RÉSUMÉS :
Janine ALTOUNIAN: Les trois styles
de Freud et leur imbrication
On verra, à
l’aide de nombreux exemples, comment la langue de Freud
entretient de nombreux rapports d’imbrication: entre le
concret et l’abstrait, la textualité des affects et
la rhétorique de leur conceptualisation, le langage du
corps et l’élaboration de ce qui pense ses énigmes,
les signifiants de la sensibilité et ceux de la transmission.
En ce lieu où se nouent les différents registres
freudiens, certains pensent que le fondateur de la psychanalyse
écrit un allemand simple de tous les jours, d’autres,
au contraire, que sa pensée emprunte sa force d’évocation
à la narration littéraire. En réalité
Freud travaille sa langue en rapprochant des champs sémantiques
hétérogènes, comme seul sait le faire celui
qui intègre en lui des horizons étrangers les
uns aux autres.
Michel ARRIVÉ: Pour Freud,
un mot (ein Wort), qu'est-ce que c'est?
Il s’agira tout simplement
d’éclairer le(s) sens conféré(s)
par Freud au bon vieux mot de
mot, c’est-à-dire
au bon vieux Wort
Wort — à supposer que le
mot français se confonde avec le Wort
Wort allemand:
rien n’est moins sûr. On se livrera donc à
une enquête lexicale, en différents points,
jugés particulièrement significatifs (on dira
pourquoi) de la réflexion de Freud. On choisira, notamment,
les textes suivants:
1. Le texte "préanalytique"
(et pour cela souvent négligé) de 1891
Zur Auffassung der Aphasien. On trouve dans ce texte
un schéma psychologique de la
Wortvorstellung
("représentation de mot") qu’on cherchera à
analyser;
2. L’illustre texte de
la
Traumdeutung (1900) dans lequel on s’intéressera
surtout aux illustres "mots de rêve" du type de
AUTODIDASKER;
3. L’article de 1915 "Das
Unbewusste" où se trouve mise en place l’opposition
entre les systèmes Pcs et Ics sur le critère
des représentations de choses opposées aux représentations
de mots: celles-là mêmes qui ont été
mises en place dans le texte de 1891.
D’autres textes seront
allégués, notamment
Die Frage der
Laienanalyse (1926), pour sa citation d’Hamlet "Des mots,
des mots et encore des mots". Toute modeste qu’elle se veut,
cette communication permettra (sait-on jamais?) de jeter quelque
début de lumière sur une question encore et toujours
largement controversée : qu’en est-il du langage dans
la réflexion de Freud?
Laurence
AUBRY: La métaphore et les autres figures d'analogie
dans les textes pré-analytiques de Freud
Notre intervention portera sur
les imbrications inaugurales des rapports entre langage
et inconscient, linguistique et psychanalyste, en restreignant
le champ à trois niveaux: notre objet verbal privilégié
sera la métaphore, notre mode de lecture sera stylistique,
enfin les textes analysés se limiteront aux écrits
pré-analytiques de l’inventeur de la psychanalyse
(1). En revanche, ce questionnement de la métaphore
chez Sigmund Freud tentera d’articuler les deux orientations
qui font le pivot de notre recherche associant stylistique littéraire
et psychanalyse. Ainsi nous interrogerons la place que Freud
accorde d’emblée à la métaphore comme processus
psychique et comme mode d’écoute et d’interprétation,
ainsi que son rôle dans la transformation de la "méthode
cathartique
(2)" de Joseph Breuer en "psychoanalyse
(3)" du fait du décentrement de la technique,
de l’hypnose à la parole
(4). Espérant
parvenir à un éclairage réciproque de cette
science et de son écriture — car la psychanalyse nous
semble nouvelle pour l’époque et son originalité s’imposer
encore aujourd’hui sous ces deux aspects — nous étudierons
la métaphore sur un autre plan, proprement stylistique,
en interprétant la manière dont la métaphore
apparaît, fait sens et évolue dans l’expression de
Freud lorsqu’il commence à vouloir rendre compte par écrit
du procédé thérapeutique et de la méthode
herméneutique qu’il est en train de découvrir. La
métaphore dans le style de Freud ne nous permettrait-elle pas
ainsi de reconsidérer la définition à quoi Jacques
Lacan a réduit ce schème élémentaire
du signe en psychanalyse, cela sous l’influence d’une linguistique structurale
dont la compréhension de la métaphore indique aujourd’hui
justement les limites?
(1) Il s’agira de textes
à ce jour aisément accessibles en traduction
française. Nous nous centrerons sur les Etudes
sur l’hystérie publiée avec Joseph Breuer en
1895 (Freud / Breuer, 1956, 2000), en examinant parallèlement
les écrits techniques (Freud, 1989, 1998) et des lettres
à Fliess (Freud, 1956, 1996 et Freud 2006) contemporains de
ces compte rendus cliniques pré psychanalytiques.
