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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2018 : un des colloques


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BRASSAGES PLANÉTAIRES
Mise à jour
20/09/2018
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DU MERCREDI 1er AOÛT (19 H) AU MERCREDI 8 AOÛT (14 H) 2018

DIRECTION : Patrick MOQUAY, Véronique MURE, Sébastien THIÉRY

ARGUMENT :

Dans le prolongement du colloque de 2016, Jardins en politique (autour de Gilles Clément) et des enjeux du "jardin planétaire", il s’agira de se saisir de la question des "brassages planétaires". En riposte et réponse à la démultiplication contemporaine des frontières, nous travaillerons à défaire les fables de l’identité et à discuter des inquiétants projets politiques qu’elles engendrent. Sans céder à une vision du monde consistant en une fable tout aussi problématique de "l’indifférencié", l’on se posera les questions suivantes: comment l’ici et l’ailleurs, sans pour autant se confondre, peuvent être pensés en solidarité? Comment l’habitant du "planétaire" n’en demeure pas moins un sujet toujours situé, fort d’une singularité faisant de lui un être irréductible et irremplaçable? Notre intuition est que la notion de "brassages planétaires" forme un socle possible pour repenser et refonder notre monde. À la condition néanmoins de dépasser à son endroit la sympathie pour forger à partir d’elle une doctrine, voire un programme...

Ces échanges n’auront de portée que s’ils s’appuient précisément sur l’expérience de chacun des "êtres" envisagés: végétaux, animaux, humains, appréhendés selon des champs linguistiques, architecturaux, musicaux, culinaires, etc. Pour ce faire, on partira de l’introduction de Éloge des vagabondes de Gilles Clément (NiL éditions, 2002), ode à tous les franchissements de frontières, sinon à leur abrogation. Ce texte sera soumis à divers contributeurs qui le liront à l’aune de leur pratique singulière. Dans tel champ spécifique, le vagabondage s’avère-t-il un état de fait, sinon de loi? Jusqu’à quel point les migrations menacent-elles les "êtres" ou, au contraire, en assurent-elles la croissance? Il y sera sans doute question de chemins de traverse, non sans écho avec la manière dont se mettent en place les nouvelles rencontres jardinières de Cerisy: en apprendre d’une expérience de l’autre, à travers les frontières disciplinaires et les domaines de pensée.

À côté des conférences suivies de débats, des ateliers seront proposés par des artistes-chercheurs-jardiniers, ainsi que des tables-rondes confrontant les points de vue d’acteurs engagés dans différentes situations.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 1er août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque, du séminaire en parallèle et des participants


Jeudi 2 août
Matin:
Gilles CLÉMENT: Lecture de l'introduction de l'Éloge des vagabondes
Patrick MOQUAY & Véronique MURE: Introduction du colloque

Actualité des brassages, table ronde animée par Sylvain ALLEMAND, avec Gilles CLÉMENT, Sylvie GLISSANT et Camille LOUIS

Après-midi:
Ateliers "Jardins divers" [présentation] — "À la rencontre des arbres de Cerisy issus du brassage planétaire", balade avec Martin BOMBAL, Mathilde CLÉMENT, Nicolas DELPORTE, Tom TROÏANOWSKI et Véronique MURE

Ruedi BAUR: Dessine moi un monde sans frontière !

Vernissage de l'exposition "Comment se concrétise spatialement le concept du brassage planétaire?", travaux du work-shop de Ruedi BAUR avec des étudiants du BTS d'Arts Appliqués du Lycée André Malraux de Montereau (77) [présentation]

Soirée:
Marie José MONDZAIN: Pousser - saxifrage politica


Vendredi 3 août
Matin:
Cécilia CLAEYS: Fluctuantes natures, hésitantes cultures
Olivier FILIPPI: Plantes exotiques envahissantes en Méditerranée, entre présupposés éthiques et non-dits

Après-midi:
Sylvie MOMBO: Contes

Ateliers "Jardins divers" [présentation] — Expérience de voyage avec Adrien SARELS

Olivier DARNÉ: Les abeilles en mouvement
Dénètem TOUAM BONA: L'esprit de la forêt: esquisse d'une cosmo-poétique du refuge

Soirée:
Camille LOUIS, Dimitri ROBERT-RIMSKY, Hélène DELÉAN & Kendra Mc LAUGHLIN: Leçons de Calais. Projections


Samedi 4 août
Matin:
Emanuele COCCIA: Continent théorique et tectonique des êtres: la vie comme fait planétaire
Antoine KREMER: Brassages génétiques, diversité et adaptation

Après-midi & soirée:
Traversée guidée et commentée au départ du Bec d’Andaine (plage de Genêts) pour marcher jusqu’au Mont Saint-Michel en aller-simple (7 km)


Dimanche 5 août
Matin:
Jacques TASSIN: Regard d’un écologue sur l’ici et l’ailleurs
Sarah CLÉMENT: Archives et migrations

Après-midi:
Emmanuelle HELLIO: Les fruits de la frontière [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]
Sarah VANUXEM: Du commerce ou du brassage juridique des semences paysannes

Ateliers "Jardins divers" [présentation] — "À propos du potager planétaire" avec Yann LAFOLIE

Lancement de la grainothèque planétaire; cueillette, exposition et dégustation... des légumes planétaires
Buffet planétaire

