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" Page mise à jour le 24 août 2009 "



DU JEUDI 13 AOÛT (19 H) AU JEUDI 20 AOÛT (14 H) 2009



LIRE, JOUER IONESCO AUJOURD'HUI


DIRECTION : Norbert DODILLE, Jeanyves GUÉRIN, Marie-France IONESCO

EXPOSITION DE PHOTOS : "Eugène Ionesco à Cerisy"

ARGUMENT :

Une trentaine d’années après un premier colloque tenu à Cerisy avec la participation de l’auteur, et à l’occasion du centenaire de sa naissance, cette nouvelle rencontre s’efforcera de resituer avec plus de recul l’ensemble des créations d’Eugène Ionesco.

Le théâtre sera étudié aussi bien sous l’angle des écrits que, tenant compte de l’évolution des études théâtrales au cours des vingt dernières années et en s’appuyant sur des documents audiovisuels souvent inédits, sous l’angle des différentes mises en scènes. Quant à sa réception dans divers pays au fil des temps, elle sera examinée dans une perspective historique, littéraire et sociologique.

Avec l’espoir d’aboutir à une synthèse, seront abordés aussi l’œuvre picturale, insuffisamment considérée jusqu’à présent, ainsi que les journaux et interviews à travers lesquels l’auteur expose, et sur lui-même, et sur le théâtre, des considérations parfois contradictoires méritant l’interrogation. Enfin, grâce à la distance, l’on pourra se pencher sur la lucidité, qui n’a guère été partagée à son époque par beaucoup d’intellectuels, de son engagement politique.

Les communications, présentées par des universitaires, mais aussi par des metteurs en scène et des acteurs, seront accompagnées d’une exposition, de lectures et de documents audiovisuels qui feront revivre ce personnage-clef du théâtre du XXème siècle.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Jeudi 13 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Vendredi 14 août
Matin:
Marie-France IONESCO: Pourquoi j'écris?
Marie-Claude HUBERT: Le mysticisme dans le théâtre d'Eugène Ionesco

Après-midi:
Pascale ALEXANDRE-BERGUES: "Finalement, je suis pour le classicisme" (Ionesco, Bref, 1956)
Benoît BARUT: "J'ai donc essayé d'amplifier le langage théâtral". L'outil didascalique dans le théâtre de Ionesco

Soirée:
Spectacle "La Vase" (Compagnie Le Souffleur de Verre, F. GAILLARD)
(Plus d'informations: Spectacle "La Vase": http://www.souffleurdeverre.fr/lavase ; Compagnie Le Souffleur de Verre: http://www.souffleurdeverre.fr)


Samedi 15 août
Matin:
Julia GROS de GASQUET: Jouer Ionesco, l'acteur défendu
Sonia de LEUSSE-LE GUILLOU: Eugène Ionesco et la peinture

Après-midi:
Lucia MANEA: Les voix et le silence des couleurs dans l'œuvre plastique et littéraire d'Eugène Ionesco
Yannick HOFFERT: Chorégraphies de Ionesco

Projection de La Cantatrice chauve, mise en scène par Jean-Luc Lagarce


Dimanche 16 août
Matin:
Jeanyves GUÉRIN: Maîtres, docteurs et orateurs. Figures de l'intellectuel dans le théâtre d'Eugène Ionesco
Rafael RUIZ ÁLVAREZ: La Leçon, de Ionesco. Réinterprétation des symboles socioculturels à travers les différents langages de la mise en scène

Après-midi:
Entretiens avec des hommes de théâtre (François BERREUR, Jean-Damien BARBIN), avec Marie-France IONESCO et Norbert DODILLE

Gérard POULOUIN: Le CIEL et l'horizon humain


Lundi 17 août
Matin:
Norbert DODILLE: Des mises en scène de soi dans les textes autobiographiques
Jean-Yves TADIÉ:
Les âges de la vie dans l'œuvre de Ionesco

Après-midi:
DÉTENTE


Mardi 18 août
Matin:
Corinne FLICKER: Mises en scène et réception de Macbett, Shakespeare notre contemporain
Thomas PAVEL: In via, in patia (texte enregistré)
Gilles ERNST: La mort dans l'œuvre de Ionesco (texte lu)

Après-midi:
Audrey LEMESLE: Le traitement de l'image dans Amédée ou Comment s'en débarrasser
Nathalie MACÉ: Ecrivain(s) et création théâtrale dans Victimes du devoir

Soirée:
Spectacle "Rhinocéros - Résister" (Théâtre de la Fronde, J.-M. SIRGUE)


Mercredi 19 août
Matin:
Clara DEBARD: Parodie et réel dans les Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains
Michel BERTRAND: L'éternelle actualité de La Cantatrice chauve et de La Leçon

Après-midi:
Catarina FIRMO: Jouer l'invisible dans la scène tragicomique des Chaises: enjeux esthétiques et voies dramaturgiques
Michel PRUNER: Le Nouveau Locataire, une dramaturgie de l'objet

Réception internationale, avec Kenji OKA (Eugène Ionesco et le Japon) et Sophie BASTIEN (Propagation nord-américaine de la rhinocérite)


Jeudi 20 août
Matin:
Réception internationale, avec Ana Clara SANTOS (Réception du théâtre de Ionesco au Portugal), Cécile VILVANDRE (Réception du théâtre d'Eugène Ionesco en Espagne (1955-2004)) et Ahmad KAMYABI MASK (Ionesco en Iran)

Conclusions

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Pascale ALEXANDRE-BERGUES: "Finalement, je suis pour le classicisme" (Ionesco, Bref, 1956)
Le titre de la communication reprend une formule de Ionesco, publiée dans Bref en 1956, l’année même où Anouilh faisait paraître en première page du Figaro un article où il comparait Ionesco à Molière. Le classicisme dont se réclame Ionesco a de quoi dérouter chez un dramaturge habituellement rangé dans l’avant-garde provocatrice des années cinquante. Il s’agira de comprendre et de définir ce nouveau paradoxe chez un dramaturge qui les affectionne: provocation ou évolution?

Références Bibliographiques :

Alexandre-Bergues, Pascale, Didier Alexandre, et Laboratoire d'études et de recherches théâtrales, Le Dramatique et le lyrique dans l'écriture poétique et théâtrale des XIXe et XXe siècles, Besançon/Paris, Presses universitaires franc-comtoises/diffusion les Belles lettres, coll. "Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté", 2002, 454 p.
Alexandre-Bergues, Pascale, et Jeanyves Guérin, De Claudel à Malraux. Mélanges offerts à Michel Autrand, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, coll. "Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté", 2004, 452 p.
Alexandre-Bergues, Pascale, L'"Echange" de Paul Claudel, Besançon, Presses universitaires franc-comtoises, coll. "Annales littéraires de l'Université de Franche-Comté", 2002, 251 p.
Alexandre, Pascale, Traduction et création chez Paul Claudel. "L'Orestie", Paris, H. Champion, coll. "Littérature de notre siècle", 1997, 263 p.
Alexandre-Bergues, Pascale, et Eugène Ionesco, Pascale Alexandre-Bergues présente "Le roi se meurt" d'Eugène Ionesco, Paris, Gallimard, coll. "Foliothèque", 2005, 218 p.


