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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2014 : un des colloques







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SHERLOCK HOLMES :

UN NOUVEAU LIMIER POUR LE XXIe SIÈCLE


DU LUNDI 25 AOÛT (19 H) AU LUNDI 1er SEPTEMBRE (14 H) 2014

DIRECTION : Hélène MACHINAL, Gilles MENEGALDO, Jean-Pierre NAUGRETTE

ARGUMENT :

Sherlock Holmes comme archétype du détective moderne est devenu une référence obligée, et son succès populaire ne s'est pas démenti depuis 1887 jusqu’à nos jours où pièces de théâtre, films, séries télévisées, bandes dessinées, romans contribuent à transformer, comme autant de réécritures, le personnage de fiction en l'une des grandes figures mythiques de notre horizon contemporain.

Si Sherlock Holmes pose des questions essentielles à nos modes de pensée et de cognition, aussi bien dans le champ de la science, de la médecine, que de la philosophie, c’est sans doute parce que notre époque, plus victorienne qu’il n’y paraît, ne cesse de questionner les enjeux complexes d’une epistemè des années 1870-1900 dont Doyle, lui-même médecin, se faisait l’écho.

Enquêter sur la jeunesse et la genèse du personnage permet de mieux saisir les enjeux de sa présence décapante comme jeune détective dans notre monde contemporain où règnent ordinateurs et téléphones portables, où détection et communication se répondent, comme l’illustre la série BBC: Sherlock: un nouveau limier pour le XXIe siècle.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 25 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 26 août
Matin:
Hélène MACHINAL, Gilles MENEGALDO & Jean-Pierre NAUGRETTE: Introduction
Jean-Pierre NAUGRETTE: Sherlock Holmes et le grain du papier [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen et sur le site France Culture Plus]
Alberto MANGUEL: Jorge Luis Borges, auteur de "Sherlock Holmes" (texte lu par Hélène MACHINAL)

Après-midi:
Dominique MEYER-BOLZINGER: Sherlock Holmes et l’imaginaire de l’autopsie
Hélène MACHINAL: La série Sherlock (BBC), de Babbage à Wiener


Mercredi 27 août
Matin:
Laura MARCUS: Enacting Holmes: Performance and Impersonation in Fiction and Film
Christian CHELEBOURG: Dans la famille Holmes, la sœur: The Enola Holmes Mysteries de Nancy Springer

Après-midi:
Antoine FAIVRE: Sherlock Holmes à l’écran muet (de 1900 à 1931)
Maud DESMET: Imagination, génie et folie: les héritiers de Sherlock Holmes dans les séries télévisées contemporaines


Jeudi 28 août
Matin:
Olivier COTTE: La figure de Watson dans les adaptations audio-visuelles
Camille FORT: La représentation de Londres dans les nouvelles et la série Sherlock (BBC)

Après-midi:
Claire LARSONNEUR: "Brainy is the new sexy" ou la couture du sens chez Moffat


Vendredi 29 août
Matin:
Lauric GUILLAUD: Démarquages, pastiches, avatars et réinventions de Sherlock Holmes (Première partie)
Caroline RENOUARD: Sherlock Holmes sur les planches, d’un siècle à un autre

Après-midi:
DÉTENTE


Samedi 30 août
Matin:
Richard DURY: Les fonctions du dialogue chez Doyle
Christian CHELEBOURG: Sherlock Holmes and Co

Après-midi:
Gilles MENEGALDO: Sherlock Holmes et Jack the Ripper: l’entrecroisement de deux mythes
Julien GUIEU: Sherlock Holmes contre Don Juan, ou The Case of the Broken Flowers


Dimanche 31 août
Matin:
Mariaconcetta COSTANTINI: Sherlock Holmes's precursors: eccentrics, amateur sleuths and Oriental mysteries in Wilkie Collins
Lauric GUILLAUD: Démarquages, pastiches, avatars et réinventions de Sherlock Holmes (Seconde partie)

Après-midi:
Arnaud HUFTIER: Le Sherlock Holmes américain (Harry Dickson) de Jean Ray ou comment importer les sectes
Jean-Paul MEYER: Diffraction de l’image narrative: Sherlock Holmes dans le vitrail

Table ronde, animée par Christian CHELEBOURG et Jean-Paul MEYER, avec Olivier LEGRAND (co-scénariste de la série BD "Les Quatre de Baker Street")


