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" Page mise à jour le 16 septembre 2009 "



DU MARDI 1er SEPTEMBRE (19 H) AU MARDI 8 SEPTEMBRE (14 H) 2009



ARCHITECTURE ET LITTÉRATURE : UNE INTERACTION EN QUESTION

XXème - XXIème SIÈCLES


DIRECTION : Pierre HYPPOLITE, Antoine LEYGONIE, Agnès VERLET

ARGUMENT :

Peut-on définir les fondements épistémologiques des relations entre l’architecture et la littérature contemporaines? Métaphores, analogies, correspondances, interférences... caractérisent plus ou moins confusément leurs rapports. Comment penser la diversité des interactions actuelles entre l’architecture et la littérature, entre la théorie critique et l’histoire de l’architecture, entre la pratique de l’une et de l’autre? Quels sont les rapports entre la narrativité et l’architecture, l’architecture, le réel et la fiction?

Telles sont les questions autour desquelles s'ordonnera l’étude des liens entre l’architecture et la littérature à l’horizon du XXIème siècle, et à propos desquels se croiseront les points de vue de praticiens du récit, de spécialistes des études littéraires et des architectes.

En complément de ces échanges, des ateliers d’écriture et de conception architecturale seront organisés afin de favoriser le partage du savoir et des pratiques entre les participants.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 1er septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mercredi 2 septembre
Matin:
Pierre HYPPOLITE, Antoine LEYGONIE, Agnès VERLET: Ouverture du colloque
Antoine LEYGONIE: L'enfance de l'architecture
Pierre BOUDON: L'architecture comme "forme symbolique"

Après-midi:
Yannis TSIOMIS: Peut-on construire ce qu'on écrit ? Le Corbusier de la Grèce à Chandigarh
Sophie PAVIOL: De La Divine Comédie à l'architecture. Le Danteum de Giuseppe Terragni et Pietro Lingeri, Rome, 1938
Claude MASSU: Ecrire et/ou bâtir chez Frank Lloyd Wright: à propos de The Natural House (1954)


Jeudi 3 septembre
Matin:
Guillemette MOREL JOURNEL: La "lettre à Madame Meyer", une fiction-manifeste du Mouvement moderne?
Frédérique VILLEMUR: L'ombre, la ruine et l'ordre chez Louis I. Kahn

Après-midi:
Sébastien MAROT: The original of Ithaca, Vladimir Nabokov, architecte
Emmanuel RUBIO: Construire la contre-utopie: de la fiction antimoderniste à la réinvention du réel

Soirée:
Atelier d'Archilittérature organisé par Antoine LEYGONIE et Anne ROCHE


Vendredi 4 septembre
Matin:
Henri GAUDIN: Retrait de l’art

Après-midi:
Joëlle PRUNGNAUD: Une écriture habitée par l'architecture: espace, lieu et objet dans l'œuvre de Julien Gracq
Ettore JANULARDO: L'image de la ville dans l'architecture, la peinture et la narration italiennes dès 1917

Soirée:
Atelier d'Archilittérature organisé par Antoine LEYGONIE et Anne ROCHE


Samedi 5 septembre
Matin:
Bart KEUNEN: Espace, temps et récit: chronotopes narratifs et urbanisme
Gérard MONNIER: L'architecture absente. Remarques sur les formes et le sens d'une exclusion

Après-midi:
DÉTENTE


Dimanche 6 septembre
Matin:
Alain SCHAFFNER: De Passage de Milan à La Vie mode d'emploi, l'immeuble comme archétype de la fiction narrative
Jean-Luc JOLY: Espaces d'espèce, Georges Perec et Gordon Matta-Clark

Après-midi:
Sophie DERAMOND: L'architecture révélée par la fiction: mutations de l'espace contemporain
Wilfried LAFORGE: Architecture, littérature et "effrangement" des genres artistiques: étude des fondements épistémologiques dans la relation entre architecture et littérature

Soirée:
Atelier d'Archilittérature organisé par Antoine LEYGONIE et Anne ROCHE


Lundi 7 septembre
Matin:
Agnès VERLET: De l'œuvre ouverte à l'Open space?
Anne ROCHE: "Du nouveau sur la construction de la Tour"

Après-midi:
Lucie TAÏEB: "Construire" la mémoire sans la monumentaliser: un enjeu poétique du Livre des Questions
Chantal BRIÈRE: Explorer les labyrinthes: lecture de Philippe Vasset

Soirée:
Atelier d'Archilittérature organisé par Antoine LEYGONIE et Anne ROCHE


Mardi 8 septembre
Matin:
Pierre HYPPOLITE: Architecture et littérature: évolutions, interactions, mutations
Pierre HYPPOLITE, Antoine LEYGONIE, Agnès VERLET: Conclusions et perspectives

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Pierre BOUDON: L'architecture comme "forme symbolique"
Toute œuvre architecturale, en tant qu'édification et éducation, est le résultat d'un processus associant une fiction (allégorie fondatrice), une iconographie (croquis, illustration) et une construction (Baukunst, Arkitektur). Quelques exemples: Aldo Rossi et la "Citta analoga" (1976), Rem Koolhaas et "New York delire" (1978), Le Corbusier et le Poème de l'angle droit (1953). C'est en particulier de ce dernier exemple que nous traiterons.

