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DU VENDREDI 15 JUILLET (19 H) AU VENDREDI 22 JUILLET (14 H) 2011



PRÉSENCE D'ANDRÉ DU BOUCHET


DIRECTION : Michel COLLOT, Jean-Pascal LÉGER

ARGUMENT :

André du Bouchet (1924-2001) est largement reconnu comme un des plus grands poètes français de la seconde moitié du XXe siècle. Le dixième anniversaire de sa mort, qui sera marqué en 2011 par plusieurs rééditions, offre l’occasion de faire un bilan approfondi de cette œuvre majeure, et de mesurer le chemin parcouru depuis le premier colloque qui lui avait été consacré en 1983 à l'Ecole normale supérieure.

Avec le recul, certains de ses aspects et de ses enjeux, encore mal perçus, commencent à se dégager, comme son inscription dans l’histoire de son temps, ses relations avec quelques grandes aventures littéraires et artistiques contemporaines, et son travail de traducteur.

Depuis 2001, beaucoup de travaux et de publications ont apporté des éléments et des éclairages nouveaux sur la vie et sur l’œuvre d’André du Bouchet. L’accès à ses manuscrits de travail ouvre des perspectives inédites aussi bien sur sa genèse que sur ses derniers développements.

On peut mieux apprécier aujourd’hui l’influence décisive que cette œuvre a exercée et continue d’exercer sur de nombreux écrivains et artistes. Plus que jamais, elle témoigne de l’apport vital de la poésie à une culture et à une société qui n’ont que trop tendance à s’en détourner.

En réunissant des chercheurs et des créateurs de plusieurs pays, de différentes disciplines et de diverses générations, le colloque permettra de faire le point sur l’évolution, la réception et le rayonnement de cette œuvre, et d’ouvrir sur elle et à partir d’elle de nouvelles pistes de recherche et de réflexion.

Avec la participation d’Anne de STAËL

CALENDRIER DÉFINITIF :

Vendredi 15 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Samedi 16 juillet
Matin:
Michel COLLOT & Jean-Pascal LÉGER: Ouverture
Didier CAHEN: Aimer du Bouchet
Clément LAYET: Avant l'apparition

Après-midi:
Franc DUCROS: Une parole en expansion infinie
Elke de RIJCKE: L'expérience poétique et les enjeux de la modernité

Soirée:
Projection du film Si vous êtes des mots, parlez de Michael Jakob


Dimanche 17 juillet
Matin:
François RANNOU: André du Bouchet et la "pénultième" (Du Bouchet "lecteur" de Mallarmé)
Danièle LECLAIR: André du Bouchet et René Char

Après-midi:
Serge LINARES: Reverdy et André du Bouchet: deux poètes en regard
Michel COLLOT: André du Bouchet lecteur de Reverdy

Soirée:
Gisèle PIERRA (récitante) & Gilles SIOUFFI (création musicale et improvisations au piano): Récital poésie/musique composé de poèmes d'André du Bouchet: "Chemin faisant"


Lundi 18 juillet
Matin:
Pierre CHAPPUIS: Ecarts, liaisons, ajustements: d'André du Bouchet à Philippe Jaccottet
Antoine GRAZIANI: La phrase perdue dans l’expérience
Jean-Claude SCHNEIDER & Anne de STAËL: Une parole de tumulte

Après-midi:
Michel FAVRIAUD: À l’affût de la parole: poétique, ponctuation et syntaxe d'André du Bouchet
Sandra K. SIMMONS: Le geste de l'espace

Soirée:
Bertrand DUBEDOUT & Delphine ROOY: Présentation du cycle musical "Fractions du silence"


Mardi 19 juillet
Matin:
Dominique KUNZ WESTERHOFF: André du Bouchet: l'interlettre entre le souffle et l'image
Alessandro DE FRANCESCO: "Retour à aussi muet que de la pierre"

Après-midi:
DÉTENTE


Mercredi 20 juillet
Matin:
Pierre-Yves SOUCY: Appropriation et dépassement: quelques réflexions sur l'œuvre d'André du Bouchet
Jean-Pascal LÉGER: L'espace du Surcroît

Après-midi:
Thomas AUGAIS: L'impératif solaire: André du Bouchet, Tal Coat, ...
Sylvie DECORNIQUET: L'énergie de l'espace
Michel PAGNOUX: Une lecture de Cendre tirant sur le bleu

Soirée:
Projection d'un document vidéo: André du Bouchet à l'Ecole des Beaux-Arts de Quimper. Lecture et échange avec les étudiants


Jeudi 21 juillet
Matin:
Michel COLLOT: « La relation compacte appelée monde »
Victor MARTINEZ: Aristote enfant (la philosophie sans savoir)

Après-midi:
Michaël BISHOP: "Longer, sans attache": neuf remarques pour une ontologie dubouchettienne
Daniel DOBBELS: Où remonte la peur?
Yves CHARNET: Lettre à Michel Collot, André du Bouchet

Soirée:
Projection du film La pierre bleue de Laurence Baziin et audition de Le Bon Plaisir d'André du Bouchet