Lundi 1er septembre
Matin:
Bilan du colloque

Après-midi:
DÉPARTS

En soirées: projections de films

RÉSUMÉS :

Olivier COTTE: La figure de Watson dans les adaptations audio-visuelles
Le personnage de Sherlock Holmes est devenu une icône, plus connue souvent que le nom de son créateur, et constitue la figure centrale des 60 histoires, plaçant souvent Watson en retrait. Les très nombreuses adaptations audio-visuelles du canon ou de ses variations ne font pas exception à cette règle. Mais pas toujours. Et si Holmes est difficile à modifier en profondeur car doté d’une personnalité écrasante, Watson, plus ordinaire, subit au contraire des transformations plus ou moins heureuses. Il faut dire que son rôle originel souffre d’imprécisions: est-il un simple colocataire? Un faire-valoir? Le double moralisateur de Holmes? Son disciple? Son boulet? Le spécialiste en médecine? Son souffre-douleur? Son porte-flingue? Le rôle qui lui échoit dépend de nombreux facteurs, allant de la nationalité de la production comme de son époque, jusqu’au choix du casting et du libre-arbitre (voire du niveau de compréhension) du duo scénariste/réalisateur. Sans aller jusqu’à analyser chaque production tant elles sont nombreuses, le sujet sera développé autour de quelques variations récurrentes présentes sur le grand et petit écran.

Publication
Scénariste de L’ultime défi de Sherlock Holmes, bande dessinée, éditions Casterman, dessin: Jules Stromboni, 2010.


Maud DESMET: Imagination, génie et folie: les héritiers de Sherlock Holmes dans les séries télévisées contemporaines
À la fin des années 2000, un enquêteur d’un genre nouveau apparaît dans la fiction policière. C’est un enquêteur atypique, imprévisible, et qui ne respecte pas les conventions sociales. Endossant la plupart du temps la fonction de consultant, il a un don particulier souvent hérité de son vrai métier ou de ses expériences passées. Ancien médium et hypnotiseur doué de dons d’observation et de manipulation (Mentalist1), ancien condamné innocenté que la prison a rendu différent dans sa vie quotidienne et dans ses relations aux autres (Life2), expert dans la détection du mensonge (Lie to Me3), écrivain fantaisiste et immature (Castle4), professeur de neuroscience schizophrène (Perception5), l’enquêteur atypique ne se conduit pas comme tout le monde et surtout pas comme un policier ordinaire. Il a toujours une méthode d’investigation très personnelle basée sur un mélange d’intuition et d’analyse psychologique souvent assez simplificatrice. Au regard de la majorité des séries contemporaines, il est indéniable que le nouveau héros de la fiction policière n’est plus l’inspecteur de police mais le consultant qui l’accompagne et l’aide à résoudre des affaires criminelles grâce à son talent particulier. Si Sherlock Holmes avait une fonction proche de celle-ci dans les romans de Conan Doyle, l’utilisation du terme de consultant pour définir ce type d’enquêteur est quant à elle, très contemporaine6. L’actualisation de la fonction de Holmes est d’ailleurs tout à fait explicite dans la version moderne et new-yorkaise de ses aventures que donne à voir la série Elementary7 dans laquelle Sherlock est bel et bien présenté sous cette nouvelle fonction de consultant. La filiation entre ce nouveau type d’enquêteur et Sherlock Holmes ne se limite pas à ce rôle de consultant. Il s’agira donc de voir comment ces nouveaux enquêteurs héritent d’une imagination prolixe qui comme chez Holmes est la preuve de leur génie mais les condamne aussi à la marginalité et les mène parfois à côtoyer dangereusement les frontières de la folie. Investigateurs de l’enquête autant que du récit, ces héritiers d’Holmes (Mentalist, Perception) ou ces figures modernisées de Sherlock (Elementary, Sherlock) peuvent également être désignés comme de nouvelles incarnations du mélancolique qu’Aristote définissait comme un être "d’exception" et de "génie". Les réminiscences de la personnalité complexe du héros de Conan Doyle ne peuvent mieux s’envisager qu’à travers cet état mélancolique qui caractérise ces nouveaux enquêteurs atypiques, héros contrariés des séries policières contemporaines.