(2) Freud Sigmund (1989, 1989,
p. 8): dans « Les psychonévroses de défense
» (1894).
(3) Freud Sigmund (1989, 1989,
p. 117): 1ère occurrence du terme dans « L’hérédité
et l’étiologie des névroses » (1896).
(4) L’expression de « cure
par la parole » traduit l’expression de « talking
cure » qui est l’un des noms que Anna O… donne au procédé
de son médecin Joseph Breuer (Freud / Breuer, 1956, 2000,
p. 21).
Références
Bibliographiques :
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Tosquelles François (2003),
Fonction poétique et psychothérapie,
Ramonville Sainte-Agne, Eres.
Waldir BEIVIDAS:
Quelques considérations sur l'immanence du langage
dans l'inconscient
Malgré toute la fièvre théorique
autour du langage qui a été promue dans l’ambiance
psychanalytique, sous le drapeau structuraliste des années
50 et 60 du siècle passé, et sous les auspices
de J. Lacan, certes, mais aussi de Cl. Lévi-Strauss, M.
Foucault, R. Barthes et d’autres, il s’avère que le scénario
d’aujourd’hui a pratiquement bani de la cogitation la vigueur d’autrefois
de la réflexion sur la structure langagière de l’inconscient.
Par un paradoxe inesperé et déchirant le plus grand
promoteur du langage dans l’inconscient, Lacan, peut avoir été
aussi, à son insu, le plus grand responsable à la guillotine
de sa décapitation et dégât: il suffit d’observer
la façon dont sa théorie du signifiant, de la métaphore,
de la métonymie a été héritée,
la façon dont elle a été assimilée et partagée
entre ses principaux disciples sous l’égide d’un signifiant
"vidé de sens", "sans sens", "hors sens" et d’autres entendements
dérogatoires et démissionnaires du cœur du langage,
le sens.
Partant, une
sémiotisation de l’inconscient
– dont M. Arrivé à notre avis a été le
premier, en 1982, à l’assurer sur les vœux de Freud – reste
toute à faire, avec ou sans Lacan, avec ou sans les psychanalystes,
simplement avec
Freud. En d’autres mots, le projet freudien
de constituer un Sprachapparat en tant que modèle pour le
psychisme n’a pas été amené à son terme, et
son statut conceptuel reste encore incertain. En conséquence, si
l’on veut plaider pour
l’immanence du langage dans la constitution
de l’inconscient, c’est-à-dire pour un statut sémiotique
généralisé quant aux contraintes de l’inconscient,
on doit faire face à deux obstacles de grand poids historique (et
épistémologique): (i) les thèses "forclosantes" du sens,
à cause de son aporie inéluctable; (ii) la rémanence
des conceptions énergétiques et/ou quantitatives dans des
textes-clefs du viennois, à notre avis sans issue pour ce qu’il
est de l’inconscient même. Le défi se présente entier:
sémiotiser la pulsion, l’affect et d’autres concepts aux frontières
entre le corps et l’esprit, revendiqués souvent comme "hors langage",
afin de surmonter l’opposition entre "force" et "sens" qui hante, dès
son origine, le fond de la métapsychologie du créateur de l’inconscient,
tel qu’il nous a été légué.
André
BOLZINGER: Langue et parole pour Freud et Schreber
en 1900
Soit une même langue, l'allemand
Hochdeutsch avec ses références à la
Réforme et aux Habsbourg. C'est la langue des textes
publiés par Freud et Schreber autour de 1900. Malgré
l'unité de lieu et l'unité de temps, la comparaison bute
sur l'acte de parole. Non pas en raison de la matière traitée
par Freud (comment analyser symptômes et rêves?) et
par Schreber (comment se défendre contre les voix?), mais
surtout à cause de la manière, c'est-à-dire
l'usage formel qu'ils ont l'un et l'autre du trésor de la langue.
Claudie
BOLZINGER: L'inconscient et le signifiant. Ce que parler
veut dire
Que l'inconscient soit un acte
de langage, cette proposition de Lacan, lecteur de Freud, se
vérifie dans les rêves, les oublis de mots,
les lapsus. Nous montrerons la pertinence de cette lecture et l'effet
d'ouverture qu'elle produit dans la pratique analytique. Nous prendrons
pour exemples un rêve de la
Traumdeutung et un lapsus.
L'un et l'autre sont une mise en œuvre du signifiant, un récit
en train de se construire dans la propre langue du rêveur et
du locuteur. Un texte qu'il faut pourtant traduire pour en comprendre
la signification et finalement l'interpréter.
