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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2017 : un des colloques





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L'ALTERNATIVE DU COMMUN
Mise à jour
25/09/2017


DU VENDREDI 8 SEPTEMBRE (19 H) AU VENDREDI 15 SEPTEMBRE (14 H) 2017

DIRECTION : Christian LAVAL, Pierre SAUVÊTRE, Ferhat TAYLAN

COMITÉ SCIENTIFIQUE : Thomas BERNS, Florence CAEYMAEX, Pierre DARDOT, Laurent JEANPIERRE

ARGUMENT :

Ces dernières années, on observe dans les pratiques comme dans les réflexions théoriques une véritable "explosion" du thème du "commun", devenu une référence centrale pour de multiples foyers de luttes et d’expérimentations politiques et économiques (mouvement altermondialistes et écologistes, défense des services publics, résistances paysannes, coopératives, expérimentations numériques collectives). Cette profusion a été accompagnée par un ensemble de travaux d’économie, de sociologie politique et de philosophie. Avec une vitesse rare pour une notion nouvelle, le commun s'est mondialement imposé en tant que grand concept politique de ce début de XXIe siècle. Il admet pourtant des acceptions fort différentes, parfois contradictoires. Si l’installation du concept est désormais bien avancée, l'on traverse une période de problématisation stratégique, au sens d’un ensemble de questionnements, de difficultés et de conceptions diverses quant à la manière de mettre en œuvre, face à l’impasse que représente la domination oligarchique néolibérale, l’alternative politique du commun.

C’est par conséquent à poser les problèmes, faire ressortir l’aspérité des débats, affronter les objections et saillir les divergences en vue d’asseoir un ensemble de positions stratégiques sur la mise en place de l’alternative du commun que sera consacré ce colloque. Au-delà des intervenants (chercheurs issus de disciplines variées et acteurs engagés), il s'adresse à tous ceux qui sont intéressés par les questions posées et souhaitent participer au débat.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 8 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Samedi 9 septembre
Matin:
"Commun": de quoi parle-t-on?
Judith REVEL: Le commun: de la gestion à la production — et retour
Pierre SAUVÊTRE: De quelles politiques le commun est-il le nom?
Pierre DARDOT: Le commun comme principe stratégique

Après-midi:
Ateliers en parallèle
1) Social, politique et commun
Franck FISCHBACH: Rendre le commun immanent au social
Marie-Hélène BACQUÉ: Penser le commun à partir des quartiers populaires?
Hervé OULC'HEN: Dialectique du commun chez Sartre
Alexandros KIOUPKIOLIS: The Common and Post-Hegemony

2) Esthétique et commun
Emine SARIKARTAL: Performances du commun
Léa BISMUTH: "L’expérience du Commun dans la pratique de l’exposition", à partir de L’Éternité par les Astres d’Auguste Blanqui
Valérian GUILLIER: Ce que le commun fait aux industries des biens symboliques

Lecture du poème "Face aux zouaves" par Alexis PELLETIER  ("Compagnie Diagonales" de Rouen)

Soirée:
Théâtre - Leslie KAPLAN: Le travail du dialogue. Contre une civilisation du cliché, conférence accompagnée par Frédérique LOLIÉE et Élise VIGIER (Théâtre des Lucioles - Comédie de Caen) [vidéo de la seconde partie mise en ligne sur la chaîne YouTube de Cerisy]



Dimanche 10 septembre
Matin:
L'histoire du commun
Haud GUEGUEN: La délibération et le commun chez Aristote
Philippe CHANIAL: De Proudhon à Fournière, en passant brièvement par Mauss
Luca BASSO: Marx et le commun

Après-midi:
Performance chorégraphique: "Compagnie Diagonales" de Rouen

Ateliers en parallèle
1) Commun, État providence et revenu de base
Davide GALLO LASSERE: La socialisation du revenu comme perspective politique
Francine MESTRUM: Le commun, la reproduction et le revenu de base
Jean-François BISSONNETTE: La dette du commun

2) Mouvements coopératifs, propriété et communs
Benoît BORRITS: Des coopératives au commun
Jean-Louis BANCEL: Le corpus de l'Économie Sociale et Solidaire: des cellules souches pour les Communs?
Pierre CRÉTOIS: Des droits partiels sur les choses plutôt que le droit de propriété

Soirée:
Le mouvement des communs en Grèce, animée par Alexis CUKIER et Alexandros KIOUPKIOLIS


Lundi 11 septembre
Matin:
Néolibéralisme et luttes pour le commun
Luca PALTRINIERI: Entreprise commune ou dépassement de l'entreprise? Platform cooperativism et néolibéralisme
Patrick CINGOLANI: Néolibéralisme et prédation du commun
Isabelle BRUNO & Grégory SALLE: Sous le sable, le commun? Le droit à la plage contre les enclosures balnéaires

Après-midi:
Ateliers en parallèle
1) Commun, démocratie, ESS (Économie sociale et solidaire)
Hervé DEFALVARD: Les communs et l'ESS: un rendez-vous à ne pas manquer
Geneviève FONTAINE: Les conditions favorables à l'émergence de communs

2) Démocratie, travail, syndicalisme
Alexis CUKIER: Démocratie des communs et travail démocratique
Francis VERGNE: Démocratie et syndicalisme aujourd'hui

Soirée:
Pratiques des communs numériques, animée par Lionel MAUREL (Culture libre et communs), avec Julien LECAILLE


Mardi 12 septembre
Matin:
Table ronde: Les communs et l'écologie
Fabien LOCHER: Penser/agir au-delà d'Ostrom: quels nouveaux horizons pour les communs environnementaux?
Claude LE GOUILL: Ressources communes et ressources communautaires dans les activités minières. Un cadre pour l’analyse des systèmes socio-écologiques [communication établie avec Frank POUPEAU]
Mauve LÉTANG: De quoi commun est-il le nom dans l'Himalaya?
Ferhat TAYLAN: "Milieux communs". La stratégie d’inséparabilité des collectifs humains et des milieux naturels – le cas de la rivière Whanganui [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

Après-midi:
DÉTENTE


Mercredi 13 septembre
Matin:
Droit et commun
Michele SPANÒ: Droit privé comme infrastructure du commun
Daniela FESTA: Les communs urbains: repenser le droit à la ville à travers le commoning
Pierre DARDOT: Les limites du juridique

Après-midi:
Ateliers en parallèle
1) Éducation et commun
Christian LAVAL: De l'école commune à l'éducation en commun
Francis VERGNE: Le commun des expériences autogestionnaires en matière éducative
Anne-Marie FIXOT: Éducation et citoyennté. L'expérience de l'Association Démosthène (Caen)
Delphine BOUDET: La petite enfance en commun et l'expérience de la communauté éducative solidaire
Corinne NAVARRO: La pensée de Mary Parker Follett

2) Ville, habitat et commun
Claire CARRIOU: Communs et espaces du privé. Réflexions sur "l'habitat participatif"
Anne D'ORAZIO: L'habitat participatif et ses voies alternatives, quelle production de commun?
Joanna KOSZEWSKA: Le logement comme bien commun: exemples (flexibles) architecturaux

Soirée:
Atelier "Brésil", animé par Heitor DE MACEDO, avec André DAL'BO DA COSTA, Nilton Ken OTA, Ana Paula PACHECO et Selma Cristina SILVA DE JESUS


Jeudi 14 septembre
Matin:
Politique du commun: comment le principe du commun peut transformer la politique?
Pierre SAUVÊTRE: Quelles stratégies du commun?
Christian LAVAL: L'État, les services publics et le commun
Lorenzo COCCOLI: Qu'est-ce qu'un internationalisme du commun?

