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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2012 : un des colloques







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CULTURE(S) ET AUTOFICTION(S)

DU LUNDI 16 JUILLET (19 H) AU LUNDI 23 JUILLET (14 H) 2012

DIRECTION : Arnaud GENON, Isabelle GRELL

ARGUMENT :

On a souvent reproché à l’autofiction de n’être qu’un phénomène de mode franco-français, participant d’une décadence de la littérature vouée à une mort prochaine. Cependant, depuis plus de 30 ans, le concept, devenu le cœur d’enjeux théoriques, nourrit les débats universitaires et critiques. De plus en plus nombreux, toutes générations confondues, des écrivains - mais aussi des artistes venus d’horizons divers (de la photographie à la bande dessinée) - se réclament du genre. En outre, le concept franchit les frontières en épousant les spécificités culturelles et sociologiques des littératures auxquelles il s’applique.

Il s’agit donc d’interroger et d’ouvrir le concept d’autofiction à la littérature et la culture mondiale. L’autofiction est elle envisagée, pensée et construite de la même manière selon les pays dans lesquels elle se développe? Quelles sont les portées, les enjeux sociologiques et politiques de cette pratique d’écriture de soi? Le moi est-il haïssable partout: comment reçoit-on aujourd’hui les autofictions?

C’est en faisant intervenir universitaires, critiques, écrivains, artistes français et étrangers que ce colloque voudrait répondre à ces questions.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 16 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 17 juillet
Matin:
Arnaud GENON & Isabelle GRELL: Introduction
Camille LAURENS: L'intime et l'extime
Mathieu SIMONET: Autofiction et jeux collectifs

Après-midi:
Anne STRASSER: Mise en scène de la démarche d'écriture et réception de l'autofiction
Annie JOUAN-WESTLUND: Serge Doubrovsky: l'aventure d'une écriture transatlantique


Mercredi 18 juillet
Matin:
Luciana HIDALGO: L'autofiction au Brésil: une écriture-limite
Karen FERREIRA-MEYERS: L’autofiction africaine: du collectif à l’individuel à travers la construction mémorielle

La mémoire géographique dans les milieux autofictionnels, table ronde animée par Arnaud GENON, avec Karen FERREIRA-MEYERS et Luciana HIDALGO

Après-midi:
Mélikah ABDELMOUMEN: L'autofiction jouée, déjouée, rejouée
Véronique MONTÉMONT: (Dés)saissements: photographie, autobiographie, fiction


Jeudi 19 juillet
Matin:
Annie PIBAROT: Autoportrait littéraire et autofiction
Sandrine MORSILLO: Autofiction / Expofiction, entre les deux, l'artiste s'expose

Discussion avec Anne GOROUBEN

Après-midi:
DÉTENTE


Vendredi 20 juillet
Matin:
Susana ARROYO: L'autofiction au Japon (texte lu par Isabelle GRELL)
Philippe FOREST: Watashi-shôsetsu et autofiction: quelques notes en marge d'un texte fameux de Kobayashi Hideo

L'invention de l'autofiction japonaise: culture et écriture, table ronde animée par Isabelle GRELL

Après-midi:
Thomas CLERC: Autobiographie ou autofiction, un enjeu postmoderne?
Nathanaël WADBLED: Rendre compte théoriquement de soi. Les théories de la sexualité comme autofictions

Esthétisme de l'autofiction, table ronde animée par Arnaud GENON, avec Thomas CLERC, Philippe FOREST, Jasmine GETZ et Nathanaël WADBLED


Samedi 21 juillet
Matin:
M'hamed DAHI: Statut de l'autofiction dans la littérature arabe
Najet LIMAM-TNANI: Double culture et autofiction chez Marguerite Duras et quelques auteures maghrébines
Arnaud GENON: L'autofiction comme en (je)u politique chez Abdellah Taïa

Après-midi:
Abdellah TAÏA: Entretien avec Arnaud Genon

Spécificités de l'autofiction arabe, table ronde animée par Isabelle GRELL, avec M'hamed DAHI, Arnaud GENON, Najet LIMAM-TANI et Abdellah TAÏA

Soirée:
Films autofictionnels


Dimanche 22 juillet
Matin:
Catherine PONCHON: S'écrire après Auschwitz: un je entre fiction et Histoire
Jasmine GETZ: Autofiction en poésie
Claire LEGENDRE: Une expérience de l'autofiction à Prague: écriture, réceptions, ateliers

Après-midi:
Jean-Pierre BOULÉ: La mise-en-fiction et l'image: Guibert et Zabat
Pierre ARBUS: L'imaginaire des corps en dé-réalisation dans le cinéma de Monteiro et le film de Guibert

Discussion autour du cinéma autofictionnel


Lundi 23 juillet
Matin:
Chloé DELAUME: Politique et autofiction
Arnaud GENON & Isabelle GRELL: Conclusion

Après-midi:
DÉPARTS

Exposition dans la salle de la Laiterie: "Autoportraits dans la valise", par Anne GOROUBEN

RÉSUMÉS :

Mélikah ABDELMOUMEN: L'autofiction jouée, déjouée, rejouée
Après avoir flirté avec l'autofiction dans Le dégoût du bonheur (Point de fuite, 2001), l'avoir pastichée dans Alia (Marchand de feuilles, 2006), puis s'en être éloignée dans Victoria et le Vagabond (Marchand de feuilles, 2008), après avoir tenté d'en venir à bout dans une thèse soutenue en 2010 à l'université de Montréal et publiée en 2011 aux Presses Universitaires de Lyon sous le titre L'Ecole des lectrices: Doubrovsky et la dialectique de l'écrivain, après avoir tenté de détourner par le biais de la fiction le deuil de l'amie et autofictionniste Nelly Arcan (qui s'est donné la mort en septembre 2009) dans un roman à paraître qui tourne encore autour de la question autofictionnelle, quel bilan pour une auteure dont l'œuvre, finalement, a toujours été contaminée par cette pratique dont d'aucuns disent qu'elle n'a pas le droit à l'étiquette de "genre"? Comment comprendre son propre parcours et quelle direction donner aux projets à venir? Echappe-t-on jamais à l'autofiction? Pour moi, il s'agit aujourd'hui de me défaire d'une écriture trop consciente, trop soucieuse de la taxinomie, des genres en vogue ou en disgrâce, de la réception... mais on dirait que, d'une manière ou de l'autre, l'autofiction me rattrape toujours...

Mélikah Abdelmoumen est née au Québec en 1972. Elle y a publié plusieurs romans liés à l'autofiction (dont Le Dégoût du bonheur, éditions Point de fuite, 2000 et Alia, éditions Marchand de feuilles, 2006) ainsi que de nombreux articles et nouvelles. En juin 2011 paraissait, aux Presses universitaires de Lyon, l'essai tiré de sa thèse, intitulé L'Ecole des lectrices: Doubrovsky et la dialectique de l'écrivain.
Elle a récemment terminé un sixième roman, Les Désastrées, autour des questions soulevées par l'écriture/expression de soi (à paraître). Elle vit en France depuis 2005.


Pierre ARBUS: L'imaginaire des corps en dé-réalisation dans le cinéma de Monteiro et le film de Guibert
Il semble que Monteiro et Guibert ne se soit jamais rencontrés, leurs œuvres ne s’étant peut-être jamais croisées. Pour autant, on proposera de mettre en évidence une dialectique comparée de l'imaginaire des corps en "dé-réalisation" dans le cinéma de Guibert (notamment La Pudeur ou l'impudeur) et celui de Monteiro, comme création d'une image exhaustive du corps (selon une approche empruntant, avec modération, à Betcherev et à Gilbert Durand les questions de réflexes dominants et de régimes de l'image) visant, pour le corps effacé, ou s’effaçant peu à peu dans les affres d’une agonie ou d’une déviance morbide, un avenir prophétique: le corps fait œuvre, précisément à travers la complexité et les résonances de ses représentations. Il s'agit, en d'autres termes, de tenter de percevoir de quelle(s) vérité(s) anticipée(s), voire prophétique(s), sont porteurs les imaginaires de soi au cinéma, tout particulièrement dans les modes cinématographiques de l’autofiction.

Maître de Conférences, 18ème section CNU - Esthétique de l’audiovisuel - Ecole Supérieure d’Audiovisuel de l’Université de Toulouse II le Mirail (ESAV). Membre du LARA - Réalisateur.
Rédacteur en chef de la revue ENTRELACS (Edition papier: un volume par an, édition électronique sur le portail Cléo-CNRS: REVUES.ORG - Responsable scientifique du Colloque Annuel de Sorèze. Thèmes de recherches: le Continuum imaginaire, et la notion de Continuum créateur dans l’audiovisuel: les processus et les postures de création dans l’audiovisuel, questions de poétiques et champs de l’esthétique, filmer la création. Le cinéma documentaire russe, ou le cinéma de l’expérience poétique: Péléchian, Sokourov, Loznitsa, Dvortsevoy... L’œuvre de Victor Erice et les représentations de l’Après Guerre d’Espagne au cinéma: l’élaboration des mythes de résistance. Création - recherche: filmer la recherche, filmer la création.
Publications
http://lara.hypotheses.org/membres-de-lequipe/pierre-arbus.


Susana ARROYO: L'autofiction au Japon
Peut-on parler d’autofiction japonaise? Quelles sont les différences entre le moi japonais et le moi occidental? Pour répondre à ces questions, nous nous proposons d'aborder dans cette communication trois idées fondamentales: nous fournirons une brève approche critique de l’histoire de la littérature intime japonaise, nous présenterons ensuite la notion du Watakushi-shōsetsu, enfin nous examinerons ses diverses manifestations chez Osamu Dazai, Kenzaburo Oé, et Abé Kôbô.

Jean-Pierre BOULÉ: La mise-en-fiction et l'image: Guibert et Zabat
Les autofictions que sont La Pudeur ou l’Impudeur d’Hervé Guibert (1992) et le documentaire d’Olivier Zabat, Fading (2010) sont une réflexion sur le rapport de mise en scène du corps par rapport à l’image. Le corps et ses représentations deviennent l’unique acteur de ces images. La relation au spectateur s’en trouve décentrée. Ce qui compte, c’est se produire devant la caméra. Thanatos est le punctum de La Pudeur ou L’Impudeur mais aussi de Fading et le corps exposé devient le memento mori. Les deux films réaffirment la toute-puissance de l’image. Si, au départ, la conception des deux films n’est pas très distante car elle se base sur un matériau véritablement documentaire, une fiction, une histoire se tisse au fil des images, des plans et du montage. Toute autoreprésentation est-elle fictionnelle? A presque vingt ans d’écart, ces deux films correspondent à ce que Critikat dénomme, évoquant Fading, un film inclassable "notamment du fait de son statut expérimental et hybride, avec ses "personnages du réel" dans leurs propres rôles, que le geste cinématographique accompagne dans leurs trajectoires".

Jean-Pierre Boulé est professeur d’études françaises contemporaines à l’Université de Nottingham Trent au Royaume-Uni. Il a écrit sur Beauvoir, Doubrovsky, Guibert et Sartre. Son dernier livre s’intitule Existentialism and Contemporary Cinema: A Sartrean Perspective avec Enda McCaffrey (Berghahn 2011) et il prépare pour 2012 Existentialism and Contemporary Cinema: A Beauvoirian Perspective avec Ursula Tidd.

Thomas CLERC: Autobiographie ou autofiction, un enjeu postmoderne?
Je montrerai que le remplacement du terme autobiographie par celui plus moderne d'autofiction est une stratégie pour évacuer la question de la vérité du champ littéraire et, partant, sa dimension subversive. Le terme d'autofiction s'applique mal à la plupart des écrivains apparus sur la scène littéraire de la fin des années 80 à aujourd'hui pratiquant l'écriture de soi puisqu'il s'agissait de lutter contre le critère moderniste de l'autonomie fictionnelle qui rejetait la référence comme non valide dans l'appréciation mondaine et textuelle. L'autobiographie eut donc pour enjeu la parole contre la langue, vraie forme politique à la portée de tout énonciateur: visée non pas directement politique mais le devenant par sa forme d'engagement dans son dire.

M'hamed DAHI: Statut de l'autofiction dans la littérature arabe
Notre communication sera axée sur les points suivants: 1) l’apparition du concept "Autofiction" dans la littérature arabe. Depuis vingt ans le concept "Autofiction" (takhiel Dati) est diffusé dans divers supports tant écrits qu’audiovisuels. Dès son apparition, il n’a cessé de susciter de larges réflexions et controverses concernant son statut générique et ses traits spécifiques; 2) Attitude de la critique arabe  envers le concept. Malgré quelques projets autofictionnels, la critique arabe n’a pas pu appréhender le suivi minutieux et approfondi du genre pour en saisir leurs spécificités génériques et leurs portées esthétiques. On pourrait s’étonner du flegme avec lequel elle traite le néologisme, son évolution et son statut dans le champ cultuel; 3) Domaine pratique: nous analyserons un certain nombre d’autofictions arabes qui répondent aux normes requises en nous focalisant plus particulièrement sur les œuvres d’Abdelkader Chaoui dans la mesure où cet auteur est conscient de sa stratégie d’écriture et qualifie de manière explicite la plupart de ses œuvres d’autofiction en indiquant le néologisme Takhiel dati sur leurs couvertures.

M'hamed Dahi est professeur de littérature arabe à l’Université Mohamed V de Rabat.
Il a publié de très nombreux ouvrages et articles sur les questions liées à l’écriture de soi dans la littérature arabe. Il traduit aussi des articles relatifs à ces problématiques afin de diffuser le concept d’autofiction dans le monde arabe.


Karen FERREIRA-MEYERS: L’autofiction africaine: du collectif à l’individuel à travers la construction mémorielle
L'écriture autofictionnelle s'occupe du moi et de l'Autre. L'écriture autobiographique et autofictionnelle féminine africaine semble, plus que l'écriture masculine du même genre, vouée à l'altérité. Ma présentation se focalisera autour des notions de l'écriture-témoignage des situations traumatiques liées à la guerre, la maladie, les enfants soldats,... pour répondre au double postulat lancé par Chantal Zabus (2003, pp. 61-76) selon qui l'écriture personnelle féminine est en général plus holistique et orientée vers l'Autre que celle de l'homme et la subjectivité africaine plus "relationnelle" que son équivalent "individualiste" occidental. Partant de témoignages autobiographiques/ autofictionnels, tels que ceux de Dirie en passant par les témoignages du post-génocide au Rwanda (Mukagasana, Kayitesi, Mujawayo, Rurangwa, Mukasonga, Gatoré), pour arriver aux écrits fictionnalisant le thème des enfants-soldats (Ishmael Beah, Ahmadou Kourouma, Ken Saro-Wiwa et Emmanuel Dongola, Waberi, Delia Jarrett-Macauley et Uzodinma Iweala), j’analyserai ce postulat. Mélange de réalité et de fiction, le récit autofictionnel qui parle du traumatisme individuel ou collectif ajoute une troisième caractéristique, celle de l'incapacité de la mémoire - soulignée par Mujawayo entre autres - dans la construction de l'œuvre littéraire. Il s’agira de voir comment les femmes écrivains témoignant de leurs propres vies ou de celles de leurs proches ont trouvé des expressions verbales et non-verbales pour définir leur Moi subordonné.

