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DU VENDREDI 15 JUILLET (19 H) AU VENDREDI 22 JUILLET
(14 H) 2011
PRÉSENCE D'ANDRÉ DU BOUCHET
DIRECTION : Michel COLLOT, Jean-Pascal LÉGER
ARGUMENT :
André
du Bouchet (1924-2001) est largement reconnu comme
un des plus grands poètes français de
la seconde moitié du XXe siècle. Le dixième
anniversaire de sa mort, qui sera marqué en 2011
par plusieurs rééditions, offre l’occasion
de faire un bilan approfondi de cette œuvre majeure,
et de mesurer le chemin parcouru depuis le premier colloque
qui lui avait été consacré en 1983 à
l'Ecole normale supérieure.
Avec le recul,
certains de ses aspects et de ses enjeux, encore mal
perçus, commencent à se dégager, comme
son inscription dans l’histoire de son temps, ses relations
avec quelques grandes aventures littéraires et
artistiques contemporaines, et son travail de traducteur.
Depuis 2001,
beaucoup de travaux et de publications ont apporté
des éléments et des éclairages nouveaux
sur la vie et sur l’œuvre d’André du Bouchet. L’accès
à ses manuscrits de travail ouvre des perspectives
inédites aussi bien sur sa genèse que
sur ses derniers développements.
On peut mieux
apprécier aujourd’hui l’influence décisive
que cette œuvre a exercée et continue d’exercer
sur de nombreux écrivains et artistes. Plus
que jamais, elle témoigne de l’apport vital de la
poésie à une culture et à une société
qui n’ont que trop tendance à s’en détourner.
En réunissant
des chercheurs et des créateurs de plusieurs
pays, de différentes disciplines et de diverses
générations, le colloque permettra de faire
le point sur l’évolution, la réception
et le rayonnement de cette œuvre, et d’ouvrir sur elle et à
partir d’elle de nouvelles pistes de recherche et de réflexion.
Avec la participation d’Anne de STAËL
CALENDRIER DÉFINITIF :
Vendredi 15 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Samedi 16 juillet
Matin:
Michel COLLOT & Jean-Pascal LÉGER: Ouverture
Didier CAHEN: Aimer du Bouchet
Clément LAYET: Avant
l'apparition
Après-midi:
Franc DUCROS: Une parole
en expansion infinie
Elke de RIJCKE: L'expérience
poétique et les enjeux de la modernité
Soirée:
Projection du film Si vous êtes des mots, parlez de
Michael Jakob
Dimanche 17 juillet
Matin:
François RANNOU:
André du Bouchet et la "pénultième" (Du Bouchet
"lecteur" de Mallarmé)
Danièle LECLAIR:
André du Bouchet et René Char
Après-midi:
Serge LINARES: Reverdy et
André du Bouchet: deux poètes en regard
Michel COLLOT: André du Bouchet lecteur de Reverdy
Soirée:
Gisèle
PIERRA (récitante) & Gilles SIOUFFI (création
musicale et improvisations au piano): Récital
poésie/musique composé de poèmes
d'André du Bouchet: "Chemin faisant"
Lundi 18 juillet
Matin:
Pierre CHAPPUIS: Ecarts,
liaisons, ajustements: d'André du Bouchet à
Philippe Jaccottet
Antoine GRAZIANI: La
phrase perdue dans l’expérience
Jean-Claude SCHNEIDER
& Anne de STAËL: Une parole de tumulte
Après-midi:
Michel FAVRIAUD: À
l’affût de la parole: poétique, ponctuation
et syntaxe d'André du Bouchet
Sandra K. SIMMONS: Le
geste de l'espace
Soirée:
Bertrand DUBEDOUT &
Delphine ROOY: Présentation du cycle musical "Fractions
du silence"
Mardi 19 juillet
Matin:
Dominique KUNZ WESTERHOFF:
André du Bouchet: l'interlettre entre le souffle et l'image
Alessandro DE FRANCESCO:
"Retour à aussi muet que de la pierre"
Après-midi:
DÉTENTE
Mercredi 20 juillet
Matin:
Pierre-Yves SOUCY: Appropriation
et dépassement: quelques réflexions sur l'œuvre d'André
du Bouchet
Jean-Pascal LÉGER: L'espace
du Surcroît
Après-midi:
Thomas AUGAIS: L'impératif
solaire: André du Bouchet, Tal Coat, ...
Sylvie DECORNIQUET: L'énergie de l'espace
Michel PAGNOUX: Une lecture de Cendre tirant sur le bleu
Soirée:
Projection d'un document vidéo: André du Bouchet
à l'Ecole des Beaux-Arts de Quimper. Lecture et échange avec
les étudiants
Jeudi 21 juillet
Matin:
Michel COLLOT: « La
relation compacte appelée monde »
Victor MARTINEZ: Aristote
enfant (la philosophie sans savoir)
Après-midi:
Michaël BISHOP:
"Longer, sans attache": neuf remarques pour une ontologie
dubouchettienne
Daniel DOBBELS:
Où remonte la peur?
Yves CHARNET: Lettre à Michel Collot, André
du Bouchet
Soirée:
Projection du film La pierre bleue de Laurence Baziin et audition
de Le Bon Plaisir d'André du Bouchet
Vendredi 22 juillet
Matin:
Bilan du colloque et discussion générale
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Thomas AUGAIS: L'impératif
solaire: André du Bouchet, Tal Coat, ...
