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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2013 : un des colloques







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PHILIPPE BECK,
UN CHANT OBJECTIF AUJOURD'HUI


DU LUNDI 26 AOÛT (19 H) AU LUNDI 2 SEPTEMBRE (14 H) 2013

DIRECTION : Isabelle BARBÉRIS, Gérard TESSIER

En présence de Philippe BECK

ARGUMENT :

Chantant "avec beaucoup d’impersonnalité", Philippe Beck sait "l’art d’être dans la poésie". En forgeant le néologisme d’"impersonnage", il a nommé la métamorphose du poète en "dieu humain général". Sujet lyrique vigilant, sujet critique, à la fois effacé et dilaté aux dimensions du général dans le particulier, le poète aère musicalement les rapports entre les hommes et parle à son époque, y intervient. L’œuvre beckienne a une valeur inaugurale, sans pour autant faire table rase du passé: par sa tenue classique, sa relecture des sources et sa traversée des voix, il rénove le lyrisme. "Forme continuante", cette poésie fait retour sans répéter, elle reprend: reprise du vers, des genres et de leur hybridation savante (conte, élégie, idylle, poème didactique), des indécidables racines populaires, fabuleuses et fabulistes, réfection du maniérisme et/ou du baroque. "Réden", dans Déductions, explore ainsi la part de paradis possible pour notre "rhumanité", dans une réflexion sur l’Histoire qui restitue la poésie à sa vocation anthropologique. La musique de l’homme rejoint dès lors une disposition éthique future, déploiement de sens dans une lecture du temps. Enseignante en densité, elle est littérature de la littérature: la lyrique beckienne enveloppe une poétique à déployer ensemble.

Ce colloque s'efforcera de montrer en quoi une poésie intempestive dans sa singularité, ni "contemporaine" au sens vague, ni néo-classique, relance, par sa nature polyphonique, l'inquiétude et la pulsation de Maintenant. En interrogeant la notion neuve et rigoureuse d'un "impersonnage poétique", il éclairera donc le possible rôle et la puissance d'une poésie dans la rudesse de nos vies.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 26 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 27 août
Matin:
Judith BALSO: Bateau sobre, Bateau ivre
Béatrice BONHOMME: La rédification des contes dans Chants populaires

Après-midi:
Martin RUEFF: Philippe Beck et l'art des vers
Tim TRZASKALIK & Gérard TESSIER: Redire le lu, fixer le flux (Lectures)

Soirée:
Alain BADIOU: La Lyre dure de Philippe Beck


Mercredi 28 août
Matin:
Rémi BOUTHONNIER: Métaphonies parmi les flots
Tiphaine SAMOYAULT: Le principe de Merlin

Après-midi:
Jean-Luc NANCY: "Commence toujours" (projection de la vidéo réalisée par Alain Guillon) (conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MERSH de Caen)
Pierre OUELLET: L'opérateur de souffle
"Grand Végétal Monde", projection de la vidéo de Christine Palmieri à partir du livre Dans de la nature de Philippe Beck

Soirée:
Jacques RANCIÈRE: De la poésie au poème


Jeudi 29 août
Matin:
Paul ECHINARD-GARIN: Un "pan idyllique": une lecture de Dans de la nature, Elégies Hé et De la Loire
Antonio RODRIGUEZ: Ce qu'il reste du cœur

Après-midi:
DÉTENTE


Vendredi 30 août
Matin:
Tristan HORDÉ: Poésies premières: poésie et politique
Xavier PERSON: Poétique de l'antipathie, une lecture de Philippe Beck
Marcelo Jacques DE MORAES: Une pensée qui danse: de l'expérience du sens chez Philippe Beck

Après-midi:
Isabelle GARRON: Physique en soi du poème de Philippe Beck
Yves di MANNO: Avec Philippe Beck, une traversée éditoriale

Soirée:
Gérard PESSON: Ecrire la musique avec Philippe Beck: un dialogue
Elena ANDREYEV: Concert (violoncelle)


Samedi 31 août
Matin:
Jean-Luc STEINMETZ: En guise d'allégories
Jérémie MAJOREL: Interpréter du Beck

Après-midi:
Guillaume ARTOUS-BOUVET: La chambre du poème
Benoît CASAS: Lecture, remarques

Soirée:
Natacha MICHEL: L'archer continuateur


Dimanche 1er septembre
Matin:
Isabelle BARBÉRIS: En vue de la plus grande clarté: la scène comme possible du poème
Stéphane BAQUEY: Des poèmes re-situés: vers la popularité ou le dénouement d’un drame de l’expression?

Après-midi:
Günter KRAUSE: Chants populaires: Brothers in Grimms
Annie GUILLON-LÉVY: L'appel de la langue chez Philippe Beck ... Oui

Soirée:
Philippe BECK: Lecture de textes inédits


Lundi 2 septembre
Matin:
Jacqueline RISSET: Dante au pays de "Réden" (texte lu par Gérard TESSIER)

Conclusion(s)

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Guillaume ARTOUS-BOUVET: La chambre du poème
Le travail de Philippe Beck s’est donné pour objet, du moins dans sa première séquence, la violence historique, dictant la "non abstention" de "l’impersonnage écrivant" (Postface aux Poésies premières, 2011). L’intervention poétique suppose en ce sens de produire des "chambres", de telle sorte que "chaque poème [soit] une chambre mondaine", qui contienne "la mémoire de chambres sans secret (où a fondu le banal secret)". La chambre du poème se constitue dès lors comme un lieu "sans secret", et la contenance poétique est aussi bien in-contenance. Le régime de la chambre marque ainsi "la fin de l’Intérieur".
Cette contribution voudrait considérer la poésie de P. Beck comme la mise en œuvre formelle de cette fin. On verra ainsi la règle de la "chambre", chez Beck, se substituer à celle du lieu poétique (topos) du lyrisme traditionnel, en déplaçant un certain nombre de ses coordonnées: le cœur (conçu comme "chambre obscure de l’expérience"), la parole (à présent dé-posée dans l’espacement prosimétrique), l’invention ou "trouvaille" (le lieu pur du trobar devenu lieu d’un vide "sans secret").

Guillaume Artous-Bouvet, ancien élève de l’ENS Lyon, agrégé de lettres modernes et docteur en littérature française. Il s’intéresse notamment à la relation entre littérature et philosophie en France dans la période contemporaine, ainsi qu’à la question des subjectivations littéraires.
Publications
L’Exception littéraire (Belin, 2012, "L’Extrême contemporain").
Recension des Poésies premières de Philippe Beck, revue Critique, 2011.


Alain BADIOU: La Lyre dure de Philippe Beck
Philippe Beck entreprend de restituer la poésie à ce qu'on peut tenir pour sa vocation fondamentale: parvenir à dire ce que la langue ne semble pas, par elle-même, en état de dire. Et le faire de telle façon qu'il ne s'agisse pas d'afficher aristocratiquement qu'on est le détenteur d'une langue inouïe, ou d'une "autre langue", mais bien plutôt en présentant dans le poème la langue elle-même de telle sorte qu'y soit sensiblement démontré non seulement que ce qui semblait ne pas pouvoir être dit peut l'être, mais aussi que l'apparente évidence de l'impossibilité de ce dire résultait seulement d'une confiance insuffisante dans la langue elle-même.
Un poème de Beck est un acte totalement imprévu qui cependant avère une confiance immémoriale dans la puissance du dire. Un poème de Beck est ainsi toujours au futur antérieur: il aura été démontré dans le poème que le poème - son intention de dire à neuf - était possible. Un poème de Beck, ou mieux un recueil (car la démonstration poétique de Beck exige plusieurs temps, comme la musique demande les mouvements de la symphonie), est aussi toujours lyrique au sens suivant: l'éclat du dire se mélange à une patience qui arpente sa propre fécondité.
Un poème - un recueil - de Beck est aussi toujours abrupt et réaliste, au sens suivant: ce qui ne pouvait être dit et sera dit atteste le réel comme résistance à vaincre. D'où une sorte d'obstination admirablement aride et terrestre du poème. Un recueil de Beck vous arrache contradictoirement un consentement émotif et un sentiment rationnel de victoire à l'arrachée. Il est lyre dure.

Judith BALSO: Bateau sobre, Bateau ivre
Depuis ce que Philippe Beck prescrit au poème, je voudrais remonter à ce que sont les prescriptions de ses poèmes quant au monde lui-même. C’est ce que le poème nous dit du poème qui nous dit ce que nous sommes et ce que nous pouvons - que nous ne sommes pas encore.
Hypothèse que là se trouve la force singulière de cette œuvre, capable d’intervenir sur le monde en intervenant sur le poème.
Je naviguerai entre Elégies Hé et les Poésies didactiques, en raison de ce qui fait à mon sens leur unité profonde, leur convergence autour d’un même splendide effort.

Stéphane BAQUEY: Des poèmes re-situés: vers la popularité ou le dénouement d’un drame de l’expression?
La poésie française, dans les années 1990, était dans une impasse qui l’amenait à se polariser en deux positions contraires dénommées "lyrisme" et "littéralité". Il y a, pour les uns, une suffisance du signifiant, appelant une esthétique, pour les autres, une transitivité, appelant une herméneutique, tandis que se pose la question de la pragmatique du poème, autrement dit celle de ses effets (une morale ou une politique). Ces divergences reposaient, au moins en partie, sur une généalogie philosophique tout à la fois ancienne et insuffisamment prise en compte, ceci en dépit de nombreux travaux d’érudition, essais et traductions. La poésie s’épuisait dans la répétition des contradictions d’un paradigme poétique dont le lieu énonciatif avait été institué à partir du romantisme allemand et de ses immédiats précurseurs. Un des grands mérites de l’œuvre de Philippe Beck, par son ampleur, est d’avoir re-situé en toute lucidité le poème au lieu de ces contradictions. Le gain est donc double: celui d’une œuvre et celui d’une lucidité. La question que je m’efforcerai de poser est dès lors celle du dénouement. S’il est vrai que le perspectivisme historique partant du romantisme et de ses alentours est resté pertinent, comment la poésie de Philippe Beck suspend-elle le drame de l’expression qu’il générait? Autrement dit, quels sont les effets de sa réussite? Dans quelle mesure est trouvée une position de la voix porteuse d’une popularité potentielle, une position que nomment le "monologue extérieur", la "prosopopée du commun", le "journal extime" ou "l’impersonnage"?