Karen Ferreira-Meyers travaille depuis 1993 pour l’Université du Swaziland. Chef du Département des Langues Modernes entre 1998 et 2010, elle a récemment été nommée coordinatrice des langues modernes pour l’Institut d’Education à Distance. Ayant publié plusieurs articles, elle prépare une thèse de doctorat en français sur les autofictions féminines des XX et XXIe siècles.
Publications
2011, FERREIRA-MEYERS, K., "Trauma et écriture autofictionnelle: le cas de l’anorexia nervosa chez Amélie Nothomb et Tsitsi Dangarembga", in Ndinda Joseph (éd), Ecriture, jeu et enjeux, mythes et représentations de l’alimentaire dans les littératures africaines, Yaoundé: Editions Clé, 2011, pp. 131-146.
2011, FERREIRA-MEYERS, K., "Comment trouver son identité africaine en terre étrangère: les cas de José Tshisungu wa Tshisungu et Calixthe Beyala", in Apey Esobe Lete et Mahougnon Kakpo (éds), Littératures africaines: langues et écritures, Cotonou: Editions des Diasporas, 2011, pp. 305-314.
2010, FERREIRA- MEYERS, K., "L'aventure de l'autofiction: de la théorie doubrovskienne à la nécessité d'une continuation de la réflexion à propos de ce genre littéraire au XXIème siècle", in Dalhousie French Studies. "Spécial Serge Doubrovsky", vol. 91, summer 2010, pp. 55-61.
2009, FERREIRA-MEYERS, K., "L'aventure du genre littéraire de l'autofiction: de la théorie doubrovskienne à la littérature féminine du XXIème siècle", http://www.autofiction.org/index.php?category/sur-auteurs, publié le 2 février 2009.
2008, FERREIRA-MEYERS, K., "Autofiction, problème de définition ou problème de légitimité d'un genre?", in French Studies in Southern Africa. Etudes françaises en Afrique australe, N°38, 2008, South Africa, ISSN 0259-0247, pp. 63-78.
2008, FERREIRA-MEYERS, K., "Writing of Mythical Proportions: Myths and Intertextuality Revisited in Amélie Nothomb's œuvre", in Lwati, A Journal of Contemporary Research, Vol. 5, June 2008, Swaziland, ISSN 1813-2227, pp. 204-214.


Arnaud GENON: L'autofiction comme en (je)u politique chez Abdellah Taïa
Depuis Mon Maroc (2000), Abdellah Taïa met en scène un "je" autofictionnel aux prises avec la société marocaine, représentée notamment par le cercle familial. De roman en roman, le narrateur affirme sa personnalité, sa sensibilité, sa sexualité dans une culture où l’individu est souvent écrasé, amené à se perdre, se déliter dans le "nous", le "monde du ‘on’" (Heidegger), de la doxa, de l’impersonnel. "Aujourd’hui je sais que tout dans nos vies est politique" déclare l’auteur dans l’introduction des Lettres à un jeune marocain. Ainsi, se revendiquer homosexuel et marocain, faire de cette identité socio-culturellement clivée la matière de ses textes devient l’en(je)u politique de son œuvre. Il s’agira alors de révéler en quoi l’autofiction sert, dans un même mouvement, l’expression de la singularité d’un "je" et sa portée politique.

Arnaud Genon est docteur en littérature française, professeur certifié en Lettres Modernes. Enseignant à Casablanca, il est Visiting Scholar de ReFrance (Nottingham Trent University).
Auteur de Hervé Guibert, vers une esthétique postmoderne (L’Harmattan, 2007), spécialiste de l’écriture de soi dans la littérature contemporaine, il a cofondé les sites herveguibert.net (en cours de reconstruction) et autofiction.org.
Il vient de coordonner le numéro 51 de La Revue Littéraire (éd. Léo Scheer) consacré à Hervé Guibert.


Anne GOROUBEN: Voyageuse au café
Si elle n'est pas à l'atelier, descendez au café, vous avez des chances de la trouver. C'est là qu'il y a ces visages, ces corps posés là comme en attente, croit-elle, d'être dessiné...
Elle accumule les carnets, pages bruissantes de conversations ou de solitude ("les chutes", 1996, "il faut être très près des gens", 1995), sans ces détails que sont les objets posés sur la table; pour eux, c'est une autre histoire ("Entremonde (le bel amas)", 2001, "les jardins de l'incertain", 2002), comme s'ils devaient toujours rester séparés.
Par hasard son travail s'est organisé par cycles, liés à des séjours (ateliers, résidences) dans les villes, Berlin, Dresde, Prague, ("le poids des silences", 1989-1993), La Rochelle ("infinis", 1995-1995), Odessa ("la maison Odessa", 1995-1998, "L'écho Odessa", 2002), New York, Marseille ("D'Odessa à Odessa", 1995-2000)...
On la croyait toujours sur la route, alors que depuis des mois elle était plongée dans les dessins rapportés, reconstruisant en peinture tout ce que le voyage avait déposé en elle.
Et puis il y a les voyageurs, ceux des villes, gyrovagues, et c'est un monde aussi ("enfermé dehors", 2000-2005, "les êtres gyrovagues", 2005), dont elle ne peut se sentir éloignée.
S'ajoutent à cela ces longues suites de dessins liées à de primordiales rencontres littéraires ("Leçons de ténèbres", Patricia Runfola, 2008, "Une vie ordinaire", Karel Capek, 2010, "Mon Kafka", Kafka, journal 2006-...), tous réalisés au café.
Dont ce "Terminus" qu'elle remercie de son accueil pour les longues heures passées là à dessiner et écrire sur les 55 dessins de "100, boulevard du Montparnasse", œuvre dédiée à sa famille, parue fin 2011 aux Cahiers dessinés des éditions Buchet-Chastel.

Luciana HIDALGO: L'autofiction au Brésil: une écriture-limite
L’autofiction brésilienne comprend quelques romans écrits d’après des expériences radicales vécues par ses auteurs - soit Quatro-Olhos et O cemitério dos vivos, dans lequel Renato Pompeu et Lima Barreto (respectivement) développent un récit fictionnel à partir de leur internement dans un hôpital psychiatrique, soit O que é isso, companheiro?, de Fernando Gabeira, qui raconte l’histoire personnelle du journaliste en tant qu’activiste politique durant la dictature dans les années 1970 au Brésil, ou encore Cidade de Deus, de Paulo Lins, sur la vie quotidienne de l’auteur dans une favela à Rio de Janeiro. Cette communication propose une réflexion sur quelques-uns de ces romans-conséquences des situations-limites, en montrant que leurs auteurs ont eu le courage de se servir de leurs blessures comme sujet. Et pourtant, si ce moi blessé s’est répandu dans ces écrits fictionnels, c’est moins par égocentrisme que par une espèce d’idéal qui les a amené à miser sur la dénonciation en tant qu’outil pour la transformation sociale et politique du pays. Au-delà du narcissisme, ils sont partis d’eux-mêmes pour aborder des thèmes nationaux traumatiques et ont fini par créer une autofiction de l’urgence.

Luciana Hidalgo est écrivain et docteur en littérature comparée à Universidade do Estado do Rio de Janeiro, Brésil, avec un post-doctorat accompli en 2011. Elle suit actuellement un post-doctorat à l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III) sur autofiction, sur la question de "l’écriture-limite".
Elle est l’auteur du roman O passeador (éd. Rocco, 2011), de l’essai Literatura da urgência - Lima Barreto no domínio da loucura (éd. Annablume, 2008) et de la biographie Arthur Bispo do Rosario - O senhor do labirinto (éd. Rocco, 1997, 2011) - ces deux derniers livres ont reçu le prix littéraire Jabuti (l'un des plus importants au Brésil).


Annie JOUAN-WESTLUND: Serge Doubrovsky: l'aventure d'une écriture transatlantique
Serge Doubrovsky, dont l’existence fut partagée entre la France et l’Amérique pendant près de soixante ans, a voué sa carrière à l’enseignement et à l’écriture autofictive. De La Dispersion (Mercure de France, 1966) à Un homme de passage (Grasset, 2011), il développe les dérives d’une existence partagée entre les deux pays et offre au lecteur une vision privilégiée de sa vie professionnelle et intime. L’Amérique, fruit du hasard, est le fil conducteur de son œuvre et le catalyseur d’une ambiguïté existentielle à la source de son art. Cette étude montrera que dans cette œuvre où l’écrivain revendique "L’aventure du langage et non le langage de l’aventure", l’Amérique, construite de fragments pris sur le vif de l’existence et de l’inconscient, est un élément essentiel au départ et à l’aboutissement de l’aventure d’une écriture transatlantique.

Annie Jouan-Westlund est professeur de littérature française au département de Langues Modernes de l’Université de Cleveland (USA), ses domaines de recherche sont l’autobiographie/l’autofiction, le cinéma français ainsi que les études interculturelles et modes de représentations entre la France et l’Amérique.
Ses publications comprennent des chapitres et articles sur Simone de Beauvoir, Serge Doubrovsky, George Sand, Annie Ernaux, Andreï Makine, Sylvain Chomet, Adam Gopnik et Stephen Clark dans des revues telles que Simone de Beauvoir Studies, Sites, French Literature Series, RLA, The French Review, Romance Notes, Roman 20/50 et L’Esprit Créateur.


Claire LEGENDRE: Une expérience de l'autofiction à Prague: écriture, réceptions, ateliers
Depuis plusieurs années, je mène de front un travail d'écriture romanesque, qui emprunte parfois à l'autofiction, et l'animation d'ateliers d'écriture, dont les thématiques s'orientent vers le questionnement du réel par la fiction. Ayant vécu trois ans à Prague, j'ai eu l'occasion de me pencher sur les différences culturelles qui fondent l'accueil de ces pratiques, en France, à Prague et, plus récemment, au Québec. C'est donc à la fois sur ma propre démarche d'écriture et les circonstances (géographiques, culturelles) qui l'entourent que je reviendrai, et sur les expériences menées en groupe, à l'Institut Français et au Lycée Français de Prague, ainsi qu'à l'Université de Montréal. La diversité de l'accueil des exercices proposés, et surtout la diversité des travaux produits par les participants, me semblent témoigner à la fois d'horizons d'attente sensiblement différents dans ces pays vis-à-vis du réel en littérature, mais aussi soulever, de par la rencontre, l'interaction entre les cultures, des questions universelles que seule l'altérité peut mettre au jour.

Claire Legendre est née à Nice en 1979. Pensionnaire à la Villa Médicis en 2000, lauréate de la Fondation Hachette-Jean-Luc Lagardère en 2004, elle est l'auteur de plusieurs romans (Making-of, Viande, Matricule, L'Ecorchée vive...) et nouvelles (Le Crépuscule de Barbe-Bleue); son écriture flirte avec l'autofiction (La Méthode Stanislavski) et s'y aventure parfois complètement (Photobiographies et Passerelle, co-écrits avec Jérôme Bonnetto).
En tant que chercheur, elle consacre sa thèse de doctorat à la question de la vérité au théâtre. Professeur de Création Littéraire à l'Université de Montréal depuis 2011, elle s'intéresse au statut du réel dans la littéature contemporaine.


Najet LIMAM-TNANI: Double culture et autofiction chez Marguerite Duras et quelques auteures maghrébines
Duras ne cesse d’évoquer le pays natal et l’Asie de l’enfance et de les présenter comme la source même de son écriture. Elle se dit tiraillée entre deux cultures antagoniques, la culture orientale et la culture occidentale. En introduisant une fracture dans l’identité de l’auteur, cette double culture rend le moi problématique et engage l’écriture durassienne dans une quête angoissée du passé qui fait intervenir l’imaginaire et repose sur un jeu d’associations d’images et de langage donnant à l’œuvre la forme d’une autofiction. La question de la double culture est aussi présente chez de nombreuses écrivaines francophones, particulièrement dans la littérature maghrébine d’expression française. Tout en théâtralisant les violences du colonialisme et/ou ses effets perturbateurs dans la construction de leur identité, Taos Amrouche, Nina Bouraoui et Assia Djebar utilisent dans leurs écrits la langue française et procèdent à un dévoilement de leur intimité où le vécu se mêle aux fantasmes; elles semblent chercher, au-delà d’elles-mêmes, à promouvoir un "je" féminin et à donner une visibilité à des femmes écartées de la sphère publique et réduites au silence dans leur culture d’origine.

Najet Limam-Tnani est professeur HDR à la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis.
Il a publié un ouvrage sur Roman et cinéma chez Marguerite Duras:  la poétique de la spécularité, Alif, Tunis, 1996, soutenu en 2007 une thèse d’Etat sur "Un "je" sans garantie dans les œuvres de Marguerite Duras et celles de Jean Genet" et participé à de nombreux colloques et ouvrages collectifs sur ces deux auteurs. Dans ses recherches, il a réfléchi aux modalités d’inscription du "je" dans l’écriture romanesque et autobiographique et au rapport entre roman et autobiographie, certains de ses articles ont porté également sur le spectaculaire dans l’autobiographie.


Véronique MONTÉMONT: (Dés)saissements: photographie, autobiographie, fiction
Cette intervention se propose d’explorer la question du jeu qu’introduit dans un texte totalement ou partiellement autobiographique la présence de photographies ou d’ekphraseis photographiques. Depuis le Roland Barthes par Roland Barthes (1975), il n’est pas rare que les auteurs recourent à la photo pour accompagner, voire fonder un dire autobiographique: ils s’appuient à la fois sur le pouvoir qu’a l’image de créer un effet de réel (même s’il est fantasmatique), sur sa valeur de repère mémoriel et sur les intervalles de sens ouverts par la co-présence de deux ordres sémiotiques hétérogènes. D’autres écrivains ou plasticiens, conscients de ce pouvoir prêté à l’image, vont l’utiliser pour rabattre le discours biographique du côté de la fiction: tension entre image et commentaires, contradiction, recontextualisation, manipulation, décalage, vont être autant de manières de récrire son histoire à la faveur d’une construction iconographique, qui s’avouera plus ou moins comme ancrée dans la fiction, et interrogera la qualité proprement biographique de l’œuvre. Ce parcours s’appuiera, entre autres, sur les ouvrages d’Anne Brochet, Sophie Calle, Marie Ndiaye, Claire Legendre et Jérôme Bonnetto, Christian Boltanski et les réflexions de Denis Roche.

Véronique Montémont (UHP Nancy, ATILF-CNRS) est membre junior de l’Institut Universitaire de France.
Elle est l’auteur d’une série d’articles sur les rapports entre photographie et autobiographie.
Spécialisée dans l’exploration automatisée de corpus d’écrits personnels, elle est aussi responsable de la base de données Frantext.


Sandrine MORSILLO: Autofiction / Expofiction, entre les deux, l'artiste s'expose
Dans les arts visuels, des artistes tels que Christian Boltanski, Gérard Gasiorowski et Jean Le Gac ont développé des autofictions. L'œuvre de Joseph Beuys, qui est considérée comme l'œuvre la plus autobiographique de l'art d'’après-guerre, n'est-elle pas également une autofiction permettant d'articuler les différents éléments qui la composent?
L’autofiction donne à l’œuvre une dimension critique vis-à-vis de la création. L’artiste qui se présente ou représente en tant que sujet-créateur, questionne son autorité, son rôle. En même temps qu’il se met en œuvre dans l’exposition de son existence, il joue aussi parfois sur l'exposition de l’œuvre elle-même. Cette dimension de l'exposition dans l’autofiction déplace une nouvelle fois la place de l’artiste en même temps qu’elle questionne celle du spectateur.
Autofiction/expofiction, n'est-ce pas dans l’entre-deux de l’œuvre et de la vie, que l'artiste s'expose?

Enseignante-Chercheuse en Arts Plastiques à l'Université Paris l, artiste plasticienne et commissaire d'expositions, Sandrine Morsillo développe une recherche théorique et pratique sur la fiction (autofiction et expofiction).
Publications
Habiter la peinture. Exposition, fiction avec Jean Le Gac, Paris, L'Harmattan, collection Esthétiques, 2004.
"Les images du moi-créateur chez Gasiorowski", in La Voix du Regard, n°12.
"Joseph beuys, le maître au tableau", in L'école dans l’art, Paris, L'Harmattan, 2011.
"Des fictions d’expositions", in Fiction et médias, Paris, Publ. de la Sorbonne, 2012.


