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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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HYBRIDATIONS ET TENSIONS NARRATIVES
AU MAGHREB ET EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Mise à jour
13/02/2017


DU MERCREDI 22 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 29 JUILLET (14 H) 2015

DIRECTION : Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER, Daniel DELAS, Khalid ZEKRI

ARGUMENT :

Le processus d’hybridation culturelle qui caractérise de plus en plus les sociétés du Maghreb et d’Afrique subsaharienne implique l’articulation des différentes composantes identitaires, culturelles et esthétiques qui les constituent. Cela suppose également que les tensions qui résultent de cette articulation donnent lieu à une négociation qui aboutirait à la reformulation du vivre-ensemble. C’est pour cela que l’hybridité n’est pas à confondre avec un quelconque mélange ou patchwork de composantes culturelles "condamnées" à cohabiter.

Les littératures du Maghreb et d’Afrique subsaharienne constituent un espace symbolique où se déploie, avec toutes les tensions que cela suppose, le processus d’hybridation et de traduction culturelle. Ce qui se constate dans les littératures d’Afrique, dans toutes ses expressions linguistiques, c’est un travail de disponibilité que l’écrivain opère à l’intérieur de son univers fictionnel en explorant de nouvelles possibilités d’existence qu’il exprime à travers des tensions narratives dont les formes diffèrent d’un contexte à un autre. Le présent colloque envisage d’explorer les liens et les clivages des champs littéraires africains de langue française et portugaise afin de mieux saisir les potentialités de cette parole littéraire.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 22 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Jeudi 23 juillet
Matin:
Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER & Khalid ZEKRI: Ouverture
Daniel DELAS: Nouvelles écritures afropolitaines
Ana Mafalda LEITE: Modernité tardive ou anticipée du roman africain de langue portugaise

Après-midi:
Présidence: Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER
Chantal ZABUS: Trans-Sahara: enjeux narratifs de la transsexualité et de l'état-nation au Maghreb et en Afrique subsaharienne
Khalid ZEKRI: Écrire le Maghreb d'aujourd’hui

Vernissage de "L'école de la peur", exposition de Jesús MARTINEZ OLIVA


Vendredi 24 juillet
Matin:
Présidence: Helmut SIEPMANN
Marie-José HOURANTIER: Hampâté Bâ: une inspiration hybride, de la tradition animiste à l'islam de Tierno Bokar
Mohammed OURASSE: La reconquête de soi aux temps de la déception: étude de l'humour dans Les tribulations du dernier Sijilmassi (2014) de Fouad Laroui

Après-midi:
Présidence: Khalid ZEKRI
Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER: Marco Guimarães et Manuel Rui: écrire à quatre mains; un modèle de transcriture?
Catherine MAZAURIC: L'inquiétude spatiale du roman: Ben Jelloun, Diome, Waberi
Salima KHATTARI: Altérité, identité et mémoire: lecture croisée entre L’Accordeur de silences de Mia Couto et Rue Darwin de Boualam Sansal


Samedi 25 juillet
Matin:
Présidence: Martin NEUMANN
Le désir au féminin dans le cinéma africain: une approche interculturelle, avec
Domingo PUJANTE GONZÁLEZ: Mossane de Safi Faye
Adela CORTIJO-TALAVERA: L'œuvre de Moufida Tlatli
Inmaculada Teresa TAMARIT VALLÉS: L'œuvre de Karin Albou

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée:
Lecture de Nedjma de Kateb Yacine, par Charles GONZALÈS


Dimanche 26 juillet
Matin:
Présidence: Catherine MAZAURIC
Martin NEUMANN: "Théâtre africain"? Le cas d'Abdulai Sila (Guinée-Bissau)
Jean-Marie KOUAKOU: Ombre de récit... corps de récit. Le récit au deux visages [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée:
Rencontre avec Fabienne KANOR


Lundi 27 juillet
Matin:
Présidence: Salima KHATTARI
Abdelkrim CHIGUER: Cinéma, film et résistance(s)
Serge MEITINGER: Des conditions impossibles aux vies possibles: l’œuvre en récit(s) d’Albert Memmi

Après-midi:
Présidence: Anouar OUYACHCHI
Selma PANTOJA: Mémoire, Histoire et Littérature: la reine Ginga dans le récit d'Agualusa
Benjamin GACA: Ngardo (le crocodile) de Paul Lomami Tchibamba
Ineke PHAF-RHEINBERGER: Musique et modernité. Stratégies communautaires dans deux narrations, du Congo et de l'Angola

Soirée:
Lectures, par Ana Mafalda LEITE


Mardi 28 juillet
Matin:
Présidence: Khalid ZEKRI
Anouar OUYACHCHI: Récits du savoir
Ieme VAN DER POEL: Écriture de soi et émigration au féminin: les Euro-Marocaines se racontent (en catalan, néerlandais et français)

Après-midi:
Présidence: Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER
Julie HAHN: La nouvelle subsaharienne au XXIe siècle: Fatou Diome et Léonora Miano
Giuseppe MESSUTI: Carlo Lucarelli et La huitième vibration: interprétation critique du réel et de faits historiques à travers les techniques et les tensions narratives
Hervé SANSON: La quête d’une forme hors forme: les derniers ouvrages de Mohammed Dib


Mercredi 29 juillet
Matin:
Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER, Daniel DELAS & Khalid ZEKRI: Synthèse

DÉPART POUR L’IMEC (ABBAYE D’ARDENNE, CAEN)
Accueil par Typhaine GARNIER & Yoann THOMMEREL, puis déjeuner sur place

Après-midi:
- Présentations du fonds d'archives de Présence africaine et d’un fonds en cours de classement: les archives d'Ahmadou Kourouma par Pascale BUTEL-SKRZYSZOWSKI
- Présentation du traitement des archives et des locaux, par Marjorie DELEBARRE
- Visite historique de l’Abbaye d’Ardenne, par Yves CHÈVREFILS DESBIOLLES
- Présentation de l'exposition Flammarion, par Claire PAULHAN

DÉPARTS


RÉSUMÉS :

