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DU MERCREDI 29 SEPTEMBRE (19 H) AU DIMANCHE 3 OCTOBRE
(14 H) 2010
AUTOUR DE LANFRANC (1010-2010)
RÉFORME ET RÉFORMATEURS
DANS L'EUROPE DU NORD-OUEST (XIe - XIIe
SIÈCLE)
DIRECTION : Julia BARROW, Fabrice DELIVRÉ, Véronique
GAZEAU
ARGUMENT :
À l’occasion du millénaire
de la naissance de Lanfranc (1010-1089), prieur du Bec,
abbé de Saint-Etienne de Caen puis archevêque de
Canterbury, ce colloque international, vise à reconsidérer
l’histoire de la réforme ecclésiastique dans
l’Europe du Nord-Ouest, aux XIe et XIIe siècles. Centrée
sur le monde anglo-normand — celui de Lanfranc — tout en s’ouvrant
à d’autres espaces comme l’Irlande et la Scandinavie, la rencontre
envisagera la réforme dans ses conceptions autant que ses
manifestations concrètes, en associant les approches institutionnelles,
sociales et ecclésiologiques.
Fondé sur un large éventail
de sources, normatives et pragmatiques (lettres, chartes,
chroniques, Vitae, textes liturgiques, traités théologiques
ou anti-hérétiques), le propos cherchera à
engager une réflexion sur l’idée de réforme
(terminologie, milieu(x) d’accueil, mouvances, équilibre
entre tradition et nouveauté), s’appuiera sur des grandes
figures de prélats réformateurs, dont certains
ont évolué dans l’entourage de Lanfranc, et restituera
la dynamique de l’action réformatrice au miroir des relations
entre évêques, moines, chanoines et élites
séculières.
Le parcours entrepris permettra, en
dernier ressort, d’interroger la pertinence d’un modèle
réformateur territorial, rapporté à d’autres
horizons connus.
COMMUNICATIONS :
* Richard
ALLEN: La vie avant Lanfranc: la carrière de Mauger,
archevêque de Rouen (1037-1054/1055), reconsidérée
* Julia
BARROW: Les évêques et leur conception de la
réforme ecclésiastique dans l'Europe du Nord-Ouest aux XIe
et XIIe siècles
* Julia BARROW & Véronique GAZEAU: Introduction
* Richard BARTON: Hildebert
de Lavardin, un administrateur avisé du diocèse
du Mans
* Damian BRACKEN: Les lettres
de Lanfranc
* Grégory COMBALBERT:
L'épiscopat normand du XIIe siècle: un milieu
réformateur? (v. 1120-v. 1180)
* Coraline COUTANT: Renouveau intellectuel
et redressement économique au Mont-Saint-Michel: l'abbatiat de Robert
de Torigni (1154-1186)
* Catherine CUBITT: L'Eglise
anglaise avant Lanfranc
* Fabrice DELIVRÉ:
La création d'un espace canonique en Europe du Nord-Ouest,
avant le Décret de Gratien (des Fausses Décrétales
à Yves de Chartres)
* Jean-Hervé FOULON: Un modèle
réformateur normand? Vie religieuse et liberté
de l'Eglise au Bec dans la première moitié du XIIe siècle
* Daniel
GERRARD: Ermenfroi de Sion, l’archevêque Lanfranc
et le problème des ecclésiastiques rebelles
* Judith GREEN:
Lanfranc et la Paix
* Toivo J. HOLOPAINEN: L’héritage
intellectuel de Lanfranc revisité
* Dominique IOGNA-PRAT:
L'ordre de l'Eglise: autour du Contra haereticos
d'Hugues d'Amiens, archevêque de Rouen
* Laurent JÉGOU:
Compétition et collaboration entre évêques
et moines (XIe-XIIe siècles)
* Pauline LABEY:
Yves de Chartres et le coutumier de Saint-Quentin de Beauvais
* Frédérique LACHAUD:
Jean de Salisbury, réformateur religieux?
