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" Page mise à jour le 17 juillet 2010 "
DU MERCREDI 17 SEPTEMBRE (19 H) AU LUNDI 22 SEPTEMBRE
(14 H) 2008
L'ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE ET SES TERRITOIRES
DIRECTION : Thomas PARIS, Pierre VELTZ
ARGUMENT :
De la déclaration de Lisbonne
aux schémas régionaux ou locaux de développement
économique, la référence à
l’"économie de la connaissance" est désormais omniprésente.
Derrière l’effet de mode, et l’affirmation de secteurs
stratégiques pour les économies occidentales (éducation,
recherche, innovation, services, culture, industries créatives,
internet), elle renvoie à des mutations dans les manières
d’innover, de produire et d’échanger qui concernent l’ensemble
de notre économie et de notre société.
En un sens, toutes les économies
du passé ont été des économies de la connaissance.
Aujourd’hui, toutefois, les circuits de plus en plus courts
entre production scientifique et marchés, la montée
du capital dit "intangible", l’explosion de la connectivité
permise par l’internet induisent des changements structurels dont le
colloque explorera les multiples facettes.
Il réunira pour cela des chercheurs,
des observateurs, mais aussi des praticiens, des entrepreneurs,
des acteurs sociaux et politiques mobilisés par l’émergence
de ce monde nouveau. Il mettra en débat des analyses
et des expériences relatives à quatre grandes tendances:
- l’évolution des relations
entre sciences, techniques et marché;
- l’émergence de formes radicalement
nouvelles d’organisation du travail et de la production
(innovation ouverte, production distribuée);
- le rôle des territoires et
des réseaux interterritoriaux dans la production
et la circulation des connaissances;
- les nouveaux régimes de
propriété et les modèles d’affaires de l’Internet.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Mercredi 17 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre
Philippe LEMOINE: Avant-propos sur l'économie de la connaissance
et ses territoires
Jeudi 18 septembre
La production de la connaissance,
entre science et marché
Matin:
Thomas PARIS & Pierre
VELTZ: Ouverture
Pierre VELTZ: Technoscience
et économie: de nouvelles relations?
Nicolas
BOULEAU: Peut-il y avoir du pluralisme dans la science?
Après-midi:
Dominique BOURG: Economie de fonctionnalité: quelles
incidences en termes de connaissances stratégiques?
Bernard HUBERT: Savoirs systémiques
et savoirs spécialisés: vers l'agriculture
écologique
Soirée:
Pierre-Jean
BENGHOZI: De nouveaux modèles d'affaires
dans l'économie de la connaissance?
Une nouvelle économie pour l'information?, débat
avec Tariq KRIM
Vendredi 19 septembre
Les entreprises dans l'économie
de la connaissance
Matin:
Christophe MIDLER:
Le management de la connaissance dans une économie "matérielle":
le cas de l'industrie automobile
Claude ROCHE: La R&D de France Télécom
au cœur des mutations de l'économie de la connaissance
Nicolas GAUME: Nouveau paradigme
de consommation et conséquences pour les entreprises
Après-midi:
Frédérique SACHWALD:
Les réseaux d'innovation des entreprises:
ouverts et mondiaux
Bernard
MAÎTRE: Vectorisation de l'innovation dans l'économie
de la connaissance
Economie
de la connaissance et dynamiques régionales,
table ronde animée par Armand FRÉMONT,
avec Jean-Philippe BRIAND, Philippe DURON, Marc
ESNAULT, Philippe LE GRAND et François LORFEUVRE
Samedi 20 septembre
L'économie de la connaissance,
localisée et globale
Matin:
Marie
CORIS & Alain RALLET: A la conquête
du marché mondial: l'insertion des pays
émergents dans l'économie de la connaissance.
Une lecture des trajectoires indienne et chinoise
dans l'industrie du logiciel
Michael STORPER: Contexte régional
et commerce mondial: vers une grande transformation?
Thierry WEIL:
Pôles et réseaux: quelques observations sur les
pôles de compétitivité français
Après-midi:
REPOS
Soirée:
Antoine PICON & Bernard VAUDEVILLE:
La ville, l'architecture et le numérique
Dimanche 21 septembre
Matin:
L'économie de la connaissance, localisée
et globale
Patrick
COHENDET & Laurent SIMON: Clusters, villes créatives
et économie de la connaissance
Jean-François
MARCHANDISE: Société de la connaissance dans les territoires:
quelle place du non-marchand?