André du Bouchet se distingue de Jacques Dupin ou d'Yves
Bonnefoy par le nombre particulièrement restreint
des artistes avec lesquels il a dialogué. Mûri
au contact de Georges Duthuit, son rapport à l’art s’intensifie
dans l’échange avec deux interlocuteurs majeurs, inlassablement
interrogés: Alberto Giacometti et Pierre Tal Coat. Depuis
leur rencontre en 1949 jusqu’à ses derniers jours, André
du Bouchet n’aura cessé de vouloir reprendre en les précisant
les réflexions suscitées par son rapport à la
peinture de Tal Coat, qui est au cœur de plusieurs textes majeurs,
dont son grand livre Peinture. Nous chercherons donc à
montrer quelle manière nouvelle d’appréhender le lien
entre espace et parole se dégage de la relation entre le poète
et l’artiste, à la lumière notamment des avant-textes
et carnets du fonds André du Bouchet à la bibliothèque
Jacques Doucet.
Né en 1978,
Thomas Augais est normalien et agrégé de Lettres
Modernes. Il a soutenu à l’université Lumière
– Lyon 2 en 2009 une thèse consacrée aux rapports
entre réel et langage à partir du dialogue entre
Alberto Giacometti et les écrivains: Trait pour trait
– Alberto Giacometti et les écrivains par voltes et faces d’ateliers.
Dans cette thèse, il s’intéresse particulièrement
à André du Bouchet, auquel il a consacré
par ailleurs plusieurs articles, travaillant notamment à
partir des manuscrits. Il a écrit sur d’autres écrivains
et peintres, comme Jean Genet ou Nicolas de Staël (catalogue
de l’exposition de Martigny, 2010).
Michaël BISHOP: "Longer, sans
attache": neuf remrques pour une ontologie dubouchettienne
A partir de cette référence
au Carnet 2, 156, il s'agira d'en examiner la pertinence
ontologique dans le contexte surtout, mais non exclusivement,
des nombreux écrits de Du Bouchet sur les artistes et
les poètes.
Professeur McCulloch émérite
à l'Université Dalhousie, Halifax, Canada, Michaël
Bishop est poète et traducteur, éditeur et auteur
de nombreux ouvrages et essais sur la poésie et les arts
plastiques modernes et contemporains en france: plus récemment
des traductions d'Yves Bonnefoy, Gérard Titus-Carmel, Jean-Paul
Michel (tous aux Edns VVV), Contemporary French Art 1 &
2 (deux volumes sur 22 artistes, chez Rodopi), La Genèse
maintenant (William Blake & Co). En préparation: deux
livres sur la poésie française contemporaine.
Didier CAHEN: Aimer
du Bouchet
Le combat pour venir au monde, l’invention du langage, une
mise ou une re-mise au monde toujours en jeu dans cette prise
de parole en somme, c’est cela, et plus, que dit
André du Bouchet dans cette phrase quasi aphoristique,
si souvent commentée: "J’écris aussi loin
que possible de moi".
On a souvent noté
combien l’exigence de dire, l’expérience du
dire dépasse alors toute improbable volonté de
s’exprimer. Nous espérons montrer, toutefois,
combien la phrase, l’écriture poétique qu’elle
traduit ne rejette pas toute idée du sujet, comment,
pourquoi l’"aussi loin que possible" introduit une distance
en indiquant la direction d’une poésie qui, certes, se
détache du moi, mais pour se rattacher à l’autre,
comme il se doit ; le sens d’une poésie non subjective mais
infiniment soucieuse d’une ouverture à son dehors.
Engagement poétique
alors...
Didier Cahen
est né à Paris en 1950. Il est poète
et essayiste. Sept livres de poésie (dont Un
monde en prose, éd. Apogée, 2003) et
sept livres d’essais. Dernier livre publié: Edmond
Jabès, dans la collection "Poètes d’aujourd’hui"
chez Seghers en avril 2007. Il publie régulièrement
des essais en revue ou dans des ouvrages collectifs (Etudes,
Cahiers de l’Herne, etc.) et des articles dans l’Encyclopaedia
Universalis sur des écrivains et essayistes tels que
Maurice Blanchot, Edmond Jabès, Jean-Luc Nancy et Jacques
Derrida.
Pierre CHAPPUIS:
Ecarts, liaisons, ajustements: d'André du Bouchet
à Philippe Jaccottet
"Une montagne
nous sépare...". Ainsi s'intitulait la
contribution de Philippe Jaccottet dans le numéro
de L'Ire des vents (n°6/8) en hommage
à André du Bouchet, de quoi marquer autant un
lien scellé par une longue amitié qu'une distance.
Ecarts et ruptures d'un côté, ajustements bien
tempérés de l'autre, les deux démarches,
quoique opposées, pourraient bien, somme toute,
"revenir au même", la poésie se définissant
d'abord, ici comme là, par l'élan, la dynamique
qu'elle crée.
