ARGUMENT :
Le cinéma, "achèvement
dans le temps de l’objectivité photographique" (André Bazin),
peut-il se conjuguer à la première personne ? A l’ère
du camescope et de Nanni Moretti, il n’est plus permis d’en douter. Plus
encore, il semblerait aujourd’hui que l’une des pentes les plus insistantes
du septième art consiste en une dénégation obstinée
et paradoxale du caractère "impersonnel" (Christian Metz) de son énonciation
: elle ne demanderait en pratique qu’à s’incarner, développant
mille stratégies narratives et discursives pour parvenir à
cette fin. Il existe ainsi mille et une façons, directes ou indirectes,
subtiles ou fracassantes, de "subjectiver" le discours filmique - et chacune
de ses modalités a son histoire.
Pour s’en tenir aux formes les plus
contemporaines, les années quatre-vingt et quatre-vingt dix auront
vu émerger tout un champ d’expérimentations d’un "je" en quête
de genre (lettres de cinéma, journal intime, autoportrait, etc.), de
Robert Kramer à Dominique Cabrera, en passant par Jonas Mekas, Raymond
Depardon ou Alain Cavalier. La fiction elle-même semble contaminée
par cette évolution, au point de rendre de plus en plus incertaines
et poreuses les frontières entre autobiographie et fiction (Woody Allen,
Nanni Moretti, Jacques Nolot, etc.). Tant qu’il y aura des "je", les formes
filmiques n’auront de cesse d’être interrogées.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Samedi 14 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Dimanche 15 août
Matin:
Francis VANOYE: L'autobiographique
et le narcissique
Après-midi:
Dominique CHATEAU: La confession
au cinéma
Marion FROGER: "Que sais-je
?", l'essai filmique ou l'héritage de Montaigne
Lundi 16 août
Matin:
Gilles DELAVAUD: L'émergence
du Je dans la fiction télévisuelle
Table Ronde : L'autofiction, au
cinéma, avec Fabien
BOULLY, Julia FABRY, Roger-Yves ROCHE et Muriel TINEL
Après-midi:
Jean-Pierre ESQUENAZI: La
constitution de la subjectivité dans les mondes filmiques
Philippe ORTOLI: L'espace fordien
comme représentation d'un "je" à vocation universelle
Mardi 17 août
Matin:
Jean CLEDER: Clameurs et murmures
du sujet (Marguerite Duras)
Claude MURCIA: Une subjectivité
ironique dans La Salle de bain, de J. Lvoff
Après-midi:
REPOS
Mercredi 18 août
Matin:
Pierre TAMINIAUX: Langage du
je et imaginaire de la communauté dans Rêves de Kurosawa
Aurélia GAILLARD: Le
"je" mis à nu chez Atom Egoyan
Après-midi:
Jacques GERSTENKORN: De l'autodocumentaire...
Régine MIHAL-FRIEDMAN: L'ère
du témoignage : le nouveau testament d'Orphée
Jeudi 19 août
Matin:
André GARDIES: Le spectateur
en quête de je
Martin BARNIER: Le son-je chez
Kiarostami : retours sonores (et intimes) sur un même site
Après-midi:
Projection-rencontre autour de Joseph
MORDER (au cinéma d'Hauteville-sur-Mer)
Soirée:
Dominique BLUHER: Joseph Morder, topique d'œuvre autobiographique
Vendredi 20 août
Matin:
Pierre BEYLOT: Réflexivité et énonciation
télévisuelle
Après-midi:
Philippe MARION: La publicité
et le Beau Je (les figures du "Je" dans les films publicitaires contemporains)
Samedi 21 août
Matin:
Synthèse du colloque
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS