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" Page mise à jour le 20 juillet 2009 "



DU SAMEDI 11 JUILLET (19 H) AU SAMEDI 18 JUILLET (14 H) 2009



GUILLEVIC MAINTENANT


DIRECTION : Michael BROPHY, Bernard FOURNIER

ARGUMENT :

Adverbe, verbe, noyau de sens substantivé et perpétuellement réactivé, le mot "maintenant" revient chez Guillevic comme le moteur d’une interrogation urgente: "Maintenant est ici, / Mais le saisir?". Choisissant d’intituler son dernier livre-poème Maintenant, le poète fait valoir le projet infiniment perfectible depuis Terraqué ("De maintenant") jusqu’aux derniers vers du recueil posthume Présent ("Et maintenant, / Qu’en diriez-vous?"), qui oriente en permanence sa trajectoire singulière: accueillir et épouser toujours de son mieux le nouvel instant qui s’incarne dans et par le poïein, ne cesser de tendre la main et, par ce contact, donner corps au temps, ramasser et maintenir durablement dans le poème — si proche de la paume — l’instant qui risquait autrement de s’écouler ou de s’égarer.

Partant ainsi de la récurrence et du rayonnement dans l’œuvre de ce signe-clé, ce colloque se propose de rendre compte des diverses façons dont la poésie de Guillevic cherche à s’inscrire "dans l’aujourd’hui / De l’immédiat" et à y (ré)actualiser un temps de présence plutôt que d’usure et de déchéance — un temps chargé aussi bien d’événements immémoriaux que de possibles futurs, conjuguant l’enfance et l’art de vieillir. À l’issue du centenaire de la naissance du poète et plus d’une décennie après sa mort, il sera question, non seulement d’éclairer la profondeur de l’instant guillevicien mais également de situer dans le présent les jeux et les enjeux d’une œuvre qui, traversant les époques, nous invite à savourer, et à secréter à notre tour, un "temps gagné / sur le néant".

CALENDRIER DÉFINITIF :

Samedi 11 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Dimanche 12 juillet
Matin:
Michael BROPHY & Bernard FOURNIER: Introduction
Lucie ALBERTINI-GUILLEVIC: Ouverture

Vivre en poésie (Modérateur: Jacques LARDOUX)
Suzanne ALLAIRE: Dans la tension du questionnement, la parole de poésie, au présent
Michael BISHOP: Doute et consentement, inhérence et création de l’ontos

Après-midi:
L'instant (Modératrice: Béatrice BONHOMME)
Delphine GARNAUD: L'instant qui dure
Maria LOPO: L'Éros, l'instant

Soirée:
Lecture de "Maintenant" par la Compagnie "Le grain de sable"


Lundi 13 juillet
Matin:
Le(s) temps (Modératrice: María LOPO)
Jean-Yves DEBREUILLE: Contre Héraclite
Steven WINSPUR: Traduire les temps d'une vie: Art poétique

Après-midi:
Spiritualité (Modérateur: Bertrand DEGOTT)
Bernard Joseph SAMAIN: "Tu attends l’effraction en toi / De maintenant": de l’anthropologie "monastique" de Guillevic
Reynald André CHALARD: Foi et Poésie: croire, savoir, espérer chez Guillevic


Mardi 14 juillet
Matin:
Passé et avenir (Modérateur: Jean-Yves DEBREUILLE)
Béatrice BONHOMME: Mémoire et porosité dans l’œuvre de Guillevic

Par recueil
(Modérateur: Michael BISHOP)

Jacques LARDOUX: A l'écoute d'"Enquêtes"

Après-midi:
Bertrand DEGOTT: Maintenant e(s)t tous les jours

Soirée:
Enregistrement de la voix de Guillevic et CD des Célébrations nationales


Mercredi 15 juillet
Matin:
Les sciences (Modérateur: Sergio VILLANI)
Monique CHEFDOR: Le cantique du quantique
Bernard FOURNIER: Capture et flux du temps

Après-midi:
DÉTENTE



Jeudi 16 juillet
Matin:
Ecriture (Modérateur: Reynald André CHALARD)
Glenn FETZER: Rapporter le mot, saturer l'instant
Sara ARENA: De l’instant présent à l’éloge de la présence. Rôle de la description et illusion référentielle dans l’œuvre de Guillevic

Après-midi:
Guillevic et les artistes (Modératrice: Monique CHEFDOR)
Françoise NICOL: Le poète et la peinture, ars spectandi, ars armandi
Maureen SMITH: De l'instant cézannien à l'instant guillevicien

Soirée:
Film: Cinq et la peau, de Pierre Rissient, scénario de Guillevic


Vendredi 17 juillet
Matin:
Le présent (Modérateur: Steven WINSPUR)
Monique W. LABIDOIRE: Maintenant ou l'autre présent chez Guillevic
Muriel TENNE: Le présent vivant

