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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2018 : un des colloques


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ART, LITTÉRATURE ET RÉSEAUX SOCIAUX
Mise à jour
31/05/2018
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DU LUNDI 21 MAI (19 H) AU LUNDI 28 MAI (9 H) 2018

DIRECTION : Emmanuel GUEZ, Alexandra SAEMMER

ARGUMENT :

Entre les artistes et les réseaux de communication et d'information, la relation est ancienne. Pensons au téléphone, à l'Internet des années 1980 et au Minitel. Depuis le Web des années 1990, les réseaux sont peu à peu devenus une scène de l'art, court-circuitant les chemins traditionnels de production et de diffusion, et un théâtre global, où s'expérimentent de nouvelles dramaturgies, peuplées d'identités multiples, composées avec la communication des machines.

Qu'en est-il, aujourd'hui, avec les réseaux sociaux? Si Facebook ou Twitter par exemple, semblent s'apparenter à de véritables machines d'écriture pour artistes et écrivains, offrant des contraintes littéraires, des matériaux multiples (images, sons, textes), des opportunités de détournements et de dérives, ainsi qu'un espace-temps d'actions et de performances artistiques, ce sont aussi et surtout des entreprises de diffusion mondiale de l'information et des machines à capter le temps et l'attention disponible des utilisateurs. Quels types de rapport l'art et la littérature entretiennent-ils avec ces réseaux? Quelles formes et quelles représentations font-ils émerger des réseaux sociaux? Quels effets sur l'auteur, sur l'œuvre et sa pérennité? Mais encore, dans quelle mesure les artistes, embarqués dans une telle machinerie industrielle et culturelle, parviennent-ils à s'emparer des réseaux, à en faire un médium artistico-littéraire, et à les mettre à l'épreuve? Distance, critique et action (politique) sont-elles seulement possibles?

En sus des communications suivies de débat, le colloque proposera des performances, un atelier d'édition par le collectif PréPostPrint et des expositions de recherche. Il s'adresse aux artistes, chercheurs, étudiants, professionnels du monde de l'art ainsi qu'à toute personne intéressée par les sujets traités.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 21 mai
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 22 mai
Matin:
Emmanuel GUEZ & Alexandra SAEMMER: Introduction
Raphaël BASTIDE, Louise DRULHE & Sarah GARCIN: Présentation de l'Atelier d'édition "DONC" (Un réseau social et une interface de publication des actes en temps réel du colloque, avec le concours des éditions HYX)

Art & GAFAM (1)
Alexandra SAEMMER: Bienvenue dans la Colonie. Enjeux de l’impérialisme algorithmique, et tentatives d’insurrection

CAT room, table ronde par Messenger proposée par Emmanuel GUEZ, avec Ynfab BRUNO, Amandine MAAS et Anaëlle PIRAT

Après-midi:
Théâtralités du réseau (1)
Arnaud MAÏSETTI: Faire théâtre du numérique
Eli COMMINS: Textes numériques et plans de scènes: la carte et le territoire

Atelier d'édition "DONC"

Visite commentée de l'exposition 3615.LOVE (exposition d'art et de littérature Minitel, mêlant des œuvres anciennes et actuelles. Réalisation: PAMAL)


Mercredi 23 mai
Matin:
Écocartographies du réseau
Cécile PORTIER: Faux plats, cartographie par la fiction de nos espaces politiques
Louise DRULHE: L’atlas critique d’Internet

Anonymat, hétéronymat
Emmanuel GUEZ: Éloge de l'invisibilité

Après-midi:
Gustavo GOMEZ-MEJIA: Épiphanies de contenus. Malaises et extases des écrans sociaux

Littérature.com (1)
Anaïs GUILET: Construire une posture auctoriale via le détournement des réseaux: l’#adventuregrams de Caroline Calloway et le Madeleine Project de Clara Beaudoux
Nolwenn TRÉHONDART: Été, social graphic novel sur Instagram
Marc JAHJAH: D'un ordre à l'autre: la mise en livre des écrits de réseau chez Publie.net

Atelier d'édition "DONC"

Soirée:
Serge HOFFMAN: "De la banane à la botte" [Performance]


Jeudi 24 mai
Matin & Après-midi:
Promenades, Discussions, Atelier d'édition "DONC"

Visite commentée de l'exposition Zone Blanche (par Jade Chastan, Chloé Foëx (ESA Avignon) et les étudiants de l'ENSAV-la Cambre)

Soirée:
Lucile HAUTE: "Vivace éphémère essaim" [Performance]


Vendredi 25 mai
Matin:
Théâtralités du réseau (2)
Jean-Pierre BALPE: Le jeu du littéraire
Françoise CHAMBEFORT: My Little Identity

Littérature.com (2)
Gilles BONNET: La LittéraTube, ou les autres voix
Gabriel GAUDETTE: #WhatYouSeeIsWhatYouTweet, mettre le monde en mots-clics

Après-midi:
Art & GAFAM (2)
Albertine MEUNIER: Quand la data va, tout va !
Erika FÜLÖP: La bénédiction du piège sucré: l'auteur numérique face à Facebook
Raphaël BASTIDE: Pédagogie du Surf Club

Atelier d'édition "DONC"

Soirée:
Jerome SAINT-CLAIR: "Dead Minitel Orchestra" [Performance]


Samedi 26 mai
Matin:
Histoires et Médiarchéologies
Serge HOFFMAN: Nouvelles Modalités de l'exposition du Net Art?
Jean-Paul FOURMENTRAUX: IMAGE vs DATA. Art (numérique) et médiactivisme
RYBN: L'usine computationnelle: de Gaspard de Prony au Mechanical Turk d'Amazon

Après-midi:
Minitel & réseaux alternatifs
Jerome SAINT-CLAIR: Le Minitel en phase terminal
Benjamin CADON: Du Minitel à l'informatique paysanne, transformation des paysages imaginaires plantés d'algodonnées

Histoires et Médiarchéologies (suite)
Camille PHILIBERT: Romans télématiques 1983-85 (ASCOO, Vertige(s), L'Objet perdu)

Table ronde, avec Stéphane BIZET (Art Minitel: reconstitution d'un serveur), Lionel BROYE (Dead Social Networks) et Morgane STRICOT (La préservation des œuvres d'art en réseau à l'épreuve des API Google, Facebook, Twitter & co.)

