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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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LA GUERRE EN NORMANDIE
( XIe - XVe SIÈCLE )
Mise à jour
15/02/2017


DU MERCREDI 30 SEPTEMBRE (19 H) AU SAMEDI 3 OCTOBRE (14 H) 2015

DIRECTION : Anne CURRY, Véronique GAZEAU

ARGUMENT :

Il y a 600 ans, le 13 août 1415, l’armée de Henri V, roi d’Angleterre, se présentait devant Chef-de-Caux, prit Harfleur au terme d’un siège de six semaines, puis rencontra à Azincourt l’armée française qu’elle mit en pièces. Cette expédition a marqué le début d'une période de conflit intense dans le duché, mais la guerre n’avait rien de nouveau en Normandie. En effet, on peut affirmer que l'identité du duché fut forgée dans la guerre et s’interroger sur une manière de faire la guerre qui pourrait être propre aux Normands. Cette conférence vise à explorer la nature de la guerre dans la Normandie médiévale, et à identifier en la matière les continuités et des changements.

Ce colloque s’organisera autour de trois axes: l'impact de la guerre sur la société et l'économie; écrire, raconter et décrire la guerre; la mémoire de la guerre (archéologie, ruines, archives, héritages).

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 30 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 1er octobre
Matin:
Véronique GAZEAU & Marie-Agnès LUCAS-AVENEL: Présentation des colloques normands
Anne CURRY: Le duché de Normandie en guerre, du XIe au XVe siècle [enregistrement audio en ligne sur la Forge numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

La guerre en Normandie: un cas?
Matthew BENNETT: Comparaison entre les guerres de conquête sous Henri Ier, sous les Angevins et sous Philippe Auguste
Dominique BARTHÉLEMY: Jeunes héros du onzième siècle, du pays de Galles au Tohoku (Japon)

Après-midi:
Nature de la guerre en Normandie
Xavier HÉLARY: Le service d'ost en Normandie au XIIIe siècle
Élisabeth LALOU: La flotte normande à la fin du XIIIe siècle
Bertrand SCHNERB: À l’encontre des Anglois. Les défenseurs (bourguignons) de la Normandie entre 1417 et 1419
David FIASSON: Ravitaillement, communications et financement de la garnison du Mont Saint-Michel (1417-1450)
Philippe CONTAMINE: Un regard sur le Recouvrement de Normendie (1449-1450) attribué à Gilles le Bouvier, héraut Berry (texte lu par Véronique GAZEAU)


Vendredi 2 octobre
Matin:
Moments de crise
Valérie TOUREILLE: Le siège de Dieppe (novembre 1442 - août 1443): enjeux et perspectives
Daniel POWER: La chute de la Normandie ducale (1202-1204): campagne militaire, échec politique
Rémy AMBÜHL: "Il ne voudrait faire chose qui fut a déshonneur". Charles VII à la conquête de Rouen (1449)
Daniel JAQUET: La Fachon de tirer de l'arc a main: les sources techniques française sur le tir à l’arc à la fin du Moyen Âge, confrontées aux sources anglaises du début de la Renaissance

Après-midi:
Godfried CROENEN: Les récits de la guerre en Normandie. Les Chroniques de Jean Le Bel et Jean Froissart

Guerre et société
Quentin AUVRAY: Relire et comprendre Godefroy d’Harcourt, un noble normand au début de la guerre de Cent Ans
Franck MAUGER: Les Valois-Alençon, princes du parti armagnac: une reconsidération
Anne CURRY: La Normandie au XVe siècle, colonie ou occupation militaire?