Après-midi:
Art poétique (Modératrice: Suzanne ALLAIRE)
Sergio VILLANI: L'audace du "maintenant"
Michael BROPHY: L'à-venir ressourcé

Soirée:
Répertoire de chants de travail, de mélodies et de lamentations sur l'œuvre de Guillevic, par Alix QUONIAM


Samedi 18 juillet
Matin:
La joie de l'instant (Modératrice: Muriel TENNE)
Stella HARVEY: La Parole Eclatée
Tanguy WUILLEME: Joie de la permanence ou cri du possible

Michael BROPHY & Bernard FOURNIER: Conclusions

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Suzanne ALLAIRE: Dans la tension du questionnement, la parole de poésie, au présent
Guillevic n'est pas seulement le poète du monde sensible et du dialogue avec les choses dans leur quotidienneté. Le lire, c'est aussi, de recueil en recueil, aller à la rencontre du poète-penseur, celui qui a souci, scrutant son rapport au langage, de questionner l'univers des concepts, là où tout s'ordonne en un système d'oppositions distinctives. Au cœur de ce questionnement, se love une interrogation, qui insiste: comment comprendre l'humain si l'on s'enferme dans ce mode de pensée logico-rationnelle ou le mobile et l'immobile, l'ici et l'ailleurs, le dehors et le dedans, le visible et l'invisible sont donnés à lire dans un rapport d'exclusion mutuelle?
Etrangère à cet ordre, l'expérience d'une conscience qui, dans la lecture du monde comme dans le déchiffrement de soi, vit de la conjonction des contraires, alliant l'intelligible au sensible et l'évidence de la limite à la soif d'illimité, le regard sur le visible à celui qui fait retrait vers l'invisible, l'appréhension du temps qui passe à celle de l'instant qui dure, et la vie dans le mouvement discontinu de l'événementiel à la saisie d'une trajectoire qui en nie la pluralité.
S'arrachant dès lors à l'emprise des représentations duelles, et portée par le refus d'un cloisonnement en catégories séparatrices, la poésie de Guillevic, sans cesser d'inscrire le poème dans la contingence de "l'exister", vit de la tension d'une quête où se cherche en profondeur, du côté du noyau de l'être, une présence qui, échappant au fugitif et au multiple, s'éprouve dans la plénitude d'un espace-temps sans limites. Et c'est, faisant "effraction" dans le présent de l'existence, un maintenant "gagné/sur le néant".

Sara ARENA: De l’instant présent à l’éloge de la présence. Rôle de la description et illusion référentielle dans l’œuvre de Guillevic
La tentative d’évoquer une véritable illusion référentielle qui puisse faire percevoir l’objet comme présent dans la représentation paraît, dans les poèmes de Guillevic — pourtant poète "des choses" et de la réalité matérielle —, assez rare, en raison d’une extrême précaution dans le recours aux formules descriptives, aux déictiques, à la référence à des instants présentés comme réellement vécus dans un "maintenant" autobiographique. Pour Guillevic, il est moins question de cette pomme, que de la pomme ; moins d’un matin, que du matin. Le sens des mots "présent" et "présence" change par conséquence, car il ne s’agit plus — dans ces cas-là — d’un présent défini dans l’espace et dans le temps, mais plutôt d’un désir de présence au monde et à soi qui renvoie à un présent intemporel, à un "maintenant" de l’esprit. Dans notre intervention, on tachera d’étudier cette dialectique entre une vraie reproduction de l’instant présent (qui relèverait de la description, au sens large du terme) et un désir plus abstrait de "présence", dans lequel l’adverbe maintenant perd tout renvoi déictique pour se réduire à son pur signifié de présence, comme souhait, aspiration et recherche d’un état d’esprit.

Michael BISHOP: Doute et consentement, inhérence et création de l’ontos
L'analyse se basera en grande partie sur le volume Relier, mais pas de façon exclusive. Les éléments de l'analyse: 1. "les 'problèmes" de l'existence et pourtant: 2. l'impulsion qui pousse à se consacrer à une vaste lutte avec ce qui est, à faire converger ce que l'on est avec cela avec quoi on lutte, à caresser, même, ce difficilement nommable, ce qui implique un consentement à la totalité de ce que l'ontos a à nous offrir, cela malgré nos réserves à cet égard, un consentement à : 3. ce qui inhère à cette totalité, à sa logique ontique, son onto-logie, qui, manifestement, échappe à toute analyse rationnelle, doit accueillir une approche descriptive, réductrice face à ses traits superficiels présumés, inhérence qui, pour le poète, exige également: 4. une "création", une invention, de l'ontos, libre, quoique fatalement liée, limitée, provisoire: voici, en effet, le don que fonde et constitue le poème, le poiein, de l'œuvre de Guillevic: celui non pas d'une parole impossiblement définitive de l'ontos, de notre ontos, mais plutôt de sa splendidement subjective (re)création: don d'un homme dans toute sa nécessaire, sa "fatale" relativité.