Après-midi:
Ateliers en parallèle
1) Sociologie des mouvements sociaux et communs
Chantal DELMAS: Consensus et dissensus sur la question du Commun dans les mouvements sociaux et politiques
Frédéric SULTAN & Léa EYNAUD: La catégorie de commun(s). Enquête sur les réflexions et les débats à l'œuvre sur la liste de diffusion "echanges@bienscommuns.org"
Arnaud MÈGE: La décroissance: de la pratique militante auto-organisée vers la production d'usages communs partagés

2) Mouvements sociaux et communs
Michele SPANÒ: Les mouvement sociaux des beni comuni
Veronica PECILE: Les communs urbains en Sicile
Pauline JULIEN: La Parole démocratique de "Nuit Debout". Une expérience de subjectivation politique?

Soirée:
Pratiques politiques du commun en Espagne, introduit par David HAMOU, avec Joan SUBIRATS (Université autonome de Barcelone) et Alain AMBROSI (Glanage et grappillage en territoires de communs)


Vendredi 15 septembre
Matin:
La Nouvelle Internationale du commun, table ronde avec Joan SUBIRATS (Barcelone, un commun et le réseau international), David HAMOU (Le congrès des villes sans peur), Delphine THIVET (La vie paysanne du commun Via Campesina), Michèle LECLERC-OLIVE (Commun en Afrique et limite de la coopération décentralisée) et Nilton Ken OTA (Commun de la recherche au Brésil et réseau de recherche international)

Conclusions, par Christian LAVAL, Pierre SAUVÊTRE et Ferhat TAYLAN

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Marie-Hélène BACQUÉ: Penser le commun à partir des quartiers populaires?
Dans la période récente nombre d’expériences, mouvements, travaux politiques et scientifiques se sont réclamés d’une alternative du commun, cette perspective renvoyant cependant à des interprétations très diverses. Mais dans le contexte français, la notion de commun semble peu reprise dans les quartiers populaires ou par les mouvements qui en sont issus. Comment analyser ce constat? S’agit-il d’une question de vocabulaire, de références et de cultures politiques ou d’enjeux sociaux et politiques spécifiques à ces territoires et populations? Cette communication s’appuiera sur un travail empirique conduit depuis quatre années en accompagnement de collectifs issus des quartiers populaires pour discuter la notion de commun comme concept politique à partir de ce cas spécifique.

Marie-Hélène Bacqué est professeure d’études urbaines à l’Université Paris Nanterre. Ses travaux portent sur les quartiers populaires, en France et en Amérique du nord, sur les politiques publiques qui y sont mises en œuvre et sur les mobilisations sociales qui s’y développent.
Publications
plusieurs ouvrages sur la participation dont
L’empowerment, une pratique d’émancipation (avec
Carole Biewener) Paris, La Découverte, 2012

Jean-Louis BANCEL: Le corpus de l'Économie Sociale et Solidaire: des cellules souches pour les Communs?
Avec l'adoption de la loi du 31 juillet 2014 relative à l'ESS, la France s'est dotée d'une définition ouverte du concept combinant tant les formes statutaires historiques (les coopératives, les mutuelles et les associations), que des formes nouvelles (telles que les entreprises sociales pour autant qu'elles respectent certaines caractéristiques, en particulier en ce qui concerne l'usage des excédents d'exploitation). Cette définition ouverte de l'appartenance à l'ESS ne manque pas d'interroger sur les différentes visions qui peuvent s'en dégager. Depuis la capacité de pénétration par des financiers souscripteurs de contrats à impact social destinés à booster de nouvelles formes d'entrepreneuriat immergées dans le digital jusqu'à des aventures nouvelles comme les Pôles territoriaux de coopération économique ou les initiatives en faveur des monnaies locales, le concept d'ESS apparaît foisonnant et protéiforme. Au travers de plusieurs exemples, nous verrons que l'ESS est un terreau capable de régénérer les concepts traditionnels du libéralisme, du solidarisme et du communisme.

Léa BISMUTH: "L’expérience du Commun dans la pratique de l’exposition", à partir de L’Éternité par les Astres d’Auguste Blanqui
Cette intervention sera l’occasion de parler d’une expérience du commun dans la pratique de l’exposition. En tant que commissaire d’exposition, j’ai pu réaliser une exposition collective avec des artistes à partir d’un texte particulièrement adapté à cette recherche, puisqu’il s’agit de L’Éternité par les Astres de Blanqui, texte écrit dans une situation d’enfermement solitaire au Fort du Taureau, alors que La Commune de Paris était en train d’éclater à Paris, en 1871. Cette situation de séquestration et son adresse (im)possible à une cosmogonie, a quelque chose qui dépasse à la fois le Je et le Nous, l’individu écrivant et le Commun souhaité. En réalité, c’est le Commun qui vient qui est important. C’est cela l’éternité sans cesse rejouée. Je reviendrai donc sur "le chapitre des bifurcations ouvert à l’espérance". Même dans l’emprisonnement, l’espérance s’ouvre, c’est le pouvoir à la fois de la littérature et du politique au sens large.
L'exposition dont j'ai eu la responsabilité a eu lieu aux Tanneries d’Amilly, du 22 avril au 27 aout 2017, avec les artistes Juliette Agnel, Charlotte Charbonnel, Guy Debord, Rebecca Digne, Louise Hervé et Chloé Maillet, Marie-Luce Nadal, Mel O’Callaghan, Edouard Wolton, et Jérôme Zonder, et sous le commissariat de Léa Bismuth.

Née en 1983, Léa Bismuth vit et travaille à Paris. Elle est commissaire d’exposition indépendante, critique d’art, auteure. Après des études d’histoire de l’art et de philosophie à la Sorbonne, elle commence à écrire dans artpress en 2006. Son travail de critique d’art explore alors un large spectre, de l’étude d’un Pierre Klossowski à la création la plus contemporaine. À partir de 2013,  elle met en place sa démarche de commissaire d’exposition en adaptant des textes littéraires et philosophiques au format de l’exposition: elle puise notamment son inspiration, qu’elle confronte aux artistes de son temps, dans les œuvres de Louis Aragon, Jacques Derrida, Marguerite Duras ou Roland Barthes (citons ses commissariats pour Les Nouvelles Vagues du Palais de Tokyo 2013; Le CAC La Traverse 2015; ou L’URDLA Focus Résonance Biennale de Lyon 2015; Les Tanneries d’Amilly 2017). C’est en 2016 qu’elle rend visible un vaste programme de recherche curatoriale à Labanque de Béthune, une trilogie d’expositions pensée à partir des œuvres complètes de Georges Bataille: La Traversée des Inquiétudes (Dépenses - 2016; Intériorités - 2017; Vertiges - 2018). Il s’agit d’une écriture de l’exposition considérée comme un élargissement collectif de l’espace, à la recherche d’une forme qualifiée et d’une méthode de travail novatrice ouverte sur l’usage libre des sources. Elle prépare actuellement une thèse de doctorat sur la question du "passage à l’acte dans la littérature contemporaine", sous la direction de Marielle Macé, à l’EHESS.

