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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2014 : un des colloques







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LA PHILOSOPHIE NON-STANDARD DE FRANÇOIS LARUELLE

DU MERCREDI 3 SEPTEMBRE (19 H) AU MERCREDI 10 SEPTEMBRE (14 H) 2014

DIRECTION : John MULLARKEY, Anne-Françoise SCHMID

Avec la participation de François LARUELLE

COMITÉ SCIENTIFIQUE : Miguel ABREU, Maryse DENNES, Liudmila GOGOTICHVILI, John MULLARKEY

ARGUMENT :

L'œuvre de François Laruelle est maintenant connue et s'est développée depuis une trentaine d'année, notamment entre les deux continents américains, la Russie et Taïwan. La non-philosophie ou "philosophie non-standard" élabore une nouvelle théorie et une pratique de l'acte philosophique hors de ses normes traditionnelles d'auto-modélisation. Elle se fait par la constitution d'une matrice dite générique, qui fait travailler ensemble à titre de variables conjugables une structure philosophique traditionnelle comme la structure transcendantale et un noyau rationnel de pensée tiré de la physique quantique. Il ne s'agit pas d'une philosophie de la science mais d'une association à part égale de la philosophie et de la science actuelle la plus fondamentale.

Le but de ce colloque est de mettre en évidence que la non-philosophie est une pensée de la création et de l'invention. Il s'agira, dans un premier temps, d'évaluer la non-philosophie parmi les trajectoires des philosophies des cinquante dernières années (Deleuze, Derrida, Lévinas, Michel Henry, Badiou) et, dans un second temps, de la placer dans les courants philosophiques et artistiques contemporains, entre le "speculative turn" anglo-saxon, le "réalisme spéculatif" des philosophes russes, et la tradition de la philosophie française.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 3 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 4 septembre
Matin:
Importance et enjeux d’un colloque sur la philosophie non-standard, table ronde avec Anne-Françoise SCHMID, Maryse DENNES et John MULLARKEY

Conférence sous la présidence d'Armand HATCHUEL
François LARUELLE: Messianité, une conjecture [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen et sur le site France Culture Plus]

Après-midi:
Jean-Michel SALANSKIS: L'un, l'être et l'autre
John MULLARKEY: Les contraintes non-philosophiques: cinq tangentes pour une introduction (Non-Philosophical Constraints: Five Tangents to an Introduction)
Philippe PETIT: Nous les simples d'esprit: comment l'on entre dans la mêlée des forces faibles


Vendredi 5 septembre
Matin:
Alessandro TREVINI-BELLINI: Notes sur le non-marxisme de François Laruelle
Katerina KOLOZOVA: Sur la possibilité d'une révolte immanente comme théorie et comme pratique: lire Laruelle avec Marx

Après-midi:
Florian FORESTIER: Vers la non-philosophie
Chantal ANNE: Indivi-dualité et Individu: Søren Kierkegaard et François Laruelle en miroir
Hugues CHOPLIN: De l’uni-latéralité à l’enfance - Trois lectures de l’invention non-philosophique

Soirée:
Autour d’ouvrages récents faisant usage de la non-philosophie
Katerina Kolozova, The cut of the real, 2014; Anthony Paul  Smith, A Non-Philosophical theory of Nature. Ecologies of Thought, 2013; Léo Coutellec, De la démocratie dans les sciences, 2013; Serge Valdinoci, Recherche europanalytique de pointe, 2014; Patrick Fontaine, L’Homme est radicalement bon, 2013.


Samedi 6 septembre
Matin:
Sergeï HORUJY (KHORUZHIY): La double stratégie de la non-philosophie

Après-midi:
Patrick FONTAINE: Le malheur est absolu mais l'homme est radicalement bon

Table ronde animée par Jean-Baptiste DUSSERT (La critique et l’usage non-philosophiques de la fiction), avec d'anciens doctorants de François Laruelle: Alessandro BERTOCCHI (Non-philosophie et perte de la présence. François Laruelle et l'ethnologie philosophique d'Ernesto de Martino), Erik DEL BUFALO, Christelle FOURLON et Sven LÄWEN (Esquisse néocatégoriale de la matrice générique (Analyse idempotente))

Soirée:
Questions libres et réflexions


Dimanche 7 septembre
Matin:
Gilbert KIEFFER: Sémiotique non-philosophique de l'art
Tatiana KARACHENTSEVA: Changer de direction: la radicalisation laruellienne de l'esthétique de Kant (Changing Direction: Laruelle’s Radicalization of Kant’s Aesthetics)
Elena PETROVSKAYA: Photographie: la gravitation du démos (Photography: Gravitation of the Demos)

Après-midi:
DÉTENTE


Lundi 8 septembre
Matin:
Léo COUTELLEC: La science impliquée. Epistémologie non-standard et éthique générique
Andrew BURK: Lecture de Lettres
Anne-Françoise SCHMID & Muriel MAMBRINI-DOUDET: Une épistémologie esthétique non-standard pour les sciences contemporaines

Après-midi:
Ian JAMES: Expérience et expérimentation dans la philosophie non-standard
Tatiana MARSINKOVSKAYA: System creator-creation-spectators in discourse of interpretation and influence
Oleg ARONSON: Les coordonnées des affects (The Coordinates of Affect)

Soirée:
Alex PELTIER: Soirée de non-musique


Mardi 9 septembre
Matin:
Rocco GANGLE: La généralisation et la formalisation en non-philosophie
Maryse DENNES: La non-philosophie comme fondement d'historicité
Liudmila GOGOTISHVILI: Les corrélations linguistiques de la dualité unilatérale (The Linguistic Implications of Laruelle’s Principle of Unilateral Duality) [texte lu par Maryse DENNES]

Après-midi:
Joshua RAMEY: Remarques sur Mystique non-philosophique à l'usage des contemporains
Anthony Paul SMITH: Une non-théologie est-elle possible?
Drew BURK & Alice REKAB: Vers l'esthétique non-standard: la possibilité d'une poématique

Soirée:
Paroles d’éditeurs et/ou d’archivistes, avec Drew BURK


Mercredi 10 septembre
Matin:
Discussion autour de l’ONPHI (Organisation Non-Philosophique Internationale), animée par Etienne BROUZES
Avenir de la Revue Philo-fiction, la revue des non-philosophies
Conclusion

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Chantal ANNE: Indivi-dualité et Individu: Søren Kierkegaard et François Laruelle en miroir
Si Kierkegaard n'est pas une référence majeure chez François Laruelle, il semble pourtant que certaines parentés rendent fructueuse une confrontation. La superposition des deux auteurs dans leur rapport complexe à la philosophie permet un traitement redoublé assez spécifique de celle-ci: non-philosophie ou philosophie non-standard "sous" mécanique quantique (Laruelle), pensée et existence délivrées du Système (Kierkegaard), des façons  probablement de déclarer ou d'acter une non-suffisance de la philosophie. La collision de quelques repères, tels que la mystique et le "religieux", la considération de la victime et de la souffrance, l'interférence de l'image et de la poésie, devront permettre d'aborder la très délicate question de l'"in divi dual ité" si nécessaire et souvent mise à mal dans la théorie comme dans la pratique, par ses défenseurs comme par ses détracteurs, un peu intempestive sans doute, parce que peut-être trop actuelle, en tout cas inscrite en toute recherche qui, à la manière de nos deux auteurs, ne néglige ni le générique ni la singularité.

Chantal Anne a enseigné la philosophie en lycée. Elle dirige un séminaire au Collège International de Philosophie.
Publication
L’amour dans la pensée de Søren Kierkegaard, L’Harmattan, 1991.
Divers articles dans des revues philosophiques.