L'économie de l'internet, valorisation
et diffusion de la connaissance
Patrice FLICHY:
Vers une hybridation des amateurs et des professionnels
Après-midi:
Thomas PARIS & Pierre VELTZ: Conclusions
Lundi 22 septembre
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Pierre-Jean BENGHOZI: De nouveaux
modèles d'affaires dans l'économie de la connaissance?
L’ensemble du monde industriel
s’interroge aujourd’hui sur des mutations économiques
et techniques qui accompagnent l’émergence d’une
société de la connaissance. En se référant,
implicitement, à des concepts issus des industries
manufacturières, les travaux d’économie
et de gestion ont du mal à rendre compte de phénomènes
qui ont émergé dans le secteur des industries
créatives et se diffusent désormais dans
le reste de l’industrie. A l’inverse, les auteurs qui ont étudié
les mondes de la création ne réussissent pas
toujours à relayer leurs analyses dans les débats
plus généralistes. Les travaux menés sur
la gestion des contenus interrogent très directement la
spécificité de leur valeur unitaire. Ne parle-t-on
pas couramment, à ce propos, d’industries de prototype?
Sous l’effet conjoint du poids de la distribution et de la dématérialisation,
le développement de l’économie numérique
montre plus largement que, d’une manière peut être
paradoxale, les contenus et les informations n’ont pas de valeur
en soi mais sont valorisables. On est notamment confronté
à situation où:
1. l’information a de la valeur
car elle devient connaissance "en situation" (Knowledge
Management);
2. ce n’est pas l’information
qui crée la valeur, mais ses modalités
de contrôle, d’agrégation et de traçabilité
(en support de marketing one to one, création
de publicités contextuelles...);
3. La valeur naît de
l’information sur l’information constituant des marchés
de la prescription et du référencement.
Comme le montre l’économie
de Google, les modèles d’affaires observables
aujourd’hui sur internet manifestent une convergence qui va
au-delà de la seule convergence technique. Ces modèles
se caractérisent par plusieurs traits importants:
le rôle des plateformes techniques et commerciales d’intégration
et de prescription; la gestion des droits de propriété,
portant simultanément sur le développement d’accords
d’exclusivité (effet podium) et la stimulation de User
Created Contents (créations de niches et de longue
traîne).
Nicolas BOULEAU: Peut-il y avoir du
pluralisme dans la science?
Nous approfondissons
l'idée de pluralisme en matière de
connaissance. Que signifierait l'autonomie en matière
de valeurs éthiques des universités et
centres de recherche pour l'orientation des recherches scientifiques
et techniques? L'adhésion à un système
d'échange d'information sur les projets de recherche,
voire d'accord préalable, structuré en collège
inter-universités est-il pensable? Dans quelle
mesure l'exemple du GIEC pour le climat est-il transposable?
Patrick COHENDET & Laurent SIMON:
Clusters, villes créatives et économie
de la connaissance
La contribution s’efforcera
de discuter des distinctions entre clusters industriels
et villes créatives en tant que formes représentatives
d’agglomérations locales d’activités intensives
en connaissance. L’une des hypothèses majeures est
que le cluster est conçu dans le cadre du modèle
dominant des relations science /marché où la notion
d’externalités joue un rôle central, tandis
que la ville créative fait référence
à un schéma distinct, où le marché
n’est pas "adossé" au monde bien institutionnalisé
de l’"open science", mais à l’univers informel (un "underground")
de communautés locales qui sont à l’origine
de la créativité. Les réflexions théoriques
seront illustrées par l’exemple des interactions
d’enrichissement mutuel entre l’univers (marchand) des jeux
vidéo et celui des communautés locales (informelles)
dans la ville "créative" de Montréal.
Marie CORIS & Alain
RALLET: A la conquête du marché mondial:
l'insertion des pays émergents dans l'économie
de la connaissance. Une lecture des trajectoires indienne
et chinoise dans l'industrie du logiciel
L’attractivité
des pays émergents est souvent réduite
en Europe et aux Etats-Unis au débat sur les transferts
d’activités vers ces pays. Ce débat
sous-estime le phénomène inverse,
à savoir la pénétration des marchés
des pays développés par des firmes globales
issues des pays émergents. Il est intéressant
d’analyser comment les délocalisations d’activités
intensives en connaissance dans les pays émergents
contribuent à la formation de firmes globales capables
de pénétrer les marchés occidentaux.
