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" Page mise à jour le 11 octobre 2009 "



DU MERCREDI 7 OCTOBRE (19 H) AU DIMANCHE 11 OCTOBRE (10 H) 2009



LA CATHÉDRALE DE COUTANCES, ART ET HISTOIRE


DIRECTION : Pierre BOUET, Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET, Françoise LATY

ARGUMENT :

La cathédrale de Coutances, qui se dresse fièrement au cœur de la cité, est un des monuments religieux les plus prestigieux de Normandie. Elle fut édifiée au début du XIIIème siècle, à l’époque où l’on reconstruisait le chœur de l’abbatiale de Saint-Étienne de Caen et la Merveille du Mont Saint-Michel, dans une Normandie que venaient de reconquérir les Français. Ce chef d’œuvre de l’art gothique respecte pourtant certaines traditions architecturales qui ont façonné les édifices majestueux de l’art roman normand.

Le colloque se propose d’évoquer l’histoire de cette cathédrale gothique, qui épouse encore les formes du monument roman, tel que l’a élevé Geoffroi de Montbray au milieu du XIème siècle. Haut lieu de la foi chrétienne, la cathédrale est encore aujourd’hui le témoin de toutes les formes de dévotions qui y sont apparues au cours des siècles: le décor, le mobilier, les vitraux, la statuaire en sont donc les marques les plus évidentes. Mais loin de réduire la cathédrale aux seuls aspects architecturaux et d’histoire de l’art, l'on s’efforcera d’aborder aussi la dimension humaine et institutionnelle qui sous-tend la vie d’un pareil monument.

Le jugement que nous pouvons exprimer aujourd’hui sur cette cathédrale et l’admiration qu’elle suscite ne peuvent que s’enrichir d’un regard nouveau porté sur tous les aspects où se manifeste la profonde originalité de cette éclatante réussite architecturale.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 7 octobre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 8 octobre
Matin:
Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET: Introduction
Eric VAN TORHOUDT: Cathédrale et évêques de Coutances: de l'exil rouennais à la restauration du diocèse (Xe-XIe siècles)
Cédric DEVOS: Les miracles de Notre-Dame et les pèlerinages de Coutances

Après-midi:
François NEVEUX: Hugues de Morville et l'épiscopat normand au XIIème - XIIIème siècles
Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET: Chanoines et clergé de la cathédrale
Julie DESLONDES: Le service de la cathédrale de Coutances au Moyen Age: les enseignements du cartulaire B du chapitre
Père Daniel DORÉ: Liturgie et spiritualité mariale à la cathédrale de Coutances au milieu du XVIIème siècle

Soirée:
Table Ronde : "La cathédrale de Coutances aujourd’hui", animée par Françoise LATY (pays d'art et d'histoire de Coutances), avec Monseigneur Stanislas LALANNE (évêque de Coutances et Avranches), Yves LAMY (maire de Coutances), Jean-Michel GERMAINE (chef du service départemental de l'architecture, conservateur de la cathédrale) et Dominique HUSSON (présidente de l'association des amis de la cathédrale)


Vendredi 9 octobre
Journée à Coutances
Matin:
Père Daniel JAMELOT: Le palais épiscopal de Coutances
Marie CASSET: Le quartier canonial de Coutances au Moyen Age
Caroline GIRARD: Le choeur de la cathédrale de Coutances: le mobilier avant la Révolution française

Réception et buffet à l'hôtel de ville

Après-midi:
Séances puis visite de la cathédrale
Vincent JUHEL: Les peintures murales de la cathédrale de Coutances (XIVème et XVème siècles)
Karine BOULANGER: Les vitraux de la cathédrale de Coutances
Eric BARRÉ & Armelle ALDUC-LE BAGOUSSE: Les reliques de la cathédrale de Coutances
Jean-François DÉTRÉE: Organistes et maîtrises de la cathédrale (1600-1900), avec la collaboration de François NEVEUX (interprétation sur les grandes orgues de la cathédrale)


Samedi 10 octobre
Matin:
Lindy GRANT: La cathédrale romane et gothique (XIème et XIVème siècle)
Raphaël GASTEBOIS: Economie du projet. Un projet économe
Maxime L’HÉRITIER: L'emploi du fer dans la construction gothique en Normandie et à la cathédrale de Coutances

Après-midi:
François SAINT-JAMES: Les représentations littéraires et artistiques de la cathédrale à travers trois siècles
Michel GUIBERT: La cathédrale pendant le Révolution et la Période concordataire (1789-1905)
Christophe BATARD: Le rôle de l'Etat et les restaurations depuis 1905