Oleg ARONSON: Les coordonnées des affects (The Coordinates of Affect)
One way to think immanence was Deleuze’s attempt to turn to Spinoza’s theory of affects. Following Spinoza, Deleuze understands affect as capacity to act and to be acted upon. Affects thus understood can be seen as vectors of material forces that are manifested in pictorial and cinematic images aimed at transformation and not reproduction. The duality of affect is that it is both active and passive. If in the first instance affectivity boils down to feelings and passions, in the second it reveals the mechanics of desire outside the realm of the sensible. Both of these coordinates pertain to the world of representations consisting of numerous clichés. But if it’s habitual to refer to media clichés in the negative sense, that is, as "obscure" passions, a possible "science of affect", following François Laruelle, would consist in the uncovering of a non-emotional mechanics of relations between things, in the discovery of the space of non-representation beyond the logic of transcendence. Thus the task of non-painting (Lascaux cave paintings, Bacon’s "painting before painting" according to Deleuze, etc.) would be to liberate affective relations (transformations) where pictorial, narrative and aesthetic clichés already dominate.

Oleg Aronson, born in 1964, is graduated from the Department of Applied Mathematics of the Moscow Institute of Railroad Engineering. In 1997 he defended his dissertation, which focused on a philosophical approach to the analysis of cinema. At present he is senior research associate at the Institute of Philosophy of the Russian Academy of Sciences. His major fields of interest are contemporary philosophy, theories of cinema, media theory, philosophy of mathematics. He is laureate of the 2008 Andrei Bely Prize (theory category).
Publications
Bohemia: The Experience of Community. An Introduction to the Philosophy of the Asocial (2002).
Metacinema (2003).
The Communicative Image. Cinema - Literature - Philosophy (2007).
Beyond Imagination. Contemporary Philosophy and Contemporary Art (2009) (coauthored with Helen Petrovsky).

Drew BURK: Vers l'esthétique non-standard: la possibilité d'une poématique
La philosophie non-standard de François Laruelle, depuis ces origines, a eu plusieurs éléments essentiels dans ce qu’elle a essayé de construire et qui la sépare de la philosophie traditionnelle. Le premier élément, c’est que c'est la philosophie elle-même qui est utilisée non plus comme une fin en elle-même ou une pratique mais comme un simple matériau pour un autre projet autre. Le deuxième élément est que la philosophie non-standard cherche à construire, avec la philosophie comme matériau un nouveau genre de fiction immanente ou bien une "philo-fiction" qui serait une façon de traiter l’immanence d’une façon immanente. Et le troisième élément nécessaire, c’est que cette pratique d’une philo-fiction immanente a toujours pour but de questionner ce qu’est l’humain et, en même temps, de faire en sorte que l’humain ou bien l’humanité soit défendue ou protégée. Cette tentative d’une philo-fiction ou bien la performativité de la philosophie non-standard a été décrite à plusieurs reprises comme une poématique. En donnant des exemples de la performativité de l’esthétique non-standard, commençant par les concepts non-philosophique de photo-fiction et non-photographie et visant la possibilité d’une tentative d’une music-fiction, cette conférence cherchera à démontrer la richesse inventive et performative de la philosophie non-standard comme sa nouveauté pour enfin ouvrir des possibilités nouvelles pour créer et inventer à travers l’esthétique non-standard et la poématique.

Drew Burk, philosophe américain, est éditeur, traducteur. Il a étudié à l’Institut d’Etudes Politiques d'Aix-en-Provence et à l’European Graduate School, Saas-Fee (Suisse°. Il a traduit des philosophes français contemporains comme Paul Virilio, Jean Baudrillard, et François Laruelle. Il travaille sur les intersections entre la traduction, la culture numérique de réseaux, l’écologie des medias  et la pensée poétique. Il dirige l’Univocal Publishing, une maison d’édition indépendante à Minneapolis, Minnesota.

Hugues CHOPLIN: De l’uni-latéralité à l’enfance - Trois lectures de l’invention non-philosophique
Enfance de la philosophie: nous proposons d’établir ce rapport - ni déconstructif, ni non-philosophique - à la philosophie en examinant deux problèmes:
1) le problème de la question: contester l’exclusivité du régime de la réponse - celui des adultes - requiert de refuser aussi bien la réponse-sans-question inventée par la non-philosophie de François Laruelle que la réponse impossible des contemporains (de Heidegger à Deleuze, de Levinas à Badiou). Mais peut-on donc instituer la pensée selon une question n’appelant pas réponse: se posant en silence (Blanchot)?
2) le problème de l’indifférence: l’in-différence de ce silence - et le double refus, de la réponse mais aussi de la différence, qu’elle assure - ne doivent-ils pas, dès lors, être rattachés à un milieu transmanent (celui du neutre chez Blanchot) plutôt qu’à une immanence radicale (Laruelle)?
Question sans réponse, indifférence du transmanent: il s’agira ainsi de suggérer que l’enfance de la philosophie engage non pas une domination théorique de la philosophie (Laruelle), mais une modélisation (au sens d’Anne-Françoise Schmid) et une problématisation de la pensée française contemporaine comme telle, non-philosophie comprise.

Enseignant-chercheur à l’Université de Technologie de Compiègne, Hugues Choplin a consacré plusieurs ouvrages à la modélisation et à la problématisation de la pensée française contemporaine, non-philosophie (ou philosophie non-standard) comprise.
Publications
La Non-philosophie de François Laruelle (Kimé, 2000).
L’Espace de la pensée française contemporaine. À partir de Levinas et Laruelle (L’Harmattan, 2007).
Chercher en silence avec Maurice Blanchot. À partir de la pensée française contemporaine (L’Harmattan, 2013).

Léo COUTELLEC: La science impliquée. Epistémologie non-standard et éthique générique
Cela commence par un exercice de variation sémantique: quel espace peut permettre de ne pas réduire la pensée sur les sciences aux commentaires standards d'une science compliquée qu'il faudrait appliquée, expliquée ou dupliquée? Pour sortir de ces ornières, nous postulerons l'existence d'une science impliquée et chercherons à la doter d'une épistémologie et d'une éthique adaptées. L'expression d'une science impliquée, science radicalement démocratique de proximité avec les sciences génériques (Laruelle) ou la science des pauvres (Fradin), se fera en mobilisant deux opérateurs non-philosophiques: le non-standard et le générique. Une épistémologie non-standard postule la nature constitutivement plurielle de la science, sa résistance à l'appropriation/standardisation épistémologique (qu'elle soit disciplinaire, théorique, idéologique ou philosophique) et son unité depuis le Réel. Cette épistémologie non-standard (Schmid), comme mode humain de description des sciences, est une nouvelle façon d'inviter l'éthique à la table des sciences, qu'elle n'a d'ailleurs jamais quittée. Mais cette éthique ne peut être une éthique de la science ou sur la science, au risque de se confondre à un nouveau moralisme philosophique. Cette éthique depuis les sciences impliquées est une éthique générique et devient en cela elle-même impliquée selon l'Homme. Ni éthique confinée, ni éthique moralisée, ni éthique embarquée, mais éthique impliquée depuis les sciences et selon l'Homme. Cette éthique est une forme d'engagement pour penser l'intégrité des sciences (ou, autrement dit, la portée de l'éthique dans les sciences) de façon nouvelle. C'est donc d'une rencontre inédite entre épistémologie et éthique dont nous voulons faire état, autour de cette forme d'expression de la science contemporaine, les sciences impliquées. Le pari est que cette démarche est plus féconde et moins catégorielle que les variations actuelles - et nécessaires - autour des sciences dites citoyennes ou participatives.

