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" Page mise à jour le 1er mars 2010
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DU SAMEDI 14 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 22 AOÛT (14 H) 2010



LE LANGAGE TOTALITAIRE D'HIER À AUJOURD'HUI

EN HOMMAGE À VICTOR KLEMPERER


DIRECTION : Laurence AUBRY, Béatrice TURPIN

(Informations complémentaires : http://klempereraout2010.free.fr/Cerisy/)

ARGUMENT :

Une réflexion sur totalitarisme et discours politique évoque le philologue Victor Klemperer (1881-1960), dont la résistance face au nazisme passa par une étude minutieuse des énoncés sous ce régime. Scrupuleusement tenu jour après jour, le journal des transformations de la langue allemande alors sous influence, comme des divers symboles et cérémonials de ce régime, vint témoigner de l'attaque contre la langue, l'esprit et la culture par la propagande du IIIe Reich. La démarche de l’écrivain, linguiste, spécialiste de littérature française et italienne, est emblématique d’une entreprise interdisciplinaire.

Les communications, qui procèderont selon une approche fondée sur le dialogue entre diverses disciplines (linguistique, rhétorique, stylistique, analyse du discours, sémiologie, communication, psychanalyse, principalement), auront ainsi en commun de s’interroger sur les liens entre totalitarisme et langage dans le domaine politique, au discours en tant qu’il peut manipuler, être modifié ou détourné.

Une place sera accordée au regard que nous proposent les arts intégrant le discours (littérature, théâtre, cinéma) lorsqu’ils interrogent, exposent ou dénoncent les signes d’un langage public ou politique totalitaire (1984 de Georges Orwell).

COMMUNICATIONS :

* Ruth AMOSSY: Le discours totalitaire a-t-il des modalités argumentatives?
* Laurence AUBRY: Totalitarisme, totalitaire, manipulation: questions de mots
* Marc BONHOMME: Rhétorique de l'aphorisme et parole totalitaire
* Philippe BRETON: Le discours peut-il tuer? Le rôle du langage dans la motivation des exécuteurs de masse et des agents du génocide
* Patrick CHARAUDEAU: La montée du discours populiste, une nouvelle forme de totalitarisme?
* Emmanuelle DANBLON: Le langage totalitaire ou l'opacification des notions floues
* Jean-Luc EVARD: Stefan George. Les poètes dans la révolution conservatrice
* Jean Pierre FAYE: Langage totalitaire "officiel" et langue totalitaire quotidienne: la LT1 captée jour après jour par Klemperer et Schneeberger
* Béatrice FRAENKEL: La ville fasciste et ses régimes graphiques: le témoignage de Victor Klemperer
* Melliandro Mendes GALINARI: Education musicale et discours autoritaire: l'enseignement du chant orphéonique dans le gouvernement de Getúlio Vargas (Brésil, 1930-1945)
* Evelyne GUZY-BURGMAN: L'apologie du Jihad à la lumière de LTI. Approche rhétorique de textes au féminin
* Sjef HOUPPERMANS: Renaud Camus et Richard Millet en face des langages totalitaires
* Elzbieta JAMROZIK: Manipuler une nation: le mythe de la grandeur dans les discours de B. Mussolini
* Alicja KACPRZAC: La propagande et ses instruments discursifs (cas de calomnie et invective)
* Roselyne KOREN: Langage et justification implicite de la violence: le cas de l'"amalgame"
* Alice KRIEG-PLANQUE & Isabelle LABORDE-MILAA: De Klemperer aux usages militants d'Orwell: pratiques profanes de la critique du langage politique à travers la production de dictionnaires et de contre-lexiques
* Jean-René LADMIRAL: Les manipulations du langage totalitaire(s)
* Bernard LAMIZET: Sémiotique du totalitarisme
* Ida Lucia MACHADO: Olga: une femme offerte en "cadeau" aux nazis par un président brésilien
* Philippe MAHENC: Tentative de sémiologie économique
* William Augusto MENEZES: Discours et action du parti d'extrême droite au Brésil dans l'ère Vargas: stratégies identitaires et rumeur politique
* Gabriela PATIÑO-LAKATOS: Le lieu rhétorique de la métaphore. Dimension pragmatique de la métaphore: discours politique, référence et monde
* Christelle REGGIANI: Politique de la représentation. La manipulation politique au prisme du discours littéraire
* Joëlle RÉTHORÉ: Totalitarismes: quand les symboles cessent de croître
* Christiane ROUSSEAUX-MOSETTIG: Le Balancier de Victor Klemperer
* Françoise SAMSON: L'usage de la lettre dans la LT1
* Norma TASCA: Des effets de sens totalitaires
* Béatrice TURPIN: Sémiotique du discours totalitaire
* Maria ZALESKA: Mots interdits, pensées impensables. Une analyse discursive de la censure communiste en Pologne

SOIRÉES :