Béatrice BONHOMME: Mémoire et porosité dans l’œuvre de Guillevic
Le poème de  Guillevic a rapport au temps, au sens de mémoire. Memorandum immémorial. Laisser une trace comme celle des menhirs des brandes celtiques ou bien les œufs de granit. S’installer dans l’immémorial de Carnac où les gens sont comme des menhirs. Percevoir une profonde respiration, une respiration élémentaire comme du fond du temps et de la bouche même du chaos, et, de derrière les menhirs, entendre encore un autre vent, un savoir-mémoire qui remonte d’un abîme en arrière-forme, du fond des choses. Or, le temps, c’est nous-mêmes, ce n’est plus seulement la marche du temps car peu à peu entre nous et le temps plus de différence. Le poète est devenu ce temps, de la mer aux menhirs, des menhirs à la mer. Le poète, dont le lien à la nature se fait alors symbiotique, rêve de s’intégrer entièrement à la nature dans l’échange et la porosité, dans le passage permanent de l’humain au cosmique.

Michael BROPHY: L'à-venir ressourcé
"Dans le temps / Maintenant / C’est présence": le miracle se dit sans faste ni griserie, ramené à sa plus simple expression. Mais la simplicité du constat est également celle d’un rite d’accomplissement et de bénédiction proféré au nom de tous. La célébration s’avère essentiellement performative. En elle et par elle sourd l’évidence devant laquelle simultanément elle s’incline — l’évidence du "passé présent" et de "l’avenir assiégeant" impeccablement tressés en un seul et durable moment d’équilibre et de repos, du maintien de la présence dans un temps composé de tous les temps, écoulés et à venir, immémoriaux et imprédictibles, matriciels et orphelins, vécus et imaginés. "Rien n’est fini" (Creusement), "Rien ne se perd" (Possibles futurs), "Rien ne meurt" (Trouées): l’exercice de maintien se veut au plus haut point entreprise de permanence. Il joint à la perspective du passé résurgent la mémoire du futur creusé depuis la source.

Reynald André CHALARD: Foi et poésie: croire, savoir, espérer chez Guillevic
Que veut dire Guillevic lorsqu’il affirme, à la fin d’un poème de Présent: "Je ne crois/En aucun dieu (…)/ Je crois"? Faut-il minimiser une telle position éthique et penser ironiquement avec Nietzsche que "celui qui a la foi peut se passer de la vérité"? Comment "maintenir" ou "relier" dans l’acte de poésie les principaux enjeux de l’expérience poétique guillevicienne: croire, savoir, espérer? Il est question de reconsidérer les rapports étroits que l’œuvre  de Guillevic entretient avec la foi et une forme singulière de croyance, en se demandant de quelle manière ces derniers font de sa poésie une figure de la responsabilité. Cette réflexion, entamée au colloque de Carnac en 2007, continuera de croiser l’œuvre de Guillevic avec la philosophie d’Emmanuel Levinas et de Merleau-Ponty, en tâchant de ne pas séparer l’éthique de la poétique.

Monique CHEFDOR: Le cantique du quantique
"Ce qui m'intéresse dans ce monde, c'est d'essayer de voir ce qu'il est vraiment, ce que nous sommes par rapport aux choses, ce que sont les choses sont par rapport à nous", Guillevic, Vivre en poésie.
Affirmation à visée en apparence plus scientifique que poétique. Mais pour Guillevic, il n’y a pas plus de dichotomie entre science et poésie qu’il n’y en a entre matière et esprit. Marqué dès son enfance par le mystère et le silence des mégalithes de Carnac, témoins et créations d’une civilisation préceltique, toujours scientifiquement méconnue, sinon inconnue, Guillevic la saisit intuitivement et en reste pour ainsi dire hanté par l’injonction d’en transmettre le langage. "Comment chantaient-ils ceux des menhirs?" (Carnac). De cette expérience fondatrice découle la quête incessante du mystère de l’être de toute matière qu’elle soit minérale, animale, végétale ou même immatérielle. Pas de hiérarchie anthropocentrée. Il rejoint là évidemment les présocratiques auxquels il ne cache pas son intérêt. Mais surtout, et c’est là que nous rentrons dans le "maintenant" de Guillevic, la méditation continue sur le mystère de l’être de la matière, la quête du noyau générateur, d’une sorte d’équation du monde à laquelle la science contemporaine ne cesse de rêver, quête dans laquelle les "quanta" du poète font écho aux plus récentes remises en cause des recherches post-quantiques de la physique des particules.