1 Mentalist (The Mentalist), série américaine créée par Bruno Heller (2008-toujours en production).
2 Life (Life) série américaine créée par Rand Ravish (2007-2009).
3 Lie to Me (Lie to Me), série américaine créée par Samuel Baum (2009-2011).
4 Castle (Castle) série américaine créée par Andrew W. Marlowe (2009-toujours en production).
5 Perception (Perception) série américaine créée par Kenneth Biller et Mike Sussman (2012-toujours en production).
6 Cette fonction n’apparaît sous cette appellation spécifique que dans les fictions policières de la fin des années 2000.
7 Elementary (Elementary), série américaine créée par Robert J. Doherty (2012-toujours en production).
8 Denis Mellier, "L’illusion logique du récit policier", in Philosophies du roman policier, ENS éditions, Fontenay –St Cloud, 1995, p. 84.


Richard DURY: Les fonctions du dialogue chez Doyle
Le discours direct dans les contes de Sherlock Holmes occupe une grande partie du texte: des conversations et des confrontations dramatiques bien sûr, mais aussi un grand nombre de récits (ou récits partiels) enchâssés. Certaines fois, les enchâssements arrivent au troisième et au quatrième niveaux. Doyle ne fait pas grand effort à différencier ces voix diverses, mais les utilise pour créer une structure narrative plastique, où la scène, tout comme au cinéma, se déplace agilement dans le temps et dans l’espace. Une technique associée que Doyle utilise sont les transitions de désorientation momentanées, un peu comme le montage éclaté dans le cinéma, où le lecteur doit attendre une seconde phrase pour comprendre la première: typiquement le discours direct suivi de son contexte explicatif.

Antoine FAIVRE: Sherlock Holmes à l’écran muet (de 1900 à 1931)
Le muet suscite de la nostalgie et possède des caractéristiques qui lui sont propres. Parcouru par Sherlock Holmes et devenu de moins en moins, grâce à l'invention de supports nouveaux, un "monde perdu", on y voit ce personnage revêtir des aspects aussi variés que dans ses apparitions sonores, et souvent bien différents de celles-ci. Sa toute première présence, dans Sherlock Holmes Baffled (bande de trente secondes, en 1900), relève déjà de la parodie, comme d'autres qui suivent, inspirées de Georges Méliès. Quasiment tous les films muets sont produits et réalisés dans le monde occidental, et c'est pourtant à la Chine qu'on doit le tout dernier: The Casebook of Sherlock Holmes, dirigé par Li Pingqian, sorti en 1931, donc au moment où le son a déjà droit de cité. Trop d'œuvres ont disparu, quoique parfois bien documentées historiquement (par exemple, Sherlock Holmes, avec William Gillette, dirigé par Arthur Berthelet, tourné en 1916 aux Studios Essanay dans lesquels s'illustre un certain Charlie Chaplin). De même qu'au temps du parlant, nombreuses sont les bandes - telle une série danoise tournée de 1908 à 1911 - dans lesquelles on ne retrouve pas les intrigues tissées dans le canon de la geste holmésienne. De cet ensemble hétéroclite et vaste (en tout, cent cinquante six courts, moyens et longs métrage, dont une cinquantaine de parodies) se dégagent quelques œuvres méritant de figurer en bonne place dans l'histoire du Septième Art. Ainsi, Sherlock Holmes (1922), dirigé par Albert Parker, avec John Barrymore dans le rôle de notre limier; et plusieurs des très nombreux films (Stoll Pictures, 1921-1923) où Eille Norwood joue ce rôle, reflets des célèbres illustrations dues à Sidney Paget. Cette communication fera état de la recherche et des travaux consacrés au sujet; une bibliographie, ainsi qu'une filmographie, seront mises à la disposition des participants.