Chantal BRIÈRE: Explorer les labyrinthes: lecture de Philippe Vasset
Depuis 2003, Philippe Vasset a publié une œuvre narrative, originale, parfois déroutante ou dérangeante dans le choix de ses sujets comme dans l’expérience de haute technicité qu’elle s’applique à elle-même. Exemplaire de démonstration imagine une machine à construire des récits à partir de tous les matériaux littéraires existants. Réflexion sur la fabrique du texte, le roman se révèle in fine — et son titre nous l’annonçait — un simple exemplaire des possibilités de la machine, une construction fictive, pur produit de la technique. Carte muette engage l’exploration sur le terrain du virtuel: des enquêteurs informaticiens sont chargés d’établir une cartographie du Web, de rendre visible "l’architecture du réseau" sur le dessin des villes et du monde. Bandes alternées décrit une société repliée sur elle-même, exposant son intimité à l’intérieur des bâtiments, dans un phénomène d’involution généralisée. Enfin Un livre blanc relate l’expérience bien réelle d’une exploration: celle que fit l’auteur d’un certain nombre de "zones blanches" de la carte IGN n°2314 OT, représentant Paris et sa banlieue. Le texte comble par ses mots le silence des cartes. Ainsi, écriture et architecture urbaine ont partie liée dans des schémas narratifs dont le formalisme peut surprendre — voix plurielles, typographies et types d’énonciation alternés — sauf à comprendre que l’auteur fait entrer en fiction des espaces nouveaux. Logiciels, réseaux informatiques renouvellent et perturbent les métaphores de la construction ou de la destruction. Sous l’égide de Jules Verne, Georges Perec ou Julien Gracq, Vasset s’inscrit dans une tradition, mais sa réflexion cible essentiellement une menace très contemporaine sur l’art et la création: le préfabriqué peut tuer l’architecture autant que la littérature.

Sophie DERAMOND: L'architecture révélée par la fiction: mutations de l'espace contemporain
La ville, les villes, les modes d’occupation des lieux "a-topiques" contemporains constituent désormais à la fois une matière de recherche et un modèle de pensée pour la littérature. La dislocation (B. Goetz), la disparition du lieu, la fragmentation, l’éparpillement, modèlent un langage qui s’ouvre à la réflexion spatiale. En littérature française contemporaine, l’auteur n’est généralement plus engagé politiquement mais impliqué dans une destinée architecturale, urbaine, ou géo-politique. Cette implication bouleverse les points de vue sur le monde. Pour l’architecte, la littérature pourrait être aujourd’hui le creuset où s’expriment les expériences de l’espace pluriel et dynamique du contemporain.

Ettore JANULARDO: L'image de la ville dans l'architecture, la peinture et la narration italiennes dès 1917
Sur une toile de fond marquée par des réalisations et des discussions concernant l’espace urbain italien de la première moitié du XXème siècle, on présente l’entrelacement de ces données avec l’évolution des visions artistiques de la ville, dont l’image est prise en considération dans les domaines de l’architecture, de la peinture et de la narration. Si le mot ville indique un vaste réseau d’habitations, d’espaces publics, de lieux de production qui ont des structures communes, on veut aborder ce sujet en prenant en considération le contexte urbain en tant que système de relations intellectuelles et idéologiques: la ville peut devenir une construction historique de pierres, d’images et de mots. On observe ainsi le développement des polémiques sur l’idée de la ville contemporaine, dont l’image, artistique ou mentale, va se charger — à la suite d’indications politiques, mais également par impulsion des architectes et des urbanistes — d’une valeur significative et ambiguë: sous la dictature, la ville peut et doit devenir l’image de l’Etat fasciste en niant, du point de vue théorique, l’héritage de la culture libérale du XIXème siècle de même que la portée révolutionnaire des transformations socio-politiques déterminées par l’industrie urbaine du XXème siècle.