Benoît BORRITS: Des coopératives au commun
Après deux siècles d'existence, le mouvement coopératif s'est largement institutionnalisé, au point qu'il est parfois difficile de distinguer une coopérative de ses concurrents. Au cœur  de cette réalité, la présence d'un capital qui, bien que second en régime coopératif, reste omniprésent. Ce mouvement coopératif connaît pourtant une nouvelle jeunesse avec de nombreuses reprises d'entreprises par des salariés ou des expérimentations sociales ou écologiques associant travailleurs et usagers. Certaines de ces expériences se réclament du commun. Le XXe siècle a vu se généraliser les cotisations sociales et le financement des entreprises par endettement, tendances qui remettent en cause les rapports traditionnels de propriété. Pouvons-nous généraliser ces tendances pour aboutir à une disparition du concept même de propriété dans la sphère productive? Quel dépassement de la forme coopérative permettrait aux travailleurs et usagers, en tant que co-acteurs, de contrôler l'unité productive sans notion de sociétariat?

Benoît Borrits, journaliste et animateur de l'association Autogestion (www.autogestion.asso.fr), a suivi les nombreuses reprises d'entreprises sous forme coopérative depuis 2010.
Il a publié aux Éditions Syllepse Coopératives contre capitalisme, un essai politique qui préconise la généralisation de ces reprises comme débouché positif aux luttes sociales. Il prépare un autre ouvrage sur le dépassement de la propriété dans les unités productives.


Isabelle BRUNO & Grégory SALLE: Sous le sable, le commun? Le droit à la plage contre les enclosures balnéaires
À qui appartient la plage? Et à qui est-elle destinée? Il semble socialement admis que cet espace est commun par excellence. Pourtant, on observe dans de nombreux pays des formes d’appropriation, voire de privatisation, qui empêchent un accès véritablement public au rivage. Ce processus suscite des résistances de la part d’acteurs associatifs et institutionnels qui font valoir un "droit à la plage". Sont en cause les conditions sociales d’accès à la plage, c’est-à-dire l’écart entre la liberté d’accéder à un espace en principe ouvert à tou(te)s et les barrières matérielles et symboliques qui en évincent les classes populaires, sauf en tant que soutiers invisibles de l’économie littorale. En référence à Henri Lefebvre, un tel "droit à la plage" peut cependant se comprendre de manière plus exigeante, c’est-à-dire non comme un simple droit de visite, mais comme un pouvoir de détermination collective de l’espace inscrit dans un horizon égalitaire. Cette contribution abordera ce problème à travers l’affaire Martin’s Beach, du nom d’une plage californienne. Par-delà ses spécificités, ce cas est en effet révélateur d’une logique d’enclosure balnéaire qui reflète et nourrit le creusement des inégalités sociales et environnementales.

Isabelle Bruno et Grégory Salle, respectivement membres du Centre d'études et de recherches administratives, politiques et sociales (CERAPS) et du Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (CLERSÉ), mènent en commun une recherche socio-historique et ethnographique portant notamment sur la plage comme espace social et politique, à partir d’une comparaison entre la baie de Pampelonne et la baie de San Francisco.

Claire CARRIOU: Communs et espaces du privé. Réflexions sur "l'habitat participatif"
Cette contribution à la réflexion sur les "communs" partira des expériences collaboratives dans l’habitat qui ont émergé au début des années 2000 en France et sont qualifiées "d’habitat participatif" depuis 2010 (Biau, Bacqué et al., 2010; Tummers et al., 2015). Initialement issues des sphères militantes et associatives, ces expériences sont aujourd’hui soutenues, voire initiées, par des acteurs publics. Ces opérations sont diverses, tant au niveau de leur montage juridique et financier et des acteurs impliqués que des objectifs poursuivis. Elles ont néanmoins pour ambition commune de placer la participation habitante au cœur du processus de conception, production et de gestion de l’habitat, de proposer des espaces bâtis mutualisés et de s’appuyer pour cela sur une dynamique habitante collective (Vestbro, 2010; Fromm, 2012). Leur dimension collective est fortement revendiquée. Il s'agira de documenter et de caractériser la nature collective de ces projets avec, comme horizon, les débats engagés sur la notion de "commun". Quels sont ces collectifs? Sur quoi portent-ils? Comment sont-ils régulés? Jusqu’à quel point instituent-ils des formes de "commun", et, dans ce cas, de quel(s) "commun(s)" — étant entendu que les acteurs de "l’habitat participatif" ne se saisissent pas de cette notion? Plusieurs points seront précisément développés: propriété privée et dimension collective dans "habitat participatif"; production d’un lieu commun et la production d’une mise en commun; des collectifs pour qui? des formes diverses de "mises en commun"? Cette analyse part de matériaux de recherche collectés au cours d’enquêtes menées depuis plusieurs années.

Claire Carriou est maître de conférences en aménagement, urbanisme et études urbaines à l’Université Paris Ouest Nanterre et membre du laboratoire Mosaïques LAVUE (7218). Ses recherches actuelles s’intéressent principalement aux initiatives collaboratives d’habitat qui émergent en France et en Europe depuis le début de la décennie 2000. Avec Darinka Czischke (TU Delft) et Richard Lang (University of Birmingham), elle coordonne l’atelier récemment fondé "Collaborative Housing" au sein de l’ENHR (European Network of Housing Research).
Principales publications sur le sujet
Avec Czische Darinka et Lang Richard (dir.) (dossier accepté, à venir), "Collaborative Housing: conceptualising the field", Housing, Theory and Society.
Avec Anne d’Orazio, ""L’habitat participatif" en France: quand les institutions militent", Revue Socio-Anthropologie, dossier "Habiter autrement ou le nouveau défi du vivre ensemble?", n°32, 2015.
"Malentendus et inattendus autour de la participation habitante. La "coopérative" d’accession sociale Le Grand Portail à Nanterre (France)", Lien social et politiques, n°73, pp. 215-231, 2015.
"Propriété privée, propriété de soi et sens du collectif. La "coopérative d’habitat social" Le Grand Portail à Nanterre", Espaces et Sociétés, n°156-157, pp. 213-227, 2014.
Avec Olivier Ratouis et Agnès Sander (dir.), dossier "Effervescences de l’habitat alternatif", Métropolitiques, 2012 (en ligne).


