ARGUMENT :
Les études et les colloques sur l'autobiographie qui se sont multipliés
ces dernières années ont eu le mérite de préciser
les contours d'un genre, et de faire accéder au discours critique des
textes jusqu'alors marginaux comme les correspondances et les journaux intimes.
Il ne s'agit pas de constituer un champ critique symétrique par aphérèse,
en quelque sorte, de l'autobiographie. Le biographique, d'ailleurs, ne délimite
pas un champ, mais au contraire invite à pratiquer des itinéraires
en traverse, qui remettent en question des dichotomies installées comme
l'auteur et l'œuvre mais aussi le texte et le hors-texte.
Le biographique n'est pas davantage un retour à une critique anecdotique,
ou simplement antérieure à la focalisation sur un texte qui
se serait suffi à lui-même. Il ne s'agit pas de renoncer à
toute rigueur conceptuelle, il ne s'agit pas d'oublier les acquis de la critique
littéraire et des sciences humaines, mais d'accepter l'idée
qu'on ne saurait faire complètement l'économie du sujet qui
écrit dans sa réalité biographique.
D'où la nécessité d'un tout premier inventaire des
questions qu'un colloque sur le biographique ne doit pas manquer de poser,
étant bien entendu que les différentes interventions ne pourront
qu'élargir cet inventaire.