Benoît BARUT: "J'ai donc essayé d'amplifier le langage théâtral". L'outil didascalique dans le théâtre de Ionesco
En tant qu’auteur du Nouveau Théâtre, Ionesco porte un intérêt renouvelé aux langages scéniques puisqu’ils sont destinés à relayer le langage verbal jugé défaillant. Ses didascalies, qu’il juge nécessaires et suffisantes, lui permettent d’assumer tous les rôles, depuis celui de chef-éclairagiste jusqu’à celui de régisseur-plateau. Il est un écrivain scénique qui ne propose pas un style didascalique uni mais fait flèche de tout bois. Il ne connaît guère de règle didascalique et, pour transcrire sa vision scénique, il a recours à tout ce qui peut lui servir, y compris ce qui excède apparemment la scène: supplémentation poétique, écarts narratifs et ludiques, etc. Sans être parmi les plus colorées, les indications de Ionesco refusent de s’en tenir à la traditionnelle voix blanche: elles ont la richesse de la langue parlée. La fin scénique justifie les moyens didascaliques, tant du point de vue de la quantité que de la qualité. Certaines lois tacites de la didascalie se voient donc bousculées: l’amplification du langage théâtral passe par un développement des possibilités de l’outil didascalique, dont nous rendrons compte.

Sophie BASTIEN: Propagation nord-américaine de la rhinocérite
Cette communication consiste en un compte rendu analytique de l’étonnante représentation de Rhinocéros qui était à l’affiche en 2007 au Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal. Elle examinera les coupures et ajouts effectués à même le texte d’Ionesco, mais surtout les choix esthétiques qui ont été privilégiés quant aux composantes de la représentation théâtrale: jeu, costumes, scénographie et autres codes du langage scénique. Elle en fera ressortir le caractère postmoderne, qui se dégageait notamment d’une participation intermédiale par la présence d’écrans géants sur le plateau et par l’intervention technologique récurrente. L’ensemble de cette interprétation s’ancrait de plus dans une actualité brûlante sur le plan socio-politique, avec des allusions aux événements du 11 septembre 2001. Force sera de constater l’adaptabilité de Rhinocéros et sa pertinence aujourd’hui. Il faudra finalement dire un mot de la réception publique, car elle constitue un autre facteur qui atteste la vitalité de la pièce.

Michel BERTRAND: L'éternelle actualité de La Cantatrice chauve et de La Leçon
"Le 16 février 1957, le Spectacle Ionesco est représenté sur la scène du Théâtre de la Huchette pour une petite série... qui ne s’est jamais arrêtée". C’est en ces termes que l’administration du petit théâtre parisien annonce les festivités qu’elle a prévues pour célébrer l’événement unique que constitue dans la chronique du théâtre contemporain le cinquantenaire d’un spectacle dont le succès année après année ne se dément pas. Déjà, dans "Les quinze ans de ma cantatrice", Ionesco écrivait, émerveillé: "Depuis huit ans, la troupe de Nicolas Bataille le joue à la Huchette" (Antidotes). Ce phénomène atypique constituera le point de départ d’une réflexion que nous désirerions consacrer à l’éternelle jeunesse de deux pièces, La Cantatrice chauve et La Leçon, suscitant depuis leur création, la première en 1950 et la seconde en 1951, tant des mises en scène qui en renouvellent chaque fois la teneur et la portée, que des réécritures qui, sans trahir le texte originel, en déplacent le propos, en modifient les données de l’action dramatique, voire en subvertissent les caractéristiques génériques.
L’actualité du texte qui autorise ces incessantes actualisations étant, selon Gérard Genette (Palimpsestes), inscrite dans le texte même, nous retiendrons trois des motifs se situant au centre des deux pièces, le langage, la communication entre les êtres et le désir de domination qui gouverne toute relation interpersonnelle. Puis, procédant de l’analyse de l’expression de ces thèmes au sein des textes vers leur inscription hypertextuée, nous dégagerons variantes et similantes, afin de déterminer si les réécritures procèdent à des appropriations pro domo du discours initial ou si leur dessein réside en un éclairage singulier du texte-souche. Enfin, revenant aux textes de Ionesco, nous nous efforcerons d’apprécier la pertinence de ces "textes fantômes" (Michel Charles) que réécritures textuelles et scéniques ont identifiés dans l’œuvre ionescienne.

Clara DEBARD: Parodie et réel dans les Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains
En mai 1964, Eugène Ionesco écrit une trentaine de dialogues destinés à être insérés dans un manuel de français pour étudiants américains. Vingt d’entre eux sont retenus dans l’ouvrage pédagogique Mise en train, qui paraît en 1969. Nous questionnerons les procédés et les enjeux de l’écriture, dont les motivations et les destinataires semblent ambigus. Si Ionesco a répondu à la demande du Professeur Michel Benamou, dès février 1966, les textes tombent aux mains des gens de théâtre. L’écriture est-elle réellement pédagogique, utopique, parodique ou proprement théâtrale? L’apprentissage n’est-il que prétexte à la construction dramatique ou la théâtralité de la langue française vue par un regard pseudo-étranger permet-elle d’aborder une nouvelle fois l’épaisseur du réel? Au-delà des "sketchs" comiques en eux-mêmes, il importe d’étudier la structure d’ensemble de l’ouvrage et le statut du texte ionescien, parenthèse ou divertissement improbable au sein des leçons et des exercices. Grammaire, phonétique, réel, parodie et théâtralité se rencontrent de manière nouvelle, après La Cantatrice chauve, La Leçon et Les Salutations. Entre argumentation et écrit personnel, le texte semble poser la question du genre et des catégories de l’écrit, toujours à recréer.