* Stephen MARRITT: Les archevêques
et l’aristocratie anglo-normande
* Pascal MONTAUBIN: Conclusions
* Laurent MORELLE: Le vocabulaire
de la réforme dans la diplomatique monastique du
XIe siècle
* David SPEAR: L'Archevêque Guillaume Bona Anima: structures
d'administration
* Kathleen THOMPSON:
Les abbés de Tiron et le pouvoir épiscopal
* Benoît
TOCK: L'abbé Raoul et les débuts de l'abbaye
cistercienne de Vaucelles (1132-1151)
* Lucile TRÂN-DUC: Réformateurs
et renouveau hagiographique en Normandie au XIe siècle
* Helle VOGT: Absalon
- Bishop, warrior and Denmark’s Richelieu
* Thomas WALDMAN:
Hugues 'd'Amiens' et la Vierge Marie
RÉSUMÉS :
Richard ALLEN: La vie avant Lanfranc: la carrière
de Mauger, archevêque de Rouen (1037-1054/1055),
reconsidérée
Cette communication analyse la carrière
de Mauger, archevêque de Rouen, et sa contribution
à la vie religieuse de la Normandie pendant les premières
années de la carrière ecclésiastique de Lanfranc.
Le fils du duc Richard II et de sa deuxième femme Papie, l'archevêque
était, avec son frère Guillaume, comte d'Arques, parmi
les plus puissants dans le duché pendant la minorité de
Guillaume le Conquérant. Néanmoins, son règne a pris
fin en sa déposition, et les spécialistes modernes
ont longtemps considéré Mauger comme un évêque
typiquement non réformé, l'antithèse de Lanfranc,
qui a une réputation bien méritée de largesse,
d'agrandissement personnel et de spoliation. Cependant, il y
a des preuves suggérant que Mauger a été traité
injustement, non seulement par des chroniqueurs contemporains, mais aussi
par des spécialistes modernes. Mauger devint archevêque
pendant une des périodes les plus troublées de l'histoire
du duché, mais il semble néanmoins avoir pris des mesures
pour stabiliser et renforcer les circonstances ecclésiastiques
et laïque dans la région. C'est au cours de son règne
que la Trêve de Dieu a été introduite pour la
première fois en Normandie et, sous son autorité,
que le premier concile normand de la réforme a été
convoqué. De plus, Mauger accueillait les autres réformateurs
au duché, comme Richard de Saint-Vanne. L'archevêque
de Rouen contribua également à la croissance des abbayes
normandes, y compris la nouvelle fondation du Bec, qui accueillit Lanfranc
un peu après la dédicace de l'église abbatiale
par Mauger. Les actes archiépiscopaux, une source méconnue,
nous offrent une autre perspective sur le caractère de Mauger,
et révèlent un homme qui non seulement s'est consacré
au bien-être de son église, mais aussi s'esintéressé
à la vie spirituelle de la ville sous son autorité.
Julia BARROW: Les évêques et leur conception
de la réforme ecclésiastique dans l'Europe du Nord-Ouest
aux XIe et XIIe siècles
Les historiens de l’Église médiévale
sont habitués à voir l’évolution de l’administration
ecclésiastique aux XIe et XIIe siècles comme un processus
de réforme, sans réfléchir sur les mots précis
qu’ont utilisés les contemporains. En effet ils ont assez
peu employé le mot "réforme". J’ai l’intention d’examiner
la terminologie dont se sont servis les évêques de cette
période dans leurs actes, pour constater comment ils ont décrit
ou prescrit le changement institutionnel, et à quelles sources
(bibliques? juridiques?) ils ont puisé cette terminologie. Je
vais fonder mon enquête sur les éditions des actes épiscopaux,
dont une série presque complète existe pour l’Angleterre
et d’autres compilations pour Arras, Laon et Cambrai. Bon nombre des
chartes du XIe et de la première moitié du XIIe siècle
ayant été écrites par les bénéficiaires,
il serait donc possible de tirer des comparaisons entre le choix des
mots qu’ils ont fait et celui des clercs familiaux des évêques.
Références bibliographiques :
English Episcopal Acta vii: Hereford 1079-1234,
ed. Julia Barrow (Oxford, 1993), ISBN 0-19-726109-4.
St Wulfstan and his World, jointly ed. by Julia
S. Barrow and N.P. Brooks (Aldershot, 2005), ISBN 0 7546 0802 6.
Myth, Rulership, Church and Charters: Essays in Honour
of Nicholas Brooks, ed. Julia Barrow and Andrew Wareham (Aldershot,
2008), ISBN 978-0-7546-5120-8.