Patrick CINGOLANI: Néolibéralisme et prédation du commun
Depuis longtemps on cherche à dessiner sous la catégorie de "précaires" les nouvelles formes de vie qui, dans la conjoncture du néolibéralisme, apparaissent à distance de la subordination salariale et qui reconfigurent, non sans ambivalences et tensions, les rapports au travail et à l’emploi, les formes de la coopération et les conditions de la socialisation contestatrice. On se propose une nouvelle étape de réflexion en abordant les institutions élémentaires qui émergent ici ou là comme expression de cette reconfiguration des rapports sociaux et du sensible. Des usages productifs au co-working, aux tiers lieux collaboratifs, en passant par les coopératives et par divers autres formes d’être ensemble que l’on se propose d’inventorier, on tentera de suivre les conditions dans lesquelles des pratiques, des sociabilités, des organisations autonomes s'introduisent et affirment leur distance à la marchandisation. Chemin faisant, il s’agira rien de moins que de se demander comment l’enjeu émancipatoire qui a été le ressort des nouveaux comportements trouve à se cristalliser dans de nouveaux encastrements et de nouvelles solidarités à distance du marché.

Depuis plus de vingt ans, Patrick Cingolani interroge les formes de vie alternatives au sein des sociétés contemporaines. C’est de ce point de vue qu’il a revisité à partir des contestations et des luttes de la jeunesse dans les années 1970-1980 les significations associées aux mots "précaire" et "précariat", et qu’il approche aujourd’hui les expériences d’un commun parmi notamment les travailleurs des industries culturelles et créatives.
Publications
L'Exil du précaire - récit de vies en marge du travail, Méridiens Klincksieck, Paris, 1986.
Révolutions précaires - essai sur l’avenir de l’émancipation, La Découverte, 2014.
La Précarité, "Que-sais-je?", PUF, 2015.


Lorenzo COCCOLI: Qu'est-ce qu'un internationalisme du commun?
La montée en puissance progressive des mouvements néo-fascistes et néo-souverainistes a désormais acquis une dimension mondiale. La situation n’est paradoxale qu’en apparence: face à l’insoutenabilité croissante des souffrances physiques et psychiques engendrées par la concentration globale du capital financier et par sa forme caractéristique de gouvernement — la nouvelle raison néolibérale du monde —, populistes et nationalistes de tous les pays promettent une porte de sortie illusoire. Mais il s’agit d’une sortie à droite, incapable en outre de représenter une menace réelle pour la stabilité du capitalisme. Il devient d’autant plus important de trouver les moyens pour une sortie à gauche: une sortie du capitalisme mais aussi du nationalisme. Heureusement, on peut ancrer cet effort d’imagination à la réalité des luttes mondiales du commun. Aucun doute sur la nature potentiellement ou effectivement internationale de ces luttes: mais comment peut-on et doit-on la penser? Cela n’est plus possible dans les termes hiérarchiques et verticaux de la Troisième Internationale, ne serait-ce que parce qu’il n’y a plus une "patrie socialiste" à défendre ou  servant de point de référence obligé. Afin de mieux comprendre le côté international des communs mondiaux ainsi que leurs mécanismes d’internationalisation, il faut les concevoir d’une façon plus horizontale et réticulaire. L'on s'attachera donc à fournir des outils conceptuels aptes à saisir ce nouvel internationalisme, en évaluant son potentiel pour l’institution d’un sujet transnational de l’émancipation.

Lorenzo Coccoli enseigne l’histoire du droit moderne et contemporain à l’Université LinkCampus de Rome. Il a publié plusieurs articles sur le thème des communs dans de nombreux livres et journaux spécialisés.
Publications
Commons/Beni comuni. Il dibattito internazionale, GoWare, 2013.
(traducteur italien de) Commun: Essai sur la révolution au XXIe siècle par Pierre Dardot et Christian Laval (DeriveApprodi 2016, avec Antonello Ciervo et Federico Zappino).


Alexis CUKIER: Démocratie des communs et travail démocratique
Dans Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, Pierre Dardot et Christian Laval développent une théorie du commun qui permet de poser directement la question d’un possible travail démocratique, articulant démocratisation du travail et production démocratique d’institutions à partir du travail. Contre le processus de dé-démocratisation de l’économie par le néolibéralisme, il s’agit de concevoir une "politique du commun qui doit conduire à réintroduire la dimension de l’agir commun dans le domaine du travail" et de promouvoir un modèle de "démocratie des communs" prenant la forme d’une "double fédération" articulant la "fédération des communs sociaux-économiques constitués sur une base socioprofessionnelle" et la "fédération des communs politiques constitués sur une base territoriale". On proposera d'abord de discuter cette analyse, puis de la confronter à des expériences coopérativistes et autogestionnaires ainsi qu’à des propositions politiques alternatives au prisme d’une série de questions: dans un possible "travail démocratique", quand travaillerions-nous et quand ne travaillerions-nous pas? comment intégrer concrètement l’activité démocratique aux activités de production? est-il possible de dépasser le clivage aliénant entre les droits du citoyen et du travailleur? On présentera sur la base de cette discussion les principales hypothèses d’un ouvrage à paraître, Le travail démocratique.

Alexis Cukier, docteur en philosophie, est chercheur associé au laboratoire Sophiapol (Université Paris Ouest Nanterre) et directeur du programme "Travail et démocratie" au Collège International de philosophie. Ses recherches, dans le domaine de la philosophie sociale et politique de filiation marxiste et pragmatiste, portent sur les rapports entre travail et démocratie, et plus généralement sur les conditions sociales, économiques et politiques des processus d’aliénation et d’émancipation aujourd’hui.
Publications
(avec F. Delmotte et C. Lavergne, sous la direction de), Emancipation, les métamorphoses de la critique sociale, Paris, Le Croquant, 2013.
(avec V. Chanson et F. Monferrand, sous la direction de), La réification. Histoire et actualité d’un concept critique, Paris, La Dispute, 2015.
(sous la direction de), Travail vivant et théorie critique. Affects, pouvoir et critique du travail, Paris, PUF, 2017.
Le travail démocratique, Paris, PUF, à paraître.


Pierre DARDOT: Le commun comme principe stratégique
Nous appelons "commun" tout espace institutionnel régi par des règles collectivement élaborées en vue de l’usage commun. Compris en ce sens, les communs ne sont pas des isolats fermés sur eux-mêmes et coupés de la société. Ils n’offrent pas une réplique "moderne" des communs précapitalistes. Ils ne peuvent être institués et gouvernés que par la mise en œuvre du principe du commun, c’est-à-dire de la démocratie comprise comme égalité dans le "prendre part". Des premiers au second, il y a cette différence que les communs sont des institutions alors que le commun est un principe méta-institutionnel. Nous voudrions montrer que ce principe politique est, non pas accessoirement mais essentiellement, un principe stratégique, c’est-à-dire susceptible d’orienter l’action visant à la création, à l’expansion et à la coordination de nouvelles institutions destinées à lutter contre l’emprise du capital et de l’État sur nos vies.

Hervé DEFALVARD: Les communs et l'ESS: un rendez-vous à ne pas manquer
La multiplication des travaux sur les communs fait courir le risque d’une grande confusion à leur propos (cf. Rodotà, 2016). Il existe alors un danger que leur rencontre avec l’économie sociale et solidaire (ESS) aggrave cette situation. Afin d’éviter cet écueil, il convient de placer ce rendez-vous sous l’égide de l’alternative au néolibéralisme. En partant du commun comme principe politique (Laval et Dardot, 2013), ordonnant les relations entre les personnes et les choses sous une logique de l’usage impliquant de nouvelles règles de gouvernement et une nouvelle rationalité, il s’agira d’aller vers une économie en commun (Defalvard, 2015). Cette voie impose à l’ESS un exercice de division en n’en retenant que les réalités convergeant vers les communs sociaux (Defalvard, 2016) dont l’effet systémique requiert trois alliances au sein d’un gouvernement territorial: avec les syndicats, les collectivités territoriales et l’État social.