Soirée:
Lucille CALMEL: "L'Animal que donc je suis..." [Performance]


Dimanche 27 mai
Matin:
Conclusions et discussions

Atelier d'édition "DONC"

Après-midi:
DÉTENTE


Lundi 28 mai
Matin:
DÉPARTS

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Jean-Pierre BALPE: Le jeu du littéraire
Considérant depuis toujours que la littérature, comme l’art d’ailleurs, ne dénommait vaguement qu’un taillis broussailleux, j’ai depuis longtemps décidé d’y tailler ma sente personnelle et marginale. Ne sachant pas vraiment où je voulais aller, j’ai longtemps erré dans ce territoire ouvrant des chemins que je ne voulais plus poursuivre ou empruntant des traces qui n’étaient pas les miennes. Pourtant depuis cinquante ans maintenant, j’ai peu à peu découvert, notamment grâce à une rencontre précoce avec l’informatique, le sentier que depuis j’entretiens avec soin et obstination, qui pouvait être le mien et quelles étaient les marques sur la boussole qui me permettaient d’y progresser. Ces marques sont constituées de quelques notions suivantes: poésie, saturation, infini, mobilité, imprévisibilité, expérimentation, jouabilité. Ce sont elles qui seront au centre de ma conférence pour tenter de cerner ce que, au bout de ce chemin, je cherche.

Né en 1942, Jean-Pierre Balpe était, jusqu’en 2005, Directeur du département Hypermédia, du laboratoire Paragraphe et du CITU, Université Paris VIII. De 1973 à 2010, il anime la revue Action Poétique, de février 2006 à décembre 2012, a en charge la Biennale Internationale des Poètes en Val-de-Marne (BIPVAL). A publié de nombreux ouvrages et occupé de nombreuses fonctions d’enseignement, de recherche ou de conseil. Il est officier des Arts et Lettres et une partie de ses archives a été constitué en fond à la BNF.

Raphaël BASTIDE: Pédagogie du Surf Club
Floating Swarm est une plateforme dans la lignée des blogs collaboratifs d'artistes communément appelés Surf(ing) Clubs. Cet espace de diffusion de "Net Art" fut créé sur un réseau web pair à pair, dans le contexte du cours de Raphaël Bastide sur l'art internet à la Parson School of Paris.

Raphaël Bastide est né en 1985 à Montpellier, FR, vit et travaille à Paris, FR. Son travail s'oriente principalement sur les programmes informatiques et la culture numérique qui les entoure. Utilisateur actif et faiseur de programmes libres et open source, il interroge les systèmes inhérents à cette idéologie sous la forme d'installations, de logiciels, d'ateliers ou de performances. Raphaël Bastide est professeur d'art Internet (Net Art) à l'école Parsons Paris, initiateur de nombreux workshops et à l'origine du groupe de recherches PrePostPrint sur l'édition alternative ainsi que membre actif de la fonderie typographique Velvetyne Type Foundry.
http://raphaelbastide.com


Ynfab BRUNO
Ynfab Bruno est photographe. Passionnée depuis toujours de hasard et de nécessité créative, la rencontre fortuite sur une toile d’ordinateur d’un glitch digital et d’une image trop sage a orienté durablement ses choix artistiques. Depuis elle virevolte dans la multitude des soubresauts de l’œuvre collective vivante, hoquetante de l’art connecté, apportant son pixel à l’édifice.
http://fannybruno.net/


Françoise CHAMBEFORT: My Little Identity
Comment apparaît le discours des usagers de Twitter lorsqu'on le dépouille de son contenu et qu'on se focalise uniquement sur les "actes locutoires" (selon la théorie des actes de langage d'Austin), c'est-à-dire sur leur manière de communiquer et la stratégie qu'ils déploient pour cela? Twitter, du fait de la brièveté de ses messages, favorise l'utilisation de codes très précis pour tisser des relations entre les utilisateurs et entre les contenus (hashtags, mentions, retweets...). Si l'on traduit ces codes d'initiés par leur intention en langage quotidien, qu'obtient-on? Quelque chose comme: "Machin a dit un truc. Machin a répété ce qu'avait dit Untel". En s’appuyant sur la typologie des accroches établie par Magalie Bigey et Justine Simon*, My little identity est un dispositif qui donne à voir les mouvements de nos petites identités bavardes.
* BIGEY, Magali et SIMON, Justine, 2017, "Chapitre 2. Analyse des discours d’escorte de communication sur Twitter: essai de typologie des tactiques d’accroches et de mentions", in MERCIER, Arnaud et PIGNARD-CHEYNEL, Nathalie (éd.), #info : Commenter et partager l’actualité sur Twitter et Facebook [en ligne], Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme. Le (bien) commun, p. 55‑86 [Consulté le 22 mars 2018], ISBN 978-2-7351-2405-3.

Françoise Chambefort, artiste-chercheuse, travaille aussi bien le son que l'image fixe ou animée et considère les données comme un matériau à part entière dans ses créations. Diplômée d'un Master en multimédia option Musique et son, elle prépare une thèse sur les flux de données et leurs potentialités narratives au sein du Pôle Conception, Création, Médiations du Laboratoire ELLIADD sous la direction de Ioan Roxin (UFC) et la co-direction de Serge Bouchardon (UTC).