English Episcopal Acta, 35: Hereford 1234-1275,
ed. Julia Barrow (Oxford, 2009), 978-0-19-726453-9.
‘From the Lease to the Certificate: the Evolution of Episcopal
Acts in England and Wales c. 700-c. 1250’, Die Diplomatik der Bischofsurkunde
vor 1250/ La diplomatique épiscopale avant 1250, ed C
Haidacher and W Köfler, Proceedings of VIII International Congress
for Diplomatic, Innsbruck, September-October 1993, Innsbruck 1995,
529-542.
‘Why forge episcopal acta? Preliminary observations on the
forged charters in the English Episcopal Acta series’, in The
Foundation of Medieval English Ecclesiastical History: Studies Presented
to David Smith, ed. P. Hoskin, C.N.L. Brooke and B. Dobson (Boydell,
Woodbridge, 2005), 18-39.
‘The ideas and application of reform’, in The Cambridge
History of Christianity, vol. iii, Early Medieval Christianities,
600-1100, ed. J.M.H. Smith and T. Noble (Cambridge, 2008), 345-62.
Coraline COUTANT: Renouveau intellectuel et redressement économique
au Mont-Saint-Michel: l'abbatiat de Robert de Torigni (1154-1186)
Au milieu du XIIe siècle, le Mont-Saint-Michel accueille un abbé
qui va marquer son histoire à bien des égards: Robert de Torigni
(1154-1186). Doté d'une solide formation acquise à l'abbaye
du Bec, où il a passé ses premières années de
vie monastique, il nous a laissé des sources considérables.
Si la paternité du cartulaire de l'abbaye (Bibliothèque municipale
d'Avranches, ms 210) fait encore et toujours débat, il n'en demeure
pas moins que la première série d'additions de ce manuscrit
fait état de la reprise en main du patrimoine montois pendant les
premières années de son abbatiat. De même, ses divers
traités et autres ouvrages historiques, dont le plus illustre est
sa Chronique, témoignent des préoccupations de l'abbé.
Pendant trente ans, il opère dans la grande abbaye une profonde réforme,
tant pour la gestion du patrimoine que pour l'activité intellectuelle.
Parallèlement, une hausse sensible des vocations, qui relance la vie
religieuse au Mont, vient confirmer la renaissance de l'abbaye après
des temps difficiles. Il importera aussi d'aborder, dans le cadre de cette
communication, les relations tissées par Robert de Torigni avec les
prélats et les princes — notamment Henri II —, qui contribuent à
la grandeur de l'abbaye pendant ce demi-siècle brillant.
Jean-Hervé FOULON: Un modèle réformateur
normand? Vie religieuse et liberté de l'Eglise au Bec
dans la première moitié du XIIe siècle
Dans le cadre d’une Eglise normande fermement
tenue en main par ses ducs, le monastère du Bec a été
décrit comme une terre d’exception. L’abbaye aurait bénéficié
de libertés particulières tant à l’égard des
coutumes monastiques ambiantes, des puissances séculières
que de l’obéissance à l’archevêque de Rouen;
esprit de liberté qui remonterait au temps de la fondation
par l’abbé Herluin et qui aurait attiré des disciples exceptionnels
tels que Lanfranc et Anselme. Toutefois, à la fin du XIe siècle,
l’influence de ce dernier, second abbé du Bec puis archevêque
de Cantorbéry, a été décisive, tandis
que l’affirmation de la libertas Ecclesiae à l’encontre
du monde féodal prenait une importance grandissante sous
l’influence de la réforme pontificale. À la lumière
des lettres d’Anselme et de plusieurs traités monastiques anonymes
antérieurs à 1150, il a paru utile d’approfondir
la question de la relation entre vie religieuse, liberté de
l’Eglise et pouvoirs tant séculiers qu’ecclésiastiques
au Bec entre le dernier tiers du XIe siècle et la première
moitié du XIIe siècle. L’existence d’évidentes
correspondances avec l’espace ligérien, précisément
à la même époque (v. 1090-1140) et sur les mêmes
sujets (hommage et profession abbatiale), permettra d’établir
des comparaisons significatives.
Références bibliographiques
:
Constable, G. (ed.), Smith, B. S. (trans.),
Three treatises from Bec on the nature of monastic life,
Toronto, 2008.