Samedi 3 octobre
Matin:
Philippe CHARON: Routiers et combattants étrangers en Normandie au XIVe siècle
Nicolas ABRAHAM: Le Clos du Cotentin à l’aube du XVe siècle: une région en ruine?
Neil MURPHY & Graeme SMALL: Town and crown in late fifteenth-century: Rouen after the Reduction

François NEVEUX: Conclusion générale

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Nicolas ABRAHAM: Le Clos du Cotentin à l’aube du XVe siècle: une région en ruine?
Il s’agit de revenir sur le vuidement du Cotentin, ses conséquences ainsi que sur la population de la presqu'île et sur l'état des campagnes depuis l'époque du vuidement jusqu'à celle de la conquête anglaise, au tournant des XIVe et XVe siècles, de façon à montrer la chronologie des destructions et des phases de reprise dans le Cotentin et son originalité.

Rémy AMBÜHL: "Il ne voudrait faire chose qui fut a déshonneur". Charles VII à la conquête de Rouen (1449)
Selon Michael K. Jones, l’honneur bafoué du capitaine de la ville, Richard, duc d’York, au nom duquel la ville fut rendue, en 1449, a joué un rôle capital dans l’origine de la guerre des Deux Roses. Cette communication, qui explore cette étude de cas bien documentée, propose de replacer la question de l’honneur dans le cadre des "règles" de la reddition. Une étude récente définit l’acte de reddition comme une "interaction sociale" entre deux parties engagées dans un processus de négociation, l’accord final conclu entre ces deux parties reflétant la supériorité de l’une et l’infériorité de l’autre. L’honneur et le serment fixent le cadre des négociations et façonnent les termes de cette reddition. La discussion portera sur des pièces variées, et notamment, sur une correspondance inédite qui jette une lumière différente sur le déroulement et les enjeux des négociations, et questionne indirectement le témoignage des chroniques dites de la reconquête.

Cette contribution résulte d’un projet de recherche intitulé The Crisis of Capitulation: Surrender of fortresses and Urban Communities in the first half of the Fifteenth century financé par le Leverhulme Trust (01/2012-01/2014). Rémy Ambühl poursuit actuellement cette recherche en parallèle avec sa charge d’enseignement à l’Université de Southampton, où il occupe la fonction de lecturer en histoire médiévale, depuis janvier 2014. Son but à moyen terme est de produire une monographie sur la reddition à la fin du Moyen Age.

Quentin AUVRAY: Relire et comprendre Godefroy d’Harcourt, un noble normand au début de la guerre de Cent Ans
Une double tradition historiographique a fait de Godefroy d’Harcourt, fils cadet de l'importante famille des Harcourt et seigneur de Saint-Sauveur-le-Vicomte, un homme aux fidélités fluctuantes et un héros normand. La relecture des sources tend à le montrer comme un noble attaché à ses droits et prêt à les défendre par tous les moyens. Se tournant vers le roi d'Angleterre car s'estimant lésé par la justice du roi de France, il s'appuie sur un réseau de clients normands qui, le cas échéant, le soutiennent par les armes dans la défense de ses intérêts locaux. Si les troubles et les nombreux faits d'armes dont il est accusé ne peuvent être niés, ceux-ci doivent être relus à la lumière de ses intérêts personnels, bien loin, à l'origine, du conflit franco-anglais.

Dominique BARTHÉLEMY: Jeunes héros du onzième siècle, du pays de Galles au Tohoku
Une comparaison entre les exploits de jeunesse de Guillaume le Conquérant et Robert de Rhuddlan d'une part, d'après Guillaume de Poitiers et Orderic Vital, et d'autre part leur exact contemporain Minamoto no Yoshiié d'après le Mutsu Waki servira de point de départ à quelques réflexions sur l'intérêt et les limites d'une comparaison entre chevaliers et samouraïs.

Dominique Barthélemy, né en 1953, est professeur à l'Université de Paris Sorbonne et directeur d'études à l'École Pratique des Hautes-Études; également membre sénior de l'IUF et correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Il a publié tout une série d'études sur l'an mil et la France capétienne, depuis les années 1980, spécialement Chevaliers et miracles (A. Colin, 2004), La chevalerie (Fayard, 2007, 2ème éd.: Perrin, 2012), et Nouvelle Histoire des Capétiens, 987-1214 (Seuil, 2012). Il anime un groupe d'études franco-japonais sur Chevaliers et samouraïs (programme de l'IUF).