Soirée:
Ateliers "Jardins divers" [présentation] — Montage vidéo par Bulle MEIGNAN & Camille ZÉHENNE [Collectif Les Froufrous de Lilith]


Lundi 6 août
Matin:
André MICOUD: Indigènes, natifs, autochtones, endémiques: restez plantés là où vous êtes !
Serge BAHUCHET: Les jardiniers de la nature et les brassages planétaires: à propos des animaux

Après-midi:
L'expérience de Démosthène à Caen: migrations, droits et citoyenneté, table ronde avec Anne-Marie FIXOT, Michel MARTINEZ et Bénédicte VACQUEREL

Sylvie MOMBO: Contes

Soirée:
Bénédicte VACQUEREL: Ceux qu'on ne voit pas. Projection


Mardi 7 août
Matin:
Christian GRATALOUP: La diversialité du vivant mondial. Peuples, plantes, animaux, maladies: petite histoire des discontinuités dans le temps long du Monde
Antoine HENNION: Débattre des mondes que nous voulons: les migrations comme proposition politique [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

Après-midi:
Maxime AUMON: Le Règne des Grands Chariots

Ateliers "Jardins divers" [présentation] — Balade avec Raphaël CAILLENS

Restitution des Ateliers "Jardins divers" [Présentation]

Soirée:
Sylvie MOMBO: Contes


Mercredi 8 août
Matin:
Restitution des Ateliers "Jardins divers" (suite) [Présentation]

Synthèse et discussion générale

Gilles CLÉMENT: Esquisse de la préface de la nouvelle édition de l'Éloge des vagabondes [en ligne]

Après-midi:
DÉPARTS

ENTRETIEN :

"Paris-Saclay au prisme des « brassages planétaires »", interview de Patrick MOQUAY par Sylvain ALLEMAND (disponible en ligne sur le site de Paris-Saclay Le Média).

RÉSUMÉS & BIO-BIBLIOGRAPHIES :

Maxime AUMON: Le Règne des Grands Chariots
La présentation se divisera en trois parties. D'abord, la lecture de textes personnels extraits des Trajectoires Buissonnières, série d'aventures et d'expériences procédant toutes de traversées de territoires, de franchissements de frontières (politiques, administratives, juridiques), de dissolution de l'identité, d'errance, de perte volontaire de repères (cf. lien web en biographie). Ensuite, la projection d'un film documentaire (durée 25min) réalisé par Malo Lacroix rendant compte de notre traversée de la toundra russe et de l'Oural polaire l'été 2017 avec un chariot évoquant un avion sans ailes (présenté lors du colloque en 2016 sous le nom d'Ichtyostéga), dont la symbolique et l'usage rejoignent à l'évidence la problématique des brassages planétaires qui nous intéresse ici. Enfin, une série de maquettes d'engins mobiles et pour certains habitables sera exposée et le principe constructif répétitif (assemblage d'un jeu restreint de pièces identiques) expliqué. Ces maquettes préfigurent de nouveaux prototypes et de nouveaux voyages, toujours dans cette urgence d'habiter le monde autrement.

Maxime Aumon est architecte voyageur. Diplômé de l'École Nationale Supérieure d'Architecture de Paris-Malaquais, il est concepteur d'architectures légères ou mobiles utilisées comme supports de récits réunis sous l'appellation "Trajectoires Buissonnières". Ces histoires exercent une analyse critique sur notre manière "d'habiter le monde" et réclament un mode d'existence plus libre dans lequel chacun s'autorise à inventer sa propre destinée. Quelques extraits sont visibles à l'adresse suivante: http://www.maximeaumon.fr/.

Sarah CLÉMENT: Archives et migrations
Proposition à partir de l'introduction de "Éloge des vagabondes" de Gilles Clément
Quelles traces garder de ce et ceux qu'on veut effacer, ne pas voir, ne pas donner à voir? Comment documenter, archiver, préserver la vie des vagabonds, des voyageurs forcés ou non?
À partir de différents documents et témoignages, d'archives publiques ou privées, nous pourrons réfléchir à la question: "quel type d'archives, de documents collecter, conserver, numériser (si nécessaire) et par qui, pour créer des récits alternatifs mais qui prennent en compte l'ensemble de la diversité des individus dans leur déplacements et leur installation temporaire ou prolongée?".
Entre les archives traditionnelles et les archives électroniques, on peut faire apparaître un brassage planétaire, un patrimoine des migrations à partir des traces en tout genre, en ligne et partagée, avec quelles techniques, quel lieu (physique ou virtuel) de conservation par qui et pour qui?
Et pour quel récit et quelle histoire à écrire sur de nos sociétés?

Après quelques années passées en Egypte et en Syrie (1999-2003), Sarah Clément a rejoint l'association Génériques qui travaille sur l'histoire et les mémoires de l'immigration en France, et en Europe depuis 1987. Elle a développé de nombreux projets autour des archives de l'immigration, et participé à la réalisation d'expositions, de publications, de collecte de témoignages, dans une perspective éducative, culturelle et sociale. En parallèle, elle a suivi en 2017-2018 la formation de l'École des plantes à Paris.
Bibliographie:
Guide des sources d'archives publiques et privées des étrangers en France – 4 tomes
Collections de la revue Migrance
Migrance, 45-46: "L'histoire de l'accueil des étrangers en France"
Migrance, Hors série: "Le patrimoine de l'immigration en France et en Europe: enjeu social et culturel"
Migrance, 33: "Les archives de l'immigration"
Migrance, 23: "Les archives électroniques: méthodologie d'archivage"