Dickson, M.-P., "Quelques aspects de la personnalité
d’Herluin, fondateur du Bec", dans Sous la règle de Saint
Benoît : structures monastiques et sociétés
en France du Moyen Âge à l’époque moderne,
Paris, Droz, 1982, p. 107-123.
Foulon, J.-H., Eglise et Réforme
au Moyen Âge. Papauté, milieux réformateurs
et ecclésiologie dans les Pays de la Loire au tournant des
XIe-XIIe siècles, Bruxelles, De Boeck Université,
2008.
Gazeau, V., Normannia monastica (Xe-XIIe
siècle). * Princes normands et abbés bénédictins.
** Prosopographie des abbés bénédictins,
Caen, Publications du CRAHM, 2007.
Daniel GERRARD: Ermenfroi de Sion, l’archevêque Lanfranc
et le problème des ecclésiastiques rebelles
Le clergé a joué un rôle clé dans
l’établissement et la préservation du pouvoir du Guillaume
le Conquérant, et le roi récompensa les églises,
les monastères et les prélats du regnum anglo-normand.
Néanmoins, le gouvernement du Conquérant et de ses successeurs
s’est heurté à plusieurs révoltes, parfois soutenues,
ou même dirigées, par le haut clergé. Toutes ces
révoltes ont été finalement écrasées,
et il restait au roi la question du traitement des prélats rebelles
vaincus. En effet, le roi s’est trouvé pris entre les exigences divergentes
du droit canonique, de la justice royale, et la politique. Cette communication
examinera les différentes manières dont furent traités
les prélats rebelles vaincus et comment deux figures principes
les ont influencées, Ermenfroi de Sion, légat pontifical,
et l’archevêque Lanfranc lui-même. Cet examen mettra en
lumière les changements dans les relations entre le droit canonique
et le droit royal, autant qu’entre le pouvoir pontifical et le pouvoir
royal.
Judith GREEN: Lanfranc et la Paix
Quand Lanfranc devint archevêque de Canterbury, il écrivit
au pape Alexandre II, son ancien élève: "quant le roi vivait,
nous avons la paix, mais après sa mort nous ne l'avons pas...".
Pour l'archevêque, le roi était le garant de la paix, sans
laquelle les conflits étaient inévitables. Lanfranc et Guillaume
le Conquérant étaient des amis et des collègues, mais
quant le vieux roi mourrut, Lanfranc, ayant reçu sa lettre, sacra
Guillaume le Roux, au lieu de Robert, l'aîné des fils de Guillaume.
Pourquoi? On pouvait être certain que les grands du royaume et du duché
se révolteraient, et qu'il n'aurait pas la paix. Cette communication
considérera la pensée politique de l'archevêque.
Toivo J. HOLOPAINEN: L’héritage intellectuel de Lanfranc
revisité
Dans l'histoire de la philosophie et de la théologie,
Lanfranc est connu pour sa participation dans la controverse
eucharistique avec Bérenger, pour ses idées sur la
méthode théologique, et pour son rôle comme maître
d'Anselme. La source cruciale d'information pour tous ces sujets
est le traité De corpore et sanguine Domini (DCSD) que
Lanfranc a publié vers 1063. Cette communication propose une
réévaluation radicale de l'héritage intellectuel
de Lanfranc sur la base d'une nouvelle lecture du DCSD. Le DCSD est
un traité fortement rhétorique, et il y a une véritable
possibilité que les idées doctrinales et méthodologiques
exprimées là furent en grande partie déterminées
par des considérations rhétoriques et les besoins
du contexte de la dispute. Il est aussi possible que l'attribution
du DSCD à Lanfranc était un exercice rhétorique ou
qu'au moins il a reçu une aide considérable dans la
composition du traité. Si l’hypothèse est correcte,
le DCSD n’aura qu’une valeur limitée comme source pour connaître
les idées véritables de Lanfranc. Il devient également
nécessaire de reconsidérer le rôle de Lanfranc
dans la formation intellectuelle d'Anselme.
Références bibliographiques
:
Lanfranc of Canterbury, On the Body and Blood
of the Lord, M.G. Vaillancourt (trad. angl.), Washington,
D.C., 2009 (The Fathers of the Church: Medieval Continuation; 10).