Pierre CHAPPUIS
(1930), réside à Neuchâtel (Suisse)
où il a longtemps enseigné. Edité principalement
à la Librairie José Corti depuis 1990 pour des
recueils de poésie (dernier titre: Comme
un léger sommeil), des notes et réflexions
(dont La rumeur de toutes choses) ainsi que des
lectures critiques: l'essai consacré à André
du Bouchet (dans Deux essais, reprise d'une première
édition en 1979) est à compléter par les
trois lectures réunies dans les Tracés
d'incertitude (2003).
Michel COLLOT: « La relation compacte appelée
monde »
André du Bouchet a été confronté en
1940 à "une sorte d’éboulement" du monde et dit avoir
commencé à écrire pour rétablir avec lui une
relation perdue. Mais cette relation, ne pouvant plus désormais
s’appuyer sur l’image d’un cosmos ordonné, suppose une immersion
totale dans le mouvement d’un chaos à la fois destructeur et
créateur. Elle n’engage plus seulement l’œil d’un spectateur
placé en face du paysage et le contemplant à distance, mais
une adhésion aveugle du corps tout entier à la "chair du
monde". Cette "relation compacte, appelée monde", inspire notamment
à André du Bouchet une poésie de l’élément
à l’état brut, une écriture d’une densité
elliptique et un regard attentif à la matérialité de
l’œuvre d’art.
Alessandro DE FRANCESCO:
"Retour à aussi muet que de la pierre"
Dans cette communication,
je souhaiterais approfondir ma perspective théorique
d'étude de la poésie dubouchettienne, en
m'interrogeant d'abord sur le rapport que la poésie
de du Bouchet entretient avec l'image et les arts de l'image.
Dans Peinture (1983), du Bouchet a pu écrire:
"faisant via la langue peinture, retour à aussi muet que
de la pierre". La poésie de du Bouchet se sert de l'image
afin de déconstruire les rapports structurels de la langue,
au profit d'une tendance asymptotique vers le silence et l'éclatement
du sens. J'essayerai d'approfondir, à partir de cette
perspective, les figures, récurrentes chez notre auteur,
de l'enfant et du muet, véritables réifications
cognitives de sa méthode poétique, dont je
tâcherai de montrer le régime que je qualifierai
à la fois d'asémantique et de prégrammatical.
Alessandro
De Francesco est né à Pise (Italie) en 1981
et vit à Paris. Il a publié les livres de poésie
Lo spostamento degli oggetti (Cierre Grafica,
Vérone, 2008), Redéfinition (Mix., Paris,
2010) et Ridefinizione (La Camera Verde, Rome, 2010). Il dirige
un atelier de création littéraire à l'École
normale supérieure et est doctorant à l'Université
de Paris-Sorbonne, sous la direction de Georges Molinié.
En 2008 il a été visiting poet auprès de
l'European Graduate School (www.alessandrodefrancesco.net).
Daniel DOBBELS: Où remonte la peur?
Dans Une tache, André du Bouchet
écrit: "(...) enterrer comme espacer... le support terreux
qui ne se laissera pas conjuguer. producteur ici de l’espace desserrant
le compact... debout comme à plat. debout, lorsque j’avance,
comme aujourd’hui enterré...". Citation fautive puisque partielle,
découpant un texte où l’espace, précisément,
et les blancs, et les intervalles, n’interdisent pas, ne stupéfient
le plus étrange des mouvements — qui n’est pas seulement
celui de la langue, telle que du Bouchet en fait l’expérience
singulière, pas seulement non plus celui du poème, tel
qu’il s’impose à du Bouchet, impérativement, pas enfin celui
d’un rythme scandé, cassé, relancé, segmenté
puis repris comme hors de souffle, mais celui aussi d’un corps producteur
de l’espace susceptible d’en endurer, supporter, inventer et découvrir
les règles d’existence. Corps poétique (proche de celui
que Giacometti n’a cessé de sentir venir et parfois naître
sous ses doigts, et sur lequel il ne portait pas la main), corps
réel, trouvant ses appuis et ses sauts, là où
l’on ne peut que les pressentir et parler sur leur teneur, sans sûreté,
sans corde de rappel. D’où et comment en "envisager" la nature
à la fois elliptique et indéfectible? Telle serait la
question posée dans cette intervention.
Bertrand DUBEDOUT:
Fractions du silence
André du Bouchet
a inspiré quelques compositeurs, notamment Bertrand
Dubedout qui a écrit un cycle musical à partir
des textes du poète. Les pièces qui constituent
ce cycle sont de composition et d'instrumentation variées.
Le rapport au texte poétique l'est également
puisque tantôt il se devine à travers une musique purement
instrumentale, tantôt il se fait entendre dans une
musique vocale. Ce parcours musical permettra d'approcher quelques-uns
des nombreux types de rencontres entre la poésie et
la musique.
Bertrand Dubedout
(né en 1958), compositeur, est également
directeur artistique du collectif éOle, du Festival
Novelum, et professeur au Conservatoire à Rayonnement
Régional de Toulouse. Un vaste cycle instrumental,
vocal et électronique, intitulé Fractions
du silence, est marqué par la lecture de l'œuvre d'André
du Bouchet. Les partitions de ces œuvres sont publiées par
Gérard Billaudot Éditeur. Plusieurs œuvres de
ce cycle sont parues en CD, notamment:
Fractions du silence
- Premier livre - CD 70 L'empreinte Digitale ED13070,
1994 ;
Fractions du silence
- Deuxième livre - CD Territoires Polychromes
2 - MFA - Radio France MFA 216030, 1999 ;
Fractions du silence
- Cinquième livre - CD L'air du large,
MOTUS 298004, 1999 ;
Fractions du silence
- Sixième livre - CD Monodrame, CD
Skarbo DSK 1063, 2005.
