Plan du Site du Centre Culturel International de
Cerisy-La-Salle : cliquez
ici
" Page mise à jour le 14 mai 2012 "
DU MERCREDI 25 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 1er
AOÛT (14 H) 2012
BACHELARD
SCIENCE, POÉSIE, UNE NOUVELLE ÉTHIQUE ?
DIRECTION : Jean-Jacques WUNENBURGER
Avec le concours de l'Association des Amis de Gaston BACHELARD
ARGUMENT :
Gaston Bachelard explore les deux versants de la culture moderne, la
connaissance scientifique dans ses formes les plus innovantes, et
l'expérience poétique, de la rêverie spontanée aux grandes créations
artistiques. Il a tenu à les différencier comme des expressions
antagonistes de l'esprit et à les unir comme complémentaires dans
l'existence.
Au-delà de ces rapports entre science et poésie, entre théorème et
poème, ne pourrait-on trouver aussi, en filigrane, les lignes profondes
d'une philosophie pratique, d'un humanisme et d'une sagesse? Car
Bachelard parle aussi du désir et de la volonté, de l'enfant et de
l'adulte, du loisir et du travail, de l'amour et de l’affrontement, de
l'autorité et de la révolte, de la solitude et de la communauté, de la
liberté et de la nécessité, de la vie et de la mort; autant d’entrées,
condensées en certains passages ou dispersées
dans l’œuvre, dans une philosophie du bien vivre et du bien être
ensemble.
Autant de positions et propositions qui créent peut-être des
perspectives insoupçonnées pour nous orienter aujourd'hui encore dans
un monde à la recherche de sources d’inspiration éthiques, éducatives,
sociales et politiques, au delà des valeurs et des normes trop bien
instituées.
CALENDRIER PROVISOIRE :
Mercredi 25 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Jeudi 26 juillet
Matin:
Jean-Philippe
PIERRON:
Gaston Bachelard et les forces
imaginantes de la morale
Fréderic WORMS: Le foyer moral de la philosophie de Bachelard
Après-midi:
Michel-Elie MARTIN:
Nouménologie du sujet scientifique et
du sujet éthique
Lutz BAUMANN: La pensée de Gaston Bachelard: conscience
transcendantale et conscience morale
Valeria CHIORE:
Gaston
Bachelard: un héritage sous le signe
de la matière
Soirée:
Jean-Claude FILLOUX:
Témoignages sur la vie de Gaston Bachelard. Lecture de lettres
Vendredi 27 juillet
Matin:
Kuan-Min HUANG:
La
correspondance et la sympathie chez
Gaston Bachelard et Tang Jun-yi
Aldo TRIONE: La
solitude
existentielle, créatrice
du monde
Après-midi:
Francesca BONICALZI:
Gaston Bachelard: rationalisme ouvert et éthique de la connaissance
Carlo VINTI: "A la
millième
personne du singulier".
Bachelard et l’intersubjectivité de la science
Table ronde: Ethique et esthétique (V. REDA)
Soirée:
Cinéma (Marly BULCAO)
Samedi 28 juillet
Matin:
Chris YOUNÈS:
La métaphore de
la maison dans La poétique de
l'espace
Jean LIBIS:
Pour une éthique de
la séparation. Critique des
herméneutiques confusionnistes
Après-midi:
DÉTENTE
Dimanche 29 juillet
Matin:
Vincent BONTEMS:
Ethique de
l’ouverture chez Gaston Bachelard et Ferdinand Gonseth
Jean-Hugues BARTHÉLÉMY:
Philosophie, science et opinion.
D’un rôle possible de l’épistémologie historique pour une réinvention
du penser par soi-même philosophique
Après-midi:
Marly BULCÃO: Gaston Bachelard:
pour une éthique de la désobéissance
Constança
MARCONDES CESAR:
La psychanalyse
chez Bachelard et chez Ricœur: une étude
Table ronde: L'Ethique et la main
(Renato BOCCALI)
Soirée:
Poésie, avec Anne BIHOREAU
Lundi 30 juillet
Matin:
Rodolphe CALIN:
Feinte et
subjectivité selon Bachelard
Délia POPA: La
portée pratique de
l'imagination: dialectique
et matérialité
Après-midi:
Robert DAMIEN: Une philosophie politique bachelardienne
est-elle pensable?
Ionel BUSE: Affinités poétiques
chez Gaston Bachelard et
Lucian Blaga
Maria-Noel LAPOUJADE: Le
phénix chez Gaston Bachelard: à la frontière de la poétique, de
l’alchimie et de l’éthique
Soirée:
Atelier du geste rythmé
("Les rythmes premiers comme expérience de discontinuité-continuité", France SCHOTT-BILLMAN)
Mardi 31 juillet
Matin:
Paolo MOTTANA:
Déphilosophie
et dépsychanalyse, la
restitution d’âme au savoir dans l’œuvre et la vie de Gaston Bachelard
Catarina SANT'ANNA:
"Regret souriant" (la "saudade"
bachelardienne): pour une éthique et une esthétique du manque
Après-midi:
Christian
THIBOUTOT:
Ethique et poétique chez Bachelard
Matei Stircea CRACIUN: Brancusi et
Bachelard: une approche herméneutique de la sculpture abstraite
Table ronde doctorale
Soirée:
Musique (Marie-Pierre LASSUS)
Mercredi 1er août
Matin:
Julien LAMY: Bachelard et la
tradition des "exercices
spirituels"
Gilles HIERONIMUS:
La
verticalité axiologique chez Gaston
Bachelard
Synthèse
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Jean-Hugues BARTHÉLÉMY: Philosophie, science et opinion.
D’un rôle possible de l’épistémologie historique pour une réinvention
du penser par soi-même philosophique
C’est une opinion assez répandue, chez les philosophes eux-mêmes, qu’en
philosophie il n’y a pas de vérité partagée. A cet égard, ce n’est sans
doute pas un hasard si l’unique point d’accord qui soit éventuellement
envisageable a fait l’objet d’un discours relevant d’une discipline se
voulant nouvelle et tout à la fois non étrangère au devenir de la
philosophie: l'"épistémologie historique" de Gaston Bachelard. Car
l’unique point d’accord envisageable dont nous parlons est cette vérité historiquement attestable de
la naissance des sciences comme affranchissement à l’égard du sens
commun, et du même coup vérification — inattendue parce
qu’extérieure à la philosophie — de la condamnation platonicienne et
plus généralement philosophique de ce même sens commun en tant
qu’"opinion" (doxa). C’est en
quoi une Relativité philosophique pour notre temps procèdera d’une
compréhension préalable de ce qu’est en son fond l’approximation
croissante propre aux sciences de la nature: la Relativité philosophique est le Système
global mais ouvert du non-savoir, tel qu’il procède du choc introduit
en philosophie par cette nouvelle discipline, encore extérieure à la
philosophie, qu’est l’épistémologie historique comme discours de savoir
et discours du savoir — la physique mathématique n’étant pas par
elle-même discours. Dans cette invention même de la Relativité
philosophique comme non-savoir articulé à la discipline nouvelle ayant
révélé l’opposition du savoir scientifique à la doxa, on trouverait l’agencement
qui réalise la philosophie dans sa capacité la plus radicale au para-doxe, c’est-à-dire dans sa
capacité à distinguer
systématiquement le paradoxe de la contradiction avec laquelle
la doxa le confond.