Pierre BOUET: Conclusions


Dimanche 11 octobre
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Eric BARRÉ & Armelle ALDUC-LE BAGOUSSE: Les reliques de la cathédrale de Coutances
Le culte des reliques constituent, pour une partie de nos contemporains, l'objet d'un étonnement parfois teinté d'amusement si ce n'est de moqueries. Les restes des saints de la cathédrale de Coutances dûment enfermés et catalogués, en 1915, s'offrent à nos regards dans une chapelle aménagée à cet effet par monseigneur Guérard. En ce domaine, elles restent un auxiliaire non négligeable de la foi tout en constituant une énigme qui nous renvoie aux débuts de l'église tant universelle que diocésaine. A ce titre, une remontée dans le temps s'impose pour en déterminer non seulement la nature mais aussi leur parcours historique qui en a laissé bien d'autres sur le bord du chemin.

Karine BOULANGER: Les vitraux de la cathédrale de Coutances
La cathédrale de Coutances possède l’un des plus beaux ensembles de vitraux anciens de Normandie. Si les verrières des triplets du transept, datées des années 1230-1240 et du milieu du XVème siècle, ont fait l’objet d’études, beaucoup restent encore méconnues. Les verrières du XIIIème siècle, conservées dans le chœur, ont pour la plupart été créées aux alentours de 1225-1235, mais ont subi des remaniements importants. L’examen des œuvres suggère que des ateliers locaux ont certainement côtoyé un atelier angevin auquel on peut attribuer trois verrières incomplètes du côté nord du chœur. L’édifice présente la particularité d’abriter aussi un ensemble de verrières du XIXème siècle, placées dans la chapelle Notre-Dame de la Circata, et surtout plusieurs œuvres contemporaines parmi lesquelles on peut citer les vitraux de Jean-Henri Couturat, Sylvie Gaudin et Gilles Rousvoal.

Marie CASSET: Le quartier canonial de Coutances au Moyen Age
Les quartiers canoniaux ont fait l’objet, dans les années 1990, de travaux de recherche qui ont permis d’en suivre les contextes d’émergence et d’évolution topographique dans une grande intimité avec la cathédrale. Les cathédrales normandes, et en particulier celle de Coutances, sont restées à l’écart du mouvement et ce colloque est l’occasion de faire le point documentaire des sources tant médiévales que modernes. Il faudra s’interroger sur la formulation médiévale du site canonial (clausum et claustrum), sur sa localisation au nord de la cathédrale et son rapport avec les bâtiments du palais épiscopal voisin, sur les structures bâties (maisons, jardins, cours et annexes) à partir des délibérations du chapître aux XVème-XVIème siècles. Des comparaisons utiles devront être menées avec des sites mieux documentés (Rouen, Beauvais, Langres) et l’on se demandera dans quelles mesures les obligations imposées aux chanoines depuis au moins les IXème et Xème siècles sont observées.

Julie DESLONDES: Le service de la cathédrale de Coutances au Moyen Age: les enseignements du cartulaire B du chapitre
Le cartulaire B du chapitre permet d’éclairer certains aspects de l’organisation qui prévalait au sein du personnel capitulaire pour le service de la cathédrale. Sont ainsi abordés les conditions d’entretien de la cathédrale, le service quotidien comme le service particulier aux intentions des fondateurs de chapelle, l’organisation du chœur. Les problèmes de discipline, qu’il s’agisse d’absentéisme ou de mauvaise conduite, sont évoqués. Enfin, le service divin pouvait être perturbé ou même interrompu à cause des conflits entre l’évêque et le chapitre. Le cartulaire garde la trace de ces difficultés, ainsi que des arbitrages qui ont suivi et qui ont permis de mieux définir les rôles et les attributions de chacun.

Référence Bibliographique :

Julie Fontanel-Deslondes, Le Cartulaire du chapitre cathédral de Coutances, Saint-Lô, 2003.


Jean-François DÉTRÉE: Organistes et maîtrises de la cathédrale (1600-1900)
Depuis une vingtaine d'années, des éditions, concerts et enregistrements ont permis une meilleure connaissance des répertoires de la musique religieuse française des XVIIème et XVIIIème siècles. Cette approche des textes musicaux a été heureusement complétée par l'étude des conditions d'exécution de ces musiques, en particulier dans le cadre des maîtrises et ensembles vocaux. La connaissance de l'origine et de la formation des musiciens, de leurs effectifs et des conditions rituelles de leurs pratiques ont fait ainsi l'objet d'études monographiques renouvelées, consacrées le plus souvent aux ensembles de province. La présentation de l'histoire de la musique religieuse à la cathédrale de Coutances prendra place dans cet ensemble. Cependant, le cadre chronologique retenu débordera les limites de l'ère baroque pour proposer une synthèse allant du XVIIème au début du XXème siècle. Cette mise en perspective relativement large permettra de montrer les permanences et points de rupture dont la musique d'église s'est trouvée, à la cathédrale de Coutances, le reflet ou l'acteur.

