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Programme 2018 : un des colloques


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SAISIR LE RAPPORT AFFECTIF AUX LIEUX
Mise à jour
15/01/2018


DU VENDREDI 15 JUIN (19 H) AU VENDREDI 22 JUIN (14 H) 2018

( colloque de 7 jours )

DIRECTION : Georges-Henri LAFFONT, Denis MARTOUZET

ARGUMENT :

Se dirige-t-on vers une fabrique affective des lieux? Qu'il s’agisse d’architectes, de designers, d’économistes, de géographes, de paysagistes, de sociologues, d’urbanistes, d’artistes ou d’habitants, nombreux sont ceux qui, au niveau conceptuel ou pratique, manifestent un intérêt vis-à-vis du rapport affectif aux lieux. Toutefois, si les discours en ce sens se multiplient, les difficultés rencontrées sont importantes lorsqu’il s’agit de capter, comprendre, mobiliser ou encore susciter les émotions et les sentiments tant — entre aimer et ne pas aimer, témoigner de l’indifférence ou de la détestation —, l’éventail est large et les mécanismes complexes. En outre, les termes employés qualifient autant la personne qui formule un sentiment, que les lieux concernés et la relation elle-même.

Questionnant la possibilité d’une fabrique affective des lieux, ce colloque a deux objectifs. Le premier consiste à saisir le rapport affectif aux lieux: d’une part, en tentant une clarification des dimensions du champ de l’affectif; d’autre part, en confrontant les méthodes scientifiques et les démarches engagées par les acteurs de terrain pour y parvenir. Le second objectif entend aborder les raisons et manières de se saisir de ce rapport affectif pour la transformation des espaces habités. Quelle place lui accorder? Dans quel but? Est-il possible, souhaitable, d’atteindre une certaine amabilité des lieux? Quels en sont les risques? Comment passer du savoir au faire et au savoir-faire?

Au cœur de ce faisceau d’interrogations, les échanges revêtiront des modalités diverses, de la communication suivie d'un débat à l’atelier in situ, de la table ronde à l’arpentage de terrain, mobilisant des compétences très diverses, académiques, opérationnelles, habitantes.

COMMUNICATIONS (suivies de débats) :

Neuropsychologie
* Jacques GLOWINSKI: Le cerveau architecte: la rénovation du Collège de France (conférence introductive)
* Gina STAMM: La ville suffisamment bonne: aimer la ville sans pitié

Sensorialités
* Suzel BALEZ: Puissance émotionnelle de l’odeur dans les lieux
* Émilie BONNARD: Le parfum des lieux: une mémoire affective
* Ben Ori GITAI: Par la fenêtre, le bruit de la ville: du dedans au dehors, transformer les nuisances sonores

Rationalité
* Nathalie GAUSSIER: L’économie urbaine face aux émotions, pour une économie urbaine émotionnelle
* Denis MARTOUZET: Nous ne sommes pas rationnels !
* Emmanuel PETIT: Les enjeux du "tournant émotionnel" dans l’analyse économique - relation, temps et espace

Urbanisme et conception
* Benoît FEILDEL: Faire la ville avec les affects: implications urbaines et pratiques
* Jacques LOLIVE: De la théorie d'un espace public esthétique à l'expérimentation de méthodes participatives dans une recherche sur les milieux de vie
* Sylvie SALLES: Vers une écologie sensible du continuum urbain rural

Instrumentalisation
* Nathalie AUDAS: Imprévisibilité et incertitude des prises affectives des lieux: réflexion pour un urbanisme du care et de l’empathie
* Valérie BILLAUDEAU: Fabrique d’un tiers lieu: saisir le rapport affectif des "Locaux-moteurs" angevins
* Christophe LECLERQ: Saisir le rapport affectif aux lieux: le nouveau visage du spatialisme

Disparitions
* Isabelle FAVRE: Saisir l’effectivité des lieux?
* Philippe GENESTIER: La dramaturgie de la démolition des grands ensembles
* Mélanie PAVY: Nostalgie après la fin du monde
* Patrick ROMIEU: Anthropologie des engagements émotionnels dans les conduites de résistance aux nouveaux climats de terreur

* Nicole MATHIEU: Synthèse

TABLES RONDES :

* Littérature, avec Dany JACOB (L’écriture affective proustienne comme ancre locatif), Justine FEYEREISEN (Tropique de la violence), Cintia OKAMURA (Le théâtre et la littérature comme sources d’inspiration pour les sciences sociales), Pascal SIMOENS (Décodage au travers de la littérature des images rêvées d’un subconscient fabriqué par les habitants)