Jean-Yves DEBREUILLE: Contre Héraclite
Le futur est rare dans la poésie de Guillevic. Quand il y a un ruisseau, il "coule vers la source". Quand il y a une rivière, elle "chante sa révolte contre la descente". Le reflet "réagit sur l'objet qui s'est laissé refléter". A la notion d'avenir est substituée celle d'arrivée, point visible depuis le présent et qui ne lui donne même pas sens, car ce serait l'ébranler dans sa direction, mais le justifie. Situé dans une époque où les poètes sont volontiers héraclitéens, tentent d'accueillir dans leur écriture la tension, la contradiction, l'évanescence, le signe vers l'ailleurs, Guillevic s'acharne au contraire à maintenir, à enrichir et à justifier l'ici-maintenant, à le préserver du vide qui toujours le menace. A la politique, la mission d'organiser l'avenir, à la poétique, celle de densifier le présent.

Bertrand DEGOTT: Maintenant e(s)t tous les jours
La quatrième section de Malgré, recueil demeuré inédit, s’intitule Sonnets de tous les jours. Cet ensemble de seize sonnets écrits entre 1954 et 1958, qui s’ouvre sur le mot rien et s’achève sur le mot deuil, peut être lu comme une méditation sur le temps, dont l’allégorie au fil des poèmes se fait oppressante. Sous le regard de cette "lente sentinelle" qui marche avec la mort, le poète prétend cependant vivre "une vie éternelle", "un même et seul moment", être "partout présent". Les fruits, les fleurs et jusqu’aux betteraves sont autant d’images de plénitude et d’"âge mûr", de cette adéquation à lui-même qui le fait s’installer dans le monde et maintenir "au plus secret" le "soleil fragile" et l’instant fugitif, de sorte que dans ses poèmes "battront les jours de l’univers".

Glenn FETZER: Rapporter le mot, saturer l'instant
L’œuvre de Guillevic se fraye un chemin à la conjonction élusive de la proximité et de l’éloignement. De ce double principe qui se conçoit dans les optiques complémentaires du temps et de l’espace découle une manière de se tenir dans la langue qui relève d’une habitude de repérages. Cette pratique se rapporte, d’ailleurs, à des références situationnelles et contextuelles, les premières, anaphoriques, désignant les relations extra-poétiques ; les deuxièmes, embrayeurs, s’élaborant dans le texte. Anaphores, embrayage, polyphonie: à travers l’interaction subtile et fine de ces démarches référentielles, le poète ne cesse de faire instaurer le moment perpétué.

Bernard FOURNIER: Capture et flux du temps
L’œuvre de Guillevic est de celle qui se bâtit avec le temps. Elle est le miroir de son être en même temps que celui de la société dans laquelle il vit avec ses bouleversements idéologiques: catholicisme, marxisme, déconstruction, incertitude. Toutes ces réflexions sont à mettre à l’aune de son poème qui répond, se veut être une réponse au temps: il est objet pour devenir être. Il s’agira dans notre propos de confronter la poétique de Guillevic avec les théories scientifiques et philosophiques du rapport au temps. Le poème de Guillevic répond aux philosophes et part de la contraction pour aller vers la déconstruction, de l’assurance du menhir contre le passage du temps vers les quanta qui font écho à l’incertitude moderne. L’art poétique s’en trouve ainsi tout à fait bouleversé. L’œuvre ne serait pas alors une construction mais plutôt le miroir d’une âme toujours en mouvement. Ou bien peut-être rend-elle compte du chaos qui règne dans le monde et en soi.

Delphine GARNAUD: L'instant qui dure
Le poème de Guillevic se construit dans un perpétuel et paradoxal effort pour faire durer l’instant: d’abord point s’opposant au flux du temps dans toute sa verticalité, l’instant se courbe et s’arrondit en un point d’orgue qui se dilate, pour devenir cercle, puis sphère. Ainsi sphérique et d’un seul tenant, exactement comme ces fruits mûrs ou comme ces objets rassurants que le poète a dans la poche, l’instant est alors chose aisée à saisir et à convoquer. Et surtout, il véhicule ainsi avec lui une temporalité salvatrice, car une sphère est la représentation en trois dimensions d’une durée, non plus définie par ses bornes, mais envisagée par son rayonnement à partir d’un centre donné. Faire durer l’instant revient donc à pouvoir superposer à la ligne du temps, une infinité de temporalités neuves, ouvertes sur la multiplicité des possibles et riches de tous les temps.