Antoine Faivre est professeur émérite des Universités, consacre à l'histoire du cinéma une partie de ses activités. Membre de plusieurs jurys de thèses consacrées au Septième Art, il s'intéresse aux figures mythiques qui constellent celui-ci, notamment dans le monde anglo-saxon, et à leurs créateurs en littérature de fiction.
Publications
"Préface" à: Jean-Jacques Couderc, Les Petits maîtres du Burlesque américain 1909-1929, Paris: CNRS Éditions, 2000, pp. IX-XI.
"Sir Arthur Conan Doyle et les esprits photographiés", pp. 305-333, dans R. L. Stevenson & A. Conan Doyle. Aventures de la fiction (Gilles Menegaldo & Jean-Pierre Naugrette, éd.), Rennes: Terre de Brume, 2003.
"Borrowings and Misreading: Edgar Allan Poe’s’Mesmeric’ Tales and the Strange Case of their Reception", dans  Aries. Journal for the Study of Western Esotericism, 7:1, pp. 21-62, 2007.
"Betty Boop ou les métamorphoses d’Eros", dans L’Érotisme au cinéma (Numéro Hors-série, n°3 de Info-Ciné (Serge Mauroy & Martial Dassonville, éd.), pp. 10-15, juin 2008.


Camille FORT: La représentation de Londres dans les nouvelles et la série Sherlock (BBC)
Si la mythologie d'un personnage emprunte à celle d'un lieu, Sherlock Holmes ne fait pas exception, qui convoque l'image d'une Londres convulsive, saisie par la modernité, pétrie de brouillard et d'équivoque. Or la série Sherlock semble moins encline à renouveler cette part du mythe (le brouillard le plus spectaculaire fait irruption dans le seul épisode des premières saisons qui se passe... hors de Londres) offrant l'image d'une Londres redevennue pittoresque. Pourtant, à bien regarder l'écran, les tropes se renouvellent sans s'effacer: entre lieu (voué à l'inscription) et espace (autorisant tous les déplacements), Londres, ville palimpseste à l'image du sens qui se dérobe sous les strates de signes, demeure partie prenante du mythe Sherlock.

Camille Fort est professeur de littérature anglaise et de traduction/traductologie à l'Université de Picardie Jules Verne (France). Elle a publié une monographie (Dérives de la parole dans les romans de William Golding, L'Harmattan) et une série d'articles sur les romanciers britanniques contemporains, sur le récit d'énigme anglophone et sur les problématiques de traduction. Elle termine de rédiger un essai, Le Mot de l'Enigme, sur la philosophie du langage et le roman policier traditionnel.

Julien GUIEU: Sherlock Holmes contre Don Juan, ou The Case of the Broken Flowers
Broken Flowers de Jim Jarmusch (2005) organise la rencontre de deux mythes, Don Juan et Sherlock Holmes, personnages littéraires et même trans-médiaux dont les noms ont en commun d’être passés dans le langage le plus courant. Si Don Johnston (Bill Murray) n’est de toute évidence que l’ombre du Don Juan qu’il fut dans sa jeunesse, et l’ombre de Holmes en tant que détective, c’est en fait tout le film qui est placé sous l’ombre de ce dernier. Diverses allusions plus ou moins explicites à la créature de Conan Doyle (citations de son prénom, présence de tropes holmésiens, discret profil du détective accroché sur un mur) permettent en effet de souligner l’amateurisme complet du détective et surtout l’illisibilité totale du monde dans lequel il est plongé - celle là même que Holmes sémiologue s’évertuait à nier. Loin d’être gratuite, la parodie holmésienne opérée à travers ce Don Juan moderne qui enquête sur son propre passé est en réalité porteuse de sens, malgré la circularité et l’inachèvement de l’enquête mise en scène par le film.

Docteur et agrégé d’anglais qualifié aux fonctions de maître de conférences en sections CNU n°11 et 18, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure de la rue d’Ulm, Julien Guieu travaille en priorité sur le film et le roman policiers. Sa thèse de doctorat, soutenue en novembre 2012 sous la direction du Pr. Jean-Pierre Naugrette, s’intitule "Esthétiques de l’indice dans le cinéma américain des années 2000".
Publication
"Du tueur en série au terroriste: de quelques méchants sans visage dans le cinéma américain des années 2000", Cycnos XXIX: 2, 2013.