* Fabrice HUMBERT: Débat à partir de son livre: L'Origine de la violence (Le passage, 2009)
* Elise LEVRON & Philippe VILLIERS (compagnie Peredelkino): Lecture d'extraits du journal de Klemperer

RÉSUMÉS :

Marc BONHOMME: Rhétorique de l'aphorisme et parole totalitaire
L’objectif de notre communication est de mettre en évidence l’un des invariants de la parole totalitaire: son recours à l’aphorisme. Le genre aphoristique fut notamment à la base du totalitarisme maoïste (cf. Le Petit Livre rouge de Mao Tsé-Toung), mais il a largement été pratiqué par d’autres courants totalitaires, qu’ils soient d’essence communiste (comme les discours de Ceaucescu) ou tiers-mondiste (cas de Sekou Touré en Guinée dans les années 1960). S’appuyant sur des textes produits par les hommes politiques précédemment mentionnés, notre intervention analysera la dimension foncièrement manipulatoire du recours à l’aphorisme. En particulier, sur le plan énonciatif, l’aphorisme politique révèle une oscillation constante entre une subjectivité latente et un positionnement générique qui confère une prétention universaliste — source de totalitarisme — à une idéologie singulière. Sur le plan informatif, l’aphorisme manifeste une propension à la tautologie et à la reformulation qui en fait un discours de ralliement à une pensée politique prédéfinie. Sur le plan argumentatif, l’aphorisme apparaît comme un discours d’autorité masqué, cela grâce à divers procédés qui permettent de faire admettre comme allant de soi des assertions politiques contestables. La force rhétorique de l’aphorisme totalitaire est encore amplifiée par son importante composante prosodique qui favorise un engourdissement du jugement chez ses destinataires.

Philippe BRETON: Le discours peut-il tuer? Le rôle du langage dans la motivation des exécuteurs de masse et des agents du génocide
De nombreux travaux, récents et moins récents, cherchent à comprendre comment des hommes "ordinaires", du moins qui ne sont pas des psychopathes avérés, en arrivent à devenir des exécuteurs, des tueurs de masse et des agents directs des génocides. Cette communication, en complément et en critique des explications traditionnelles (racisme déshumanisant, soumission au groupe ou à l'autorité, socialisation par la violence et déprise de soi), partira d'une analyse précise des paroles tenues sur le terrain même du meurtre. On cherchera dans cette perspective à mieux comprendre le rôle de la propagande, du point de vue du contenu et de celui du nouveau rapport à la parole qu'elle inaugure. On insistera sur la fonction jouée dans la commission du meurtre par les discours de vengeance.

Patrick CHARAUDEAU: La montée du discours populiste, une nouvelle forme de totalitarisme?
Le langage totalitaire n'a des effets totalitaires que quand il s'accompagne de la force (force année, force de la police, force des services de surveillance). C'est la menace de la sanction qui terrorise et crée entre les individus un rapport de soumission totale à l'instance totalitaire. On pourrait donc penser qu'il n'y a plus, en Europe, de régimes totalitaires comme le furent l'Allemagne nazie et l'Union soviétique stalinienne. Et de fait. Mais le langage totalitaire est, lui, protéiforme. Il est toujours une tentative de soumettre les individus, même si les moyens sont beaucoup plus "soft" et pourrait-on dire plus subtils. Cela nous conduit à confronter cette notion de "langage totalitaire" avec celle de plus en plus répandue dans notre modemité de "langage populiste". C'est ce qui sera examiné dans notre contribution pour déboucher sur une réflexion sur la place des discours politiques dans les démocraties modernes.

Emmanuelle DANBLON: Le langage totalitaire ou l'opacification des notions floues
Dans cette conférence, je voudrais utiliser le concept de notion floue élaborée par Perelman et Olbrechts-Tyteca afin de le confronter à la problématique du langage totalitaire. Selon Perelman et Olbrechts-Tyteca, la dissociation des notions est une technique à la base de nombreuses discussions critiques qui permet de faire avancer le débat vers une plus grande clarification des notions. Je voudrais montrer que l’un des critères linguistiques qui pourrait déterminer l’appelation de "totalitaire" pour un discours donné serait une technique d’opacification des notions floues. Une telle technique utliserait, comme pour la dissociation, leur caractère généralement flou mais pour leur faire subir une forme d’opacification au cours de laquelle le signifiant prend la place du signifié. La notion ainsi opacifiée devient intouchable, incriticable. En outre, toute dimension métaphorique se réduit à la signification littérale. Les deux fonctions du langage essentielles pour qu’il y ait de la rhétorique sont ainsi neutralisées (i.e. la fonction métalinguistique indispensable à la critique, la fonction poétique indispensable à la persuasion). Je voudrais enfin comparer deux techniques d’opacification des notions. La plus connue, décrite par Klemperer, revient à une opacification de type iconique ou indiciaire. Une technique plus récente consiste en une opacification par ambiguïté, au cours de laquelle le sens devient indécidable.