Anne BEGENAT-NEUSCHÄFER: Marco Guimarães et Manuel Rui: écrire à quatre mains; un modèle de transcriture?
En 2014, Manuel Rui et Marco Guimarães ont publié un volume à quatre mains, intitulé A bicha e a fila dans lequel ils débattent à bâtons rompus de la vie de tous les jours entre l’Angola et le Brésil. À travers cette tentative, ils ont mis, durant un moment précis, leur écriture personnelle entre parenthèses. Le "dialogue narratif" qui résulte de cette mise en commun dévoile la langue littéraire comme référent, signe et miroir de l’expérience réfléchie. Il fait découvrir au lecteur les complicités et les divergences entre les vécus angolais et brésilien dans le monde hybride des post-indépendances, un monde uni en apparence par une même langue qui décline cependant sa diversité en se ressourçant dans des contextes spécifiques sur le continent noir et celui des Amériques. Les deux intellectuels et leur "connivence provocatrice" mettent en cause des instances telles que l’auteur, l’écriture et les formes littéraires établies. La communication analysera l’écriture et les tensions qui la traversent sous le double éclairage de la transcriture et de la trans-réalité, paramètres émergents d’une écriture à impressions fragmentées qui capte par ses sauts imprévus la fluidité d’un monde simultanément en naufrage et en naissance.

Anne Begenat-Neuschäfer est titulaire d'une chaire à l’Institut de Philologie Romane de l’Université d’Aix-la-Chapelle (RWTH Aachen, Allemagne) depuis 1998 et spécialiste des littératures belges et africaines d’expression française (Afrique de l’Ouest). Depuis 2008, elle s’intéresse à une approche comparatiste des littératures africaines, tant française que portugaise (Angola, Mozambique et Guinée-Bissau).
Publications récentes
Nouvelles tendances du conté et du narré en Afrique de l’Ouest (2011) avec Jean-Marie Kouakou.
Vozes femininas de África. Poesia e Prosa (2014) avec Flavio Quintale.
Poesia do terceiro espaço. Lírica lusófona contemporânea (2014) avec Verena Dolle.
La question de l’auteur en littératures africaines (sous presse) avec Catherine Mazauric.


Abdelkrim CHIGUER: Cinéma, film et résistance(s)
Timbuktu d’Abderrahman Sissako (2015) est un long métrage de fiction documentaire qui, conscient des enjeux dont participent les médias en général (en difficulté dès lors qu’il s’agit d’information: cas du photojournalisme), ne nous semble pas sans liens intertextuels avec le film de Semben Ousman Ceddo (1977) dont le: "cinéma parle un cinéma de l’acte de parole. C’est là qu’il échappe à la fiction comme à l’ethnologie. S.O. dégage la fabulation qui sert de base à la parole vivante, qui en assure la liberté et la circulation, qui lui donne une valeur d’énoncé collectif, pour l’opposer aux mythes" (Gilles Deleuze, II, p.289) des conquérants. Le film Timbuktu d’Abderrahman Sissako recommence autrement cet essai de résistance initié par le film d’auteur sénégalais à une logique où lettre autant que voix, image et son s’avèrent être pris dans un scénario et un montage audio-visuel où la mythification est désormais "glocalisée".

Abdelkrim Chiguer est enseignant chercheur au Département de langue et littérature Françaises (Université Moulay Ismaël). Il est membre du Groupe de recherche G.R.A.L. (Groupe d’études sur l’art et la littérature) et G.E.C. (Groupes d’Etudes culturelles et postcoloniales).
Publications
I: "Cuisine: seuils et corridors dans l’œuvre d’Abdelwahab Meddeb", in Récits du corps au Maroc et au Japon (Sous la direction de Marc Kober et Khalid Zekri), L’Harmattan, Paris, 2011.
II: "Matière de Fès: Littérature, cinérgie et cinécriture", in Lire les villes marocaines (Sous la direction de Véronique Bonnet et Khalid Zekri), L’Harmattan, Paris, 2013.
III: "Passages", in Actes du colloque international: Edmond Amran EL Maleh: Art, culture et écriture, Université Moulay Ismaël, Meknès, 2013.
IV: En cours de publication: "Photo-cinématographie coloniale, postcoloniale: Légende, contre-légende", in Travaux du colloque internationale: Francophonies méditerranéennes (XXIe siècle): langues, littératures, 2014, Université Grenoble Alpes.
Bibliographie
Serge Daney, "Ceddo (O. Sembene)", in Cahiers du cinéma, n°304, Octobre, Paris, 1979.
Gilles Deleuze, L’image-temps, cinéma II, Les Editions de Minuit, 1985.


Daniel DELAS: Nouvelles écritures afropolitaines
Les études postcoloniales ont insisté sur les changements en cours du monde africain. De plus en plus déterritorialisé, l’imaginaire africain issu de l’exil, des voyages et des métissages fait émerger de nouvelles écritures. On en étudiera une liée à la rencontre des musiques, à partir de deux romans:
- Sylvain Prudhomme, Les grands, roman, L’arbalète, Gallimard, 2014.
- Tierno Monenembo, Les coqs cubains chantent à minuit, roman, Seuil, 2015.

Daniel Delas est professeur émérite des universités et chercheur au CNRS (ITEM). Il a consacré ses travaux les plus récents à des écrivains africains ou afrodescendants francographes (Aimé Césaire, Ahmadou Kourouma, Tchicaya U Tam’Si par exemple), étudiés dans un esprit géo-poétique. Nombre de ses publications traitent, à partir des propositions de la poétique meschonnicienne, de questions générales soit afférentes à ce domaine particulier (questions de génétique, questions concernant l’espace et le territoire, l’histoire et la fiction, etc.) soit linguistiques (Saussure et Benveniste).

Benjamin GACA: Ngardo (le crocodile) de Paul Lomami Tchibamba
La production littéraire de la République démocratique du Congo reflète les défis qu’elle devait relever au cours de son histoire: colonialisme, indépendance, post-colonialisme, guerres dictatures et exploitation féminine. Quelques historiens, sociologues, critiques littéraires et journalistes louaient le succès de l’ère coloniale et de la première République tandis que d’autres voix ne s’élevaient guère afin d’échapper à la répression par le régime et à la censure, surtout sous le président Mobutu. Nous proposons ici une lecture croisée des auteurs les plus emblématiques (Paul Lomami Tchibamba, Charles Djungu-Simba et autres) qui sera enrichie et approfondie par une approche génétique qui se base sur le fonds Afrique centrale des Archives et Musée de la Littérature (AML).