Isabelle BARBÉRIS: En vue de la plus grande clarté: la scène comme possible du poème
Il faut entendre Philippe Beck, "l’impersonnage", lire sa poésie et devenir ce "corps parlant, agrandi". Entendre pour voir se sceller l’étrange "monologue extérieur" qui œuvre dans cette écriture anti-théâtrale et pourtant attirée par la dépersonnification d’une interprétation. L’horizon de la scène est inscrit dans la poésie de Beck. Non pas, de manière téléologique, comme dernier temps du poème (ce qui la rendrait théâtrale). Il s’agit d’un écart présent dès le début du processus poétique comme vital à ce dernier; un écart patiemment maintenu entre identité et extériorité, et qui entretient un jeu paradoxal: celui de l’inclusion incessante de l’extériorité dans le lyrisme. La pathos cède au pothos.
La poésie de Philippe Beck permet de penser autrement le rapport du texte à la scène, de sortir du logocentrisme comme du scénocentrisme, pour envisager la voix poétique comme tissée par les paradoxes du théâtre. Le verbe beckien introduit de la clarté objective dans l’ancienne l’illusion scénique: anti-Beckett en quelque sorte, dont les vers aux sobres impressions de réel nous ramènent à une humanité au contact, substituant la marche réceptive des mots à la morne attente introspective, la mise en jeu à l’ennui, la dialectique du verbe à son épuisement littéral ou symbolique. Au-delà de la métaphore usée de la "poésie comme scène", le texte ouvre alors sur une scénologie de l’interprétation (Ricœur).

Isabelle Barbéris, ancienne élève de l’ENS Fontenay SaintCloud, est ùaître de conférences en arts du spectacle à l’Université Paris 7 Denis Diderot. Elle enseigne la mise en scène à la Manufacture de Lausanne.
Publications
Théâtres contemporains. Mythes et idéologies (PUF, 2010).
Economie du spectacle vivant (Que sais-je?, PUF, 2013).

Philippe BECK: Lecture de textes inédits
Philippe Beck lira des extraits de Merlin Deux Fois, prosimètre à paraître aux éditions Flammarion, "livre reporté, hantise, où se trouvent décrites, mises en "poème-Moïse", les antinomies de la cloche de verre où s'enferme le dernier Merlin. De la poésie non encadrée doit en sortir".

Béatrice BONHOMME: La rédification des contes dans Chants populaires de Philippe Beck
La rédification de trois contes dans Chants populaires de Philippe Beck, d’après l’analyse de trois textes: "Cendres" (d’après "Cendrillon"), "Forêt" (d'après "Le Petit Chaperon rouge"), "Buisson" (d’après "La Belle au bois dormant").

Béatrice Bonhomme, écrivain, professeur à l’Université de Nice-Sophia Antipolis, a créé en 2003 un axe de recherche dédié à la poésie, POIEMA, au sein du CTEL, centre qu’elle a dirigé de 2007 à 2012. Elle a fondé avec Hervé Bosio, en 1994, la Revue Nu(e) qui a consacré à ce jour 53 dossiers à l’œuvre des poètes contemporains et elle dirige La Société des lecteurs de Pierre Jean Jouve. Elle a publié de nombreux articles et ouvrages critiques sur la poésie moderne et contemporaine.
Publications
Mémoire et chemins vers le monde (Melis, 2008).
Pierre Jean Jouve ou la quête intérieure (Aden, 2009).
Béatrice Bonhomme a dirigé à Cerisy plusieurs colloques de poésie et a assuré la publication des actes:
Avec les poèmes de Bernard Vargaftig, Vallongues, Méthode ! Revue de Littérature, n°15, janvier 2009.
Intégrités et Transgressions de Pierre Jean Jouve, "Les Cahiers Jouve", n°2, Paris, Éditions Calliopées, octobre 2010.
James Sacré, septembre 2010, Bruxelles, Revue L’Étrangère, n°29-30, Éditions de La Lettre volée, 2012.
Dans le feuilletage de la terre, sur l’œuvre poétique de Marie-Claire Bancquart, Oxford, Éditions Peter Lang, 2012.