Emanuele COCCIA: Continent théorique et tectonique des êtres: la vie comme fait planètaire
La découverte de la tectonique des plaques a transformé la manière de penser la relation entre les êtres vivants et l’espace. Si tous les continents sont à la dérive, aucun ne peut s’empêcher d’être une "planète", un corps en mouvement erratique. Tous les continents sont la même Terre, à la fois unie et en friction permanente pour trouver une forme combinatoire. Nous reprendrons le concept de continent théorique, que Gilles Clément avait déjà emprunté à Carl Troll, pour penser la relation entre les espèces. Toutes les formes de vie sont à la dérive, chacune de leurs identités est la friction entre les espèces disparues dans le passé et celle qui émergeront dans un futur, que le sexe et la mutation rendent imprévisible. Un chien, un chat, un homme, un virus, un pissenlit ne sont pas des identités stables, mais des configurations incertaines à travers lesquelles la vie se rapporte avec elle-même et se réincarne dans ses propres limites.

Emanuele Coccia est maître de conférences à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS) de Paris.
Parmi ses publications La  vie des plantes. Pour une métaphysique du mélange (2016), Le bien dans les choses (2013) et La vie sensible (2010).


Olivier FILIPPI: Plantes exotiques envahissantes en Méditerranée, entre présupposés éthiques et non-dits
Je propose de porter un regard sur les plantes exotiques envahissantes comme objet de conflit entre des personnes ou des groupes sociaux ayant des perspectives différentes. L'analyse des présupposés éthiques et des non-dits dans les discours sur les plantes envahissantes permet de mieux comprendre les points de vue divergents qui sont parfois à l'origine de situations conflictuelles dans la gestion des plantes ou des milieux. Ces points de vue divergents peuvent concerner par exemple la définition de ce qu'est une "espèce exotique envahissante", l'évaluation des impacts négatifs et/ou positifs des plantes réputées envahissantes, les échelles spatio-temporelles qui délimitent les notions d'indigénat et d'exotisme, la perception patrimoniale des paysages comme marqueurs d'identités locales ou les enjeux liés aux migrations des espèces végétales dans le contexte des changements climatiques.

Olivier Filippi est pépiniériste, spécialisé dans les plantes sauvages du pourtour de la Méditerranée. Avec sa femme Clara, il a réalisé de nombreux voyages autour de la Méditerranée et dans les différentes régions à climat méditerranéen du monde pour étudier les plantes dans leur environnement naturel. Oliver Filippi s'intéresse depuis de nombreuses années aux impacts, négatifs ou positifs, des plantes envahissantes dans les écosystèmes méditerranéens. Il a proposé un protocole d'évaluation des plantes envahissantes en région méditerranéenne (Filippi & Aronson 2010) et contribué à la mise en place du Code de conduite sur les plantes envahissantes pour l'horticulture et le paysage (www.codeplantesenvahissantes.fr/).
Publications:
Pour un jardin sans arrosage, Actes Sud, 2007.
Alternatives au gazon, Actes Sud, 2011.
La Méditerranée dans votre jardin, Actes Sud, 2018.


Christian GRATALOUP: La diversialité du vivant mondial. Peuples, plantes, animaux, maladies: petite histoire des discontinuités dans le temps long du Monde
À partir de l’échange colombien (le grand transfert transatlantique dès la fin du XVe siècle) concernant en premier lieu les maladies, puis les hommes, les plantes et les animaux, une géohistoire des idées d’autochtonie, de migration, de nomadisme et d’invasion peut être esquissée d’abord au sein de l’Ancien monde, puis de l’inclusion des nouveaux mondes. L’utilisation de la zonation climatique devient, à partir du XVIe siècle, un élément clé d’une géographie des échanges inégaux. La plantation incarne le lieu de transferts d’humains, de productions agricoles et de structures économiques. L’alimentation quotidienne au "Nord" (avec l’exemple du petit déjeuner) suppose une altérité exploité au "Sud". La mise en commun peut devenir la fabrique de l’altérité violente ou de la "diversialité", pour reprendre le beau mot de Patrick Chamoiseau.

Christian Grataloup est géographe, spécialiste de géohistoire, professeur émérite à l’Université Paris Diderot (UMR Géographie-cités).
Références:
"Sociétés à pattes et sociétés à racines : une géohistoire des mobilités de l’Ancien Monde à demain", in Archéologie des migrations, Dominique Garcia et Hervé Le Bras (dir.), La Découverte/Inrap, 2017, pages 375-383.
L’atlas global, Gilles Fumey et Chritian Grataloup (dir.), Les Arènes, 2016 (2nde éd.).


Emmanuelle HELLIO: Les fruits de la frontière
Il est courant d’opposer la liberté de circulation des personnes avec celle des marchandises ou des capitaux, réputée sans entrave dans un monde libéral, pour constater que la première n’est que formelle. Mais les choses ne sont pas si simples et les marchandises ne circulent pas si librement quand les intérêts économiques de la rive nord de la Méditerranée sont en jeu. Où l’on parle de subordination des terres et des travailleuses marocaines au calendrier productif européen.