Julie HAHN: La nouvelle subsaharienne au XXIe siècle: Fatou Diome et Léonora Miano
Dans la littérature occidentale et d'expression française, l'histoire et l'étymologie de ce genre narratif montrent la complexité à le définir, cependant un trait caractéristique peut être compris comme dénominateur commun, la brièveté. À partir des années 70, on observe, dans la littérature de langue française, une évolution dans le champ théorique (1), des ouvrages et études sur la nouvelle paraissent, les chercheurs et critiques lui accordent à nouveau un peu plus d'intérêt. Elle occupe toutefois une place marginale si l'on considère l'attention dont bénéficie le roman. Les recueils de Fatou Diome (2001), La Préférence nationale, et de Léonora Miano (2008), Afropean soul et autres nouvelles, s'inscrivent dans le XXIe siècle et dans la dite littérature-monde en français (2). Sur le plan esthétique, il s'agit de découvrir d'abord comment ces auteurs manient la brièveté et quelles sont les stratégies d'écriture exploitées par ceux-ci. Ensuite, l'analyse porte sur les contenus révélés par les stratégies d'écriture. Enfin, se pose l question de commentla nouvelle africaine? Classique? Post-coloniale? Mais encore...?

(1) Godenne, René, La nouvelle française, Paris, PUF, 1974. Étiemble, René, "Problématique de la nouvelle", in René, Étiemble (éd.), Essais de littérature (vraiment générale), Paris, Gallimard 1975.
(2) Lebris, Michel, "Pour une littérature-monde en français", in Michel Lebris et Jean Rouaud (éds.), Pour une littérature monde, Paris, Gallimard 2007.


Marie-José HOURANTIER: Hampâté Bâ: une inspiration hybride, de la tradition animiste à l'islam de Tierno Bokar
En consultant les archives de la Fondation Amadou Hampâté Bâ, il s'agira de décrypter une pensée nourrie de tradition initiatique familiale conjuguée avec l'enseignement du maître d'Hampâté Bâ en Islam, Tierno Bokar. Comment ce traditionniste a-t-il contourné les conflits souvent irréductibles entre les partisans de la religion traditionnelle et les adeptes de l'islam pour transmettre une sagesse faite de tolérance et d'humanisme? Ses contes initiatiques, ses échanges marient ces différentes connaissances en recherchant cette harmonie, valeur essentielle de la tradition, le BIN KADI. Comment traduit-il à sa manière le concept post- colonial du n'zassa?

Marie-José Hourantier est professeur des Universités à l'École Normale Supérieure d'Abidjan.

Salima KHATTARI: Altérité, identité et mémoire: lecture croisée entre L’Accordeur de silences de Mia Couto et Rue Darwin de Boualam Sansal
Au Mozambique, un enfant tente d’échapper aux blessures et aux stigmates de la guerre. "Je suis né pour me taire, j’ai un don pour ne pas parler", dit-il, mais "chaque silence est une musique à l’état de gestation" (Mia Couto, L’Accordeur de silences). En effet, dans l’œuvre romanesque de Mia Couto, les personnages évoluent dans le chaos qui résulte de la guerre civile. Afin d’y échapper, ces derniers transfigurent le désordre en utopie. Dans le cas de Mia Couto, le lecteur assiste à un véritable réalisme onirique voire merveilleux, ou encore comme dit Pepetela "un réalisme animiste", qui plonge dans les racines et mythes du Mozambique. Cette nouvelle Jérusalem (qui n’est que le titre original du livre Jesusalém), peinte par Mia Couto, inscrit le roman dans un conte mi-réaliste et mi-fantastique qui se veut une véritable lecture de la quête de soi, celle la mémoire et  de l’oubli en temps de guerre et de violences. Il en est de même pour Boualam Sansal dans Rue Darwin qui s’ouvre sur la disparition du personnage de la mère, à l’image de Mwanito dans L’Accordeur de silences qui ne connaît pas sa mère. Cette perte se poursuit par une quête identitaire nostalgique et douloureuse que va entreprendre Yazid et où se lit le portrait d’une Algérie aux prises avec ses réalités contradictoires et avec les séquelles du passé colonial. Contrairement à la vision poétique de Mia Couto, Boualam Sansal use d’un style cinglant et désabusé pour plonger le lecteur dans la triste réalité algérienne: "Pour que les Hommes et les peuples vivent correctement, il est nécessaire qu’ils connaissent leur histoire et leur identité" (Sansal). Il va falloir, comme s’accorde à le reconnaître le narrateur-enfant dans L’Accordeur de silences, "dépurer les silences" et apporter une réflexion littéraire et postcoloniale sur une histoire à réécrire, celle de l’Afrique subsaharienne et celle du Maghreb.

Salima Khattari exerce, en qualité de professeur habilitée de l’enseignement supérieur, au département de Langue et de Littérature françaises à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines d’El Jadida (Maroc). Ses travaux portent sur la question de l’identité dans les littératures francophone et lusophone (traduite en français). Elle a publié de nombreux articles dont le dernier sur L’immigration clandestine ou les corps sans identité dans l’œuvre de Mahi Binebine (2014).

Jean-Marie KOUAKOU: Ombre de récit... corps de récit. Le récit au deux visages
Avec ce titre et à partir d'un corpus de deux fictions (celle de A. Kourouma: Les Soleils des indépendances; celle de Tierno Monénembo: Les écailles du ciel), cet exposé tente de montrer la présence d'un récit d'altérité au sein d'un récit dont l'apparence est pourtant celui de la mêmeté.  En effet il y a, en raison de la Figure de l'Ombre qui y opère, une espèce de double, voire de dédoublement, qui n'a rien à voir avec ce que la narratologie genetienne appelle le second niveau narratif. Non, il ne s'agit pas d'un récit encastré dans un autre, mais plutôt d'un récit qui dénature le corps pur (au sens chimique du terme) du récit apparent parce qu'il y a en masque, dans l'ombre, quelque chose d'autre: le récit qui n'est pas dit; mais dont on devine qu'il est bien là; à côté de celui qu'on voit. C'est une figure opératoire qui définit que quelque chose a lieu: que quelque chose est conté par ailleurs. Il s'agit d'une altérité narrative évidente.