Jean-Luc EVARD: Stefan George. Les poètes dans la révolution conservatrice
Partant du premier texte de célébration de Stefan George publié en 1909 par son cénacle (Herrschaft und Dienst, "Souveraineté et service"), on se propose d’étudier une variante allemande de l’articulation du politique et du poétique. Au début du vingtième siècle, réputé pour avoir été celui des avant-gardes en tout genre, un cénacle de poètes réunis autour de Stefan George définit son idéal de société, de hiérarchie, d’esthétique. Son prestige fut considérable, sa relation au politique durant les années weimariennes et les suivantes nourrit la controverse. On tentera de décrire comment des régimes de discours et de parole au départ distincts composent une constellation où s’orientent en même temps des attentes et politiques et poétiques.

Références bibliographiques :

Schiller, Friedrich : Lettres sur l’éducation esthétique de l’homme, 1795, trad. fr. 1943 rééd. Aubier 1992.
Adorno, Th. W. : Notes sur la littérature, 1967, trad. fr. Flammarion 1984.
Fumaroli, Marc : Chateaubriand. Poésie et Terreur, 2003.


Béatrice FRAENKEL: La ville fasciste et ses régimes graphiques: le témoignage de Victor Klemperer
La lecture attentive du journal qu’a tenu V. Klemperer entre 1933 et 1945 (Seuil, 2000) témoigne des changements multiples qui affectent progressivement la ville de Dresde et des nouvelles réglementations qui modifient la vie des juifs comme citadins. Nous nous proposons d’analyser comment cet environnement urbain instable articule deux dimensions: une nouvelle qualification juridique des espaces liés à de nouvelles qualifications de ses habitants et une nouvelle écologie graphique qui participe à une transformation sensorielle de la cité.

Références bibliographiques :

Fraenkel B. (dir.), Écritures urbaines : les lois de la ville, Ouvrage à paraître en 2010, coll. "Les mots de la ville", ed. MSH-Unesco.
Fraenkel B., "Actes d’écriture : Quand écrire c’est faire", Langage & Société n° 121-122, sept-dec 2007,  p101-112 (tr. en anglais (2010) et en italien (2009)).
Fraenkel B., 2007, "Les écritures de la catastrophe. Pratiques d’écriture et de lecture dans la ville de New York en septembre 2001", dans La lettre et l’Image, Nouvelles approches, Textuel n°54, A.-M. Christin et A. Miura (eds.) Université Paris Diderot-Paris7, p. 27-41 (tr. en espagnol 2008 et en anglais 2010).


Melliandro Mendes GALINARI: Education musicale et discours autoritaire: l'enseignement du chant orphéonique dans le gouvernement de Getúlio Vargas (Brésil, 1930-1945)
Dans cette communication, après avoir parlé du contexte historique du gouvernement de Getúlio Vargas, au Brésil, entre 1930 et 1945, nous exposerons comment son autoritarisme (et celui des forces qui se sont alliées à lui) s’est approprié l'éducation d'une façon globale et, plus spécifiquement, l'enseignement de la musique aux écoles, avec l’intention de répandre publiquement la vision politique dominante et d’influencer les comportements civiques des citoyens, en ce qui concerne le maintien d’une discipline collective et d’un nationalisme un peu trop exagéré. Le chant collectif, avec ses hymnes nationaux et/ou chansons patriotiques, était destiné, aussi, à être réalisé par un chœur, lors de grandes concentrations: on parle ici des solennités et commémorations publiques promues par le gouvernement lors des occasions civiques (comme le jour de la Patrie, le jour de l'Arbre, etc.). Les directives et le caractère de l'enseignement de la musique ont été donnés par Heitor Villa-Lobos, un musicien brésilien renommé qui a été embauché par l'État pour gérer l'enseignement musical à l'échelle nationale. Pour analyser la rhétorique autoritaire de la musique et de l'éducation "varguista", cette communication utilise l'analyse du discours et les études sur l'argumentation.

Références bibliographiques :

AMOSSY, Ruth. L’argumentation dans le discours, Paris, Armand Colin, 2006.
CHARAUDEAU, Patrick, Le discours politique, Paris, Vuibert, 2005.
D’ARAÚJO, Maria Celina. A Era Vargas, São Paulo, Moderna, 1997.
FAUSTO, Boris. A Revolução de 1930: Historiografia e História, São Paulo, Companhia das Letras, 1997.
GALINARI, Melliandro Mendes. 2007. A Era Vargas no Pentagrama: dimensões político-discursivas do canto orfeônico de Villa-Lobos, Thèse Doct. (Belo Horizonte: Faculdade de Letras da UFMG).
GUÉRIOS, Paulo Renato. Heitor Villa-Lobos: o caminho sinuoso da predestinação, Rio de Janeiro, Editora FGV, 2003.
MACHADO, Ida Lucia; MENEZES, William; MENDES, Emília. As Emoções no Discurso, Rio de Janeiro, Lucerna, 2007.
PLANTIN, Christian; DOURY, Marianne; TRAVERSO, Véronique. Les Émotions dans les interactions, Lyon, Presses universitaires de Lyon, 2000.
PLANTIN, Christian. L’argumentation, Paris, Seuil, 1996.
VILLA-LOBOS, Heitor. Canto Orfeônico, São Paulo, Irmãos Vitale Editores, 1951, 2.º v.
VILLA-LOBOS, Heitor. Canto Orfeônico, São Paulo, Irmãos Vitale Editores, 1940, 1.º v.
VILLA-LOBOS, Heitor. Guia Prático: estudo folclórico musical, São Paulo, Irmãos Vitale Editores, 1941.
VILLA-LOBOS, Heitor. Programa do Ensino de Música, Rio de Janeiro, Secretaria Geral da Educação e Cultura, 1937.