Catarina FIRMO: Jouer l'invisible dans la scène tragicomique des Chaises: enjeux esthétiques et voies dramaturgiques
En janvier 1952, dans une lettre adressée à Sylvain Dhomme, Ionesco envisageait un scénario où "les chaises, les décors, le rien se mettraient à vivre inexplicablement"1. Dans cette représentation du néant, des objets passifs sont devenus signes d’une dynamique des êtres invisibles. La dramaturgie ionescienne se fonde sur des contrepoints scéniques, dont le tragicomique semble le plus incontournable. Celui-ci va de pair avec un ensemble d’oppositions qui se manifestent en scène: l’invisible joué en tant que visible métaphorise une logique à l’envers ; le geste qui s’oppose à la parole exprime l’antagonisme entre fond et forme; la signification qui s’oppose à l’intonation rend compte de l’antithèse dénotation/ connotation. Parmi les techniques contrepointives, nous privilégions le cadre scénique des personnages invisibles, en rapport avec le jeu et la construction des personnages visibles. Dans quelle mesure, le jeu de l’invisible peut-il rendre compte du tragicomique? A partir de cette interrogation, nous nous proposons de mener une réflexion sur les lignes esthétiques ionesciennes, en articulant les thématiques philosophiques et les éléments scéniques conçus dans Les chaises. Nous sommes encore frappés par la façon dont ces lignes de la dramaturgie ionescienne sont revisitées par les voies performatives contemporaines, tels que ceux de Peter Brook, Pina Bausch et Bob Wilson. Dans leurs créations, le côté machinal des personnages évoque le rire ionescien et sa lourdeur tragique. Les binômes présence/absence, visible/invisible, audible/inaudible, sont exploités au niveau technique. Dans quelle mesure l’idée de l’absurde et le tragicomique se voient-ils convoqués? Cette interrogation lance la discussion sur l’actualité et la continuité du théâtre ionescien et nous permettra de déceler ses potentialités dramaturgiques et ses possibilités scéniques.
1 Ionesco, Eugène, Notes et contre notes, Gallimard, Paris, 1962, p. 169.

Corinne FLICKER: Mises en scène et réception de Macbett, Shakespeare notre contemporain
La communication se proposera d’analyser la mise en scène de Macbett et sa réception par le public lors de la création de la pièce en 1972 au Théâtre de la Rive Gauche par Jacques Mauclair, ainsi que les reprises qui ont suivi en France en priorité, et éventuellement à l’étranger. Il s’agira aussi d’évaluer la modernité des choix de Ionesco qui, pour la première fois, emprunte son sujet à un autre auteur: "C’est en effet la première fois que j’adapte, d’ailleurs très librement, et que je pars d’une constatation. J’ai eu envie d’écrire une pièce sur la folie du pouvoir", confie-t-il dans une interview du 3 février 1972, reprise dans Antidotes. C’est la parution de l’ouvrage du critique Ian Kott, Shakespeare notre contemporain, une décennie auparavant qui a orienté Ionesco. Mais, Macbett a, en réalité, deux textes sources: le drame shakespearien et Ubu roi d’Alfred Jarry. A la lumière de ces différentes matrices, nous essaierons de voir en quoi les mises en scène ont été influencées par des esthétiques différentes (drame élisabéthain, avant-garde théâtrale du début du siècle) ainsi que par le septième art, puisque Roman Polanski donne pour le cinéma un Macbeth en 1971 dont la pièce de Ionesco, créée l’année suivante, présente d’étranges réminiscences.

Références Bibliographiques :

Collaboration au Dictionnaire des pièces de théâtre françaises du XXe siècle, sous la dir. de Jean-Yves Guérin, Champion, 2005.
Corinne FLICKER, La Comédie en mouvement. Avatars du genre comique au XXe siècle, Publications de l’Université de Provence, collection "Textuelle Théâtre", 2007, 260 p.
Corinne FLICKER, Shakespeare et les Elisabéthains au XXe siècle. Adaptations et réécritures théâtrales françaises, Editions Honoré Champion (à paraître).

Yannick HOFFERT: Chorégraphies de Ionesco
L'attention accordée par Ionesco à la dimension visuelle de son œuvre se double d'une exploration de l'expressivité des corps. Cette préoccupation n'apparaît pas seulement dans l'écriture d'un argument pour ballet tel que Apprendre à marcher. Souvent, les didascalies des textes théâtraux de Ionesco désignent un ballet ou une danse: "ballet pesant" du Nouveau Locataire, "ronde molle" de la famille dans Jacques ou la soumission, "ballet" de cauchemar, au rythme du sifflet, dans l'enfer totalitaire de L'Homme aux valises, "sorte de danse du scalp" du Professeur autour de l'Elève qu'il s'apprête à poignarder. Au-delà de telles mentions explicites, l'écriture didascalique évoque fréquemment une dimension chorégraphique des évolutions des personnages: têtes apparaissant, disparaissant dans Macbett, corps chutant à l'infini dans Jeux de massacre, allées et venues de Madeleine apportant des tasses dans Victimes du devoir, ballet des Chaises...
Les chorégraphies de Ionesco traduisent physiquement la perception que le dramaturge eut, enfant, du spectacle de Guignol: "le spectacle même du monde", "insolite, invraisemblable, mais plus vrai que le vrai", dans sa "grotesque et brutale vérité". Elles renvoient à la hantise d'un monde où pesent de lourdes menaces sur l'humanité des êtres. Elles expriment également une recherche d'un autre langage, ouvert aux mystères du corps.
Ce théâtre des corps, mécanisés, animalisés, fragmentés, toujours orchestrés, ouvre naturellement à des explorations chorégraphiques. Cette dimension visuelle et physique apparaît dans la mise en scène de La Cantatrice chauve par Nicolas Bataille, notamment au travers du travail photographique de Massin. Flemming Flindt, Maurice Béjart, entre autres, donneront aux textes de Ionesco un prolongement dansé qu'ils appellent.

Marie-Claude HUBERT: Le mysticisme dans le théâtre d'Eugène Ionesco
La quête mystique, liée à l'expérience de lumière éprouvée dans sa jeunesse, est au cœur de l'œuvre de Ionesco. Il prête parfois cette expérience de lumière de manière explicite à certains de ses personnages, au héros de Tueur sans gages, à celui du Solitaire comme à celui de Ce formidable bordel, à Jean dans La Soif et la faim. Il lui arrive aussi de la masquer, comme dans Les Chaises. Lorsque ses héros sont totalement coupés du contact avec la transcendance, il les plonge dans la nuit, tels les personnages de La Cantatrice chauve ou le Nouveau Locataire.

Références Bibliographiques :

* Langage et Corps fantasmé dans le théâtre des années cinquante: Beckett, Ionesco, Adamov, Préface d'Eugène Ionesco, Avant-propos de Marcel Maréchal, Paris, Corti, 1987, 295 p.

