Logo CCIC
CCIC
CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2017 : un des colloques





Mot exact
Choix du nombre
de résultats par
page:
Flyer VILLES ET TERRITOIRES RÉSILIENTS
Mise à jour
22/05/2017


DU MARDI 19 SEPTEMBRE (19 H) AU MARDI 26 SEPTEMBRE (14 H) 2017

(colloque de 7 jours)

DIRECTION : Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ, Éric LESUEUR & Dinah LOUDA (Institut Veolia), Cécile MAISONNEUVE & Chloé VOISIN-BORMUTH (La Fabrique de la Cité)

ARGUMENT :

Confrontés à la mondialisation (dont l’un des aspects majeurs est l’urbanisation), les villes et les territoires s’interrogent sur leurs capacités d’adaptation face aux mutations du monde contemporain. Comment concevoir la transformation des espaces urbains, des modes de vie, des capacités d’apprentissage, des formes de gouvernance assurant des équilibres soutenables et dynamiques? Pour aborder ces questions, la notion de résilience, utilisée dans différents domaines (biologie, psychologie ou cyndinique) et qui mobilise aujourd’hui des experts, chercheurs, citoyens et élus, paraît féconde. Il s’agit, face aux perturbations, aux chocs ou vulnérabilités qui surgissent de manière parfois imprévisible, de développer à la fois une compréhension des complexités à l’œuvre et des capacités de rebond, d’organisation, d’adaptation, d’invention.

L’ambition de ce colloque, qui s’adresse à tous ceux que l’avenir des villes et territoires intéresse, est, par le croisement de multiples regards, de dégager des pistes de réflexion et d’action susceptibles de concourir à une résilience accrue des villes et des territoires. Dans une perspective pluridisciplinaire et internationale, il considérera plusieurs situations de chocs ou de perturbations (changement climatique, défis du développement économique et social, risques et ruptures technologiques, paramètres démographiques ou migratoires, terrorisme, gestion intelligente des ressources). Il interrogera aussi le lien entre bien-être urbain et résilience au filtre du rapport affectif et culturel accordé aux lieux. Il analysera les enjeux de gouvernance et les rôles respectifs des politiques publiques, de la société civile et des individus dans une perspective d’intelligence collective. Enfin, il identifiera des leviers et des processus aptes à améliorer la résilience territoriale face aux risques naturels, socio-économiques et technologiques.

CALENDRIER PROVISOIRE :

Mardi 19 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mercredi 20 septembre
Matin:
La résilience: quelles fécondités pour les villes et les territoires?
Serge TISSERON: Résiliences, de quoi parlons-nous?
Philiep BOSSIER: La résilience urbaine: une perspective historique et culturelle?
Samuel RUFAT: Résilience, anthropocène, extinction... de la critique?

Après-midi:
Ressources, territoires et résilience (animateur: Éric LESUEUR, VEOLIA) [présentation]
Alexis DELAUNAY: L'eau, ressource essentielle à la résilience des territoires
Laurent AUGUSTE: L'économie circulaire, comment ressourcer les territoires?
Masatoshi FUNABASHI: La gestion alimentaire: les atouts de la synécoculture

Soirée:
Un nouvel élan dans les banlieues
Bertrand PÉRIER: Comment prendre la parole?


Jeudi 21 septembre
Territoires de migrations (animatrice: Cécile MAISONNEUVE, LA FABRIQUE DE LA CITÉ) [présentation]
Matin:
Cécile MAISONNEUVE: Les villes européennes à l'épreuve des migrants
Sabine CHARDONNET-DARMAILLACH: Migrations et esclavage féminins
Atelier design thinking (animation: Nicolas LE BERRE)

Après-midi:
Atelier design thinking (suite)
Fouad HAMDAN: Quand les citadins rencontrent les migrants

Soirée:
Anas ABOURA: Réfugiés syriens à Hambourg et intégration sociale. Chants d'un migrant


Vendredi 22 septembre
La résilience sur site: jeux, promenade et débat dans la baie du Mont Saint-Michel
Matin et après-midi:
Roland KUPERS: La résilience sous forme de jeux de société
Promenade et débat sur le site du Mont Saint-Michel