Léo Coutellec, chercheur en philosophie des sciences et des techniques, collabore avec plusieurs institutions (INSA de Lyon, Faculté de Philosophie de Lyon 3, Espace Éthique Île de France). Il travaille au renouvellement de la pensée épistémologique dans ses liens avec l’éthique. Ses recherches visent à définir les conditions d’une démocratie épistémique et s’articulent autour des questions suivantes: sous quelles conditions l’intégrité des sciences peut-elle être tout autant épistémique qu’éthique? Quelle épistémologie pour des sciences impliquées? Cela l'amène à faire plusieurs hypothèses sur l'interdisciplinarité et le pluralisme dans les sciences (concept de "pluralisme épistémique ordonné et cohérent"), sur les rapports entre sciences et éthiques (concept d'"éthique générique") et sur les conditions d'une renouvellement des pensées évaluatives ("De l'évaluation des risques à l'évaluation non-standard").
Publication
De la démocratie dans les sciences. Épistémologie, éthique et pluralisme, Éditions Matériologiques, 2013, 362 p.

Maryse DENNES: La non-philosophie comme fondement d'historicité
La "non-philosophie" de François Laruelle, qui s’est développée ensuite dans la "philosophie non-standard", occupe une position paradoxale par rapport à l’ensemble de l’histoire de la philosophie. D’une part, elle a une place bien déterminée dans cette histoire et peut, à ce titre, être envisagée comme l’une des philosophies contemporaines en dialogue entre elles ou avec la tradition. Mais, d’autre part, compte tenu du rapport spécifique qu’elle entretient avec la question de l’être, et de la critique à laquelle elle soumet toute son histoire, la non-philosophie se situe d’emblée en dehors de cette histoire, pouvant même aller jusqu’à la nier. C’est à ce deuxième aspect de la pensée laruellienne que nous nous intéresserons ici. Nous nous demanderons dans quelle mesure la non-philosophie, tout en étant "anhistorique", peut être simultanément fondatrice d’historicité, mais selon un mode d’historialisation qui n’est déjà plus celui du devenir gréco-occidental. Nous verrons aussi comment un tel questionnement peut nous conduire à penser un mode d’historicité spécifique à la Russie, la non-philosophie nous apparaissant alors, grâce à certains de ses concepts clés, comme un outil particulièrement adapté. Dans un tel contexte, nous montrerons que la réception actuelle de l'œuvre de François Laruelle en Russie n’a pas vocation à développer seulement des influences, mais à donner aussi un matériau expérimental et conceptuel, apte à venir compléter, tout en lui faisant écho, celui déjà fourni par certaines grandes figures de la philosophie russe, comme celles de Pavel Florenski ou d’Alexis Losev.

Maryse Dennes est professeur à l’Université Bordeaux Montaigne. Spécialiste de russe et de philosophie, sa thèse de doctorat (1989), dirigée par François Laruelle, a été consacrée à une approche comparative de la pensée russe et des courants principaux de la  philosophie occidentale, et sa thèse d’habilitation (1999), à l’étude de l’influence de la phénoménologie en Russie (Husserl et Heidegger). Maryse Dennes a consacré de nombreux articles à la pensée religieuse et  philosophique en Russie (N. Berdiaev, V. Soloviev, G. Chpet, A. Losev, P. Florensky, S. Boulgakov...). Ces dernières années, elle a organisé plusieurs colloques internationaux à la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine (sur Gustave Chpet en 2007, A. Losev en 2008, V. Vernadsky en 2013) ainsi que des séminaires sur le dialogue philosophique entre la France et la Russie. Elle est coordinatrice du programme de recherche de la MSHA "Identités européennes et espaces mondialisés" (http://www.msha.fr/msha/recherche2011-2015/identites/index.php) dans le cadre duquel elle dirige le CERCS (Collectif d’études et de recherches sur les civilisations slaves: http://www.msha.fr/cercs) et la collection "Russie Traditions Perspectives" des éditions de la MSHA, qu’elle a créée.
Publications
Husserl-Heidegger. Influence de leur œuvre en Russie, Paris, L'Harmattan, 1998, coll. "Ouverture philosophique", 334 p.
Gustav Chpet et son héritage. Aux sources russes du structuralisme et de la sémiotique, Toulouse, Slavica Occitania, 2008, 26, 560 p. // Moscou, Rosspen, 2010, coll. "Humanitas".
L’œuvre d’Alekseï Losev dans le contexte de la culture européenne, Toulouse, Slavica Occitania, 2010, 31, 320 p.

Elle vient de traduire et de publier la traduction en français de Le Phénomène et le sens de Gustave Chpet (éditions de la MSHA, Pessac, 2013, collection "Russie Traditions Perspectives").
Bibliographie
Russie-Occident. Philosophie d'une différence, Paris, Mentha, 1991.


Patrick FONTAINE: Le malheur est absolu mais l'homme est radicalement bon
Je pose l’axiomatique de la bonté radicale, position axiomatique contre toute attente, alors que le malheur s’impose, parce qu’il se nourrit au lait de l’ordinaire.
L’homme est absolument malheureux, parce qu’il est absolument ordinaire.
Le malheur est absolu, comme l’est cette distraction de l’homme à perdre de vue son identité.
La bonté de l’homme est l’objet d’une décision radicale, décision pour l’homme qui, compte tenu de sa singularité négligeable, devra être interrogée à son propre sujet (en dernière-instance, dirait Laruelle).
Poser le bien radical, comme axiomatique réelle d’une éthique, c’est excéder l’homme lui-même, tel que pensé par la tradition, excéder l’homme lui-même, au-delà des qualités et des attributs, des culpabilités et des destins, au-delà des marques et des démarquages, et poser radicalement son extranéité qui, d’être radicale, n’est plus extérieure ni transcendante.
Non plus extériorité à l’homme, mais l’homme lui-même comme extériorité.

Patrick Fontaine est docteur en philosophie de l’Université de Paris X-Nanterre; professeur certifié, il enseigne en lycée.
Publications
L’homme est radicalement bon, Platon autrement dit, Y a-t-il un prof de philosophie dans la classe? (L’Harmattan).
L’amour de la non-philosophie (Kimé).


Rocco GANGLE: La généralisation et la formalisation en non-philosophie
La problématique de la représentation logique de la généralité absolue sur la base de la quantification sans restriction est un thème important de la recherche récente en philosophie de la logique. De l'orientation non-philosophique de la généralité radicale plutôt qu'absolue, cette problématique prend un caractère nouveau en indiquant des modes potentiels de l'usage en-Homme et des formalismes mathématiques et logiques.

Rocco Gangle figure parmi les premiers traducteurs des écrits de Laruelle en anglais,; il est l’auteur de François Laruelle’s Philosophies of Difference: a critical introduction and guide (Edinburgh 2013). Spécialiste de Spinoza et de Peirce, il est professeur de philosophie à Endicott College où il co-dirige le Center for Diagrammatic and Computational Philosophy.

Liudmila GOGOTISHVILI: Les corrélations linguistiques de la dualité unilatérale (The Linguistic Implications of Laruelle’s Principle of Unilateral Duality)
The principle of unilateral duality is the original version of resolving the dualistic problem proposed by François Laruelle. In the report this principle is interpretated in the segment of non-philosophy of language taking into account the Laruelle’s idea of non-positional (non-autopositional), non-thetic and non-communical caracter of discourse. Sush approach gives an opportunity to juxtapose the principle of unilateral duality and the functionally analogical principles proposed by some Russian philosophers, first of all the "reduced monism" by A. Losev connected with his version of onomatodoxy (imiaslavie) and the double-voicedness by M. Bakhtin connected with his poliphonic theory. The juxtaposition lets to reconrtruct both the substantional similarities and the no less important differences between the compared versions of resolving the dualistic problem.