Référnces Bibliographiques :

ASSUNTO R., La città di Anfione e la città di Prometeo. Idea e poetiche della città, Jaca Book, Milano, 1984.
CATTANEO C., La città considerata come principio ideale delle istorie italiane (1858), Vallecchi, Firenze, 1931.
DE FELICE R. (sous la direction de), Mussolini giornalista 1912-1922, Rizzoli, Milano, 1995 et 2001.
DE FELICE R., Mussolini 1883-1925 - Mussolini 1925-1936 - Mussolini 1936-1943 - Mussolini 1940-1945, Einaudi-Panorama, Torino-Milano, 2001.
GINSBORG P., Storia d’Italia dal dopoguerra a oggi, Einaudi, Torino, 1989 et 1996.
GOBETTI P., Scritti politici, Einaudi, Torino, 1969.
GRAMSCI A., La città futura 1917-1918, Einaudi, Torino, 1982.


Jean-Luc JOLY: Espaces d'espèce, Georges Perec et Gordon Matta-Clark
En 1974, Georges Perec fait paraître Espèces d'espaces, ce "journal d'un usager de l'espace" qui invite entre autres choses à l'interroger en prenant sur lui des vues biaises, décalées, inhabituelles et donc ainsi renouvelées: "J'imagine un immeuble parisien dont la façade a été enlevée" (projet alors en cours de La Vie mode d'emploi qui s'achèvera en 1978) ; "Dans l'immeuble où l'on habite: aller voir ses voisins; regarder ce qu'il y a, par exemple, sur le mur qui nous est commun"; "s'apercevoir que quelque chose qui peut ressembler à du dépaysement peut venir du fait que l'on prendra l'escalier B au lieu de l'escalier A, ou que l'on montera au 5e alors que l'on habite au second". La même année ou la suivante, l'"anarchitecte" américain Gordon Matta-Clark actualise sans le savoir l'imagination perecquienne en réalisant des building cuts: aux Etats-Unis, il ôte lui-aussi (mais "physiquement") la façade d'un bâtiment, le faisant apparaître comme une maison de poupée surdimensionnée; en fend un autre par le milieu puis en écarte vers la haut les deux moitiés en les inclinant de quelques centimètres, faisant ainsi naître un nouvel élément dans le paysage urbain où la lumière pénètre poétiquement; découpe de manière vertigineuse les murs et cloisons d'un immeuble en destruction proche de Beaubourg de façon à faire apparaître cet espace apparemment familier comme étrangement ouvert sur d'autres réalités (Conical Intersection). Autre "intersection conique": Matta-Clarke réalise à New-York des explorations du sous-sol et du monde souterrain, actualisant involontairement là aussi une proposition d'Espèces d'espaces: "s'efforcer de se représenter, avec le plus de précision possible, sous le réseau des rues, l'enchevêtrement des égouts, le passage des lignes de métro, la prolifération invisible et souterraine des conduits sans laquelle nulle vie ne serait possible à la surface".
La parenté de ces projets est manifeste dans leurs intentions sinon leurs moyens, peut-être parce qu'inscrite dans une même époque et des parcours en bien des points semblables: Perec et Matta-Clark, tous deux héritiers du situationnisme, sont des artistes polyvalents (Perec écrit mais réalise aussi des "performances" urbaines à sa manière; Matta-Clark mène des projets "anarchitecturaux" qu'il filme et photographie mais en imagine aussi de purement photographiques); ils se sont tous deux intéressés aux utopies, aux démarches communautaires, se sont attachés à définir de nouvelles pratiques de la ville, de nouveaux rapports à l'environnement... Il n'y a aucune raison biographique de supposer que les deux artistes se soient rencontrés, ni même connus par œuvres interposées, mais leurs travaux convergent de façon singulière, et au même moment, vers des essais de redéfinition des espaces qui, à partir d'un "pas de côté" architectural, paraissent non seulement de nature à renouveler la littérature et l'art "environnemental", mais encore semblent inviter à des façons d'être et des manières de vivre différentes, peut-être ludiques, critiques, ou utopiques, mais surtout destinées à traquer le substrat d'inhumanité toujours présent dans l'"inhabitable" qui, pour Perec, gît dans "l'architecture du mépris et de la frime" et pour Matta-Clark provient de pratiques architecturales trop souvent "cosmétiques". Une recherche d'"espèces d'espaces" littéraires ou plasticiens, sans doute improbables, impraticables, expérimentaux, pour produire des "espaces d'espèce", des espaces d'humanité où, "au centre de l'inhabitable", "les livres et les hommes habitent avec sérénité" ou du moins imaginent pouvoir le faire. Il s'agira donc d'abord de dresser la cartographie des convergences biographiques, historiques et artistiques entre Perec et Matta-Clark, puis d'interroger leurs ascendances et leurs descendances (car tous deux sont des artistes aujourd'hui "mystisés" — ce qui montre à quel point leur exemple est toujours nécessaire à la modernité); il s'agira encore d'essayer de comprendre plus avant comment leurs tentatives de renouvellement de la littérature et de la perception des espaces architecturés sont, par-delà des procédures parfois radicales, voire "agressives" (textes limite de Perec, brèches et fissures de Matta-Clark) des gestes sinon révolutionnaires du moins profondément généreux parce qu'inscrits dans une dynamique d'utopie du quotidien et de l'"infra-ordinaire".