Franc DUCROS: Une parole
en expansion infinie
Se dépouillant de toute
trace de formes poétiques convenues, le travail
des dernières années (à partir d'Axiales),
cependant qu'il se retourne, en tension obstinée,
vers ce qui n'avait pu être dit dans ce qui avait été
dit, s'ouvre selon une tension égale vers ce qui jamais encore
n'avait pu être atteint, pour se constituer en parole s'ouvrant
sans cesse vers son propre au-delà — au-delà de toute
possible parole.
Professeur émérite
de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3, Franc
Ducrois est auteur de plusieurs livres de poésie,
de traductions (de l'italien et de l'espagnol) et d'essais
sur le poétique où l'oeuvre d'André du Bouchet
est souvent abordée: Le poétique, le réel
(Méridien - Klincksieck, 1987); Poésie figures
traversées (Théétète, 1995): Lectures
Poétiques (Lucie éditions, 2006).
Michel FAVRIAUD: À
l’affût de la parole: poétique, ponctuation
et syntaxe d'André du Bouchet
(Qui expérimente la ponctuation
expérimente la pensée, la pensée
en train de se faire, d’où surgit la parole, quel écran
elle traverse, quelles stratégies le sujet poétique
met en œuvre pour traquer, amadouer le gibier tapi en pleine
lumière et qu’on ne voit pas, qu’on pressent juste comme
l’au-delà plus réel de cette irréalité
manifeste).
Il y a chez André du Bouchet
une phénoménologie de la parole, physiologique
et psychique, discursive surtout, presque un traité
infini de linguistique du discours qui ne peut se résoudre
que dans une poétique. Cette pratique semi-théorisée
part du mot, pense la relation verbale, envisage trois stratégies
syntaxiques fondamentales, expérimente la ponctuation
dans ses deux volets principaux, la blanche et la noire, privilégiant
la voix et l’intensité autant que la verticalité
et la plasticité du discours poétique — le discours
linéaire ayant été abandonné d’entrée.
Pour cette étude nous nous appuierons sur trois types
de livres d’ADB, un de poésie comme Laisses,
un de "commentaire" poétique comme Pourquoi si calmes,
un de "compte rendu" plastique comme Peinture ou Alberto
Giacometti, sachant que ces étiquettes grossières
font séparation là où se noue une expérimentation
intellectuelle et poétique du discours très
homogène.
Antoine GRAZIANI: La phrase perdue
dans l’expérience
Nous ne pouvons nous situer que par conjonction
avec une phrase qui serait à la fois la totalité
et la fin des discours, leur destination et la conclusion apportée
à ce qui les a mis en mouvement. L’ombre d’une telle
phrase est dans la forme que le langage s’impose pour être
poésie. Quand la parole pour répondre devrait être
sans cesse et n’y parvient pas, la prosodie est ce qui dans le
discours ne s’épuise pas. L’incomplétude de l’expression
s’équilibre chez André du Bouchet,de la complétude
silencieuse des rapports sensibles au monde. La sensation, son
expérience, est déjà une forme poétique.
Ainsi peut à son tour se découvrir l’expérience
contenue dans les mots.
Antoine Graziani (1951) a publié
(poésie) aux Éditions Clivages: Rubrica, Coïncidences,
et chez d’autres éditeurs Java, Saint Jean Baptiste,
Translations, Chanson du Captain Tobias Hume, ainsi que
dans le numéro de la revue L’Étrangère 16-17-18
consacré à André du Bouchet, Le semblable et
Dédoublements.
Dominique KUNZ WESTERHOFF: André
du Bouchet: l'interlettre entre le souffle et l'image
Comment se réalise, dans le langage
poétique, un espace intermédiaire entre le signe
et le non-signe susceptible de figurer les heurts de la perception?
Le travail d'André du Bouchet matérialise le dispositif
poétique en l'exposant comme une forme de rupture et comme
une force de rupture. Il fait jouer les possibilités de discordance
et de brisure du vers, les concrétise en un processus de
juxtaposition, d'écartement, de désappariement du discours
qui révèle la réalité illisible de la page.
Par les décrochements de la linéarité, de
l'ajustement des marges, le support interagit avec le texte en isolant
des blancs du sens. De cet "interlettre" se constituent des images
à la fois structurelles et sensibles où le comme
devient l'instrument de l'incomparable, la commotion des dissemblances.