Lauric GUILLAUD: Démarquages, pastiches, avatars et réinventions de Sherlock Holmes: des enquêtes de Solar Pons (1928-1971, August Derleth) aux réécritures d’Anthony Horowitz (The House of Silk, 2011) et de Graham Moore (Sherlockiana, 2011)
Il s'agira dans cette contribution d'évaluer les enjeux du développement de "l'écriture apocryphe" ou du "simulacre narratif" (N. Levet) des récits holmésiens en étudiant un échantillon représentatif de trois exercices de réécriture publiés de 1927 à 2011. Nous nous tournerons d'abord vers les enquêtes de Solar Pons d'August Derleth, qui montrent que le pastiche peut parfois engendrer une œuvre originale, annonciatrice de procédés post-modernes. Nous évoquerons ensuite deux réécritures récentes, La Maison de Soie d'Anthony Horowitz et 221 Baker Street de Graham Moore. La première approche, conservatrice, tente de restituer, sous forme d'hommage, l'authenticité du climat des enquêtes de Holmes; l'autre, influencée par la métafiction post-moderne, a recours à des techniques novatrices: jeux onomastiques, croos-over, recyclage de formes préexistantes, syncrétisme esthétique, détournement générique, emprunt ludique à l'actualité. Pour être "original" dans les réécritures, faudrait-il être fidèle à l'origine ou s'en démarquer? Une question "élémentaire"...

Lauric Guillaud, professeur émérite de littérature et de civilisation américaines à l'Université d'Angers, a publié nombre d'articles sur l'imaginaire anglo-saxon: l'œuvre de Conan Doyle, le gothique, le fantastique, le roman d'aventures ou les détectives de l'étrange. Ses principales publications incluent La Terreur et le sacré, Jules Verne face au rêve américain, King Kong, ou la revanche des mondes perdus, Nouveau Monde, autopsie d'un mythe (Ed. Michel Houdiard) et Le Retour des morts (Rouge Profond). Il a dirigé le CERLI de 2007 à 2013.
Bibliographie
Natacha Levet, Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran, Paris, Autrement, 2012.
Denis Mellier (dir.), Sherlock Holmes et le signe de la fiction, Fontenay, ENS Ed. Fontenay-Saint-Cloud, 1999.
August Derleth, Enquêtes de Solar Pons, Lyon, Les Moutons électriques, 2011.
Anthony Horowitz, La Maison de soie, Paris, Calmann-Lévy, 2011.
Graham Moore, 221 Baker Street, Paris, Presses-Pocket, 2011.


Claire LARSONNEUR: "Brainy is the new sexy" ou la couture du sens chez Moffat
Steven Moffat s'est spécialisé au sein du paysage audiovisuel britannique dans la réécriture de classiques sous formes de séries télévisées, y imprimant sa signature personnelle qui allie le souci du détail visuel et une manipulation jubilatoire du langage. La présente étude se propose d'examiner la manière dont il joue des codes vestimentaires masculins et de la figure victorienne du dandy, pour instaurer une forme de double-entendre systématique où l'indice se voit dédoublé par le vêtement et le mot d'esprit, en écho aux multiples doubles des textes qu'il adapte (Dr Jekyll and Mr Hyde, Sherlock Holmes) et dans un jeu de connivence appuyée avec le spectateur. La  récursivité (travail sur la notion de boucle, principe fondateur de ses intrigues de Dr Who) semble être la marque de fabrique de ces jeux de réécriture qui manient conjointement la référence intertextuelle, l'exploitation du format de la série et des pratiques numériques de lecture (l'hyperlien, l'extrait et le retour sur image).

Claire Larsonneur est Maître de conférences en littérature anglaise et traduction à l'Université Paris 8. Elle travaille principalement en littérature britannique contemporaine (I. McEwan, G. Swift, D. Mitchell), en littérature de voyage ainsi que dans le domaine des humanités numériques (traduction et numérique, le sujet digital).
Publications
Les Mots du territoire, Paris, Dexia Editions, 2005.
La Recherche Internet en lettres et langues, Paris, Ophrys, 2008.
Filles de scène, trad. de Playhouse Creatures, d'April de Angelis, Presses Universitaires du Mirail, février 2014.
Sélection d'articles
"Revisiting London's monuments: sidelining Martin Amis, Ian McEvan, Graham Swift", in (Re-)Mapping London. Visions of the Metropolis in the Contemporary Novel in English, Ed. Vanessa Guignery, Paris: Editions Publibook Université, 2008.
"Patrimoine / héritage: la mémoire en tensions", in Le Texte Etranger (2), dir. Claire Joubert, Presses de Vincennes, 2009.
"Location, location, location", in Etudes Britanniques Contemporaines (37), Presses Universitaires de la Méditerranée, pp. 141-152, décembre 2009.
"Pédagogie de la recherche lexicale en ligne: par delà Google", Cahiers de l'APLIUT, février 2010.
"Que faire de l'immonde Edmond dans King Lear?", in Poétique de l'étranger, n°7, février 2010.
"Traduction et numérique: le deuxième tournant", Plateforme IF Verso, février 2013.
"Put the blame on? A face off between the neuroscientist and the terrorist", Le Savant fou, dir. Hélène Machinal, Presses Universitaires de Rennes, 2013.