La communication prendra l’exemple de l’industrie du logiciel
qui a connu depuis 15 ans une croissance spectaculaire
dans certaines économies émergentes, notamment
l'Inde et la Chine. Dans un contexte d’augmentation de la
demande mondiale et de contraction des coûts, le recours
aux réservoirs de main d’œuvre indiens et chinois
semblait s’imposer. Mais en Inde, de grandes firmes de services
informatiques se sont développées et commencent
à prendre pied sur les marchés des pays développés.
En Chine, le processus est moins avancé et s’engage
dans une autre direction: la production de logiciels génériques.
Les trajectoires de ces deux pays dans l’industrie du
logiciel donnent lieu à des processus différenciés
mais bien réels de contestation des marchés
des pays développés par les firmes globales
des pays émergents.
Patrice
FLICHY: Vers une hybridation des amateurs et des professionnels
L’accroissement des compétences
des individus, l’écart entre l’espérance de
vie et la durée de la vie active, les possibilités
offertes par internet et les TIC ont fait apparaître
de nouvelles articulations entre activités amateurs et activités
professionnelles. De nouvelles formes de production amateur sont
apparues dans le domaine de la culture et de la connaissance:
presse en ligne, encyclopédies, musique, vidéo. Par
ailleurs, les producteurs mobilisent de plus en plus les usagers
(innovation ascendante ) dans le dispositif de production. On
assiste également au remplacement de certains maillons de la
production par des prestations amateurs (crowdsourcing).
Se développent ainsi des substitutions et des collaborations
entre professionnels et amateurs. On examinera ces différentes
formes d’hybridation.
Nicolas GAUME: Nouveau
paradigme de consommation et conséquences pour les entreprises
Dans les jeunes générations, nées avec
Internet, des modes de consommation et des comportements radicalement
nouveaux se mettent en place, notamment dans la consommation d’information,
de divertissement ou dans les usages du web. Le développement de
la gratuité en est une des manifestations principales. L’on peut parler
d’un nouveau paradigme de la consommation et y voir une des manifestations
de l’économie de la connaissance. Pour les entreprises, cela se traduit
par la nécessité de mettre en place des organisations plus agiles,
d’installer de nouveaux pactes avec les consommateurs et de mettre en
place des business models innovants.
Bernard MAÎTRE: Vectorisation
de l'innovation dans l'économie de la connaissance
Toutes les
entreprises n'ont pas un rôle identique et homogène
en matière de genèse et de propagation
de l'innovation. Car celle-ci représente un risque
à la fois financier et marketing. Or ce risque s'avère
incompatible avec une bonne prévisibilité des
comptes et des résultats, pierre angulaire de la financiarisation
des économies modernes. Dès lors,
les business-models de la plupart des grands groupes,
y compris dans les secteurs technologiques (électronique,
pharmacie, énergie, environnement, etc.) s'orientent
fondamentalement autour des fonctions de branding et de
distribution/logistique tandis que le champ de la recherche
et de l'innovation constitue le cœur de l'économie
d'entreprises spécifiques où le ressort essentiel
de la création de valeur est précisément
la mise au point de nouvelles "propositions de valeur" innovantes.
C'est cette typologie qui rend possible l'économie
des start-up et du capital-risque et l'accélération
du cycle de l'innovation.
Les
business-models de la Nouvelle Economie, Dunod,
2000.
Frédérique SACHWALD:
Les réseaux d'innovation des entreprises: ouverts
et mondiaux
Depuis une vingtaine d'années,
les pratiques d'innovation des entreprises ont évolué
sous la pression de l'environnement concurrentiel et en fonction
des technologies de traitement de l'information et de
communication. L'internationalisation de la R&D s'est développée
à la fois pour accompagner les implantations des
unités de production à l'étranger et
pour tirer parti de l'expansion des capacités scientifiques
et technologiques à l'échelle mondiale. Les pays
émergents sont récemment apparus sur la carte
des localisations de R&D pour ces deux raisons. Les entreprises
ont ainsi développé des réseaux de centres de
R&D différenciés à l'échelle
mondiale. Au cours des dernières décennies,
les entreprises ont aussi adopté des pratiques d'innovation
ouverte, organisant des échanges avec des partenaires
divers, privés et publics. Au total, les entreprises
s'appuient désormais sur des réseaux mondiaux d'innovation
ouverte. Ces nouvelles pratiques ne sont pas uniformément
adoptées par les entreprises et se heurtent à certaines
difficultés. Elles appellent par ailleurs des évolutions
des politiques publiques en faveur de la recherche et de l'innovation.