Ivan
DARRAULT-HARRIS: Fantasme cherche symptôme
ou la constitution d'une unité sémiotique première
On sait que l'invention de la psychanalyse
fut rendue possible par l'hypothèse freudienne d'une
réalité psychique créant donc une approche
du sujet radicalement distincte et de la médecine et de
la psychologie. Mais surgit ainsi la redoutable problématique
des relations entre le
psychique et le
corporel. Le sémioticien
peut voir dans l'hypothèse freudienne du symptôme
névrotique comme jonction du fantasme et de la lésion
corporelle un événement sémiotique premier,
originaire: le signifié fantasmatique virtuel, comme en attente,
se précipite à la rencontre d'un signifiant (in)espéré
pour constituer une entité sémiotique complète qui
participe de l'identité du sujet. Cette entité-symptôme
si particulière (qui inclut et dépasse le symptôme
médical) ne peut que déconcerter l'énonciataire-médecin,
tout en justifiant la pertinence de l'approche psychanalytique. Elle
doit retenir la plus grande attention de la part du sémioticien
qui, aujourd'hui, tente de ressusciter pleinement le corps comme instance
de base du processus global d'énonciation non verbale et verbale.
Marc DERYCKE: Rire, voir et voir
rire
J'approfondirai
le thème du rire en partant de Freud en ce que,
à la différence de la face verbale, mobilisée
dans le Witz, le rire du comique contraint à prendre
en considération l'autre face: celle du langage qui
permet l’accès à un "voir la situation" d'où
le comique tire son pouvoir. Cette face, présente dans Freud
et Lacan, est occultée par ce qui prévaut aujourd'hui:
un langage réduit au verbal, ou un langage sans verbal (pragmatisme).
Le rire comique nécessite d'articuler l'un à l'autre:
le verbal d’une part et de l’autre la part non verbale du langage,
et c'est en cela qu'il constitue un objet digne d'intérêt,
ouvrant vers les conditions qui président à l'émergence
des "langues primaires", ou
lingua franca élaborées
par des sourds profonds de naissance, non oralisés, qui n'ont
pas appris la langue standard des signes, mais ont inventé
en découpant dans l'environnement des traits iconiques formant
un système de signes (structures de grande iconicité,
cf Cuxac, 2001) dont ils n’ont pas hérité mais qui s’avère
propre à communiquer avec leur entourage entendant et possède
les caractéristiques d’une langue naturelle. Une fois situés
les enjeux, je traiterai d'un corpus d'entretiens et d'observations
réalisés auprès d’analphabètes et d’illettrés.
Dominique
DUCARD: La genèse du signe: le jet de la bobine et
le geste du couteau
Dans
Au-delà du principe
de plaisir, Freud rapporte l’observation de l’enfant
jetant et tirant une bobine tenue par une ficelle. Le couple
phonématique des syllabes, qui rythment et accompagnent
les mouvements alternativement répétés,
est interprété comme une représentation, par un jeu
de disparition-apparition, de la présence-absence maternelle.
Commenté par Lacan, ce scénario est devenu une sorte
de récit d’origine pour la compréhension de la genèse
du signe et de l’accès à la dimension structurale du
symbolique. Nous confronterons cette quasi-fiction théorique
à une autre, proposée par le philosophe hégélien
Gaston Fessard, proche de la psychiatre et psychanalyste Gisela
Pankov. Celui-ci a esquissé, à partir d’une scène
évoquant l’interaction entre une éducatrice et une
enfant sourde-muette-aveugle, un autre scénario de la genèse
du signe, centré cette fois sur la fonction symbolisante du geste
dans la formation d’une image.
Mauricio
d'ESCRAGNOLLE: La grammaire pulsionnelle et la critique
au réalisme sémantique
La
pulsion est l’un des concepts
fondamentaux de la psychanalyse freudienne. Fondamental
parce qu’il sténographe l’imbrication existante entre
le langage et l’économie libidinale présupposée
par la définition même d’inconscient. A partir
de l’analyse des rapports entre le langage et la pulsion, l’article
vise à explorer les conséquences sémantiques
de la notion freudienne de
grammaire pulsionnelle. Nous
considérons que la notion de
grammaire pulsionnelle
nous permet justement d’expliciter les bases d’une théorie
sémantique freudienne. Nous chercherons à démontrer
aussi de quelle façon cette
sémantique freudienne
exclura toute interprétation réaliste en ce qui
concerne le problème de la référence. C’est
justement à propos du problème de la désignation
de la référence que la grammaire pulsionnelle démontre
toute sa fécondité heuristique.
Irène
FENOGLIO: L'héritage de Freud chez Benveniste.
Genèse d'un étayage théorique
Deux articles d'Emile Benveniste
évoquent directement Freud et sa conception du
sujet: "Remarques sur la fonction du langage dans la découverte
freudienne" et "De la subjectivité dans le langage", mais
bien d'autres articles des
PLG manifestent une connaissance
de la théorie freudienne et un attachement à s'enrichir
des potentialités de réflexion qu'elle ouvre
sur la connaissance du langage.
Une lecture attentive de ces textes
dans leur état final mais aussi dans leur état
processuel de genèse (premières notes,
brouillons, mise au net) permettra de repérer les lieux
de travail théoriques d'Emile Benveniste sur ce thème.