Vendredi 22 juillet
Matin:
Bilan du colloque et discussion générale

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Thomas AUGAIS: L'impératif solaire: André du Bouchet, Tal Coat, ...
André du Bouchet se distingue de Jacques Dupin ou d'Yves Bonnefoy par le nombre particulièrement restreint des artistes avec lesquels il a dialogué. Mûri au contact de Georges Duthuit, son rapport à l’art s’intensifie dans l’échange avec deux interlocuteurs majeurs, inlassablement interrogés: Alberto Giacometti et Pierre Tal Coat. Depuis leur rencontre en 1949 jusqu’à ses derniers jours, André du Bouchet n’aura cessé de vouloir reprendre en les précisant les réflexions suscitées par son rapport à la peinture de Tal Coat, qui est au cœur de plusieurs textes majeurs, dont son grand livre Peinture. Nous chercherons donc à montrer quelle manière nouvelle d’appréhender le lien entre espace et parole se dégage de la relation entre le poète et l’artiste, à la lumière notamment des avant-textes et carnets du fonds André du Bouchet à la bibliothèque Jacques Doucet.

Né en 1978, Thomas Augais est normalien et agrégé de Lettres Modernes. Il a soutenu à l’université Lumière – Lyon 2 en 2009 une thèse consacrée aux rapports entre réel et langage à partir du dialogue entre Alberto Giacometti et les écrivains: Trait pour trait – Alberto Giacometti et les écrivains par voltes et faces d’ateliers. Dans cette thèse, il s’intéresse particulièrement à André du Bouchet, auquel il a consacré par ailleurs plusieurs articles, travaillant notamment à partir des manuscrits. Il a écrit sur d’autres écrivains et peintres, comme Jean Genet ou Nicolas de Staël (catalogue de l’exposition de Martigny, 2010).

Michaël BISHOP: "Longer, sans attache": neuf remrques pour une ontologie dubouchettienne
A partir de cette référence au Carnet 2, 156, il s'agira d'en examiner la pertinence ontologique dans le contexte surtout, mais non exclusivement, des nombreux écrits de Du Bouchet sur les artistes et les poètes.

Professeur McCulloch émérite à l'Université Dalhousie, Halifax, Canada, Michaël Bishop est poète et traducteur, éditeur et auteur de nombreux ouvrages et essais sur la poésie et les arts plastiques modernes et contemporains en france: plus récemment des traductions d'Yves Bonnefoy, Gérard Titus-Carmel, Jean-Paul Michel (tous aux Edns VVV), Contemporary French Art 1 & 2 (deux volumes sur 22 artistes, chez Rodopi), La Genèse maintenant (William Blake & Co). En préparation: deux livres sur la poésie française contemporaine.

Didier CAHEN: Aimer du Bouchet
Le combat pour venir au monde, l’invention du langage,  une mise ou une re-mise au monde toujours en jeu dans cette prise de parole en somme, c’est cela, et plus, que dit  André du Bouchet dans cette phrase quasi aphoristique, si souvent commentée: "J’écris aussi loin que possible de moi".
On a souvent noté combien l’exigence de dire, l’expérience du dire dépasse alors toute improbable volonté de s’exprimer. Nous espérons montrer, toutefois, combien la phrase, l’écriture poétique qu’elle traduit ne rejette pas toute idée du sujet, comment, pourquoi l’"aussi loin que possible" introduit une distance en indiquant la direction d’une poésie qui, certes, se détache du moi, mais pour se rattacher à l’autre, comme il se doit ; le sens d’une poésie non subjective mais infiniment soucieuse d’une ouverture à son dehors.
Engagement poétique alors...

Didier Cahen est  né à Paris en 1950. Il est poète et essayiste. Sept livres de poésie (dont Un monde en prose, éd. Apogée, 2003) et sept livres d’essais. Dernier livre publié: Edmond Jabès, dans la collection "Poètes d’aujourd’hui" chez Seghers en avril 2007. Il publie régulièrement des essais en revue ou dans des ouvrages collectifs (Etudes, Cahiers de l’Herne, etc.) et des articles dans l’Encyclopaedia Universalis sur des écrivains et essayistes tels que Maurice Blanchot, Edmond Jabès, Jean-Luc Nancy et Jacques Derrida.

Pierre CHAPPUIS: Ecarts, liaisons, ajustements: d'André du Bouchet à Philippe Jaccottet
"Une montagne nous sépare...". Ainsi s'intitulait la contribution de Philippe Jaccottet dans le numéro de L'Ire des vents (n°6/8) en hommage à André du Bouchet, de quoi marquer autant un lien scellé par une longue amitié qu'une distance. Ecarts et ruptures d'un côté, ajustements bien tempérés de l'autre, les deux démarches, quoique opposées, pourraient bien, somme toute, "revenir au même", la poésie se définissant d'abord, ici comme là, par l'élan, la dynamique qu'elle crée.