Soirée:
Ciné-philo
Ollivier POURRIOL: La résilience urbaine vue par le cinéma


Samedi 23 septembre
Risques naturels, chocs climatiques et vulnérabilités territoriales
Matin:
Aléas et vulnérabilités territoriales (animatrice: Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ) [présentation]
Frédérick LEMARCHAND: L’anthropocène, une grande accélération pour la résilience
Clara VILLAR: La résilience: risque ou opportunité pour les territoires?
Hidetoshi OHNO: Tokyo 2050: un modèle alternatif à celui de la métropole, à l'ère des villes

Après-midi:
Des facteurs de résilience à la mise en place des politiques de résilience (animateur: Antoine FRÉROT) [présentation]
Roland KUPPERS:
La méthode 100 RC (resilient cities)
Sébastien MAIRE: Le cas de Paris
Jeff  HEBERT: Le cas de la Nouvelle Orléans
Ivo MENZIGER: La perspective d'un réassureur
Isabelle BARAUT-SERFATY: Mutations technologiques et gouvernance

Soirée:
La résilience des sociétés face au terrorisme (animateur: Sylvain ALLEMAND)
Jean-Louis FIAMENGHI (Veolia, ancien patron du RAID)
Michel WIEVIORKA (sociologue)


Dimanche 24 septembre

Matin:
Résilience des réseaux et systèmes complexes confrontées à des situations exceptionnelles en croissance (animateur: Éric LESUEUR, VEOLIA) [présentation]
Daniel FLORENTIN: Affaiblissement des réseaux
Michèle BELLON: Autonomie et interdépendances des réseaux: quelle résilience?
RATP: Résilience des infrastructures et systèmes des transports collectifs face à des situations exceptionnelles

Après-midi:
Stratégies d'acteurs face à une crise ou une vulnérabilité (économique, sociale, technologique)
(animateur des deux tables rondes: Sylvain ALLEMAND)

Grand Paris: Elisabeth BORNE (RATP), Patrick BRAOUEZEC (Plaine Commune), Frédéric BONNET, Antoine FRÉROT (VEOLIA), Elisa YAVCHITZ (Ville de Paris)

Hauts de France: Emmanuel BERTIN (directeur du CERDD), Damien CARÊME (Grande Synthe), Jean-François CARON (Loos-en-Gohelle), Emmanuèle CUNNINGHAM-SABOT (Villes en décroissance), Romaric DAURIER (Théâtre de Valenciennes), Sébastien THIÉRY (Pérou)

Soirée:
Isaia SALES: Mafia et gouvernance en Italie


Lundi 25 septembre
Les défis de la technologie, de l'industrie, du travail
(animatrice: Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ) [présentation]
Matin:
Risques, replis et défis territoriaux
X: Introduction
Éric RIGAUD:
Le systèmes socio-techniques et la résilience
Jean HAËNTJENS: Extension du domaine de la résilience
Antoine LE BLANC: La résilience des communautés dans un territoire industriel en difficulté

Après-midi:
Disruption, opportunités technologiques et numériques
Antonio CASILLI: Paradoxes du numérique et humanités, nouvelles formes d'hégémonie
Gaël MUSQUET: Hacking et actions collaboratives
Bernard HUBERT: Les risques de la financiarisation des terres agricoles


Mardi 26 septembre
Matin:
Synthèse et débat collectif
Rapport d'étonnement des jeunes chercheurs
Synthèses de Philiep BOSSIER, Roland KUPERS et Yannick GOURVIL

Après-midi:
Perspective de résilience en Normandie
Retour sur la synthèse et grand débat avec des responsables et élus de la Région Normandie

RÉSUMÉS

Jean HAËNTJENS: Extension du domaine de la résilience
La prise en compte de la résilience, appliquée aux villes et aux territoires, a profondément évolué depuis dix ans. Polarisée au départ sur la gestion des crises (court terme), elle s’est bientôt intéressée aux changements de paradigmes (moyen-long terme) qui permettaient de les anticiper. Initialement limitée à la gestion des risques écologiques, elle s’est progressivement élargie aux champs de l’énergie, de la mobilité, de l’économie et du social, pour s’intéresser finalement à la résilience culturelle et politique, c'est-à-dire à la capacité d’une population à prendre en main son destin. Pour décrire cette double "extension du domaine de la résilience" dans le temps et dans l’espace, Jean Haëntjens s’appuiera sur son expérience de conseil en stratégies urbaines et sur l’exemple d’une ville particulièrement résiliente — Saint Nazaire — pour laquelle il a travaillé pendant deux décennies.