Bart KEUNEN: Espace, temps et récit: chronotopes narratifs et urbanisme
Ma contribution au débat sur les rapports entre architecture et littérature concerne la relation entre temps, récit et espace. En particulier, je m’intéresserai à la question de savoir si "la pratique architecturale contemporaine relève du travail de la fiction" ainsi qu’à "l’articulation dialectique entre le réel et la fiction dans l'acte architectural". L’idée de départ est qu’une intervention architecturale au sein d’un espace concret implique un récit implicite sur l’historique de cet espace. Les écrits des urbanistes sont sous-tendus par un récit sur des processus spatiaux, dans lequel s’unissent passé, présent et avenir. La spatialité de l'acte architectural s'adapte à la temporalité du récit dans la mesure où l’acte architectural est porteur de présupposés historiques concernant le paysage au sein duquel le projet architectural est réalisé. En ce sens, les transformations du paysage font l’objet d’une logique narrative qui marque la manière dont les projets architecturaux interviennent dans l’espace.

Références Bibliographiques :

Ghent Urban Studies Team (GUST), The Urban Condition: Space, Community, and Self in the Contemporary Metropolis. Rotterdam: 010 Publishers, 1999.
Bart Keunen, De verbeelding van de grootstad. Stads- en Wereldbeelden in het proza van de moderniteit. Brussel: VUB Press, 2000.
Bart Keunen, Verhaal en verbeelding. Chronotopen in de westerse verhaalcultuur. Gent: Academia Press, 2007.
Bart Keunen, ‘Living with Fragments. Modernism and Urban Culture’. Modernism. Eysteinson, Astradur and Vivain Liska (eds.). Berlin: De Gruyter, 2007. 271-290.
Bart Keunen, ‘Sociological Approaches to Narrative’. The Routledge Encyclopedia of Narrative Theory. Herman, David, Manfred Jahn, Marie-Laure Ryan (eds.). London: Routledge, 2005. 544-548.
Bart Keunen, ‘Moralism and Individualism in Urban Fiction: A Deleuzian and Bakhtinian Critique of Spatial Transgressions in Contemporary Crime Novels’. Primerjalna knjizevnost (Comparative Literature) 27 (2004). 105-120.


Wilfried LAFORGE: Architecture, littérature et "effrangement" des genres artistiques: étude des fondements épistémologiques dans la relation entre architecture et littérature
Au milieu des années 1960 — en Europe comme sur le continent américain — critiques, théoriciens et historiens de l’art s’accordent à considérer que les lignes de démarcation entre les différents arts "s’effrangent" (Adorno), voire ont été totalement anéanties (Greenberg). L’enjeu sera, à tout le moins, de déterminer quel paradigme est en jeu dans ce bouleversement, que Thierry de Duve qualifie de "passage du spécifique au générique". En quoi l’effondrement des frontières entre les arts se distingue d’une hybridation, d’un mélange, d’une correspondance des arts ou encore du projet wagnérien d’œuvre d’art total? Quels en sont les fondements sur un plan esthétique, epistémologique? Quel est ce "mouvement des forces historiques", qui a submergé les frontières entre les arts?
Si tant est qu’il y ait une vérité du post-modernisme, quel type d’interaction entretient la littérature — qui, par des emprunts à des techniques musicales, semble avoir compensé le retrait de son contenu narratif — avec l’architecture — dont la différence avec la sculpture, a priori évidente, n’est alors plus respectée — après la modernité? Doit-on penser que cet "effrangement" menace la capacité "sismographique" des œuvres ; doit-on en prendre acte et passer outre afin de "saisir l’art à l’œuvre" (Lauxerois) ; ou encore s’enthousiasmer et considérer que cet anéantissement des limites ouvre la voie à une nouvelle esthétique, en devenir, imprévisible?

Références Bibliographiques :