Louise DRULHE: L’atlas critique d’Internet
"Internet, selon l’expression de Louise Drulhe, est un "collage de collages". Et c’est en collant des images que l’artiste cherche à visualiser le réseau des réseaux. Ou, du moins, à nous faire partager une vision de sa structure fondamentale. Or celle-ci ne se laisse approcher que par des vues abstraites, présentées ici sous la forme de quinze "exercices conceptuels de spatialisation". Dans une première hypothèse, Internet serait un point situé au centre de la Terre, un pur symbole où s’agrège toute la connaissance du monde. Mais la réalité fait exploser cette image idéale. Les censures et les "modérations", qu’elles soient chinoise, allemande, russe ou française, ont recréé des frontières entre les pays et fragmenté le Web en autant d’internets. Le cheminement des internautes, au moyen des liens hypertextes, peut être décrit comme une pente où se forment des parcours qui serpentent ou déferlent, selon la richesse et la variété des liens. Avec leur poids de plus en plus décisif, les grands moteurs de recherche et les réseaux sociaux déforment eux aussi la Toile, créant des poches, des bassins d’attraction dont la profondeur reflète la difficulté que l’on peut avoir à en sortir. Dans un clin d’œil aux sites qui s’affichent sur des écrans de toutes tailles et de tous formats, le livre est imprimé à une dimension variable, au gré de l’acheteur."
Philippe Rivière - Le monde diplomatique #747 - Juin 2016.

Diplômée de l’ENSAD Paris (École Nationale Supérieur des Arts Décoratifs), Louise Drulhe (1990) développe une recherche plastique et conceptuelle de cartographie de l’espace d’Internet. Elle envisage la spatialisation comme un outil de compréhension socio-politique de cet espace. Son travail a été exposé à la Biennale de design de St Etienne, à la Biennale d’art contemporain de Moscou, dans des centres d’art comme le Musée d’art moderne de Fribourg. Elle enseigne et participe à des jurys dans différentes écoles d’art comme l’ESAD à Reims, le Master DTCT à Toulouse ou l’École de Condé à Paris.

Jean-Paul FOURMENTRAUX: IMAGE vs DATA. Art (numérique) et médiactivisme
À l’ère du flux et des Big data, les images désormais produites par des machines de vision sont indexées à des bases de données numériques qui en déterminent sinon le sens, au moins les usages: médiatique, policier ou militaire autant qu’artistique. À l’instar de Google, qui participe à cet égard d’une cartographie visuelle du monde, opérée par la technologie Nine Eyes et ses caméras photographiques embarquées dans des Google Car qui sillonnent la planète et instaurent une surveillance généralisée. À contre-courant de ces idéologies de l’innovation, plusieurs artistes et collectifs d’artistes composent des univers visuels et médiactivistes low-tech. Jouant avec les frontières qui opposent traditionnellement les mondes de l’art et de la technique, ils opèrent un détournement des modes de communication et des formes relationnelles numériques. Esthétiques et politiques, leurs créations tendent également à se déployer hors de l’écosystème numérique et à s’inscrire via des objets tangibles dans l’espace urbain.

Jean Paul Fourmentraux, sociologue (PhD) et critique d’art, est professeur à l'université Aix-Marseille. Habilité à diriger des recherches (HDR) par l'université de Sorbonne-Paris 5, il est membre de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) chercheur au Centre Norbert Elias (UMR-CNRS 8562) et initiateur du programme Art-Science-Société à l’Institut Méditerranéen d’études avancées (IMéRA - RFIEA).
https://ehess.academia.edu/JeanPaulFourmentrau // http://www.linkedin.com/in/jeanpaulfourmentraux
Publications:
Art et internet, CNRS, 2010.
Artistes de laboratoire: Recherche et création à l’ère numérique, Hermann, 2011.
L’œuvre commune: affaire d’art et de citoyen, Presses du réel, 2012.
L’Œuvre virale: Net art et culture Hacker, La Lettre Volée, 2013.
(Dir.) L’Ere Post-media, Hermann, 2012.
(Dir.) Art et Science, CNRS, 2012.
(Dir.) Identités numériques: Expressions et traçabilités, CNRS, 2015.
(Dir.) Digital Stories: Art, design et culture Transmedia, Hermann, 2016.
(Dir.) Images interactives, La Lettre Volée, 2017.


Erika FÜLÖP: La bénédiction du piège sucré: l'auteur numérique face à Facebook
Depuis l’émergence des réseaux sociaux, le web n’est plus comme avant: ceux-là redéfinissent non seulement nos interactions avec nos proches et l’étendue de notre cercle d’"amis", mais également notre manière d’être présents sur la Toile et les usages que nous en faisons. Facebook et Twitter "façonnent la manière dont nous créons", comme le note Neil Jomunsi, et cela vaut également pour les artistes et auteurs numériques qui ne s’emparent pas directement de ces sites comme outil de création. Refuser complètement leur usage semble pratiquement impossible pour un auteur qui cherche à créer et à obtenir une certaine visibilité en dehors des structures traditionnelles de l’édition. Neil Jomunsi a essayé: auteur "de romans, de feuilletons pulps déjantés, de livres dont vous êtes le héros, d’essais et de nouvelles" qu’il publie sur son site, sur YouTube ou qu’il autoédite, il a tenté de quitter les réseaux sociaux. Il a tenu pendant un mois et demi. Pourtant le trafic de son site page42.org n’en paraissait pas affecté. Pourquoi y revenir donc? Cette communication se penchera sur l’histoire de cette tentative de refus et analysera la relation complexe qui lie l’auteur à Facebook.

Erika Fülöp, maître de conférences en littérature française à l’Université de Lancaster, a été précédemment chercheuse boursière de la Fondation Alexander von Humboldt à l’Université de Hambourg et maître de conférences à New College, Oxford. Sa recherche porte sur l’entrecroisement entre philosophie, théorie et littérature à l’époque moderne et contemporaine, en particulier sur les manières dont le numérique nous invite à réviser le concept même de littérature. Elle s’intéresse actuellement à la création littéraire sur YouTube et à l’effet de l’entrecroisement des réseaux et des médias sur l’écriture.
Publications:
Monographie sur Proust: "Proust, the One, and the Many: Identity and Difference", in À la recherche du temps perdu, Legenda, 2012.
Codirection de trois ouvrages collectifs:
Cent ans de jalousie proustienne, Classiques Garnier, 2015 (avec Philippe Chardin).
Protean Selves: First-Person Voices in Twenty-First-Century French and Francophone Narratives, Cambridge Scholars, 2014.
Cherchez la femme: Women and Values in the Francophone World, Cambridge Scholars, 2011 (avec Adrienne Angelo).