Pierre CHAPPUIS (1930), réside à Neuchâtel (Suisse) où il a longtemps enseigné. Edité principalement à la Librairie José Corti depuis 1990 pour des recueils de poésie (dernier titre: Comme un léger sommeil), des notes et réflexions (dont La rumeur de toutes choses) ainsi que des lectures critiques: l'essai consacré à André du Bouchet (dans Deux essais, reprise d'une première édition en 1979) est à compléter par les trois lectures réunies dans les Tracés d'incertitude (2003).

Michel COLLOT: « La relation compacte appelée monde »
André du Bouchet a été confronté en 1940 à "une sorte d’éboulement" du monde et dit avoir commencé à écrire pour rétablir avec lui une relation perdue. Mais cette relation, ne pouvant plus désormais s’appuyer sur l’image d’un cosmos ordonné, suppose une immersion totale dans le mouvement d’un chaos à la fois destructeur et créateur. Elle n’engage plus seulement l’œil d’un spectateur placé en face du paysage et le contemplant à distance, mais une adhésion aveugle du corps tout entier à la "chair du monde". Cette "relation compacte, appelée monde", inspire notamment à André du Bouchet une poésie de l’élément à l’état brut, une écriture d’une densité elliptique et un regard attentif à la matérialité de l’œuvre d’art.

Alessandro DE FRANCESCO: "Retour à aussi muet que de la pierre"
Dans cette communication, je souhaiterais approfondir ma perspective théorique d'étude de la poésie dubouchettienne, en m'interrogeant d'abord sur le rapport que la poésie de du Bouchet entretient avec l'image et les arts de l'image. Dans Peinture (1983), du Bouchet a pu écrire: "faisant via la langue peinture, retour à aussi muet que de la pierre". La poésie de du Bouchet se sert de l'image afin de déconstruire les rapports structurels de la langue, au profit d'une tendance asymptotique vers le silence et l'éclatement du sens. J'essayerai d'approfondir, à partir de cette perspective, les figures, récurrentes chez notre auteur, de l'enfant et du muet, véritables réifications cognitives de sa méthode poétique, dont je tâcherai de montrer le régime que je qualifierai à la fois d'asémantique et de prégrammatical.

Alessandro De Francesco est né à Pise (Italie) en 1981 et vit à Paris. Il a publié les livres de poésie Lo spostamento degli oggetti (Cierre Grafica, Vérone, 2008), Redéfinition (Mix., Paris, 2010) et Ridefinizione (La Camera Verde, Rome, 2010). Il dirige un atelier de création littéraire à l'École normale supérieure et est doctorant à l'Université de Paris-Sorbonne, sous la direction de Georges Molinié. En 2008 il a été visiting poet auprès de l'European Graduate School (www.alessandrodefrancesco.net).

Daniel DOBBELS: Où remonte la peur?
Dans Une tache, André du Bouchet écrit: "(...) enterrer comme espacer... le support terreux qui ne se laissera pas conjuguer. producteur ici de l’espace desserrant le compact... debout comme à plat. debout, lorsque j’avance, comme aujourd’hui enterré...". Citation fautive puisque partielle, découpant un texte où l’espace, précisément, et les blancs, et les intervalles, n’interdisent pas, ne stupéfient le plus étrange des mouvements — qui n’est pas seulement celui de la langue, telle que du Bouchet en fait l’expérience singulière, pas seulement non plus celui du poème, tel qu’il s’impose à du Bouchet, impérativement, pas enfin celui d’un rythme scandé, cassé, relancé, segmenté puis repris comme hors de souffle, mais celui aussi d’un corps producteur de l’espace susceptible d’en endurer, supporter, inventer et découvrir les règles d’existence. Corps poétique (proche de celui que Giacometti n’a cessé de sentir venir et parfois naître sous ses doigts, et sur lequel il ne portait pas la main), corps réel, trouvant ses appuis et ses sauts, là où l’on ne peut que les pressentir et parler sur leur teneur, sans sûreté, sans corde de rappel. D’où et comment en "envisager" la nature à la fois elliptique et indéfectible? Telle serait la question posée dans cette intervention.

Bertrand DUBEDOUT: Fractions du silence
André du Bouchet a inspiré quelques compositeurs, notamment Bertrand Dubedout qui a écrit un cycle musical à partir des textes du poète. Les pièces qui constituent ce cycle sont de composition et d'instrumentation variées. Le rapport au texte poétique l'est également puisque tantôt il se devine à travers une musique purement instrumentale, tantôt il se fait entendre dans une musique vocale. Ce parcours musical permettra d'approcher quelques-uns des nombreux types de rencontres entre la poésie et la musique.