Références Bibliographiques :

Guillevic, Vivre en poésie, (entretien avec Lucie Albertini et Alain Vircondelet), éd. Stock, Paris, 1980.
Guillevic, (entretiens avec Boris Lejeune, animés et présentés par Lucie Albertini), Du pays de la pierre, éd. de la Différence, 2006.
Allaire Suzanne, "Présence du temps, présence au temps", p. 211 à 228,  in Lectures de Guillevic: approches critiques, Actes du colloque international des 17-19 mai 2001, Ottawa, Legas Press, 2002 ; Textes réunis par S. Villani, P. Perron et P. Michelucci.
Bachelard Gaston, L’intuition de l’instant, "Instant poétique et instant métaphysique",  éd. Gonthier, 1932, rééd. Librairie générale française, Paris, 1994.
Javary Adrien, Traité de géométrie descriptive, Delagrave, 1881, deuxième partie, "Sphère", p. 391.
Meschonnic Henri, Critique du rythme, anthropologie historique du langage, éd. Verdier, 1982 ; Les Etats de la poétique, "Avec Guillevic", Presses Universitaires de France, 1985.


Stella HARVEY: La Parole Eclatée
"Il fallait que la voix,/Tâtonnant sur les mots,//S’apprivoise par grâce/Au ton qui la prendra" (‘Art poétique’, Terraqué). Dans l’exigence du poiein chez Guillevic, la voix se lie au tactile, à la main-tenant, la main qui écrit, qui cherche à orienter la parole dans le monde et dans le temps. La voix, souvent évoquée sous forme non-verbale (le cri, le rire), ainsi que sous forme musicale (la chanson, le chant), et qui autrement, marquée par la non-présence, s’apparente au domaine du silence, gravite vers l’indicible, voire la non-raison. Des voix aussi — désancrées, multiples, irréparables — qui surgissent et qui s’interpellent, parsèment l’œuvre guillevicienne. Ma présentation cherche à approfondir une réflexion sur la tension entre l’oral et l’écrit chez Guillevic à partir des ‘Dialogues’ du recueil Autres où la voix, soumise aux contraintes formelles sur le plan graphique, s’éclate en défi au règne de la raison.

Monique W. LABIDOIRE: Maintenant ou l'autre présent chez Guillevic
Maintenant est un temps créé par le poète. Il est autre que le présent, le passé et le futur. Il est l’instant, le maintenant, saisi dans toute son immédiateté, un instant qui est porté, trituré, malaxé, compris et qui porte l’œuvre. Le "maintenant" chez Guillevic est aussi ce présent de mémoire revécu au quotidien et qui participe du geste, du goût, du regard, un présent de mémoire avec lequel l’homme puis le poète est resté en fidélité tout au long de sa vie. Le maintenant de Guillevic est bien cet ensemble assemblé par le poème et qui est à l’œuvre du poète. C’est cette lecture — interrogative par essence — que je proposerai.

Références bibliographiques :

S'aventurer avec Guillevic et neuf poètes contemporains, EDITINTER, 2006.
Actes des Colloques Guillevic à Toronto, Angers, Rennes/Carnac, Dublin (à paraître).
Collaboration à de nombreuses revues de poésie et interventions dans divers lieux, Pen Club, Sénat, Aliénor...


Jacques LARDOUX: A l'écoute d'"Enquêtes"
"Enquêtes", cette suite poétique de Guillevic constituée de onze textes courts, avait paru une première fois dans la revue Strophes en novembre 1964 avant d'être reprise en 1966 dans Avec par la collection Blanche des éditions Gallimard. Il s’agissait, selon les termes mêmes de l’auteur, d’"une série d’enquêtes policières ou plutôt d’enquêtes, à la manière des journaux féminins". Mais de qui se moquait-on au juste: des enquêtes des journaux féminins, du langage lui-même et de ses présupposés, d’une série de croyances et même de superstitions qui perdurent malgré la désacralisation de nos sociétés? Quoi qu’il en soit, pas de doute qu’avec ces questions les éventuelles lectrices des magazines féminins auront toutes les chances d’être entraînées beaucoup plus loin qu’elles ne s’y attendaient, car le propos est détourné de son cadre habituel de l’enquête sociologique et cela donne une sorte d’inventaire à la Prévert à la fois plaisant et assez intrigant. Nous essaierons tout d’abord de "situer" ces onze enquêtes (c’était, l’on s’en souvient, l’un des conseils de Max Jacob quand il écrivait dans sa préface du Cornet à dés: "Tout ce qui existe est situé") et nous tenterons non pas d'expliquer les dits textes (les poètes eux-mêmes estimant le plus souvent qu'un poème ne s'explique pas) mais nous proposerons un certain nombre de remarques visant à faire écho à des questions pour le moins surprenantes mais qui visent certainement, sans en avoir l’air, à mieux faire réfléchir sur des données existentielles fondamentales.