* Le Théâtre, Armand Colin, Série Cursus, 1988, 187 p., 2ème éd.2008.
* Ionesco,  le Seuil,  "Les Contemporains", 1990, 290 p.
* Histoire de la scène occidentale de l'antiquité à nos jours, Armand Colin, Série Cursus, 1992,152 p.
* Dictionnaire de critique littéraire, en collaboration avec J. Gardes-Tamine, Armand Colin, série Cursus,  1993, 229 p., nouvelle édition revue et augmentée, série Dictionnaire, 2004, 240 p.
* L'Esthétique de Jean Genet,  S.E.D.E.S., 1996, Collection Esthétique, 207 p.
* Les Grandes Théories du théâtre, Colin,Coll.U, 1998, 2ème éd. 2000, 267 p.
* Edition critique de Victor ou les enfants au pouvoir de Vitrac, Gallimard/Folio Théâtre, 2000.
* Edition critique de La Parodie d'Adamov, Gallimard/Folio Théâtre, septembre 2002
* La Plume du Phénix, ouvrage collectif édité par Marie-Claude Hubert, Presses de l'Université de Provence, 2003, 320 p.
* Edition critique de La Reine morte de Montherlant, Gallimard/Folio Théâtre, 2006.
* Les Formes de la réécriture au théâtre, ouvrage collectif dirigé par Marie-Claude Hubert, Presses de l’Université de Provence, 2006, 316 p.
* Le Nouveau Théâtre (1950-1968), Honoré Champion, 2008, 413 p.
* Edition critique de Jacques ou la soumission de Ionesco, Gallimard/ Folio Théâtre, 2008.
Audrey LEMESLE: Le traitement de l'image dans Amédée ou Comment s'en débarrasser
L’une des richesses de l’œuvre d’Eugène Ionesco réside, indéniablement, dans la force de ses images. Or Amédée semble incarner ce trait d’écriture de manière particulièrement frappante. La pièce, comme déjà la nouvelle lui ayant donné jour, repose, en effet, sur l’image d’un cadavre en expansion qui interpelle l’imaginaire du lecteur et du spectateur jusqu’à devenir le point central de l’œuvre. Il semble donc intéressant d’interroger le statut de l’image dans la pièce et ce, dans la double acception de ce terme. Amédée pose, ainsi, en premier lieu la question du symbole. Même si le dramaturge a pu affirmer n’avoir pas cherché à créer une pièce symbolique, le personnage du mort demeure énigmatique. En témoigne la réaction des critiques qui ont rivalisé d’ingéniosité pour attacher à celui-ci une foule de significations. Il s’agira ainsi de se demander si le cadavre de la pièce n’est qu’une image, un référent scénique renvoyant à une réalité autre et ne trouvant sa raison d’être que dans celle-ci. Quelle serait alors la volonté de l’auteur en cryptant son message? L’oscillation du spectateur entre réception immédiate et recherche d’un sens figuré apparaît, en outre, comme une conséquence inévitable de cette question, riche à analyser. Cependant Amédée incite également à étudier les enjeux de l’image au sens de vision scénique. La difficulté de la retranscription matérielle des images contenues dans le texte est en effet propice à la réflexion. Le moment final de l’envol s’apparente, par exemple, à un défi à la mise en scène. Il pourrait ainsi être intéressant de comparer les tentatives de réponses apportées par différents hommes de théâtre à ce problème. Enfin, l’étude du manuscrit d’Amédée offrira sans doute un éclairage intéressant sur le rapport d’Ionesco à l’image, montrant comment se sont modifiées les images du texte aux différents stades de la création. L'on cherchera, en un mot, à élucider les questionnements que suscite une pièce fondée sur l’image, questionnements dont les critiques n’ont pas fini de se débarrasser.

Sonia de LEUSSE-LE GUILLOU: Eugène Ionesco et la peinture
On connaît Eugène Ionesco dramaturge, essayiste, éventuellement diariste, mais on oublie le peintre et critique d’art. Pourtant la peinture l’occupe une quinzaine d’années de sa vie. Son œuvre compte plusieurs centaines de gouaches, une cinquantaine d’expositions à l’étranger. Parler de la peinture, ce n’est pas seulement revenir sur toute cette partie occultée de la vie et de l’œuvre de l’artiste. C’est aussi redécouvrir ses nombreux textes sur l’art restés dans l’ombre de son théâtre, alors qu’ils sont une grande constante de l’écriture ionescienne, à partir des années soixante. Or ces activités restent en marge des ouvrages critiques. Contre toute attente, l’Académicien décide d’abandonner les mots pour la peinture. Quelles sont les raisons d’un tel choix? Pourquoi refuser désormais la littérature?
Il semble que l’auteur marque une rupture déconcertante avec son activité première. Peut-on parler alors de la cohérence de son œuvre globale? Nous nous attacherons à rétablir l’importance de l’activité picturale dans la vie de Ionesco. Avec sa nouvelle pratique, au-delà d’un apprentissage technique, l’artiste entreprend en fait un parcours introspectif qui se transforme en véritable quête spirituelle. On retrouve ce même cheminement avec ses personnages scéniques: Ionesco développe un univers pictural qui, loin d’être décoratif, est constitutif de son écriture théâtrale. Enfin, ses critiques d’art ne se limitent pas à éclairer certaines pièces: elles s’interrogent sur l’essence d’une œuvre mais mettent en doute la pertinence de tout discours qui s’y rapporte. En d’autres termes l’écriture sur la peinture est aussi une quête formelle incessante.

Références Bibliographiques :

Ouvrage
Eugène Ionesco, de l'écriture à la peinture, L'Harmattan (à paraître 2009).
Thèse
Eugène Ionesco et la peinture, Université de la Sorbonne-paris IV, 2005.
Articles
"Biographies et autobiographies ionesciennes", Lingua Romana, volume 3, issues 2, printemps 2004 et consultable sur le site: http://linguaromana.byu.edu/DeLeusse3.html.
"La Cantatrice chauve mise en scène par Arnaud Denis", Cahier Ionesco II, Thalia Inter Artes, Cluj-Napoca, Roumanie, 2004.


Nathalie MACÉ: Ecrivain(s) et création théâtrale dans Victimes du devoir
Les critiques d’Eugène Ionesco soulignent volontiers que son théâtre, et tout particulièrement sa pièce préférée Victimes du devoir (1953), représente des doubles de lui-même et voient dans sa dramaturgie onirique une démarche d’investigation personnelle. L’accent est plus souvent mis sur la dimension psychologique, voire psychanalytique, de cette démarche. Mais le drame intérieur, profondément exploré dans Victimes du devoir, atteint une dimension symbolique et artistique supérieure parce qu’elle met en œuvre en même temps une réflexion sur le théâtre. En créant le dramaturge Choubert et le poète-théoricien Nicolas d’Eu, Ionesco accorde à son théâtre, dès le début de sa carrière, plusieurs niveaux d’interprétation: c’est le niveau métathéâtral (au double sens de jeu de théâtre dans le théâtre et de méditation sur le théâtre) que nous proposons d’étudier à travers les dialogues et les jeux de scène de cette pièce très riche.