Hervé Defalvard dirige la chaire Chaire ESS de l'Université Paris-Est Marne-la-Vallée et du laboratoire ÉRUDITE.
Publications
Defalvard H. (2015), La Révolution de l’économie [en dix leçons], Éditions de l’Atelier, Évry.
Defalvard H. (2016), "Les communs sociaux dans la transition vers la société du commun", Cahiers de la chaire ESS-UPEM, n° spécial 2016, p. 6-19.

Chantal DELMAS: Consensus et dissensus sur la question du Commun dans les mouvements sociaux et politiques
Face à la marchandisation de tous les secteurs de la vie en société, la question "du commun" est reprise par l'ensemble des mouvements progressistes: mouvement altermondialiste, écologiste mais aussi courant de la gauche sociale. Face au manque de projet alternatif, la question du Commun est souvent employée comme "un mot magique" évitant toute élaboration approfondie d'une alternative. Pourtant derrière ce concept de Commun de nombreuses questions traversant l'ensemble de la Gauche sont en débat:
- doit-on remettre en cause la propriété privée capitaliste? La propriété privée est-elle sans importance pourvu que le processus soit un processus dit "du Commun"?
- la société du commun doit-elle rompre avec la notion d’État ou créer un autre type d’État? Les services publics sont-ils antinomique avec le Commun ou vont-ils dans le même sens?
- quel processus institutionnel engager pour aller vers une société du Commun?
- comment le capitalisme peut-il récupérer ce concept en le dévoyant?

Chantal Delmas, animatrice du séminaire permanent sur "le Commun" au sein du réseau européen Transform !, est impliquée dans le mouvement altermondialiste (forum social mondial) avec de nombreux séminaires sur la question du Commun.

Daniela FESTA: Les communs urbains: repenser le droit à la ville à travers le commoning
L’émergence des communs urbains est étroitement liée, dans le contexte italien, au mouvement des biens communs qui s’est développé dans les dix dernières années à partir de l’élaboration de la Commission Rodotà - à travers la préparation et l’extraordinaire succès du référendum contre la privatisation de l’eau, mais aussi grâce à l’accélération du mouvement d’occupation d’espaces urbains à vocation sociale et culturelle. En se focalisant sur des lieux urbains hétérogènes par titre, fonction et destin, ce dernier a mis en évidence la centralité de l’action collective en dépassant une lecture essentialiste fondée sur une présupposée ontologie des biens. Ce passage a été crucial pour permettre le développement d’une théorie des communs applicable, entre autres, à l’objet "ville" ainsi que pour la diffusion du claim "biens communs" qui assume, en Italie, une signification particulière. Cette contribution discutera la centralité et la possible ambivalence du concept de commoning. Ses liens avec les processus de territorialisation nous obligent à penser le foncier en tant que territoire régi par des relations et institutions sociales multiples plutôt qu'à travers la dominante propriétaire. De plus, une approche centrée sur l’action collective permet de renverser l’évidence de la rivalité comme caractère général des biens matériels en dévoilant la composante historique, culturelle et relationnelle des valeurs territoriales et économiques produites. En même temps, l’analyse des expériences d’habitat collectif récentes invite à revenir sur la relation entre communs et ressources, qui enracine la théorie des communs dans les conditions historiques de précarité diffuse et de concentration de richesse et la connecte à des instances démocratiques et redistributives. La diffusion des actes de réappropriation directe des communs, la tension revendicative qui les anime, leur capacité anticipatrice en tant que modèle de production, reproduction et distribution à l’ère de la marginalisation du travail salarié, oblige à reformuler la relation aux biens et à leur usage au sein même d’une théorie des communs. Enfin, penser les communs en oblitérant la centralité des relations aux choses risque de neutraliser les capacités transitives et transformatives d’un usage critique du droit.

Daniela Festa est juriste et géographe. Ses travaux de recherche portent sur la relation entre action collective et espace urbain, sur la justice spatiale, le droit à la ville, la démocratie urbaine, les processus d'identification, signification et réappropriation matérielle et symbolique des communs et des communs urbains et leurs implications théoriques. Post-doc à l’Institut Marcel Mauss de l'EHESS de Paris, au CENJ (Centre d'études des normes juridiques - Yan Thomas), elle vient d'intégrer l’équipe pluridisciplinaire d’un projet ERC axé sur la notion d’inclusivité à l'Ecole du Droit de Sciences Po.
Coordination de revues
L’Italie des biens communs, Hors-série 2016. Traduire et Introduire de la revue Tracés, avec Pierre Charbonnier.
Coordination d’ouvrages
Fare spazio. Pratiche del comune e diritto alla città, avec Bernardi C., Brancaccio F., et Mennini B. (dir.), Mimesis, 2015
Derniers articles et chapitres d’ouvrages collectifs
D. Festa, "Les communs urbains", dans M. Cornu, F. Orsi, J. Rochfeld (dir.), Dictionnaire Critique des Communs, PUF, parution prévue en 2017.
D. Festa, "La Constituante des biens communs", dans M. Cornu, F. Orsi, J. Rochfeld (dir.), Dictionnaire Critique des Communs, PUF, parution prévue en 2017.
D. Festa, "Biens communs en Italie, le mouvement social", dans M. Cornu, F. Orsi, J. Rochfeld (dir.), Dictionnaire Critique des Communs, PUF, parution prévue en 2017.
D. Festa, "Biens communs, beni comuni, Introduction", dans L’Italie des biens communs, Tracés, Hors-série 2016, Traduire et introduire, avec Pierre Charbonnier.
D. Festa, "Les communs urbains. L’invention du commun", dans L’Italie des biens communs, Tracés, Hors-série 2016, Traduire et introduire.
D. Festa, "La creatività del comune", dans Bernardi C., Brancaccio F., Festa D. et Mennini B. (dir.), Fare spazio. Pratiche del comune e diritto alla città, Milano, Mimesis, 2015.


Franck FISCHBACH: Rendre le commun immanent au social
En réponse à une réalité sociale marquée par l’atomisation et la mise en concurrence des individus, par la privatisation des ressources communes et par l’accaparement des produits du travail social, le commun est pensé comme une alternative consistant essentiellement à (re)communaliser le social. Cela peut par exemple consister à faire du commun le cadre à l’intérieur duquel seraient posées et instruites à nouveaux frais les questions du travail, des échanges marchands, de la répartition des richesses — ce qui revient à réinscrire le social à l’intérieur du commun, à la manière dont, chez Hegel, la société civile était insérée au sein de l’État. Nous poserons la question de savoir si l'on ne risque pas d’aboutir par là à une nouvelle forme d’hypostase et d’abstraction de la politique et s’il ne vaudrait pas mieux, à l’inverse, tenter de socialiser le commun en se fondant sur l’idée, marxienne, d’une réappropriation de la dimension du commun par les acteurs sociaux au sein même de leurs rapports du même nom, c’est-à-dire de leurs rapports de travail, de production et d’échanges.