Professeur titulaire en Littératures et Civilisations Françaises, Jean-Marie Kouakou enseigne au Département de Lettres-Modernes à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody.
Publications
La pensée de Sony Labou Tansi, Paris, L’Harmattan, Coll. "Critique littéraire", 2003.
La chose littéraire, Abidjan, Éditions ÉDUCI, 2005.
Le sujet d’ordre général aux concours administratifs, Abidjan, Éditions EDUCI, 2005.
La Note de Synthèse aux concours administratifs, Abidjan, Éditions PUCI, Coll. "ENA", 1997.
Les représentations dans les fictions littéraires, Tome 1, Théorie, Paris, L’Harmattan, Coll. "Afrique libertés", 2010.
Les représentations dans les fictions littéraires, (Dir.), Tome 2, Pratiques, Paris, L’Harmattan, Coll. "Afrique libertés", 2010.
Sprachen, Litteraturen, Kulturen. Nouvelles tendances du conté et du narré en Afrique de l’Ouest, (Dir. Anne Begenat-Neuxchäfer et Jean-Marie Kouakou), Band 1, Frankfurt am Main-Berlin-Bern-New York- Oxford-Wien, Éditions Peter Lang, 2011.
J.M.G. Le CLézio. Accéder en vrai à l’autre culturel, Paris, L’Harmattan, Coll. "Critiques littéraires", 2013.


Ana Mafalda LEITE: Modernité tardive ou anticipée du roman africain de langue portugaise
À partir des œuvres d’Ahmadou Khourouma, de Mariama Bâ, de João Paulo Borges Coelho et Paulina Chiziane, cetre communication se propose de réfléchir à l’importance des différentes tendances formelles et thématiques du roman lusophone et francophone postcolonial. Elle va étudier spécialement le traitement des personnages de fiction et son rôle de représentation de nouvelles configurations sociales et culturelles, aussi bien que des formes narratives de l’écriture de soi.

Ana Malfada Leite a commencé ses études à l’Université Eduardo Mondane de Maputo au Mozambique et elle est licenciée en Philologie romane à la Faculté de Lettres de l’Université de Lisbonne depuis 1979. Elle est professeure associée et agrégée de la Faculté de Lettres de l’Université de Lisbonne. Commençant sa carrière académique en 1979, elle s’est notamment spécialisée dans le domaine des littératures africaines ayant terminé un Master en Littératures lusophones (Brésil et Afrique) et un doctorat en 1989.
Elle a participé en tant que poète et académique dans de différentes rencontres et conférences en Afrique, en Europe ainsi qu’aux États-Unis. Elle était professeure invitée aux États-Unis, au Mozambique, en France et au Brésil où elle a collaboré à plusieures revues. Elle a coordonné le projet "Nation et narrative postcoloniales" (FCT.2007-2011) et elle coordonne actuellement le projet "Narrations écrites et visuelles de la nation postcoloniale" (FCT).


Catherine MAZAURIC: L'inquiétude spatiale du roman: Ben Jelloun, Diome, Waberi
Parmi les tensions narratives à l’œuvre dans les littératures du Maghreb et d’Afrique subsaharienne, certaines relèvent de l’hybridation culturelle, tandis que d’autres témoignent d’une relation à l’espace troublée par des mobilités qui défont les répartitions anciennes. Ainsi pour le roman contemporain, aux plans de la classification critique comme de la diégèse, la question de l’emplacement se pose-t-elle. Celle-ci peut notamment être formulée au travers de la représentation d’espaces à tendance utopique ou hétérotopique. La plasticité qui caractérise, en vertu de l’imagination qui les investit, les uns et les autres s’assortit d’une propension à la contestation de l’espace tel que le dessinent et le répartissent actuellement nos sociétés. En quoi et comment les figurations de ces lieux sans lieu ou hors-lieu, spécifiés par leur différence tout autant que par les tensions qui les traversent, les animent et les dépassent, permettent-elles d’envisager des recompositions médiatrices, voire "la configuration d’un bon lieu, d’un partage non polémique du sensible" (Rancière) où de nouveaux ajustements se forment? On se propose d’aborder ces questions au travers de lectures consacrées à Partir (2006) de Tahar Ben Jelloun, Le Ventre de l’Atlantique (2003) et Inassouvies, nos vies (2008) de Fatou Diome, Aux Etats-Unis d’Afrique (2006) et La Divine Chanson (2015) d’Abdourahman A. Waberi.

Catherine Mazauric est professeure de littérature contemporaine d’expression française à l’Université d’Aix-Marseille, membre de l’EA 4235 CIELAM. Ses domaines de recherche concernent la lecture littéraire ainsi que les littératures africaines, francophones et migrantes, auxquelles elle a consacré une dizaine d’ouvrages et une quarantaine d’articles.
Publications récentes
Mobilités d’Afrique en Europe, Karthala, 2012.
Littératures et migrations transafricaines, Études littéraires africaines 36, 2013 (avec Alioune Sow).


Serge MEITINGER: Des conditions impossibles aux vies possibles: l’œuvre en récit(s) d’Albert Memmi
Nous voudrions tenir compte du travail éditorial et génétique qui a abouti au volume des Portraits, tout juste paru dans la collection "Planète Libre", pour retracer une évolution "tensionnelle" dans la pensée et l’écriture d’Albert Memmi qui, à notre sens, éclaire l’essentiel de son "message" et doit nous donner à penser pour mieux comprendre ce qui, en ce moment, travaille notre monde.