Gustavo GOMEZ-MEJIA: Épiphanies de contenus. Malaises et extases des écrans sociaux
Comment penser les rencontres ordinaires des "plateformes" industrielles et des imaginaires artistiques? De retour sur un itinéraire de recherche qui part d’une sémiologie des dispositifs des "réseaux sociaux" et débouche sur des questionnements situés "à hauteur d’homme", cette contribution cherche à mettre en tension des arguments critiques et des expériences esthétiques qui peuvent encadrer notre regard sur les écrans. À partir d’une série d’observations, menées en tant que spectateur anonyme de Twitter et débouchant sur des likes et des captures d’écran, une hypothèse est formulée: au-delà des "malaises" que suscite une approche des dispositifs en termes d’industrialisation et d’assujettissement, il est possible d’envisager une lecture plus sensible aux "épiphanies" que procurent certains "contenus" à l’écran. Certaines productions — que l’on pourrait qualifier de para-, proto- ou pseudo-artistiques — réenchantent alors la critique d’une époque folklorisée sous les signes du "social" et du "digital".

Gustavo Gomez-Mejia, maître de conférences en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Tours, est membre de l’équipe Prim (Pratiques et ressources de l’information et des médiations). Ses recherches portent principalement sur les industries culturelles et les dispositifs numériques. Rédacteur en chef adjoint de la revue Communication & langages.
Publication:
Les fabriques de soi? Identité et industrie sur le Web, MkF éditions, 2016.

Anaïs GUILET: Construire une posture auctoriale via le détournement des réseaux: l’#adventuregrams de Caroline Calloway et le Madeleine Project de Clara Beaudoux
"C’est que notre vie est une histoire qui non seulement a besoin, mais qui mérite d’être racontée" déclare Ricœur dans Temps et récit 3 (p. 115). Caroline Calloway partage la sienne photo publiée sur Instagram après l’autre, quand Clara Beaudoux dévoile sur Twitter celle de l’ancienne locataire de son appartement, Madeleine, qui a laissé après son décès une cave remplie de souvenirs. Il s’agira d’interroger comment les deux jeunes femmes détournent les réseaux sociaux de leur fonction première afin de construire un récit a posteriori d’une expérience, entre journal extime et fiction. À travers leurs performances et leur désir d’écriture, Beaudoux et Calloway font ployer les réseaux sociaux en élaborant une posture narrative et auctoriale, dont la consécration littéraire passera par la publication sous forme de livre papier de leurs photographies, tweets et autres statuts.

Anaïs Guilet est maîtresse de conférences à l'Université Savoie Mont Blanc, Chambéry départements de Lettres & Hypermédia - Communication. Elle est responsable Licence de Lettres Modernes.
www.cyborglitteraire.com


Arnaud MAÏSETTI: Faire théâtre du numérique
Si l’usage du numérique sur le plateau procède déjà d’une histoire qui commence à dater et qui relève in fine banalement de cette faculté qu’ont toujours eue les arts scéniques d’intégrer dans leur processus de création les techniques de leur temps, il s’agit ici de proposer une lecture théâtrale, ou dramaturgique, du numérique, et notamment des sites d’auteurs ou des écritures en réseaux. En quoi le web est-il une scène, et comment la penser avec les outils de la dramaturgie? Persona, actes, échanges, mais aussi, de manière plus paradoxale, mais plus féconde aussi: corps, voix, présence, plateau seraient autant de termes qui pourraient nous faire penser les écritures numériques comme spectres théâtraux, et peut-être en retour le théâtre comme virtualité toujours en puissance.

Amandine MAAS
Bande dessinée, peinture, performance, photographie ou installation, sa pratique plastique n’est pas fixée sur un médium de prédilection, mais plutôt sur une problématique, qui traite de la communication et de l’image de soi sur les réseaux sociaux.
L’engouement autour du partage de données personnelles, la différence flagrante entre la vie vécue et la vie racontée sur Internet sont les thèmes principaux de son travail. Ayant eu l’occasion de présenter ses performances au Palais de Tokyo lors du festival DO DISTURB (2017), aux Beaux arts lors du défilé Nouvelle Collection Paris (2016) ou encore en ligne sur Youtube et Facebook (2013-2014), sa pratique passe aussi par d’autres médiums tels que la photographie, l’installation ou la peinture. Cette autre dimension de son travail a été présentée en 2017 à la Cité Internationale des Arts lors de l’exposition collective Comme il vous plaira, en 2016 aux Beaux Arts de Paris lors de l’exposition La moindre apparition sera la bienvenue, ou plus récemment en 2018 dans le square Léon et le jardin Poissonniers dans le 18ème arrondissement de Paris, dans le cadre du festival Arts en Espace Public organisé par l’association Art Exprim.
http://www.amandinemaas.com/


Albertine MEUNIER: Quand la data va, tout va !
Un des constituants essentiels de ce monde est la Data — données numériques. Data que nous créons par nos usages numériques et nos outils quotidiens, informations du monde réel qui digitalisé se trouvent transformés en Data, capteurs qui disposés dans notre environnement génèrent eux-aussi de la Data. Les exemples sont extrêmement nombreux car, de par la numérisation de notre monde, on pourrait être tenté de dire que Tout est Data, ou que tout devient Data. Si tel est le cas, la Data mérite bien sa majuscule !
Les grands acteurs de l'internet, les GAFA, Google Amazon Facebook Apple, l'ont bien compris et génèrent toujours plus de Data en numérisant notre monde à tour de bras. Ils deviennent les démiurges d'un nouveau monde où la Data est la pépite, l'atome, la particule élémentaire.