Jean-Hugues Barthélémy, docteur en épistémologie de
l’Université Paris VII, enseigne à la fois la philosophie et l’histoire
des techniques. Directeur des Cahiers
Simondon, il est l’auteur de Simondon
ou l’Encyclopédisme génétique (P.U.F., 2008), des deux volets de
Penser l’individuation
(L’Harmattan, 2005) et d’une trentaine d’articles parus en France ou à
l’étranger sur Husserl, Heidegger, Simondon, Stiegler. Directeur de
séminaire à la MSH Paris-Nord, il a coordonné en 2006 le numéro
"Gilbert Simondon" de la Revue
philosophique.
Anne BIHOREAU
Poète, enseignante.
A crée Un cercle de réflexion poétique à St-Malo sur l'espace entre
"Géographie et Poésie" en mars 2010 entre poètes, géographes,
philosophes... pour réfléchir aux liens et lieux d'une poétique du
littoral en s'appuyant entre autres sur la démarche géopoétique fondée
par Kenneth White, sur des écrits de Bachelard, de Bashô, de Bernard
Noël et des articles de Wunenburger.
Publications
"Tournesols", 1992.
"Eaux-Fortes", 2006, Ed. H. des Abbayes, Fougères (35).
"Boreales", à paraître.
- Dans la Revue "AVEL IX" (Revue poétique culturelle artistique du Pays
de St-Malo, éditée par "Les Amis de la Tour du Vent):
N°spécial consacré au "Goéland", 1991 ; N°5 consacré au "Voyage", 1992
; N°10 consacré au "Regard", 1997 ; N°11 consacré à "la Femme", 1998 ;
N°12 consacré à "la Mouvance et métamorphose", 1999 ; N°14 consacré au
"Désert", 2001 ; N°17 consacré à "l'Ombre et la Lumière", 2003 ; N°18
consacré au "Végétal", 2004 ; N°19 consacré à "l'Air", 2005 ; N°20
consacré à "la Mer, les phares", 2006 ; N°21 consacré aux "Animaux
réels ou fabuleux", 2007 ; N°22 consacré au "Temps", 2008 ; N°23
consacré aux "Lieux et à la mémoire", 2009 ; N°24 consacré au "Visible
et Invisible", 2010 ; N°25 consacré aux "Voyageurs / Nomades /
Itinérants", 2011 ; N°26 consacré aux "Cinq sens", 2002.
- Dans la Revue "BULLES" (Editée par le "Cercle poétique du Ternois"):
Poèmes publiés de 1993 à 2009.
- Dans la Chronique poétique "EN MUSARDANT" (Chronique publiée dans un
hebdomadaire d'information régionales et locales à St-Pol-Sur-Ternoise
(62)):
Poèmes publiés de 1997 à 2011.
- Dans "SUR LA LIGNE D'OMBRE DE L'EAU" (Anthologie de poésie en
Bretagne parue en 2001 par Alain Le Roux, Ed. An Amzer, Brest (29)).
- Dans le "Bulletin des Amis de Gaston Bachelard":
Extraits de poèmes du recueil "EAUX-FORTES" dans le Bulletin N°8, 2006.
Rétrospective sur Anne Bihoreau dans le Bulletin N°9, 2007.
Francesca BONICALZI: Gaston Bachelard: rationalisme ouvert et
éthique de la connaissance
Cette communication vise à vérifier en quel sens on peut, aujourd’hui,
accueillir et relancer l’assertion, dans l’œuvre de Bachelard, de la
valeur morale de la culture scientifique. Elle se propose de
reconsidérer l’affirmation bachelardienne selon laquelle il n’y a pas
de formation morale sans une formation intellectuelle objective, en
envisageant la valeur morale de la culture scientifique, plutôt que
dans les contenus ou les buts, dans la structure ouverte de la rationalité – et
partant engagée, appliquée, au
travail –, une rationalité qui empêche tout réductionnisme et
toute idéologie et produit des effets de restructuration de
l’humain, grâce à son aspect de promotion des valeurs de la
connaissance et de l’activité objective et sociale. Le
sur-rationalisme, la philosophie du non, la philosophie des ré-, ont
tour à tour désigné cet effort de vigilance critique et de rigueur
et, à divers titres, ont montré le chemin d’une éthique de la
connaissance capable de rendre raison de la réalité dans toute sa
complexité, sans aucune simplification ni réduction. L’éthique de la
connaissance, tout en produisant une rationalisation, conduit à
l’aventure de l’approfondissement de la réalité et de la verticalité de
l’humain.
Francesca Bonicalzi, professeur de Philosophie morale à
l’Université de Bergame (Italie), a consacré de nombreuses études à la
réflexion sur le rapport entre le sujet, le langage et la structure de
la rationalité. Elle est membre
du Comité International de Lecture des Cahiers Gaston Bachelard.
Elle est l’auteur, notamment, du livre Leggere Bachelard. Le ragioni del sapere
(Milan, Jaca Book, 2007), a établi l’édition italienne de deux
textes de Bachelard (L’activité
rationaliste de la physique contemporaine et L’engagement rationaliste) et est
l’éditeur de volumes collectifs qui ont contribué à la connaissance de
la pensée bachelardienne en Italie, parmi lesquels, avec Carlo Vinti, Ri-cominciare, Percorsi e attualità
dell’opera di Gaston Bachelard, Jaca Book 2003.
Vincent BONTEMS: Ethique de l’ouverture chez Bachelard et
Gonseth
Gaston Bachelard et Ferdinand Gonseth ont promu ensemble un
rationalisme "ouvert", c’est-à-dire capable de renouveler ses propres
bases pour se reconstruire en intégrant de nouvelles expériences. Leur
épistémologie insiste sur le caractère dynamique de la science et
confère même une valeur morale à ses progrès: l’esprit scientifique ne
se satisfait jamais de l’ordre établi, il ne se contente pas de
conserver le passé, il demeure tendu vers l’avenir et ouvert à la
nouveauté, selon une attitude que Bachelard qualifie de
"surrationaliste". De telle sorte qu’on peut affirmer que le principe
d’ouverture (ou de révisibilité) qui caractérise la connaissance
scientifique constitue en soi un principe éthique. Mais ce principe
d’ouverture peut être étendu à l’éthique elle-même, comme le montre
Gonseth, puisqu’un référentiel éthique doit être capable aussi de
réviser ses propres normes selon l’expérience. Une morale fermée, aux
normes fixes, est fatalement déficiente. Le "moment éthique", où une
morale révise ses normes au nom même des valeurs qui en ont justifié
l’institution en premier lieu, est donc analogue aux révolutions
scientifiques, durant lesquelles une rupture épistémologique
s’accomplit avant qu’une nouvelle théorie récurrente ne refonde la
science.
Ancien élève de l'ENS-LSH, agrégé de philosophie, docteur en
philosophie et histoire des sciences, Vincent Bontems est ingénieur au
laboratoire de recherche sur les sciences de la matières (LARSIM) du
commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).