Serge Meitinger, professeur de langue et de littérature françaises, modernes et contemporaines à l’Université de La Réunion depuis 1997; a séjourné huit ans à Tananarive où il a enseigné à l’École Normale Supérieure (1980-1988). Nombreux travaux sur la poésie française moderne, de Baudelaire à nos jours, sur la littérature et la poésie francophones, sur le récit quand il se fait "déceptif". Membre du laboratoire ITEM-CNRS, équipe "Manuscrits francophones du sud"», et à ce titre coordinateur scientifique de l’édition des Œuvres complètes de Jean-Joseph Rabearivelo, tome I (Le diariste, L’épistolier, Le moraliste) paru en 2010, tome II (Le poète, Le narrateur, Le dramaturge, Le critique, Le passeur de langues, L’historien) paru en 2012, Collection "Planète Libre", éditions du CNRS, n°2 et 3.
Publications
Stéphane Mallarmé, Collection "Portraits littéraires", Hachette, Paris, 1995.
Océan Indien, Madagascar - La Réunion - Maurice, Anthologie de récits de voyages et de fictions, choix et présentation, Omnibus, Paris, 1998.
Henri Maldiney, une phénoménologie à l’impossible, Direction et présentation d’un ouvrage collectif, Le Cercle herméneutique, collection "Phéno", Paris, 2002.


Giuseppe MESSUTI: Carlo Lucarelli et La huitième vibration: interprétation critique du réel et de faits historiques à travers les techniques et les tensions narratives
Dans le panorama littéraire italien contemporain, Carlo Lucarelli représente un cas "particulier" d'écrivain-intellectuel qui, grâce aussi à sa présence dans divers programmes médiatiques, voit dans le texte narratif une fonction non négligeable de critique informative à l’intention du lecteur, dans la mesure où celui-ci amène à une vision plus objective des évènements historiques qui servent de cadre à l’intrigue du roman ou de la nouvelle, sans négliger les aspects les plus secrets de la réalité, le côté "obscur" de Lucarelli.
Ma communication portera sur le fait colonial comme une confrontation critico-analytique entre les documents historiques de l’époque post-unitaire italienne (Alfredo Oriani, Ferdinando Martini, Francesco Crispi, Oreste Baratieri, Vittorio Bottego) d’une part et de l’autre sur la trame narrative du roman de Lucarelli qui se situe  historiquement à la veille de la bataille d’Adua (1896), où le jeune Royaume d’Italie et avec lui l’impérialisme européen tout entier subissent une grave défaite aux longues conséquences historico-politiques et idéologiques qui vont de la veille de la Grande guerre jusqu’à l’époque de Berlusconi.

Giuseppe Messuti, né en Suisse et élevé en Italie, a fréquenté les Studi comparatistici (Germanistica e Slavistica) à l’université L'ORIENTALE de Naples et a été diplômé en 2004 avec une thèse dans laquelle il a comparé Il Dramma didattico di B. Brecht e il Dramma-documento di S.M.Tret'jakòv. Depuis 2001, il vit en Allemagne, enseignant la langue et la culture italienne. Depuis 2009, il est collaborateur de la chaire de Philologie romane (Prof. Dr. Anne Begenat-Neuschäfer, RWTH Aachen) et travaille à la thèse de doctorat: "L'Africa coloniale italiana nella sua prima fase storico-politica. Il romanzo epico, storico, noir L'ottava vibrazione di Carlo Lucarelli" ("L’Afrique coloniale italienne dans sa première phase historico-politique. Le roman épique, historique, noir L'ottava vibrazione di Carlo Lucarelli").

Martin NEUMANN: "Théâtre africain"? Le cas d'Abdulai Sila (Guinée-Bissau)
Quand As Orações de Mansata d'Abdulai Sila ont paru en 2007, la critique fut unanime pour mettre en relief les parallèles de l'œuvre avec le Macbeth de Shakespeare et, en fait, toute analyse littéraire s'arrêta là. Que l'on eût affaire à une pièce de théâtre — chose peu commune en Afrique subsaharienne — et en plus à une cinglante critique de la société bissau-guinéenne contemporaine, cela passa quasiment inaperçu. Et puisqu’on n'avait pas de repères aussi évidents que le Macbeth pour la deuxième pièce de théâtre d'Abdulai Sila, Dois Tiros e uma Gargalhada (parue en 2013), celle-ci n’eut pas les répercussions spontanées de la première, même si, tout en brossant encore une fois le portrait d'une société africaine complètement dépravée, l'auteur y mêla aussi un brin d'optimisme, suggérant timidement que l'homme puisse, à la fin, se libérer des entraves de la corruption, des intérêts personnels et de toutes les autres mesquineries humaines. Cette contribution portera donc sur les mécanismes de la corruption, du jeu des pouvoirs et des intérêts personnels, mais aussi et surtout sur les moyens théâtraux qu'utilise Abdulai Sila pour les mettre en scène.

Martin Neumann est depuis 2000 professeur en littérature française, italienne et portugaise à l´Université de Hambourg. Spécialiste du Siècle des Lumières (en France, en Italie et au Portugal) et des écrivains portugais contemporains dans le contexte européen, il s´intéresse plus spécifiquement depuis quelques années à la littérature coloniale d´Afrique (tant française que portugaise), ainsi qu´aux discours d´identité postcoloniaux (notamment en Afrique lusophone).