Lucia MANEA: Les voix et le silence des couleurs dans l'œuvre plastique et littéraire d'Eugène Ionesco
La comparaison entre l’œuvre d’art et l’œuvre littéraire chez Ionesco fera ressortir le déploiement de l’usage qu’il assigne à la couleur. A la lumière de ses essais, préfaces ou témoignages sur l’art et surtout sur la couleur et l’effet de luminosité (pour éviter les termes de lumière et d’illumination qui pourraient renvoyer à une signification mystique), nous proposons une étude de ses peintures et une relecture de l’œuvre autobiographique et théâtrale trahissant le souci du rendu chromatique. Il sera question, d’un côté, du langage et du silence des couleurs, de l’autre, de la présence et de l’absence des couleurs, en passant par leur altération ou leur dégradation du clair à l’obscur. L’attrait de la lumière, qu’il serait possible d’obtenir par le mélange de couleurs pures, renvoie au désir de transfiguration (esthétique). Il s’agira alors de s’interroger sur la signification de l’achromatisme, d’un monde marqué par les teintes sombres; sur le sens de l’émergence des couleurs, source de béatitude et de ravissement autant dans l’autobiographie que dans la dramaturgie; sur le choix et le dialogue des couleurs primaires, que l’artiste ressent comme "revigorantes", ou de leurs combinaisons primordiales (le vert). Dans la mesure du possible, des peintures figurant dans des collections privées seront également analysées. Nous pensons mettre de la sorte en évidence l’unité de la poïétique de l’artiste, par la présence manifeste des mêmes préoccupations et angoisses. Les commentaires sur la peinture faciliteront les re-"découvertes" de l’univers ionescien, sous-tendu par les figures de l’enfance et de la vieillesse et par le rapport entre la farce et l’ontologie. En posant la question du statut de la couleur, nous révélerons, non pas la symbolique, mais l’esthétique commune au texte littéraire et à l’œuvre d’art.

Kenji OKA: Eugène Ionesco et le Japon
Les cultures japonaise et française ne cessent de susciter l'une pour l'autre curiosité et étonnement dans un dialogue où se mêlent autant d'admiration que d'incompréhension. L'échange culturel entre les deux pays est toujours enrichissant, et ce en dépit des difficultés inhérentes à la distance géographique, aux différences culturelles et linguistiques. Il est dès lors intéressant de se demander comment un phénomène comme le nouveau théâtre a été reçu au Japon. Quelles sont les réactions du spectateur face à ce théâtre provocateur que même les Français avaient du mal à comprendre au début des années 50? Si "la tragédie du langage" est un des thèmes principaux du théâtre ionescien, comment la rendre compréhensible par une langue qui n'a strictement rien à voir avec le français? Je propose donc de clarifier d'abord le contexte dans lequel le théâtre de Ionesco a été introduit au Japon, puis de relever certains problèmes de traduction que les Japonais ont rencontrés et enfin de montrer que, malgré toutes ces difficultés relatives à la réception, le théâtre de Ionesco a exercé une influence importante sur la modernisation du théâtre japonais et continue d'inspirer les metteurs en scène d'aujourd'hui. Mais l'échange culturel est réciproque: lors de son séjour au Japon, Ionesco a été fasciné par le théâtre traditionnel, tout particulièrement par le théâtre Nô. Des aspects du Nô, qui ont intéressé Ionesco, nous offriront alors quelques clefs de réflexion sur la dramaturgie ionescienne.

Gérard POULOUIN: Le CIEL et l'horizon humain
Dans Le Figaro des 14-15 janvier 1978 est annoncé "un événement significatif: la création du C.I.E.L.". Cent vingt intellectuels, créateurs et artistes, fort différents dans leurs convictions politiques, ont rejoint le Comité des intellectuels pour l’Europe des libertés, parce qu’ils refusent l’asservissement de la culture par la politique, partout en Europe, parce qu’ils dénoncent le fait que "la voix des peuples d’Europe centrale et orientale" soit "emmurée". Ce comité s’est doté d’une présidence collégiale autour d’Eugène Ionesco.
L’année précédant la création du CIEL, Ionesco avait fait paraître Antidotes, recueil d’articles écrits depuis 1960 précisant "son point de vue sur des sujets d’actualité, idéologiques et politiques". Bien avant que la dénonciation des régimes communistes soit très largement partagée, il avait été de ceux qui avaient dénoncé le système soviétique et le maoïsme, à côté de quelques autres tels Jean-François Revel et François Fejtö, eux aussi membres du CIEL. Pour ses prises de position, Ionesco avait été vilipendé, calomnié, rejeté dans le camp de l’extrême-droite. Il a tenu bon face à l’intelligentsia victime d’un aveuglement pour partie volontaire sur les régimes totalitaires; il n’a pas cessé de récuser une doxa nourrie de stéréotypes et de clichés. Lui était du côté de l’hétérodoxie et de Jean Grenier, du personnalisme et d’Emmanuel Mounier, de l’humanisme transcendantal et de Jacques Maritain. Préoccupé de questions spirituelles, manifestant un certain scepticisme sur les comportements humains dans le domaine politique, Ionesco n’a pas pour autant négligé l’horizon humain, prenant position contre les résurgences du nazisme, l’emprise de l’URSS sur les pays d’Europe centrale et orientale, sur la diabolisation d’Israël, attentif aux mérites des démocraties occidentales attachées aux libertés fondamentales, au premier chef la liberté d’expression.

Michel PRUNER: Le Nouveau Locataire, une dramaturgie de l'objet
Avec Le Nouveau Locataire, Ionesco pousse à l’extrême une expérimentation déjà amorcée avec Les Chaises puis Amédée: la prolifération scénique des objets inanimés. Comme précédemment les mots et leurs clichés, des meubles banals envahissent cette fois-ci l’espace théâtral au point de confisquer l’aire de jeu réservée ordinairement aux personnages et de dévaluer les prestiges du langage humain. Faisant de l’objet le véritable sujet dramatique, évacuant toute anecdote, récusant tout ce qui ressemblerait à une fable, Ionesco métamorphose le théâtre, qui se transforme dès lors en installation, au sens où l’entendent les plasticiens contemporains. Par cette prise de possession "objective" du lieu scénique, non seulement il renoue avec la manipulation de la marionnette qu’il a tant appréciée dans son enfance, mais il préfigure aussi ce théâtre d’objets qui fleurit à notre époque dans le prolongement des arts plastiques (Théâtre Turak, Théâtre de cuisine). Tout en offrant la possibilité d’une lecture qui dénonce la société de consommation et le pouvoir maléfique des images, cette pièce un peu méconnue devient ainsi le véritable manifeste d’un théâtre différent, qui ose affirmer sa spécificité matérielle face à la tyrannie de "Sire le Mot".

Rafael RUIZ ÁLVAREZ: La Leçon, de Ionesco. Réinterprétation des symboles socioculturels à travers les différents langages de la mise en scène
Une pièce qui est considérée immortelle, qui continue à attirer l’attention des professionnels du théâtre et des pédagogues, des enseignants des langues étrangères aussi, doit enfermer encore aujourd’hui un certain mystère provenant de son architecture formelle et conceptuelle. Dévoiler ses éléments clés qui la rendent spéciale et séduisante s’avère pour le spécialiste une première approche du texte qui ne sera, dans notre cas, que la voie ouverte à d’autres itinéraires, ceux-ci ancrés dans la mise en relief des composantes socioculturelles et des symboles qui la peuplent. Allégories, stéréotypes, incommunication humaine, farce, pouvoir du langage... tout ce qui constitue enfin les ingrédients de cette pièce sera revisité par nous à travers une proposition de mise en scène qui réfléchit autour des langages non verbaux: le geste, le mouvement, la musique, le maquillage, le décor, les costumes...
Le plan d’articulation de notre projet débutera par l’analyse du décor que Ionesco propose et par notre idée de souligner en guise d’alternative la conception d’un espace onirique où surgissent les personnages de la pièce. Nous insisterons sur les comportements excessifs et hyperboliques du professeur, de l’élève et de la bonne ce qui nous permettra d’élaborer un point de vue très descriptif  de leurs costumes, basé sur l’utilisation de la couleur et renforcé par la gestuelle. Une caractérisation proche de celle du clown qui sera accompagnée par la présence de l’élément musical et par des projections où les symboles faisant allusion aux mathématiques et à la langue seront présents.
Bref il s’agira surtout de montrer l’actualité de ce texte, de respecter chacun des mots qui  le composent mais d’en offrir une vision hardie et moderne des formules de son message littéraire, social et culturel.

Ana Clara SANTOS: Réception du théâtre de Ionesco au Portugal
Comme dans la plupart des pays européens, la projection du théâtre de Ionesco au Portugal est énorme et elle a la particularité de compter, dans ses débats, avec la participation de l'auteur lui-même. Ce fut le cas pour La leçon, en 1959, date des premières représentations sur le territoire national où Ionesco assiste au spectacle et pour Le roi se meurt qui, interdit par la censure en 1967, a le privilège d'avoir quelques années plus tard la collaboration de l'auteur dans la conception du spectacle créé par la compagnie nationale Rey Colaço-Robles Monteiro. Traduit et mis en scène par des hommes du panorama culturel portugais, tels que António Pedro, Maria do Céu Guerra et Ricardo Pais, le théâtre de Ionesco est découvert par le public portugais dans la transition vers le nouveau millénaire en plusieurs langues, notamment en français, anglais et espagnol, grâce à l'échange entre les troupes nationales et les troupes étrangères. On peut citer les exemples du Théâtre de la Fronde, celui de Common Basis ou encore, tout récemment, celui du Théâtre de la Comédie de Reims dirigé par Emmanuel Demarcy-Mota. Mais il fait aussi l'objet de plusieurs expériences d'adaptation sur la scène portugaise en interaction avec la voix d'autre créateurs. On insistera, à ce sujet, surtout sur deux spectacles: As Lições en 1998 (avec des textes de Ionesco, Feydeau, Ramalho Ortigão, Guerra Junqueiro et Ernesto Sampaio) et A Penúltima lição mis en scène par Salmo Faria à l'affiche jusqu'au mois de juillet dernier. Bien qu'appartenant à un patrimoine culturel réhabilité récemment (dans la culture théâtrale portugaise, il connaît un hiatus d'absence de vingt ans entre les années 70 et les années 90), le théâtre de Ionesco connaît une effervescence jamais égalée par un auteur français au Portugal grâce au phénomène de extranhamento devant une dramaturgie qui dépasse rapidement les frontières entre le tragique et le comique dans des conditions d'implosion de l'individualité, de la prolifération matérielle et verbale d'un théâtre presque primitif, pariculièrement visuel et rythmé.

Références Bibliographiques :

Ana Clara Santos, Ana Isabel Vasconcelos, Répertoire théâtral à Lisbonne au XIXème siècle (1835-1846), Lisbonne, Imprensa Nacional-Casa da Moeda, 2007.
Anna Clara Santo (dir.), Relations Littéraires Franco-Péninsulaires, Colibri/DLCM Ualg, 2005.


Cécile VILVANDRE: La Réception du théâtre d'Eugène Ionesco en Espagne (1955-2004)
Cette étude a pour objet d’analyser le mode de réception de la production théâtrale d’Eugène Ionesco, par la société espagnole, au cours des trois étapes historiques qui caractérisent l’Espagne contemporaine depuis les années cinquante jusqu’à nos jours: la dictature franquiste, la Transition et l’Espagne démocratique. À travers les trois oeuvres de l’auteur, qui, à notre avis, marquent les inflexions les plus marquées de son évolution dramaturgique — La Cantatrice chauve, Les Chaises et Rhinocéros —, nous avons voulu analyser l’accueil réservé à cette nouvelle esthétique, introduite en Espagne, à une époque où le régime instauré par le général Franco avait jugulé les espoirs de renouveau culturel fondés par les générations précédentes dans "l’horizon d’expectatives" national. D’autre part, nous avons suivi l’évolution que ce premier contact allait connaître par la suite, en fonction des principaux facteurs socio-politiques qui ont préparé l’acheminement de l’Espagne vers la démocratie. Nous avons mené un travail de terrain, à la recherche de documents inédits (traductions, notes de mises en scène, croquis) et de témoignages recueillis auprès de personnalités du monde du théâtre, et nous avons, d’autre part, dépouillé les dossiers de censure de l’Archive Central de l’Administration d’Alcalá de Hernares, concernant les mises en scène du théâtre de Ionesco réalisées en Espagne. Ce travail est divisé en trois parties, chacune étant destinée à l’étude d’une des œuvres choisies, suivant un plan de travail systématique: dans un premier temps, nous nous intéressons à l’étude des traductions en castillan et en catalan, en établissant une différence entre les traductions destinées à un public lecteur et les traductions, versions et adaptations destinées à être représentées; la deuxième partie porte sur les mises en scène réalisées. Et pour finir, nous présentons les opinions des différents récepteurs — le public lecteur et spectateur, la critique théâtrale et littéraire, ainsi que l’intérêt suscité par Ionesco et l’esthétique de l’Absurde sur les auteurs dramatiques espagnols.