Rémi BOUTHONNIER: Métaphonies parmi les flots
On parle de métaphonie pour désigner en linguistique le changement de timbre d’une voyelle par influence d’une autre voyelle proche, mais il existe plus anciennement un verbe grec apparaissant dans L’Iliade, dont le sens serait "parler au milieu de" ou "s’adresser à". Il semblait opportun d’inventer, voire de réinventer un mot pour exprimer le déplacement vocal que constituent les premières publications de Philippe Beck. La méta-phonie, à l’image de la méta-phore, suggère ce pas-de-côté constamment varié parmi les courants avec lesquels l’auteur ne cesse de jouer dans son désir d’actualisation de la parole. Cependant, les voix dans cette écriture s’élèvent à partir d’un autre souci qu’on peut qualifier d’éthique, c’est-à-dire ce qui reste dur dans l’époque liquide. Ainsi, la conférence aurait pu s’appeler, pour souligner ces implications plus concrètement morales: "Amour critique et critique de l’amour dans la poésie de Philippe Beck". Nous verrons que les deux problématiques, au fond, ne sont pas si éloignées.

Rémi Bouthonnier, né en 1972, a publié Le Gémissement aux éditions Unes (2000); Entre-corps, Les ennemis de Paterne Berrichon (2004); Nef de Cole Swensen, traduit de l’américain, Les Petits Matins (2005). Son dernier livre, Métamorphoses du piano, est paru aux éditions Nous (2012).

Benoît CASAS: Lecture, remarques
Corpus Beck: une intégrale, des éclats.
Lire (relire) l'ensemble des livres dans leur ordre de parution et - dans l'après-coup - (se) faire un certain nombre de remarques.
Remarques sur tous les sujets. La Méthode sera celle du détail lumineux.

Marcelo Jacques DE MORAES: Une pensée qui danse: de l'expérience du sens chez Philippe Beck
La pensée de la musique et de la danse revient souvent à la réflexion de Philippe Beck sur son expérience de la poésie. Par exemple: "L’écoute est une sensibilité aux temps faibles importants. Il y a une basse danse en elle: danse lente et digne en pas souples" (Beck, l’Impersonnage, p.127). À partir de là, il faudrait essayer de comprendre la façon singulière dont, dans la pratique beckienne de la langue, le "chant physique du sens" (p.40) - ou sa "volupté rythmique" (p.49) - s’implique comme expérience "pudique" ("Pudeur est la honte de croire qu’un événement est épuisable", p.239) de partage de la langue elle-même et de "l’ordre des choses" (p.157).

Marcelo Jacques de Moraes enseigne la Littérature Française à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro. Chercheur du Centre National de Recherches Scientifiques, lié au Ministère de Science et Technologie, depuis 2000, il a fait des stages de post-doctorat en France en 2003 (Paris VIII) et en 2010 (Paris VII), toujours sur la littérature française moderne et contemporaine d’un côté, sur le domaine de la traduction littéraire de l’autre. Traducteur aussi, il collabore depuis quelques années avec l’Université d’Aix-Marseille, où il vient régulièrement pour donner des cours dans le domaine de la traduction.

Paul ECHINARD-GARIN: Un "pan idyllique": une lecture de Dans de la nature, Elégies Hé et De la Loire
Parmi les livres de Philippe Beck figure un triptyque: Dans de la nature, Elégies Hé, De la Loire. Quel sens y a-t-il à s’inscrire aujourd’hui dans le genre de "l’Idylle", "personnage" du premier, à revisiter bucoliques et pastorales, horizon du second, à pratiquer la description sur le motif, méthode du troisième? Comment les trois volumes dialoguent-ils? Qu’en est-il alors de la forte unité et de la cohérence de chaque livre, toujours animé par une "idée pratique" singulière?

Paul Echinard-Garin est agrégé de lettres classiques et docteur en Littérature et civilisations françaises (Université de la Sorbonne Nouvelle - Paris III). Sa thèse portait sur la notion de "poème critique" de Stéphane Mallarmé à Philippe Beck. Il enseigne au lycée Michelet de Vanves (Hauts-de-Seine).

Isabelle GARRON: Physique en soi du poème de Philippe Beck
Notre étude aura pour motif de proposer un regard plasticien sur cette langue écrite, écrite selon nous pour être doublement reçue, dans le silence ou la diction du poète. Une voix remarquable au sens où elle se distingue dès la première écoute, et imprime pour son auditeur l’idée d’un chant présent, indissociable d’une lecture intérieure à venir. Ainsi, traversant les ouvrages de Philippe Beck, nous chercherons à comprendre quelles images du poème existent, et comment ce corpus peut attester de formes fondatrices d’une expérience première et ultime de la poésie.

Isabelle Garron est poète & maitre de conférences à Telecom-Paris Tech.