Maria LOPO: L'Éros, l'instant
Guillevic a dit que tous ses poèmes sont des poèmes d’amour ; sa poétique matérialiste est par là même intensément charnelle. L'Éros guillevicien est pan-naturiste et tellurique, il est en même temps profondément humain. Le corps de la femme et l'amour physique deviennent les nouvelles coordonnées d'un domaine enfin possible: le lieu des sans-lieu, le lieu de l'amour. C'est dans l'espace intime et matériel de l'unité première qu'on parvient à la connaissance d'un temps différent, éclair du temps mythique: le temps de l'instant inscrit dans le poème.

Références Bibliographiques :

Livres
Guillevic et sa Bretagne. Coll. Plurial, nº 13, Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2004. I.S.B.N. 2-86847-921-9.

Articles (étude, essai)
"Bretagne comme vibration", Nu(e), nº38, Eugène Guillevic, coord. Enza Palamara, décembre 2007, pp. 33-37. I.S.B.N. 12667692.
"L’Arbre de vie", Mots et images de Guillevic, Coll. Interférences, Rennes: Presses Universitaires de Rennes, 2007, pp. 107-114. I.S.B.N. 978-2-7535-0489-9.
"Guillevic. De terra e de auga", Moenia. Revista lucense de lingüística e literatura, vol. 10, 2004, pp. 97-113. I.S.S.N. 1137-2346.
"Conciencia e memoria: A guerra civil española na obra poética de Guillevic", Unión Libre. Cadernos de vida e culturas, n°8, 2003, pp. 21-37. I.S.S.N. 1137-1250.
"La littérature bretonne de langue française", Moenia. Revista lucense de lingüística e literatura, vol. 8, 2002, pp. 123-153. I.S.S.N. 1137-2346.
"A propósito do concepto de literatura bretona en lingua francesa", Boletín galego de literatura, n°15-16, 1996, pp. 37-45. I.S.S.N. 0214-9117.

Traductions français - galicien
"Magnificat de Guillevic", Do amor e da literatura, ed. de Manuel Fernández Rodríguez, Ourense: Linteo, 2007, pp. 69-82, I.S.B.N. 978-84-96067-35-6.
"Do Canto por Guillevic", Unión Libre. Cadernos de vida e culturas, nº5, 2000, pp. 393-394. I.S.S.N. 1137-1250.

Traductions français- espagnol
"Ella (fragmentos), de Guillevic", Zurgai, Euskal Herriko olerkiaren aldizkaria / Poetas por su pueblo, dossier poesía francesa / poésie française, s/n, diciembre 2005, Bilbao, pp. 40-41, I.S.S.N. 0214-7653.


Françoise NICOL: Le poète et la peinture, ars spectandi, ars armandi
"Le chant a besoin/de se laisser encadrer comme un tableau ...", Guillevic
Le recueil Impacts qui rassemble douze poèmes consacrés à des peintres admirés de Guillevic constitue un ensemble d’exercices d’admiration. Il peut se lire aussi comme un portrait du poète. Si l’on parvient à définir la spécificité du poème par rapport à la critique d’art et la nature du dialogue qui s’instaure entre le poète et ceux qu’il admire, de Braque à Michaux, il sera possible d’éclairer sa poétique par la relation qu’il entretient avec le tableau, dressé à la verticale, et avec son créateur, le peintre.

Bernard Joseph SAMAIN: "Tu attends l’effraction en toi / De maintenant": de l’anthropologie "monastique" de Guillevic
À plusieurs reprises, le poète a exprimé son attrait pour la vie monastique ("Je me voyais dans une cellule, priant, travaillant en solitaire", "Plutôt ermite en pleine ville", etc.). Je me propose d’examiner en son œuvre poétique (en particulier dans Maintenant) ce que j’appellerais les affinités avec la vie monastique — "moine" étant considéré ici comme une dimension constitutive de tout humain, comme un archétype universel qui déborde toute frontière confessionnelle. Je relèverai les grandes dimensions d’une "anthropologie monastique" qui traversent et, je dirais même, structurent le corpus guillevicien. Les deux derniers vers du livre-poème Maintenant me fournissent une clé de lecture: Guillevic, un poète "toujours sentinelle", en attente, à l’écoute, "aux aguets de l’au-dehors et de l’au-dedans", jusqu’à ce que se révèle à lui la profondeur d’un maintenant, auquel il adhère de tout son être.

Muriel TENNE: Le présent vivant
Il s’agit de l’événement par lequel le poète cherche à unir dans sa parole son "exister" et "l’exister" des objets qui l’environnent, pour donner forme à la présence. Le présent vivant apparaît comme une déchirure dans la trame, sans commencement ni fin, du "il y a". Il est donc un événement poétique par lequel quelque chose vient à partir du poème. Il est un événement sans durée, s’il avait une durée, cela signifierait qu’il aurait reçu son existence de quelque chose qui le précède, qu’il serait l’aboutissement d’un héritage. Or pour le poète, le présent vivant est quelque chose qui vient de soi et on ne peut venir de soi qu’en ne recevant rien du passé. En ce sens, le présent vivant est une évanescence, à laquelle la parole poétique donne forme, qui ouvre à la constitution d’un Je. Elle le dote d’une identité, conçue par sa matérialité, par son corps, d’une forme de souveraineté et de responsabilité.