Jean Haëntjens, économiste et urbaniste, est un spécialiste des stratégies urbaines (Urbatopie) et de la prospective territoriale. Il conseille, sur ces thèmes, des collectivités locales, des institutions, des universités et des entreprises.
Il est l’auteur de plusieurs livres — dont Eco-Urbanisme et La ville frugale — et conseiller scientifique de Futuribles International. Il a auparavant exercé des responsabilités opérationnelles dans les champs de l’urbanisme et du développement territorial.


Antoine LE BLANC: La résilience des communautés dans un territoire industriel en difficulté
Le développement du territoire dunkerquois est très fortement lié à la zone industrialo-portuaire de la ville depuis un demi-siècle. En dépit de crises très profondes, ce territoire a réussi à maintenir et renouveler une activité industrielle, tout en lançant de nouveaux processus économiques. Parallèlement, la gestion des risques industriels a engendré de nouvelles contraintes, qu’ici encore le territoire a dû absorber. Le coût social, économique et environnemental de ces mutations et des adaptations consécutives est lourd, mais la société locale semble avoir été particulièrement résiliente. Or, ce qui caractérise aussi le territoire dunkerquois, c’est une histoire ancienne de la concertation et un attachement très marqué au territoire. Dans ce contexte, quelle est la part de la communauté dans cette résilience territoriale? En effet, on peut arguer que la résilience repose avant tout sur un système de connaissance, de confiance, et de partage de valeurs, qui permet de rebondir. À partir de l’exemple dunkerquois, on peut tenter de poser quelques questionnements plus généraux sur le lien entre la résilience territoriale et le fait de faire communauté, en faisant appel notamment à la notion américaine de community resilience.

Antoine Le Blanc, ancien élève de l’École Normale Supérieure de Paris et agrégé de géographie, est maître de conférences à l’Université du Littoral à Dunkerque et actuel Président du Comité National Français de Géographie. Il travaille, en géographie urbaine, sur la perception et la gestion des risques, au sein du laboratoire TVES (EA 44 77), plus particulièrement en tant que membre du Groupe de Recherche Irénée Zwarterook. Ses recherches concernent divers types de risques (naturels, industriels, sociaux) et notamment les traces des catastrophes et la spatialisation de leur mémoire.

Bertrand PÉRIER: Comment prendre la parole?
La parole est un sport de combat. Elle l’est d’abord individuellement, puisque la prise de parole en public suppose nécessairement un dépassement de soi, une volonté de sortir de sa zone de confort pour convaincre un auditoire. Mais elle l’est surtout socialement. Parler c’est d’abord dire qui l’on est, avant même de délivrer un message. Une parole rudimentaire ou inadaptée peut donc, chez les plus jeunes notamment, être facteur d’enfermement dans des déterminismes. L’apprentissage des codes de la prise de parole est nécessaire à l’insertion sociale, professionnelle, personnelle, citoyenne. L’éloquence comporte une part de don, mais elle est aussi affaire de travail, et d’abord de travail sur soi. Apprendre à formuler sa pensée, à l’exposer, à la confronter, pour tisser du lien social par les mots, pour débattre, et non pas se battre.

Bertrand Périer, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, enseigne l’art oratoire à Sciences Po et à HEC, ainsi qu’au sein du programme Eloquentia, qui a vocation à former à la prise de parole les jeunes de Seine-Saint-Denis et qu’illustre le film A voix haute, sorti au cinéma en avril 2017.
Publication
La belle parole (titre provisoire), Jean-Claude Lattès, à paraître en octobre 2017.