ADORNO (Theodor W.), Théorie esthétique, traduction Marc Jimenez, Paris, Klincksiek, 1995.
ADORNO (Theodor W.), L’art et les arts, Paris, Descléee de Bouwer, 2002.
ADORNO (Theodor W.) Notes sur la littérature, traduction Sibylle Muller, Paris, Flammarion, 1984.
AUMONT (Jacques), Montage Eisenstein, Images Modernes, Paris, 2005.
BERTHET (Dominique), Vers une esthétique du métissage ?, Paris, l’Harmattan, 2002.
CAULLIER (Joëlle), La synthèse des arts, Lille, Cahiers de la Maison de la Recherche, 1998.
CAULLIER (Joëlle), Le mélange des arts, Lille, Cahiers de la Maison de la Recherche, 1999.
CLAIR (Jean), Considérations sur les Beaux-Arts, critique de la modernité, Paris, Gallimard, 1983.
CRIQUI (Jean-Pierre), "Le modernisme et la voie lactée (note sur Clement Greenberg)" in Les Cahiers du Musée national d’Art Moderne n°22, décembre 1987 : après le modernisme.
DEDUVE (Thierry), Clement Greenberg entre les lignes, Paris, Dis voir, 1995.
DEBRAY (Régis), Vie et mort de l’image, Paris, Gallimard, 1992.
DE DUVE (Thierry), Nominalisme pictural. Marcel Duchamp, la peinture et la modernité, Paris, Minuit, 1984.
DE DUVE (Thierry), Au nom de l'art, Pour une archéologie de la modernité, Paris, Minuit, 1989.
DE DUVE (Thierry), Résonances du readymade. Marcel Duchamp entre avant-garde et tradition, Paris, Jacqueline Chambon, 1989.
DE DUVE (Thierry), Du nom au nous, Paris, Dis Voir, 1995.
DENIZEAU (Gérard), Musique et Arts, Paris, Champion, 1995.
DENIZEAU (Gérard), Le visuel et le sonore, Paris, Champion, 1998.
DEWEY (John), L’art comme expérience, trad. J.-P Cometti, C. Domino, F. Gaspari, C.Mari. Murzili, C. Pichevin, J. Piwnica et G.Tiberghien, Presses de l’université de Pau, Fraago, 2005.
DUFRENNE (Mikel), L’œil et l’oreille, Montréal, l’hexagone, 1987.
EMBER (Ildiko), La musique dans la peinture, Budapest, Corvina, 1989.
ESQUIVEL (Patricia), L’art en tant qu’art: l’autonomie de l’art en question, Paris, l’Harmatthan, 2008.
GREENBERG (Clement) Homemade Esthetics, observations on art and taste, Oxford University Press, 1999.
KAPROW (Alan), L’art et la vie confondus, Centre Georges Pompidou, collection Supplémentaires, Paris, 1996.
LISTA (Marcella), L’œuvre d’art totale à la naissance des avants gardes, Paris, CTHS-INHA, 2006.
MARTIN (Stewart), "Literature and the Modern System of the Arts: Adorno’s Theory of Art and the Arts", Adorno and Literature, Continuum, London and New York, 2006, pp. 9-25.
MIRABEL-SERODES (Françoise), Modernité et synthèse des arts. Le mot, le son et la couleur: autour de Kandinsky. Thèse de doctorat présentée et soutenue publiquement par Françoise Serodes-Mirabel ; sous la dir. de Jacques Le Rider, 1995.
PICARD (Timothée), L’art total, grandeur et misère d’une utopie: autour de Wagner, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006.
SABATIER (François), Miroirs de la musique, la musique et ses correspondances avec la littérature et les beaux-arts, Paris, Fayard, 2 vol., 1995.
SCHOENBERG (Arnold), Schoenberg-Busoni, Schoenberg-Kandinsky: correspondances, textes, Genève, Contrechamps, 1995.
SOURIEAU (Etienne), Correspondances des arts, Paris, Flammarion, 1947 ; rééd. 1969.
SZENDY (Peter) et LAUXEROIS (Jean), De la différence des arts, IRCAM, centre George Pompidou, Paris, Montréal, l’Harmattan, 1998.


Sébastien MAROT: The original of Ithaca, Vladimir Nabokov, architecte
Dans les années 50, plusieurs d'étudiants en architecture de l'université de Cornell, insatisfaits de l'enseignement qui leur est dispensé dans l'école, se rendent régulièrement dans un bâtiment voisin pour y suivre les cours captivants qu'un étrange professeur donne alors sur la structure et l'architecture des grandes œuvres de la littérature russe et européenne. "That, alone, was worth the price of the tuition", dira plus tard l'un d'eux. Nabokov, dans les différentes maisons qu'il loue successivement à des professeurs partis en congés sabbatiques, et dans les motels qui jalonnent ses expéditions estivales de chasse aux papillons, est  alors occupé à ciseler les intrigues et les motifs de ses plus étourdissantes fictions: Speak Memory, Lolita, Pnin et Pale Fire. Dans ces derniers romans, les paysages d'Ithaca et de la Nouvelle Angleterre deviennent la matrice d'un hyperpaysage qui n'a pas d'équivalent dans toute la littérature du XXème siècle. Curieusement, les théoriciens contemporains de l'architecture et du paysage, travaillés par les métaphores du palimpseste et de l'hypertexte — mais peut-être intimidés par le mépris ouvert que l'écrivain afficha toute sa vie pour le commerce des "idées générales" —, ne paraissent pas s'être beaucoup aventurés dans le véritable gisement intellectuel et artistique que représente cette œuvre originale. Nous essaierons de les y inviter.