Il est aussi membre de l'équipe rédactionnelle de la Revue de Synthèse et dirige
"l'Atelier Simondon" à l'ENS. Il a publié de nombreuses études sur
Bachelard et son dernier ouvrage est: Bachelard,
les Belles Lettres, collection "Figures du Savoir", Paris, 2010.
Marly BULCÃO: Gaston Bachelard:
pour une éthique de la désobéissance
L’intention de Bachelard dans son livre Fragments d’une poétique du feu est
de revivre la séduction que le mythe provoque sur les poètes pour y
retrouver ses racines esthétiques. En se tournant vers la figure
paradoxale de Prométhée, Bachelard montre qu’elle a une valeur
emblématique et qu’on peut trouver dans le mythe du héros une
activité esthétisante. Pour lui, le Prométhée
poétique nous invite à une esthétique de l’humain (1).
Il s’agit de montrer dans cette communication, qu’il y a sous-entendue
et en filigrane chez Bachelard, l’idée d’une éthique de la
désobéissance. Comme affirme le philosophe, il n’y a pas d'images
gratuites. Ainsi, l’image de Prométhée est, pour lui, psychologiquement
active dans la mesure où elle est le symbole de la désobéissance
constructrice. L’éthique bachelardienne préconise alors que désobéir
doiy être la
devise du créateur et que, dans le tissu d’une vie, l’autonomie
conquise soit toujours faite d'actes prométhéens. Il faut donc
remplacer l’instinct conservateur qui mène à l’obéissance aveugle par
l’élan créateur qui permet à l’homme s’élever au dessus de la vie
commune et d'atteindre la plénitude de son être.
(1) BACHELARD, G., Fragments
d’une poétique du feu, Paris, PUF, 1988, p. 107.
Marly Bulcão est née à Rio de Janeiro. Professeur à
l’Université de l’Etat de Rio de Janeiro, elle a fait son post-doctorat
au Centre de Recherches Gaston Bachelard de l’Université de Bourgogne.
Auteur de plusieurs livres sur Gaston Bachelard, publiés au Brésil, en
France et en Italie, elle conduit dans sa trajectoire philosophique une
réflexion sur les penseurs d’expression française qui
militent pour une philosophie ouverte.
Livres: O gozo do conhecimento
e da imaginação – François Dagognet diante da ciência e da arte
contemporânea, Rio de Janeiro, Editora Mauad, 2010 ; Proménade brésilienne dans la poétique de
Gaston Bachelard, Paris, l’Harmattan, 2010 ; O racionalismo da ciência contemporânea –
Introdução ao pensamento de Gaston Bachelard, São Paulo, Idéias
e Letras, 2009 ; Bachelard: um
regard brésilien, Paris, l’Harmattan, 2006.
Chapitre de livre: "Bachelard, Lautréamon e Caillois dinanzi alle linee
di forza dell imaginazione", in Bachelardiana
– Immaginazione materiale, Genova, Il Nuovo Melagamo, 2007.
Ionel BUSE: Affinités poétiques chez Gaston Bachelard
et
Lucian Blaga
Tout comme Gaston Bachelard, Lucian Blaga soutient l’existence des deux
voies de l’esprit: la voie diurne et la voie nocturne, la rationalité
et l’imaginaire, c’est-à-dire l’esprit analytique et l’esprit intuitif
ou poétique. Sa double vocation de philosophe et de poète exprime une
tradition importante dans la culture roumaine. Mircea Eliade, lui
aussi, est historien des religions et écrivain de littérature
fantastique. Dans notre conférence nous essayons, d’un côté, de montrer
la philosophie de la double voie de l’esprit chez Lucian Blaga et
Gaston Bachelard et, d’un autre côté, de mettre en valeur les affinités
entre "les métaphores révélatrices" du penseur roumain et "l’imaginaire
poétique de la rêverie" du philosophe français. Notre but est
d’esquisser une nouvelle éthique dans le monde postmoderne, qui exprime
la nécessité d’une po-éthique.
Ionel Buse est professeur de philosophie à l’Université de
Craiova, Roumanie.
Ouvrages publiés: La logique du
pharmakon (Bucarest,
2003), Métamorphoses du symbole
(Cluj, 2000), Philosophie et
méthodologie de l’imaginaire (Craiova, 2005), Du logos au mythos (Paris, 2008).
Coordinateur d’ouvrages collectifs: "Aspects du mythe", Symbolon, 2001; "Imaginaire et
Rationalité", Symbolon, 2007;
Symbolon 4, Mircea Eliade et la
pensée mythique, 2008; Symbolon 5, L’Imaginaire des Orients, 2009.
Rodolphe CALIN: Feinte et subjectivité selon Bachelard
Dès lors que la pensée scientifique a affaire à une objectivité qui n’a
rien d’immédiat, une objectivité dont la constitution prend l’allure
"d’approximations de plus en plus fines", il lui faut sans cesse
intensifier sa visée intentionnelle, ce qui n’est possible qu’en la
rectifiant sans cesse. D’où l’importance de la feinte, à plusieurs
reprises soulignée dans l’œuvre de Bachelard, de cette attitude
proprement intellectuelle par laquelle la pensée apprend à se cacher, à
se tenir en réserve, à se dissocier de chacune de ses positions, à ne
pas penser ce qu’elle pose. C’est elle que nous étudierons ici (même si
la feinte ne suffit pas à elle seule à rendre compte de ce processus de
rectification de l’esprit): il s’agira d’en tirer les enseignements,
tant en ce qui concerne l’intentionnalité chez Bachelard, son
non-remplissement en quelque manière constitutif, que la subjectivation
du sujet qui s’opère dans et par la connaissance scientifique. C’est à
partir de la feinte, de "cette fiction que le sujet dans sa tâche
d’instruction avance contre soi", au point d’altérer en soi tout noyau
de sincérité et d’identité, que l’on comprendra le paradoxe de cette
constitution de soi qui s’accomplit sous la forme d’un renoncement à
soi-même dans lequel je me vide de moi-même pour ne vivre plus que
d’une vie objective.
Rodolphe Calin est maître de conférences à l’Université Paul
Valéry-Montpellier III.
Il est notamment l’auteur de Levinas
et l’exception du soi,
Paris, PUF, "Épiméthée", 2005, et le co-éditeur scientifique (avec C.
Chalier) des deux premiers volumes des Œuvres d’Emmanuel Levinas: Carnets de captivité et autres inédits,
Paris, Grasset/Imec, 2009, et Parole
et Silence et autres conférences inédites au Collège Philosophique,
Paris, Grasset/Imec, 2011.
Il mène actuellement un travail sur Gaston
Bachelard, sur lequel il a écrit: "Bachelard et le règne du langage", Alter, revue de phénoménologie,
n°19/2011, p. 25-41; "Bachelard: Le dualisme et l’hypothèse de la
subjectivation", à paraître en 2012 dans le collectif consacré à G.
Bachelard, sous la direction de J.-L. Vieillard-Baron, aux éditions du
Cerf.