Liudmila A. Gogotishvili. Senior Research Fellow (Institute of Philosophy, Russian Academy of Sciences). Editor-in-chief (with S.G. Bocharov) and commentator of volumes 1, 5 and 6 of the collected writings by M. M. Bakhtin; member of the investigative group "From the A.F.Losev’s archives".
Publications
The Immanent, Transcendental and Dual in the "Non-Philosophy" by François Laruelle (2013).
Losev’s philosophy of language and Laruelle’s non-philosophy of language (2013).
"Indirect Speech" (2006).
The P. Florenskij’s doctrine of the correlation between pictorial and linguistical devices (2010).
Die innere Form als sprachlicher Algorithmus im Denken Gustav Špets (2011).
Linguistic prolegomena to the theme of Losev and Bakhtin (2012).
Polyphony Revisited (2013).

Sergeï HORUJY (KHORUZHIY): La double stratégie de la non-philosophie
Les tâches de l’examen et de l’appréciation du projet radical philosophique/non-philosophique de François Laruelle nous obligent à une) nouvelle et radicale) réflexion sur les bornes de la philosophie. Cette entreprise intellectuelle capitale donne le matériau suffisant pour réviser la constitution de l’Autre à la Philosophie et poser le problème de l’étude de tout l’ensemble des représentations de base de l’Autre: toutes sortes de formations de contre-philosophie, non-philosophie, méta-philosophie, qui sont pratiquées activement dans la pensée moderne et qui sont construites selon le principe de la généralisation,  l’extension ou l’opposition et la critique de la philosophie comme telle. Nous allons examiner les principes épistémologiques et méthodologiques de ces stratégies hors-philosophiques) ou stratégies off-shore "l’application de l’entier sur la partie". Du point de vue de la conception de la messianité de Laruelle et en comparaison avec l’autre stratégie de la philosophie moderne, en prêtant particulièrement attention aux dangers et défauts typiques de ces stratégies, comme, par exemple, le "complex de Fomenko", l’exploitation non-critique du principe méthodologique dehors-philosophique, l’anthropologie synergique, nous allons examiner le problème de la configuration nouvelle du topos de l’être humain.

Né en 1941, Sergeï Horujy (Khoruzhiy), philosophe russe de renommée internationale, est une figure incontournable de la vie culturelle et intellectuelle russe actuelle. Il est Directeur de l’Institut de l’Anthropologie Synergique de Moscou, Professeur de philosophie à l’Institut de Philosophie de l’Académie des Sciences de Russie, Professeur d’anthropologie philosophique aux Universités de Iaroslav et de Novgorod, Professeur honoraire de l’UNESCO (Chaire des études comparées des traditions spirituelles, Saint-Pétersbourg). S. Khoruzhiy publie dans les revues scientifiques de prestige comme les Voprosy filosofii, de l’Académie des sciences. Il prend une part active à la vie artistique et théâtrale de Moscou. La spécificité de la démarche de S. Khoruzhiy consiste à allier une des orientations principales de la tradition religieuse du christianisme oriental, celle de l’hésychasme, à la phénoménologie husserlienne. Le parcours de S. Khoruzhiy est fondamentalement marqué par l’interdisciplinarité. De formation initialement mathématique, il est passé à la philosophie en élaborant un projet personnel de synthèse d’influences occidentales et byzantines. En ce sens, il est représentatif  d’une tendance de la pensée russe contemporaine à se développer sur la base d’une interprétation critique des œuvres du début du XXe siècle, comme celles de Losev, Boulgakov, Florensky, Chpet, Florovsky, etc.
Publications
Fenomenologija askezy [La phénoménologie de l’ascèse], Moscou, 1998.
O starom i novom [De l’ancien et du nouveau], Saint-Pétersbourg, 2000.
Opyty iz russkoj duhovnoj tradicii [Expériences tirées de la tradition spirituelle russe], Moscou, 2005.
Očerki sinergijnoj antropologii [Essais d’anthropologie synergique], Moscou, 2005.


Ian JAMES: Expérience et expérimentation dans la philosophie non-standard
À partir d’une réflexion sur l’ouvrage récent du philosophe de la science anglo-américain David Wallace, The Emergent Multiverse, cette conférence mettra en question les rapports entre la philosophie et la science et leur transformation ou mutation dans la pensée récente de François Laruelle. La défense que monte Wallace de l’interprétation d’Everett de la théorie quantique fusionne une interprétation réaliste de son formalisme mathématique, un naturalisme philosophique quinien, et une résolution spécifique du problème expérimental, dit "de mesure", de la mécanique quantique pour poser l’existence réelle de mondes parallèles, d’une multiplicité indénombrable et sans limite d’univers. Sans critiquer cette thèse du point de vue scientifique ni juger sa valeur relative par rapport à ses rivaux en physique quantique (par exemple la position instrumentaliste qui regarde l’hypothèse du multivers comme une idée de pure fantaisie), on remarquera simplement que la multiplicité apparemment sans limite qu’affirme Wallace reste subordonnée à la figure unitaire du Tout philosophique, à un geste classique de la pensée qui, réunissant science positive et (auto-)suffisance philosophique, englobe la multiplicité du multivers dans une logique ou un mixte totalisant. Depuis au moins Le Principe de minorité Laruelle montre que l’affirmation, sinon la préservation ou la défense, de la multiplicité réelle est une des tâches les plus exigeantes de la pensée. Par rapport à cet exemple tiré des débats théoriques en physique quantique contemporaine comment comprendre l’usage singulier, "générique", que fait Laruelle de la conceptualité et terminologie quantique? Et dans ce contexte comment comprendre la transformation, en dehors de leur usage empirique ou positif, des termes clefs d’expérience et d’expérimentation dans la philosophie non-standard? Interroger ces questions sera un moyen de mettre en relief la nécessité du style de la pensée laruellienne, ses possibilités d’invention et la modestie qu’elle impose et à la science et à la philosophie.

Tatiana KARACHENTSEVA: Changer de direction: la radicalisation laruellienne de l'esthétique de Kant (Changing Direction: Laruelle’s Radicalization of Kant’s Aesthetics)
What Non-Aesthetics contests, is not "philosophical aesthetics", as Laruelle usually says, but "the philosophy of art". That is why it is not crucial whether the latter is expressed in the form of Aesthetics (Hegel), Anti-aesthetics (Heidegger), Inaesthetics (Badiou), or Composition (Deleuze). Laruelle’s science of art, however, stands in quite different relation to Kantian aesthetics, which has never been "philosophy of art". Not coincidentally, Laruelle defines this relation as "radicalization", which implies the transformation of Kant’s operation of "without" into the operation of "positive privation". The radicalism of the separation between the Cause of art and its Essence, proposed by Laruelle, as well as the radicalism of his non-philosophical interpretation of this Essence becomes much clearer due to the explication of the transformation which the critique of taste has undergone while transposing to Laruelle’s "science of art".

Hebrew University of Jerusalem, Faculty of Humanities, from 2002 to the present, Tatiana Karachentseva is Researcher, Lecturer in General and Russian Philosophy. The field of her research: philosophy and literature, aesthetics and philosophy of art, Kant’s aesthetics and the philosophy of the 20th century, the ratio of aesthetics and ethics in the modern continental philosophy and postmodern culture, the interaction of Russian and European aesthetic thought.
Publications
"Aesthetics as a problem of synthesis: Losev contra Kant", in XIV Losevskie Chtenia, M., 2014.
"Literature-centrism as a practice of reading: the conflict of two Aesthetics", in Homo Legens, Tumen, 2012.
"M. Bakhtin and P. de Man: the Dialogue that did not take Place", in The Scholarly Notes, January 2006, Volgograd University Press.
"The Idea of holding two divided Realms together in Kant’s Aesthetics: Afterword to the Russian translation of G. Deleuze’s "The idea of the genesis of Kant's aesthetics"" (Forthcoming).