Serge TISSERON
Serge Tisseron est psychiatre, membre de l’Académie des technologies, docteur en psychologie habilité à diriger des Recherches, chercheur associé à l'Université Paris VII Denis Diderot. Après avoir travaillé sur les traumatismes et leurs répercussions sur plusieurs générations, il travaille actuellement sur nos relations aux technologies numériques. Il a publié une trentaine d'essais personnels et de nombreux articles scientifiques. Ses livres sont traduits dans onze langues. Il a été co-rédacteur de l’Avis de l’Académie des sciences, "L’enfant et les écrans" (Éditions Le Pommier, 2013). Il est fréquemment sollicité comme expert par les différents ministères. Il a reçu le 6 novembre 2013 à Washington un Award de la FOSI (Family Online Safety Institute), "For Outstanding Achievement" pour l’ensemble de ses travaux sur la famille, les enfants et Internet, et en particulier pour la campagne "3-6-9-12" et le site memoiredescatastrophes.org. Il a critiqué dès 2003 l’utilisation idéologique et facilement démagogique du mot de résilience appliqué aux individus et a proposé de lui donner une signification centrée sur le collectif.
Site: sergetisseron.com
Dernières publications
Que Sais-je ? La Résilience, PUF, 2007 (5ème édition).
Empathie et manipulations, les pièges de la compassion, Paris, Albin Michel, 2017.
Le jour où mon robot m’aimera, vers l’empathie artificielle, Paris, Albin Michel, 2015.
3-6-9-12, Apprivoiser les écrans et grandir, érès, 2013.
Fragments d’une psychanalyse empathique, Paris, Albin Michel, 2013.
Rêver, fantasmer, virtualiser, du virtuel psychique au virtuel numérique, Paris, Dunod, 2012.
Les secrets de famille, Paris, PUF, 2011.
L’empathie au cœur du jeu social, Paris, Albin Michel, 2010.

Clara VILLAR: La résilience: risque ou opportunité pour les territoires?
Accusée d’être un effet de mode ou soupçonnée d’être le cheval de Troie du libéralisme, la résilience est parfois controversée. Recourir à la résilience dans l’intérêt général requiert de l’exigence et de la vigilance. Dans ces conditions, elle est une façon d’enrichir les approches conventionnelles habituellement centrées sur les aléas ou sur les vulnérabilités, et d’inscrire des démarches traitant des risques et des catastrophes au service d’objectifs plus globaux. La combinaison d'une analyse conceptuelle et théorique et de plusieurs études de terrain sur des sites français qui ont connu des catastrophes ou des perturbations lentes a conduit à l'établissement de facteurs de résilience afin de créer des territoires plus robustes dans un contexte incertain.

Clara Villar est ingénieure divisionnaire des travaux publics de l’État, directrice d’étude sur les sujets de résilience et de crise à la direction Territoires et Ville du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement. Ses principales activités sont l’expertise sur la résilience territoriale à tout type de perturbation et l’ingénierie de crise, la conduite d’études sur ces sujets, la coordination des compétences collectives du Cerema dans le domaine des risques et la formation pour professionnels et étudiants.
Travaux récents
Formation expérimentale sur la résilience des territoires (deux modules) pour les acteurs territoriaux.
Synthèse "La résilience des territoires aux catastrophes", CGDD (à paraître 1er semestre 2017).
Organisation et animation de deux ateliers sur l’implication des populations sur les territoires à risques et sur la résilience à la conférence Habitat III (Chili, octobre 2016).
Publication du rapport "Villes et territoires résilients", CGDD, coll. "Études et documents" (mai 2015) [en ligne].
Communication "Territoires en mutation: quel apport de la résilience au changement climatique?", 94ème colloque de l’ASTEE, 2015.
Communication "Quel apport des réseaux sociaux à la résilience d’un territoire dans le cadre des inondations rapides?", colloque Université d’Avignon (mars 2015).
Article "La résilience pour les territoires: outil opérationnel ou mot d’ordre incantatoire?", Technicités (juin 2014).
Rapport "Villes résilientes: premiers enseignements tirés d’une synthèse bibliographique", CGDD, coll. "Études et documents" (septembre 2013).
Valise pédagogique Plan séisme Antilles pour les collectivités antillaises (2011).
Formations pour professionnels de la crise "Vulnérabilité urbaine et ingénierie de crise" (2012/2013/2014).