Claude MASSU: Ecrire et/ou bâtir chez Frank Lloyd Wright: à propos de The Natural House (1954)
Comme Le Corbusier, F. L. Wright est un architecte contemporain qui a beaucoup écrit. On lui doit plus d’une quinzaine de livres. Ces écrits rassemblent des textes de statuts différents: analyses d’édifices, exposés doctrinaux, manifestes, explications techniques, narrations, anecdotes, dialogues, autobiographie, portraits, et aussi pages à prétention littéraire inspirées par les lectures et la culture de l’architecte. Ce vaste corpus de discours témoigne d’un rapport constant chez F. L. Wright entre le construire et le raconter. Ce rapport change selon les étapes de la longue carrière de Wright, mais il repose aussi sur des continuités comme le montre la manière dont Wright reprend et complète ses textes antérieurs. Cette pratique fréquente de la reprise, du montage et de l’usage des images par rapport aux textes conduit à s’interroger sur les rôles de l’écrit par rapport au bâti dans l’œuvre de Wright. Pour cerner plus précisément ces questions, je propose de ne retenir que quelques cas du vaste ensemble des écrits de Wright. En particulier, le livre The Natural House (1954) s’impose comme un des textes les plus attrayants de F. L. Wright et constituera le noyau à partir duquel réfléchir à ces diverses questions.

Référence Bibliographique :

Frank Lloyd Wright, A Testament, 1959. Traduction et préface par Claude Massu, Testament, Marseille, Parenthèses, 2005.


Gérard MONNIER: L'architecture absente. Remarques sur les formes et le sens d'une exclusion
Examen des manifestations d’une absence, quelquefois radicale, de toute mention d’édifice dans des œuvres de grands prosateurs français du XXème siècle. Alors que le texte déroule l’action, la réflexion ou la pensée dans l’espace construit, dans des sites urbains en particulier, il s'agit d'observer et d'analyser l'ablation de toute indication sur l’apparence, la forme, l’agencement, la disposition et la matérialité des édifices. Ces textes paradoxaux, par la conduite d’une abstraction complète, imposent une étude et une interrogation sur le sens de cette absence et sur la portée d’un système. Cette absence révéle-t-elle une volonté d’épurer le récit ou l’exposé de données estimées superflues? ou les limites de la culture de l’auteur? Peut-on interpréter cette exclusion en la comparant avec d’autres ensembles matériels, mentionnés dans le récit? Le corpus réunit des textes où l’absence a été constatée avec toute son évidence et avec toute sa force, chez Simone de Beauvoir, André Gide, Paul Nizan, Jules Romains, Jean-Paul Sartre (ordre alphabétique).

Guillemette MOREL JOURNEL: La "lettre à Madame Meyer", une fiction-manifeste du Mouvement moderne?
Un projet de villa des années 1920 de Le Corbusier a suscité l’élaboration d’un document intitulé par Le Corbusier la "lettre à Madame Meyer": une planche grand format combinant dessins et textes manuscrits dans un cadre figurant un parchemin en partie déroulé1. Ce document hybride, plus destiné à la publication qu’à un envoi postal, témoigne d’une triple stratégie: la première, rhétorique au niveau privé, vise à conquérir l’assentiment de la cliente; la seconde, toujours rhétorique mais à une échelle publique, indique que Le Corbusier entend présenter, à ses pairs et au grand public, la pertinence de son engagement; la troisième, heuristique, donne forme à la doctrine architecturale qu’il est en train de mettre au point: les "5 points d’une architecture nouvelle" (1927) et les "4 compositions" (1929). A cette lumière, ce qui pourrait se lire comme une simple trace anecdotique du talent d’auto-publiciste de Le Corbusier acquiert le statut de prémices d’une théorie en cours d’élaboration.

1 Document conservé à la Fondation Le Corbusier (Paris) sous la cote 31525. Sur l’histoire et le projet pour la villa Meyer, voir Tim Benton, Les Villas de Le Corbusier, 1920-1930, Paris, La Villette, 1987 (rééd. 2007). Sur l’attitude de Le Corbusier envers ses clients, voir Beatriz Colomina, La Publicité du privé, de Loos à Le Corbusier, Orléans, HYX, 1998 [1994].