Emmanuelle Hellio est sociologue et travaille sur le développement de l’agriculture intensive en Méditerranée, et les migrations liées au travail saisonnier dans le contexte de la globalisation agroalimentaire (LEST/Mucem/Labexmed). Son ethnographie de deux programmes de migration temporaire, la contratación en origen en Espagne, et les contrats OMIS en France, montre les effets de la migration saisonnière sur les conditions de travail, de vie, l'usage des terres et sur les configurations conjugales et familiales au Maroc et en émigration.

Antoine HENNION: Débattre des mondes que nous voulons: les migrations comme proposition politique
Il n’est pas si facile de substituer une parole politique à la soi-disant "crise" des migrants. Recouvrant un impuissant mélange de silence et d’urgence, ce mot ne dit que l’absence de pensée et la peur d’agir. Il renforce en outre une opposition paralysante, entre d’un côté des chiffres globaux, abstraits, insensibles, et de l’autre la vérité de multiples actes locaux, près des corps, des souffrances, de l’expérience en cours. Parler de crise, c’est déguiser les premiers en réalisme politique, et réduire les seconds à de l’aide humanitaire.
Pourtant, rien n’est plus politique aujourd’hui qu’aider les migrants: c’est revendiquer par les actes une Europe ouverte. Non pas opposer une politique par le bas aux oukases venus d’en-haut, mais, face à l’urgence, prendre la mesure d’un état du monde inédit. Et donc, d’abord, prendre le temps de l’enquête: je présenterai celles du Pérou sur l’expérience en cours, hier à Calais, aujourd’hui à La Chapelle, soutenant et documentant ce qui s’invente ensemble en situation, dans ces rencontres improbables et ces frictions créatrices.
Mais la politique exige aussi de toujours retisser le lien entre situations réelles et mesures à défendre, et ce n’est pas tâche aisée. Il ne faut pas considérer les migrations comme un problème déstabilisant l’Europe: comme le climat, elles sont l’occasion et la nécessité de la refonder. Ce débat fait peur aux hommes politiques, et aussi à bien des militants "pro-migrants", de crainte d’amplifier les craintes. Mais le refuser, c’est laisser la parole aux seuls tenants du repli illusoire sur des frontières que, dans l’autre sens, finance et marchandises ignorent. Oui, il faut oser dire qu’en effet, les mondes à venir seront tissés de migrations massives: ce n’est pas une crise, c’est une chance pour débattre des mondes que nous voulons, et se battre pour les faire advenir.
Les migrations nous font une proposition. À nous de nous mettre à sa hauteur.

Antoine Hennion, chercheur au CSI (Mines-ParisTech, PSL/CNRS), a travaillé sur la médiation, les amateurs, puis sur l’aide et le care, et élaboré une pragmatique des attachements. Auteur de La Passion musicale (2007), La Grandeur de Bach (avec J.-M. Fauquet, 2000). Articles récents: ""Enfermer Maman !" Le care comme éthique de situation" (avec P. Vidal-Naquet, 2015), "Un cahier qui pourrait s’intituler "Ce qui se passe" à Calais" (PUCA/Le Pérou 2016), "A Plea For Responsible Art. Politics, the market, creation", in Art and the Challenge of Markets, V.D. Alexander & al. eds. (2018).

Antoine KREMER: Brassages génétiques, diversité et adaptation
Les arbres couvrent l’ensemble de notre planète, depuis les tropiques jusqu’aux régions boréales. Ce succès évolutif interroge sur les stratégies biologiques, écologiques et génétiques qui ont contribué à l’expansion de ces espèces et à leur adaptation à des environnements extrêmement contrastés. En prenant pour exemple le genre Quercus (les chênes), présent dans tout l’hémisphère nord, j’évoquerai le rôle déterminant des échanges génétiques (flux géniques),  par graines et par pollen, dans la colonisation et l’adaptation au cours de changements environnementaux à différentes échelles de temps et d’espace. Ces échanges par voie intraspécifique et interspécifique (hybridation entre espèces et introgression) ont notamment contribué à maintenir et enrichir une diversité génétique qui a facilité l’adaptation à des milieux nouveaux.

Antoine Kremer est Directeur de recherche à l’unité mixte de recherche BIOGECO (BIOdiversité, GEnes et COmmunautés) à l’INRA de Bordeaux. Ses travaux portent sur la biologie évolutive des arbres en réponse aux changements environnementaux, en prenant pour exemple les chênes tempérés européens. Ses recherches sont motivées par la compréhension des mécanismes évolutifs qui ont conduit à l’organisation de la diversité dans les forêts actuelles. Initialement tournées vers l’histoire passée des espèces, elles s’intéressent aujourd’hui plus particulièrement à l’évolution future en réponse aux changements environnementaux en cours. Elles font donc très largement appel à la microévolution en croisant des disciplines complémentaires (génétique, génétique et écologie) et en associant des approches expérimentales et théoriques.
Pour plus d’information:
https://www6.bordeaux-aquitaine.inra.fr/biogeco/Personnel/Annuaire/K-L/Kremer-Antoine#Vid%C3%A9os
https://scholar.google.fr/citations?user=epd4jXsAAAAJ&hl=fr&oi=ao
Publications récentes:
Truffaut L, Chancerel E, Ducousso A, Dupouey JL, Badeau V, Ehrenmann F, Kremer A, 2017, "Fine scale species distribution changes in a mixed oak stand over two successive generations", New Phytologist, #215: 126-139.
Leroy T, Roux C, Villate L, Bodénès C, Romiguier J, Paiva JAP, Dossat C, Aury JM, Plomion C, Kremer A, 2017, "Extensive recent secondary contacts between four European white oak species", New Phytologist, #214: 865-878.
Sáenz-Romero C, Lamy JB, Ducousso A, Musch B, Ehrenmann F, Delzon S, Chalupka W,  Dagdas S, Hansen JK, Lee SL, Liesebach M, Rau HM, Psomas A, Schneck V, Steiner W, Zimmermann NE, Kremer A, 2016, "Adaptive and plastic population response of Quercus petraea across Europe", Global Change Biology, #23: 2831-2847.
Kremer A, 2016, "Microevolution of European temperate oaks in response to environmental changes", Compte rendus Biologies, #339: 263-267.
Kremer A, Ronce O, Robledo-Arnuncio JJ, Guillaume F, Bohrer G, Nathan R, Bridle JR, Gomulkiewicz R, Klein EK, Ritland K, Kuparinen A, Gerber G, Schueler S, 2012, "Long distance gene flow and adaptation of forest trees to rapid climate change", Ecology Letters, #15: 378–392.