Mohammed OURASSE: La reconquête de soi aux temps de la déception: étude de l'humour dans Les tribulations du dernier Sijilmassi (2014) de Fouad Laroui
Dans son dernier roman, Les tribulations du dernier Sijilmassi (2014), l’écrivain marocain Fouad Laroui raconte l’histoire d’Adam, un jeune et brillant ingénieur qui, prenant un jour conscience, dans un avion en plein vol, de la gravité des torts qu’il se fait en se laissant trop soumettre à une vie d’hyperactivité constante, sans repos, décide soudain de "ralentir" et espère trouver dans la rupture radicale avec toutes les séductions par lesquelles "la vitesse" et la modernité, dont elle est le corollaire, pourraient le tenter le moyen de reconquérir son identité, son passé et de renouer avec les douceurs de la paisible indolence qui caractérise sa culture nationale. Mais le pèlerinage qu’il entreprend à cet effet dans sa ville natale, Azzemour, lui fait rapidement voir combien serait exorbitant le prix à payer pour acheter sa rédemption. D’une part, il y a l’impossibilité d’éradiquer les éléments de cette culture à laquelle l’autre — l’Occident — s’est acharné à le convertir. Son imaginaire en est si profondément imprégné qu’il lui est impossible, par exemple, de chasser des expressions, des phrases ou des vers en langue française qui viennent irrésistiblement, impitoyablement, comme une obsession, s’intercaler entre lui et chaque fragment de la réalité qu’il tente d’appréhender. Il en conçoit un dépit d’autant plus grand qu’il découvre que l’intercession de Voltaire ou de Kant n’était peut-être pas la seule qui pouvait se concevoir pour nous faire accéder à la modernité. La culture musulmane, dans les sources de laquelle il entend désormais puiser la force susceptible de le libérer de son assujettissement à l’autre, lui offre tant d’exemples d’une pensée généreusement ouverte et libératrice, bien des siècles avant le sursaut dont l’autre nous a tant éblouis. Il voit ainsi dans les enseignements d’Ibn Touffaïl ou d’Averroès de lumineuses anticipations susceptibles de rendre bien ternes les tardives inspirations de Pascal ou de Descartes. D’autre part, il y a les images que la réalité quotidienne du quartier dans lequel il séjourne lui offre et à travers lesquelles il a la douleur de percevoir la terrible déchéance dans laquelle cette brillante culture s’est misérablement abîmée: le fondamentalisme et ses simplifications aussi brutales que grossières, les superstitions et leur cortège de misères et le Makhzen et ses délirantes hantises sécuritaires. Mais le narrateur ne s’en laisse pas pour autant abattre. Contre ce genre de déboires il a encore, comme les autres "héros" de Fouad Laroui, une parade ultime et infaillible, l’humour. C’est de l’étude justement d’un certain nombre de manifestations de la dérision dans Les tribulations du dernier Sijilmassi qu’il s’agira dans notre communication.

Mohammed Ourasse est professeur à la faculté des Lettres de l'Université Moulay Ismaël de Meknès depuis 1998. Sa thèse de doctorat, soutenue en 1989 à l'Université de Meknès, s'intitule "Comique et réalisme dans le Journal de Jules Renard". Il travaille sur le comique et l'humour dans la littérature française et la littérature marocaine d'expression française. Il a publié des articles dans les revues de l'Université de Meknès, Maknassa de la faculté des Lettres et Wallili de l'École normale supérieures de Meknès, sur Molière, Proust, Maupassant et Fouad Laroui.
Derniers travaux
"La mémoire à l'épreuve de l'humour: Le Marchand de passés de Jose Eduardo Agualusa", Colloque international, "Littérature monde", Meknès, mai 2014.
"La société marocaine et ses contrastes ludiques: étude de l'humour dans l'œuvre de Fouad Laroui", Colloque international, "Imaginaire du Maroc", Meknès, mai 2015.


Anouar OUYACHCHI: Récits du savoir
Les romans de l’écrivain marocain Fouad Laroui interrogent en permanence la complexité des frontières culturelles dans un monde global. Ils constituent un espace symbolique où des savoirs issus de cultures différentes traduisent, selon un monde dramatique, des crises et des tensions identitaires. Mettant souvent en scène des personnages bercés entre Orient et Occident, tradition et modernité, passé et présent, ces romans expriment un univers instable où le rapport à soi et aux autres est sans cesse négocié et reconfiguré dans une perspective qui nous amène toujours à nous interroger sur les sens de la sagesse et du bon sens. Notre objectif est de montrer, à travers l’analyse de quelques textes de Fouad Laroui, la manière dont le roman marocain cherche à mettre en exergue la capacité de la littérature à réfléchir sur les mutations du monde actuel et ses dérives en se livrant à une fictionnalisation des savoirs.

Anouar Ouyachchi est professeur à l’Université Moulay Ismaïl où il enseigne la littérature française depuis 2003. Après une thèse de doctorat sur l’œuvre romanesque de Nathalie Sarraute, il se consacre à l’étude des littératures du Maghreb.
Il a co-dirigé un ouvrage consacré la théorie postcoloniale: Études postcoloniales: théorie, littérature, art (Publications de l’Université Moulay Ismail, 2011).


Selma PANTOJA: Mémoire, Histoire et Littérature: la reine Ginga dans le récit d'Agualusa
La mémoire historique, qui se rend visible pendant une grande transformation sociale, sert de pont d'orientation dans un temps d'incertitude, fournissant des directions et un sens de continuité. Malgré cela, dans un monde postcolonial, globalisé, se situe une "potentielle mémoire d'avenir". Le récit d'Agualusa cherche dans le passé l'intention d’ordonner la construction d'un sens dans le présent avec un horizon futur. Le propre sous-titre du roman fait sentir la tension du temps: "Et comme l’Africain ils ont inventé le monde", qui implique l'enregistrement á l’intérieur de la durée. Le symbole de l'acte fondateur, du commencement de tout, en suggérant le désir d'échapper aux origines. Plus une construction d'une reine Ginga? Ou une autre Ginga, spéciale? Cette communication analysera la représentation du passé dans le roman, sa relation avec le présent pour découvrir la vision de l'auteur en ce qui concerne le devenir.

Selma Pantoja; professeure à l'Université de Brasilia, est docteure en sociologie de l'Université de São Paulo. Ayant produit différentes publications dans le domaine des études africaines, en particulier sur l'Angola, elle travaille sur les études culturelles, au sein de l'histoire,  de la littérature, comme entre culture et  développement.
Publications
Nzinga Mbandi. Dictionary of African Biography, New York, Oxford University Press, 2011.
Uma Antiga Civilizaçao Africana. Historia da Africa Cenral Ocidental, Brasilia, p. 100, 2011.
"Revisitando a rainha Nzinga: historias e mitos das historias", in A rainha Nzinga Mbandi. Historia, Memoria e Mito, Lisboa, Colibri, p. 115-145, 2012.


Selma PANTOJA: Memória, História e Literatura: a rainha Ginga na narrativa de Agualusa
A memória histórica, a qual se torna visível durante uma grande transformação social, serve de ponte de orientação em tempo de incerteza, provendo direções e um sentido de continuidade. Apesar disso, perante um mundo pós-colonial, globalizado, fala-se de uma "potencial memória de futuro". A narrativa de Agualusa busca no passado a intenção de ordenar a construção de um sentido no presente com horizonte de futuro. O próprio subtítulo do romance faz sentir a tensão do tempo: "E de como os africanos inventaram o mundo", que implica a inscrição dentro da duração. O símbolo do ato fundante, do começo de tudo, sugerindo o desejo de escapar para as origens. Mais uma construção de uma rainha Ginga? Ou outra Ginga, especial? A intenção dessa comunicação será de analisar a representação do passado no romance, sua relação com o presente a fim de descobrir a visão do escritor com respeito ao devir.