Gilbert KIEFFER: Sémiotique non-philosophique de l'art
Il s'agira de présenter la démarche de non-philosophie, dès ses débuts, jusqu'à ses plus récents développements, comme une démarche de créations conceptuelles et non-conceptuelles. Dans une démarche de création conceptuelle, elle permettra de distinguer une matière deleuzienne et derridienne, différentielle et traductrice, d'une démarche plus généralisée, libérée, d'essence conceptuelle sans limites, capable de toucher à une sorte de nouvelle sophistique réhabilitée. Mais aussi dans une démarche de création non conceptuelle, elle pourra s'inspirer de la créativité artistique sur le mode de l'attracteur étrange de type Lesage de l'art brut ou encore sur une relecture de la tradition dans un autre langage pour en brouiller les repères de vérité comme dans le dernier Picasso... Ou encore sur l'ouverture subtile au curviligne dans les déformations de l'espace euclidien de la pensée comme dans la grande Réserve de David Kaspar Friedrich. Ou encore comme chez Ovide dans la classification de formes inédites à la base de matériaux éphémérisés capables d'assurer le penser descriptif du nouvel avenir. Quoi qu'il en soit, le penser de l'avenir se régénèrera probablement dans l'espace non-philosophique, qui placera aussi de nouvelles recherches de sagesse dans l'artistique généralisé et sur les modes de l'écriture mystique en charge de revivifier la parole de demain, une parole non autoritaire, puisque l'autorité est par définition toujours celle d'hier.

Gilbert Kieffer, né en 1953, après une maîtrise de littérature et un doctorat de philosophie (1995), a fait une carrière d'artiste peintre (depuis 1980). Expositions Europe, Japon, USA, Chine, Amérique du Sud, court-métrage artistique pré-sélection Lausanne.
Publications
Manifeste de la peinture d'Illusion non-euclidienne (1986).
Esthétiques non-philosophiques
(Kimé 1996).
Dictionnaire de la non-philosophie
(Ed collective Kimé 1998).
Un más allá de la postmodernidad
(Lima 1999).
Que peut la peinture pour l'esthétique
(Petra 2003).
En cours Beyond the tale.

Site internet: http://www.gilbertkieffer.com/

Katerina KOLOZOVA: Sur la possibilité d'une révolte immanente comme théorie et comme pratique: lire Laruelle avec Marx
La seule possibilité de se révolter contre le monde d'une manière immanente est celle prévue par la pensée et la posture politique non-abstraite. Se révolter contre des événements concrets d'oppression et de violence plutôt qu'au nom d'une vision de la transformation du monde est une action politique "touchée par l'immanence". C'est également une action déterminée par des "intérêts" qui sont réels et sensuel (ou matériel) au sens que Marx donne au mot ("intérêt") dans ses Manuscrits philosophiques et économiques (1844), plutôt que abstrait ou philosophique. Selon Marx, l'abstraction elle-même est ce qui doit être combattue afin de créer un monde soumis au réel et aux exigences matérielles immédiates. Dans l'instance dernière, le monde est fait de la philosophie, dit Laruelle, et il va toujours persécuter l'homme-en-homme. La révolution permanente ou la révolte immanente peuvent transformer le monde-philosophie en un ordre socio-politique qui est soumis, dans la dernière insance, aux "intérêts réels" plutôt qu'aux abstractions, d'après Laruelle et d'après Marx. De cette façon, le monde pourrait devenir un univers où la persécution serait minimisé en vertu de l'inversion dans la hiérarchie entre la philosophie et le réel de sorte que le premier succombe au diktat de ce dernier.

François LARUELLE: Messianité, une conjecture
Je propose un objet, le messianisme = X, et une méthode ou un traitement théorique général de ce type d’objet. Je lie les trois brins ou les trois sources d’une théorie du messianisme, le judaïque, le chrétien, enfin le modèle quantique capable de conjuguer ces deux états d’une manière ni historique ni religieuse, en vue de déterminer un messianisme universel, ce que l’on appellera la messianité. Le divers des messianismes sera traité sous des conditions non-judaïques et non-chrétiennes, en vertu de l’axiome: la science de l’expérience réside dans la science et non dans l’expérience, ou encore, selon Kant, la connaissance commence avec l’expérience mais ne s’y réduit pas toute. Les messianismes sont considérés comme des "vecteurs d’état" susceptibles de "superposition" et d’insertion dans un dispositif où ils donnent lieu à des trajectoires non-identifiables et à des détections comme simplement probables. C’est enregistrer le caractère aléatoire des messies en même temps que la messianité rigoureuse et universelle mais indéterminée dont ils sont l’issue. Ainsi on arrache le messianisme à son enfermement historique et religieux pour l’assigner à tout humain. De là certaines questions simplement évoquées. Y a-t-il une messianité spécifiquement féminine, en quelque sorte une "Eve future", dont le masculin pourrait devenir le contemporain? Tout humain est-il sous cet angle susceptible d’être en général contemporain "du" messie?  Et, ultime question, qui conduit au bord de la science-fiction, peut-on penser des messies pour l’univers et non plus seulement pour l’histoire ou pour le monde? Bien évidemment, on se contentera d’évoquer ces questions, étant donné l’impossibilité de leur apporter des réponses certaines ou dogmatiques. Entre temps, on aura rencontré comme superposition la foi plutôt que la croyance, et le rapport kierkegaardien entre le saut quantique et le saut religieux, l’émergence d’un nouveau concept plus universel du messianisme tel qu’il est généré sous des conditions "messianitaires". C’est-à-dire la pensée comme conjecture, indémontrable comme connaissance, qui est celle des inventeurs modernes qui ont pris le relai du philosophe hégélien.

François Laruelle est professeur émérite de philosophie générale et contemporaine à Paris Ouest Nanterre. Fondateur de la non-philosophie, appelée aussi "philosophie non-standard", il a publié plus de vingt ouvrages, dont de nombreux sont traduits en anglais ou en cours de traduction.

Tatiana MARSINKOVSKAYA: System creator-creation-spectators in discourse of interpretation and influence
La philosophie de François Laruelle sera abordée à partir de problématiques actuellement développées dans la psychologie russe, sur la base de la réhabilitation de grandes figures de la psychologie du début du XXe siècle, en particulier de Gustave Chpet. Il sera en particulier question du grand système "créateur- création-spectateur", où l'interprétation et l'influence sont envisagées comme types de différents discours d'explications connexes de la culture et de la personnalité, et l'information comme interprétation et changement du système spectateur-création-créateur. Dans un tel contexte, où le réseau social apparaît alors comme conducteur de l'influence du système et de la transformation de l'identité, on tentera de montrer ce que peut apporter la philosophie non-standard de François Laruelle.

Tatiana Marsinkovskaya est Dr hdr, Directrice du Laboratoire de psychologie de la personne  de l’Institut de psychologie de l’Académie de l’éducation de Russie (actuellement rattaché à l’Académie des sciences de Russie), Moscou. Elle est co-fondatrice du Pôle franco-russe en Sciences humaines et sociales (PFR-SHS) hébergé à la MSHA. Ses domaines de recherches sont: psychologie générale, psychologie de la personne, ethnopsychologie, histoire de l’art, histoire de la culture russe, histoire des sciences.