Franck Fischbach est professeur de philosophie à l’Université de Strasbourg et chercheur rattaché au Centre de recherches en philosophie allemande et contemporaine (Creϕac). Ses travaux ont d’abord porté sur l’idéalisme allemand (Fichte, Hegel, Schelling), puis sur Marx et sur les enjeux, les objets et les méthodes de la philosophie sociale (avec des travaux sur la reconnaissance, l’aliénation, le travail, le social, la critique). Il est aussi traducteur de textes de Hegel, Schelling, Marx et Axel Honneth, et auteur de plusieurs ouvrages.
Publications
La Reconnaissance. Fichte et Hegel, PUF, 1999.
L’Être et l’acte, Vrin, 2003.
La Production des hommes, PUF, 2005.
Sans objet. Capitalisme, subjectivité, aliénation, Vrin, 2009.
Manifeste pour une philosophie sociale, La Découverte, 2009.
La Privation de monde, Vrin, 2011.
Le Sens du social, Lux, 2015.
Philosophies de Marx, Vrin, 2015.
Qu’est-ce qu’un gouvernement socialiste?, Lux, 2017.


Davide GALLO LASSERE: La socialisation du revenu comme perspective politique
Pour le moment, la thématique de la subjectivation politique via la revendication d’un revenu social garanti n'a été examinée qu’en référence aux luttes des mouvements de la jeunesse et des femmes dans les années 1970: qu’est-ce que cela comporterait pour les étudiants ou pour les ménagères? Or, analyser la spécificité d’une telle revendication déclinée en termes antiracistes, d’autant plus dans un contexte aussi tendu que celui de la France aujourd'hui, se révèle comme une piste extrêmement fructueuse. Quels processus de recomposition politique pourraient-ils se constituer autour de la revendication d’un revenu social inconditionnel? À quels types de coalition sociale pourrait-elle donner lieu? L’absence manifeste des subjectivités racisées des quartiers populaires et des banlieues de la mobilisation du printemps dernier contre la Loi Travail peut-elle inviter la gauche progressiste et radicale à mettre au centre de son agenda politique la question du revenu, plutôt que celle du salaire?

Davide Gallo Lassere est chercheur précaire rattaché au laboratoire Sophiapol de l’Université Paris Ouest Nanterre la Défense et membre du comité de rédaction de la revue Période. Il s’occupe de philosophie sociale, économique et politique et de théories monétaires et du capitalisme.

Haud GUEGUEN: La délibération et le commun chez Aristote
L’hypothèse d’une "actualité" du modèle aristotélicien du commun renvoie d’abord à l’idée très simple selon laquelle il fournit des ressources précieuses pour (re)penser aujourd’hui la question politique du commun. Mais, suivant cette fois le sens que revêt la notion d’"actualité" (energeia) chez Aristote, il renvoie aussi à l’idée selon laquelle tout l’intérêt de ce modèle tient précisément au fait de penser le commun comme "acte", c’est-à-dire comme actualisation d’une puissance. C’est cette hypothèse que nous souhaiterions défendre. Il s’agira alors de montrer que, si le modèle aristotélicien de l’actualisation fournit des ressources fécondes dans le cadre d’une pensée contemporaine de la transformation sociale et politique, c’est parce qu’il permet d'éviter un double écueil: celui, d’une part, d’une conception substantialiste du commun consistant à lui conférer une indépendance ontologique par rapport au plan de la praxis collective; celui, d’autre part, de son rattachement à quelque forme de nécessitarisme que ce soit, tout phénomène d’actualisation dans la sphère pratique se jouant selon Aristote sur la base de la reconnaissance d’une contingence qui tient à la possibilité que nous avons d’agir ainsi ou autrement.

Haud Gueguen est maître de conférences en philosophie au Conservatoire national des arts et métiers. Ses recherches actuelles portent sur la catégorie critique du possible en philosophie et en sciences sociales, les modèles théoriques contemporains au sein desquels se trouve prise en charge la question de la transformabilité du monde social, ainsi que sur les réappropriations contemporaines de la philosophie antique.
Publication
Alexandre, S., Guéguen, H., Renaut, O. (Dir.), Au détour des anciens: vie bonne, vulnérabilité, commun(s), éd. Paris 10 Nanterre - La Défense, Coll. "Les fils d’Ariane", à paraître en 2017.


Leslie KAPLAN: Le travail du dialogue. Contre une civilisation du cliché
Parole vivante et "commun". Le langage mort des clichés et le néolibéralisme. Silence, non-dit et prise de parole. Le dialogue en art, au théâtre et dans la société. Différentes formes de mise en question des idées reçues, et singulièrement pendant les événements de Mai 68.

Leslie Kaplan, écrivain, née à New York, écrit en français. Elle publie depuis 1982 des récits, des romans, des essais et du théâtre, notamment: L'Excès-l'usine, Le Pont de Brooklyn, Le Psychanalyste, Les Outils, Louise, elle est folle, Déplace le ciel, Millefeuille, et en 2016: Mathias et la Révolution (tous aux éditions P.O.L.).

Christian LAVAL: L'État, les services publics et le commun
"Défendre les services publics" est à coup sûr une tâche politique nécessaire: la production de services non marchands procure des avantages collectifs qu’il convient de protéger contre l’extension de l’accumulation du capital à toutes les sphères de l’existence. Mais il faut interroger les limites de cette "défense des services publics". À demeurer sur le terrain de cette opposition du marché et de l’État, on risque fort de protéger et de conforter des mécanismes bureaucratiques et des logiques managériales. Il ne faut en effet pas oublier que l’État est aujourd’hui en train de se transformer selon les canons de la gouvernance du "corporate state". À l’opposé de cette mutation néolibérale de l’État, le principe du commun permet de concevoir et de proposer une transformation des services publics qui assurerait une cohérence entre leurs finalités collectives, les règles de leur gestion et les procédures démocratiques permettant de décider des orientations de leur activité. La politique du commun ne se réduit pas à une manière différente d’utiliser les administrations et les entreprises publiques; elle vise à transformer les institutions publiques elles-mêmes en leur donnant des missions et des formes correspondant à leur signification politique la plus profonde: la mise en commun de ressources humaines et matérielles dans une institution dont le gouvernement et l’administration doivent dépendre et procéder des choix de la société.

Christian LAVAL: De l'école commune à l'éducation en commun
Le concept d'école commune présente l'intérêt majeur de fixer à la fois un cadre et  des objectifs à une école en rupture avec une normalisation néolibérale unidimensionnelle centrée sur la seule "fabrique de l'employabilité". Dans une approche pragmatique, l'éducation en commun proposera de rechercher et de mobiliser les pratiques sociales et éducatives qui peuvent faciliter la réalisation de ces objectifs. Ainsi s'attachera-t-elle à mettre en perspective et à relier pour faire sens commun: la production d'égalité sociale et éducative; la mise en commun de la culture; la coopération pédagogique; la réinstitution démocratique de l'école.