Camille LOUIS
Camille Louis est docteure en philosophie et artiste dramaturge, co-initiatrice du collectif international kom.post (composé de chercheurs, artistes et activistes). Elle a soutenu en 2016 sa thèse à l’Université Paris 8 sur La recomposition de la politique dans les décompositions des politiques. Conflictualité des dramaturgies politiques, sous la direction de Bertrand Ogilvie. Elle enseigne dans les Universités de Paris 7 et Paris 8 ainsi que, pour l’année 2017, dans l’Université du Rosario à Bogota où elle a effectué un séjour post-doctoral, en parallèle à la réalisation d'un de ses projets artistiques: la fabrique du commun, sur le thème de "mémoires conflictuelles et territoires". Elle est aujourd'hui dramaturge associée à La Bellone (Bruxelles) et dramaturge pour différents festivals ("Hors Pistes" au Centre Pompidou, "Mondes Possibles" au théâtre Nanterre-Amandiers...). Ses recherches en philosophie se déplacent régulièrement de la rédaction d'essais à des terrains d'action concrets (en particulier, depuis quelques années, celui lié à la "condition migrante" où elle initie différents projets au croisement de l'écriture, de la création sonore et de la performance).
Publications:
"Symptoma, suites- Stop, Anagramme, Renversement", in Le symptoma grec, Éditions Lignes, 2014.
"Scène, plateaux, places: de la représentation à l'occupation", Revue Tumultes, n°42, "Politiques du praticable", Juin 2014.
"25 février 2016 - Bernard Cazeneuve défend l’évacuation de la jungle de Calais", in Le livre des trahisons, PUF, 2016.
"Peuple impossible, puissance politique", in Revue Lignes, n°52, Janvier 2017.


André MICOUD: Indigènes, natifs, autochtones, endémiques: restez plantés là où vous êtes !
Les plantes, dont il sera surtout question dans cette communication, ne sont pas aussi casanières que leur nom l’indique. Elles ont su inventer mille manières de s’affranchir de la sédentarité inhérente à leur condition, ne serait-ce qu’en confiant à toute sortes d’auxiliaires bienveillants, le vent, la pluie, le pelage des animaux, les semelles de mes souliers... le soin de transporter leurs semences aux quatre horizons. Mais il se trouve que certaines d’entre elles, comme des étrangères indésirables, viennent ainsi perturber la phytosociologie de contrées où on ne les attendait pas. Des gardiens de la nature s’en offusquent, qui demandent de mettre le holà à ces envahissements potentiels. Qui décident par là-même qui a droit de cité à tel ou tel endroit, sans pour autant pouvoir s’accorder sur les limites de la dite "cité": tel biotope, tel biome, telle région biogéographique ou telle ou telle "communauté biotique".

André Micoud, sociologue, directeur de recherche honoraire du CNRS a travaillé sur les changements des rapports à la nature.
Dernières publications:
"Des êtres nuisibles ou des gêneurs dans la communauté biotique", in Sales bêtes et mauvaises herbes; la notion de nuisible en question, dir. Remi Luglia, Presses universitaires de Rennes, 2018 (à paraître).
"Écologie, nature et spiritualité", in Les Carnets du Paysage, Ed. Actes Sud et L’École Nationale Supérieure du Paysage, n°31, 2017.
"Les activités de pleine nature, ou de quoi ce "pleine nature" est-il le nom?", in Nature et Recréation, n°3 mars 2017 (Revue en ligne).
"Le moment écologique", in Le moment du vivant, éds. Arnaud François et Frédéric Worms, Colloque de Cerisy, Presses Universitaire de France, Paris, 2016.


Marie José MONDZAIN
Marie José Mondzain, philosophe, directrice de recherche émérite au CNRS, dirige et anime depuis 1998 l'Observatoire des Images Contemporaines (OBI) aux Ateliers Varan à Paris.
Membre de l'Association théâtrale "Sans Cible".
Membre de l’Exception, groupe de recherche et réflexion sur le cinéma.
Publications:
Antirrhétiques de Nicéphore le Patriarche, traduction et commentaires (Kliencksiek,1991).
Image, icône, économie. Les sources byzantines de l’imaginaire contemporain (Seuil, 1996).
Le Commerce des regards (Seuil, 2003).
L’Image peut-elle tuer? (Bayard, 2002), nouvelle édition augmentée (Bayard, 2015).
Homo Spectator (Bayard, 2007).
Images (à suivre), de la poursuite au cinéma et ailleurs (Bayard, 2011).
L’image, une affaire de zone (Édition électronique D-Fiction, 2015).
Appétit de voir, Appétit de vivre (Édition électronique D-Fiction, 2015).
Confiscation des mots, des images et du temps (Les Liens qui Libèrent, 2017).