John MULLARKEY: Les contraintes non-philosophiques: cinq tangentes pour une introduction (Non-Philosophical Constraints: Five Tangents to an Introduction)
For François Laruelle, there are "multiple activities of modeling between philosophy and science, philosophy and art, leading all the way to risking a modelist explosion". Can the same be true of non-philosophy itself? In order to introduce non-philosophy in the spirit of consistency, we have made it our goal to think about it non-philosophically and through multiple models. If we are going to have any chance of success in this, however, we will have to acknowledge a number of constraints. Firstly, there is the necessity of extra-philosophical materials (from science and art) as models for non-philosophy’s modes of thought - what Laruelle describes as "techniques of creation that would be pictorial, poetic, musical, architectural, informational, etc". Significantly, when recounting his own intellectual biography, Laruelle mentions that his first university thesis on philosophy was inspired by Michelangelo Antonioni’s La Notte (1961). That the equalizing dark night (as opposed to the enlightening of philosophy) has subsequently been such a theme in his work is a choice morsel for any film-philosopher. That the title of this thesis was "The Absence of Being", and that it involved a renunciation of the greatest systematizer in philosophical history, G.W.F. Hegel, probably makes La Notte all the more apt to play the role of a cinematic "key" to his thought. However, there is also the constraint of not reducing non-philosophy to a set of tenets (or "keys") that are subsequently introduced through extant forms of philosophical explanation. Indeed, in respect to this last item, Rocco Gangle has pointed out that introducing non-philosophy is particularly challenging given that there is ‘a distinctive "pedagogical" or "initiatory" problem built into the very fabric of non-philosophy. Likewise, Drew Burke openly admits that any "proper" introduction to Laruelle "is an illusion". The difficult reception of non-philosophy has, no doubt, some connection to this problem of "initiation". The model offered here, then, will be five-sided (it could be more), a pentalateral shape based upon a film: not Antonioni’s La Notte but Lars von Trier and Jørgen Leth’s De fem bensptend (The Five Obstructions, 2003) on account of its own meditations on the question of creative constraint and the limits of modeling or remaking. In The Five Obstructions, von Trier asks his mentor Jørgen Leth to remake his 1967 film, The Perfect Human, five times under different constraints: that no shot is longer than 12 frames, that it be remade as a cartoon, that it be remade in the worst place in the world, and so on. My forthcoming introduction to non-philosophy, Postural Mutations, follows this cinematic method of multiple, constrained remakes, offering five images of Laruelle. In other words, I am arguing that the one way to introduce Laruelle is tangentially in five approaches or postures: through other philosophers (the approach that seemingly fails immediately); through paraconsistent logic (by showing that contradictory truths can coexist); through behaviourism (wherein the non-human body is seen as the best picture of human philosophy - to paraphrase Wittgenstein); through animality (that the non-standard human stands at the centre of Laruelle’s thought); and finally through performance (that the notions of posture and orientation, already discussed under the aspect of behaviourism, carry a radicality for Laruelle’s performative thought). For what matters most in any remodeling of or introduction to Laruelle, if only to be faithful to or consistent with the Real of non-philosophy, is that there is always a plurality of other accounts possible. There is no "best picture" of the Real - nor then, to be consistent, any best picture of non-standard philosophy. As Laruelle writes: "for whichever phenomenon, one should be able to propose a multiplicity of equivalent interpretations".

John Mullarkey is Professor of Film at Kingston University, London, and has published numerous essays and books in the field of Philosophy (Bergson, Deleuze, and Laruelle) and Film-Philosophy.

Philippe PETIT: Nous les simples d'esprit: comment l'on entre dans la mêlée des forces faibles
Vouloir sauver le monde, cela fut le plus souvent compris comme la tentative de vouloir sauver l'homme. "La philosophie ne tient pas le monde couché à ses pieds", disait le philosophe Maurice Merleau-Ponty. Le réalisme absolu de François Laruelle nous introduit à autre chose que cette volonté. Il n'est plus régi par le principe de philosophie suffisante et l'hallucination du réel dont il procède. Par quels chemins devons-nous passer pour faire entendre la docte ignorance de "l'homme ordinaire"? Un savoir qu'il n'a pas à expliquer, ni à démontrer - lui, qui ne pense pas en tant qu'individu, mais selon l'individu radical -, et dont il sait qu'il ne répond pas au harcèlement du Monde et ne correspond pas au tout de l'expérience. Nous interrogerons l'agir de l'homme ordinaire au travers de la poésie, pas toute, et par conséquent la précession de l'Homme sur le Monde, au travers d'une certaine poésie que nous trouverons surtout en Pologne, mais pas seulement. Nous chercherons l'homme ordinaire de François Laruelle dans ses textes des années 1985 et suivantes, mais pas seulement. Nous n'irons pas à la recherche du réel perdu; nous ne répondrons pas à la question: qu'est-ce que l'homme ordinaire? Nous répondrons de lui, sans chercher à le sauver.

Né en 1951, docteur en philosophie, Philippe Petit est journaliste et philosophe. Collaborateur régulier des journaux Le Monde, Libération, Politis ou L'Autre Journal dans les années 1990, il entre à L'Événement du jeudi en 1990, puis à l'hebdomadaire Marianne en 1997 pour s'occuper de la rubrique "Idées". Parallèlement, il collabore comme chroniqueur à France Culture aux débuts des années 1990 et produit successivement les émissions "Science et conscience", "La Fabrique de l'Humain" et les "Nouveaux Chemins de la Connaissance".
Publications
La cause de Sartre, PUF, 2000.
La France qui souffre - Enquête sur la souffrance mentale et ses traitements dans la France contemporaine, Flammarion, 2008.
Auteur d'une trentaine de livre d'entretiens aux éditions Textuel, dont "L'ultime honneur des intellectuels", entretien avec François Laruelle, Textuel, 2003.


Elena PETROVSKAYA: Photographie: la gravitation du démos (Photography: Gravitation of the Demos)
The paper draws on François Laruelle’s conception of non-photography developed in his book of the same name. His basic assumption may be developed in the following manner. Any semiotic or aesthetic reading of representation as something endowed with hidden - transcendental - meaning proves dramatically insufficient. Instead, photography should be treated as a new "science" that gravitates towards community understood in an almost physical sense. Community is the expression of the forces of life or a synonym of togetherness that "precedes" any type of representation whatsoever. It is the task of the critical thinker (to remember Walter Benjamin) to reveal the traces of this presymbolic "presence" in symbolic forms that do everything to repress, distort or neutralize it. Despite its unique certifying power photography is no exception in this respect. Yet redefined as a science of forces, a new theory of photography will be closer to physics than to aesthetic theory in the classical sense.

Elena Petrovskaya, PhD, is Head of the Department of Aesthetics at the Institute of Philosophy of the Russian Academy of Sciences. Her major fields of interest are contemporary philosophy, visual studies, North American literature and culture. She is compiler, editor and co-translator of Jean-Luc Nancy’s Corpus (1999) and Gertrude Stein’s selected writings (The Autobiography of Alice B. Toklas. Picasso. Lectures in America, 2001). Since 2002 she has been editor-in-chief of the biannual theoretical journal Sinij Divan. She is laureate of the 2011 Andrei Bely Prize (theory category) and the 2013 Innovation Prize ("Art Theory and Criticism", 2012).
Publications
The Unapparent. Essays on the Philosophy of Photography (2002).
Anti-photography (2003).
Beyond Imagination. Contemporary Philosophy and Contemporary Art
(2009; co-authored with Oleg Aronson).
Theory of the Image (2010).
Anonymous Communities (2012).