Valeria CHIORE: Gaston Bachelard: un héritage sous le
signe
de la matière
Cinquante années après sa disparition, quels sont les héritages que
Bachelard nous a livrés? Plusieurs, évidemment. Mais, parmi eux, il y
en a un, en particulier,
qui se révèle irréductible/irremplaçable: la matière. Pivot de la
doctrine de l’Imagination Matérielle, la matière fait
irruption sur la scène philosophique à partir des années Trente, pour
inspirer la réflexion de la deuxième moitié du XXe siècle, jusqu’à nos
jours. Une matière qui, sous le signe de la provocation, force et promotion, en se déclinant selon la
triple modulation de torsion
ontologique, instauration
transcendantale, promotion
imaginale, nous a livré une ontologie matérielle, véritable
ontologie de la matière, qui, de Bachelard à Merleau-Ponty et à
Dufrenne, a fait de la matière (respectivement éléments bachelardiens, corps-chair merleau-pontyenne, Nature dufrénienne) une racine de
sens et de réalité, un foyer fondateur, constitutif et orientatif
d’être. Ainsi, des éléments
bachelardiens a fleuri toute une poétologie; de la Nature dufrénienne une
Philosophie de la Nature utopique, aux issues poétiques, politiques,
éco-éthiques; du corps-chair
merleau-pontyien, enfin, au-delà d’une esthétique révélatrice du
surgissement du poiein
(visible/invisible), est née la possibilité d’une réflexion
scientifique, confiée au développement des neurosciences, capable de
nous révéler l’enracinement de notre âme dans le tissu moléculaire.
Esthétique, éco-éthique, neurosciences, donc, telles sont les issues
d’une ontologie de la matière, d'une matière vive et active, vibrante
et tensionnelle qui, loin de se résoudre dans un fruste matérialisme
empirique, est plutôt capable de nous provoquer,
promouvoir, commander, et qui se configure comme axe d’une
philosophie nouvelle qu’on pourrait définir en tant qu’Imaginale, comme
Ontologie de l’Imagination Matérielle.
Fondatrice de "bachelardiana", revue internationale de
Philosophie de l’Imagination qu’elle dirige depuis 2006, membre de
l’Equipe de Recherche sur les Formes Symboliques et sur l’Imaginaire de
l’Université des Etudes de Naples - L’Oriental, membre de l’Association
des Amis de Gaston Bachelard, Valeria Chiore (Naples, 1959) propose une
redéfinition de l’Imagination matérielle en tant que Imaginal, ontologie de
l’Imagination matérielle. Dans ce cadre se situent — à
l’entrecroisement de la phénoménologie, du
transcendantalisme et de l’ontologie — ses recherches sur Gaston
Bachelard, Roger Caillois, Henry Corbin, ainsi que sur Merleau-Ponty et
Mikel Dufrenne, auxquels elle a dédié plusieurs colloques et journées
d’études.
A Bachelard, en particulier, elle a consacré la monographie Il Poeta, l’Alchimista, il Demone. Sulla
Dottrina Tetravalente dei Temperamenti Poetici di Gaston Bachelard
(Il Melangolo, Genova, 2004), l’édition franco-italienne des Causeries 1952-54 (Il Melangolo,
Genova, 2005), l’Introduction à l’édition bulgare de L’Air et les songes (Riva, Sofia,
2007).
Gilles HIERONIMUS: La verticalité axiologique chez Gaston
Bachelard
La dialectique bachelardienne permet d’approcher le monde comme une
réalité dynamique ou un champ énergétique polarisé selon les exigences
antagonistes du Jour et de la Nuit, autrement dit selon des directions
élémentaires investies d’une puissante charge axiologique. Le Jour, de
l’aurore au zénith, polarise en effet le mouvement de l’existence dans
le sens de la hauteur, du dehors, de l’avant et de la gauche,
symbolisant avec les valeurs héroïques de l’Animus rationalisant; la
Nuit, du crépuscule à l’aube, polarise ce même mouvement dans le sens
de la profondeur, du dedans, de l’arrière et de la droite, symbolisant
avec les valeurs mystiques de l’Anima poétisante. Ces directions
s’articulent de façon privilégiée autour d’un axe vertical, tendu entre
Ciel et Terre: haut et bas constituent non seulement des directions
spatiales, mais aussi des directions axiologiques primordiales,
invitant le sujet à "vivre droit dans un univers redressé". La
verticalité, à la fois physique et morale, apparaît ainsi comme la
condition et comme l’expression d’une heureuse intégration — au cœur du
sujet — des mouvements antagonistes du monde.
Gilles Hieronimus est diplômé de l’IEP Paris, professeur
certifié de philosophie, et membre du bureau de l’Association des Amis
de Gaston Bachelard. Ses recherches actuelles portent sur l’imagination
du mouvement et, plus généralement, sur les enjeux anthropologiques,
éthiques et politiques de la question du mouvement. Il a publié
plusieurs études dans les Cahiers
Gaston Bachelard (Université de Bourgogne) et co-dirigé avec
Julien Lamy la publication du collectif Imagination et mouvement, autour de
Bachelard et Merleau-Ponty (Eme, 2011).
Kuan-Min HUANG: La correspondance et la sympathie chez
Gaston Bachelard et Tang Jun-yi
Peut-on vivre ensemble sur cette même Terre? Parler de la Terre, c’est
évoquer une image d’une demeure humaine. Pour Bachelard, l’image ne
dépend pas de la représentation des objets au monde et a en elle-même
une puissance cosmique faisant appel à l’âme poétique. Cet appel exige
un engagement imaginaire dans la formation du monde originel sans la
médiation conceptuelle. Une puissance éthique est ainsi impliquée pour
renouveler la situation de l’être-au-monde en signalant le rapport
entre l’homme et la nature. Pourtant l’autrui situé aussi au monde
n’est pas exclu de cette participation commune et imaginaire. Cet
aspect de la correspondance cosmique fait écho à l’idée chinoise de la
sympathie élaborée surtout par Tang Jun-yi pour expliquer l’humain de
l’homme dans une triple relation: relation à soi, relation à l’autrui
et relation au ciel (dimension verticale). Une approche pour faire
communiquer
les pensées différentes dans la postérité de deux philosophes
contemporains essaie d’ouvrir un horizon où il est possible de déployer
la puissance éthique pour la communauté humaine.
Huang Kuan-Min est philosophe, chercheur à l’Institut de
littérature et philosophie chinoise de l’Academia Sinica et maître de
conférence au département de la philosophie de l’Université Nationale
Chengchi (Taïwan). Ses recherches portent sur la subjectivité,
l’imagination, le lieu et le paysage.
Publication
En marge de l’imagination –
débordement de la poétique de Bachelard (en chinois, à
paraître), avec divers articles sur la philosophie moderne et
contemporaine (Schelling, Bachelard, Merleau-Ponty, Levinas, Foucault,
Lacoue-Labarthe et Henry) et sur la philosophie chinoise (Zhuangzi,
Tang Jun-yi et Mou Zong-san).