Sergio VILLANI: L'audace du "maintenant"
"This is the moment," dit Obama pour désigner l'urgence de son moment historique pour renouveler une haute raison d'être personnelle et nationale. Cette communication explore dans l'œuvre de Guillevic les variantes de cet appel audacieux de saisir le moment afin de donner un nouvel élan à sa vie et à sa poésie.

Steven WINSPUR: Traduire les temps d'une vie: Art poétique
La remise en question par Guillevic de l'écoulement des instants (que l'on constate dans Maintenant et dans Art poétique), ou bien sa condamnation du genre romanesque (dans Lieux communs) pourrait nous faire croire que ses poèmes protestent contre le temps tout court. J'essaierai de démontrer toutefois qu'ils insistent sur un foisonnement de temps multiples caractérisant la vie des organismes. Par conséquent, lire la poésie de Guillevic nous apprend a écouter le bruit sourd des devenirs qui échappent au chronomètre.

Tanguy WUILLÈME: Joie de la permanence et cris du possible
Se concentrer sur le "maintenant" de Guillevic, c'est lui appliquer ce que lui-même traduisait de l'être et de l'humain: mettre à jour le non-encore-là, le non advenu mais que seule la poésie peut rendre visibles et possibles. Au plus proche, dans le brin d'herbe, il y a plein de latences. Dans l'obscurité de l'instant vécu, des forces du passé et surtout de l'avenir nous traversent. Les cris du possible qui émanent de sa poésie prennent source dans une attention insistante portée à la Nature et à l'humain, qui les sauvent de l'invisibilité et de l'incompréhension. Une espérance utopique cherche à donner forme et goût à une joie plus accomplie. Cette joie, rarement présente au XXème siècle, nous semble promouvoir une dilation de l'existence et un appel au meilleur.

BIBLIOGRAPHIE :

Les derniers colloques

. Lectures de Guillevic, approches critiques
, textes réunis par Sergio Villani, Paul Perron et Pascal Michelucci, éd. Legas, Toronto, Canada, 2002.
. Guillevic la passion du monde, Actes du colloque international de poésie, les 24 et 25 mai 2002, Université d’Angers, centre d’Etudes et de recherche sur Imaginaire, Ecritures et Cultures, textes réunis par Jacques Lardoux, Presses de l’Université d’Angers, janvier 2004.
. Mots et images de Guillevic, sous la direction de Jean-Pierre Montier, col. "Interférences", Presses Universitaires de rennes, colloque du Centenaire organisé à Rennes 2, les 7 et 8 février 2007 et les 9 et 10 février à Carnac.

Monographies récentes

. Auricoste Marianne, Guillevic, Les noces du goéland, L'Harmattan, 2007.
. Brophy Michael, Eugène Guillevic, Rodopi, Amsterdam, 1993.
. Fournier Bernard, Le Cri du chat-huant, essai sur le lyrisme de Guillevic, L'Harmattan, 2002.
. Gaubert Serge (dir.), Lire Guillevic, Presses Universitaires, Lyon, 1983.
. Labidoire Monique W., S'aventurer avec Guillevic, Editinter[2], Soisy-sur-Seine, 2006.
. Le Treut Brigitte, L'Univers imaginaire de Guillevic, La Part Commune, 2007.
. Mitchell Anne-Marie, Guillevic, Le Temps parallèle, Marseille, 1989.
. Pierrot Jean, Guillevic ou la sérénité gagnée, Champ Vallon, Seyssel, 1984.
. Tortel Jean, Guillevic, nouvelle édition entièrement remaniée, Poètes d'aujourd'hui, Ed. Pierre Seghers, Paris, 1962.

Articles

. L’année du centenaire de la naissance de Guillevic, 2007, a donné lieu à de nombreux articles isolés ou dans des numéros spéciaux, notamment Europe et Nu(e).

Autres

. Lieux communs (feuillets des années 1930), présentés par Michael Brophy, Halifax, Nova Scotia, Canada, Ed; V.V.V., août 2006.
. Mais, dire, dessins de René Moreu, Paris, Ed. du Coucou, 2007.