Née en 1964, Albertine Meunier vit et travaille à Paris et Vitry sur Seine. Elle pratique l’art dit numérique depuis 1998, et utilise tout particulièrement Internet comme matériau et terrain d’exploration. Dans une démarche à la fois critique et ludique, elle questionne les grands acteurs de l’Internet, et ce nouveau monde que sont la Toile et les réseaux. Elle explore l’essence d’une poésie, d’une esthétique du numérique et des réseaux et cultive les formes simples, minimales, semblant parfois "bricolées". Elle tente dans ses recherches et pièces créées à révéler l’invisible ou la poésie des choses numériques. Elle est DataDada et cela se voit !

Anaëlle PIRAT
Anaëlle Pirat-Taluy, née à Lyon en 1980, vit et travaille à Grenoble. Selon les besoins des artistes avec lesquels elle collabore, elle est critique d’art, romancière, conteuse, correspondante, historienne, archiviste, biographe ou lectrice. Titulaire d'un DNSEP à l’École Supérieure d’Art de Grenoble et d'un Master en histoire de l’art à l’Université de Rennes 2, elle a travaillé comme chargée de production au Magasin-CNAC et participe activement aux projets de l’Association pour l’Agencement des Activités à Grenoble. Elle a contribué sous différents pseudonymes à des revues, des catalogues, des livres d’artistes, des émissions de radio ou des expositions. Elle a dirigé un ouvrage anthologique sur le label Dick head man Records, paru en 2016 aux Éditions AAA et elle vient de publier pour ces mêmes éditions La constellation du petit panda roux, un recueil de lettres adressées à l’artiste Clôde Coulpier.
Dick head man Records (DhmR) est un label de variété musicale qui regroupe une centaine de formations de tout genre et de tout pays. C’est aussi le lieu d’une activité et d’une production plastique importante, portée par des artistes qui se sont emparés des moyens de diffusion et de promotion des groupes. Étant apparu dans les années 2000, le label DhmR, dit "fictif mais effectif", a pris la forme d’une structure artistique collective à géométrie variable, accompagnée par des artistes, des musiciens, des théoriciens, des réalisateurs ou des graphistes, qui utilisent DhmR comme une plateforme de production et de réflexion autour de la musique et ses modes de représentation. Son mode de fonctionnement est atypique : entité partagée par de nombreux auteurs, DhmR n’existe sous aucune forme juridique et n’a pas d’instance dirigeante. Les formations musicales ne sont reliées à aucun contrat et les productions musicales, plastiques ou textuelles sont proposées en diffusion libre — tout peut être écouté, vu et téléchargé gratuitement sur Internet. L’appellation DhmR est elle-même libre d’utilisation et tout individu peut en disposer en y associant son nom, de façon anonyme ou sous couvert de différents pseudonymes, participant ainsi à la construction même de l’identité du label.


Cécile PORTIER: Faux plats, cartographie par la fiction de nos espaces politiques
Il y a bien quelque chose qui nous rassemble. Un espace. Des espaces. Des espaces d’échanges, de discussion, qui pourraient bien, qui devraient trouver à devenir politiques. Quelle forme ont ces espaces? Sont-ils clos? Sont-ils protégés? Sont-ils à plusieurs dimensions? Nous ne connaissons peut-être pas bien ces espaces. Rien n’est acquis, en matière de connaissance. Regardez, on nous redit que la terre serait peut-être plate. Internet est-il plat lui aussi? Et si c’est plat, pourquoi y rame-t-on tant? La vitesse n’est jamais assez bonne. Sur les murs, s’affichent des opinions rances, toujours les mêmes. Mais si rien n’avance, pourquoi a-t-on tant de mal à s’y repérer? L’horizon fait défaut. Et pourtant, tout y est visible. Il n’y a pas de coin. Juste un double-fonds. Des offuscations. Des mirages à chaque absence de tournant.
Il s’agit de trouver une figure à l’espace dans lequel nous évoluons.
Cette figure, ce serait le faux plat. Mais si ça penche, vers où ça va?

Cécile Portier mène une activité d’écriture, où les formes papier, numérique et performance se côtoient.
Publications de récits poétiques:
Contact, Seuil, coll "Déplacements", 2008.
Saphir Antalgos, travaux de terrassement du rêve
, Publie.net, 2010.
Les Longs Silences
, Publie.net, novembre 2015.
Créations pour le web:
Traque traces.
Étant donnée (http://etantdonnee.net).


RYBN: L'usine computationnelle: de Gaspard de Prony au Mechanical Turk d'Amazon
Depuis quelques années, Internet est au cœur d'une nouvelle forme d'organisation distribuée du travail, et les internautes, parfois sans le savoir, sont devenus une force de travail à exploiter. Sur ce marché émergent, plusieurs plateformes sont en concurrence, mais la plus emblématique reste sans aucun doute Amazon Turk, célèbre marché de main-d’œuvre en ligne, pour l'exécution de tâches simples ne nécessitant aucune compétence particulière (traitement simple de données, entraînement d'algorithmes, classements, reconnaissances d'images, ...), et ce pour quelques cents. Cette forme d'organisation du travail plonge ses racines dans les principes de division du travail d’Adam Smith; mais aussi dans l'usine de calculs de Gaspard de Prony (1793) qui applique ces principes industriels de travail à des tâches abstraites, à des calculs. Cette usine computationnelle de G. de Prony (contemporaine du Mechanical Turk de Wolfgang von Kempelen), en associant calcul et travail à la chaîne, suggère que la vision économique libérale imprègne les machines computationnelles au plus profond de leurs architectures. Le travail de recherche "Human Computers" mené par le collectif RYBN consiste à étudier cet entremêlement à la source entre théorie économique libérale et cybernétique, entre machines computationnelles et organisation scientifique du travail.