Evelyne GUZY-BURGMAN: L'apologie du Jihad à la lumière de LTI. Approche rhétorique de textes au féminin
Sur la base de l'analyse d’écrits produits par des femmes jihadistes francophones, je tenterai de voir s'il existe une filiation entre le langage totalitaire tel que le décrit Victor Klemperer et ces textes contemporains. Je m’attacherai plus particulièrement à examiner la requalification dont font l’objet certains termes, tels que "viol" ou "terroriste", dans le cadre de ces discours radicaux. Dans la foulée des travaux du Groupe de recherche en rhétorique et en argumentation linguistique, je tenterai également de déterminer si ces productions discursives s’inscrivent dans une topique contemporaine se fondant sur la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Elzbieta JAMROZIK: Manipuler une nation: le mythe de la grandeur dans les discours de Benito Mussolini
L’ascension au pouvoir de Benito Mussolini constitue un parcours savamment orchestré dans lequel la parole joue un rôle primordial: faisant appel à la grandeur de la nation italienne, jetant le pont entre l’Empire Romain et l’empire colonial d’Afrique, déployant les perspectives d’un futur radieux, le Duce a su entraîner les Italiens (ou au moins une partie d’entre eux) dans la folie de ses visions. Cette manipulation s’est opérée par différents choix linguistiques au niveau de la syntaxe (structures phrastiques), de la phonétique (rythme et cadence), du lexique (recours aux termes à forte émotivité), ainsi que par une richesse de stratégies de persuasion adaptées sciemment au type de public. Les multiples facettes de la rhétorique du Duce, ses invocations, questions rhétoriques, répétitions et anaphores, complétées par un langage du corps savamment utilisé constituent un ultérieur aspect du leurre qui a accompagné les Italiens dans les années ’20-’30 du XXe siècle: démonter les mécanismes linguistiques par lesquels Mussolini a su convaincre les masses à sa folie de grandeur signifie mettre à jour les ressorts de la manipulation du régime totalitaire italien dans son aspect universel.

Références bibliographiques :

Bosworth R., L’Italia di Mussolini, 1915-1945, [Mussolini’s Italy], Mondadori, Milano, 2007.
Foresti F. (éd.), Credere, obbedire combattere. Il regime linguistico nel Ventennio, Pendrago, Bologna 2003.
Klein G., La politica linguistica del fascismo, Il Mulino, 1986.
Lazzari G., Le parole del fascismo, Argileto, Roma,1975.
Leso E., "Momenti di storia del linguaggio politico", in: Serianni, L., Trifone, P. (éd), Storia della lingua italiana, vol. II, Scritto e parlato, Einaudi, Torino,1994, pp. 703-755.
Leso E., Cortellazzo M., Pacagnella I., Foresti F., La lingua italiana e il fascismo, Bologna, Consorzio provinciale pubblica lettura, 1977.
Ricco L., La lingua dell’impero. Comunicazione, letteratura e propaganda nell’età del colonialismo italiano, Carocci, Roma, 2005.
Simonini A., Il linguaggio di Mussolini, Bompiani, Milano, 1974.


Alicja KACPRZAC: La propagande et ses instruments discursifs (cas de calomnie et invective)
Le totalitarisme, phénomène défini par le TLF comme "Système politico-économique cherchant à imposer son mode de pensée considéré comme le seul possible" se résume, entre autres, par un modèle logique bien simple (voire simpliste): OUI pour nous et notre idéologie, NON pour les autres et leurs idéologies. La négation de l’autre qui semble être totale, s’exprime à l’aide de différents moyens dont dispose la propagande politique. D’un côté, il s’agit des moyens non-discursifs, événementiels (par ex: procès politiques, meetings ressemblant aux minutes de la haine orwelliennes, manifestations) et symboliques (par ex: monuments, portraits, pièces de musique), et de l’autre, des moyens discursifs qui ont parfois un caractère non-officiel (comme des rumeurs répandues par les services secrets), et ceux, les plus importants, qui ont un caractère officiel. Ces derniers, basés sur des supports variés, emploient de nombreux instruments linguistiques, parmi lesquels une place spéciale revient à la calomnie et à l’invective. Notre communication étudiera ces mécanismes mis en œuvre par la propagande de l’époque communiste en Pologne pour parler de l’autre en éveillant chez l’auditoire les sentiments de mépris, de colère, de haine et de peur.