Cette description de la poésie en tant que processus de démesure,
je me propose de l'observer plus particulièrement dans son
pivotement du voir et du dire. Quelle iconicité se crée
de la matérialisation du signe, dans une poétique
projective de l'élan vers les choses? Et quel rapport s'instaure
entre cette visibilité du discours poétique et sa performance,
sa lecture physique, sa scansion dans la spatialité du recueil
et dans le temps? A partir d'enregistrements du poète lisant
ses propres textes et d'une étude génétique,
je ferai les hypothèses suivantes. C'est moins l'énoncé
qui fait image ou qui se réfléchit dans les blancs de
la page, que l'énonciation même décrivant
son processus, de l'immobilité du silence au retour des échos,
de la suspension à la traversée de l'instant. Lorsque
l'image défait le temps, lorsque le temps déforme
l'image, le langage poétique s'étend et se donne à
voir comme un paradoxal espace de l'immédiat.
Professeure assistante de littérature
française à l'Université de Lausanne,
Dominique Kunz Westerhoff enseigne également la littérature
au Collège des Humanités de l'Ecole Polytechnique
Fédérale de Lausanne. Sa thèse de doctorat
est consacrée à la poésie contemporaine: Le
sacre de l'image. Grandeur et dissidences du surréalisme précédée
d'une Brève histoire de l'image dans la culture
rhétorique et La crise de l'image. Poétiques de
la guerre et de l'après-guerre (à paraître chez
Droz). Ses articles portent sur le rapport texte/image dans la
rhétorique classique et dans la littérature des
XIXe-XXe siècles, sur le surréalisme et sur la poésie
contemporaine.
Clément
LAYET: Avant l'apparition
Dans l’ensemble des essais qu’il consacre à la poésie
au cours des années 1950, qu’il s’agisse des
articles qu’il publie en revue ou des recherches qu’il poursuit
dans le cadre du C.N.R.S., André du Bouchet cherche à
produire une notion nouvelle de l’image poétique. Contrairement
à la façon dont celle-ci était traditionnellement
entendue, c’est-à-dire comme tableau peint intérieurement
par l’esprit, du Bouchet montre que la vie de l’image poétique,
pour la poésie contemporaine, mais déjà
dans les grandes œuvres du passé, doit dépendre au
contraire de son pouvoir évanescent. Pour être appropriée,
incorporée par le lecteur, l’image doit moins chercher
à être immédiatement reconnaissable et
fixée dans l’esprit, qu’elle ne doit épouser
le régime d’apparition et de disparition qui est celui de
la perception elle-même. Sautant aux yeux par son étrangeté,
résistant à l’analyse par son infinité de
significations, l’image authentiquement poétique est
aussi vouée à devenir évidente pour celui qui
la reçoit, et comme destinée à être
adoptée par la langue commune.
Clément
Layet est agrégé et doctorant de philosophie.
Il a publié: André du Bouchet, collection
"Poètes d’aujourd’hui", Seghers, Paris, 2002 ; Des nerfs
(touchés), Revue L’Étrangère,
n°16-18, Bruxelles, 2007 ; Hölderlin, Poèmes,
William Blake & Co, Bordeaux, 2011 (à paraître).
Il a réuni et présenté: André du
Bouchet, Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie,
1949-1959, Le Bruit du temps, Paris, 2011 (à paraître)
; André du Bouchet, Une lampe dans la lumière aride.
Carnets, 1949-1955, Le Bruit du temps, Paris, 2011 (à
paraître).
Danièle LECLAIR: André
du Bouchet et René Char
Dans le champ des études poétiques,
André du Bouchet et René Char n’ont jamais été
réunis. Au contraire. Et pourtant André du Bouchet
a été un des premiers, en 1949, à publier une
étude critique détaillée sur Fureur
et mystère. De son côté, René Char,
dans les années 50, fait l’éloge de l’œuvre de son cadet
et contribue à la publication de plusieurs de ses textes.
Qu’est-ce qui suscite alors leur approbation mutuelle? En quoi
les deux poètes se rapprochent-ils, puis divergent-ils
ensuite? S’interroger sur leur relation à l’espace (celui
du monde comme celui du poème) et au temps (celui de l’Histoire
et celui de l’écriture) permettra d’apporter de premières
réponses à ces questions.
Danièle Leclair est
maître de conférences à l’université
Paris Descartes et membre du laboratoire "Écritures
de la modernité" (EA 4400) de l’université Paris-Sorbonne
nouvelle. Elle travaille sur la poésie du XXe et notamment
sur l'oeuvre de Char, s'attachant à la genèse de
l'œuvre et aux échanges entre le poète et le monde.
Elle co-dirige (avec Patrick Née) une série d’études
sur Char chez Minard, ainsi que le dictionnaire littéraire
René Char (éditions Garnier). Elle a publié notamment:
Lecture du Parti pris des choses de Francis Ponge (Dunod,
1995), René Char - Là où brûle la poésie
(biographie de Char avec une étude de ses échanges intellectuels
et de ses recueils), (Aden, 2007), René Char, regards
sur le monde de l’art (dir.), (Minard, 2009).
Jean-Pascal LÉGER: L’espace du Surcroît
En regard du titre du livre AIR 1950-1953, André
du Bouchet a placé un portrait gravé à l’eau-forte
par Alberto Giacometti. En accompagnement du poème du Surcroît,
il a confié à Albert Ràfols-Casamada de réaliser
des eaux-fortes. Comme éditeur de ces deux livres, le premier
de petit format, en 1977, le second de format plus ample, en 1989,
il m’est tôt apparu qu’"air", pour André du Bouchet, signifiait
presque "poème". La fabrication d’un livre avec lui ne serait
pas qu’une transcription rigoureuse de ses poèmes dans un corps
typographique. Il fallait penser l’espace du poème dans l’espace
du livre, c’est-à-dire dans le va-et-vient de son entier déroulement:
sa mémoire et sa fraîcheur, voire ses "coups de vent"...