RYBN.ORG est une plateforme de recherche artistique, expérimentale et indépendante créée en 1999, et basée à Paris. RYBN.ORG explore la production de formes issues d'une mise en tension de phénomènes socio-économiques, scientifiques et politiques. Le collectif suit une méthodologie d’enquête extra-disciplinaire sur les systèmes complexes et ésotériques — algorithmes de trading haute fréquence, architecture de l’économie offshore, structure des marchés financiers, herméneutiques de la kabbale, protocoles réseaux, virus informatiques.
En savoir plus: http://rybn.org


Alexandra SAEMMER: Bienvenue dans la Colonie. Enjeux de l’impérialisme algorithmique, et tentatives d’insurrection
Je présenterai dans cette communication quelques profils complices d’une expérimentation littéraire qui a lieu sur facebook depuis un an et demie. Anna-Maria Wegekreuz, fille adoptive d’une certaine Rachel Charlus, est Allemande mais vit en France. Marga Bamberger, sa marraine, est décédée il y a vingt ans dans un petit village en Bavière. Les trois profils sont des personnages de fiction qui se racontent sur facebook. Ils réagissent, au jour le jour, aux scandales, joies et drames, personnels et collectifs, qui agitent nos vies. Ils participent à un feuilleton intitulé Nouvelles de la Colonie, qui raconte les luttes de pouvoir et trahisons ordinaires d’une poignée de fonctionnaires enrôlés dans un régime totalitaire. La Colonie est le régime qui nous gouverne. Il repose sur une bureaucratie algorithmique qui régule tous les domaines de la vie. La littérature "numérique" doit-elle se contenter, par définition, de proposer des "prophéties dystopiques" de l’impérialisme algorithmique? Quelles pourraient être ses modalités d’insurrection, malgré tout?

Alexandra Saemmer est professeure des universités en sciences de l’information et de la communication (laboratoire CEMTI-ACME, Université Paris 8). Ses recherches portent sur la construction du sens à partir du le texte et de l’image numériques. Les formes et figures du texte et de l’image sont étudiées dans une approche de sémiotique sociale, qui s’intéresse tout autant aux matérialités des signes sur leurs dispositifs qu’aux processus sociaux de réception.
Monographie récente:
Rhétorique du texte numérique, Lyon, Presses de l’Enssib, 2015.
Ouvrage codirigé récent:
Livres d’art numériques, avec Nolwenn Tréhondart, Paris, Hermann, 2017.


Jerome SAINT-CLAIR: Le Minitel en phase terminal
Les caractéristiques techniques du Minitel et les normes standardisées utilisées, ou mises en place, lors de sa conception nous permettent aujourd'hui de lui offrir une seconde vie au-delà des usages pour lesquels il a été conçu. Déconnecté de ses services historiques, il devient objet d'expérimentation en ses qualités de terminal passif tout en continuant à rayonner en tant qu'objet vintage pré-internet. Comment mettre au centre de ses pratiques numériques un objet aux accents désuets, teinté de nostalgie? Comment le préserver et imaginer de nouveaux usages? Les caractéristiques du Minitel nous donnent la possibilité de le faire renaître de ses cendres. Moyennant une réappropriation de la maîtrise technique qui l'entourait, il nous est possible de le remettre au centre de notre quotidien, alors même qu'il a été abandonné au profit de technologies plus lucratives ou plus percutantes sur le plan marketing. De l'abandon à la ré-adoption.

http://www.saint-clair.net/


Nolwenn TRÉHONDART: Été, social graphic novel sur Instagram
Durant l’été 2017, Arte a diffusé la bande dessinée numérique Été spécifiquement conçue pour  le réseau social Instagram, au rythme d’un épisode par jour. Cette communication se propose de revenir sur cette expérience littéraire et artistique, qui a connu un énorme succès en attirant, en deux mois, plus de 78 000 abonnés-lecteurs qui ont laissé de nombreux commentaires. Nous analyserons les modalités d’éditorialisation de la bande dessinée Été sur la machine d’écriture Instagram, que nous confronterons aux discours de concepteurs que nous avons interrogés et aux commentaires de lecteurs. Nous mettrons en relief les dialogues, consensus et dissensus représentationnels qui ont émergé, entre épuisement des concepteurs à s’ajuster aux changements algorithmiques et sémiotiques de la plateforme et épuisement des lecteurs déstabilisés dans leurs habitudes de lecture,
Compte Instagram: ete_arte
Été, écrit par Thomas Cadène et Joseph Safieddine, d’après un concept narratif de Camille Duvelleroy, llustré par Erwann Surcouf, mis en musique par Santoré. Une co-production Bigger than fiction et Arte France développement numérique.

Nolwenn Tréhondart est maître de conférences en sciences de l’information et de la communication, rattachée au CREM (EA3476). Elle enseigne à l’ESPE Lorraine. Sa thèse intitulée "Le livre numérique enrichi: conception, modélisation de pratiques, réception" retraçait la genèse d’une méthodologie d’analyse socio-sémiotique, alliant en profondeur l’étude empirique des contextes de production et de réception du livre numérique enrichi avec l’analyse des stratégies sémiotiques et rhétoriques de ses interfaces. Ses travaux actuels portent sur la sémiotique sociale appliquée aux industries culturelles et médiatiques, dans le cadre notamment de l’éducation aux médias en contexte scolaire.

PERFORMANCES :

Lucille CALMEL: "L'Animal que donc je suis..."
Depuis quelques années, essais, magazines, conférences, émissions, expositions, travaux en éthologie, prises de conscience citoyenne, publications et partages en ligne de vidéos modifient notre perception des animaux. Dans le champ de l'art performance, de plus en plus d'artistes œuvrent pour des animaux (Art orienté Objet, Performance for pets, Virginie Huyghebaert, Antigone Theodorou, Léa le Bricomte, Laurie Anderson...). En ligne, les animaux occupant chaînes, pages, comptes sont suivis par des millions d'internautes, certains de leurs propriétaires devenant millionnaires. Des études scientifiques supportent les entreprises qui laissent voir à leurs employés des "lolcats" afin d'améliorer leur productivité. Les frontières supposées exister selon certains en matière de création, de jeu, de conscience... entre animaux humains et non humains s'amenuisent ou disparaissent. Dans ce contexte, je proposerais un workshop-performance où est créée une vidéo pour occuper les animaux sur Youtube, ou une performance en ligne où je convoquerais les animaux d'internautes ou encore des amis afin de former un chœur à partir de "talking cats" célèbres...