Matthew BENNETT: Comparaison entre les guerres de conquête sous Henri Ier, sous les Angevins et sous Philippe Auguste
Factors under consideration:
1. Normandy makes a good case study as it is a well-defined area from Carolingian times on (ecclesiastical and administrative units), well-recorded feudal structure and coutumes, whilst recognising the Upper and Lower division of the duchy.
2. The need to achieve a decision as to who was the accepted ruler created a pressure on landlords — ecclesiastical and lay — to pick a winner. It also increased the opportunity for decisive military actions (as opposed to long, drawn-out border skirmishes).
3. Legality and legitimacy: feudal obligations to more than one ruler and the resulting divided loyalties make for good case studies in political management both up and downwards. Similarly the communes, captains and castellans had to justify their actions.
4. Personalities of rulers and their ability to influence the behaviours of their important vassals. Compare and contrast Henry I, Geoffrey le Bel, Phillipe Auguste and John Softsword.
5. Money and the economic arguments for choosing sides and for maintaining military pressure through well-supported campaigns (including cross-Channel fleets) and the ability to conduct long sieges — or not.
6. Treachery — often overrated or misunderstood by previous generations of historians who tended to think in terms of nation states and allegiance to the Crown as opposed to pragmatic realities of the survival of aristocratic dynasties in border or other disputed regions.

Dr Matthew Bennett taught for 30 years at the Royal Military Academy Sandhurst before retiring in 2014. His research covers the ethos and practice of warfare in the 11th-13th centuries in Western Europe and the Crusades. He has published The Cambridge Atlas of Medieval Warfare (with Nick Hooper, 1996), The Campaigns of the Norman Conquest (now widely used as a school textbook, 2000) and numerous academic articles since 1982. Amongst other continuing research projects, he is currently leading an HLF project "The Magna Carta Wars" for the Battlefields Trust, a small independent charity in the UK.

Philippe CHARON: Routiers et combattants étrangers en Normandie au XIVe siècle
L’histoire de la Normandie au XIVe siècle est sans conteste marquée par la domination de Charles comte d’Evreux et roi de Navarre (1332-1387). Sa principauté, et plus généralement le duché normand, sont marqués par un triple phénomène: des débarquements d’armées anglaises; un régime d’occupation militaire étrangère; et une infestation de routiers. Quelles ont été les circonstances et conséquences de ces présences d’hommes d’armes étrangers, et comment le pouvoir du roi de France et le pouvoir du comte d’Évreux réagirent-ils pour s’en défendre ou, au contraire, en tirer profit?

Philippe CONTAMINE: Un regard sur le Recouvrement de Normendie (1449-1450) attribué à Gilles le Bouvier, héraut Berry
Les chroniques traitant uniquement d’une campagne militaire donnée sont plutôt rares dans l’historiographie médiévale. Tel est le premier intérêt du Recouvrement de Normendie (1449-1450), écrit à chaud par Gilles le Bouvier, dit le Héraut Berry, dont il subsiste cinq manuscrits contemporains. Le second intérêt est que l’auteur reprit ensuite sa narration dans ses Chroniques du roy Charles VII, non sans quelques modifications, de forme et de fond, qui méritent d’être examinées de près. Le Recouvrement de Normendie s’inscrit dans toute une série de manifestations destinées à faire comprendre aux Français que la "guerre de Cent ans" était enfin terminée — à leur avantage.

Spécialiste, entre autres domaines de recherche, de la guerre au Moyen Âge, Philippe Contamine, membre de l’Institut, professeur émérite à l’Université Paris Sorbonne, a évoqué "le duché de Normandie dans la guerre de Cent ans" dans sa contribution à La Normandie au XVe siècle, art et histoire. Actes du colloque organisé par les Archives départementales du 2 au 5 décembre 1998, Saint-Lô, Archives départementales, p. 17-23. Il a traité de la "fête du roi", commémorant la libération de Cherbourg (12 août 1450), dans un  texte paru dans le Bulletin 2009 de la Société nationale des antiquaires de France.