En parallèle, il sera intéressant
de rechercher, dans l'ensemble des textes des
PLG
et de leurs brouillons, la façon dont les termes comme
"subjectivité", "psychisme", "inconscient", "cognition"
sont introduits et développés.
Cette étude devrait contribuer
à comprendre pour quelle part la conception freudienne
du langage a étayé explicitement et implicitement
une théorie linguistique de la subjectivité.
Georges-Arthur GOLDSCHMIDT:
La forme d'une langue
Une langue parle de ce qu’elle ne peut pas dire, elle en
est la forme. Les langues sont en quelque sorte le précipité
du langage, la forme de la pensée manifestée. Ce qu’on
entend et lit ou écrit, on ne l’entend que par elle; Wilhelm
von Humboldt et Wittgenstein nous ont assez montré ce qu’il
en était pour qu’on puisse en revenir à l’expérience
que chacun se fait de la langue et telle que Freud la faisait à
travers la langue allemande. C’est que ce que dit Freud, il le dit en
allemand et l’allemand donne à sa pensée sa forme visible
et audible qu’on ne reçoit donc qu’à travers l’allemand
comme on ne reçoit Pascal ou Racine qu’à travers le français.
Roland
GORI: L'amour: métaphore ou catachrèse?
La vulgate lacanienne fait du transfert
en tant que vérité de l'amour une métaphore.
Qu'implique un tel rapprochement entre les processus inconscients
et les tropes? L'Amour est-il métaphore ou catachrèse?
La réponse à une telle question est lourde de conséquences
dans la manière de traiter le transfert et de situer le réel.
Roberto
HARARI: Vocologie psychanalytique: le Réelangage
A partir des précisions de Freud
relatives à "l’appareil du langage", développées
notamment et dans un premier temps dans
L’aphasie,
où il distinguait avec netteté un ensemble complexe
des éléments composant le mot, j’avance l’idée
d’une dimension réelle et non simplement symbolique du
langage. Cette dimension n’a pas d’assise sur le jeu de la structure
réglée qu’on appelle langue mais sur ce qui est
susceptible d’entraîner en elle un manque d’équilibre
qui débouche cependant, malgré les très fortes
oscillations pouvant être subies, sur une réorganisation
des plus bénéfiques. De ce point de vue, la considération
du langage doit privilégier l’aspect phonique (que Lacan
désigne du terme équivoque d’
invocant),
le contrepoint tonique, le timbre, la modulation, les possibilités
de chantonnement et les réitérations sonores (dont
le paradigme est l’écho), bref la réintroduction
de ces aspects exclus par la méthodologie nécessairement
réductionniste mise en œuvre par la discipline linguistique.
L’étude de cet aspect du Réel du langage, qui n’annule
ni n’exclut les autres, relève de la Vocologie psychanalytique,
centrée sur l’ordre de la voix comme objet pulsionnel et
donc sur sa cession, ses creux éventuels ainsi que sur les
identifications qu’elle peut promouvoir (parmi d’autres destins
dont la portée notoire est détectée avec précision
dans l’expérience de l’analyse), en enrichissant ainsi l’efficacité
de l’œuvrer psychanalytique autour de la pulsion que je propose de
nommer
phonante.
Anne-Marie
HOUDEBINE: "Le langage est la condition de l’inconscient"
ou la nécessité de l’arbitraire signifiant/signifié
La psychanalyse est une expérience
de langage comme aucune autre; elle s’appuie sur la prévalence
de la parole quelle qu’elle soit. Même si le parleur ment,
la chaîne parlée, dite signifiante, le parle plus
qu’il ne croit. Ce phénomène, source d’équivoques,
est dû à l’arbitraire de la relation signifiant/signifié
(Sa/Sé) posée comme principe par Saussure et non démontrée
dans le
Cours de Linguistique Générale
(1916); d’où des controverses et son rejet par nombre de
linguistes. Elle est pourtant démontrable, en s’appuyant
par exemple sur la modélisation de Hjelmslev FE/SE R FC/SC
(forme et substance d’expression et de contenu). Ce que nous montrerons
dans notre intervention ainsi que la reformulation lacanienne du
signifiant (des concepts freudiens: représentations de chose
— représentation de mot ou saussuriens: Sa/Sé) en S/s
en insistant sur l’efficace de cet "arbitraire" pour repérer
l’apparition du transfert — condition nécessaire à
la cure — dès les premiers entretiens.
Pascal-Henri KELLER: Enjeux des
analogies dans le langage freudien
Tant espérée par
Lagache au milieu du 20ème siècle, l'unité
de la psychologie est plus que jamais interrogée en ce
début de 21ème siècle. La persistance d'une
tension entre unité et division de la psychologie tient,
en partie, à l'empreinte laissée par Freud au cœur
de cette discipline. Sur ce plan, le texte freudien est encore aujourd'hui
l'enjeu d'interprétations contrastées. Soupçonné
par les uns de correspondre à une psychobiologie honteuse,
il est accusé par les autres de renier la neurologie.