Natacha LEVET: Jeremy Brett: un nouveau Sherlock? La série de Granada Television entre rupture et continuité
Lorsque Granada Television produit la série Sherlock Holmes, l’iconographie relative au personnage est particulièrement figée, ce qui est le résultat de représentations multi-médiatiques qui vont de l’illustration à l’écran en passant par la scène. Sherlock Holmes est alors ce détective à deerstalker et manteau-cape qu’a contribué à figer Basil Rathbone. La série va s’attacher à secouer les stéréotypes en opérant un retour aux sources. Cette communication examinera les conditions de production (choix des récits adaptés, scénarios, choix de réalisation) et de diffusion qui ont assuré à la série son succès et montrera que, si elle rompt en grande partie avec l’imagerie figée de Sherlock Holmes jusque là véhiculée, cette série prend des libertés avec l’original, introduisant de subtiles différences avec les récits originels dont on examinera les enjeux.

Natacha Levet est maître de conférences (littérature) à l’Université de Limoges, membre du Centre de Recherche sur les Littératures Populaires et les Cultures Médiatiques. Elle consacre ses travaux au roman noir français contemporain (de la création de la Série Noire à aujourd’hui) et à Sherlock Holmes en tant que grande figure de la culture populaire mondiale.
Publication
Sherlock Holmes. De Baker Street au grand écran, Autrement, 2012.


Hélène MACHINAL
Hélène Machinal est professeur à l’Université de Bretagne Occidentale et membre du CEIMA/HCTI (EA 4249). Spécialiste de littérature fantastique, du roman policier et de la fiction spéculative au XIXe siècle, elle est l’auteur d’un ouvrage sur Arthur Conan Doyle (paru aux PU de Rennes en 2004) et, outre des articles consacrés à la fiction de la seconde moitié du XIXe siècle, elle a publié plusieurs articles sur la littérature britannique contemporaine (David Mitchell, Patrick McGrath, Deon Meyer, K. Ishiguro, K. MacLeod, W. Self, J. Winterson). Spécialisée dans la résurgence des figures mythiques dans la littérature et les arts contemporains, elle a dirigé un ouvrage intitulé Le Savant fou, paru aux Presses Universitaires de Rennes en 2013. Un second ouvrage intitulé PostHumain(s), frontières, évolutions, hybridités est en cours de publication aux PU de Rennes. Elle est responsable de deux projets de recherche: un projet InterMSH "Les confins de l'humanité" (http://confinshumanite.blogspot.fr/) et un projet international avec l'Afrique du Sud "Crime in Africa".

Dominique MEYER-BOLZINGER: Sherlock Holmes et l’imaginaire de l’autopsie
Par une lecture s’intéressant aux réseaux imaginaires, aux figures récurrentes, on propose d’observer les prolongements du modèle méthodologique holmésien (que j’ai appelé "modèle clinique", voir La Méthode de Sherlock Holmes, de la clinique à la critique) dans les textes, en montrant qu’on peut y reconnaître un imaginaire de l’autopsie. On peut établir un parallèle entre les moments de l’autopsie et ceux de l’enquête (clôture et fragmentation, lecture, interprétation). C’est un imaginaire spatial, lié à l’observation et au cheminement, et issu de l’assimilation du monde, du corps et du texte, comme objets de l’interprétation du détective. Ses principales structures sont la scène (fermée et statique) et la piste (ouverte et dynamique). Ses motifs récurrents: le coup d’œil (mise en scène du voir), l’inclinaison (posture de l’observation et questionnement sur l’inhumanité de l’observateur), le corps-texte, les pièces détachées... L’imaginaire de l’autopsie constitue un être au monde fondé sur la fragmentation, et l’articulation du voir et du dire, ce qui fonde la figure de l’enquêteur.