Comment habiter le livre par le poème, faire marcher ce corps
comme nous y pensions en marchant? Le livre qui nous occupe passionnément
est un espace construit, un cadre fabriqué comme une fenêtre,
les gravures de Giacometti nous le rappellent. Mais quand l’espace est
"habité", le poème se déploie de la verticale à
l’horizontale, l’étendue s’ouvre et se donne: ainsi les gravures
de Ràfols-Casamada. Avec lui aussi, d’abord, la géométrie
des fenêtres. Mais l’oubli. L’espace, l’air, le vent... Alors une
trace aiguë, une ligne "ré-incrustée", se donne
aussi simplement qu’"un pas" devient "la route". Phrase ou gravure, un
"surcroît", alors, est une réponse inattendue de la poésie
au poème.
Serge LINARES: Reverdy et André
du Bouchet: deux poètes en regard
La proximité de Du Bouchet
avec Reverdy mérite d’être interrogée.
On ne saurait en contester la réalité: dès
après leur rencontre en 1949, les deux poètes
échangèrent une correspondance amicale; Du Bouchet
publia à plusieurs reprises des textes de critique et
d’hommage consacrés à son aîné, et finit
par en réunir certains dans Matière de l’interlocuteur
en 1992. Cependant, cette convergence de leurs poétiques respectives
ne fut pas absolue. Ainsi, le dispositif typographique de Reverdy,
inventé dans les années 1910, mais délaissé
dès les années 1930, intrigua a posteriori
Du Bouchet avant de l’inspirer pour sa propre œuvre. La relation iconotextuelle
au monde, si elle manquait d’évidence pour tous deux, n’apparaissait
pas aussi conflictuelle à Du Bouchet qu’à Reverdy.
Ces premières nuances justifient de sonder plus avant les
raisons, les enjeux et les limites de l’influence de Reverdy sur Du
Bouchet.
Victor MARTINEZ:
Aristote enfant (la philosophie sans savoir)
Des citations de philosophes grecs, présocratiques
ou post-socratiques, affleurent dans le texte dubouchettien,
Anaximandre, Parménide ou Aristote. Platon semble absent
(cela demande confirmation). Nous écartons le traitement
d’auteurs spécifiquement poétiques, Homère
ou Pindare. Notre proposition de contribution s’articule en trois points:
- quel est l’état des lieux philologique
de ces citations dans l’actualité des études dubouchettiennes?
- quelles comparaisons peut-on faire avec l’emploi,
manifeste ou inapparent, des références philosophiques
antiques chez d’autres poètes d’après 1945, Char,
Saint-John Perse ou Celan?
- faut-il tirer des conclusions, et lesquelles,
sur le statut et l’emploi de la référence philosophique
(et de la référence en général?),
dans la langue spécifique de du Bouchet?
Victor
Martinez a produit en 2008 une thèse sur André
du Bouchet et coordonné en 2011 un numéro d’Europe
sur le même auteur. Il travaille sur la littérature
contemporaine et la traduction.
Gisèle PIERRA
& Gilles SIOUFFI : Récital poésie/musique
composé de poèmes d'André du Bouchet: "Chemin
faisant"
Lors de l'hommage à
André du Bouchet qui lui sera rendu à l'occasion
du dixième anniversaire de sa disparition, Gisèle
Pierra et Gilles Siouffi présenteront un concert-lecture
intitulé "Chemin faisant". Articulant un dialogue
entre mise en voix parlée de poèmes et improvisations
musicales au piano, cette performance, d'une durée
de 40 minutes environ, explorera le rapport d'André du Bouchet
à la marche ainsi que la dynamique de la création
poétique.
Gisèle Pierra
est maître de conférences en Sciences du
langage à l'université Paul-Valéry Montpellier
3, où elle travaille sur la pratique artistique de
la parole suscitant un accès aux langues. Elle conduit également
un travail d'écriture et de récitante poétique:
Un CD est édité en 1999: Poèmes a cappella
(chez l'auteur). Depuis 2001, elle développe un dialogue
poésie / improvisations au piano avec Gilles Siouffi:
édition d'un CD en 2005: Illuminations d'Arthur
Rimbaud (chez: Lesindependants.com).
Gilles Siouffi est
professeur en sciences du langage à l'université
Paul-Valéry Montpellier 3. Il mène avec
Gisèle Pierra une activité de concerts-lectures autour
de textes poétiques (Rimbaud, Mallarmé, H. Michaux,
Du Bouchet, B. Vargaftig, F. Loi...). Il a enregistré
avec Gisèle Pierra un CD "Rimbaud, Illuminations",
disponible sur le site Lesindependants.com.