Collins (A.), Teacher in Faith and Virtue:
Lanfranc of Bec’s Commentary on Saint Paul (Commentaria; 1),
Leiden, 2007.
Holopainen (T.J.), Dialectic and Theology
in the Eleventh Century (Studien und Texte zur Geistesgeschichte
des Mittelalters, 54), Leiden, 1996.
Montclos (J. de), Lanfranc et Bérenger:
la controverse eucharistique du XIe siècle (Spicilegium
Sacrum Lovaniense, 37), Louvain, 1971.
Pauline LABEY: Yves de Chartres et le coutumier de Saint-Quentin
de Beauvais
Cette communication porte sur les relations entre Yves
de Chartres et le coutumier des chanoines réguliers de Saint-Quentin
de Beauvais, communauté dont il pris la direction à
sa fondation, en 1067. La rédaction du coutumier se fait aux
alentours des années 1136/1137, bien après la mort
de ce premier législateur. Il s’agit d’un texte polémique,
visant à défendre les coutumes canoniales contre des attaques
cisterciennes. Ce texte se construit comme un plaidoyer pour la modération
des coutumes, dans la lignée de l’ordo antiquus, faisant
régulièrement appel à l’autorité d’Yves de
Chartres.
Il s’agit d’étudier les relations entre un réformateur,
Yves de Chartres, et les coutumes d’une fondation canoniale particulière,
Saint-Quentin de Beauvais. Quelle utilisation est faite de l’autorité
du réformateur, plusieurs années après sa disparition?
Dans quelle mesure le texte se fait-il l’écho de la pensée
d’Yves de Chartres? Cette communication se propose de montrer comment
les coutumiers, trop souvent considérés comme de simples
sources normatives, peuvent être des moyens de saisir les dynamiques
de la réforme.
Références bibliographiques
:
Coutumier de Saint-Quentin de Beauvais, éd.
L. Milis dans Sacris Erudiri, XXI, 1972/1973, pp 435-481,
et ici pp 444-472.
Arnoux M. (dir.), Des clercs au service de la Réforme.
Etudes et documents sur les chanoines réguliers de la province
de Rouen, Turnhout, Brépols, 2000.
Châtillon J., Le mouvement canonial au Moyen
Age. Réformes de l'Eglise, spiritualité et culture,
Turnhout et Paris, Brépols, 1992.
Constable G., The reformation of the Twelfth century,
Cambridge University Press, 1996.
Constable G., "The diversity of religious life and acceptance
of social pluralism in the twelfth century", dans History, Society
and the Churches, 1985, p. 29-47.
Grandjean M., Laïcs dans l’Eglise, regards de
Pierre Damien, Anselme de Cantorbéry, Yves de Chartres,
Paris, Beauchesne ; 1994.
Iogna-Prat D., "Coutumes et statuts clunisiens comme sources
historiques (ca 990-ca 1200)", dans Revue Mabillon, 64, 1992,
pp. 23-43.
Milis L., Ermites et Chanoines réguliers au
XIIè siècle, Studia Historica Gandensia, 232, Gand,
1979.
La vie quotidienne des moines et chanoines réguliers
au Moyen Age et Temps modernes, actes du premier colloque international
du L.A.R.H.C.O.R, Wroclaw, 30 novembre-4 décembre 1994, éd.
M. Derwich, Wroclaw, Publications de l’Institut d’Histoire de l’Université
de Wroclaw, 1995.
La vita comune del clero nei secoli XI e XII
(Atti de la settimana di studio), Mendola, sett. 1959, 2 vol., Milan,
1962.
Frédérique LACHAUD: Jean de Salisbury, réformateur
religieux?
La dimension réfornatrice des écrits
de Jean de Salisbury a été depuis longtemps mise en
exergue par les spécialistes de la pensée politique.
Toutefois, les positions de l'auteur du Policraticus vis-a-vis des
idéaux de la réforne religieuse sont peut-être
moins connues. Son exigence à l'égard de la vocation
monastique apparaît pourtant dans sa critique des cisterciens,
alors même qu'il se fait l'écho de nombreuses thèses
développées par Bernard de Clairvaux. Ses attaques contre
les clerc pris dans les rets de la cour permettent aussi de saisir sa
position face à la réforme du clergé séculier.