Fabien LOCHER: Penser/Agir au-delà d'Ostrom: quels nouveaux horizons pour les communs environnementaux?
Cette intervention a deux objectifs. Elle vise d'abord à caractériser, sur la base d'une enquête historique entreprise sur les terrains étasuniens et européens, l'émergence et l'essor du paradigme contemporain des communs en tant qu'instances de gouvernement des ressources et des écosystèmes. Dans quelles conditions historiques, sous quelles contraintes, via quels processus sociaux et institutionnels ce modèle s'est-il peu à peu affirmé au sein des mouvements sociaux, des institutions de développement, de l'espace public? Cette intervention vise par ailleurs dans un deuxième temps, prospectif, à chercher à identifier ce qui, dans le futur, pourrait constituer de nouvelles frontières d'extension/reconfiguration de ce modèle, au-delà des limites parfois étroites dessinées par le paradigme (post-)ostromien. Comment penser à l'avenir les communs environnementaux, au-delà des théories naturalisantes, du communautarisme néolibéral, mais aussi d'un romantisme des communs se payant de mots et de bonnes intentions? C'est là, nous le pensons, un enjeu majeur pour l'alternative du commun.

Fabien Locher est historien au CNRS et à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), spécialiste de l’histoire de l’environnement à l'époque contemporaine. Ses recherches portent sur les formes de gouvernement et d’appropriation communautaires des ressources et des écosystèmes. Il est le coordinateur du projet ANR Govenpro : L’histoire du gouvernement de l’environnement par la propriété (fin XVIIIe siècle-présent, Europe, États-Unis, mondes coloniaux et post-coloniaux) (2014-2018).

Francine MESTRUM: Les communs, la reproduction et le revenu de base
Voilà trois sujets sur lesquels on ne peut avoir un débat sérieux si, en premier lieu, on ne se met pas d'accord sur les définitions. Au niveau européen, les communs ressemblent parfois à une auberge espagnole, la reproduction est trop facilement mise en rapport avec les rapports de genre et le revenu de base devient alors un deus ex machina, la solution miracle qui résout tous les problèmes de rémunération et de survie. Dans cette contribution, on abordera la question du rapport entre les communs et la monétarisation, les liens indissociables entre production et reproduction et leur mise en rapport avec les communs, ainsi que la confusion sémantique et les idéologies divergentes sous-jacentes aux débats sur le revenu de base. Ce qui est en jeu est notre conception du travail, de la solidarité, de l'État, voire de la société elle-même.

Francine Mestrum est docteure en sciences sociales de l'Université Libre de Bruxelles (ULB). Ses recherches concernent la justice sociale, la pauvreté et les inégalités, la protection sociale et la mondialisation. Présidente du réseau "Global Social Justice" (www.globalsocialjustice.eu), qui travaille à la promotion de la protection sociale et du bien commun de l'humanité, elle est membre du CETRI (Centre Tricontinental), qu'elle représente au Conseil international du Forum social mondial.
Publication
Social Commons: Rethinking social justice in postneoliberal societies, 2013 (www.socialcommons.eu).


Emine SARIKARTAL: Performances du commun
En réunissant chercheurs et traducteurs venant des différents pays de la Méditerranée (France, Italie, Grèce, Turquie), il s'agira de mener une réflexion collective sur les notions de commun, communs, beni communi, leurs divergences et convergences, ainsi que leurs implications historico-politiques. L'étude comparative des réceptions de la problématique des communs dans ces pays pourrait ainsi être abordée en s'appuyant sur une réflexion lexicale, à partir des expériences de traduction.

Emine Sarikartal, doctorante en philosophie, a traduit en turc les ouvrages de Gaston Bachelard, Jean-François Lyotard et Maurice Merleau-Ponty. Elle est également la co-traductrice, toujours en turc de l'ouvrage de Christian Laval et Pierre Dardot, Commun. Essai sur la révolution au 21ème siècle.

Pierre SAUVÊTRE: De quelles politiques le commun est-il le nom?
De quoi parle-t-on lorsque l’on parle de "commun" et quelles rationalités politiques sont attachées aux conceptions qui en sont proposées? Quel terme faut-il d’abord privilégier: celui de "biens communs", du commun comme nature des biens, de "communs", de systèmes de gouvernance et de gestion partagée, ou de "commun"? Comment ensuite concevoir le "commun"? Comme la substance de notre être social "intériorisée" dans "tous les secteurs de la production économique"? Comme une "qualité du lien et une façon d’être dans le monde"? Ou comme une "praxis instituante" visant "les normes de la réciprocité, de la co-participation et de la co-décision"? S’agit-il alors de constitutionnaliser certains biens communs? De faire reconnaître auprès des autorités extérieures des communs au milieu d’une pluralité d’agencements économiques privés, publics et communs? Ou bien faire du commun une norme de transformation des normes de l’État et du marché?

Pierre Sauvêtre est maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Nanterre.
Publications
"Quelle politique du commun?", SociologieS, Dossiers, "Des communs au commun: un nouvel horizon sociologique?", 2016 (en ligne).
"Les politiques du commun dans l’Europe du Sud (Grèce, Italie, Espagne). Pratiques citoyennes et restructuration du champ politique", Revue Cairn, 2016/I, n°59 (en ligne).


Michele SPANÒ: Droit privé comme infrastructure du commun
Si, d’un point de vue généalogique, les biens communs plongent leurs racines dans la littérature économique, il s’agit bel et bien d’une aventure juridique circonscrite, dont on peine encore à mesurer l’ampleur exacte. Tout a commencé au ministère de la Justice italien qui, en 2007, décide de créer une commission chargée de remanier les textes du livre III du Code civil consacrés aux biens publics. Cette commission est aujourd’hui connue sous le nom de celui qui la présida, Stefano Rodotà, l’un des grands maîtres du droit civil italien. Partie pour reconsidérer en profondeur le concept et le statut même de propriété publique, la commission a forgé une nouvelle catégorie juridique, celle des "biens communs". Il est impossible de dessiner la carte, même approximative, de tous les effets produits en chaîne par l’apparition du concept juridique de "biens communs", mais le legs le plus remarquable est sans doute l’alliance tourmentée des mouvements sociaux et des juristes. C'est le Nachleben de cette vicissitude qu’on propose de creuser dans notre intervention.

Michele Spanò, chercheur post-doc en droit privé à l’Université de Turin, enseigne la sociologie du droit. Il est coordinateur académique à l’International University College (IUC) de Turin, membre associé du CENJ-"Yan Thomas" à l’EHESS et directeur scientifique de "AREA - Festival Internazionale dei Beni Comuni".
Publications
I soggetti e i poteri. Introduzione alla filosofia sociale contemporanea (Rome 2013).
Azioni collettive. Governamentalità, soggettivazione, neoliberismo (Naples 2013).
Il a assuré l’edition italienne de:
Aihwa Ong, Neoliberalismo come eccezione. Sovranità e cittadinanza in mutamento (Florence 2013).
Yan Thomas, Il valore delle cose (Rome-Macerata 2015).
Yan Thomas, Fictio legis (Rome-Macerata 2016).
Avec Alessandra Quarta, il a dirigé Beni comuni 2.0 Contro-egemonia e nuove istituzioni (Milan-Udine 2016) et Condividere la crisi. Comune, cooperazione sociale e diritto (Verone 2017).
Il est rédacteur de la revue Politica & Società (il Mulino) et il est collaborateur du quotidien Il manifesto et du mensuel L’Indice dei libri del mese.