François RANNOU: André du Bouchet
et la "pénultième" (Du Bouchet "lecteur" de Mallarmé)
J’essaierai de comprendre certains enjeux de l’œuvre
d’André du Bouchet à la lumière du Démon
de l’analogie de Mallarmé. Il me semble qu’il y aurait à
y regarder de plus près. Tombant, comme dans Et la nuit
et poussière sculptée, du sommeil, obsédante
mais disparaissant aussitôt qu’on veut la saisir, elle est
bien l’imprévu qui engendre une méditation métapoétique
— un saisissement se produit grâce à ce qui, au départ,
est un contretemps perturbant l’ordre diurne: une parole du sommeil
vient persister dans celle du jour — le froid, inattendu, prend
au corps, sur la route, aux moments "charnière" du soir et du
matin... Derrière cette "pénultième", c’est tout
un pan du travail poétique chez Du Bouchet qui se découvre.
François Rannou a coordonné
l’édition des deux épais volumes de la revue L’Étrangère
sur André du Bouchet en 2007 (aux éditions la Lettre volée)
ainsi que le numéro de la revue Europe consacré
à la "Littérature de Bretagne", en 2005. Il a participé
au numéro d’Europe sur André du Bouchet, dirigé
par Victor Martinez. Son travail poétique est publié principalement
à La Lettre volée (l’intervalle, le monde tandis
que) et aux éditions du Cormier (là-contre). Son
dernier livre, Contretemps paradist, est paru en 2009. Deux
essais sur Du Bouchet sont repris dans l’inadvertance (livre
électronique aux éditions publie.net).
Elke de RIJCKE: L'expérience
poétique et les enjeux de la modernité
L'objectif de cette communication
sera de retracer un aperçu du rapport d'André
du Bouchet à la modernité poétique du 19e et
du 20e siècle, et de montrer comment la notion d'"expérience
poétique" dans son œuvre se construit à
travers un dialogue ciblé avec Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé,
Reverdy, Char, Ponge et Celan. Il m'importera donc de souligner
le rôle actif des interlocuteurs poétiques
dans la construction de l'expérience poétique
chez d'André du Bouchet et d'en expliciter les différents
mécanismes.
Elke de Rijcke
est née en 1965 et vit à Bruxelles. Elle
enseigne la littérature, l'art contemporain et la
philosophie esthétique à l'Ecole de Recherche Graphique
et à L'Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc
de Bruxelles. Elle a publié plusieurs essais sur les
arts et la littérature. Son essai sur André du Bouchet
(L'expérience poétique dans l'oeuvre d'André
du Bouchet) sera publié aux Ed. La Lettre volée au
printemps 2011. Elle a publié par ailleurs des essais de
création sur la poésie, ainsi que deux livres de
poésie (troubles. 120 précisions. Expériences,
Tarabuste Ed., 2005, et gouttes! lacets, pieds presque proliférants
sous soleil de poche, Le Cormier, 2006).
Jean-Claude SCHNEIDER:
Une parole de tumulte
Il s'agit d'évoquer
une lecture personnelle du livre tumulte et de
comprendre pourquoi j'ai dû plusieurs fois l'interrompre.
Cette interrogation permet de dégager les raisons
pour lesquelles ce recueil occupe une place singulière
dans l'œuvre d'André du Bouchet.
Traducteur
d'allemand (Hofmannsthal dans L'Ephémère)
et de russe (Mandelstam). Secrétaire de rédaction
de la revue Argile, qui a publié Du Bouchet.
Deux contributions au numéro spécial de
L'Etrangère. Une quinzaine de titres: poésie,
essais (sur la peinture, sur Celan).
Sandra K. SIMMONS: Le geste de l'espace
En toute évidence,
le geste qu’André du Bouchet a inscrit dans ses cahiers
modifie d’un même mouvement et le langage de sa poésie
et le lieu de son déploiement. A partir du geste, un mélange
particulier des leçons de la physique, avec laquelle la
nature s’équilibre, et les tâtonnements de l’homme,
face à un déséquilibre vital, caractérise
sa poésie d’un mouvement aérien et saccadé.
Ses écrits tracent avec précision ce geste fragile mais
palpable. Le rapport entre trois états d’être (le papier
– offert en tant qu’adresse et donc témoignage, le langage –
réceptacle de la mémoire, et le corps – l’origine
des sensations), se lit dans le tissage imbriqué du geste et de
la lecture, faisant des lieux composés de ses écritures
un terrain de rencontre(s) car lire sa page est vivre son paysage.
Sandra K. Simmons, d’origine texane
et où elle habite actuellement, rédige une thèse
sur André du Bouchet à l’Université de Wisconsin-Madison.
Elle se penche sur la problématique du mouvement impliqué
dans le geste inscrit. Pour ce travail, elle a eu le grand bénéfice,
grâce à Anne de Stael, d’examiner les cahiers manuscrits
de du Bouchet. Par ailleurs, elle a publié une tentative de poésie
dans Formules (2001) et assiste depuis une décennie aux
séminaires de Textique animés à Cerisy par Jean Ricardou.
Pierre-Yves SOUCY: Appropriation et dépassement:
quelques réflexions sur l'œuvre d'André du Bouchet
L’œuvre poétique d’André du Bouchet, on le sait, est
profondément marquée par son rapport à la peinture.
Ce que signale ce titre touche à cette présence des œuvres
qui se découvre au moment même du passage de son auteur
d’une langue à une autre, et tout autant d’un sol à un autre,
d’un lieu ou d’un territoire à un autre, ce que le mouvement de
sa création et de son expression poétique évoque
comme réalité vécue, dans sa dimension réceptive,
ce qui se trouve repris par et dans la langue qu’il redécouvre.