Bertrand Dubedout (né en 1958), compositeur, est également directeur artistique du collectif éOle, du Festival Novelum, et professeur au Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse. Un vaste cycle instrumental, vocal et électronique, intitulé Fractions du silence, est marqué par la lecture de l'œuvre d'André du Bouchet. Les partitions de ces œuvres sont publiées par Gérard Billaudot Éditeur. Plusieurs œuvres de ce cycle sont parues en CD, notamment:
Fractions du silence - Premier livre - CD 70 L'empreinte Digitale ED13070, 1994 ;
Fractions du silence - Deuxième livre - CD Territoires Polychromes 2 - MFA - Radio France MFA 216030, 1999 ;
Fractions du silence - Cinquième livre - CD L'air du large, MOTUS 298004, 1999 ;
Fractions du silence - Sixième livre -  CD Monodrame, CD Skarbo DSK 1063, 2005.


Franc DUCROS: Une parole en expansion infinie
Se dépouillant de toute trace de formes poétiques convenues, le travail des dernières années (à partir d'Axiales), cependant qu'il se retourne, en tension obstinée, vers ce qui n'avait pu être dit dans ce qui avait été dit, s'ouvre selon une tension égale vers ce qui jamais encore n'avait pu être atteint, pour se constituer en parole s'ouvrant sans cesse vers son propre au-delà — au-delà de toute possible parole.

Professeur émérite de l'Université Paul-Valéry Montpellier 3, Franc Ducrois est auteur de plusieurs livres de poésie, de traductions (de l'italien et de l'espagnol) et d'essais sur le poétique où l'oeuvre d'André du Bouchet est souvent abordée: Le poétique, le réel (Méridien - Klincksieck, 1987); Poésie figures traversées (Théétète, 1995): Lectures Poétiques (Lucie éditions, 2006).

Michel FAVRIAUD: À l’affût de la parole: poétique, ponctuation et syntaxe d'André du Bouchet
(Qui expérimente la ponctuation expérimente la pensée, la pensée en train de se faire, d’où surgit la parole, quel écran elle traverse, quelles stratégies le sujet poétique met en œuvre pour traquer, amadouer le gibier tapi en pleine lumière et qu’on ne voit pas, qu’on pressent juste comme l’au-delà plus réel de cette irréalité manifeste).
Il y a chez André du Bouchet une phénoménologie de la parole, physiologique et psychique, discursive surtout, presque un traité infini de linguistique du discours qui ne peut se résoudre que dans une poétique. Cette pratique semi-théorisée part du mot, pense la relation verbale, envisage trois stratégies syntaxiques fondamentales, expérimente la ponctuation dans ses deux volets principaux, la blanche et la noire, privilégiant la voix et l’intensité autant que la verticalité et la plasticité du discours poétique — le discours linéaire ayant été abandonné d’entrée. Pour cette étude nous nous appuierons sur trois types de livres d’ADB, un de poésie comme Laisses, un de "commentaire" poétique comme Pourquoi si calmes, un de "compte rendu" plastique comme Peinture ou Alberto Giacometti, sachant que ces étiquettes grossières font séparation là où se noue une expérimentation intellectuelle et poétique du discours très homogène.

Antoine GRAZIANI: La phrase perdue dans l’expérience
Nous ne pouvons nous situer que par conjonction avec une phrase qui serait à la fois la totalité et la fin des discours, leur destination et la conclusion apportée à ce qui les a mis en mouvement. L’ombre d’une telle phrase est dans la forme que le langage s’impose pour être poésie. Quand la parole pour répondre devrait être sans cesse et n’y parvient pas, la prosodie est ce qui dans le discours ne s’épuise pas. L’incomplétude de l’expression s’équilibre chez André du Bouchet,de la complétude silencieuse des rapports sensibles au monde. La sensation, son expérience, est déjà une forme poétique. Ainsi peut à son tour se découvrir l’expérience contenue dans les mots.

Antoine Graziani (1951) a publié (poésie) aux Éditions Clivages: Rubrica, Coïncidences, et chez d’autres éditeurs Java, Saint Jean Baptiste, Translations, Chanson du Captain Tobias Hume, ainsi que   dans le numéro de la revue L’Étrangère 16-17-18 consacré à André du Bouchet, Le semblable et Dédoublements.

Dominique KUNZ WESTERHOFF: André du Bouchet: l'interlettre entre le souffle et l'image
Comment se réalise, dans le langage poétique, un espace intermédiaire entre le signe et le non-signe susceptible de figurer les heurts de la perception? Le travail d'André du Bouchet matérialise le dispositif poétique en l'exposant comme une forme de rupture et comme une force de rupture. Il fait jouer les possibilités de discordance et de brisure du vers, les concrétise en un processus de juxtaposition, d'écartement, de désappariement du discours qui révèle la réalité illisible de la page. Par les décrochements de la linéarité, de l'ajustement des marges, le support interagit avec le texte en isolant des blancs du sens. De cet "interlettre" se constituent des images à la fois structurelles et sensibles où le comme devient l'instrument de l'incomparable, la commotion des dissemblances. Cette description de la poésie en tant que processus de démesure, je me propose de l'observer plus particulièrement dans son pivotement du voir et du dire. Quelle iconicité se crée de la matérialisation du signe, dans une poétique projective de l'élan vers les choses? Et quel rapport s'instaure entre cette visibilité du discours poétique et sa performance, sa lecture physique, sa scansion dans la spatialité du recueil et dans le temps? A partir d'enregistrements du poète lisant ses propres textes et d'une étude génétique, je ferai les hypothèses suivantes. C'est moins l'énoncé qui fait image ou qui se réfléchit dans les blancs de la page, que l'énonciation même décrivant son processus, de l'immobilité du silence au retour des échos, de la suspension à la traversée de l'instant. Lorsque l'image défait le temps, lorsque le temps déforme l'image, le langage poétique s'étend et se donne à voir comme un paradoxal espace de l'immédiat.