En réalité, conscient de la place du langage dans
la transmission de son enseignement, Freud a pris soin, sur certains
points, d'en indiquer la portée; le maniement de la figure
de l'analogie lui en donne l'occasion à plusieurs reprises.
Sur cet aspect précis du raisonnement freudien, il est
possible de montrer à quel point la métapsychologie
se distingue des autres modalités d'étude de la vie
psychique. Issue de la discipline médicale, la psychanalyse
lui a emprunté un certain nombre de notion. Or, depuis la publication
de « La question de l'analyse profane », médecine
et psychanalyse sont engagées dans un processus d'éloignement
irréversible. Le texte freudien fait apparaître de
quelle manière, le raisonnement analogique permet à
son auteur de rendre compte de l'aspect dynamique de ce processus.
Max KOHN: Freud, mot d'esprit yiddish
et le langage
Pour prolonger le
"bref essai de mise au point sereine" dont parle Michel
Arrivé
(1) dans le numéro 1 de
la revue
Langage et inconscient, et l’essai de généalogie
que fait Izabel Vilela
(2) des théories
linguistiques dans leur influence sur la psychanalyse
dans son article de la même revue, "
In principio erat
verbum ou la linguistique aux origines de la psychanalyse:
qu’en est-il de Saussure?", je voudrais attirer l’attention
sur un point particulier des relations entre la linguistique
et la psychanalyse, en partant de l’analyse de mots d’esprit en
langue yiddish. Freud
(3) n’est pas parti de ce
travail mais de recueils en allemand. Je pense que l’analyse
de mots d’esprit en yiddish est un bon moyen de poser le problème
des rapports entre la linguistique et la psychanalyse. Nous ne
partirons pas pour ce faire de discours, celui de la linguistique
ou celui de la psychanalyse, pour montrer ou démontrer
que c’est bien le signifiant qui est en jeu dans l’événement
du mot d’esprit en yiddish.
(1) Arrivé
M., « Langage et inconscient : bref essai de mise
au point sereine » in Langage et inconscient,
revue internationale, numéro 1, Limoges, éditions
Lambert Lucas, 2006, 12-31.
(2) Vilela I., «
In principio erat verbum ou la linguistique aux
origines de la psychanalyse : qu’en est-il de Saussure?
», in Langage et inconscient, revue internationale,
numéro 1, Limoges, éditions Lambert Lucas,
2006, 118-142.
(3) Freud S., (1905),
Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient,
Paris, Gallimard, 1988.
Références
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le préanalytique (1877-1897), collaboration
technique, Anne Akoun, Paris, Anthropos Economica, Collection
« Psychanalyse et pratiques sociales » dirigée
par Paul-Laurent Assoun et Markos Zafiropoulos, 2005,
1ère édit : Paris, Christian Bourgois, 1982.
Epuisé. Traduit en portugais au Brésil, Freud
e o Iidiche : o pré-analitico, tradutora :
Marcella Mortara, Rio de Janeiro, Imago Editora, 1994.
- L’inconscient
du yiddish, Actes du colloque international. 4
mars 2002, sous la direction de Max Kohn et Jean Baumgarten,
collaboration technique, Anne Akoun, Paris, Anthropos
Economica, collection « Psychanalyse et pratiques sociales
» dirigée par Paul-Laurent Assoun et Markos Zafiropoulos,
2003.
- Dossier : yiddish,
« Lectures de Louis Wolfson », sous la direction
de Max Kohn, avec des contributions de Max Kohn, « Louis
Wolfson : Une langue c’est de la folie, et la folie est-ce que
c’est une langue ? » Robert Samacher, « Louis Wolfson
et le yiddish » André Michels, « quête
de la langue maternelle », Rosette Tama, « Louis Wolfson
et le labyrinthe des langues et le yiddish : langue égarée
langue marrane », in Revue de l’Ecole Doctorale, Recherches
en psychanalyse, « Langues et traduction », co-dirigé
par Mareike Wolf, Houriya Abdelouahed, Max Kohn, Le Bouscat, N°4,
2005, 113-157.
- Kohn M., Traces
de psychanalyse, à paraître chez Lambert-Lucas,
Limoges, en 2007.
- Monde yiddish
et inconscient : le transfert à une langue.
Actes du colloque international, 27 mai 2005, ouvrage
collectif sous la direction de Max Kohn à paraître
chez MJW Fédition, Paris, en 2007.
- « Culture
yiddish et inconscient », sous la direction
de Max Kohn. A paraître in Langage et inconscient,
revue internationale, direction éditoriale Michel
Arrivé, Izabel Vilela, n°4 en juin 2007.
- Max Kohn, «
Le bal de Cyrille Fleischman ».
- Max Kohn, «
Humour juif et psychanalyse ».
- Robert Samacher,
« Humour juif et mélancolie ».
- André Michels,
« L’inconscient et le pouvoir normatif de la
langue ».
- Janet Hadda, «
Le yiddish aujourd’hui et demain ».