Annie GUILLON-LÉVY: L'appel de la langue chez Philippe Beck ... Oui
Il s'agira d'approcher le jeu singulier de Philippe Beck avec la langue dans l'érotique particulière qui s'y attache. Peut-être sera-t-il possible de caractériser cet acte poétique dramatiquement contemporain, dont l'art n'est pas tant le bon usage de la langue et le poème fini, mais d'explorer les possibilités de ses usages didactiques, odes, élégies, et de ses bords jusqu'à plus soif. Ainsi PB obtient ce renversement inouï où le lecteur lui-même, l'instant où s'opère la magie, serre non seulement le beau poème, mais la perception stupéfiante d'approcher la langue à l'envers. C'est l'acte poétique le plus exempt de forfanterie: le moment où le poète arrête le poème, celui du détachement, cet éclair où la langue elle-même (lui) apparaît allant seule. Peut-être saisit-on ici, mieux qu'ailleurs, malgré les strates de savoir cumulé, ou grâce à elles par antithèse, ce que Lacan appelle "lalangue" dans ses derniers textes. Sans aucun doute, le procès ne peut prendre sa mesure que d'être contextué. Au-delà, en créant un simulacre de langue, le poète est celui qui rend sensible la résistance, la langue comme matière mais en même temps sa facticité. Il est au cœur de celle-ci, présence à la mort. Tout mouvement du rythme poétique y est, dès lors, création. Le oui, beckien, en lien avec celui de Joyce, y sera étudié avec la place particulière que le rythme de la poièsis lui confère.

Annie Guillon-Lévy est psychanalyste à Nantes.

Tristan HORDÉ: Poésies premières: poésie et politique
Il ne s'agit pas de lire les livres de Philippe Beck comme des documents, même si l'Histoire n'en est pas absente. On s'attachera à explorer en quoi sa poésie, en rupture avec tous les discours dont nous sommes recouverts, avec toutes les représentations standardisées, est du côté de la construction d'une autre manière de penser la littérature, donc nous-mêmes.

Tristan Hordé, l'un des rédacteurs du Dictionnaire historique de la langue française (Le Robert), a publié avec Chantal Tanet le Dictionnaire des prénoms (Larousse). Il a écrit à propos d'écrivains contemporains: Jude Stéfan, Pierre Bergounioux, Jean-Paul Michel, James Sacré, Philippe Beck, Pierre Michon, organisé deux numéros de Nu(e) (J. Stéfan, Bernard Noël) et participé à des colloques (Le paysage, Le haïku, L'antiquité dans la poésie contemporaine, Jouve, Jean Bollack, James Sacré, Jean Tortel, Jude Stéfan). Il collabore à la revue Europe.

Günter KRAUSE: Chants populaires: Brothers in Grimms
"Lyrisme objectif et popularité sont déterminés dans l''Ouverture. Ils deviennent des personnages. Comme les personnages célèbres des récits. Cendrillon, Blanche-Neige, qui sont en principe des soldats connus" (P. Beck, Chants populaires, p. 9). Philippe Beck et les frères Grimms - le même combat alors. Mais dans quelle guerre? Ou s'agit-il de "your latest trick"? Parce que - comme tout le monde le sait - "Brothers in arms" est une dénonciation virulente de la guerre ; de son côté très fortement influencé (ou "inspiré"?) par Pink Floyd - alors une sorte de ré-écriture aussi. Les chants populaires ne cherchent pas les origines, qui finalement et dès le début ferment la réflexion, mais ils cherchent l'ouverture d'une pensée de la popularité. Ma contribution tentera de suivre cette ouverture.

Günter Krause, Maître de conférences à l'Université de Nantes, philosophe et metteur en scène, premier vice-doyen de la faculté des langues et cultures étrangères. Parmi ses dernières publications: "Les arts, les religions et la sécularisation" dans "Droit de cités" (revue en ligne).

Jérémie MAJOREL: Interpréter du Beck
"(Érudition cachée: / épines sous feuilles, / sous fleurs / ou sous verre ; / nœuds sous écorce, / rudesse sous poli. / Du sec. / Et pourquoi pas? / Il y a du sec de qualité / dans le monde)". "(Inciseiv, in Dernière mode familiale, p. 11)".
Cette poésie rude, dure, idiomatique, fermée, dense, vitrifiée, électrique, pétrifiée, serrée, sèche, coupante... maintient malgré tout la distinction d’un sens littéral et d’un sens caché, voire figuré, donc la possibilité d’une herméneutique, d’un partage. Mais quelle herméneutique?

Jérémie Majorel, agrégé de lettres modernes, docteur de l’Université Paris Diderot-Paris 7, est chargé de cours à l’Université Paris Diderot-Paris 7.
Publication
Maurice Blanchot - herméneutique et déconstruction, Honoré Champion, coll. "Littérature de notre siècle", mars 2013 (À paraître).


Yves di MANNO: Avec Philippe Beck, une traversée éditoriale
Pour un éditeur qui est aussi un écrivain impliqué de longue date dans un combat visant au renouveau du travail poétique, qu’est-ce qu’accompagner une œuvre perçue dès l’origine comme perturbatrice, bien que se réclamant d’une tradition plus secrète? Est-ce seulement la lire de plus près? Lui offrir un espace à sa mesure? Entamer avec elle un dialogue privilégié? Sans céder au reportage, il sera d’abord question d’interroger l’évolution de la poésie de Philippe Beck dans le cadre d’une aventure éditoriale (la collection "Poésie/Flammarion") dont il est l’un des principaux acteurs.