Jacques TASSIN: Regard d’un écologue sur l’ici et l’ailleurs
L’écologie est la science des interactions entre le vivant et son milieu. Un vivant voué à se déplacer; un milieu dont les contours restent souvent indiscernables et se prolongent dans le lointain. Dans le contexte du vivant, l’ici et l’ailleurs relèvent nécessairement d’arbitrages normatifs adressés à une nature que l’on renvoie "à sa place", une juste place que l’écologie de la conservation s’attache à maintenir. Pourtant, du point de vue du vivant, où s’arrête l’ici et où commence l’ailleurs? Les plantes, ancrées dans le monde bien au-delà de leurs racines, et dont le pollen peut féconder une autre fleur à des kilomètres de là, ne sont-elles pas à la fois ici et ailleurs? Le regard que propose habituellement l’écologie est à ce titre ambivalent. Par exemple, les espèces migrantes sont d’ici, mais les espèces invasives sont d’ailleurs. C’est une question de maintien de l’ordre, d’un ordre imaginaire du vivant où l’on affecte une place à chacun. L’ici et l’avant s’aimantent l’un l’autre, se rejoignent dans une présupposée intégrité écologique, et préservent le vivant de l’invisibilité de l’ailleurs et de l’incertitude de l’après. Le loup doit revenir ici, comme cela était avant. La défocalisation en cours de l’écologie, de l’écosystème vers la biosphère, conduit à forger un ici surimposant, tandis que disparaît l’ailleurs. C’est pourtant d’un ici virtuel dont il s’agit alors, qui se virtualise au fur et à mesure que nous l’amplifions, l’écologue troquant de lui-même la réalité sensible au profit de la réalité comptable. Le relevé floristique cède sa place au marché du carbone. La biodiversité idéelle occulte la réalité sensible de la nature. Cette propension à dissoudre l’ailleurs au bénéfice de l’ici, quitte à le perdre paradoxalement de vue, nous interroge sur le regard que projette l’écologie sur l’altérité vivante, en particulier humaine, mais aussi sur les liens qu’elle entrevoit entre l’individu et le collectif, de même qu’entre l’individu et son milieu. Entre l’ici et l’ailleurs, peut-on en effet vraiment identifier un milieu?

Jacques Tassin, chercheur au Cirad, a une double formation d’agronome et d’écologue. Il a essentiellement travaillé sur la dispersion des plantes. Il a cependant élargi son champ de recherche aux regards que portent nos sociétés sur le vivant, en particulier sur le végétal.
Publications:
La grande invasion: qui a peur des espèces invasives, Odile Jacob, 2014.
À quoi pensent les plantes?, Odile Jacob, 2016.


Dénètem TOUAM BONA: L'esprit de la forêt: esquisse d'une cosmo-poétique du refuge
"La dynamique du Lyannaj est d’allier et de rallier, de lier, relier et relayer tout ce qui se trouve désolidarisé" écrivaient des auteurs ultramarins à la suite des mouvements sociaux de 2009 qui secouèrent les Antilles, la Guyane et la Réunion. Il s’agissait alors de formuler la question de la convergence des luttes, en employant l’image-concept de la "liane". Mais pourquoi donc utiliser ce modèle végétal pour penser l’émergence d’un "Nous"? À travers l’expression créole "Lyannaj" nous évoquerons aussi la radicalité des écologies politiques "indigènes". Il faut en finir avec cet imaginaire de la "forêt vierge" qui expose à toutes les violations. Les Amérindiens voient l’Amazonie comme un vaste jardin, peuplé de présences familières (esprits, ancêtres) et non comme une nature étrangère et hostile dont l’humain devrait se rendre maître. Il nous faut voir la forêt non plus comme un environnement ou comme des ressources naturelles à exploiter, mais comme une "puissance". Puissance du vivant qui s'y manifeste, puissance aussi de peuples et de communautés qui se dressent dans leurs replis forestiers (Noirs marrons et Amérindiens des Amériques, ZAD, "Jungle" de Calais, etc.). Nous invoquerons donc l’"esprit de la forêt" afin de conjurer les spectres de Colomb et de l'Eldorado qui font retour à travers la recrudescence, dans le monde entier, de projets miniers ou agroindustriels dévastant terres et  modes de vie coutumiers.

Né à Paris, de père centrafricain et de mère française, Dénètem Touam Bona fait partie de cette nouvelle génération d’auteurs afropéens, à l’identité frontalière, qui tentent de jeter des passerelles entre des mondes que vrille, aujourd’hui encore, la ligne de couleur. Professeur de Philosophie, collaborateur régulier de l’Institut du Tout-Monde (centre de recherche fondé par Edouard Glissant) et de revues comme Africultures, il est l’auteur d’un essai philosophique et littéraire, Fugitif, où cours-tu? (Presses Universitaires de France), où il met en lumière l’action et la créativité des colonisés, à partir du phénomène méconnu des marronnages (fuites, résistances créatrices des esclaves noirs, formation de communautés furtives et dissidentes).