Ineke PHAF-RHEINBERGER: Musique et modernité. Stratégies communautaires dans deux narrations, du Congo et de l'Angola
En République du Congo et en Angola, le rôle de la musique dans la période avant l' indépendance fut très marquant. La rumba ainsi que la semba, chantées dans les langues régionales, avaient un effet électrifiant sur les auditeurs/danseurs, permettant l'identification individuelle avec l’espérance de la modernité. Dans deux romans récents, Photo de groupe au bord du fleuve (2012) d'Emmanuel Dongala et O Reino das Casuarinas (2014) de José Luís Mendonça, se discute cette conscience musicale d’un point de vue critique de la modernité contemporaine. Avec le support d’autres media comme la photographie, les journaux, les vieilles publications ou les dessins, ces discours narratifs servent à renégocier la relation avec l’esprit rythmique de la pensée. Cette contribution traite de la fonction de ces media dans la composition des textes et dans leur méta-textualité pour traduire cette conscience collective au présent.

Chercheuse académique, affiliée avec l’Institut des Études de l’Asie et l’Afrique (IAAW) de l'Université Humboldt, Berlin. Projet: En route. Une approche comparatives des littératures de l’Afrique et de l’Amérique latine.
Publications
Historias enredadas. Representaciones asimétricas con vista al Atlántico (ed. 2011).
Beyond the Line- Cultural Narratives of the Southern Oceans (ed. avec Michael Mann, 2014).
La culture du travail. De l’Afrique à l’Amérique latine (ed. avec Bababar Fall et Andreas Eckert, 2015).


Hervé SANSON: La quête d’une forme hors forme: les derniers ouvrages de Mohammed Dib
Mohammed Dib, à partir de L’Arbre à dires (1998), recueil composite qui rassemble divers textes attachés à plusieurs genres littéraires, décloisonne en effet les appartenances génériques. À partir du symbole de "l’arbre à dires", parole enfantine pour désigner l’être humain, qui tel l’arbre à la fois un et multiple, a besoin de racines, d’une identité mais peut également se réinventer, se projeter ailleurs, les ouvrages ultérieurs de Dib rompent avec l’unitarisme, l’essentialisation, la catégorisation qui ont trop souvent cours dans le champ littéraire. Ainsi, Comme un bruit d’abeilles (2001), Simorgh (2003), L. A Trip (2003) et Laëzza (2006) apparaissent-ils en quête de cet u-topos, cet entre-deux, lequel viserait à renouveler notre rapport à l’altérité, et à donner de nouvelles clefs pour appréhender la problématique identitaire.

Hervé Sanson, maître-assistant à l’Institut de romanistique de l’Université d’Aix-la-chapelle (RWTH), membre associé à l’ITEM (Institut Textes et Manuscrits modernes), est spécialiste des littératures maghrébines francophones. Il a publié une étude critique sur L’Opium et le bâton de Mouloud Mammeri en 2013 chez Champion, et collaboré à une édition critique et génétique des Portraits et autres essais d’Albert Memmi chez CNRS éditions, parue en janvier 2015.

Inmaculada Teresa TAMARIT VALLÉS
Docteur en Philologie pour Universitat de València (thèse en littérature française), Inmaculada Teresa Tamarit Vallés est maître de conférences au Département de linguistique appliquée de l'Université Polytechnique de Valencia. Ses axes de recherche sont les études de littérature comparée contemporaine (genre, identité et altérité), la littérature de voyages, les travaux sur les stratégies de communication dans le discours académique et professionnel.

Ieme VAN DER POEL: Écriture de soi et émigration au féminin: les Euro-Marocaines se racontent (en catalan, néerlandais et français)
Cette communication portera sur trois autobiographies où des auteurs femmes issues de diaspora marocaines racontent leur parcours de migrantes. Cela me permettra de comparer le récit de vie de Najat El Hachmi, auteur à succès qui vit en Espagne et écrit en catalan, à ceux de Khadija Arib et de Rachida Dati. La première, néerlandophone, décrit l’évolution de sa carrière de femme politique et députée, tandis que la seconde évoque les étapes qui l’ont conduite à devenir garde des Sceaux. Je montrerai comment dans ces Bildungsromane il existe non seulement une tension entre l’intime et l’ex-time, mais encore entre l’individuel et le collectif, voire l’entre-femmes. Une autre question sera au cœur de cette recherche: dans quelle mesure l’écriture de soi au féminin constitue-t-elle aussi un moyen de théoriser la condition des femmes (migrantes)?

Ieme van der Poel est professeur émérite de littérature française à l’Université d’Amsterdam et membre du conseil scientifique de l’Institut Néerlandais (NIMAR) à Rabat. Elle prépare actuellement une étude comparée sur les littératures francophone, hispanophone et néerlandophone du Maroc qui paraîtra chez Liverpool University Press en 2015.
http://home.medewerker.uva.nl/i.m.vanderpoel/
Publications
"Recycler l’orientalisme: Le Chat du rabbin de Joann Sfar", Expressions Maghrébines, vol. 12, n°2, hiver 2013, pp. 7-23.
Villes d’échange(s): Maghreb-Europe (en collaboration avec Abdelmajid Kaddouri), Faculté des Lettres et des Sciences Humaines Ben Msi’k, Casablanca, 2009.