- Jacques Broda,
« Shalom Libertad ».
Valelia
MUNI-TOKE: Freud vu par Pichon: de la théorie
psychanalytique à la méthode grammaticale
d'investigation de l'inconscient linguistique
On souhaite montrer la façon
dont Pichon, dans son double rôle de psychanalyste
et de grammairien, transpose la théorie freudienne
pour en tirer la notion d’
inconscient linguistique d’une
part, une méthode d’investigation grammaticale qui lui est
directement associée d’autre part. Dans cette méthode,
on reconnaîtra la métaphore archéologique freudienne
mais aussi une position linguistique originale si on la replace
dans son contexte historique: de la même manière que
c’est l’ensemble du discours de l’analysant, ratés compris,
qui intéresse le psychanalyste, c’est l’ensemble de la langue
dans son usage réel, non normé qui intéresse
le grammairien Pichon. On insistera en particulier sur les fondements
théoriques qui sous-tendent la position pichonienne: il revendique
l’idée d’une séparation nécessaire de la théorie
et de la clinique freudiennes, idée reprise et développée
par Dalbiez (1936). Le mouvement de transposition opéré
par Pichon est donc complexe.
Claudine
NORMAND: Le langage de l'hystérie et le langage quotidien:
une "source" commune?
Freud terminait le chapitre II des
Etudes
sur l'hystérie en rassemblant des remarques faites
passim sur la conversion hystérique et son rapport
au langage quotidien. Posant qu'"il existe toute une série
de sensations et représentations parallèles", il voit
dans les expressions relevées (être clouée sur
place, avaler une insulte, etc...) un phénomène de "symbolisation"
et suggère: "peut-être l'hystérique n'a-t-elle
nullement pris le langage usuel comme modèle, mais a-t-elle
puisé à la même source que lui" (p.145). Partant de
ce texte fondateur, je me demanderai si on trouve chez les linguistes un
écho de cette intuition de Freud ou si, dans l'ignorance probante
de ce texte, il leur arrive de prendre une position qui s'en rapproche.
Marina de PALO:
Le sujet parlant entre la linguistique saussurienne et la psychanalyse
de Freud
La linguistique de Saussure a plusieurs points
de contacts historiques et théoriques avec la
psychanalyse
de Freud (Arrivé, 1987 et 1994). "La démarche de
Saussure a été
mutatis mutandis de la même
nature que le programme de Freud: l’objectif primordial de la réflexion
de Saussure était celui d’établir les "conditions
pour une linguistique" – donc de créer une métalinguistique,
ou, si l’on préfère, un ensemble de spécifications
sur la nature, la visée, les résultats de la linguistique.
Son effort est d’ailleurs comparable au programme de Freud de créer
une métapsychologie en même temps qu’il créait
une psychologie. D’un côté, il décrivait la structure
de l’inconscient, de l’autre il esquissait la structure de la science
qui le décrit et en donne l’explication (R. Simone, in L.
Saussure, 2006). Mais les révolutions épistémologiques
de Saussure et Freud présentent plusieurs thèmes communs
qui dessinent l’importance du sujet parlant (par exemple le lien
entre signification et mémoire, le rôle de l’inconscient).
Il ne semble pas dû au hasard que la psychanalyse freudienne s’est
greffée sur le saussurisme, et non sur la linguistique générative
au centre de laquelle d’ailleurs il y a la compétence d’un sujet
(idéal). Mon intervention propose une relecture du thème
du sujet parlant au croisement de la dichotomie langue/parole chez Saussure
et Freud, à la lumière des
Ecrits de linguistique générale
(2002).
Tereza
PINTO: Le métadiscours dans la pratique clinique
en psychanalyse
Utiliser le préfixe "méta"
en psychanalyse ne va pas sans immédiatement réveiller
des polémiques, car Lacan a rejeté le concept
de métalangage de façon catégorique et
nous a légué à propos son célèbre
aphorisme selon lequel "il n'y a pas de métalangage". En
effet, la méthode clinique psychanalytique renvoie paradoxalement
à une pratique de l'ordre du méta, cependant il est certain
que cette pratique ne construit pas une métalangue spécifique
et/ou scientifique. La fonction métalinguistique appelée
par la clinique relève plutôt du métadiscours,
en tant que mise en fonctionnement de l'appropriation énonciative
du contenu véhiculé par le discours. Nous exposerons
en quoi cette pratique est métadiscursive et l'analyserons
en nous servant des outils que nous fournissent la sémiotique
du discours.
Jacqueline
ROUSSEAU-DUJARDIN: Le ton de Freud dans ses écrits
psychanalytiques entre 1890 et 1900
Nous suivrons les travaux de Freud à
travers certains de ses articles datant de 1890 ("Le traitement
psychique", article pré-psychanalytique, en quelque
sorte) à 1905 ("Mes vues sur l'étiologie sexuelles
des névroses"). Nous tenterons d'y repérer l'évolution
de ce que nous pourrions appeler le "ton" de Freud, au fur
et à mesure que sa découverte s'affirme, que se réalise
un voeu formé dès son enfance: "[... ] apporter dans
ma vie une contribution au savoir humain".