Références bibliographiques :

AMOSSY, R., 2000, L’argumentation dans le discours, Paris, Editions Nathan.
BANKS, D. (éd), 2005, Aspects linguistiques du texte de propagande, Paris, L’Harmattan.
BRALCZYK, J., 2007, O języku propagandy i polityki, Warszawa, Trio.
KAMIŃSKA-SZMAJ, I., 2004, "Propaganda, perswazja, manipulacja – próba uporządkowania pojęć", in: Krzyżanowski J.P., Nowak P. (éds.) Manipulacja wjęzyku, Lublin, Wyd. Uniwersytetu Marie Curie-Sklodowskiej, pp. 13-27.
KAMIŃSKA-SZMAJ, I., 2007, Agresja językowa w życiu publicznym. Leksykon inwektyw politycznych 1918-2000, Wroclaw, Wydawnictwo Uniwersytetu Wroclawskiego.
PLANTIN, C., 1996, L’argumentation, Paris, Seuil.
ROBRIEUX J.-J., 2000, Rhétorique et argumentation, Paris, Editions Nathan / Her.
SZYMANEK K., 2001, Sztuka argumentacji. Slownik terminologiczny, Warszawa, Wydawnictwo Naukowe PWN.


Roselyne KOREN: Langage et justification implicite de la violence: le cas de l'"amalgame"
Cette contribution a pour fin de décrire les étapes de la transformation de l’analogie, figure dûment classée et recensée parmi les "liaisons" "qui fondent la structure du réel" (Perelman et Olbrechts-Tyteca, Le traité de l’argumentation, 1983: 499-504), en un raisonnement fallacieux que l’on nomme l’amalgame. L’histoire de la politisation de ce terme est des plus significatives. L’historien G. Lefebvre (La Révolution Française, 1963: 420) constate en effet que ce terme permettait sous la Terreur de juger ensemble des criminels de droit commun et des ennemis politiques des "sans-culottes", du fait de leur commune appartenance à la catégorie des "aristocrates" ou ennemis de la Révolution. Cela autorisait les tribunaux à justifier la sentence "punitive" de condamnation à mort. L’amalgame n’est plus aujourd’hui une pratique juridique manipulatrice, mais il hante toujours encore ces espaces discursifs idéologiques où des militants tentent de délégitimer l’image publique de leur cible en la diabolisant et en suggérant qu’il est légitime de la haïr et de souhaiter la détruire. C’est dans des espaces langagiers polémiques, médiatiques ou médiatisés, que nous revisiterons les stratégies de l’amalgame et de ses variantes. Cela nous conduira, chemin faisant, à problématiser la question d’un type de manipulation d’autant plus puissant qu’il exhibe les apparences argumentatives de la rationalité cognitive.

Alice KRIEG-PLANQUE & Isabelle LABORDE-MILAA: De Klemperer aux usages militants d'Orwell: pratiques profanes de la critique du langage politique à travers la production de dictionnaires et de contre-lexiques
Nous nous intéresserons à des productions éditoriales que nous identifions, au plan sémiotique, comme des lexiques. L’appréhension de tels objets passe par différents indices: titre, collection, quatrième de couverture, identité de l’auteur, paratexte (préface, postface, notes, avant-propos...). La nature de ces objets est à interroger également quant à leur visée pragmatique, par laquelle ils entendent se dissocier d’ouvrages similaires qui prétendent à la description (Le français des banlieues, Les mots frontaliers...). Le corpus permettra d’envisager notamment les questions suivantes: types d’unités donnant lieu aux entrées; modes d’énonciation (marques, statut de l’énonciateur, ethos) ; contenu et structure de l’article ; mécanisme de la dénonciation ; conception de la langue dans son rapport au réel politique (tel qu’envisagé par les locuteurs) ; modalités d’élaboration d’un contre-discours incluant éventuellement une démarche de proposition. L’ensemble du travail vise à saisir par quelles diverses manières et postures les acteurs, à travers les pratiques profanes d’une écriture sémiotiquement normée, se livrent à une critique des langages politiques qui leur sont immédiatement contemporains.

Bernard LAMIZET: Sémiotique du totalitarisme
Le totalitarisme se fonde sur la disparition de la dimension symbolique du politique. Dans la logique totalitaire, le politique cesse d’être un système de rationalité et d’intelligibilité du monde, pour que le politique soit réduit à sa dimension réelle: pour le totalitarisme, le politique n’est plus qu’un mode d’exercice du pouvoir. Dans ces conditions, le totalitarisme rend impossible tout débat dans l’espace public, il se fonde sur une logique de soumission et d’indistinction: de soumission, puisqu’il n’y a plus de médiation entre le singulier et le collectif; d’indistinction, puisque, comme le singulier ne se voit plus reconnaître de statut, il n’y a plus d’individualités distinctes aux yeux du pouvoir. La sémiotique du totalitarisme sera un essai d'interprétation des logiques et des pratiques de communication à l'œuvre dans les systèmes totalitaires, qui se place sur le plan de l’intelligibilité d’une instance inconsciente du politique. On peut, sans doute, considérer le totalitarisme comme une limite absolue du politique, comme le point ultime au-delà duquel il n’y a plus de politique possible.