Julien LAMY: Bachelard et la tradition des "exercices
spirituels"
Le modèle des "exercices spirituels", proposé par Pierre Hadot pour
rendre compte de l’esprit commun aux sagesses antiques, semble
opératoire pour discerner une intention éthico-pratique chez Bachelard,
disséminée dans l’œuvre sous forme de préceptes, de conseils,
d’exhortations, de procédés ou de règles, visant à provoquer un effet
sur l’individu, dans le sens d’une (trans)formation de soi. Il
s’agirait alors de mettre au jour les formes fondamentales du travail
sur soi réinvesties par Bachelard, mais aussi de montrer les liens
d’homologie qui reconduisent sa pensée à certaines attitudes
existentielles prônées dès l’Antiquité, comme la vigilance
intellectuelle continuelle du stoïcien (tension de l’âme) ou les
valeurs de sérénité de l’épicurien invitant l’individu à jouir de sa
présence au monde (détente de l’âme) – attitudes dont on peut,
semble-t-il, trouver écho dans le tonus rationaliste et la philosophie
du repos. Or si épicurisme et stoïcisme correspondent bien, comme le
rappelle Hadot, "à deux pôles opposés mais inséparables de la vie
intérieure, l’exigence de conscience morale et l’épanouissement dans la
joie d’exister", alors l’œuvre bachelardienne, bipolarisée autour des
valeurs rationnelles et poétiques, devrait constituer un terrain
privilégié pour (re)penser leur articulation féconde au sein de
l’individu. Il s’agirait ainsi de montrer que la pensée de Bachelard
nous invite à une manière de vivre et de voir le monde, à une attitude
concrète face à l’existence, renvoyant à l’antique tradition de la
philosophie comme exercice de la sagesse et manifestant un authentique
souci existentiel.
Julien Lamy, ATER à l’Université de Lyon en 2006-2008, est
professeur certifié de philosophie, membre du bureau de l’Association
des Amis de Gaston Bachelard et rédacteur en chef de Cogitamus, lettre biannuelle
d’information bachelardienne. Ses recherches actuelles proposent, à
partir d’une interrogation renouvelée sur les rapports problématiques
et complexes qui se tissent entre rationalité et imaginaire dans
l’œuvre bachelardienne, d’expliciter la philosophie disséminée / dispersée de
Bachelard. Il s’agit notamment d’analyser les modèles du pluralisme cohérent et de la bipolarité rythmique afin de mettre
au jour les conditions d’une rationalité ouverte et plurielle ; mais
aussi de (re)penser les conditions d’une double culture, conciliant et
articulant les deux dimensions irréductibles – rationnelle et poétique
– de l’expérience humaine.
Il a publié une quinzaine d’articles dans
des revues en France et à l’étranger, et a codirigé avec Gilles
Hieronimus la publication du volume collectif Imagination et mouvement. Autour de
Bachelard et Merleau-Ponty (EME, 2011).
Maria-Noel LAPOUJADE: Le phénix chez Gaston Bachelard: à la
frontière de la poétique, de l’alchimie et de l’éthique
Cette
communication se propose de développer certains sens pliés dans l’image
du Phénix. Elle propose un parcours à partir du mythe du phénix,
signale en
passant quelques implications religieuses, souligne la fonction
alchimique du phénix, passe par la poétique pour atteindre finalement
l’éthique. La conclusion veut rendre visible le symbolisme
éthico-esthétique caché sous l’image du phénix.
Maria-Noel
Lapoujade a deux doctorats en Philosophie: l'un de l’Université
Nationale Autonome de Mexico, (UNAM),
l'autre de l’Université de Paris 8, France. Post graduée en
Philosophie à l’Université de Heidelberg, Allemagne, (Bourse du DAAD).
Elle a conduiten post-doctorat une recherche au Centre Gaston
Bachelard de l’Université de Bourgogne, France (2003-2005). Intégrée
comme philosophe dans le Biographical
Dictionary of
Twentieth-Century Philosophers, Routledge London and New York.
Inclue comme philosophe en Identidad,
integración y creación cultural en América Latina, œuvre
publiée par l’UNESCO, Argentina. Elle est aujourd'hui professeur
d’esthétique, du Post grade
de la Faculté de Philosophie et Lettres, UNAM, Mexique.
Elle a publié entre autres Filosofía
de
la imaginación, 1988. Los
sistemas de F.Bacon y R.Descartes. De la coincidencia de los opuestos,
2002. La imaginación estética en la
mirada de Vermeer, 2008. Diálogo
con Gaston Bachelard acerca de la poética, 2011. Et (sous la
direction de): Espacios imaginarios,
1999. Imagen, signo y símbolo,
2000. Tiempos imaginarios: ritmos y
ucronías. 2002.
Jean LIBIS: Pour une éthique de la séparation.
Critique des
herméneutiques confusionnistes
Il est de notoriété quasi-publique que l'œuvre de Gaston Bachelard
comporte deux volets: l'un consacré à la philosophie des sciences
(physique et chimie), l'autre à l'exploration de l'imaginaire poétique.
A partir de là, certains commentateurs croient pouvoir
déclarer que ces deux volets reposent en fait sur une unité latente —
voire cachée ! Or ce point de vue nous apparaît comme un contresens qui entraîne de
nombreuses erreurs sur les intentions mêmes de Bachelard. Le philosophe
s'est pourtant clairement expliqué à multiples reprises: ce sont ses
arguments et ses affirmations que nous entendrons reprendre et
développer ici. L'œuvre de Bachelard est duelle et habitée par une
césure qu'on pourrait à la limite qualifier de dramatique.
Jean Libis est agrégé et docteur en philosophie, ainsi
qu'écrivain.
Publications sur ou autour
de Bachelard
Du rêveur ironiste au pédagogue
inspiré, dir., ouvrage collectif, CRDP de Dijon, 1984.
L'eau et la mort, Ed.
Universitaires de Dijon, 1993.
Gaston Bachelard, un rationaliste
romantique, Pascal Nouvel et Jean Libis, Ed. Universitaires de
Dijon, 1995.
Bachelard et la mélancolie. L'ombre
de Schopenhauer dans la philosophie de Gaston Bachelard, Atelier
national de reproduction des thèses, Lille, 2000.
Gaston Bachelard et la solitude
inspirée, Berg International Editeurs, 2007.
Constança MARCONDES CESAR: La psychanalyse
chez Bachelard et chez Ricœur: une étude
Il s’agit, dans cette communication, d’étudier la psychanalyse en tant
que source et en tant que perspective sur l’imaginaire et sur les
rêves, dans les écrits de Bachelard et de Ricœur. On essayera de
montrer comment l’œuvre de Freud est critiquée et surmontée par
Bachelard et Ricoeur. L’emploi et le dépassement de la méthode
psychanalytique freudienne, chez les deux auteurs, sont dûs à leur
rapprochement de la phénoménologie et à la proposition d’une
herméneutique du langage symbolique qui, du côté de Bachelard, est plus
proche des études de Jung, Biswanger et Désoille et, du côté de
Ricoeur,
de Heidegger et de la phénoménologie de la religion. Il s’agirait, dans
notre étude, de signaler quelques points de repère, chez les deux
penseurs, autour d’une "herméneutique amplificatrice", dans le sens
que ces mots ont été pris par Gilbert Durand. La nouvelle
interprétation de l’imaginaire, des rêves et du langage
symbolique que Bachelard et Ricœur proposent, est liée à une nouvelle
compréhension de l’homme et du but de sa vie: la recherche du bonheur
en tant que recherche de la vie créatrice, dans les domaines jumeaux de
la science et de la poésie.
