ARGUMENT :
Dix ans après la mise en application du traité
de Rome, l'Europe fait le bilan de ses premiers efforts d'organisation et
s'interroge sur son avenir. Faut-il être plus frappé de ce qui
a été réalisé (l'abolition des barrières
douanières) ou de ce qui n'a pu l'être (union politique, communauté
de défense, politique économique commune) ? L'idée même
d'Europe géographique est-elle susceptible d'organisation ? Cependant,
l'analyse paraît révéler des contraintes internes et
externes qui incitent à poursuivre l'effort entrepris. Pour les pays
intéressés, prospérité et influence mondiale
durable ne peuvent être atteints qu'en association. Les récusations
de l'idéal européen, d'une part par le nationalisme, d'autre
part par un mondialisme révolutionnaire, peuvent aider l'Europe à
se définir comme le cadre de l'action féconde réellement
possible. Mais elle ne susciterait pas l'enthousiasme des jeunes si elle
ne retenait pas quelque chose de la contestation qu'ils apportent à
la civilisation présente. L'Europe doit définir un modèle
politique, économique, social, humain, qu'elle se proposera d'atteindre.
Ainsi pourra-t-elle être animatrice pour les Européens et inspiratrice
pour le reste du monde.