Lucille Calmel est performeure, metteure en scène, écrivaine, curatrice, pédagogue. Elle vit à Montpellier où elle initie le collectif de performeures "Les Trifides", puis dirige avec Mathias Beyler la compagnie théâtrale expérimentale "myrtilles" ainsi que ".lacooperative", un lieu de recherche et de résidence transdisciplinaire. À Bruxelles depuis 2005, elle développe en chair & en ligne des performances, laboratoires et événements. Elle se consacre actuellement à sansespace (previously on), une installation audiovisuelle à partir de captures d'écran de 250 séries tv, une monographie axée sur ses travaux numériques et une recherche sur les relations entre arts et animaux vivants. Elle est également en 2018 commissaire invitée par le festival européen Ladybug à Lyon sur le thème du technopaganisme.Elle enseigne la performance à l'École Supérieure d'Art d'Avignon de 2013 à 2015, à l'École Nationale Supérieure des Arts Visuels La Cambre depuis 2011 et la médiation culturelle à l'Université Paris-Est Marne-La-Vallée depuis 2017. http://www.myrtilles.org/news/ et http://vimeo.com/lucillecalmel
Bibliographie:
Festival européen de performance Trouble:
www.myrtilles.org/lu/avant/based%20on%20an%20almost%20true%20story.pdf
MCD / ESAA PAMAL:
www.myrtilles.org/lu/avant/archeologie%20du%20lolcat%20MCD%2075.pdf
BELA SACD SCAM:
www.myrtilles.org/lu/avant/_%20procatinator%20_.pdf
GOETHE INSTITUT / SLOW MEDIA INSTITUTE:
http://blog.goethe.de/streamingegos/archives/226-From-permanence-to-oblivion.html


Lucile HAUTE: "Vivace éphémère essaim"
Figure politique, féministe, écologiste, queer, Sorcière retourne le stigmate, fait face à l’histoire, aux oppressions subies et infligées, héritées et actuelles. Sorcière renaît, n’en finit pas de renaître, "les femmes vivent" sur papier et "Bind TRUMP" sur instagram. Poétique, spirituelle, plurielle, Sorcière fédère, inspire, traverse. Comment construire d’autres possibles? "Nous ne croyons pas en la Déesse, nous nous connectons à elle". Ielles travaillent à désorceler le monde des méphitiques incantations du progrès industriel. Les sorcières veulent construire d’autres possibles. "Nous ne nous battons pas pour la nature, nous sommes la nature qui se défend". Mais se rencontrent, s’organisent et sont ensemble grâce, notamment, à des plateformes en ligne. Ielles se trouvent, se réunissent, pensent, partagent, font réseau, font toutes ces choses utopiques et belles qui ont été le premier imaginaire d'Internet. "Les outils du maître ne détruiront jamais la maison du maître". C’est un tout autre imaginaire qui fleurit aujourd’hui autour d’Internet. Au refuge d’une autre maison qui fût seigneuriale, il s’agira de glisser entre les pierres du château une graine, boite aux lettres morte, un arrêt dans le flux de données, comme un rendez-vous d’une temporalité et d'une dignité non connectées. Dans la boîte et dans les bouches: les mots. Ceux de Starhawk, Susan Griffin, Carol P. Christ, Joanna Macy, Carolyn Merchant, Audre Lorde. Dans la boîte et sur les rétines: les images, surgissements, Sorcière.

Lucile Olympe Haute est plasticienne, performeuse, vidéaste, artiste pluri-média. Au moyen de techniques traditionnelles (écriture, incantation, dessin) et contemporaines (vidéo, photo, programmation), elle opère à la lisière des espaces tangibles et imaginaires pour étudier et incarner Cyborg ou Sorcière. De 2012 à 2017, avec le collectif Hyperfictions.org, elle conçoit et coécrit une fiction hypertextuelle présentée sous forme d’installation et de roman numérique, notamment à l’Institut Français de Rome, à la Bergen Public Library, à Ars Electronica, à la BnF et à la Gaité Lyrique. Enseignante-chercheuse en design à l'Université de Nîmes, chercheuse associée à EnsadLab (École nationale supérieure des Arts Décoratifs - PSL), elle fait partie du groupe écoféministe Reclaiming France. Elle dirige une collection chez l'éditeur Art Book Magazine. Membre du collectif PrePostPrint, elle s’attache à développer des éditions alternatives hybrides et numériques.
Ses projets sont documentés sur son site lucilehaute.fr.

Publications:
"Traversée de l’écran (et retour): sur la performance Disorder Screen Control", dans Figures de l’Art, n°26: "Les nouveaux dispositifs immersifs", Bernard Andrieu (dir.), Presses de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour, 2014, pp.451-466.
"L'hyperfiction Conduit d'aération, un projet de recherche-création", dans Formules, n°19, faisant suite au colloque "Formes: supports / espaces" au Centre culturel de Cerisy-La-Salle, Presses Universitaires du Nouveau Monde, 2015, p. 415-436.
"Design des catalogues d’expositions sur support numériques. Conception graphique et interactive: étude de cas", in A. Saemmer, N. Trehondart (dir.), Paris, Hermann, à paraitre en 2017.
"L’hyperfiction Conduit d’aération: entre littérature et design, construction d’un roman augmenté pour tablettes et liseuses", in Les écrans tactiles mobiles, Anaïs Guillet (dir.), Paris, éd. publi.net, 2016, pp.271-315.


ATELIER D'ÉDITION "DONC" :

Raphaël BASTIDE, Louise DRULHE & Sarah GARCIN

DONC est un réseau social et une interface de publication en temps réel des actes du colloque, avec le concours des éditions HYX.
Tous les participants seront invités à rejoindre le réseau DONC afin de contribuer aux contenus de la publication. La semaine s'achèvera avec l'impression de l'édition à partir des éléments récoltés par DONC.