Guillevic aux Editions Gallimard

Collection "Blanche"
. 1942: Terraqué. Poèmes.
. 1947: Exécutoire. Poèmes.
. 1949: Gagner. Poèmes 1945-1948. Edition définitive en 1981.
. 1954: 31 sonnets. Préface de Louis Aragon.
. 1961: Carnac. Poème.
. 1963: Sphère. Poèmes.
. 1966: Avec. Poème.
. 1967: Euclidiennes. Poèmes.
. 1969: Ville. Poème.
. 1970: Paroi. Poème.
. 1973: Inclus. Poème.
. 1977: Du domaine. Poème.
. 1979: Etier. Poèmes 1965-1975.
. 1980: Autres. Poèmes 1969-1979.
. 1981: Trouées. Poèmes 1973-1980.
. 1983: Requis. Poème 1981-1984.
. 1987: Motifs. Poème 1981-1984.
. 1987: Creusement. Poèmes 1977-1986.
. 1989: Art poétique. Poème 1985-1988.
. 1990: Le chant. Poème 1987-1988.
. 1993: Maintenant. Poème 1986-1992.
. 1996: Possibles futurs. Poèmes 1982-1994.
. 2002: Quotidiennes. Poèmes 1994-1996.
. 2004: Présent. Poèmes 1987-1997.
. 2007: Relier. Poèmes 1938-1996.

Collection "Poésie/Gallimard" (rééditions)
. 1968: Terraqué, suivi de Exécutoire.
. 1977: Sphère, suivi de Carnac.
. 1985: Du domaine, suivi de Euclidiennes.
. 2001: Etier, suivi de Autres.
. 2005: Art poétique, précédé de Paroi et suivi de Le chant.
. 2007: Possibles futurs.

Gallimard Jeunesse
. 1981: Fabliettes, illustrations de Laurie Jordan, coll. "Folio benjamin"
. 1991: Echos, illustré par Hélène Vincent, coll. "Folio cadet or".
. 2001: Echos, disait-il, illustrations d'Hélène Vincent, coll." Enfance en poésie".
. 2003: Guillevic, choix de poèmes, réuni et présenté par L.A.G., coll "Folio junior".
. 2007: Eugène et la chouette, illustrations d'Hélène Vincent, coll. "Enfance en poésie".

Guillevic chez d'autres Editeurs

. 1951: Terre à bonheur, Ed. Seghers.
. 1951: Les chansons d'Antonin Blond, Ed. Seghers, Cahiers "P.S", n°12.
. 1951: Envie de vivre, Ed. Seghers, Cahiers « P.S. », n°12.
. 1971: Encoches, Editeurs français réunis.
. 1973: Hippo et Hippa, illustrations de Yutaka Sugita, "Le Cert Paradis", Ed. Hachette.
. 1975: Médor-Tudor, images d'Arnaud Laval, Ed. La Farandole.
. 1976: La danse des korrigans, images de Sophie Mathey, Ed. La Farandole.
. 1977: Babioles, frontispice de Giai-Minet, Ed. Regard-Parole.
. 1978: Conjugaison, Ed. Commune Mesure.
. 1978: Fabliettes, Ed. Commune Mesure, Paris.
. 1980: Babiolettes, coll. "L'Enfant et la Poésie", Ed. Saint-Germain-des Prés.
. 1988: Itou et Vicomte, illustrations de Sophie Kniffke, Bordas, "Bibliothèque des benjamins".
. 1988: La souris sans logis, illustrations de Mireille Delon Boltz, Bordas, "Bibliothèque des benjamins".
. 1989: Limaille, illustrations d'Hélène Vincent, Les Editions minuscules. Réédition: Ed. Mots et Sortilèges, 1996.
. 1992: Le hanneton et la papillon, illustrations d'Hélène Vincent, Ed. Limaille.
. 1995: Pense-Bêtes, illustrations d'Hélène Vincent, Draguignan, Ed. Lo Païs, coll. "Enfance".
. 2001: Proses ou Boire dans le secret des grottes, Ed. Fischbacher.
. 2004: Pas si bêtes, Paris, Ed. Seghers Jeunesse.
. 2006: L'île de Noé, illustrations d'Adrien Chapuis, Ed. du Rocher, coll. "Lo Païs d'enfance".
. 2007: L'âne révolté, illustrations d'Hélène Vincent, Ed. du Rocher, coll. "Lo Païs d'enfance".

Entretiens

. 1980: Vivre en poésie, avec Lucie Albertini et Alain Vircondelet, Paris, Stock (Réédition, Le temps des cerises, 2007).
. 1982: Choses parlées, avec Raymond Jean Seyssel, Champ Vallon.
. 1997: Guillevic/Jacques Lardoux, Humour Terraqué, entretiens lectures, Presses Universitaires de Vincennes.
. 1998: Guillevic, Un brin d'herbe après tout, avec Jean Yves Erhel, La Part commune.
. 2006: Du pays de la pierre, avec Boris Lejeune et Lucie Albertini, Ed. de la Différence.


Avec le soutien du Conseil régional de Bretagne
et
du Centre régional des Lettres de Basse-Normandie




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