Natacha MICHEL: L'archer continuateur
Beck est celui qui dit dans son Contre un Boileau (1998): la forme n’est pas ajout ou décoration. La forme  chez lui est le fond. On pourrait aller plus loin dans l’hypothèse: le poème est le seul écrit où la forme soit telle. Non pas habit d’un "ce qu’il y a à dire", d’un contenu ainsi enregistrable, non pas idée descendant dans le sensible, ni sensible montant vers l’idée, ni réduction de leur disparité. Il le dira lui-même: le poème est sous l’impératif de l’idée pratique. La forme est une force, elle n’est pas un forçage - et encore moins un formalisme: pas de mathème poétique chez Beck, mais des concentrations signifiantes. Le forçage se trouve dans la dimension vaticinante d’une certaine "performance", dans l’exclusive donnée à l’oralité et à la sacralisation de l’éphémère. Chez Beck, le refus de la posture du vates entraîne ou se conjoint à une thèse sur la langue. Contre la langue des oracles qui n’est pas la langue d’ici-bas. Il n’y a pas de langue autre qui serait celle de la poésie (une langue supérieure). Il n’y a qu’une seule langue et ce fait a une conséquence majeure: la pensée. Elle se dit en langue. C’est parce qu’il n’y a qu’une seule langue que le poème pense, pense sa pensée, que la pensée du poème se donne dans le poème. Pensée insubstituable dont seul le poème peut rendre compte. Le poème est une "singularité découpante". La pensée chez Beck se loge dans la forme qui est le fond. Mais, point fondamental, Beck en a aussi contre la langue, contre une version adamique de la prose comme nature et naturalité. Avec ce corollaire: le refus du devenir-prose du poème, que ce soit pour cause de salubrité publique (lui ôter une funeste aura) ou par écologisme poétique. Ce refus des deux langues est par ailleurs acte de foi dans la précieuse mortalité d’une langue: la langue qui peut mourir est donc vivante. Le mot est élément fondamental d’une telle poétique. Ce que Beck nomme le réveil a pour agent le mot. La poésie est ce qui interrompt l’éveil (à la lecture) est interruption. C’est là où se trouve la lenteur. La découpe de la ligne n’est ni disparition vibratoire ni présence frénétique, mais le lentement. Si Philippe Beck provoque cette épochè que Barthes nomme "plaisir du texte", c’est aussi afin que le lecteur n’utilise pas ici son moi naturel. Le "geste du “vers”" est la condition du "sémantico- mélodique" (Jousse). Le mélodique par l’interruption est l’intervention du poème. Il y a aussi un sérieux dans la lenteur. Qu’est-ce que le savoir encyclopédique beckien? Ce n’est pas un classicisme ni (seulement) une érudition, mais la sérendipité d’un sérieux qui porte souvent sur les ascendants - il est donc familial -, mais aussi sur des lieux: son tour du jour en quatre-vingt mondes. Il établit les proximités, les distances, les voisinages, une topologie. Là aussi a lieu la fin de l’autotélisme. De même, pas d’égologie chez Beck, même si l’absence d’égologie se fait au profit d’une poétique de la susceptibilité. Le savoir est aussi une postulation d’intellectualité. L’intellectualité dessaisit alors de toute autre opacité que celle de l’arrêt poétique. Les mots ne sont pas les personnages d’un drame, contrairement à Mallarmé. C’est la fin de l’action restreinte.

Jean-Luc NANCY: "Commence toujours" (projection de la vidéo réalisée par Alain Guillon)
Désir de musique et d’enfant, le canto-livre naît dans le remuement conjugal des rudes attentes élémentaires et des onomatopées bruissantes et crissantes au fond de la langue en gésine. Le beck s’efforce de se tenir au bord tout initial du chant, d’en faire entendre le frottement premier – et c’est pourquoi surtout ne pensons pas le déplier en interprétations mais de ses suggestions revenons toujours à sa lettre, à son propre retour en lui-même. Le sens redemande le son et le son se redemande poème: c’est la simple loi de relecture par-delà tout tic herméneute.

Pierre OUELLET: L'opérateur de souffle
On connaît les opérateurs logiques - et, ou, non - qui symbolisent les opérations de base de la pensée. Mais il y a aussi ce qu’on peut appeler des opérateurs poétiques, qui désignent les modes d’articulation du ton, de la voix ou du temps et symbolisent les opérations de souffle par lesquelles la parole se propulse et se propage dans l’air comme l’écriture sur la page, portant une expérience inédite de la temporalité en tant que tempo, rythme, allure, cadence, plutôt que durée psychologique ou enchaînement historique. L’œuvre de Philippe Beck est une véritable "soufflerie" (Chants populaires), qui fait circuler l’air autrement, à l’encontre du sens commun, sans doute, mais au plus près de cet "air du temps" que désigne le mot Stimmung, ce chant du siècle dans lequel se dessine une forme de "passage" qui va au-delà de l’Histoire, vers une "communauté de souffles" irréductible à toute Idée ou Valeur collective, à tout Sens commun, donc, mais porteuse d’une épreuve ou d’une impression partagée du Temps en tant que coda, rythme de la fin, cadence terminale, marquant l’achèvement d’une époque (Verre de l’époque Sur-Eddy?) et la béance vertigineuse sur ce qui vient, survient, sans projet ni attente, dans l’Inattendu le plus radical.