Ida Lucia MACHADO: Olga, une femme offerte en "cadeau" aux nazis par un président brésilien
J’approcherai dans cette communication le destin d’une femme, victime d’un discours totalitaire (et de son application) au Brésil du Président Vargas, à l’époque de la seconde Guerre Mondiale: Olga Benario, compagne du Brésilien Carlos Prestes, leader communiste et homme politique haï par Vargas. J’essaierai de tracer les grandes lignes de la vie d’Olga Benario, qui aurait pu vivre au Brésil comme patrie d’asile, sans connaître l’infamie de camps de concentration allemands. Victime des paroles, victime des discours, elle a été livrée comme un "cadeau" par le gouvernement Vargas (en signe évident de bonne volonté?) au bourreau nazi qui l’a envoyée au camp de concentration de Ravensbrück. A la lumière de l’analyse du discours, je comparerais des extraits: (i) des documents officiels brésiliens et (ii) des lettres écrites par Olga elle-même et par sa mère. Je puiserai dans des concepts liés à l’argumentation et aux "discours de vie" en tant que méthodologie de recherche pour essayer de mieux comprendre le fonctionnement argumentatif des discours mentionnés.

Références bibliographiques :

AMOSSY, Ruth, L’argumentation dans le discours. Paris, Armand Colin, 2006, 2e édition.
BRETON, Philippe, La parole manipulée, Paris, La Découverte/Poche, 1997, 2000.
CHARAUDEAU, Patrick, Le discours politique, Paris, Vuibert, 2005.
GOHARD-RADENKOVIC, Aline et RACHEDI, Lyliane, Récits de vie, récits de langues et mobilités, Paris, L’Harmattan, 2009.
MORAIS, Fernando, Olga, São Paulo, Companhia das Letras, 2007, 17e édition.
PARANA, Denise, Lula, o filho do Brasil. São Paulo: Fundação Perseu Abramo, 2002.


Philippe MAHENC: Tentative de sémiologie économique
"Il faut donner un prix à la pollution". Ce qui est devenu à la fois une antienne pour les sociétés inquiètes du réchauffement climatique et une injonction pour leurs gouvernements signataires du protocole de Kyoto, mérite une étude sémiologique dans l’esprit initié par McCloskey (1985, 1988). Le prix est en lui-même un signe au sens de Barthes (1957), dans la mesure où il associe un signifiant à un signifié qui le charge de sens. Le signifiant est la variable économique, son montant affiché sur un marché ou fixé par un gouvernement lorsqu’il s’agit d’une taxe. Le signifié varie d’un modèle économique à l’autre. Cet article analyse le sens donné au mot "prix" et à toute la phrase en question à travers deux grilles de lecture: celle du modèle néo-classique et celle de la théorie du signal élaborée par Spence (1973, 1976).

Références bibliographiques :

Barthes, R. (1957), Mythologies, Editions du Seuil.
Deirdre N. McCloskey (1985, 1998), The Rhetoric of Economics, The University of Wisconsin Press.
Spence, M. (1973), "Job Market Signaling", Quarterly Journal of Economics, Vol. 85, pp. 355-379.
Spence, M. (1976), "Informational Aspects of Market Structure: An Introduction", Quarterly Journal of Economics, Vol. 90, pp. 591-597.

William Augusto MENEZES: Discours et action du parti d'extrême droite au Brésil dans l'ère Vargas: stratégies identitaires et rumeur politique
Cette communication a le but d’analyser le discours de l’extrême droite brésilienne constitué autour du mouvement social "Ação Integralista Brasileira — AIB" et l’action de son parti politique — le "Partido Integralista", pendant l’époque connue comme "Ère Vargas". L’objectif est de mettre en évidence les stratégies identitaires liées à ce mouvement aussi bien que les stratégies fondées dans la "rumeur politique" et mises en scène pour combattre les voix qui lui étaient contraires. Les questions fondamentales qui guident notre analyse peuvent ainsi être résumées: (i) quelles seraient les stratégies identitaires employées par le discours du parti cité par rapport à lui-même, à son interlocuteur et à l’autre; (ii) comment s’articulent les éffets de vérité et de crédibilité dans la mise en scène de telles stratégies? Le corpus de la recherche se constitue de documents et publications des années 1930, au Brésil.