Références Bibliographiques :

Dornpier, Bernard (sous la direction de), Maîtrises et chapelles aux XVIIe et XVIIIe siècles, Clermont-Ferrand, PU Blaise Pascal, 2003.
Duron, Jean (sous la direction de), Plain-chant et liturgie en France au XVIIe siècle, Paris, CMBV, Klincksieck, fondation Royaumont, 1997.


Raphaël GASTEBOIS: Economie du projet. Un projet économe
Grande cathédrale de petites dimensions, la cathédrale de Coutances représente l'aboutissement d'un projet architectural grandiose qui économise la matière et démultiplie l'espace. L'économie du projet y est poussée à son paroxysme, en usant de tous les moyens techniques et décoratifs pour utiliser les justes matériaux sans gaspillage. L'analyse des artifices trouvés par les bâtisseurs pour pallier la modestie des moyens mis à leur disposition nous démontre que l'architecture est un art de la mesure, quand bien même il se met au service de la démesure. La culture du parement, de l'enduit, du trompe l'oeil sont ici parfaitement maîtrisés et participent de l'homogénéité d'un édifice en réalité composite. En réutilisant largement la structure de la cathédrale romane, le projet de nouvelle cathédrale s'annonçait complexe pour figurer en bonne place dans la course à l'innovation et à la hauteur qui caractérise le début du XIIIème siècle. L'édifice s'avère en réalité ambitieux dans ses formes et les techniques employées et incarne à merveille la déclinaison normande du "style français".

Caroline GIRARD: Le chœur de la cathédrale de Coutances: le mobilier avant la Révolution française
Hormis l'exceptionnel maître-autel réalisé par Antoine et Raphaël Duparc entre 1750 et 1757, l'aménagement du chœur de la cathédrale, tel qu'il pouvait être entre la fin du XVIème siècle et la Révolution, est difficile à appréhender aujourd'hui. Cette communication a donc pour objectif de présenter les pièces mobilières et liturgiques, les éléments de clôture qui décoraient le choeur fermé de l'édifice, autour de l'autel majeur. Nous évoquerons donc tout à la fois les pièces disparues ainsi que les éléments subsistants, et reviendrons plus amplement sur l'oeuvre sculptée des Duparc.

Michel GUIBERT: La cathédrale pendant le Révolution et la période concordataire (1789-1905)
Les douze années de la Révolution (1789-1801) ont constitué la période de tous les dangers pour la cathédrale. La modification fondamentale des règles administratives, la politique progressivement de plus en plus antireligieuse allant jusqu'à l'interdiction du culte en 1794, les réquisitions diverses et l'utilisation profane du bâtiment ont été autant de menaces épouvantables pour sa survie. Mais, en même temps, dès que les premières menaces apparaissent, des défenseurs du monument se manifestent et l'on voit naître, dans les textes conservés, ce qui sera plus tard appelé la notion du patrimoine.
Pendant les cent quatre années de la période concordataire (1801-1905), la création de la Commission des Monuments historiques en 1837 a marqué une indiscutable césure. Avant cette date, la cathédrale est l'église de l'évêque, c'est-à-dire un édifice cultuel. Après cette date, elle est avant tout un chef-d'œuvre de l'architecture. Progressivement, le rôle de l'architecte chargé de l'entretien l'emporte sur celui de l'évêque, au point qu'en 1891, Monseigneur Germain proteste vivement auprès du préfet: "La cathédrale est traitée absolument en pays conquis: évêque, chapitre et fabrique ne comptent plus". Sauf pour le personnel ecclésiastique, la Séparation des Eglises et de l'Etat est déjà une réalité quand la loi de 1905 l'officialise.

Vincent JUHEL: Les peintures murales de la cathédrale de Coutances (XIVème et XVème siècles)
En dépit de leur qualité, les peintures murales médiévales de la cathédrale de Coutances  restent injustement méconnues. Elles ne constituent certes pas un ensemble homogène mais par la diversité de leur emplacement, de leur iconographie, de leur datation et de leur fonction, elles témoignent de la place de la peinture murale gothique en Normandie, dans un édifice majeur, contrairement à la tradition historiographique selon laquelle la peinture murale s’était effacée devant le vitrail à l’époque gothique avec le percement des murs pour y installer de larges verrières. Étroitement liée à l’architecture de la cathédrale, la peinture murale médiévale accompagne et valorise le monument et ce constat correspond à la pratique générale en Normandie tout au long du Moyen Âge.