François
SAUVAGNAT: Jacques Lacan et son approche linguistique
de la fonction du surmoi
Le premier précurseur de la fonction
du surmoi semble être, chez Freud, l'article "Pour introduire
le narcissisme" où il évoque à la fois
la "voix des parents et des éducateurs" et le délire
d'observation (
Beobachtungswahn, une des formes cliniques
de la paranoia pour la psychiatrie allemande de la fin du XIXe
siècle). Si la question du surmoi est déjà devenue,
avec le recentrement de la cure analytique sur la question des
défenses, un enjeu central de la psychanalyse dès
les années 1930 (Alexander, 1931), il faut attendre l'œuvre
de J. Lacan pour la voir traiter systématiquement en fonction
de données linguistiques. Nous en présenterons et
discuterons les principaux arguments: a) Le surmoi comme impératif
(notamment dans les références kantiennes et sadiennes),
b) Le surmoi comme deuxième personne ("tu es celui qui me
suivra(s)", séminaire
Les Psychoses), c) le surmoi
comme lié au futur et au mode de la répétition
(Séminaire
Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse),
d) le surmoi comme quasi-nomination ("Tat tvam asi",
Le Stade
du miroir). Nous retracerons brièvement le devenir de
ces thématiques dans l'oeuvre de J. Lacan, en particulier
leurs transformations au fur et à mesure des modifications de
la théorie.
Marlène
SAYSSAC-SAINTE MARIE PERRIN: L'énigme du langage
et le goût des langues chez Freud, comme traces de
l'élaboration adolescente et de l'héritage intergénérationnel
L'énigme du langage est présente
tout au long de la vie de Sigmund Freud. Le jeune médecin
s'intéresse au phénomène de l'aphasie
et assiste aux présentations de Charcot, patientes qui
présentent un langage intempestif du corps sous forme des
paralysies qui n'ont rien à voir avec le découpage
anatomique. Le vieillard pallie les conséquences du
cancer sur son élocution en portant un appareil: comment
l'inconscient intergénérationnel s'est-il glissé
dans la recherche et cette mutilation? Cette même énigme
n'est-elle pas présente dans la jouissance épistolaire
de l'adolescent qui, dans un magistral glissement sémantique
d'une langue à une autre, trace les limites de relation aux femmes,
la force d'un lien homosexuel sublimé; un adolescent qui s'efforce
de comprendre le sens de la lettre volée qui lui est adressée:
une catrastrophe dans la lignée (le changement de nom) et
la disparition de l'hébreu remplacé par le yiddish, sorte
de préconscient, de shibolet intergénérationnel.
Robin SÉGUY: Pour
un Freud positiviste — la question de l'origine des
langues
Si, à prendre le texte freudien à la
lettre, la psychanalyse s’inscrit sans ambiguïté, de
sa naissance à
L’Homme Moïse ou à l’
Abrégé
de 1938 encore, dans le champ des
Naturwissenschaften, endossant
ipso facto les présupposés épistémologiques
qui caractérisent celles-ci, et notamment la biologie, en
cette fin de XIXème siècle (évolutionnisme darwinien,
physicalisme, énergétisme…), l’omniprésence en
elle d’une dimension langagière, matériau, objet, moyen
et fin de la cure, obéissant à des structures incommensurables
aux premières, ne cesse de creuser une béance, qu’auront,
chacune à leur manière, interrogée avec obstination
les grandes lectures françaises de l’œuvre de Freud (Lacan,
mais aussi Hippolyte, Ricœur, Lévi-Strauss). Bien en deçà,
on tentera, en un "retour à Freud" modeste, de caractériser,
à partir des références explicites faites par lui
aux linguistes et à l’état des sciences linguistiques
de son temps quant à la question, nodale, de l’origine des langues,
quelques éléments de sa "philosophie (spontanée
ou non) du langage".
Andrée
TABOURET-KELLER: Freud et les racines du langage dans la vie
du corps
L’objet de cette communication est de
dresser un premier état des lieux des propositions
de Freud concernant l’ancrage du langage dans le corps. Il
s’agit de la langue dans ses effets de texte écrit, tant
des épitaphes sur nos tombes que des livres sacrés,
objets de vénération sans appel ou bien objets
ouverts à une exégèse permanente, que de la
langue dans l’oralité de la parole, que ce soit sous la
forme d’anathèmes mortifères au cours de l’histoire
ou celle des interventions dans la
talking cure. Un des
effets de la vague du structuralisme dans les "sciences humaines",
au cours de la seconde moitié du siècle dernier,
a été d’accentuer une certaine autonomie vis-à-vis
de l’humain parlant, par exemple des systèmes phonétiques
ou bien du signifiant. En contre-point, cet exposé tend
à dégager chez Freud les raisons que nous avons de nous
rappeler la corporéité de l’exercice du langage, dans
ses effets maléfiques comme dans ceux bénéfiques.