Jean-Michel SALANSKIS: L'un, l'être et l'autre
En 1987 à Lyon, François Laruelle présentait les voies de l’un, de l’être et de l’autre comme celles de la philosophie contemporaine. La voie de l’être avait été suivie par Heidegger, la voie de l’autre par Lévinas: il entendait, quant à lui, suivre la voie de l’un. Pour ce que je comprends, l’entreprise de la non philosophie correspondait à cette intention. Et la voie de l’un, dans son contexte, me semble liée, tout simplement, à une volonté d’immanence: héritée de Marx, celle-ci nous engage à rompre avec ce qu’on appelle usuellement le "surplomb de la philosophie". Je voudrais, dans cette intervention, discuter une telle orientation, en réfléchissant, d’un côté sur les pouvoirs et les significations de l’un, de l’autre sur la conséquence et les vertus du projet immanentiste. Ma plus grande satisfaction serait de parvenir à évaluer à mon tour vis-à-vis de tels paramètres la philosophie contemporaine, en tenant compte aussi de sa composante analytique.

Anne-Françoise SCHMID & Muriel MAMBRINI-DOUDET: Une épistémologie esthétique non-standard pour les sciences contemporaines
L’épistémologie et l’esthétique ont presque toujours été séparées pour la compréhension des sciences. Mais celles-ci deviennent à ce point interdisciplinaires dans leur pratique que cette séparation n’a plus lieu d’être. Par exemple, les données ne peuvent plus être comprises comme les corrélats d’hypothèses théoriques, comme des faits, et demandent, pour leur interprétation, ensemble esthétique et épistémologie générique, qui n’interviennent pas comme discipline de plus, mais comme sous-détermination de l’organisation de la multiplicité de celles en jeu... Pour cela, il faut une méthode, qui permette, en deça des disciplines, de construire un espace de traduction générique des propositions disciplinaires. Dans cette démarche générique, les liens entre les sciences et l’humain, Nouvelle Alliance "sans" disciplines positives se manifestent. Ce changement de méthode d’appréhension des sciences sera mis en œuvre à l’occasion de nouveaux objets, où homme, science, technique, éthique semblent intriqués, mais l'alliance entre épistémologie et esthétique permettra de marquer des niveaux, des superpositions et des dynamiques entre les objets et l’homme générique de François Laruelle, et traiter leur intrication par la "conjugaison" des sciences et de la philosophie. Anne-Françoise Schmid mettra en évidence les modifications que l’Introduction aux sciences génériques et La Philosophie non-standard de François Laruelle apportent à l’épistémologie. Muriel Mambrini-Doudet montrera ses conséquences et ses impacts dans la direction d’un grand centre de recherches scientifiques.

Maître de conférence HDR à l’INSA de Lyon, membre de la Chaire de Théorie et Méthodes de la Conception Innovante (MinesParisTech), Anne-Françoise Schmid est éditrice de la Correspondance entre Bertrand Russell et Louis Couturat (Paris, Kimé, 2001, 2 volumes, 735 p.) et spécialiste de la philosophie d’Henri Poincaré. Elle est à l’origine de l’épistémologie générique pour comprendre les régimes multiples et interdisciplinaires des sciences contemporaines et les nouvelles intrications entre philosophies et sciences.
Publications
ACADEMOS (dir. Schmid A.-F.), Epistémologie des frontières, Paris, Pétra, 2013.
Schmid A.-F., Mambrini-Doudet M., Hatchuel A., "Une nouvelle logique de l'interdisciplinarité", Nouvelles Perspectives en Sciences Sociales, vol.7, n°1, pp.105-136, 2011.
Schmid A.-F., "Interdisciplinarité et philosophie comme expérience en plein champ", Natures, Sciences, Sociétés 20, n°1, pp. 75-81, 2012.
Schmid A.-F., "The Science-Thought of Laruelle and its effects on Epistemology", in John Mullarkey and Anthony Paul Smith eds., Laruelle and Non-Philosophy, Edinburgh University Press, pp. 122-142, 2012.
Schmid A.-F., "Imaginer l’épistémologie future", in Jean-Noël Missa et Laurence Perbal eds., Les Philosophes et le Futur, Paris, Vrin, pp. 189-204, 2012.
Schmid A.-F., "La conjugaison de l’épistémologie et de l’éthique dans la création scientifique", Postface du livre de Léo Coutellec, De la Démocratie dans les sciences. Epistémologies, Ethiques, Pluralisme, Paris, éd. Matériologiques, 2013.
Schmid A.-F., "L’Epistémologie des modèles et les nouveaux objets de la science", in Guy Athanaze ed., Conférences du Master interculturel en innovation éducative PREFALC, Saarbrücken, Editions Universitaires Européennes, pp. 19-68, 2013.
Mathieu N. & Schmid A.-F., Modélisation et Interdisciplinarité. Six disciplines en quête d’épistémologie, Paris, ed. Quae, collection "Indisciplines", 2014.


Anthony Paul SMITH: Une non-théologie est-elle possible?
À plusieurs occasions, François Laruelle a parlé de la possibilité de la non-théologie, mais qu’est-ce que cette possibilité à la lumière des récentes critiques "post-secularsont les implications pour le discours interne aux religions monothéistes, c’est-à-dire pour la théologie? Cette communication va poser cette question en examinant les effets et les conséquences de la philosophie non-standard pour les questions de l’universalité ou la particularité " (post-laïc) des concepts de la religion et de la théologie? Ces critiques faites par des anthropologues en Islam comme Talal Asad, Saba Mahmood, Hussein Ali Agrama, révéla la particularité chrétienne du concept de la religion. L’universalité en est ainsi contestée non seulement du point de vue conceptuel mais aussi du point de vue politique, dans la mesure où il se révèle complice de l’impérialisme européen et américain. Et si cela est vrai pour la religion, quellesdu concept de religion et de l’objet de la théologie. Car la philosophie non-standard nous fournit une unilatérale pluralité et il devient possible de parler d'une non-théologie - générique selon l’Un - qui permet la pluralité et un objet. En étudiant la possibilité d'une non-théologie sous ses aspects non-standard, on la situera dans le contexte plus large de la relation de la philosophie et de la théologie/religion, à savoir avec les polémiques et les usages non-philosophiques de Badiou, Lardreau, Jambet et Grelet. En somme, une non-théologie, si possible, serait non seulement une science de la théologie et de la philosophie de la religion, mais en plus une science de Dieu sous-déterminée par la créature que rejette la réversibilité de la laïcité et de la) religiosité.

Anthony Paul Smith enseigne au département de Religion de l'Université La Salle de Philadelphie. Il est l'auteur de nombreux essais sur la philosophie de la religion, la philosophie écologique, la non-philosophie de François Laruelle et la philosophie française contemporaine. Il a traduit ou co-traduit plusieurs ouvrages de François Laruelle. Son recueil, co-dirigé avec John Mullarkey, qui constitue la première présentation de l'œuvre de Laruelle en langue anglaise, a reçu un très bon accueil. Il travaille actuellement à la rédaction de deux livres: un guide de lecture des Principes de la non-philosophie pour Edinburgh University Press et une introduction synthétique intitulée: Laruelle: A Stranger Thought pour Polity Press. Son premier livre, A Non-Philosophical Theory of Nature: Ecologies of Thought, a été publié en 2013 avec PalgraveMacmillan et il a fait usage de la méthode de Laruelle pour penser la nature à la manière philosophique, théologique et scientifique à la fois.

Alessandro TREVINI-BELLINI: Notes sur le non-marxisme de François Laruelle
L'hypothèse non-marxiste se caractérise par un traitement symptomatique de la conjoncture représentée par l’équivalence du marxisme et de son échec, et par un emploi inédit d'un certain nombre des concepts propres à Marx. Nous nous proposons d'interroger cette pratique non-philosophique, qui cherche à se défaire du marxisme tout en réactivant la portée générique des découvertes que l'on doit à Marx, afin d'en montrer la pertinence. Cela ne rend pas seulement possible une nouvelle interprétation de l'œuvre de Marx, mais permet notamment de penser l'"immanence radicale" comme "détermination en dernière instance", où le "réel" n'est plus un concept philosophique matérialiste, mais le terrain d'une lutte entre la totalité des conditions philosophiques du capital et une instance pratique d'un style nouveau.