Ressources, territoires et résilience
(Éric LESUEUR, VEOLIA)
Les villes sont consommatrices de ressources essentielles à la survie de leurs habitants, à l'efficacité de leur économie, et à la capacité à se renouveler. Elles les puisent dans les territoires qui les environnent et au-delà. La disponibilité et la qualité de ces ressources (eau, alimentation, énergie, matières premières...) constituent un facteur clé de résilience.



Territoires de migrations (Cécile MAISONNEUVE, LA FABRIQUE DE LA CITÉ)
Les mouvements migratoires nés de troubles politiques aujourd’hui, des effets croissants du changement climatique demain, ont souvent pour destination les villes, dont la capacité d’absorption de flux soudains et conséquents de populations se trouve alors éprouvée et les vulnérabilités préexistantes mises au jour. L’ambition de cette session est de se saisir de la question de la résilience urbaine aux chocs démographiques en traitant des stratégies de résilience mises en œuvre par les villes européennes face à l’arrivée de milliers de réfugiés à partir de l’été 2015. Comment les villes européennes ont-elles accueilli ces réfugiés tout en maintenant les équilibres préexistants? Comment travaillent-elles sur l’intégration de populations dont la durée de séjour est incertaine? Quelles stratégies mettent-elles en œuvre en matière d’éducation, d’emploi, de logement et avec quelle gouvernance? Au travers d’exemples de villes allemandes et suédoises, on examinera les dimensions plurielles de la résilience urbaine face au choc migratoire — des réalités concrètes de l’hébergement d’urgence aux représentations complexes que suscite la figure du migrant, en passant par la question délicate de l’intégration. Pour appréhender la complexité du sujet, on sollicitera, outre le témoignage d’un acteur engagé à Hambourg, l’intelligence collective des participants au colloque pour réintroduire le logos dans un débat souvent émotionnel et esquisser les lignes de force de solutions durables face à un défi qui mêle urgence et long terme.



Risques naturels, chocs climatiques et vulnérabilités territoriales

Aléas et vulnérabilités territoriales (Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ)
Des catastrophes d’origine naturelle ou humaine jalonnent l’histoire de nos métropoles et régions. Cependant, il est admis que nous sommes entrés dans l’ère nouvelle de l’anthropocène où, par les forces de la technique, l’homme a acquis le pouvoir inédit de modifier les grands équilibres de la planète. Il est devenu nécessaire de penser la vulnérabilité dans nos sociétés technoscientifiques, avec les enjeux sociaux, patrimoniaux et politiques qui en découlent.
Pour ce qui concerne les chocs climatiques répétitifs,  la COP 21 a laissé croire que la question climatique occupait désormais une place privilégiée dans les préoccupations des États. Or depuis lors, celle-là s'est pour le moins estompée et l’on constate une intermittence de la question climatique dans l'espace public en France et dans le monde, voire un négationnisme, comme aux USA depuis la nouvelle présidence. Au-delà des seuls retours d’expérience et de la cyndinique, l’intérêt territorial de la résilience est d’insuffler une dynamique et de nouveaux modes de faire collaboratifs, basés sur la solidarité et la confiance, pour  anticiper, faire face aux risques, chocs et perturbations plus lentes mais non moins néfastes qu’affrontent les villes et territoires. L’analyse de démarches territoriales devrait permettre d’en comprendre les capacités et les forces d’action pour favoriser le passage du concept à sa mise en œuvre  opérationnelle.
Le projet de recherche-action Fiber City 2050 suggère, pour l’aire urbaine de Tokyo, l’usage d’un système de "fibres urbaines" visant à développer un modèle alternatif à celui de la  métropole, à l’ère des villes déclinantes. Cette stratégie  veut répondre à différents objectifs intriqués, comme la réactivation de la ville, la réorganisation des aires résidentielles, l’atténuation des chocs, la modification des mobilités. Elle propose la formation d’un  tissu flexible en réponse aux défis du futur proche et en anticipant le désastre imminent dans une ville en décroissance. Il s’agit de revoir les idées conventionnelles tout en acceptant les conditions préexistantes.