Professeur adjoint de l’Université Fédérale de Sergipe,
Brésil, au Département de Philosophie; ùembre de l’Académie des
Sciences de Toulouse et de l’Académie Brésilienne de Philosophie;
éditeur de la révue DIKÉ du cours de Maîtrise en Droit de l’UFS; membre
du conseil des revues Prometeus (UFS), Entre Culturas
(Portugal), Nova Águia (Portugal), Utopia y Praxis Latinoamericana
(Venezuela).
Publications: Bachelard: ciência e poesia, SP,
Paulinas; A hermenêutica Francêsa: Bachelard, Campinas, Átomo e Alínea;
articles: Éthique et vérité dans la connaissance de la nature, Dijon,
Cahiers Bachelard, n°4, 2001 ; Herméneutique, phénoménologie et langage
chez Gaston Bachelard, Cahiers Bachelard, n° Bachelard et l’écriture,
2004 ; Bachelard et Gonseth: pour une éthique de la science in Bulcão,
M. Bachelard Razão e imaginação, Feira de Santana: UEFS ; Razão
hermenêutica e fenomenologa em Gaston Bachelard in Sant’Anna, C. Para
ler Bachelard. Ciência e Arte, Salvador: UFBa.
Michel-Elie MARTIN: Nouménologie du sujet scientifique et
du sujet éthique
Bachelard reconnaît que Kant est le premier à formuler l’axiomatique
morale; soit le principe d’agir selon des règles universelles
d’action. C’est dire que Bachelard accorde au sujet humain la capacité
de poser le principe même de la morale; la capacité d’élaborer
rationnellement des normes morales objectives; enfin, la capacité
d’agir de manière autonome. Mais si Bachelard souscrit à cette
axiomatique, ainsi qu’à l’autonomie
comme norme de l’éducation morale, reste qu’il le fait sur une tout
autre base ontologique et anthropologique que celle de Kant: il réfute
le dualisme ontologique de Kant entre "noumènes" et "phénomènes", ce
qui ruine la condition de possibilité ontologique de la liberté
transcendantale, et donc la possibilité même de poser la liberté de
l’homme nouménal comme ratio essendi
de l’impératif moral. Cependant, par "la psychologie de
dépsychologisation" du "sujet rationaliste" et par une "nouménologie"
qui prend le relais de la "phénoménologie" de ce même sujet, il pose
une autre figure du "sujet nouménal" qui pourrait servir à fonder
ontologiquement l’impératif moral ainsi que la capacité d’autonomie du
sujet moral.
Michel-Elie Martin est professeur agrégé de philosophie et
docteur en philosophie. Il enseigne en CPGE au lycée Pierre
Mendès-France à la Roche sur Yon, en Vendée. Sa thèse, intitulée "Les
Réalismes épistémologiques de Gaston Bachelard", renouvelle
l’interprétation de l’épistémologie de Gaston Bachelard en soulignant
et en réactualisant ses dimensions réalistes. Ses recherches
épistémologiques portent principalement sur la portée ontologique des
sciences. Elles s’inscrivent délibérément dans le courant rationaliste
de la pensée bachelardienne, qui dépasse l’épistémologie en reprenant
les visées les plus classiques de la philosophie.
Il a publié: La nature est un livre
écrit en langage
mathématique, collection variations, Pleins-Feux, 2002 ;
"Géométrie", dans Philosophie de
l’image, M-Editer, 2010 ; Nouménotechnie,
M-Editer, à paraître en 2012.
Paolo MOTTANA: Déphilosophie et dépsychanalyse, la
restitution d’âme au savoir dans l’œuvre et la vie de Gaston Bachelard
Le philosophe de la science projeté à enlever les obstacles imaginatifs
à la réalisation de la vérité objective, paradoxalement, devient le
poète
le plus désinhibé de la philosophie. Ses textes et le message de ses
œuvres, aussi bien dans les doutes que dans les contradictions,
deviennent une libération de plus en plus forte de chaque apparat
formel, de
chaque schéma, de chaque échafaudage doctrinal, à la redécouverte de la
matérialité poétique indivisible de l'expérience humaine du monde. Un
tel changement se montre dans le langage, dans le style, dans la
transgression des frontières disciplinaires, dans le goût esthétique et
dans la charge émotionnelle qui animent sa passion poétique, tous
éléments qui promeuvent une philosophie et une éthique de
l'intensité, de la délicatesse, de l'amour du monde dans ses
manifestations multiples. Celle-là est l'héritage puissant d'un auteur
intenable et subversif,
un maître authentique de la différence.
Paolo Mottana est professeur de Philosophie de l'éducation
près de l'université de Milan Bicocca. Il enseigne la Philosophie
imaginale et Didactique artistique à l'Académie de Brera de Milan
et s'occupe des rapportsentre imaginaire,
philosophie et éducation. Il a fondé le Groupe de recherche imaginale
de l'Université de
Milan Bicocca et il préside l'Association Institut de Recherches
Imaginales et Symboliques (IRIS).
Parmi ses publications: L’opera
dello sguardo (Bergamo,
Moretti e Vitali 2002), La visione
smeraldina. Introduzione alla pedagogia immaginale (Milan,
Mimesis 2004), L’immaginario della
scuola (dir., Milan, Mimesis 2009), L’arte che non muore. L’immaginale
contemporaneo (Milan, Mimesis 2010), Eros, Dioniso e altri bambini. Scorribande
pedagogiche (Milan, Angeli 2010).
Jean-Philippe PIERRON: Gaston Bachelard et les forces
imaginantes de la morale
"L’imagination... donne une promotion à l’être. L’imagination la plus
efficiente, l’imagination morale, ne se sépare pas de la novation des
images fondamentales" écrivait Bachelard. Cette idée met en déroute nos
réflexions sur la moralité, toujours rattrapées par le souci de la
normativité et bientôt de la normalité. Elle situe la réflexion sur la
moralité moins du côté du prescriptif que du côté du prospectif; moins
sur le pôle contraignant du déontologique, que sur celui intensifiant
de la créativité pratique. Elle trouve le cœur de la vitalité
éthique dans le ressenti d’une unité intérieure réussie, d’une forme
d’adéquation de soi à soi entre aspiration à être et présence
effective au monde. La créativité poétique, en-deçà de l’obligation ou
de l’interdiction n'invite-t-elle pas alors à un parcours intégral qui
engage un rapport à soi (la rêverie), aux autres (le je et le Tu de
Buber) et à la nature (la poétique des éléments)? La question de
l’imagination morale ne donne-t-elle pas ainsi d'investir et de donner
à habiter le nœud entre la position d’un principe et le maintien de ce
principe en un genre de vie? Elle travaille ce qui inspire un désir de
vie bonne, se concentre sur ce qui nourrit une motivation et dénonce,
fait faillir et parfois choir les établissements de bonnes mœurs
assurées comme des idoles, les valeurs statufiées et sédimentées, les
maximes qui se croient avoir définitivement dit la forme du bien en son
maintien. Dans cet esprit, la poétique n'est-elle pas propédeutique à
l’éthique en tant qu’elle est prise de conscience de ce qui nous
solidarise au tout ("comprendre toutes les puissances de liaisons
instantanées") qu’il faudra ensuite apprendre à épeler, à nommer?
