUF, reed 2016.
Les puissances de l'imagination?, Cerf, 2014.
Mythopees. Mythologies de la modernité tardive,Vrin, 2015.
La poétique de l'eau. Pour une autre écologie, ed. François Bourin, 2018.
Les philosophie du soin, Médecine, travail, environnement, Les belles Lettres, 2019 (à paraitre).


Olivier RENAUT: L'éthique des vertus: ancrage antique et enjeux contemporains
Ce qu'on nomme "éthique des vertus" se distingue par un véritable "retour aux anciens", exhumant pour ainsi dire des concepts et notions que la philosophie morale moderne avait écartés: agent, vertu, disposition, bonheur, épanouissement, plaisir, vulnérabilité, nécessité. Une difficulté de ce "retour aux anciens", aussi "contemporaine" que nous semble parfois l'éthique aristotélicienne, consiste à mesurer à la fois l'anachronisme de certaines notions et leur fécondité pour des enjeux contemporains qui par définition ne sont pas pris en compte dans l'élaboration de l'éthique ancienne. Or la considération pour la relation entre humains, animaux et nature fait l'objet d'une toute autre théorisation chez les anciens; cette communication vise ainsi à repérer, à travers ses écarts, notre éventuelle proximité avec certains concepts de l'éthique ancienne dans l'élaboration d'une éthique à la mesure des enjeux contemporains.

Olivier Renaut est maître de conférences, spécialiste en histoire de la philosophie ancienne, à l'université Paris Nanterre. Auteur d’études portant surtout sur les émotions et la psychologie morale dans l'Antiquité, il s'intéresse également aux stratégies de réappropriation de l'Antiquité dans la philosophie morale contemporaine.

Anahid ROUX-ROSIER: L'éthique de la permaculture: au-delà de l'aphorisme
La permaculture, ou (agri)culture de la permanence, est un ensemble de principes éthiques et organisationnels qui s'incarnent notamment par l'installation et le maintien d'agrosystèmes fondés sur le compagnonnage et la complémentarité entre les êtres de nature qui y prennent part. La mise en pratique des principes fondateurs de la permaculture brouille les frontières entre espace cultivé, espèces domestiques et espaces sauvages, et renouvelle, par l'usage, des discussions déjà existantes notamment à propos du statut des êtres de nature et de la place à leur accorder. Les sous-bassement éthiques explicitement formulés par les fondateurs de la permaculture en restent toutefois généralement au stade aphoristique ("respecter la Terre" par exemple). À l'aide de témoignages recueillis à travers une série d'entretiens semi-guidés menés auprès de permaculteurs établis en France, nous essayerons de donner chair à ces aphorismes, d'en faire une "description épaisse" ("thick description") et de voir en quoi leur mise en pratique peut participer aux débats contemporains d'éthique environnementale.

Anahid Roux-Rosier est doctorante à l'université Lyon 3 Jean Moulin (IRPHIL). Son travail de thèse consiste, à partir d'un terrain de recherche mené auprès de permaculteurs établis en France, à interroger les fondements et les implications, notamment éthiques, de la permaculture.

Avec le soutien
de l' université Paris-Est Marne la Vallée (laboratoire le LIPHA),
de l'université de Lausanne,
de l'université Lyon 3 (chaire valeurs du soin et IRPHIL),
de la Fondation pour l'Écologie Politique (FEP),
de la Fondation Affinity
et de la Fondation Zoein (UNIL)