Dominique Meyer-Bolzinger est maître de Conférences en Littérature française. Spécialiste du roman policier, elle travaille sur les formes de l’enquête dans la littérature contemporaine.
Publications
Meyer-Bolzinger, Dominique, La méthode de Sherlock Holmes, de la clinique à la critique, Campagne Première, 2012.
Meyer-Bolzinger, Dominique, Une Méthode clinique dans l’enquête policière: Holmes, Poirot, Maigret, Liège, Editions du CEFAL, 2003.
Articles
Meyer-Bolzinger, Dominique, "Ce qui se cache dans la boite", Sigila n°31, L’Enigme, p. 139-147, 2013.
Meyer-Bolzinger, Dominique, "Sherlock Holmes est-il un héros pour la jeunesse?", in P. Clermont,  L. Bazin, D. Henky (dir.), Esthétiques de la distinction: gender et mauvais genres en littérature de jeunesse, Peter Lang, p. 239-250, 2013.
Meyer-Bolzinger, Dominique, Weisser, Marc, "Watson et les récits de l’enquête: quelques questions au paradigme indiciaire", Penser l’éducation, n°32, p. 88-106, 2012.
Meyer-Bolzinger, Dominique, "L’hypertrophie du voir dans le roman policier", in F. Toudoire-Surlapierre (dir.), Voir / être vu. Réflexions sur le champ scopique dans la culture et la littérature européenne, Editions L’improviste, p. 247-256, 2011.
Meyer-Bolzinger, Dominique, "Savoir et intuition dans le roman policier", in Isabelle Boof-Vermesse, Kornelia Slavova (dir.), Genre-genre(s) / Gender-genre, Sofia, St Kliment Ohridksi University Press, p. 104-115, 2010.
Meyer-Bolzinger, Dominique, "Les enquêtes de Sherlock Holmes: la vérité de la fiction", colloque "Etude clinique et modèles d’enquêtes", Séminaire d’Etudes Cliniques de la SPF, Grenoble, 21 octobre 2006, in Les Lettres de la SPF, n°19, p. 17-27, 2008.
Meyer-Bolzinger, Dominique, "Sherlock Holmes et la médecine", Temps Noir, n°6, p. 84-111, 2002.

Jean-Paul MEYER: Diffraction de l’image narrative: Sherlock Holmes dans le vitrail
Dans le vaste champ de l’adaptation littéraire en bande dessinée, le personnage de Sherlock Holmes a l’avantage du nombre autant que celui de l’ancienneté. Les aventures du célèbre détective ont en effet été transposées en images fixes narratives dès 1893, et l’importance du phénomène éditorial est aujourd’hui telle qu’il est devenu un objet d’étude à part entière (Tomblaine, 2011). De fait, le fil des reprises graphiques de Sherlock Holmes depuis 120 ans raconte à lui seul toute l’histoire de l’adaptation littéraire en BD, tant sa continuité et sa variété sont représentatives du genre. Deux productions récentes vont cependant au-delà des formes habituelles de l’adaptation. Il s’agit des séries Holmes (Cécil et Brunschwig) et Les Quatre de Baker Street (Djian, Legrand et Etien), publiées respectivement chez Futuropolis et chez Vents d’Ouest. Toutes les deux ont en commun de faire apparaitre Sherlock Holmes de manière indirecte, voire diffractée: à travers les cauchemars de Watson, hanté par le spectre de Holmes recherchant une vérité; à travers les regards et les paroles des jeunes enquêteurs travaillant pour le détective en son absence. Le récit graphique se prête particulièrement à cette diffraction de la figure de l’enquêteur. D’une part la composition en texte et en image des unités narratives produit une représentation et une énonciation doubles par nature. D’autre part la variation des plans et des angles permet une simultanéité et une superposition des points de vue. Dans ces deux séries, l’adaptation est davantage que la simple reprise d’un roman en BD. Elle est la fabrication d’une image figée, morcelée et magnifiée; un vitrail.
Corpus principal
Holmes par Cecil (Christophe Coronas) & Brunschwig (Luc Brunschwig), Futuropolis.
Livre I: L’Adieu à Baker Street (2008), Livre II: Les Liens du sang (2008), Livre III: L’Ombre du doute (2012).
Corpus secondaire
Les Quatre de Baker Street par Djian (Jean-Blaise Djian), Legrand (Olivier Legrand) & Etien (David Etien), Vents d’Ouest.
Tome I: L’Affaire du rideau bleu (2009), Tome II: Le Dossier Raboukine (2010), Tome III: Le Rossignol de Stepney (2011), Tome IV: Les Orphelins de Londres (2012).

Jean-Paul Meyer est maitre de conférences en sciences du langage à la Faculté des lettres de l’Université de Strasbourg. Ses enseignements concernent la linguistique (théories de référence, sémantique, pragmatique, etc.) et l’enseignement de la grammaire (transposition didactique). Parallèlement, ses activités de chercheur s’orientent vers la sémantique référentielle de la relation texte-image, dans ses divers contextes: image narrative, image de savoir, image commerciale, etc. Il mène depuis quelques années une étude de fond à propos de l’adaptation de romans en bande dessinée.
Publications récentes
Meyer, Jean-Paul, 2013, "De la littérature sur la planche. Formes de l'adaptation littéraire en bande dessinée", Lire au lycée professionnel, 70 [en ligne: http://www.educ-revues.fr/].
Meyer, Jean-Paul, 2012, "À propos des albums de BD adaptés de romans: De la transposition littéraire à la transposition didactique", in Rouvière, N., (éd.), Bande dessinée et enseignement des humanités, Grenoble, Ellug, 157-170.
Meyer, Jean-Paul, 2011, "Du roman à la bande dessinée. Double contrainte de la transposition narrative", Formules, 15, 7-18.
Meyer, Jean-Paul, 2008, "Trois aspects du décadrage dans la relation texte-image: L’exemple de Maigret tend un piège dessiné par Philippe Wurm", Degrés, 133, 1-18.


Jean-Pierre NAUGRETTE: Sherlock Holmes et le grain du papier
Dans nombre de nouvelles du corpus ou canon holmésien, le détective s'illustre dans son rapport matériel aux papiers - lettres, missives, notes diverses - qu'il reçoit, et qui constituent le départ de son enquête. Ils fonctionnent souvent comme des cryptogrammes qu'il s'agit de dé-chiffrer, comme dans "Le scarabée d'or" d'Edgar Allan Poe, auteur que Sir Arthur Conan Doyle admirait. L'examen minutieux par Holmes du grain du papier, de son filigrane, de sa texture lui permet de remonter à l'émetteur du message: il relève d'une "théorie des signatures" selon Giorgio Agamben dans Signatura rerum (Vrin, 2008). Tel le tabac, le papier selon Holmes a un parfum, une odeur distinctive qui permettent de classer son auteur dans son appartenance sociale, ses goûts, ses préférences. C'est le cas notamment dans "Un scandale en Bohème", première nouvelle des Aventures de Sherlock Holmes, qui fait ici l'objet d'une étude serrée. Holmes se définit ici comme lecteur de signes, de textes, de textures.
Le détective est aussi celui qui s'infiltre dans les codes des autres, les retournant à son profit, se substituant aux émetteurs dont il a percé la société secrète. Dès lors, il incarnerait plutôt la conception derridienne de l'écriture telle qu'elle est développée dans "Signature Evénement Contexte" (Limited Inc., Galilée, 1990), qui viserait au contraire à gommer le contexte de l'émission et de la destination des messages ou missives. Holmes se définirait ici plutôt comme scripteur. Son infiltration dans des systèmes codés annonce le hacker d'aujourd'hui, le pirate informatique qui s'avance masqué. Manière de distinguer entre identité et identification, entre resserrement de la signature et "espacement" (Derrida) de l'écriture moderne, conçue comme machine.

Jean-Pierre Naugrette est Professeur de littérature anglaise des XIX-XXe siècles à l'Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3. Il a co-organisé un colloque "Stevenson-Doyle: les aventures de la fiction" à Cerisy en 2000 (Terre de Brume, 2003). Il est traducteur (Le Chien des Baskerville, La Bibliothèque Gallimard) et auteur de plusieurs romans, dont le dernier, Exit Vienna (Le Visage vert, 2012), retrace les derniers jours de Freud à Vienne et à Londres. Son dernier livre s'intitule Pelé, Kopa, Banks et les autres... les dieux de mon enfance (La Différence).

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Avec le soutien
des Universités de Brest, Paris III et Poitiers