Jean-Philippe Pierron est professeur agrégé, docteur en
philosophie, maître de conférences/HDR en philosophie, Spécialité:
philosophie morale et éthique appliquée. Doyen de la Faculté de
Philosophie, Université Jean Moulin Lyon 3. Membre de l’EMR 4128 SIS
Santé Individu et Société. Membre du réseau international
inter-université "Herméneutique, image et symboles".
Publications
Le climat familial, Une poétique de
la famille, Collection "La nuit surveillée", Cerf, 2009.
Le feu de l’action, Essai sur la
fonction éthique de l’imagination, Cerf, collection "Recherches
morales", 2012 (à paraître).
Les trois vies de Gaston Bachelard,
Editions Les Petits Platons (à paraitre en 2012).
Délia POPA: La portée pratique de l'imagination:
dialectique
et matérialité
En mettant en évidence le renouveau de la problématique
phénoménologique de l’imagination que l’œuvre bachelardienne a rendu
possible, nous nous proposons d’interpréter ses enjeux dans la
direction d’une philosophie pratique. Il est possible de montrer que
les analyses bachelardiennes ne concernent pas seulement les conditions
d’émergence des images, mais aussi leur pouvoir transformateur et
communicationnel. Ainsi, la dimension dialectique et la dimension
matérielle de l’imagination permettent-elles de relier cette
manifestation spécifique de notre vie sensible à une vie plus ample du
monde, où sommeillent les possibilités de nouvelles rencontres et de
nouveaux apprentissages. Il y a lieu d’invoquer ainsi une portée
pratique de l’imagination, à mettre au service d’une théorie de la
subjectivité nourrie par son milieu et par les horizons multiples qu’il
fait émerger.
Délia Popa, chargée de Recherches FNRS à
l’Université Catholique de
Louvain, est l’auteur d’un livre sur E. Lévinas, Les aventures de l’économie subjective et
son ouverture à l’altérité (2007), ainsi que de plusieurs
articles et études dans le domaine de la phénoménologie et de
l’esthétique. Après un doctorat sur la question phénoménologique de
l’imagination, ses recherches actuelles se développent dans la
direction de la philosophie pratique.
Elle est co-éditeur du volume Person,
community and identity
(2003) et coordonnatrice de deux numéros de la revue Studia Phaenomenologica:
"Phenomenology and Literature" (2008) et "Phenomenology and Psychology"
(2010).
Catarina SANT'ANNA: "Regret souriant" (la "saudade"
bachelardienne): pour une éthique et une esthétique du manque
L’expression baudelairienne "regret souriant", évoquée par Gaston
Bachelard dans Le droit de
rêver, travaille la dimension temporelle (le temps
vertical) du phénomène de la nostalgie, ce qui permet de mettre en
évidence les nuances baroques de la notion complexe de la "saudade".
Des différents enjeux sémantiques
et culturels concernant ce sentiment font penser au "manque" en
tant qu’un invariant significatif qui met en relation des sentiments
analogues dans différentes langues-cultures. Nous proposons de discuter
ces enjeux, aussi bien éthiques qu’esthétiques, en examinant des
ouvrages de
Gaston Bachelard.
Catarina Sant’Anna, professeur à l’UFBA-Université Fédérale de
Bahia/Brésil, est docteur em Théorie Littéraire et Littérature Comparée
par l’USP-Université de São Paulo et Post-docteur en Études Théâtrales
par l’Université de la Sorbonne Paris 3. Ex-enseignante temporaire à
l’Université Lumière Lyon 2, a des publications au Brésil, France,
Italie et Roumanie sur Bachelard et sur l’imaginaire artistique et
culturel. Livre plus récent: Para
ler Gaston Bachelard ciência e arte (org.), Edufba, 2010. Dirige
le GIPGAB-Grupo Interdisciplinar de Pesquisa Gaston Bachelard ciência e
arte/UFBA-CNPQ depuis 2002.
Exposition: "Bachelard et Bar-sur-Aube – portraits et paysages" - huile
et acrylique sur toile sans chassis - deux toiles de 0,60X2,10 et trois
toiles de 0,50X60.
Christian THIBOUTOT: Ethique et poétique chez Bachelard
Il existe une tradition de commentaire du versant poétique de l’œuvre
de Bachelard qui, en insistant surtout sur ses valeurs d’originalité,
de créativité et d’anticonformisme, tend parfois à voiler le fait que
c’est dans sa tradition et son héritage culturel que le philosophe a
sans contredit trouvé sa plus grande et plus constante source
d’inspiration. Cette remarque a son importance. Non seulement parce
qu’elle invite à rencontrer Bachelard comme un héritier et un
interprète de la culture, mais aussi parce qu’elle donne à penser que
dans les images, la rêverie et la poésie, sont finalement
bien plus donné à vivre qu’à concevoir ou à penser. Dans la Poétique de l’espace, par exemple,
Bachelard a montré clairement son aversion à l’égard des
philosophies, dit-il, qu’il n’arrive pas à vivre (1957, p. 150). Ce
n’est d’ailleurs pas un hasard si la phénoménologie s’affirme
précisément à partir de ses poétiques – celles-ci marquant en effet la
mise entre parenthèses d’une approche plus méthodique de l’imagination.
Il n’est pas non plus innocent que le lecteur fasse son apparition à ce
même moment dans le texte de Bachelard. Nous soutiendrons donc que
c’est la recherche de la rencontre, bien plus que celle de
l’autorévélation subjective ou la connaissance, qui anime le philosophe
dans ses poétiques. En l’occurrence, nous chercherons à faire valoir
que les situations poétiques à l’intérieur desquelles Bachelard s’est
engagé se présentent d’abord comme des situations éthiques
d’interlocution et de transmission. À savoir comme des situations
réelles d’expérience et de médiation à l’intérieur desquelles la
liberté humaine, en engageant son historicité, peut s’élever à la
possibilité d’être à la fois fidèle et féconde et, par là, entrer dans
son pouvoir de recevoir et de donner, de transmettre la vie et la
pensée.
Christian Thiboutot (Ph.D.) est professeur au
département de psychologie de l’université du Québec à Montréal (UQAM),
au Canada. Il s’intéresse à la psychologie
existentielle et à l’herméneutique – plus précisément à la rencontre et
à l’interprétation d’œuvres culturelles (littérature, cinéma,
mythologie...) dans la compréhension des situations limites de
l’existence. Il codirige le Cercle
interdisciplinaire de recherches phénoménologiques (CIRP-UQAM),
où il a édité depuis 2004 plusieurs ouvrages collectifs et numéros de
périodiques scientifiques. Membre depuis 2011 de l’Editorial Board du Journal of Phenomenological Psychology
(USA) et responsable de l’organisation de l’International Human Science Research
Conference de 2012 (Montréal, 25-29 juin), il s’intéresse aux
questions de l’altérité, de l’habitation concrète du
monde et de la transmission de l’héritage culturel dans l’anthropologie
de l’imaginaire et les poétiques de Bachelard.