Références Bibliographiques :

L’esthétique de la transgression: révisions critiques du théâtre d’avant-garde (La estética de la transgresión: revisiones críticas del teatro de vanguardia). Cécile Vilvandre et Antonio Ballesteros, Servicio de Publicaciones de la Universidad de Castilla-La Mancha, Cuenca, 2000, 509 pages. ISBN: 84-8427-026-2.
La réception du théâtre d’Eugène Ionesco en Espagne: 1955-1997 (La recepción del teatro de Eugène Ionesco en España (1955-1997) Thèse doctorale, Cuenca, Servicio de Publicaciones de la Universidad de Castilla-La Mancha/Proquest Information and Learning, 2006, 611 pages. ISBN: 84-8427-430-6.


BIBLIOGRAPHIE :

Théâtre

* Ionesco, Eugène, Théâtre / 1, La cantatrice chauve ; La leçon ; Jacques ou la soumission ; L'avenir est dans les oeufs ; Victimes du devoir ; Amédée, ou comment s'en débarrasser / préf. de Jacques Lemarchand, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1954, 309 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 2, L'impromptu de l'Alma ; Tueur sans gages ; Le Nouveau Locataire ; L'Avenir est dans les oeufs ; Le Maître ; La Jeune Fille à marier, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1958, 256 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 3, Rhinocéros ; Le Piéton de l'air ; Délire à deux ; Le Tableau ; Scène à quatre ; Les Salutations ; La Colère, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1963, 304 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 4, Le Roi se meurt ; La Soif et la Faim ; La Lacune ; Le Salon de l'automobile ; L'Oeuf dur ; Pour préparer un oeuf dur ; Le Jeune Homme à marier ; Apprendre à marcher, Paris, Gallimard, 1966, 246 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 5, Jeux de massacre ; Macbett ; La Vase ; Exercices de conversation et de diction françaises pour étudiants américains, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1974, 336 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 6, L'Homme aux valises, Ce formidable bordel !, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1975, 276 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 7, Voyages chez les morts : thèmes et variations, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1981, 133 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre / 8, Le Rhume onirique ou La demoiselle de pharmacie ; La Nièce-épouse ; Les connaissez-vous ? ; Les grandes chaleurs / préf. de Michel Covin, Paris, Gallimard, collection "blanche", 2002, 111 p.
* Ionesco, Eugène, Théâtre complet, Paris, Gallimard, collection "Bibliothèque de la Pléiade 372", 1990, cxxiii, 951 p.
* Ionesco, Eugène, Délire à deux, essai de calligraphie sonore par Massin, d'après l'interprétation de Tsilla Chelton et de Jean-Louis Barrault à l'Odéon Théâtre de France, Paris, Gallimard, 1966, 71 p.
* Ionesco, Eugène, et Marika Hodjis, Jeux de massacre, avec les dessins de Marika Hodjis réalisés au cours du spectacle mis en scène par Jorge Lavelli, Paris, Gallimard, 1981, 123 p.
* Ionesco, Eugène, Henry Cohen, et Robert Massin, La Cantatrice chauve : anti-pièce ; suivie d'une scène inédite. Interprétation typographique de Massin et photographique d'Henri Cohen, Paris, Gallimard, 1964, p.
* Ionesco, Eugène, Dominique Probst, et Marguerite Jean-Blain, Maximilien Kolbe, Paris, Genève, H. Champion/Diff. Slatkine, collection "Textes de littérature moderne et contemporaine 80", 2005, 178 p.


Poésie, fiction

* Ionesco, Eugène, La Photo du colonel, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1962, 238 p.
* Ionesco, Eugène, Le Solitaire, Paris, Mercure de France, 1973, 190 p.
* Ionesco, Eugéne, Le Solitaire, Paris, Gallimard, collection "Folio n° 827", 1976, 208 p.
* Ionesco, Eugène, et Etienne Delessert, Contes n° 1 et 2 pour enfants de moins de trois ans. Illustrations d'Etienne Delessert, Paris, Gallimard jeunesse, 2002, [46] p.
* Ionesco, Eugène, La Photo du colonel. Oriflamme, La Photo du colonel, Le Piéton de l'air, Une victime du devoir, Rhinocéros, La Vase, Printemps 1939, Paris, Gallimard, 2003, 166 p.


Œuvre picturale

* Ionesco, Eugène, Signatur. Zeit. Schrift. Bild. Objekt Nr. 5. (Souvenirs et dernières rencontres). Portrait et 12 reproductions en couleurs de peintures de l’auteur., Saint-Gall, 1986.
* Hamburger, Jean, et Eugène Ionesco, Zouchy et quelques autres histoires, Paris, Flammarion, 1989, 207 p.
* Ionesco, Eugène, "Pourquoi j'ai pris mes pinceaux ?", dans Zouchy et quelques autres histoires, Paris, Flammarion, 1989.


Films

* Lenica, Jan. "Monsieur Tête, dessin animé". 1959.
* Dhomme, Sylvain. ""La Colère" dans Les Sept péchés capitaux". 1961.
* "Le Jeune Homme à marier, ballet de la télévision danoise, musique de Per Norgard, chorégraphie de Flemming Findt". 1965.
* Cramer, Heinz von. "La Vase." 1971.


Divers

* Voronca, Ilarie, et Eugène Ionesco, Onze récits. Avant-propos de Eugène Ionesco, Limoges, Rougerie, 1968.
* Benamou, Michel, Eugène Ionesco, et Monique Callamand, Mise en train; première année de français. Dialogues originaux de Eugène Ionesco, [New York], Macmillan Co., 1969,  xviii, 526 p.
* Ionesco, Eugène, "Trois approches de Pierre Alechinsky", dans Peintures et écrits, Paris, Y. Rivière - Arts et métiers graphiques, 1977, p. 9-16.

Essais, journaux, interviews

* Ionesco, Eugène, Notes et contre-notes, Paris, Gallimard, collection "Pratique du théâtre", 1962, IX-248 p.
* Bonnefoy, Claude, et Eugène Ionesco, Entretiens avec Eugène Ionesco, Paris, Belfond, collection "Entretiens", 1966, 220 p.
* Ionesco, Eugène, Notes et contre-notes, Paris, Gallimard, collection "Idées n°107", 1966, p.
* Ionesco, Eugène, Journal en miettes, Paris, Mercure de France, 1967, 255 p.
* Ionesco, Eugène, Présent passé, passé présent, Paris, Mercure de France, 1968, 274 p.
* Ionesco, Eugène, Découvertes, Genève, A. Skira, collection "Les sentiers de la création", 1969, 126 p.
* Ionesco, Eugène, Journal en miettes, Paris, Gallimard, collection "Idées n°287", 1973, 212 p.
* Ionesco, Eugène, Présent passé, passé présent, Paris, Gallimard, collection "Idées. Littérature n°343", 1976, 281 p.
* Ionesco, Eugène, Antidotes, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1977, 367 p.
* Ionesco, Eugène, Un homme en question, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1979, 218 p.
* Ionesco, Eugène, Le Blanc et le Noir, Saint-Gall, Erker, 1981, 72 p.
* Ionesco, Eugène, Gelu Ionescu, Dragomir Costineanu, et Marie-France Ionesco, Hugoliade [1935]. Traduit du roumain par Dragomir Costineanu avec la participation de Marie-France Ionesco, Paris, Gallimard, 1982, 152 p.
* Ionesco, Eugène, Le Blanc et le Noir, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1985, 72 p.
* Ionesco, Eugène, Non [1934]. Traduit du roumain et annoté par Marie-France Ionesco., Paris, Gallimard, 1986, 308 p.
* Ionesco, Eugène, La Quête intermittente, Paris, Gallimard, collection "blanche", 1987, 168 p.
* Ionesco, Eugène, Notes et contre-notes, Paris, Gallimard, 1991, 371 p.
* Ionesco, Eugène, Journal en miettes, Paris, Gallimard, collection "Folio/Essais n°212", 1992, 216 p.
* Ionesco, Eugène, et Claude Bonnefoy, Entre la vie et le rêve : entretiens avec Claude Bonnefoy, Paris, Gallimard, 1996, 227 p.