Annie PIBAROT: Autoportrait littéraire et autofiction
De nombreux textes d’écriture de soi publiés depuis une trentaine d’années sont structurés en référence à l’espace, à des catégories logiques, thématiques ou arbitraires comme l’ordre alphabétique. Le terme "autoportrait" est, depuis Philippe Lejeune et Michel Beaujour, utilisé pour désigner cette série littéraire. L’articulation entre la pratique de l’autoportrait et celle de l’autofiction est complexe car certaines définitions de cette dernière - comme "refus de retracer linéairement l’histoire de sa personnalité" (Gasparini) ou comme "manipulation référentielle" (Vilain) - tendraient à les rapprocher. Force est pourtant de constater que l’autoportraitiste est aux antipodes de la fascination pour le romanesque des auteurs d’autofiction et que le choix de renoncer à la linéarité temporelle peut être chez lui un refus de la dimension fictionnalisante du récit, largement exploitée dans l’autofiction. J’aimerais aborder ces questions à partir des différentes formes d’autoportraits pratiqués à une date récente: les autobiographies thématiques, les listes, les abécédaires personnels, les textes associant image et récit, les autobiographies du "temps palimpseste".

Annie Pibarot est maître de conférences et membre du RIRRA 21 (Représenter et Inventer la réalité du Romantisme à l’Aube du XXIe siècle) de l’Université Montpellier III.
Elle a publié deux livres consacrés à Michel Leiris ainsi que des articles et contributions à des ouvrages collectifs autour des questions de l’écriture de soi et de la littérature narrative de l’extrême contemporain.


Catherine PONCHON: S'écrire après Auschwitz: un je entre fiction et Histoire
L'autofiction pourrait-elle être une conséquence de l'impasse dans laquelle l'écriture de soi et l'écriture de témoignage se trouveraient après Auschwitz? Leur apparition simultanée à la fin des années soixante dix aurait-elle des origines communes? Les découvertes de la psychanalyse avaient profondément bouleversé les velléités de connaissance du moi, mais l'expérience des camps a rendu l'homme étranger à lui-même. La petite histoire a été écrasée par la grande Histoire. Les repères sont brouillés. Le moi s'appréhende disloqué. La mémoire vacille. Comment se dire et comment dire lorsqu'on est confronté à une réalité qui dépasse la fiction? L'autofiction serait-elle ainsi une réponse à l'impossibilité de se raconter et de témoigner, à la difficulté de s'approcher de zones douloureuses et à la réserve commune envers la possibilité et d'une écriture autobiographique et d'une écriture du réel? Nous répondrons à ces interrogations en confrontant trois œuvres: celle de Serge Doubrovsky, l'inventeur du néologisme "autofiction", celle de Georges Perec, l'OuLiPien, et celle de Jorge Semprun, classée dans la littérature de témoignage. Serge Doubrovsky est un témoin de la Deuxième Guerre mondiale, Georges Perec une victime et Jorge Semprun un acteur.

Catherine Ponchon est doctorante à l'Université de Bourgogne en littérature moderne. La soutenance de sa thèse est prévue début 2013. Le sujet de sa thèse est: "Le moi, la fiction et l'Histoire dans les œuvres de Serge Doubrovsky, Jorge Semprun et Georges Perec", sous la direction de Jacques Poirier".
Articles
""Le Moi, la fiction et l'Histoire": la petite et la grande Histoire", in L'Esprit créateur, Serge Doubrosky: Life, Writing, Legacy, sous la direction de Elisabeth H. Jones, vol. 49, n°3, Fall 2009.
"Un "Je" de piste", in Dalhousie French Studies, sous la direction de Isabelle Grell, Volume Ninety One, Summer 2010.
"De la fiction d'une absence à l'autofiction d'une présence", sous la direction Edyta Kociubinska, Volume thématique de la Série 12/15 Ecrire l'absence, initié par l'Institut de Philologie Romane de l'Université Catholique de Lublin Jean-Paul II, Parution prévue début 2012.


Mathieu SIMONET: Autofiction et jeux collectifs
Mon travail consiste à utiliser comme matériau non seulement des éléments de ma vie intime et de celle des autres, mais également des éléments créés par les autres, à partir d’un dispositif ludique, collectif, en lien avec le réel. J’ai, par exemple, proposé à plus d’une centaine de personnes de détruire et/ou de transformer mes journaux intimes (www.lescarnetsblancs.com), à un photographe de m’accompagner dans le métro pour que je puisse écrire à côté de lui (www.lemetrographe.com), à des collégiens et à des lycéens d’écrire chaque semaine sur un thème intime pour en faire un livre (www.matthieux.blog.lemonde.fr). Ce travail s’inscrit dans un projet de créer un mouvement "d’autobiographie collective", dans lequel les frontières écrivain/personnage/lecteur disparaîtraient en partie. Ce travail interroge les notions d’inspiration, de vrai, de droit (notamment du personnage "consentant", dont la vie et le travail sont utilisés comme matériau). Ce projet pose également la question du "but" de ces jeux: impulser une inspiration chez les autres, sans sélection? susciter des rencontres? produire des livres? créer sans en comprendre le sens?

Mathieu Simonet est avocat en droit des médias (www.111avocats.com). Après avoir animé une émission culturelle sur une radio associative pendant trois ans (Le 6e sens, sur Vivre FM), il a publié au Seuil, Les Carnets blancs (2010), et a participé au recueil de textes sur Hervé Guibert, publié chez Leo Scheer (2011). En 2012, il publiera trois livres: Les Corps fermés (Emoticourt), La Maternité (Le Seuil)
et Desaparecido (Omnisciences).