Michael STORPER: Contexte régional
et commerce mondial: vers une grande transformation?
Theories of international
trade assume that the organizational and geographical
fragmentation of production, when it occurs, is efficient
and globally welfare-maximizing. Theories of local and regional
development have shown that local "environments" are
differentiated, and that they matter in such things as innovation
of products and processes. Thus, for the first, globalization
transforms or even eliminates local environments in the service
of gains to trade. Oddly enough, standard trade theory does not
provide the strongest justification the ongoing transformation of
local and regional economies via global fragmentation and location:
it comes from growth theory. However, standard theory also does
not consider the possible losses from transformation of regional
economies. To do this, we argue that economics needs the concept
of "context", which is a micro-economic foundation of how the "place"
of the actor influences what the actor does, drawn from the economics
and psychology literature's theoretical notion of "situation".
With this in hand, we can consider local and regional contexts, as well
as the possibility of globally "distributed contexts", and see that
they open up new questions about the possible welfare effects of globalization
and trade. Context, we argue, is a fundamental aspect of how actors
innovate, and on the paths taken and not taken by the economy.
Thierry WEIL: Pôles et réseaux:
quelques observations sur les pôles de compétitivité
français
Tirant
les leçons de diverses expériences
de "clusters" étrangers, analysées notamment
dans des rapports de la DATAR (devenue DIACT) et de
Christian Blanc sur les "écosystèmes de
croissance", le Gouvernement a encouragé la création
de "pôles de compétitivité" (71
à ce jour). Trois ans après le lancement des premiers
projets de pôles, on peut observer les dynamiques
qui se sont mises en place, dans des configurations très
variées. L’observatoire des pôles de compétitivité
a étudié les trajectoires de développement de quelques
pôles. Nous discuterons notamment de la complémentarité
entre le renforcement des liens entre les membres du pôle
et des relations avec l’extérieur du territoire.
Une de nos conjectures est que le renforcement du réseau
local ne se fait pas au détriment de la participation
à des réseaux plus étendus, mais peut au
contraire stimuler celle-ci.
Economie de la connaissance
et dynamiques régionales, table ronde animée
par Armand FRÉMONT, avec Jean-Philippe BRIAND, Philippe
DURON, Marc ESNAULT, Philippe LE GRAND et
François LORFEUVRE
La table ronde portera sur les politiques
à mettre en œuvre en faveur de l'innovation dans les différents
territoires bas-normands, en centrant le débat de préférence
sur les villes moyennes et les territoires ruraux. La cible
des villes moyennes paraît intéressante pour notamment
initier une stratégie visant à développer des
pôles d'excellence régionaux au sein de chacune
des villes moyennes bas-normandes qui pourraient ainsi structurer
une véritable dynamique en faveur du monde rural (cf. Grand
Chantier du SRADT bas-normand « Renforcer l’armature des villes
moyennes et des pôles structurants »).
La question centrale sera : quelles politiques
en faveur de l'innovation dans les différents territoires
de Basse-Normandie?
La Basse-Normandie est constellée de bourgs
et de villes moyennes qui ont permis un ancrage des activités
et des services sur l’ensemble de son territoire, mais des signes
d'effritement semblent aujourd'hui se manifester, notamment dans les
territoires ruraux. La solidité de ce maillage territorial est
un enjeu fort pour la Basse-Normandie, en particulier en milieu rural
dont l'économie repose sur la pérennisation de ses
activités agricoles, mais aussi (et surtout ?) de son tissu
de PME-PMI particulièrement dense dans la région. Dans
un contexte de mondialisation et de métropolisation, l'avenir
de la région repose beaucoup sur la capacité des villes
moyennes à innover et à développer des excellences
économiques susceptibles de dynamiser et d'entraîner
les zones rurales qui les environnent.
S'appuyant sur des expériences concrètes,
cette table ronde vise à explorer le lien qui unit
innovation et territoires, de façon à proposer
aux acteurs publics des méthodes et des outils pour élaborer
et mettre en œuvre des stratégies adaptées en faveur
de l'innovation. Après avoir réfléchi sur les
différentes échelles des politiques d’innovation dans
une région comme la Basse-Normandie, les débats porteront
plus spécifiquement sur les leviers à activer et les
actions à engager pour impulser l’innovation, sous toutes ses
formes, au sein des villes moyennes et des territoires ruraux de la
région.