Professeure assistante de littérature française à l'Université de Lausanne, Dominique Kunz Westerhoff enseigne également la littérature au Collège des Humanités de l'Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Sa thèse de doctorat est consacrée à la poésie contemporaine: Le sacre de l'image. Grandeur et dissidences du surréalisme précédée d'une Brève histoire de l'image dans la culture rhétorique et La crise de l'image. Poétiques de la guerre et de l'après-guerre (à paraître chez Droz). Ses articles portent sur le rapport texte/image dans la rhétorique classique et dans la littérature des XIXe-XXe siècles, sur le surréalisme et sur la poésie contemporaine.

Clément LAYET: Avant l'apparition
Dans l’ensemble des essais qu’il consacre à la poésie au cours des années 1950, qu’il s’agisse des articles qu’il publie en revue ou des recherches qu’il poursuit dans le cadre du C.N.R.S., André du Bouchet cherche à produire une notion nouvelle de l’image poétique. Contrairement à la façon dont celle-ci était traditionnellement entendue, c’est-à-dire comme tableau peint intérieurement par l’esprit, du Bouchet montre que la vie de l’image poétique, pour la poésie contemporaine, mais déjà dans les grandes œuvres du passé, doit dépendre au contraire de son pouvoir évanescent. Pour être appropriée, incorporée par le lecteur, l’image doit moins chercher à être immédiatement reconnaissable et fixée dans l’esprit, qu’elle ne doit épouser le régime d’apparition et de disparition qui est celui de la perception elle-même. Sautant aux yeux par son étrangeté, résistant à l’analyse par son infinité de significations, l’image authentiquement poétique est aussi vouée à devenir évidente pour celui qui la reçoit, et comme destinée à être adoptée par la langue commune.

Clément Layet est agrégé et doctorant de philosophie. Il a publié: André du Bouchet, collection "Poètes d’aujourd’hui", Seghers, Paris, 2002 ; Des nerfs (touchés), Revue L’Étrangère, n°16-18, Bruxelles, 2007 ; Hölderlin, Poèmes, William Blake & Co, Bordeaux, 2011 (à paraître). Il a réuni et présenté: André du Bouchet, Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie, 1949-1959, Le Bruit du temps, Paris, 2011 (à paraître) ; André du Bouchet, Une lampe dans la lumière aride. Carnets, 1949-1955, Le Bruit du temps, Paris, 2011 (à paraître).

Danièle LECLAIR: André du Bouchet et René Char
Dans le champ des études poétiques, André du Bouchet et René Char n’ont jamais été réunis. Au contraire. Et pourtant André du Bouchet a été un des premiers, en 1949, à publier une étude critique détaillée sur Fureur et mystère. De son côté, René Char, dans les années 50, fait l’éloge de l’œuvre de son cadet et contribue à la publication de plusieurs de ses textes. Qu’est-ce qui suscite alors leur approbation mutuelle? En quoi les deux poètes se rapprochent-ils, puis divergent-ils ensuite? S’interroger sur leur relation à l’espace (celui du monde comme celui du poème) et au temps (celui de l’Histoire et celui de l’écriture) permettra d’apporter de premières réponses à ces questions.

Danièle Leclair est maître de conférences à l’université Paris Descartes et membre du laboratoire "Écritures de la modernité" (EA 4400) de l’université Paris-Sorbonne nouvelle. Elle travaille sur la poésie du XXe et notamment sur l'oeuvre de Char, s'attachant à la genèse de l'œuvre et aux échanges entre le poète et le monde. Elle co-dirige (avec Patrick Née) une série d’études sur Char chez Minard, ainsi que le dictionnaire littéraire René Char (éditions Garnier). Elle a publié notamment: Lecture du Parti pris des choses de Francis Ponge (Dunod, 1995), René Char - Là où brûle la poésie (biographie de Char avec une étude de ses échanges intellectuels et de ses recueils), (Aden, 2007), René Char, regards sur le monde de l’art (dir.), (Minard, 2009).

Jean-Pascal LÉGER: L’espace du Surcroît
En regard du titre du livre AIR 1950-1953, André du Bouchet a placé un portrait gravé à l’eau-forte par Alberto Giacometti. En accompagnement du poème du Surcroît, il a confié à Albert Ràfols-Casamada de réaliser des eaux-fortes. Comme éditeur de ces deux livres, le premier de petit format, en 1977, le second de format plus ample, en 1989, il m’est tôt apparu qu’"air", pour André du Bouchet, signifiait presque "poème". La fabrication d’un livre avec lui ne serait pas qu’une transcription rigoureuse de ses poèmes dans un corps typographique. Il fallait penser l’espace du poème dans l’espace du livre, c’est-à-dire dans le va-et-vient de son entier déroulement: sa mémoire et sa fraîcheur, voire ses "coups de vent"... Comment habiter le livre par le poème, faire marcher ce corps comme nous y pensions en marchant? Le livre qui nous occupe passionnément est un espace construit, un cadre fabriqué comme une fenêtre, les gravures de Giacometti nous le rappellent. Mais quand l’espace est "habité", le poème se déploie de la verticale à l’horizontale, l’étendue s’ouvre et se donne: ainsi les gravures de Ràfols-Casamada. Avec lui aussi, d’abord, la géométrie des fenêtres. Mais l’oubli. L’espace, l’air, le vent... Alors une trace aiguë,  une ligne "ré-incrustée", se donne aussi simplement qu’"un pas" devient "la route". Phrase ou gravure, un "surcroît", alors, est une réponse inattendue de la poésie au poème.

Serge LINARES: Reverdy et André du Bouchet: deux poètes en regard
La proximité de Du Bouchet avec Reverdy mérite d’être interrogée. On ne saurait en contester la réalité: dès après leur rencontre en 1949, les deux poètes échangèrent une correspondance amicale; Du Bouchet publia à plusieurs reprises des textes de critique et d’hommage consacrés à son aîné, et finit par en réunir certains dans Matière de l’interlocuteur en 1992. Cependant, cette convergence de leurs poétiques respectives ne fut pas absolue. Ainsi, le dispositif typographique de Reverdy, inventé dans les années 1910, mais délaissé dès les années 1930, intrigua a posteriori Du Bouchet avant de l’inspirer pour sa propre œuvre. La relation iconotextuelle au monde, si elle manquait d’évidence pour tous deux, n’apparaissait pas aussi conflictuelle à Du Bouchet qu’à Reverdy. Ces premières nuances justifient de sonder plus avant les raisons, les enjeux et les limites de l’influence de Reverdy sur Du Bouchet.

Victor MARTINEZ: Aristote enfant (la philosophie sans savoir)
Des citations de philosophes grecs, présocratiques ou post-socratiques, affleurent dans le texte dubouchettien, Anaximandre, Parménide ou Aristote. Platon semble absent (cela demande confirmation). Nous écartons le traitement d’auteurs spécifiquement poétiques, Homère ou Pindare. Notre proposition de contribution s’articule en trois points:
- quel est l’état des lieux philologique de ces citations dans l’actualité des études dubouchettiennes?
- quelles comparaisons peut-on faire avec l’emploi, manifeste ou inapparent, des références philosophiques antiques chez d’autres poètes d’après 1945, Char, Saint-John Perse ou Celan?
- faut-il tirer des conclusions, et lesquelles, sur le statut et l’emploi de la référence philosophique (et de la référence en général?), dans la langue spécifique de du Bouchet?

Victor Martinez a produit en 2008 une thèse sur André du Bouchet et coordonné en 2011 un numéro d’Europe sur le même auteur. Il travaille sur la littérature contemporaine et la traduction.

Gisèle PIERRA & Gilles SIOUFFI : Récital poésie/musique composé de poèmes d'André du Bouchet: "Chemin faisant"
Lors de l'hommage à André du Bouchet qui lui sera rendu à l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition, Gisèle Pierra et Gilles Siouffi présenteront un concert-lecture intitulé "Chemin faisant". Articulant un dialogue entre mise en voix parlée de poèmes et improvisations musicales au piano, cette performance, d'une durée de 40 minutes environ, explorera le rapport d'André du Bouchet à la marche ainsi que la dynamique de la création poétique.

Gisèle Pierra est maître de conférences en Sciences du langage à l'université Paul-Valéry Montpellier 3, où elle travaille sur la pratique artistique de la parole suscitant un accès aux langues. Elle conduit également un travail d'écriture et de récitante poétique: Un CD est édité en 1999: Poèmes a cappella (chez l'auteur). Depuis 2001, elle développe un dialogue poésie / improvisations au piano avec Gilles Siouffi: édition d'un CD en 2005: Illuminations d'Arthur Rimbaud (chez: Lesindependants.com).

Gilles Siouffi est professeur en sciences du langage à l'université Paul-Valéry Montpellier 3. Il mène avec Gisèle Pierra une activité de concerts-lectures autour de textes poétiques (Rimbaud, Mallarmé, H. Michaux, Du Bouchet, B. Vargaftig, F. Loi...). Il a enregistré avec Gisèle Pierra un CD "Rimbaud, Illuminations", disponible sur le site Lesindependants.com.