Maxime L’HÉRITIER: L'emploi du fer dans la construction gothique en Normandie et à la cathédrale de Coutances
Depuis une dizaine d’années, les recherches sur le terrain et dans les archives médiévales ont montré que le fer était un matériau de construction à part entière des grandes églises de la période gothique. Le maître d’œuvre faisait appel au savoir-faire des forgerons et serruriers pour la forge des armatures des vitraux, pour la conception d’ingénieux chaînages ainsi que pour la fabrication d’une multitude de petites pièces de fer, agrafes et goujons, assurant la stabilité des pinacles, colonnettes et autres ornements. En tout, plusieurs dizaines de tonnes de fer étaient employées pour la construction des plus grands édifices. Eglises et cathédrales normandes ne font pas exception à ce tableau. Les tours-lanternes, caractéristiques des édifices gothiques de Normandie, sont en particulier fréquemment armées de chaînages leur assurant stabilité. Cette communication propose un bilan des différentes utilisations du fer dans les principaux édifices de la région, en particulier à la cathédrale de Coutances.

François SAINT-JAMES: Les représentations littéraires et artistiques de la cathédrale à travers trois siècles
Après le Mont Saint-Michel, dont l'iconographie est d'une richesse exceptionnelle, la cathédrale de Coutances est sans doute le monument de la Manche le plus célébré et dessiné par les écrivains, érudits et artistes visitant les monuments de notre région. L'Iconographie de la cathédrale a fait l'objet de plusieurs expositions au Musée municipal et de deux articles dans la revue Art de Basse-Normandie en 1957 (n°8) sous la plume d'Andrée Rostan et en 1987 (n°95) par la conservatrice du Musée, Mme Françoise Fauconnet-Buzelin. Mais il m'a semblé intéressant de mettre en rapport les représentations littéraires et artistiques de ce monument à travers trois siècles.

Eric VAN TORHOUDT: Cathédrale et évêques de Coutances: de l'exil rouennais à la restauration du diocèse (Xe-XIe siècles)
L’intitulé de la communication met l’accent sur la période de vacance apparente du pouvoir diocésain entre la désertion des évêques et des chanoines dans la seconde moitié du IXème siècle (856-912), jusqu’à leur "retour" durant la première moitié du siècle suivant. Cette perspective en trois temps (exil, vacance, restauration) s’inscrit dans le débat classique au sein de l’historiographie normande entre rupture et continuité. Une approche spatiale de l’exercice de l’autorité épiscopale et des relations entre les chanoines et les évêques permet de discuter cette manière d’interpréter les informations à notre disposition. En effet, l’évolution de l’autorité épiscopale doit s’apprécier dans le cadre plus général de l’administration de la province de Rouen, durant les troubles consécutifs aux invasions, mais aussi sur la plus longue durée. Une réflexion sur la tradition écrite apporte les premiers éléments de réponse. La multiplicité des sièges diocésains, à Coutances, à Saint-Lô et à Rouen, constitue l’héritage topographique de cette histoire complexe. Pour finir, je m’interrogerai sur la pertinence des notions d’exil et de restauration appliquées à l’histoire du diocèse de Coutances durant cette période.

Références Bibliographiques :

VAN TORHOUDT (E.), "1022 : Les Normands inventent l’hérésie d’Orléans !", Annales de Normandie, 55ème année, n° 4, octobre 2005, p. 341-365.
VAN TORHOUDT (E.), "Henri Beauclerc comte du Cotentin reconsidéré (1088-1101)", dans Tinchebray 1106-2006, V. Gazeau et J. Green (dir.), Flers, Le Pays Bas-Normand, à paraître en mars 2009 (Actes du colloque de Tinchebray, 28-30 septembre 2006), 25 p.
VAN TORHOUDT (E.), "Droit de patronage et réforme ecclésiastique à l’ouest de la Vire au XIe siècle", dans La paroisse en Normandie au Moyen-Âge. La vie paroissiale, l’église et le cimetière. Histoire, art et archéologie, Saint-Lô, Société d’Archéologie et d’Histoire de la Manche (Etudes et documents, 27), 2008 (Actes du colloque des Archives départementales de Saint-Lô, 28-30 novembre 2002), p. 90-120.



Organisé par le Conseil général de la Manche (Archives départementales),
en partenariat avec le Pays d’art et d’histoire de Coutances (TCPC)
et l’Université de Caen Basse-Normandie (OUEN – MRSH)



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