Entin, ses prises de position dans la lutte entre Henri II et Becket
le classent parmi les tenants inconditionnels de la supériorité
du pouvoir ecclésiastique sur le pouvoir temporel. Peut-on toutefois
faire de Jean de Salisbury un adepte de la réforme religieuse?
Ou bien demeure-t-il, fondamentalement, un humaniste sceptique profondément
intégré dans la société curiale?
Stephen MARRITT: Les archevêques et l’aristocratie anglo-normande
La conduite par Lanfranc de l'affaire du roi contre l'évêque
de Durham en 1088 a été acclamée par l'aristocratie
qui l'a considéré comme un vieux limier. Trois lettres
écrites par Lanfranc en 1075 à un comte rebelle montrent
également ses liens étroits avec la société
baronniale et sa profonde compréhension de cette société.
Lanfranc était unique, mais ses successeurs en tant qu'archevêques
de Canterbury avaient aussi dû s'engager avec l'aristocratie, à
la cour dans la politique nationale et internationale, dans les localités,
et même sur un plan personnel, et ils devaient le faire sous plusieurs
apparences, comme représentants de l'église réformée,
comme pasteurs, comme politiciens, comme dirigeants, et comme propriétaires.
Ces relations complexes doivent être explorées en profondeur
par les historiens, et cette communication tente de le faire à
travers les chronicles, les chartes, les sources conciliaires et épistolaires.
David SPEAR: L'Archevêque Guillaume Bona Anima: structures d'administration
Cette étude examine l'administration épiscopale
de l'archevêque Guillaume Bona Anima (1079-1110): en premier lieu,
le rôle des archidiacres, qui fonctionnent en quelque sorte comme
les yeux de l'archevêque et dont la puissance s'accroît
à cette époque; en second lieu, les activités judiciaires,
qui sont souvent liées au pouvoir ducal ; et enfin, la mise en
place d'une dotation pour le chapitre cathédral, surtout l'acquisition
de biens et de propriétés. Il s'agit de remettre Guillaume
dans le cadre de l'ensemble des évêques et archevêques
normands, les contemporains de Guillaume Bona Anima.
Benoît TOCK: L'abbé Raoul et les débuts de
l'abbaye cistercienne de Vaucelles (1132-1151)
La Fundatio du monastère
de Vaucelles, texte peu connu et inédit, met en scène
le premier abbé, Raoul. Entre autres choses, le récit
insiste sur l'attention portée par Raoul à la liturgie,
mais aussi à la discipline, au respect des horaires, du matériel:
c'est toute la vie d'un monastère débutant qui est
évoquée ici, avec l'obsession du respect de la règle,
texte de référence entre tous. La Fundatio
présente donc une démarche de réforme de la
vie monastique, l’abbé Raoul, sans jamais être présenté
comme un saint, étant présenté comme un abbé
idéal.
Lucile TRÂN-DUC: Réformateurs et renouveau hagiographique
en Normandie au XIe siècle
Au lendemain de la fondation de la principauté normande,
en 911, force est de constater que les invasions scandinaves ont entraîné
de profonds bouleversements dans le culte rendu aux saints. Nombre d'abbayes
restaurées souffrent de l'absence de leurs reliques, perdues
dans la tourmente. C'est pourquoi le XIe siècle se caractérise
par une intense activité hagiographique. Celle-ci s'inscrit
dans le contexte de la réforme de l'Eglise alors en cours et
s'en trouve profondément marquée. La présente
communication cherchera donc, à travers quelques exemples, à
étudier la manière dont les nouveaux idéaux imposent
leur marque au sanctoral qui se reconstitue.
Kathleen THOMPSON: Les abbés de Tiron et le pouvoir
épiscopal
La Vie de Bernard de Tiron par Geoffroi Le Gros domine
les études consacrées à l'ordre de Tiron. Elle
décrit des liens importants entre Bernard et ses évêques
diocésains, Pierre de Poitiers et Ives de Chartres. Mais il
convient aujourd'hui de se livrer à un réexamen des archives
de Tiron. En effet, si les relations entre les moines de Tiron et les
évêques furent cordiales, elles ne furent pas empreintes
de la chaleur des rapports entres les évêques et les autres
ordres nouveaux.
Helle VOGT: Absalon - Bishop, warrior and Denmark’s Richelieu
Absalon (bishop of Roskilde 1158, archbishop
of Lund 1177-1201) was one of the most influential Danish bishops.