* Méthodologies, animée par Sophie CARATINI, avec Pascale ARGOD (Des carnettistes et "Urban Sketchers" à la topophilia: une médiation sensible du patrimoine), Inmaculada DIAZ SORIA (L'analyse phénoménologique interprétative des lieux touristiques et les enquêtes photographiques auprès des visiteurs), Cherif HANNA (Se perdre pour mieux se retrouver, une expérience pédagoqique de projétation architecturale hors de l'urbain), Danièle MÉAUX (Des "œuvres enquêtes"), Olivier OCQUIDANT ((Dé)construire les situations urbaines interaffectives), Gaël RANNOU (Le rapport affectif et émotionnel des supporters de football avec le lieu du stade. Quels enjeux sociétaux et méthodologiques?), Mouna ZAIRI (La typologie figurative comme approche méthodologique du rapport affectif au lieu), Olivier ZATTONI (Présences indicielles et affectives du paysage dans les photothèques des appareils mobiles)

* Réalité augmentée, animée par Philippe BACHIMON

ATELIERS :

* Lecture de textes, animé par Jean-Pierre DAVERNON et Nicholas MANNING
* Cartographie affective, animé par Florence TROIN
* Documentaire, animé par Joël DANET
* Écoute, animé par Julie FAUBERT (Etre-là: propositions d’écoute in situ pour les lieux de Cerisy)
* Jeu de reconstruction spatial, animé par Thierry RAMADIER
* Terrain (Granville), animé par Bénédicte MALLIER
* Présentation des travaux des élèves du Collège Anne Heurgon-Desjardins de Cerisy, animé par Virginie LEMOINE et Emmanuelle PELLETIER, avec le concours d'Aline CLAUDEAU

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Danièle MÉAUX: Des "œuvres enquêtes"
Trois réalisations guideront la réflexion: Souvenirs de Berlin-Est de Sophie Calle (1999), Le Grand Ensemble de Mathieu Pernot (2007) et Aux Fenassiers d’Hortense Soichet (2012); par-delà leurs différences, ces œuvres ont pour dénominateur commun de mettre en question le rapport émotionnel d’habitants à l’espace dans lequel ils vivent; afin d’approcher ce rapport subtil et complexe, les trois artistes concernés ont recours à des dispositifs conjuguant des prises de vue et des paroles rapportées. À chaque fois, l’auteur s’efface pour laisser interagir les éléments hétérogènes qu’il a recueillis et conduire ainsi le lecteur/spectateur à effectuer ses propres déductions et à reconstituer peu ou prou les relations affectives qui se tissent entre les personnes et les lieux.

Spécialiste de la photographie, Danièle Méaux est professeur à l’Université de Saint-Étienne. Elle a coordonné le n°319 de la RSH: "Espaces phototextuels" (2015) et La France en albums (XIXe-XXIe siècles) (Colloque de Cerisy, Hermann, 2017). Elle est l’auteur de Voyages de photographes (2009, traduit en anglais en 2017 sous le titre Photographic Travel Books) et de Géo-photographies. Une approche renouvelée du territoire (2015). Elle prépare actuellement un ouvrage sur la démarche de l’enquête, telle qu’elle est mobilisée par les photographes contemporains. Elle est rédacteur en chef de la revue en ligne Focales (www.focales.eu).

Gaël RANNOU: Le rapport affectif et émotionnel des supporters de football avec le lieu du stade. Quels enjeux sociétaux et méthodologiques?
Dans une posture de participant observateur, étant supporter du Paris-St-Germain et faisant partie de groupes que l'on appelle plus communément les ultras, je m'interroge sur le rapport que ce type de supporters noue avec le stade et, plus particulièrement, sur les changements qui s'opèrent dans leurs spatialités et leurs liens affectifs avec la construction des nouveaux stades. Tout d'abord, il s'agira de montrer que le stade est un lieu que les supporters s'approprient et auquel ils s'attachent par leur investissement émotif. Il est ainsi un référent identitaire fort pour les collectifs de supporters mais aussi pour les individus. De plus, l'attachement des supporters en ces lieux semblent remis en cause par la construction de nouveaux stades. On montrera que les nouveaux équipements, par leur aménagement et leur emplacement, ne semblent pas en adéquation avec les pratiques et les représentations d'une partie des usagers du stade. Enfin, ce constat est rendu possible grâce à l'apport de la microgéographie qui permet de saisir le sens et les significations qu'accordent les acteurs à leurs pratiques et à leur spatialité.

Gaël Rannou est doctorant en géographie à l'Université Bordeaux Montaigne au sein de l'UMR 5319 PASSAGES. Il rédige actuellement une thèse, qui s'intitule "Les constructions territoriales des supporters du Paris-St-Germain. Jeux d'identité et enjeux de placement au sein d'un monde sécuritaire", sous la direction d'André-Frédéric Hoyaux. Il s'intéresse aux champs de la géographie politique, de la sociologie urbaine et de la géographie du sport.

Avec le soutien et le concours
du Laboratoire CRITERES (Université François Rabelais de Tours),
de l'ENSASE (Université de Lyon),
du Collège Anne Heurgon-Desjardins de Cerisy-la-Salle
et de l'Office de Tourisme de Granville