L’importance qu’il accorde à la peinture n’est pas étrangère,
loin de là, à ces bouleversements, elle est même intimement
liée puisque celle-ci est aussi une manière de sol à
partir duquel elle s’impose comme réalité qui est à
la fois urgent de s’approprier et de dépasser afin de renouveler
le regard sur le monde, à tout le moins, de forcer une plus grande
justesse dans la saisie de celui-ci.
BIBLIOGRAPHIE :
Livres
d’André du Bouchet
Air 1950-1953
suivi de Défets, Clivages, 1977, 1981,
Fata Morgana, 1986.
Dans la
chaleur vacante, Mercure de France, 1961.
Où
le soleil, Mercure de France, 1968.
Qui n’est
pas tourné vers nous, Mercure de France, 1972.
Laisses,
Hachette, 1979, Fata Morgana, 1984.
L’incohérence,
Hachette, 1979, Fata Morgana, 1984.
Rapides,
Hachette, 1980, Fata Morgana, 1984.
Peinture,
Fata Morgana, 1984.
Aujourd’hui
c’est, Fata Morgana, 1984.
Ici en deux,
Mercure de France, 1986.
Une tache,
Fata Morgana, 1988.
... Désaccordée
comme par de la neige, Mercure de France,
1989.
Carnets
(1952-1956), Plon, 1990.
De plusieurs
déchirements, Editions Unes, 1990.
Alberto
Giacometti - Dessin, Maeght éd., 1991.
Cendre tirant
sur le bleu et Envol, Clivages, 1986 et
1991.
Axaiales,
Mercure de France, 1992.
Matière
de l’interlocuteur, Fata Morgana, 1992.
Carnet,
Fata Morgana, 1994.
Retours
sur le vent, Fourbis, 1995.
Poèmes
et proses, Mercure de France, 1995.
Pourquoi
si calmes, Fata Morgana, 1996.
D’un trait
qui figure et défigure, Fata Morgana, 1997.
Carnet 2,
Fata Morgana, 1998.
L’emportement
du muet, Mercure de France, 2000.
Annotations
sur l’espace, Carnet 3, Fata Morgana, 2000.
Tumulte,
Fata Morgana, 2001.
L’œil égaré
dans les plis de l’obéissance au vent, Seghers,
2001.
A paraître
en 2011:
Sur un rouge de Nicolas de Staël,
Clivages.
Une lampe dans la lumière aride. Carnets, 1949-1955,
Le Bruit du temps.
Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie, 1949-1959,
Le Bruit du temps.
Dans la
collection nrf Poésie / Gallimard
Dans la
chaleur vacante, suivi de Où le soleil,
1991.
L'Ajour,
1998.
A paraître
au printemps 2011: Ici en deux
Traductions par André du Bouchet
La Tempête
de Shakespeare, Mercure de France, 1963.
Poèmes
de Hölderlin, Mercure de France, 1986.
Poèmes
de Paul Celan, Mercure de France, 1986.
Voyage en
Arménie d’Ossip Mandelstam, Mercure de
France, 1984.
Henry VIII de William Shakespeare, Le Bruit du temps,
2011.
Livres
consacrés à André du Bouchet
Pierre Chappuis,
André du Bouchet, Seghers, 1979, repris
dans Deux essais: Leiris, Du Bouchet, José
Corti, 2003.
Jacques
Depreux, André du Bouchet ou la parole traversée,
Champ Vallon, 1988.
Jean-Michel
Reynard, L’interdit de langue, Fourbis, 1994.
Clément
Layet, André du Bouchet, présentation
et anthologie, Seghers, 2002.
Antoine Emaz,
André du Bouchet, Jean-Michel Place, 2003.
Michaël Bishop, Altérités d'André
du Bouchet: de Hugo, Shakespeare et Poussin à Celan, Mandelstam
et Giacometti. Amsterdam/New York: Edtions Rodopi, 2003.
A paraître: Elke de Rijcke, L’expérience
poétique dans l’œuvre d’André
du Bouchet, La Lettre volée.
Ouvrages
collectifs consacrés à André du Bouchet
Bulletin
du Bibliophile III-IV, 1977.
Espaces
pour André du Bouchet, L’ire des vents, 6-8,
1983.
Autour d’André
du Bouchet, Presses de l’Ecole normale supérieure,
1986.
La rivière
échappée, 8-9, 1998.
Compar(a)ison
II, 1999.
André
du Bouchet, Espace du poème, espace de la peinture,
Hôtel des Arts, Toulon, 2002.
André
du Bouchet et ses Autres, Écritures contemporaines
6, Minard, 2003.
Saluer André
du Bouchet, William Blake & Co, 2004.
L’Étrangère,
14-15/16-17-18, La Lettre volée, 2007.
A paraître:
un numéro spécial de la revue Europe
et un cahier de la revue Po&sie.
Avec le soutien de l’Université Sorbonne Nouvelle
- Paris 3
et de l’équipe « Recherche sur la poésie contemporaine
»
(EA 4400 « Écritures de la modernité » conventionnée
CNRS)