Godfried CROENEN: Les récits de la guerre en Normandie. Les Chroniques de Jean Le Bel et Jean Froissart
He will consider how these chroniclers dealt with war in the 1340s (Edward III chevauchee and attack on Caen) and later activity in Normandy eg duke of Lancaster 1350s, Charles of Navarre and his family, 1350s-70s.

Anne CURRY: Le duché de Normandie en guerre, du XIe au XVe siècle
Le duché de Normandie a été forgé, et reforgé, par la guerre. Ce rapport introductif souligne les thèmes les plus importants dans l’étude de la guerre en Normandie mediévale — l’éternel fondement géographique (un littoral particulièrement long, de longues frontières terrestes et un grand nombre de voisins et d’ennemis potentiels); le nombre particulièrement élevé de châteaux royaux et villes bien fortifieé; des sièges remaquables. S'il existe un thème bien évident à travers l’ensemble de cette période, c’est la contestation entre la monarchie française et le duché de Normandie tenu par le roi anglais.

Anne CURRY: La Normandie au XVe siècle, colonie ou occupation militaire?
This paper considers the nature of the English presence in Normandy in the fifteenth century, looking at the vocabulary used by English and French, as well as the institutions established by Henry V and his successors. Particular emphasis is given to Henry V’s recreation of the duchy of Normandy (1417-20) and the impact of the treaty of Troyes. The careers of those Englishmen who served in the duchy are also considered.

Publications
C.T. Allmand, Lancastrian Normandy. The History of a Medieval Occupation (1983).
A. Curry, "L’administration financière de la Normandie anglaise: continuité ou changement", in La France des principautés. Les chambres des comptes xive et xve siècles, Paris, CHEF, 1996, pp. 83-103.
A. Curry "La Chambre des comptes de Normandie sous l’occupation anglaise, 1417-50 (textes et documents)", in Les Chambres des comptes en France aux xive et xve siècles, Paris, CHEF, 1998, pp. 91-125.
A. Curry "Lancastrian Normandy: the Jewel in the Crown?", in England and Normandy in the Middle Ages, ed. D. Bates and A. Curry, London: Hambledon Press, 1994, pp. 235-52.
A.Curry, "Le service féodal en Normandie pendant l’occupation anglaise, 1417-50", in La France anglaise au moyen age, ed. P. Contamine, Paris: CNRS, 1988, pp. 233-57.


David FIASSON: Ravitaillement, communications et financement de la garnison du Mont Saint-Michel (1417-1450)
La résistance du Mont Saint-Michel à l’occupation anglaise en Normandie (1417-1450) a particulièrement retenu l’attention des historiens français au XIXe siècle. Leurs travaux l’envisageaient comme un exploit isolé, arraché par de loyaux français à l’écart du royaume de Bourges. La vaillance des défenseurs, jointe aux avantages exceptionnels d’une place fortifiée par l’art et par la nature, et ravitaillée par les marins bretons, expliquait l’heureuse issue. La communication aura pour objectif de souligner à l’inverse l’importance des liens entre la place et les territoires tenus par Charles VII: l’existence de flux ininterrompus de ravitaillement, d’argent et de renseignement permet de souligner la capacité du parti du dauphin à intervenir dans la France du Nord, bien avant la reconquête, à l’instar des coups portés aux intérêts anglais en Lorraine par Robert de Baudricourt et Robert de Sarrebrück.

Doctorant et chargé d’enseignement à l’Université Lille 3, David Fiasson prépare une thèse sur les enclaves fidèles à Charles VII dans la France anglaise, sous la direction de Bertrand Schnerb et de Valérie Toureille. Agrégé d’histoire, ancien élève de l'École normale supérieure de Lyon, il a notamment publié "Un chien couché au pied du roi d’Angleterre? Robert Jolivet, abbé du Mont-Saint-Michel (1411-1444)", Annales de Normandie, 64e année, n°2, juillet-décembre 2014, p. 47-72.