Gérard PESSON: Ecrire la musique avec Philippe Beck: un dialogue
Sous la forme d’une présentation qui s’ouvrira vers un dialogue avec Philippe Beck illustré de quelques écoutes d’extraits musicaux, j’évoquerai les étapes de mon travail avec le poète, expliquerai comment nous avons écrit ensemble de la musique: du livret de l’opéra Pastorale, sur les amours d’Astrée et Céladon, jusqu’à la mise en musique pour chœur de certains des poèmes de Chants populaires.
Un récital d’Elena Andreyev, violoncelliste, mais aussi poète, refermera cette présentation. On y entendra un court inédit dédié à Philippe Beck.

Xavier PERSON: Poétique de l'antipathie, une lecture de Philippe Beck
Partant de l'antipathie, comme défaut d'affinité, il s'agira de s'essayer à une lecture de ce défaut même, dans ce défaut à proprement parler, où il nous semble qu'une poétique est à rechercher.

Jacques RANCIÈRE: De la poésie au poème
Dans Dernière mode familiale, on lit ceci: "La poésie est la technique même; c’est pourquoi elle n’est pas supérieure. Mais présente non décachetée en tout". Il est question là d’Edison et de Monsieur Jourdain. Mais on y reconnaîtra aussi un leitmotiv de la question poétique chez les modernes: si les arts et les genres poétiques d’hier sont défunts, reste à la poésie d’être une technique absolue. Mais la condition pour que la poésie existe comme technique absolue, c’est que la poésie, par ailleurs, existe, latente en tout. Comment penser le rapport entre une saisie particulière de la langue et cette existence "non décachetée" chez un poète si fortement attaché à explorer à nouveau des genres apparemment désuets (poésie didactique, fable, conte populaire) ou à poétiser la prose qui prenait la poésie pour objet (Aux recensions)?

Jacqueline RISSET: Dante au pays de "Réden"
On pourrait dire que, de tous les poètes vivants, Philippe Beck est le plus infiniment proche de Dante. Non du Dante infernal choyé par nos mémoires, mais bien du Dante paradisiaque (le plus lointain, dit-on), comme il apparaît dans le poème des Déductions, "Réden". Mais pas là seulement. Quand Philippe Beck l’Impersonnage écrit que "l’œuvre se constitue comme une divine comédie humaine avec ses revenants et ses figures insistantes", il s’agit certes du théâtre des rencontres, comme chez Dante, mais en fait (comme chez Dante encore, au dessous des dialogues entre personnes humaines, historiques, nommables) des rencontres prodigieuses entre les mots impersonnages. Force, surprise, merveille: les mots entre eux, métamorphoses éblouissantes: "une perle d’eau", sortie de flamme, "rejoint de la lumière. Elle rédenise". "Navire ou barque" - écrire - "chantent sur l’eau / non parcourue: le temps de flèches qui pleuvent".

Antonio RODRIGUEZ: Ce qu'il reste du cœur chez Philippe Beck
"Je fais sortir des boustrophes/ ou des espèces de boustances / de mon pré-cœur. Puis du/ Cœur de pierre,/ médusé/ dans la dernière mode/ familiale. De l’époque. Au mieux et en mieux". Cette strophe tirée du poème "Le sans-cœur" (Inciseiv, 2000) contient deux titres de recueils de Philippe Beck, et elle semble programmatique d’un imaginaire de cet organe dans sa démarche. Le cœur est chargé d’une vaste symbolique dans l’histoire de la poésie, abondamment investie dans les premiers textes de l’auteur. Loin de la "mer de sang", des flux romantiques ou des eaux de la mélancolie, le cœur est chez lui avant tout minéral, quand il n’est pas absent. Jouant sans cesse sur les oppositions entre "l’anti-cœur" et le "pro-cœur" ainsi que sur une mémoire de ce que fut cet organe, Philippe Beck engage une "cordialité sans-cœur" que cette conférence vise à détailler. Que reste-t-il du cœur et, à travers lui, des sentiments, de l’amour, de l’enfance, de l’âme? Que reste-t-il du chant en poésie, de tous ces fondements de l’existence et de la poésie, associés aux romantiques, qui ont aujourd’hui mauvaise réputation dans les avant-gardes? Car "PECTORAL forge les lyriques", écrit Philippe Beck, et il est encore nécessaire de s’"empneumer" pour libérer un chant renouvelé de la "cage" thoracique. Par la figure du cœur, il est ainsi possible de mieux comprendre les rapports complexes de cet auteur aux traditions lyriques.