Béatrice
TURPIN: La sémiotique de Pierce et la psychanalyse
Peirce (1839-1914), Freud (1856-1939).
Une même époque. Nous nous proposons de voir
ce que l’histoire des idées peut retenir de cette contemporanéité.
Nous verrons aussi comment l’œuvre sémiotique de Peirce,
à travers l’interrogation qu’elle porte sur la connaissance
et sur le signe, peut croiser l’œuvre de Freud. Cela nous amènera
à envisager comment la psychanalyse s’est elle même
pensée à partir de l’œuvre de Peirce.
Izabel VILELA:
Le langage au risque de l'inconscient
Au commencement, il est un verbe, actualisant
à la fois langue et
la langue, chez un sujet de l’énonciation
fondamentalement clivé s’adressant à un destinataire,
entre
Autre et l’
autre, désirant et non symétrisable.
Ça parle depuis l’autre scène, au futur antérieur,
au conditionnel, au passé (dé)composé… dans
un discours inusité, saisi d’inquiétante étrangeté,
à la fois structurant et déstructurant, comme du cristal
brisé par l’analyse au fil des libres associations. Discours
de l’inconscient, sous l’effet des processus primaires de condensation
et déplacement. Une voix parvenant d’ailleurs — comme de ces
patients dont l’aphasie possédait une origine hystérique
— s’adresse à une troisième oreille par la voie d’une
parole pleine. Grammaire du rêve, de l’oubli, du rébus,
de l’anagramme, du Witz ou du lapsus, du discours "pathologique". Grammaire
freudienne – âme sœur du mécanisme saussurien de la
langue
– "traduite" par Lacan et dont les modalités font apparaître
une structure qu’on peut assigner à l’inconscient. Dans cette
intervention nous souhaiterons traiter de quelques aspects de cette grammaire
de l’inconscient.
Jean-Michel VIVES: Freud et la
dimension sonore du langage
La formation médicale
de S. Freud se fit dans un environnement scientifique
où la question du sonore est, de façon récurrente,
présente sous l’angle de l’audition, de la voix,
du langage. Jones nous le rappelle: "Avec un intérêt
ardent bien caractéristique, il suit un cours (…)
sur la
physiologie de la voix et du langage fait par Brücke.
Ce fut là son premier contact avec l’illustre savant
qui devait jouer un rôle si important dans sa vie"
(1).
Cet intérêt ce retrouvera dans sa
Contribution
à la conception des aphasies (2), dans
l’
Esquisse d’un psychologie scientifique (3)
et jusque dans l’ouvrage princeps de la psychanalyse: l’
Interprétation
des rêves (4). Ainsi se dessine, dès
les premières années, une question tournant autour
de l’énonciation, de la division qu’elle comporte et de la perte
(de l’objet voix) qu’elle implique. Cet intérêt, s’il
n’a pas conduit Freud à théoriser la voix comme objet pulsionnel,
dessine un champ que l’on peut rencontrer tout au long de son œuvre
et que nous avons choisi de nommer la dimension sonore du langage chez
Freud. Ce sont les enjeux théorico-cliniques de ce champ du
sonore langagier que nous proposons de cerner à l’occasion de
notre intervention.
(1) Jones E.,
La vie et l’œuvre de Sigmund Freud, Volume 1,
trad fr, Paris, PUF, 2006, 40-41.
(2) Freud S. (1891),
Contribution à la conception des aphasies,
trad fr., Paris, PUF, 1987.
(3) Freud S. (1887-1904),
Lettres à Fliess, trad fr, Paris, PUF, 2006.
(4) Freud S. (1899-1900),
L’interprétation du rêve, Œuvres
Complètes, Tome, IV, trad fr, Paris, PUF, 2003.
Mareike
WOLF-FÉDIDA: La différence de sexes des mots.
Phénoménologie linguistique et psychopathologie
En partant du texte de S. Freud:
Quelques conséquences psychiques de la
différence des sexes au niveau anatomique (1925), la conférence
place la question de l'anatomie sur le plan linguistique.
Ce texte de Freud est une mise au point sur le complexe d'Œdipe.
Ici le développement le placera plus radicalement sur
le plan du langage (J. Lacan) et s'inspire des travaux phénoménologiques
de la même époque.
En effet, l'anatomie du mot prévoit,
en général, un déterminant. Celui-ci
est plus ou moins bien accepté selon la configuration psychopathologique
du patient. Sous l'effet de la régression la patient
en cure ou psychothérapie psychanalytique retourne
aux modes infantiles dans l'usage du langage. A l'exemple de
trois langues (allemand, français, anglais), la discussion
portera sur la relation intime entre le mot et l'appartenance
sexuelle. Celle-ci reflétant les modes d'identification
et d'introjection comme avatars dans la construction du Moi.