Bénédicte VACQUEREL: Ceux qu'on ne voit pas
Le film
Ceux qu’on ne voit pas
est un film documentaire (58 min), réalisé par Pauline Poulain et Bénédicte Vacquerel, sur l'accueil des personnes exilé-e-s en Normandie. Aujourd’hui en production, il retrace les parcours de personnes exilées à Caen. Elles racontent comment elles sont arrivées en Normandie et comment elles parviennent, malgré la violence de la machine administrative et le sentiment d'abandon par les autorités publiques, à y recréer un espace de vie intime. Le film témoigne des rêves de ces personnes en exil, de leurs déceptions et des belles rencontres qui naissent de mobilisations à leur égard.
Les histoires
Nicolas est travailleur social. Fil rouge du documentaire, il témoigne de l'accueil réservé aux exilés à Caen.
Sandrine, Kamara et Adama sont respectivement congolais et ivoiriens. En situation irrégulière, ils peinent à se loger et à mener une vie stable. Ils racontent la surdité de l'administration face à leur situation.
Omar, syrien, est arrivé en France avec sa famille et nous confie une expérience d’intégration exemplaire.
Amr est égyptien. Il retrace sa traversée de la Méditerranée pour rejoindre son père en France.
Véronique et Egyl ont accueilli Ibrahim sous leur toit. Ils nous racontent leur expérience d'hébergement et se font les porte-voix des citoyens mobilisés pour l'accueil.
Ismaël était membre de la sécurité du port de Ouistreham. Il décrit la manière dont les autorités portuaires empêchent les exilé-e-s de rejoindre l'Angleterre.
Adeline, Tesfaldet, Monsieur le Préfet nous racontent leur expérience de la création des premiers Centres d'Accueil et d'Orientation suite au démantèlement de la "jungle" de Calais et du camp de Stalingrad.
Sébastien Thiéry est co-fondateur du PEROU (pôle d'exploration et de ressources urbaines). Il rend compte de l'élan de solidarité autour des exilés et de l'absurdité de la gestion des flux migratoires en France.

Sarah VANUXEM: Du commerce ou du brassage juridique des semences paysannes
Sans doute le droit ne va-t-il pas jusqu'à interdire de moissonner les nuages et récolter les impondérables "semences mêlées de lœss" qui s'y pourraient cacher (Clément, 2002). Mais les règles juridiques actuelles prohibent la commercialisation — même à titre gratuit — des semences non-inscrites au Catalogue officiel des plantes cultivées (Décret n°81-605 du 18 mai 1981). Or pour être inscrites au Catalogue, les semences ou plants doivent répondre à des critères qui commandent d'éliminer les "êtres qui n'ont rien à faire ici" (Clément, ibid.), -i.e. dans le monde de l'agro-industrie. Sont, dès lors, éliminés les êtres susceptibles de nuire à la Distinction, l'Homogénéité et la Stabilité (DHS) des variétés végétales soumises au Comité Technique Permanent de la Sélection des plantes cultivées (CTPS).
Contre cette sujétion à un "protocole d'action" aboutissant à "déclarer ennemis" (Clément, ibid.) les individus "hors-types" (Kastler, 2018), diverses associations appellent à une libération des semences et du droit afférent. Si toutes célèbrent la "multiplicité des rencontres et la diversité des êtres comme autant de richesses ajoutées au territoire" (Clément, ibid.), les associations n'entretiennent pas le même rapport à celui-ci: tandis qu'une association comme Kokopelli appelle à libérer les semences des réglementations à l'échelle pour ainsi dire planétaire (free the seeds), celles du Réseau Semences Paysannes revendiquent la libération de leurs propres semences (free our seeds) (Demeulenaere, 2018) pour un brassage, non global, mais local, à un niveau que l'on pourrait qualifier d'intercommunautaire.
Les inquiétudes liées au changement climatique, à l'érosion de la biodiversité et aux effets funestes de l'agro-industrie ont apporté quelque crédit aux défenseurs des semences libres, en particulier au second mouvement (free our seeds) lequel milite en faveur de réformes plutôt que pour une déréglementation. Aussi la faculté d'échanger des semences non inscrites au Catalogue, non certifiées (-i.e. non protégées par un droit d'obtention végétale), et à des fins non lucratives, se trouve-t-elle désormais facilitée. Sous certaines conditions, les agriculteurs sont, en outre, clairement autorisés à faire leurs propres semences à partir de semences certifiées et, partant, à détourner, via ces semences de ferme, la logique productiviste. Dans un esprit qui demeure expressément conservateur, des mesures sont encore prises pour sauvegarder les variétés de conservation. Enfin — et dans une perspective a priori plus créative et émancipatrice — une expérimentation juridique est actuellement en cours pour l'admission de variétés populations.

Bibliographie:
La propriété de la terre, Wildproject, 2018.
"Des nouvelles Plantes génétiquement modifiées. Une tentative d'échappement au droit des OGM", Cahiers philosophiques, 2018/1, n°152, Le végétal, savoirs et pratiques, Vrin.
"Les communautés d'habitants pour la transition écologique", in Le droit des biens au service de la transition écologique, B. Grimonprez (dir.), Dalloz, 2018.
"Les sections de commune pour la protection des paysages? Le cas du Goudoulet, section du plateau ardéchois", Les carnets du paysage, n°32, mai 2018, Paysages en commun, Actes sud-ENSP.