Anne STRASSER: Mise en scène de la démarche d'écriture et réception de l'autofiction
Après avoir exploré la question de l’identité dans l’autofiction, en montrant comment l’interrogation de l’auteur qui cherche à s’inventer à partir d’un matériau réel conditionne la réception par le lecteur lui aussi soumis à un processus identitaire toujours en mouvement, nous allons, dans cette communication, approfondir la question de la réception pour rechercher ce qui peut amener le lecteur à déceler l’authenticité de la démarche dans ce genre qui brouille les frontières entre la fiction et l’autobiographie. Pour ce faire, nous étudierons la mise en scène de la démarche d’écriture dans plusieurs récits d’autofiction, gageant que c’est dans cette réflexion de l’auteur sur sa propre écriture que se joue la réception d’une forme d’authenticité de ce genre hybride.

Maître de conférences à l’IUT Nancy-Charlemagne, Université de Lorraine. Membre de l’équipe de recherche Centre d’Etudes Littéraires Jean Mourot (EA 3962). Ses recherches concernent les œuvres autobiographiques de Simone de Beauvoir et, plus généralement, la littérature autobiographique contemporaine: réflexion sur la notion d’identité, le récit de filiation, l’écriture du deuil, l’énonciation dans les écrits de soi. Elles se tournent également vers la réception de l’autobiographie, par l'étude de lettres de lecteurs notamment.

Nathanaël WADBLED: Rendre compte théoriquement de soi. Les théories de la sexualité comme autofictions
Ceux et celles qui ne peuvent se reconnaître dans les positions sexuelles normales d'homme et de femme hérérosexuel(le)s n'existent à proprement parler pas dans l'ordre sexuel. Ils sont mis dans un espace social et symbolique à part, que Eve Sedwick nomme le placard, où se regroupent ceux et celles qui n'ont pas de place. L'enjeu, pour ceux qui s'y trouvent reclus, est de rendre leur existence possible. Il ne s'agit alors pas nécessairement de vouloir en sortir par une sorte d'orthopédie identitaire permettant de s'intégrer à l'ordre sexuel normal et normatif. Il peut également s'agir d'affirmer l'existence possible de ce qui ne devrait pas exister en définissant une place sociale et symbolique possible.
Comme le montrent les fictions de Genet ou de Califa, la littérature semble être le moyen privilégié d'une telle pratique. Elle permet de mettre en récit une vie considérée comme invivable et de prouver par l'exemple son existence vivable voire jouissive. Cependant, à côté des écrivains, un certain nombre d'auteurs ont produit un travail théorique, qu'il soit philosophique, anthropologique ou historique, s'inscrivant dans cette démarche, bien que le faisant généralement de manière implicite. D'un côté, il s'agit, comme pour Judith Butler, de déconstruire les positions symboliques d'homme et de femme afin de montrer qu'il s'agit d'idéaux-types inaccessibles par rapport auxquels chaque individu doit plus ou moins négocier; d'un autre côté, il s'agit, comme pour Hocquenghem ou Rubin, de décrire ce qui ne devrait pas exister. Dans le premier cas, est mise en récit la manière dont l'identité d'un individu peut se former en décalage avec les normes sociales et symboliques; dans le second cas, est mise en récit la manière dont peuvent s'affirmer des identités autres. Dans les deux cas, il s'agit pour l'auteur de marquer la possibilité de sa propre existence en définissant une place sociale ou symbolique lui correspondant à travers un récit apte à rendre compte de sa propre constitution. S'il ne raconte pas sa propre vie et écrit de manière souvent impersonnelle à la troisième personne, que ses ouvrages soient écrits sur un mode abstrait et dans un style théorique ne change rien au fait qu'il fait le récit de cette vie. En ce sens, il est sûrement possible de parler d'autofictions théoriques.

Nathanaël Wadbled s'intéresse d'un point de vue philosophique aux normes et conditions de représentation et d’inscription. Parallèlement à une thèse sur et les lieux de mémoire et les musées d'histoire, il mène une double recherche sur les actions rituelles et la constitution fantasmatique du corps, ainsi que sur les processus de subjectivation et les possibilités de leur réinvestissement subversif.

BIBLIOGRAPHIE :

Ouvrages de référence

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Publications des intervenants

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ADIOUANI, Hicham, "J.M. Coetzee: Writing of Resistance and the Resistance of Writing, Stirrings Still": The International Journal of Existential Literature, University of Binghamton USA. pp. 35-52, 2006.
ADIOUANI, Hicham, "Le Veld ou le silence du Sphinx", Confluences XXII, pp. 91-107, 2003.
ADIOUANI, Hicham, "L'impraticable frontière dans Waiting for the Barbarians", Confluences XXIV (juin 2004).
ADIOUANI, Hicham, Interstitial Writing in J.M. Coetzee's In the Heart of the Country, communication lors d'un colloque Accented Cultures: Deterritorialisation in the Arts and Media à l'université d'Amsterdam (2004).
ADIOUANI, Hicham, Travaux en cours: Ethnicity and National Identity in Chimamanda Adichie's Half of a Yellow Sun. Forgiveness and its Limits in Achmat Dangor's Bitter Fruit.  In-betweenness in Helen Oyememi's The Icarus Girl and Diana Evan's 26a.
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BOULÉ, Jean-Pierre, Dalhousie French Studies, ‘Jouer à Sartre-Beauvoir: une chimère bisexuelle’, Numéro spécial sur Serge Doubrovsky, dirigé par Isabelle Grell, 91, Summer 2010.
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DAHI, M’hamed, L’enseignement d’un module consacré (S3) à la littérature intime.
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DAHI, M’hamed, L’intégralité de l’entretien a été traduite par Mohamed Ellouizi, Aljarida Aloula (Le Journal primordial), n°430, 9-10-2009, p.9.
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