Gabriela PATIÑO-LAKATOS: Le lieu rhétorique de la métaphore. Dimension pragmatique de la métaphore: discours politique, référence et monde
Les auteurs qui ont étudié la métaphore ont usuellement relevé les fonctions rhétorique et poétique, de même qu'une fonction épistémique de cette figure; certains de ces auteurs ont interrogé la place de la métaphore dans la construction de la connaissance, en mettant souvent en garde contre les "abus" et l’"obscurcissement de la raison" que l’on peut imputer à la rhétorique de la métaphore. Face à cette tradition de pensée, cette communication propose d’explorer la fonction de la métaphore dans la composition du discours politique et sa part dans la construction discursive d’une réalité sociale et politique déterminée. Nous prenons comme corpus d’analyse le discours national-socialiste, plus précisément des fragments de Mein Kampf d’A. Hitler et des réflexions documentées dans LTI de V. Klemperer, afin d’identifier un système fondamental de métaphores qui constituent l’ontologie de ce discours politique et qui définissent ses lignes d’action. Dans cette analyse nous interrogeons ce que P. Ricœur appelle la "portée ontologique du langage métaphorique". De même, au long de cette réflexion, nous reprenons différents concepts permettant d’aborder des problématiques propres à une dimension pragmatique, liée à son tour à la fonction rhétorique de la métaphore, comme celles de la matérialité et de la "performativité" du discours métaphorique.

Christelle REGGIANI: Politique de la représentation. La manipulation politique au prisme du discours littéraire
On partira d’un corpus romanesque mettant en scène des hommes politiques — réels ou imaginaires — dont l’éloquence engage explicitement une part de manipulation (il s’agira de romans de Barrès, Jules Romains, Martin du Gard, Aragon...), pour se demander ce que fait la littérature, comme esthétique de la représentation verbale, à la manipulation langagière. Cette question est à entendre en un double sens: de quelle intelligence de la manipulation langagière la représentation littéraire est-elle, le cas échéant, porteuse? La représentation, par la fiction romanesque, de discours manipulateurs peut-elle constituer (et à quelles conditions) un dépassement d’une telle éloquence démagogique — conférant ainsi au discours littéraire une vertu proprement politique, dont il s’agirait alors de déterminer, aussi précisément que possible, la portée spécifique.

Joëlle RÉTHORÉ: Totalitarismes: quand les symboles cessent de croître
La définition même du totalitarisme (et dans une moindre mesure celle des régimes autoritaires) entraîne la perte des libertés, et en particulier celle de penser à voix haute. Production et échange de signes, verbaux et non verbaux, sont contrôlés de la façon la plus stricte par les représentants du pouvoir, qui énoncent de façon unilatérale les signes désormais autorisés, portant une atteinte fatale aux langages individuels et aux droits de l'homme. En effet si, par définition, le symbole est le genre de signe capable de croître en signification, cela n'est vrai que pour autant que les symboles de la culture concemée soient validés et acceptés par l'ensemble de la commnnauté. Dans le cadre de ce colloque, le champ sémantique des fêtes nationales sous la France de Vichy illustrera ce phénomène de sélection des symboles et valeurs d'une société désormais intentée par le pouvoir: la limitation de leur nombre va de pair avec une autre limitation, imposée aux discours interprétants, qui interdit à ces demiers toute distance critique et toute subjectivité.

Christiane ROUSSEAUX-MOSETTIG: Le balancier de Victor Klemperer
A quelle conscience de la langue nous rapportons-nous quand nous disons que la langue est totalitaire? L'objet que nous observons est le même que celui avec lequel nous le décrivons. Victor Klemperer crée un sigle, LTI, abréviation de Lingua Tertii Imperii, qu'il nomme son balancier, instrument précaire et faillible mais indispensable pour reconnaître au jour le jour les usages "toxiques" de cette langue façonnée par la propagande. Le balancier tend à rétablir les qualités discriminantes de la langue. M'appuyant sur ses analyses détaillées, j'essaierai de montrer comment la langue totalitaire perd sa qualité de signifier pour ne devenir qu'un langage de pouvoir qui façonne la sensibilité et paralyse la capacité de juger. Par exemple l'emploi exclusif et obligé de tel ou tel mot (parmi d'autres: "fanatisme") supplante tous ses synonymes et mots apparentés, et nécrose une partie du réseau de la langue. Comment des tournures syntaxiques sont modifiées et des déterminants grammaticaux usuels évités — comme les pronoms personnels de la première et deuxième personne qui fondent la relation d'intersubjectivité et lui substituent une relation de masse entre individus et avec leur leader, au sens freudien. Comment des opérations logiques fondamentales comme le principe d'identité, principe constructeur au coeur du langage, est mis à mal dans les fréquentes formules où sont affirmées simultanément des contraires. Bref, l'individu séparé de sa vie intérieure et de la temporalité qui lui est propre, est affaibli dans ses possibilités psychiques et exposé à l'effet schizophrénique de la dictature.