Publications
Thiboutot, C. & Bertrand, S. "Psychothérapie, existence et
événement de la compréhension. Quelques considérations herméneutiques".
Revue Québécoise de Psychologie,
à paraître courant 2012.
Thiboutot, C. "The Challenges of Fidelity and Creativity: An
Existential Exploration of Julie’s World and Mourning in the Film Blue,
by Krzysztof Kieslowski". Conférence présentée à Seattle, le 06 août
2010, dans le cadre de l’International
Human Science Research Conference.
Thiboutot, C. "La référence prométhéenne et la question de l’altérité
dans l’œuvre de Bachelard". Dans: Thiboutot, C. & Wunenburger,
J.-J. (Responsables de l’édition). L’altérité
dans l’œuvre et la philosophie de Bachelard. Collection du Cercle Interdisciplinaire de Recherches
Phénoménologiques, Vol. 4 (ouvrage collectif), 2010, 162 pages.
Thiboutot, C. "Een inspiratie voor de menswetenschap en haar taak van
culturelle overdracht: Over « Rilkes Brieven aan een jonge dichter »".
Dans: Becker, M. J. & Van Tongeren, P. J. Sprekende Werken: Over de ethische
zeggingskracht van literatuur. Damon, Bugel, 2009, pp. 61-71
(traduction néerlandaise du Français: "Les « Lettres à un jeune poète »
de Rainer Maria Rilke: Une inspiration pour les sciences humaines et
leur tâche de transmission culturelle").
Thiboutot, C. "L’autre absent dans le « Fragment d’un journal de
l’homme » de Bachelard". Bulletin de
l’Association Gaston Bachelard, N°5, 2005, pp. 37-45.
Thiboutot, C. "Esquisse d’un projet de lecture phénoménologique: Les
rêveries vers l’enfance dans l’œuvre de Gaston Bachelard". Recherches Qualitatives, Vol. 25,
N°1, 2005, pp. 62-87.
Thiboutot, C. "Psychanalyse et poético analyse". Cahiers Gaston Bachelard, N°6,
2004, pp. 36-52.
Aldo TRIONE: La solitude existentielle, créatrice
du monde
La poétique de Bachelard, qui roule sur des registres et des éléments
théoriques multiples, ne saurait être emprisonnée dans une trame de
jugements préformés et de procédures herméneutiques et
historiographiques rigides. Dans cette perspective - et à travers la
reprise des thématiques fondamentales qui ont marqué des grandes
philosophies naturalistes de l’Occident - il est possible d’explorer
les modalités ontologiques infinies d’une oeuvre d’art qui se donne
comme un ensemble de problèmes, comme un systéme de relations qui
redessinent sans cesse des formes, des institutions, des figures.
Figures qui, bien que situées dans la "natura rerum", tendent à se
placer au-delà des frontières du réel.
Professeur émérite d’Esthétique à l’Université Fréderic II de
Naples. Il enseigne depuis des années dans de nombreuses universités
italiennes et étrangères. Editorialiste du "Corriere del Mezzogiorno".
Parmi ses livres, dont beaucoup ont été traduits à l’étranger: Reverie e immaginario. L’estetica di G.
Bachelard (1981) ; Valéry,
metodo e critica del fare poetico (1983) ; L’estetica della mente (1987) ; L’ostinata armonia (1992) ; Estetica e novecento (1996) ; Ars combinatoria (1999) ; L’ordine necessario (2001) ; Soppralluoghi (2005) ; La parola ferita (2007) ; Mistica impura (2009).
Carlo VINTI: "A la millième personne du singulier".
Bachelard et l’intersubjectivité de la science
Cette communication traitera d’un des thèmes
caractéristiques de la pensée épistémologique de Bachelard, celui du
caractère nécessairement intersubjectif et communautaire de la
recherche scientifique, en analysant la dimension éthique à deux
niveaux:
-
le premier met en évidence le caractère
anthropologiquement formatif du travail scientifique, son pouvoir, à
l’intérieur de la communauté, d’exalter le sujet comme personne, "à la
millième personne du singulier", précisément, comme le dit Bachelard,
en faisant recours à une énigmatique mais très efficace expression
du poète Henri Pichette ;
- le second niveau, qui souligne la valeur paradigmatique des
méditations épistémologiques bachelardiennes, en direction d’une
possible élaboration d’une nouvelle "anthropologie philosophique" et
d’une éthique renouvelée, à la fois normative et dialogique, une
éthique capable d’"universaliser l’activité de la personne morale'
(Bachelard).
Carlo Vinti, est professeur d’Histoire de la philosophie
contemporaine près de l’Université de Pérouse (Italie), Directeur du
Département de Philosophie, linguistique et littératures dans la même
Université et responsable national d‘une recherche interuniversitaire
PRIN sur: Epistémologie et
subjectivité: au delà du relativisme.
Parmi ses publications, sur le sujet du colloque: Il soggetto qualunque. Bachelard
fenomenologo della soggettività epistemica, Edizioni
Scientifiche Italiane, Naples 1997 ; Epistemologia
e persona. Dittico su Polanyi e Bachelard, Armando, Rome 2008.
Chris YOUNÈS: La métaphore de la maison dans La
poétique de l'espace
La maison bachelardienne représente une métaphore de
l’articulation du recueil et du déploiement de l’existence. Bachelard
en a fait l’archétype de l’habiter en ce qu’elle abrite l’intimité et
la rêverie dans la tension du dedans et du dehors. Dans La poétique de l’espace est rappelé
à quel point tout espace habité porte l’essence de la maison qui est
"notre coin du monde". Nous explorerons la puissance de cette métaphore
et des figures qui la
composent: particulièrement en quoi sa forte charge imaginaire et
polyrythmique liant précarité et infini, microcosme et macrocosme, se
révèle toujours d’une extrême acuité pour penser aujourd’hui l’éthique
de l’habitation.
Chris Younès, philosophe, professeur des écoles d’architecture
ENSA PLV et ESA (responsable du postmaster "Architecture des milieux.
Villes en projet durable"), dirige le laboratoire gerphau (philosophie
architecture urbain) UMR CNRS 7218 lavue, le Réseau international
PhilAU, et participe au comité de rédaction de la revue Urbanisme.
Ses
recherches développent la question des lieux d'habiter au point de
rencontre entre éthique et esthétique, entre nature et artefact.
Dernières publications
Habiter, le
propre de l’humain, avec. Th. Paquot, M. Lussault, La
Découverte, 2007;
Contre-architecture.
L’espace réenchanté, avec M. Sauzet, éditions Massin, 2008;
Le territoire des philosophes, avec
Th. Paquot, La Découverte, 2009;
Philosophie
de l’environnement et milieux urbains, avec Th. Paquot, La
Découverte, 2010;
Architecture des
Milieux, avec B. Goetz, Le Portique, 2010;
Lieux d’être, avec M. Mangematin,
Archibooks, 2011.