Xavier HÉLARY: Le service d'ost en Normandie au XIIIe siècle
C’est sans doute en Normandie que le service d’ost peut être le mieux appréhendé, grâce à une masse documentaire plus importante qu’ailleurs. Dans la lignée des travaux de Joseph Strayer, la communication se propose d’étudier la nature et l’évolution du service d’ost en Normandie sur un long XIIIe siècle délimité par deux textes fameux: l’enquête lancée par Henri II en 1172 et la "Charte aux Normands" concédée par Louis X en 1315.

Daniel JAQUET: La Fachon de tirer de l'arc a main: les sources techniques française sur le tir à l’arc à la fin du Moyen Âge, confrontées aux sources anglaises du début de la Renaissance
Cette communication propose l’examen d’un texte technique de la fin du XVe siècle pour contrebalancer les études plus classiques des sources anglaises (Toxophilus, 1545), pour approcher l’usage de l’arc dans les conflits franco-anglais de la fin du Moyen Âge. L'image de la supériorité militaire des Anglais à la bataille d’Azincourt par l’emploi de l’archerie sur la base de textes techniques plus tardif sera remise en question. Les aspects matériel et technique issus du manuscrit anonyme non publié de la Fachon de tirer de l’arc a main (publication en préparation Deluz/Dejonghe, Éditions Droz) seront confrontés à la littérature secondaire sur le tir à l’arc, basée sur des textes narratifs, des corpus iconographiques très hétérogènes, des objets et plus rarement des documents d’archives.

Elisabeth LALOU: La flotte normande à la fin du XIIIe siècle
La proximité des Normands avec la mer, leur capacité à s’y déplacer et à y commercer n’est pas à démontrer. Le roi de France utilisa à plusieurs reprises les ressources de la Normandie dans les conflits qui l’opposèrent aux Flamands ou aux Anglais. C’est à Rouen puis à Harfleur qu’il installa le Clos des Galées. Les entreprises de guerre sur mer du roi se soldèrent souvent par des échecs mais leur mise en place — en 1295 par exemple — vaut d’être étudiée. On n’ira pas au-delà de la bataille de l’Ecluse dans laquelle les Normands et leurs bateaux payèrent un rude tribut.

Elisabeth Lalou est professeur d'histoire médiévale à l'Université de Rouen.
Elle travaille sur l'histoire politique du XIIIe et XIVe siècles, notamment sur le règne de Philippe le Bel dont elle a publié les comptes sur tablettes de cire et l'itinéraire.


Franck MAUGER: Les Valois-Alençon, princes du parti armagnac
Voici tout juste cent ans, tombait à Azincourt Jean Ier, duc d’Alençon et âme du parti armagnac en Normandie. "Sans son aide, la querelle dudit Orléans qui estoit bonne et sainte n’eust peu estre conduite" affirme le chroniqueur Perceval de Cagny, écuyer de l’Hôtel ducal. Derrière la geste guerrière du prince, les recherches actuelles dévoilent un lignage méconnu, indéfectiblement lié aux intérêts de la maison d’Orléans et solidement enraciné dans une province pourtant réputée hostile aux prétentions de cette dernière. La documentation dispersée de l’ancienne Chambre des comptes d’Alençon fait écho au propos de Perceval de Cagny et confirme la justesse de vue d’un homme demeuré quarante-six années durant au service des Valois-Alençon: l’Hôtel est bien une arme pour faire la guerre.

Neil MURPHY & Graeme SMALL: Town and crown in late fifteenth-century: Rouen after the Reduction

For Bernard Chevalier, the new orthodoxy, towns and townsmen played a central role in the crown's reassertion of control over the kingdom in second half of fifteenth century: not domination of towns by the crown, as Henri Sée had argued, but an entente cordiale between them. So what of Normandy in that period? Gareth Prosser's 1996 thesis has shown, by contrast, how precarious royal control was here in the post-Caroline period, through to the time of the Guerre du Bien Public in particular. Louis XI was really in trouble in the Duchy at this point in time. Prosser’s work looked in particular at nobles and noble affinities. But what role did Norman towns play in these events, and subsequently? Grounded in an analysis of town council minutes and other records, this paper will explore relations between the crown and the Norman towns in the period 1450-1515.