Martin RUEFF: Philippe Beck et l'art des vers
La défense de la poésie s’illustre. Le vers est sa forme de prédilection. Le poète Philippe Beck s’empare de la grande tradition versifiée et la relance pour le poème de langue française. C’est donc à la théorie, à la tradition, mais surtout à l’art des vers que nous voudrions consacrer notre étude. A la théorie, parce que Philippe Beck fait du vers une opération théorique qui permet de situer sa poétique (aux vers il est demandé de concentrer des savoirs); à la tradition, parce que Philippe Beck accorde au vers tout son poids d’histoire (il ne suffit pas de faire du poème la mémoire des poèmes mais de les faire remonter dans les vers); à l’art parce que Philipe Beck invente une versification.

Tiphaine SAMOYAULT: Le principe de Merlin
Comment encore écouter le monde depuis la "prison d’air enchantée" (Un Journal)? Le principe de Merlin, qui fait de la cloche de verre un lieu depuis lequel enregistrer la prose du monde, active des forces étrangères perturbant la langue et le lecteur. Mon intervention travaillera sur les formes du souci du monde chez Philippe Beck dans la mesure où elles en déforment consciemment la vision et les manières de le dire et déplacent l’enchantement.

Jean-Luc STEINMETZ: En guise d'allégories
Les nombreux noms communs pourvus de majuscule dans l'œuvre de Philippe Beck interrogent et donnent à croire d'abord à la mise en place d'allégories. Il n'en est rien, en réalité. Mais le procédé à la faveur d'un leurre ouvre l'occasion d'une spéculation intellectuelle où tour à tour pourront jouer personnages et Impersonnage, prosopopées en réserve, figure apparente de l'argyronète organisant surface et profondeur à l'emblème de l'Araignée d'eau de Coleridge et de Merlin en sa cloche de cristal.
Une façon de reparcourir l'œuvre où glissements et lapsus seraient des allures permises (voire conseillables).



ATELIER :

Tim TRZASKALIK & Gérard TESSIER: Redire le lu, fixer le flux (Lectures)
"Redire le vécu, fixer le flux", sous ce titre Jean Bollack avait proposé d'accompagner dans les préparatifs une lecture à plusieurs d'un ou deux poèmes de Philippe Beck, lecture à laquelle il aurait aimé inviter les participants du colloque pendant deux après-midis. Il s'agissait de voir dans quelle mesure la poésie de Philippe Beck poursuivait une tradition pour ainsi dire de "séparatisme du dedans" et dans quelle mesure elle en modifiait, à travers ses pratiques, certains aspects. La lecture insistante ou l'herméneutique critique selon Jean Bollack montre, à l'égard des œuvres revendiquant une telle distance "séparatiste", comment elles la réalisent, par rapport aux genres, formes et contenus préexistants dont elles se nourrissent, tout en puisant leur élan initial, au fond, dans une séparation préalable et en quelque sorte hors langue, et qui découle, elle, d'une décision de la personne. Une séparation est également le point de départ de tous les poèmes de Beck: "Chez moi / il y a un tiret ou trois étoiles / entre l'époque / et ma personne / il y a ce fossé / avec du bruit". Cependant, séparation n'égale pas séparation.
Après la mort de Jean Bollack, nous avons pris la décision, avec Gérard Tessier, de rester fidèles à ce projet et à l'idée de la lecture à plusieurs, en inclinant toutefois l'angle de vue vers le "vécu" spécial que représente le "lu": "Redire le lu, fixer le flux". Sous ce titre, nous nous proposons d'animer un atelier de lecture à plusieurs de quelques poèmes du livre Poésies didactiques, afin de comprendre comment, au sein d'un poème, Philippe Beck modifie du dedans le genre qui prête son titre au livre, et comment, par les reprises et renvois, l'interprétation ainsi déposée dans le poème contribue à en fixer le sens.

Tim Trzaskalik est traducteur. Il veut traduire tous les livres de Philippe Beck en allemand, mais n'en a publié, pour le moment, qu'un seul: Populäre Gesänge, Matthes&Seitz Berlin (2011). Un deuxième est sous presse: Bustrophen, Matthes&Seitz Berlin (2013).

Gérard Tessier est bibliothécaire à Nantes. Il a été membre du bureau de la Maison de la poésie de Nantes et président de l'association [ver]. Il est le co-auteur de Beck, l'Impersonnage, Argol, 2006.


BIBLIOGRAPHIE :

Beck, l'Impersonnage: rencontre avec Gérard Tessier, Argol, 2006.
"Maintenant Philippe Beck", in La Polygraphe, n°13-14, 2000.
"Philippe Beck, une poésie recommence", in il particolare, n°7-8, 2002.
"Philippe Beck", in Amastra-N-Gallar (Revue gallicienne), n°14, 2007.
"Cahier: Philippe Beck", in il particolare, n°24, 2011.

Avec le soutien
de l’Université de Nantes, du CAPHI,
de l'Université Paris Diderot - Paris 7, de la Maison des Ecrivains et de la Littérature,
des Editions Flammarion, de L'Institut français
et du Centre d'Etudes et de Recherches Comparatistes de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

Université de Nantes    Centre Atlantique de Philosophie

Université Paris Diderot - Paris 7     Maison des Ecrivains et de la Littérature

Editions Flammarion    Institut français    Centre d'Etudes et de Recherches Comparatistes de l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3