François RANNOU: André du Bouchet et la "pénultième" (Du Bouchet "lecteur" de Mallarmé)
J’essaierai de comprendre certains enjeux de l’œuvre d’André du Bouchet à la lumière du Démon de l’analogie de Mallarmé. Il me semble qu’il y aurait à y regarder de plus près. Tombant, comme dans Et la nuit et poussière sculptée, du sommeil, obsédante mais disparaissant aussitôt qu’on veut la saisir, elle est bien l’imprévu qui engendre une méditation métapoétique — un saisissement se produit grâce à ce qui, au départ, est un contretemps perturbant l’ordre diurne: une parole du sommeil vient persister dans celle du jour — le froid, inattendu, prend au corps, sur la route, aux moments "charnière" du soir et du matin... Derrière cette "pénultième", c’est tout un pan du travail poétique chez Du Bouchet qui se découvre.

François Rannou a coordonné l’édition des deux épais volumes de la revue L’Étrangère sur André du Bouchet en 2007 (aux éditions la Lettre volée) ainsi que le numéro de la revue Europe consacré à la "Littérature de Bretagne", en 2005. Il a participé au numéro d’Europe sur André du Bouchet, dirigé par Victor Martinez. Son travail poétique est publié principalement à La Lettre volée (l’intervalle, le monde tandis que) et aux éditions du Cormier (là-contre). Son dernier livre, Contretemps paradist, est paru en 2009. Deux essais sur Du Bouchet sont repris dans l’inadvertance (livre électronique aux éditions publie.net).

Elke de RIJCKE: L'expérience poétique et les enjeux de la modernité
L'objectif de cette communication sera de retracer un aperçu du rapport d'André du Bouchet à la modernité poétique du 19e et du 20e siècle, et de montrer comment la notion d'"expérience poétique" dans son œuvre se construit à travers un dialogue ciblé avec Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Reverdy, Char, Ponge et Celan. Il m'importera donc de souligner le rôle actif des interlocuteurs poétiques dans la construction de l'expérience poétique chez d'André du Bouchet et d'en expliciter les différents mécanismes.

Elke de Rijcke est née en 1965 et vit à Bruxelles. Elle enseigne la littérature, l'art contemporain et la philosophie esthétique à l'Ecole de Recherche Graphique et à L'Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc de Bruxelles. Elle a publié plusieurs essais sur les arts et la littérature. Son essai sur André du Bouchet (L'expérience poétique dans l'oeuvre d'André du Bouchet) sera publié aux Ed. La Lettre volée au printemps 2011. Elle a publié par ailleurs des essais de création sur la poésie, ainsi que deux livres de poésie (troubles. 120 précisions. Expériences, Tarabuste Ed., 2005, et gouttes! lacets, pieds presque proliférants sous soleil de poche, Le Cormier, 2006).

Jean-Claude SCHNEIDER: Une parole de tumulte
Il s'agit d'évoquer une lecture personnelle du livre tumulte et de comprendre pourquoi j'ai dû plusieurs fois l'interrompre. Cette interrogation permet de dégager les raisons pour lesquelles ce recueil occupe une place singulière dans l'œuvre d'André du Bouchet.

Traducteur d'allemand (Hofmannsthal dans L'Ephémère) et de russe (Mandelstam). Secrétaire de rédaction de la revue Argile, qui a publié Du Bouchet. Deux contributions au numéro spécial de L'Etrangère. Une quinzaine de titres: poésie, essais (sur la peinture, sur Celan).

Sandra K. SIMMONS:
Le geste de l'espace
En toute évidence, le geste qu’André du Bouchet a inscrit dans ses cahiers modifie d’un même mouvement et le langage de sa poésie et le lieu de son déploiement. A partir du geste, un mélange particulier des leçons de la physique, avec laquelle la nature s’équilibre, et les tâtonnements de l’homme, face à un déséquilibre vital, caractérise sa poésie d’un mouvement aérien et saccadé. Ses écrits tracent avec précision ce geste fragile mais palpable. Le rapport entre trois états d’être (le papier – offert en tant qu’adresse et donc témoignage, le langage – réceptacle de la mémoire, et le corps – l’origine des sensations), se lit dans le tissage imbriqué du geste et de la lecture, faisant des lieux composés de ses écritures un terrain de rencontre(s) car lire sa page est vivre son paysage.

Sandra K. Simmons, d’origine texane et où elle habite actuellement, rédige une thèse sur André du Bouchet à l’Université de Wisconsin-Madison. Elle se penche sur la problématique du mouvement impliqué dans le geste inscrit. Pour ce travail, elle a eu le grand bénéfice, grâce à Anne de Stael, d’examiner les cahiers manuscrits de du Bouchet. Par ailleurs, elle a publié une tentative de poésie dans Formules (2001) et assiste depuis une décennie aux séminaires de Textique animés à Cerisy par Jean Ricardou.