Ouvrages critiques sur Ionesco

* Ionesco, Paris, collection "Cahiers des saisons 15", 1959.
* Ionesco, Eugène. "Les rhinocéros au théâtre," Cahiers Renaud-Barrault, n°29, 1960.
* Scherer, Jacques. "L'Evolution de Ionesco," Les Lettres nouvelles, nouvelle série I,  mars-avril 1960, 1960, p. 91-96.
* Coe, Richard Nelson, Ionesco, Edinburgh / Londres, Oliver and Boyd, collection "Writers and critics 5", 1961.
* Sénart, Philippe, et Eugène Ionesco, Ionesco, Paris, Éditions Universitaires, collection "Classiques du XXe siècle 62", 1964, 127 p.
* "Notre théâtre - Théâtre moderne et Public populaire." Esprit, XXX, n° 338,  mai 1965.
* Esslin, Martin, Absurd Drama. Ame\0301de\0301e; or, How to get rid of it. [By] Euge\0300ne Ionesco. (Translated by Donald Watson.) Professor Taranne. [By] Arthur Adamov. (Translated by Peter Meyer.) The Two Executioners. [By] Fernando Arrabal. (Translated by Barbara Wright.) The Zoo Story. [By] Edward Albee ... With an introduction [and edited] by Martin Esslin, pp. 184. Penguin Books: Harmondsworth, collection "[Penguin Plays. no. PL58.]", 1965.
* Pronko, Leonard Cabell, et Eugène Ionesco, Eugène Ionesco, New-York / London, Colombia University Press, collection "Columbia Essays on Modern Writers. n° 7", 1965.
* "Ionesco, Beckett, Pinget." Cahiers Renaud-Barrault n° 53, 1966.
* Benmussa, Simone, et Eugène Ionesco, Eugène Ionesco : textes et propos de Ionesco ; documents de mise en scène ; points de vue critique ; témoignages ; chronologie ; bibliographie, Paris, Seghers, collection "Théâtre de tous les temps 1", 1966, 192 p.
* Donnard, Jean Herve, et Eugène Ionesco, Ionesco dramaturge, ou L'artisan et le démon, Paris, Minard Lettres modernes, collection "Situation n° 8", 1966, 195 p.
* Marrey, J. C., dir., Richesses théâtrales : Ionesco, coll. "L'Avant-Scène. Théâtre 373-374", Paris, L'Avant-Scène, 1967, 106 p.
* Tarrab, Gilbert, et Eugène Ionesco, Ionesco à cœur ouvert, Montréal, Cercle du livre de France, 1970, 120 p.
* Abastado, Claude, et Eugène Ionesco, Eugène Ionesco : étude suivie d'un entretien avec Eugène Ionesco, Paris, Bordas, collection "Univers des lettres Bordas 803. Présence littéraire", 1971, 286 p.
* Vernois, Paul, La dynamique théâtrale d'Eugène Ionesco, Paris, Klincksieck, collection "Bibliothèque française et romane. Série C. Études littéraires 34", 1972,  x, 308 p.
* Laubreaux, Raymond, Les Critiques de notre temps et Ionesco, Paris, Garnier, 1973, 187 p.
* Tobi, Saint, et Eugène Ionesco, Eugène Ionesco, ou A la recherche du paradis perdu. Anti-essai en 12 épisodes dont la création du monde, en guise de prologue, et l'apocalypse, en guise d'épilogue. Précédé de Discours de la méthode, Paris, Gallimard, collection "Les Essais n°177", 1973, 218 p.
* Frickx, Robert, et Eugène Ionesco, Ionesco. Avec une préface d'Eugène Ionesco, Paris / Bruxelles, Nathan / Labor, collection "Problèmes", 1974.
* Ionesco, Eugène, et Jean-Louis Barrault, dir., Ionesco-Rhinocéros : textes de Jean-Louis Barrault... [et al.] ; documents: Deux rêves et leur transposition scénique, coll. "Cahiers Renaud-Barrault 97", Paris, Gallimard, 1978, 95 p.
* Ionesco, Marie-France, Paul Vernois, Claude Abastado, Roger-Daniel Bensky, et Centre culturel international de Cerisy-la-Salle, dir., Ionesco : situation et perspectives, Paris, Belfond, 1980, 284 p.
* Hubert, Marie-Claude, Eugène Ionesco, et Jean Louis Barrault, Langage et corps fantasmé dans le théâtre des années cinquante : Ionesco, Beckett, Adamov, Paris, Corti, 1987, 296 p.
* Hubert, Marie-Claude, et Eugène (Préface) Ionesco, Eugène Ionesco, Paris, Le Seuil, collection "Les contemporains 9", 1990, 284 p.
* Vernois, Paul, La Dynamique théâtrale d'Eugène Ionesco, Paris, Klincksieck, collection "Théâtre d'aujourd'hui n° 5", 1991, X-382 p.
* Plazy, Gilles, Eugène Ionesco. Le rire et l'espérance. Une biographie, Paris, Julliard, 1994, 299 p.
* Ionesco, Eugène, et André Coutin, Ruptures de silence : rencontres avec André Coutin, Paris, Mercure de France, 1995, 92 p.
* Ionesco, Marie-France, Norbert Dodille, et Gabriel Liiceanu, dir., Lectures de Ionesco, coll. "Institut français de Bucarest", Paris, L'Harmattan, 1996, 111 p.
* Ionesco, Marie-France, Portrait de l'écrivain dans le siècle. Eugène Ionesco, 1909-1994, Paris, Gallimard, collection "Arcades 79", 2004.



Avec le soutien de l'Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
et de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent





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