Des facteurs de résilience à la mise en place des politiques de résilience (Antoine FRÉROT)
Partout dans le monde, des collectivités locales se mobilisent pour mettre en oeuvre des politiques de résilience, appuyées notamment par la Fondation Rockefeller qui a élaboré une méthodologie spécifique et un programme intitulé "100 Resilient Cities". Les villes de Paris et de la Nouvelle Orléans, dans des situations différentes, témoigneront des politiques qu'elles mettent en œuvre, des problèmes qu'elles rencontrent, et des nouvelles alliances qu'elles bâtissent à cet effet, y compris avec  des  assureurs.



Résilience des réseaux et systèmes complexes confrontées à des situations exceptionnelles en croissance (Éric LESUEUR, VEOLIA)
Les infrastructures et réseaux d'eau, énergie ou transport sont confrontés de manière croissante à des situations extrêmes (pics de consommation, aléas météorologiques, insécurité, risques terroristes...). Conçus pour le long terme, leur économie est particulièrement sensible à ces chocs. Leur résistance et leur capacité à s'adapter constituent des éléments essentiels de résilience pour les villes et territoires. Quelles sont les stratégies gagnantes?



Les défis de la technologie, de l'industrie, du travail (Sabine CHARDONNET-DARMAILLACQ)
Les catastrophes ou vulnérabilités résultant de l’action humaine couvrent de nombreux champs. La capacité croissante des systèmes numériques associée aux effets de la globalisation économique est, pour le meilleur et parfois pour le pire. un puissant moteur de transformation des situations de toutes sortes. La dérégulation financière, depuis les années 1980, a créé de nombreux phénomènes dont l’aboutissement peut se décrire, selon l’expression de Saskia Sassen, comme une expulsion (perte de logement, de  moyens de subsistance,  accaparement des terres agricoles...). De nouveaux projets territoriaux d’inclusion sont alors à inventer. Quant à la financiarisation de la terre et aux risques sociaux et alimentaires qui en résultent, ils forment un horizon essentiel en matière de résilience des territoires.
La révolution du big data attribue aux détenteurs des données une nouvelle hégémonie, celle de prendre le contrôle de secteurs externes à leurs domaines d’activités initiales. Les business models, les chaînes de valeur et les perspectives de l’éducation sont en profonde mutation. Cependant, les révolutions numériques passées et à venir rendent possible de nouveaux types de mobilisation. Si les transformations techniques radicales concernent l’ensemble du corps social, le fait nouveau est l’apparition d’une nouvelle génération dont le désir d’action, conjugué à la mobilisation de compétences, offre un moyen d’épanouissement et d’utilité au monde. Ainsi en est-il de HAND (hacking against natural disasters) dont le but est d’agir (pré et post-crise) et d’imaginer des projets et des actions dans des zones à risque de catastrophes naturelles.
L’approche des menaces produites par l’homme sous le seul angle du risque calculable apparaît comme un réel facteur d’aggravation des situations de crise et in fine un moteur de la catastrophe. De nouvelles approches complexes, associant des regards croisés, sont devenues indispensables. Si la résilience ne fait pas projet et ne peut être une méthode directe de conception de projets territoriaux ou urbains, les ouvertures nouvelles et la dynamique qu’elle apporte permettent de repenser le risque et l’espace habité pour donner des pistes de stratégie et de nouvelles idées de projet d’aménagement et de société.

Avec le soutien
de l'Institut Veolia,
de la Fabrique de la Cité
et du Laboratoire ACS (UMR AUSser 3329 - Labex Futurs Urbains)

Institut Veolia
Fabrique de la Cité
Laboratoire ACS (UMR AUSser 3329)