Graeme Small est, depuis 2012, Professeur d’histoire médiévale à l'Université de Durham. Il s’intéresse à la culture politique du Royaume de France et des principautés des Pays-Bas à la fin du Moyen Âge et au début des temps modernes. Il est l’auteur d’une histoire de la France pendant cette période (Late Medieval France, Macmillan: Basingstoke, 2009), et de deux autres livres sur l’histoire bourguignonne.

Daniel POWER: La chute de la Normandie ducale (1202-4): campagne militaire, échec politique [The fall of ducal Normandy (1202-4): military campaign, political failure]
This paper will provide a reappraisal of the campaigns between 1202 and 1204 that led to the Capetian annexation of Normandy. Despite F.M. Powicke’s epoch-making work The Loss of Normandy (1913, revd. 1961) and a number of more recent studies, much still remains to be deduced about the course of the war: Nicholas Vincent has commented that "There is still no standard agreed narrative of the day-to-day progress of the French invasion ... the events of 1203-4 surely merit a detailed account of the French conquest". This paper will attempt to identify the main phases of the Capetian subjugation of the duchy. It will consider what fiscal records, charters and letters, and narrative accounts reveal about the French advance into Normandy and the attempts of the Angevin forces to defend the province, and it will examine the means by which Philip Augustus progressively secured fortresses, territory, and the allegiances of the Norman barons. It is hope that this will provide new insights into the military and political achievements of the king of France as well as the failure of the Angevin defence of Normandy, at a turning point in the duchy’s history.

Bertrand SCHNERB: À l’encontre des Anglois. Les défenseurs (bourguignons) de la Normandie entre 1417 et 1419
À partir de sources diverses (documents comptables, montres d’armes, traités de capitulation, sources narratives, etc.), cette communication aura pour objet de présenter les différentes composantes des forces ayant assuré la défense des villes et forteresses normandes face à l’entreprise de conquête menée par le roi Henri V entre août 1417 et septembre 1419. Il s’agira ici de tenter de mettre en lumière les structures et les composantes de la société militaire impliquée dans les opérations de guerre et d’évaluer autant que possible les conséquences de son engagement.

Valérie TOUREILLE: Le siège de Dieppe (novembre 1442 - août 1443): enjeux et perspectives
Il conviendra d’abord de s’interroger sur le terme même de résistance: comment la définir et la circonscrire: des simples mouvements d’hostilité aux actes de résistance avérés. Autrement dit, quelles actions relèvent de cette catégorie? Est-ce le mode ou les acteurs qui la déterminent? La frontière de la légitimité doit également être posée. Au-delà de toutes ces questions qui ne trouveront pas nécessairement de réponses fermes et définitives, l’on pourrait ici isoler une kyrielle de faits mais diffus, qui tissent la trame d’une résistance quotidienne. Ils sont opérés par les populations civiles ou par de petits capitaines. Au-delà de cette hétérogénéité, un lien les unit. Ils agissent sans ordre formel, de leur propre initiative, à côté d’une action armée commanditée par le dauphin. Plusieurs exemples viendront à l’appui enrichir cette discussion, du soulèvement du pays de Caux aux actes plus isolés. Il s’agira aussi de montrer que ces mouvements différents les uns des autres se rejoignent parfois pour des actions concertées.

Avec le soutien
de l'Université de Caen Normandie,
du Centre de Recherches Archéologiques et Historiques Anciennes et Médiévales, UMR 6273 (
CRAHAM),
de l'Office Universitaire d’Études Normandes (OUEN)
et de l'Institut Universitaire de France (IUF)