Sophie PAVIOL: De La Divine Comédie à l'architecture. Le Danteum de Giuseppe Terragni et Pietro Lingeri, Rome, 1938
Mettre en architecture La Divine Comédie "en évitant, par les temps qui courent, le danger imminent de tomber dans le rhétorique, le symbolique, le conventionnel" (1938) est un véritable défi. Pour Terragni et Lingeri, c’est une question de méthodologie du projet. Ils interrogent ce qu’il peut en être d’un fondement commun à l’architecture et à la poésie pour développer des formes spatiales produites et/ou fonctionnant comme le poème, tout en tenant la spécificité de l’architecture. En architecture, la Divine Comédie de Dante vient réactiver la Divine Proportion de Luca Pacioli. C’est une question de divinité à laquelle nous pouvons accéder par le nombre. Mais ne nous y trompons pas. Le Danteum est aussi bien autre chose qu’une suite numérique transcrite en suite spatiale tridimensionnelle. Le Danteum est un dispositif qui se marche. Le déplacement, pour ne rien dire du voyage, fait partie intégrante de l’édifice.

Références Bibliographiques :

Dante, La divine comédie, texte original ; introduction et traduction de Jacqueline Risset, Flammarion, Paris, 1990.
Sophie Paviol, L’invention d’un espace. Giuseppe Terragni, Infolio, Gollion, 2006.


Joëlle PRUNGNAUD: Une écriture habitée par l'architecture: espace, lieu et objet dans l'œuvre de Julien Gracq
L’espace, le lieu ou l’objet architectural, tels qu’ils sont présentés ou représentés dans l’œuvre littéraire résultent de la tension entre l’écrit et le bâti: existence, en marge du texte, d’un référent ou en amont, d’un modèle situé à la croisée de la réalité et de la tradition d’écriture; investissement d’un imaginaire architectural qui se forge au fil des œuvres, jusqu’à se charger d’une valeur emblématique de l’œuvre tout entière. L’étude sera centrée sur le fait littéraire dans son rapport aux données de l’architecture, et considèrera le texte non comme témoignage d’une obédience esthétique ni comme document culturel, mais comme production singulière assujettie à des paradigmes exogènes (empruntés au hors-texte) ou endogènes (relevant de l’intertextualité).
On se propose de conduire cette réflexion à partir d’une lecture des œuvres de Julien Gracq, écrivain qui, par sa formation d’historien-géographe, est particulièrement attentif à replacer les architectures qu’il décrit dans le temps et dans l’espace. Son sens aigu des réalités du terrain (topographie, cartographie...) et sa conscience de l’épaisseur temporelle (archéologie du lieu et du site, strates mémorielles...) donnent une consistance particulière à ses descriptions ou inventions d’architecture. C’est pourquoi il sera intéressant de puiser dans ses romans (Au Château d’Argol, 1938 ; Le Rivage des Syrtes, 1951), dans ses notes descriptives (Carnets du grand chemin, 1992) ou même dans ses essais critiques, des exemples qui rendent compte de la manière dont s’opère le travail sur les différentes modalités de la présence architecturale (espace, lieu, objet). Selon l’insertion générique, le processus de métaphorisation fera jouer divers rapports entre l’art de construire et l’art d’écrire: analogie, correspondance, croisement, interférence... De cette étude particulière, il s’agira de déduire, dans la mesure du possible, des observations d’ordre général sur l’interaction entre architecture et littérature: l’influence avérée de l’une sur l’autre passant par des manœuvres d’appropriation du construit, constamment refaçonné par l’écrit.

Anne ROCHE: "Du nouveau sur la construction de la Tour"
Sous un titre emprunté à un tableau du peintre allemand Bernhard Heisig (1977), et à partir de l’exemple de Berlin, ville certes "surécrite", je voudrais interroger les transformations conflictuelles qui se jouent depuis une vingtaine d’années (soit dès avant la chute du Mur) dans l’espace urbain (innovations, destructions, restaurations, politique monumentale et mémorielle) en montrant qu’elles sont, consciemment ou non, conduites par un Grand Récit. En cela, je prends à contre-pied les théories (dérivées de Lyotard) sur la disparition des Grands Récits, pour tenter de montrer comment ceux-ci structurent bel et bien le texte architectural et le texte littéraire, fût-ce de manière moins assertive (ou moins visible) que par le passé. Le Historikerstreit (la querelle des historiens) autour de la relation au passé a ainsi son équivalent dans les controverses qui, prenant leur origine dans la littérature ("affaire" Günter Grass, Martin Walser, etc.) et dans l’architecture (politiques architecturales du remodelage de Berlin, éradication de tel passé et montée en puissance de tel autre), trouvent un écho qui dépasse la réception habituelle de ces deux champs, et par là ouvrent à une nouvelle compréhension (pas forcément réconciliée) de leurs enjeux.