Pierre-Yves SOUCY: Appropriation et dépassement: quelques réflexions sur l'œuvre d'André du Bouchet
L’œuvre poétique d’André du Bouchet, on le sait, est profondément marquée par son rapport à la peinture. Ce que signale ce titre touche à cette présence des œuvres qui se découvre au moment même du passage de son auteur d’une langue à une autre, et tout autant d’un sol à un autre, d’un lieu ou d’un territoire à un autre, ce que le mouvement de sa création et de son expression poétique évoque comme réalité vécue, dans sa dimension réceptive, ce qui se trouve repris par et dans la langue qu’il redécouvre. L’importance qu’il accorde à la peinture n’est pas étrangère, loin de là, à ces bouleversements, elle est même intimement liée puisque celle-ci est aussi une manière de sol à partir duquel elle s’impose comme réalité qui est à la fois urgent de s’approprier et de dépasser afin de renouveler le regard sur le monde, à tout le moins, de forcer une plus grande justesse dans la saisie de celui-ci.

BIBLIOGRAPHIE :

Livres d’André du Bouchet

Air 1950-1953 suivi de Défets, Clivages, 1977, 1981, Fata Morgana, 1986.
Dans la chaleur vacante, Mercure de France, 1961.
Où le soleil, Mercure de France, 1968.
Qui n’est pas tourné vers nous, Mercure de France, 1972.
Laisses, Hachette, 1979, Fata Morgana, 1984.
L’incohérence, Hachette, 1979, Fata Morgana, 1984.
Rapides, Hachette, 1980, Fata Morgana, 1984.
Peinture, Fata Morgana, 1984.
Aujourd’hui c’est, Fata Morgana, 1984.
Ici en deux, Mercure de France, 1986.
Une tache, Fata Morgana, 1988.
... Désaccordée comme par de la neige, Mercure de France, 1989.
Carnets (1952-1956), Plon, 1990.
De plusieurs déchirements, Editions Unes, 1990.
Alberto Giacometti - Dessin, Maeght éd., 1991.
Cendre tirant sur le bleu et Envol, Clivages, 1986 et 1991.
Axaiales, Mercure de France, 1992.
Matière de l’interlocuteur, Fata Morgana, 1992.
Carnet, Fata Morgana, 1994.
Retours sur le vent, Fourbis, 1995.
Poèmes et proses, Mercure de France, 1995.
Pourquoi si calmes, Fata Morgana, 1996.
D’un trait qui figure et défigure, Fata Morgana, 1997.
Carnet 2, Fata Morgana, 1998.
L’emportement du muet, Mercure de France, 2000.
Annotations sur l’espace, Carnet 3, Fata Morgana, 2000.
Tumulte, Fata Morgana, 2001.
L’œil égaré dans les plis de l’obéissance au vent, Seghers, 2001.
A paraître en 2011:
Sur un rouge de Nicolas de Staël, Clivages.
Une lampe dans la lumière aride. Carnets, 1949-1955, Le Bruit du temps.
Aveuglante ou banale. Essais sur la poésie, 1949-1959, Le Bruit du temps.


Dans la collection nrf Poésie / Gallimard

Dans la chaleur vacante, suivi de Où le soleil, 1991.
L'Ajour, 1998.
A paraître au printemps 2011: Ici en deux

Traductions par André du Bouchet

La Tempête de Shakespeare, Mercure de France, 1963.
Poèmes de Hölderlin, Mercure de France, 1986.
Poèmes de Paul Celan, Mercure de France, 1986.
Voyage en Arménie d’Ossip Mandelstam, Mercure de France, 1984.
Henry VIII de William Shakespeare, Le Bruit du temps, 2011.


Livres consacrés à André du Bouchet

Pierre Chappuis, André du Bouchet, Seghers, 1979, repris dans Deux essais: Leiris, Du Bouchet, José Corti, 2003.
Jacques  Depreux, André du Bouchet ou la parole traversée, Champ Vallon, 1988.
Jean-Michel Reynard, L’interdit de langue, Fourbis, 1994.
Clément Layet, André du Bouchet, présentation et anthologie, Seghers, 2002.
Antoine Emaz, André du Bouchet, Jean-Michel Place, 2003.
Michaël Bishop, Altérités d'André du Bouchet: de Hugo, Shakespeare et Poussin à Celan, Mandelstam et Giacometti. Amsterdam/New York: Edtions Rodopi, 2003.

A paraître: Elke de Rijcke, L’expérience poétique dans l’œuvre d’André du Bouchet, La Lettre volée.

Ouvrages collectifs consacrés à André du Bouchet

Bulletin du Bibliophile III-IV, 1977.
Espaces pour André du Bouchet, L’ire des vents, 6-8, 1983.
Autour d’André du Bouchet, Presses de l’Ecole normale supérieure, 1986.
La rivière échappée, 8-9, 1998.
Compar(a)ison II, 1999.
André du Bouchet, Espace du poème, espace de la peinture, Hôtel des Arts, Toulon, 2002.
André du Bouchet et ses Autres, Écritures contemporaines 6, Minard, 2003.
Saluer André du Bouchet, William Blake & Co, 2004.
L’Étrangère, 14-15/16-17-18, La Lettre volée, 2007.
A paraître: un numéro spécial de la revue Europe et un cahier de la revue Po&sie.


Avec le soutien de l’Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3
et de l’équipe « Recherche sur la poésie contemporaine »
(EA 4400 « Écritures de la modernité » conventionnée CNRS)




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