Alessandro Trevini-Bellini, docteur en philosophie, qualifié aux fonctions de Maître de Conférences par le C.N.U. - Section 17, est professeur dans le secondaire et chercheur associé au Laboratoire Sophiapol (EA 3932) de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense. En 2011, il a soutenu une thèse sous la direction de François Laruelle, intitulée "Suspension du Capital-Monde par la production de la jouissance. Marx entre Aristote et la phénoménologie".
Dernières publications
"Suspension du Capital-Monde par la production de la jouissance. Le Marx aristotélicien de Gérard Granel", in L'archi-politique de Gérard Granel, T.E.R., Mauvezin 2013, pp. 369-385.
"Sortir de la philosophie. L’énigme du "matérialisme ontologique" du jeune Marx", www.gerardgranel.com/autour2.html, janvier 2009.




Table ronde animée par Jean-Baptiste DUSSERT (La critique et l’usage non-philosophiques de la fiction), avec d'anciens doctorants de François Laruelle: Alessandro BERTOCCHI (Non-philosophie et perte de la présence. François Laruelle et l'éthnologie philosophique d'Ernesto de Martino), Erik DEL BUFALO, Christelle FOURLON et Sven LÄWEN (Esquisse néocatégoriale de la matrice générique (Analyse idempotente))

Alessandro BERTOCCHI: Non-philosophie et perte de la présence. François Laruelle et l'ethnologie philosophique d'Ernesto de Martino
La rencontre entre la pensée non-standard et la pensée d'Ernesto de Martino ne peut que prendre la forme d'une collision théorique. Le terme indique qu'un contact entre ces deux pensées serait sinon impossible du moins "contre-nature". Pourquoi alors procéder ainsi? Parce que ce genre de lecture est tout aussi souhaitable sinon nécessaire qu'une exégèse académique de l'œuvre de François Laruelle. La "perte de la présence" est la notion demartinienne qu'on détournera ici vers la non-philosophie. Il s'agit de la mise à l'épreuve par laquelle passe toute détermination de la subjectivité. En régime philosophique, cette notion reste aporétique. En la portant vers le Réel, le problème se débloque et le langage, en-deçà de sa substantialisation, remonte à la surface comme terrain théorique du choc. Dernière étape nécessaire, la "perte de la présence" acquiert toute sa puissance théorique en passant par les travaux du philosophe italien Paolo Virno. Elle nous permettera de formuler quelques propositions sur le rôle et le sens de la détermination-en-dernière-instance en "milieu" langagier et de ressentir avec pleine satisfaction la réelle "dureté" de la pensée non-standard.

Bibliographie sélective
De Martino Ernesto, La terre du remords, Les Empêcheurs de Penser en Rond,‎ 1999.
De Martino Ernesto, Le Monde magique, Les Empêcheurs de Penser en Rond,‎ 2003.
De Martino Ernesto, Morte e pianto rituale nel mondo antico, Einaudi, 1958 [2008].
Virno Paolo, Quando il verbo si fa carne: linguaggio e natura umana, Bollati Boringhieri, 2003.
Virno Paolo, La régression à l'infini et les manières de l'interrompre, Paris, Editions de l'éclat, 2013.
Virno Paolo, Saggio sulla negazione, Bollati Boringhieri, 2013.


Jean-Baptiste DUSSERT: La critique et l’usage non-philosophiques de la fiction
La philosophie non-standard ou non-philosophie de François Laruelle, en même temps qu’elle modifie l’usage qu’on peut avoir du matériau philosophique, transforme les rapports que celle-ci entretient à son altérité. Au long des années passées à travailler sous sa direction ou en collaboration avec lui, je me suis intéressé, par-delà l’étude des fondements de son système, de sa généalogie, aux effets de ce penser uni-latéral sur différents champs disciplinaires annexes. Après un rappel des travaux menés sur la non-esthétique, ma communication portera sur le statut de la philo-fiction. Je m’intéressai en particulier aux effets de la vision-en-Un sur l’abolition du hiatus entre la non-fiction, dont la philosophie prétend être le modèle, et la fiction qu’elle a indirectement conduit à se déterminer comme littérature. Il s’agira donc d’esquisser une réflexion sur l’usage de la fiction en et par la philosophie, puis sur sa transformation, conjointe avec celle du langage, dès lors qu’elle est déterminée par l’Un et soustraite à l’influence du Logos.

Né en 1975, Jean-Baptiste Dussert a accompli un double cursus en Lettres (Université Paris-Sorbonne) et Philosophie, ainsi que sa thèse sous la direction de François Laruelle (Université Paris-Ouest, 2007). Il a publié de nombreux articles sur l’esthétique et la philosophie de la littérature, dernièrement aux éditions Vittorio Klostermann (Frankfurt am Main), Königshausen & Neumann (Würzburg) et Le Manuscrit (Paris). Il enseigne aux Universités Paris-Sud et Paris Panthéon-Sorbonne (site internet: http://www.dussert.net).

Sven LÄWEN: Esquisse néocatégoriale de la matrice générique (Analyse idempotente)
Je vise à une néocatégorie esquissable qui, par son équivalence à la catégorie de matrice générique, permet d’en faire ce que j’appellerais une "analyse idempotente". L’idée est d’interpréter le "paradigme vectorial de pensée" comme théorie générale de la translation non-réversible de catégories. Son foncteur caractéristique garantit le transfert des données ou des propriétés d’un domaine initial et standard à un codomaine final et non-standard, et ainsi induit le changement générique de base ou de point de vue. Par conséquent, mon objectif est de comprendre ce foncteur et d’explorer deux questions:
1. Le foncteur est-il complet, autrement dit, est-ce qu'on obtient tous les morphismes de cette catégorie de matrice générique?
2. Quel est le noyau de ce foncteur qui donnerait l’esquisse néocatégoriale comme analyse idempotente de la matrice générique?

Sven Läwen est doctorant en philosophie au London Graduate School (Kingston University, Londres). Sa thèse de maîtrise traitait "La science générique comme geste de pensée selon François Laruelle et Gilles Châtelet" (Freie Universität Berlin, 2012).

BIBLIOGRAPHIE :

Ouvrages de François Laruelle
Introduction aux Sciences génériques, Paris, Pétra, 2008.
Philosophie non-standard. Générique, Quantique, Philo-fiction, Paris, Kimé, 2010.
Le concept de non-photographie/The concept of non-photography, Edition bilingue, trad. Drew Burk,  London and New York, Urbanomic / Sequence Press, 2011.
Théorie générale des victimes, Paris, Fayard, Mille et une Nuits, 2011.
Anti-Badiou: Sur l’Introduction du maoïsme dans la philosophie, Paris, Kimé, 2011.
Photo-fiction, une Esthétique non-standard, Edition bilingue, trad. Drew Burk, Minneapolis, Univocal, 2012.
Christo-Fiction, Les ruines d’Athènes et de Jérusalem, Paris, Fayard, mars 2014, puis Columbia University Press, trad. Robin Mackay.

Avec le soutien
de la MSHA de Bordeaux,
de la chaire TMCI des Mines Paristech,
du London Graduate School (LGS),
de la Miguel Abreu Gallery
et du Global Center for Advanced Studies


MSHA de Bordeaux    TMCI des Mines Paristech

The London Graduate School (LGS)