Lucie TAÏEB: "Construire" la mémoire sans la monumentaliser: un enjeu poétique du Livre des Questions
Depuis le titre de son premier recueil de poèmes, Je bâtis ma demeure, jusqu’à la remarque du dernier paragraphe du Livre des Ressemblances, ouvrage réflexif portant sur l’ensemble du Livre des Questions1 ("et pourtant, c’est sur ce rien que j’ai édifié mes livres2"), la métaphore de la construction architecturale parcourt toute l’œuvre d’Edmond Jabès. Divers objets architecturaux sont ainsi convoqués, au cours du Livre des Questions. Nous aborderons ainsi les modèles du "temple" et du "labyrinthe" qui se proposent tous deux comme des formes métaphoriques tant du destin du peuple juif que de l’écriture même. Nous tenterons d’établir le lien qui existe entre ces deux formes architecturales et les multiples mémoires qui s’entremêlent dans le Livre des Questions: "outre-mémoire" du peuple juif en exil, mémoire personnelle du personnage de l’auteur, et mémoire collective de la Shoah. Le livre peut ainsi se lire comme un objet architectural paradoxal, toujours inachevé, dont le processus de construction s’oppose, dans son essence, à toute "monumentalisation" d’une mémoire, quelle qu’elle fût. Nous montrerons dans quelle mesure ce refus de monumentalisation résonne particulièrement avec le geste architectural mis en œuvre, dans les années 90, par les "contre-monuments3" consacrés à la mémoire de la Shoah.

1 JABES, Edmond, Le Livre des Question, I, Paris, Gallimard, coll.  "L’Imaginaire", 1988.
2 JABES, Edmond, Livre des Ressemblances, Paris, Gallimard, 1976, p.144.
3 Sur ce terme et ces questions, nous renvoyons à l’ouvrage de l’auteur: YOUNG, James E., At Memory’s Edge. After-Images of the Holocaust in contemporary Art and Architecture, New Haven, Yale University Press, 2000.


Agnès VERLET:  De l’œuvre ouverte l’Open space
De nombreux architectes, formés autour des années 1968, disent l’importance qu’a eue pour eux la recherche anthropologique de ces années-là, particulièrement les écrits et d’Umberto Eco: l’interdisciplinarité est une nécessité pour l’architecte, et l’architecture ne peut se concevoir sans le langage et une pensée philosophique. Ils tentent alors d’analyser l’œuvre architecturale dans l’espace urbain comme un processus en mouvement, une "œuvre ouverte", un inachèvement. L’interrogation sur la réception des œuvres les amène à se poser la question de l’émotion, non seulement en termes esthétiques, mais en termes de plaisir ou de souffrance pour celui qui occupe ou habite ces espaces (ou doit les déserter parce qu’ils sont voués à la destruction). Or le progrès technique et la performance des matériaux, la mode des  architectures de verre, opèrent un déplacement des limites entre ouvert et fermé, intérieur et extérieur, visible et invisible, générant des nouvelles souffrances par ce brouillage des seuils et cette éviction de l’intime. Au-delà d’une pensée philosophique et politique de l’objet architectural dans l’espace urbain, le questionnement sur les affects conduit alors à s’interroger sur la place de la subjectivité (celle de l’architecte, certes, mais aussi celle de "l’usager"), et même de l’inconscient dans la conception du projet.

Frédérique VILLEMUR: L'ombre, la ruine et l'ordre chez Louis I. Kahn
En quoi la représentation de l’ombre dans le dessin d’architecture, entendu comme dessein, ménage-t-elle un espace à la narration et à la fiction d’architecture? Au regard de l’œuvre construite de Louis I. Kahn et de ses écrits, on analysera le pouvoir de fiction (de fingere, dans le double sens d’imaginer et de façonner) de Kahn à l’articulation de la pensée poétique et de l’acte architectural. Par exemple, entre le poème The Order Is (1955) et le Jewish Community Center de Trenton (1954-1958). Ou encore entre le texte et le dessin que Kahn réalise lors de sa conférence "L’architecture: silence et lumière" en 1969, pour lequel il inscrit: "Silence of Light. The desire to express, the Threshold, The Inspirations, The Sanctuary of Art, The Treasury of the Shadows" (Du silence vers la lumière, le désir d’expression, le seuil, l’inspiration, le sanctuaire de l’art, le trésor des ombres). Chez Kahn, le rapport entre l’"ordre" (order) et le "dessein" (design) invite à revisiter ce qui rend sensible dans le mesurable, l’incommensurable. Ainsi, comment l’insolite (au sens de l’inhabituel,  de l’inusité) permet-il à la présence de s’instituer? La modulation des ombres et des lumières délivre un rythme, enveloppe les bâtiments de profondeurs, permet de concevoir des "ruines construites". On interrogera plus en avant ces espaces entourés de murs dispensateurs d’ombres que Louis I. Kahn qualifie de "ruines enveloppant les bâtiments", afin "d’éclairer" les rapports entre l’ordre, l’insolite et l’inspiration qui constituent la fiction du design en œuvre d’architecture.


Avec le soutien du CIELAM (Université de Provence Aix-Marseille I),
de l’équipe EHIC (EA 1087, Université de Limoges)
et de la Société Française des Architectes




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