Ferhat TAYLAN: "Milieux communs". La stratégie d’inséparabilité des collectifs humains et des milieux naturels – le cas de la rivière Whanganui
La reconnaissance de la rivière Whanganui comme personne juridique et "entité vivante" par le Parlement de la Nouvelle Zélande au mois de mars 2017 a été souvent interprétée comme un cas  de protection de la nature de la part des cultures locales. Or, on tentera de montrer que pour les Maori qui ont mené un long combat pour cette loi, il s'agit surtout de faire reconnaître l'inséparabilité du collectif humain du milieu naturel, de sorte que tout dommage porté sur la rivière soit considéré au même titre qu'un dommage porté sur les personnes humaines. À travers ce cas juridique semble s'esquisser ce qu'on pourrait appeler un "milieu commun", où les composants bio-physiques du milieu fournissent les conditions d'existence aux humains qui se chargent à leur tour de faire vivre l'ensemble. Ainsi, les impasses d’une écologie posant l’humain en face d’une nature à protéger pourraient être évitées si on arrivait à penser ce milieu commun comme une entité où le collectif et son milieu sont juridiquement inséparables. A fortiori, penser en termes de "milieux communs" nous permettrait-il de formuler, comme étant une revendication forte en écologie politique, l’extension des droits des humains aux conditions de leur existence, aux êtres bio-physiques dont la survie est indispensable au maintien du milieu en question?

Ferhat Taylan est chercheur postdoctoral à l'Université de Liège, dans le cadre de projet de recherche "Gouverner par l'environnement". Après avoir soutenu sa thèse de philosophie "La rationalité mésologique. Connaissance et gouvernement des milieux de vie (1750-1900)", il s'intéresse à l'épistémologie historique des savoirs environnementaux modernes.
Publications
"Mesopolitics: Foucault, Environmental Governmentality and the History of the Anthropocene", dans Bonditti, P., Gros, F., (eds.), Foucault and World Politics, Palgrave, 2016.
"L’interventionnisme environnemental, une stratégie néolibérale", dans Raisons Politiques, n°52, dir. F. Gros, Presses de SciencesPo, Novembre 2013, pp. 77-88.


BIBLIOGRAPHIE :

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BAUWENS Michel, Sauver le monde. Vers une économie post-capitaliste avec le peer-to-peer, Paris, Les liens qui libèrent, 2015.
BENKLER Yochai & NISSENBAUM Helen, "Commons-based Peer Production and Virtue", The Journal of Political Philosophy, Volume 14, Number 4, 2006, pp. 394–419 (en ligne).
BOLLIER David, La renaissance des communs: pour une société de coopération et de partage, Éditions Charles Léopold Mayer, 2014.
BOLLIER David & HELFRICH Silke (dir.), Patterns of Commoning, Commons Strategy Group and Off the Common Press, 2015.
BORRITS Benoît, Coopératives contre capitalisme, Paris, Syllepses, 2015.
BOYLE James, "The Second Enclosure Movement and The Construction of the Public Domain", Law and Contemporary Problems, 2003 (en ligne).
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CHARBONNIER Pierre & FESTA Daniela, "L’Italie des biens communs", Tracés, Revue de Sciences Humaines, 2016, Hors-Série "Traduire et introduire".
COCCOLI Lorenzo (dir.), Commons/beni comuni. Il dibattito internazionale, goWare, Florence, 2013.
COLLECTIF MAUVAISE TROUPE, Contrées. Histoires croisées de la zad de Notre-Dame-des-Landes et de la lutte No Tav dans le Val Susa, Paris, Éditions de l’Éclat, 2016.
CORIAT Benjamin (dir.), Le retour des communs. La crise de l’idéologie propriétaire, Paris, Les liens qui libèrent, 2015.
DANIEL Emmanuel, Rébellion et désobéissance, la Coopérative intégrale catalane, Éditions Ateliers Henry Dougier, Paris, 2016.

DARDOT Pierre & LAVAL Christian, Commun. Essai sur la révolution au XXIème siècle, Paris, La Découverte, 2014 (rééd. poche 2015).
DARDOT Pierre & LAVAL Christian, "De l’autonomie au commun. Sur Cornelius Castoriadis" (entretien avec Amador Fernández-Savater), Vacarme, juin 2016 (en ligne).
DAVID Pierre-Marie & LE DÉVÉDEC Nicolas, "Des communs au commun: un nouvel horizon sociologique?", SocologieS, octobre 2016 (en ligne).
FESTA Daniela, BERNARDI Claudia, BRANCACCIO Francesco & MENNINI Bianca Maria, Fare Spazio. Pratiche del commune e diritto alla città, Milan, Mimesis, 2015.
FISCHBACH Franck, Le sens du social. Les puissances de la coopération, Montréal, Lux, 2015.
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OST François, La nature hors-la-loi. L'écologie à l'épreuve du droit, La Découverte, 2012.
OSTROM Elinor, Governing the Commons: The Evolution of Institutions for Collective Action, Cambridge University Press, 1990, réed. 2015.
OSTROM Elinor, The future of the Commons. Beyond Market Failure and Government Regulations,  Institute of Economic Affairs, 2012.
QUARTA Alessandra & SPANO Michele, Beni comuni 2.0. Contro-egemonia e nuove istituzioni, Milan, Mimesis, 2015.
RODOTA  S. (2016), "Vers les biens communs. Souveraineté et propriété au XXIe siècle", Tracés, n°16, p. 211-232.
SAUVÊTRE Pierre, "Les politiques du commun dans l’Europe du Sud (Grèce, Italie, Espagne). Pratiques citoyennes et restructuration du champ politique", Actuel Marx, 2016/1, n°59, p. 123-138.
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THOMPSON Edward Palmer, Customs in Common. Studies in Traditional Popular Culture, Londres, Merlin Press, 1991.
THOMÉ Pierre (avec Jean HUET), (Biens) communs, quel avenir?: un enjeu stratégique pour l’économie sociale et solidaire, Éditions Yves Michel, Gap, 2016.


Avec le soutien
du Crédit Coopératif,
de Transform! (european network for alternative thinking and political dialogue),
du FNRS (Fonds National de la Recherche Scientifique - Belgique),
des Laboratoires Sophiapol et Lavue (Université Paris Nanterre),
de l’UPEM (Université Paris-Est Marne-la-Vallée),
du LabTop (Université Paris VIII - Vincennes-Saint-Denis),
de l'ANR Programme PhiCenTrav (Approches philosophiques de la centralité du travail)
et de l'Institut de Recherches de la FSU

Crédit Coopératif
Transform ! FNRS

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Laboratoire Sophiapol
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UPEM
LabTop ANR Programme PhiCenTrav
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