At the age of 30 Absalon stepped unto the political scene as
bishop and the king’s closest adviser and — according to some chronicles
— the real ruler of the kingdom which explains the last part of
the paper’s title. In Absalon’s years as bishop a strong foundation
was laid for a period of close cooperation between the king and the
Church, a union both parts prospered from since the kingdom saw a long
period with prosperity both domestically and abroad. The kingdom was
expanding military and many reforms, legal, ecclesiastical and economic,
were implemented. In this paper the focus will be on two of the aspects
of Absalon’s involvements in secular affairs: The crusades against the
Wends and the legal reforms, where the laws started to be written down
and a new legal culture partly based on learned law adapted to the non-learned
Danish legal system.
Thomas WALDMAN: Hugues 'd'Amiens' et la Vierge Marie
Hugues 'd'Amiens', archevêque de Rouen (1130-64)
est bien connu pour l'administration du diocèse de Rouen.
Ses actes reflètent le développement de la chancellerie
épiscopale et le dynamisme du monachisme normand. Il a
aussi joué un rôle important pendant le conflit entre
Etienne, roi d'Angleterre, et l'impératrice Mathilde. Pourtant,
cette intervention va traiter, en trois volets, un autre aspect
de sa vie et de sa pensée: l'importance de la Vierge Marie:
(1) ses écrits ; (2) ses relations avec les abbés de
Reading (Angleterre), Argenteuil et Saint-Denis (France) et la cathédrale
de Rouen, (3) son rôle dans la promotion de la fête
de l'Immaculée Conception. Avant d'être archevêque,
il était moine, et on soulignera l'importance pour lui de
la formation monastique.
BIBLIOGRAPHIE :
The Letters of Lanfranc,
archbishop of Canterbury, H. Clover et M. Gibson (éd.
et trad. angl.), Oxford, 1979.
The Monastic Constitutions of
Lanfranc, D. Knowles et C.N.L. Brooke (éd. et
trad. angl.), Oxford, 2002.
Vita Lanfranci, dans M. Gibson
(éd.), dans Lanfranco di Pavia e l’Europa del
secolo XI, nel IX centenario della morte (1089-1989),
G. D'Onofrio (dir.), Rome, 1993 (Italia Sacra: studi e documenti di
storia ecclesiastica ; 51), p. 667 715.
Allen (R.), "A proud and headstrong
man: John of Ivry, bishop of Avranches and archbishop of
Rouen, 1060-79", Historical Research, 2009, p. 1-39.
Barrow (J.), "English cathedral communities
and reform in the late tenth and the eleventh centuries",
dans Anglo-Norman Durham, 1093-1193, D. Rollason,
M. Harvey et M. Prestwich (éd.), Woodbridge, 1994, p.
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of reform", dans The Cambridge History of Christianity,
III: Early Medieval Christianities c. 600-c. 1100, T.F.X.
Noble et J.M.H. Smith (éd.), Cambridge, 2008, p. 345-62.
Bishops, texts and the use of
canon law around 1100: essays in honour of Martin Brett,
B.C. Brasington et K.G. Cushing (éd.), Aldershot,
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in religious life: concepts and realities", dans Renaissance
and Renewal in the Twelfth Century, R.L Benson et G.
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Cushing (K.G.), Reform and the
Papacy in the Eleventh Century: Spirituality and Social Change,
Manchester, 2005.
Foulon (J.-H.), Eglise et réforme
au Moyen Âge: papauté, milieux réformateurs
et ecclésiologie dans les Pays de la Loire au tournant
des XIe-XIIe siècles, Bruxelles, 2008.
Gazeau (V.), Normannia monastica
(Xe-XIIe siècle). *Princes normands et abbés
bénédictins. **Prosopographie des abbés
bénédictins, Caen, 2007, 2 vol.
Gibson (M.), Lanfranc of Bec,
Oxford, 1978.
Histoire du christianisme,
J.-M. Mayeur, Ch. et L. Pietri, A. Vauchez et M. Venard
(dir.), IV et V, Paris, 1993.
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Organisé par l’OUEN, avec le concours du LAMOP
et avec le soutien de l’université de Caen Basse-Normandie (CRAHAM,
OUEN),
de la DRAC et du Conseil général de la Manche