Françoise SAMSON: L'usage de la lettre dans la LT1
Quand Hitler a pris le pouvoir, la LTI, la langue d’un petit groupe, celle de "Mein Kampf", est devenue langue populaire (Volkssprache) et s’est emparée de tous les domaines de la vie privée et publique. Par son extrême pauvreté et monotonie, la LTI vise l’effacement de la différence entre langue parlée et langue écrite. Je proposerai une lecture croisée de l’étude de Victor Klemperer, en particulier des chapitres "Effacement de frontière", "Système et organisation", "Je crois en lui" et "La malédiction du superlatif" avec les avancées de Sigmund Freud sur l’église et l’armée dans "Psychologie des foules" et celles de Jacques Lacan sur la voix et le regard.

Norma TASCA: Des effets de sens totalitaires
Y-a-t-il une unité dénommée "Discours Totalitaire"? La réponse à cette question exige la construction d’un modèle conceptuel appelé à rendre compte de cette unité sous-tendue par ses différentes formes contingentes, verbales ou non-verbales, et dont le caractère distinctif autoriserait le sémioticien à lui réserver une place dans une typologie des discours. Cette approche aurait le mérite de dévoiler que l’unité "Discours Totalitaire" n’est pas le propre d’un état ou d’un régime totalitaire, ses traits pouvant se retrouver dans différentes pratiques langagières de nos jours. D’où cette autre question: y-a-t-il une causalité sous-jacente à ces productions signifiantes, toujours prête à animer une nouvelle mise en forme de ce simulacre formel reconstruit?
En fait il y a dans ce qu’on délimite comme "Discours Totalitaire" un noyau énigmatique et irréductible aux approches rationalisantes. Seulement à partir d’une optique psychanalytique cette causalité peut devenir intelligible, éclairant du coup la tentation et la séduction de la priméité qu’elle présuppose. Par ailleurs, la littérature (F. Pessoa) et l’art (M. de Oliveira) éclairent les traits des codes totalitaires à partir de leur mise en cause qui déjoue les fétiches de l’univocité, de la transparence entre le signe et son supposé référent, ressuscitant le plaisir du jeu avec la langue, avec l’image.

Maria ZALESKA: Mots interdits, pensées impensables. Une analyse discursive de la censure communiste en Pologne
La réalité communicative des pays communistes a été gouvernée par la censure. Les censeurs par leurs actions confirmaient la thèse de la relation indissociable entre les paroles et les pensées. La politique linguistique visait à éliminer les paroles dont le potentiel subversif était reconnu par le régime. Le contrôle strict du patrimoine lexical et des "liaisons dangereuses" des paroles en liberté était un reflet des peurs du régime. Intuitive et guidée par l’interprétation la plus orthodoxe possible des principes du communisme, une telle politique linguistique est devenue semi-formalisée: les censeurs créaient des listes de mots et d’expressions qui ne devaient jamais être publiés. Cette contribution propose une analyse de telles listes: les mots interdits, les "synonymes" imposés (par exemple, au lieu de nation, il fallait utiliser le mot peuple) ainsi que les collocations interdites et celles imposées. Une telle analyse permet de reconstruire les idées qui, par la sentence des censeurs, devaient être condamnées à l’oubli pour ne pas engendrer de résistance contre le système totalitaire.

BIBLIOGRAPHIE :

ARENDT, Hanna, Les Origines du totalitarisme (New-York, 1951): 1. Sur l’antisémitisme, Paris, Seuil, Points/Essais, 2005 (Calman-Lévy, 1975), 2. L’Impérialisme, Paris, Seuil, Points/Essais, 2006 (Fayard, 1982), 3. Le Système totalitaire, Paris Seuil, Points/Essais, 2005 (Seuil, 1972).
BRETON, Philippe, La parole manipulée, Paris, La Découverte/Poche, 1997, 2000.
FAYE, Jean Pierre, Langages totalitaires. La raison critique de l’économie narrative, Paris, Hermann, 1972.
FAYE, Jean Pierre, Le langage meurtrier, Paris, Hermann, 1996.
FAYE, Jean Pierre, Introduction aux langages totalitaires. Théories et transformations du récit, Paris, Hermann, 2003.
FREUD, Sigmund, Le malaise dans la culture, in Œuvres complètes. Psychanalyse, XVIII, 1926-1930, Paris, Presses Universitaires de France, 1994, 2002 (éd. or. Wien, Internationaler Psychoanalytischer Verlag, 1930), p. 245-333.
KLEMPERER, Victor, LTI, la langue du IIIe Reich, Paris, Albin Michel, 1996 (éd. or. Leipzig, Reclam Verlag, 1975), coll. « Pocket ».
KLEMPERER, Victor, Mes soldats de papier. Journal 1933-1941, Paris, Éditions du Seuil, 2000 (éd. or. Berlin, Aufbau-Verlag GmbH, 1995).
KLEMPERER, Victor, Je veux témoigner jusqu’au bout. Journal 1941-1945, Paris, Éditions du Seuil, 2000 (éd. or. Berlin, Aufbau-Verlag GmbH, 1995).
ZALTZMAN, Nathalie, L’esprit du mal, Paris, Éditions de l’Olivier, 2007.


Avec le soutien de l’Université de Paris 4 et de l’Université de Cergy-Pontoise (CRTF/LaSCoD)



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