ATELIERS "JARDINS DIVERS" :

Étudiants à l'ENSP et l'ENSA de Marseille, nous participons à l'organisation d'ateliers lors du colloque  Brassages planétaires. Ce thème est, et sera, au cœur de nos futurs métiers. C'est pourquoi nous voyons ce colloque comme une véritable opportunité pour participer aux débats, sous un regard, nous l'espérons, neuf.

Les ateliers "jardins divers" auront bien sûr pour thème les brassages planétaires, en abordant à la fois les notions de migrations végétales, mais aussi humaines et culturelles. Ils seront aussi l'occasion de discuter du sujet de manière moins formelle et plus détendue, que ce soit au travers de balades commentées dans le parc, de visionnages vidéo ou encore de récits d'expériences de voyage.

Nous proposons plusieurs interventions sous différentes formes:

"À la rencontre des arbres de Cerisy issus du brassage planétaire", balade avec Martin BOMBAL, Mathilde CLÉMENT, Nicolas DELPORTE, Tom TROÏANOWSKI et Véronique MURE
Jeudi après-midi — 1h à 1h30 — Parc du domaine

Mathilde CLÉMENT
Mathilde Clément est étudiante en deuxième année à l'École Nationale Supérieure de Paysage de Marseille. De plus, avec Nicolas Delporte, lui aussi étudiant à l'ENSP, ils ont récemment remporté un concours étudiant national, organisé par l'Institut Klorane "Imaginer le jardin urbain méditerranéen de demain". Ce jardin prône le brassage planétaire en essayant d'accueillir des plantes de tout le biome méditerranéen (Afrique du Sud, Californie, Australie...) dans une seule parcelle: le Jardin des Nymphes. Ce jardin de 170 m² a été inauguré en mai 2018 sur les plages du Prado à Marseille.

Nicolas DELPORTE
Nicolas Delporte est étudiant en dernière année à l'École Nationale Supérieure de Paysage de Marseille, ainsi qu'à l'Institut d'urbanisme d'Aix-Marseille, en Master 2 Paysage et aménagement. D'autre part, avec Mathilde Clément, elle aussi étudiante à l'ENSP, ils ont récemment remporté un concours étudiant national, organisé par l'Institut Klorane "Imaginer le jardin urbain méditerranéen de demain". Ce jardin prône le brassage planétaire en essayant d'accueillir des plantes de tout le biome méditerranéen (Afrique du Sud, Californie, Australie...) dans une seule parcelle: le Jardin des Nymphes. Ce jardin de 170 m² a été inauguré en mai 2018 sur les plages du Prado à Marseille.

Tom TROÏANOWSKI
Tom Troïanowski est étudiant en 4ème et dernière année de l’École Nationale Supérieure de Paysage de Marseille. Il fait partie de la dernière promotion donnant accès au titre de Paysagiste DPLG (Diplômé Par Le Gouvernement).



Adrien SARELS étudie le monde arabe par le biais d'un Master à Science Po Lyon. Ce jeune voyageur solitaire nous racontera une des expériences de voyage dans le monde arabe, à travers notamment ses périples en auto-stop en Iran, Egypte, Maroc, Israël, Palestine ou Turquie. C'est au contact direct avec les habitants qu'il a pu embrasser le brassage des cultures. L'occasion pour nous de débattre autour du sujet.
Vendredi après-midi — 30 min à 1h — Salle de projection ou en extérieur



Yann LAFOLIE est paysgiste concepteur, il aimerait proposer un travail in situ dans le potager  de Cerisy. Parler des plantes comestibles directement dans le jardin, est pour lui un bon moyen de voir, goûter, sentir et toucher les brassages planétaires à l'œuvre dans les jardins vivriers du monde entier.
Dimanche après-midi — 1h — Potager de Cerisy



Collectif Les Froufous de Lilith (représenté par Bulle MEIGNAN et Camille ZÉHENNE) proposeront un montage vidéo sur le thème du brassage planétaire.
Camille Zéhenne est diplômée des beaux-arts de Cergy et doctorante. Elle est artiste-chercheuse.
Bulle Meignan travaille quant à elle à images de bibliothèque de Paris.
Toutes les deux font partie du collectif Les Froufrous de Lilith et organisent une fois par mois le Food and Film. Autour d'une thématique choisie et d'une proposition culinaire, Food and Film délivre une programmation de films de différentes natures: entre cinéma, vidéo, curiosités Youtube, clips clandestins ou archives. Elles proposent un montage d'extraits toujours critiques, politiques et décalés.
Lundi après-midi — 30 min à 1h — Salle de projection



Raphaël CAILLENS est paysagiste concepteur, mais ce qui l'anime avant tout c'est de raconter des histoires. Au fil d'une balade dans le parc, il nous contera une histoire de brassages planétaires.
Mardi après-midi — 1h à 1h30 — Parc du domaine



EXPOSITION (pendant tout le colloque):
Comment se concrétise spatialement le concept du brassage planétaire?
Présentation des travaux du work-shop de Ruedi BAUR avec des étudiants du BTS d'Arts Appliqués du Lycée André Malraux de Montereau (77)

Avec le soutien
de l'École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles,
de Val'hor
(les professionnels du végétal),
de Klorane Botanical Foundation
et de Veolia

École Nationale Supérieure de Paysage de Versailles
Val'hor (les professionnels du végétal)

Klorane Botanical Foundation Veolia