Sarah Garcin, Louise Drulhe et Raphaël Bastide sont membres du collectif PrePostPrint, initiative visant à explorer et documenter les formes de publications alternatives, issues des technologies web, programmatiques, et sous licence libre.
En savoir plus: http://prepostprint.org
Bibliographie:
Workshop PrePostPrint, Chercher, manipuler, partager, imprimer, Strabic (en ligne).
Code X, 01-PrePostPrint, éditions HYX (en ligne).


BIBLIOGRAPHIE :

BADOUARD, Romain, Le désenchantement de l’Internet, Paris, FYP, 2017.
BENKLER, Yochai, The Wealth of Networks, New Haven (CT), Yale University Press, 2006.
BERARDI, Franco "Bifo", The Uprising, On Poetry and Finance, Cambridge (MA), MIT Press, 2012.
BONNET, Gilles, Pour une poétique numérique. Littérature et Internet, Paris, Hermann, 2017.
CITTON, Yves, Pour une écologie de l'attention, Paris, Seuil, 2014.
CITTON, Yves, Médiarchie, Paris, Seuil, 2017.
COLLECTIF, Manifeste médiarchéologiste, 2016 [en ligne].
FOURMENTRAUX, Jean-Paul, Art et Internet, Les nouvelles figures de la création, Paris, CNRS, 2005.
GEORGES, Fanny, Identités virtuelles, Les profils utilisateur du web 2.0, Paris, L>P, 2010.
GOLDSMITH, Kenneth, Wasting Time on the Internet, New-York (NY), HarperCollins, 2016.
GOMEZ-MEIJA, Gustavo, Les Fabriques de soi ? Identité et Industrie sur le web, Paris, MKF, 2016.
GUEZ, Emmanuel (éd.), Machines d'écritures, MCD, n°66, 2012.
GUEZ, Emmanuel, STRICOT Morgane, BROYE Lionel et BIZET Stéphane, "The afterlives of network-based artworks", Journal of the Institute of Conservation, 2017 [en ligne].
GUILET, Anais, Pour une littérature cyborg: l'hybridation médiatique du texte littéraire, Thèse de Doctorat [en ligne + http://cyborglitteraire.com/].
HAYLES, N. Katherine, Lire et Penser en milieux numériques, trad. C. Degoutin, Grenoble, ELLUG, 2016.
LALONDE, Joanne (éd.), Abécédaire du Web [en ligne].
LOVINK, Geert, Networks Without A Cause, Cambridge, Polity, 2011.
LOVINK, Geert, Unlike Us Reader, Social Media Monopolies and Their Alternatives, Amsterdam, Institute of Networks Culture, 2013.
LOVINK, Geert, "What Is the Social in Social Media ?", in Hito Steyerl (éd), The Internet does not exist, Berlin, Sternberg Press, 2012.
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MAILLAND, Julien, DRISCOLL Kevin, Minitel, Cambridge (MA), MIT Press, 2017.
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PIRAT-TALUY, Anaëlle (éd.), Dick Head Man Records, Une anthologie commentée, Grenoble, AAA, 2016.
SAEMMER, Alexandra, Rhétorique du texte numérique, Lyon, Presses de l’ENSSIB, 2015.
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SCHAFER, Valérie, SERRES, Alexandre (éds.), Histoires de l’Internet et du Web, infoclio.ch, 2017 [en ligne].
STIEGLER, Bernard (éd.), Réseaux sociaux: Culture politique et ingénierie des réseaux sociaux, Paris, FYP, 2012.
THÉLY, Nicolas (éd.), Search terms: Basse déf., Paris, B42,  2012.
THÉLY, Nicolas, Le Tournant numérique de l'esthétique, Paris, Publie.net, 2011.
THÉLY, Nicolas, Vu la webcam (essai sur la web-intimité), Dijon, Les Presses du Réel, 2002.
TURKLE, Sherry, Alone Together: Why We Expect More from Technology and Less from Each Other, New-York (NY), Basic Books, 2011.

VAILLANT, Alain, LINARÈS, Serge, SAEMMER, Alexandra, LEGOY, Corinne, La poésie délivrée, Presses de Paris Ouest, 2017.


Webographie des auteur(e)s, artistes et collectifs du colloque
Jean-Pierre Balpe, http://www.balpe.name/
Benjamin Cadon, https://labomedia.org/
Lucille Calmel, http://www.myrtilles.org/news/
Thomas Cheneseau, https://facebookfeedback.blog/
Eli Commins, http://www.elicommins.com/
Louise Druhle, http://louisedrulhe.fr/
Emmanuel Guez, http://writingmachines.org/
Nicolas Frespech, http://www.frespech.com/
Lucile Haute, http://lucilehaute.fr/
Arnaud Maisetti, http://www.arnaudmaisetti.net/
Albertine Meunier, http://www.albertinemeunier.net/
Cécile Portier, https://petiteracine.net/
PAMAL, http://pamal.org/
Prépostprint, https://prepostprint.org/
RYBN, http://rybn.org/
Alexandra Saemmer, http://www.alexandrasaemmer.fr/


Autre webographie sélective d'auteur(e)s, artistes, collectifs, organisations
Annie Abrahams, http://bram.org
François Bon, https://www.youtube.com/user/tierslivre
Christophe Bruno, https://christophebruno.com/
Dick Head Man Records, http://dickheadmanrecords.blogspot.co.at/
Anne Horel, http://www.annehorel.com/
Julien Levesque, http://www.julienlevesque.net/
Liens Invisibles, http://www.lesliensinvisibles.org/
Sondes, http://sondes.chartreuse.org/
The Wrong Biennale, http://thewrong.org/


Avec le soutien
de l'École Supérieure d'Art d'Avignon (PAMAL),
du Laboratoire d’excellence des arts et médiations humaines (Arts-H2H),
avec la participation
de l'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs, Paris (ENSAD),
de l’École Nationale Supérieure des Arts Visuels, Bruxelles (ENSAV),
du Laboratoire PRIM (Université de Tours)
et du Laboratoire CEMTI (Université Paris 8)