Chantal ZABUS: Trans-Sahara: enjeux narratifs de la transsexualité au Maghreb et en Afrique subsaharienne
Le terme "transgenre" (et a fortiori "transsexuel") et ses corollaires, dont la "transidentité", se réfère à la fois à l’au-delà du genre et au sein même de la diversité de genre, diversité qui s’accroît de plus en plus si l’on considère le continuum d’identités et de post-identités que recouvre LGBTQI2 (d’après l’anglais Lesbian-Gay-Bisexual-Transgender-Intersex-Two-Spirit). La transsexualité et la transition d’un sexe à un autre (ftm, de l’anglais "female-to-male"; mtf, de "male-to-female") revêt une importance géospatiale, voire légale, lorsque sont abordés les récits sur les transidentités de part et d’autre du Sahara.
Cette contribution portera, d'une part, sur les récits algériens et marocains: après une brève incursion dans le XIXe siècle (la voyageuse travestie en homme, Isabelle Eberhardt, qui s’installa à Bône en 1897) et  certains romans marocains du XXe siècle qui mettent en exergue la figure de l’Androgyne comme Le livre du Sang (1979) d’A. Khatibi; Messaouda d’A. Serhane (1983) et, plus récemment Au bonheur des limbes (2006) de M. Leftah, sera abordé le personnage mtf de Jeanne qui joue "le simulacre de femme" chez Leftah pour introduire les mémoires algériens — Marie parce que c’est joli (2007) et J’inventais ma vie (2010) de l’auteur pied-noir Marie-Pierre Pruvot (nom de scène "Bambi"), qui est la plus célèbre femme transvivant en France et qui reçut l’Ordre du Mérite en novembre 2014. L’épisode de Casablanca, qui recouvre l’opération de changement de sexe à la Clinique du Parc du docteur Georges Burou 13 Rue La Pébie, y est gommé alors qu’il était au centre des préoccupations de la mtf britannique Jan Morris dans son autobiographie déguisée "orientaliste", Conundrum (1974; 2002). La contributton portera, d’autre part, sur les récits autobiographiques émanant de pays subsahariens comme l’Afrique du Sud — Black Bull, Ancestors and Me: My Life as a Lesbian Sangoma (2008) de N. Z. Nkabinde and le recueil Trans (2009) qui font partie de cette atmosphère de sortie de placard des années 1990 — et le Kenya à travers le blog de Living Lindsay My Life as a Transgender Girl (2015). On constate des glissements de genre (dans le sens anglais de gender et  dans le sens de mode narratif) ainsi qu’un glissement vers une transsexualité plus affirmée (voire plus clinique et chirurgicale) lorsque nous traversons le Sahara et allons de pays où l’homosexualité et d‘autres formes de diversité de genre sont criminalisées et/ou stigmatisées vers des pays comme l’Afrique du Sud où la Constitution de 1996 prévoit une clause — s. 9(3) — contre la discrimination sexuelle.

Chantal Zabus (www.zabus.eu), formée au Canada et aux États-Unis, est actuellement Professeur à l’Université Paris 13-Sorbonne-Paris-Cité et membre senior de l’Institut universitaire de France (Chaire IUF d’Etudes postcoloniales comparées et de genre). Elle est également Rédactrice-en-chef de Postcolonial Text (www.postcolonial.org).
Publications
Out in Africa: Same-Sex Desire in Subsaharan Literatures and Cultures, 2013.
Between Rites and Rights: Excision in Women’s Experiential Texts and Human Contexts, 2007.
The African Palimpsest, 1991; édition augmentée 2007.
Tempests after Shakespeare, 2002.
Elle a également dirigé des ouvrages collectifs:
Le Secret: Motif et moteur de la littérature, Préface de J. Derrida, 1999.
Changements au féminin en Afrique noire: Littérature et Anthropologie, 2000.
Fearful Symmetries: Essays and Testimonies on Excision and Circumcision, 2009.
Colonization or Globalization? Postcolonial Explorations of Imperial Expansion (avec Silvia Nagy-Zekmi), 2010.
Perennial Empires: Postcolonial, Transnational and Literary Perspectives (avec Silvia Nagy-Zekmi), 2011.
Transgender Experience: Place, Ethnicity, and Visibility (avec David Coad), 2014.
The Future of Postcolonial Studies, 2015.




Le désir au féminin dans le cinéma africain: une approche interculturelle, avec Domingo PUJANTE GONZÁLEZ (Mossane de Safi Faye), Adela CORTIJO-TALAVERA (L'œuvre de Moufida Tlatli) et Inmaculada Teresa TAMARIT VALLÉS (L'œuvre de Karin Albou)

Dans ce travail à trois volets, nous tenterons d’aborder la problématique de la "spécificité" du regard féminin sur le corps dans la "création narrative cinématographique" africaine en nous penchant particulièrement sur trois auteures et trois réalités géographiques différentes: Safi Faye (sénégalaise), Moufida Tlatli (tunisienne) et Karin Albou (française d’origine algérienne par son père). Pour ce faire, nous reprendrons, entre autres, les idées d’Estelle Bayon pour qui les cinéastes femmes disent autrement le discours des désirs de "la chair à l’image". Nous insisterons également sur les visions identitaires et culturelles contrastées et le croisement de regards entre l’Afrique et l’Europe.

Domingo PUJANTE GONZÁLEZ: Mossane de Safi Faye
Nous partirons de ce "dire autrement le désir" (Marie Mandy) en vue de réfléchir sur la possibilité d’un langage cinématographique de "femme" avec le désir de "fantasmer" et de raconter une nouvelle image d’elles-mêmes. En effet, le fait de vivre dans un corps de femme (africaine en l’occurrence) joue un rôle primordial, non seulement dans les histoires racontées (la vision de la sexualité, des tabous et des interdits, l’usage métaphorique du langage...), mais également dans certains choix artistiques et formels (le travail sur le cadrage, le traitement de l’image...). Nous analyserons particulièrement l’œuvre de Safi Faye (Sénégal, 1943). En tant qu’ethnologue, la réalisatrice s’intéresse dans ses films et ses documentaires au monde rural et aux conditions de travail des femmes. Dans Mossane (1996), le sujet de l’initiation sexuelle, voire l’éducation des femmes (et tout particulièrement la transmission des expériences amoureuses entre femmes), constitue l’axe central de la narration. Ainsi, la beauté des discours féminins sur les pratiques sexuelles, à la fois directs et poétiques (peut-être accentuée par le choix du wolof comme langue d’expression), est accompagnée de la beauté des images sur les corps des jeunes femmes noires dressant en quelque sorte une "ode" à la "pureté" et à la splendeur de toute l’Afrique.

Domingo Pujante González est maître de conférences en littérature et culture françaises à l’Université de Valencia (1996-). Il a été professeur invité aux Universités de Bordeaux, Limoges et Picardie. Il a fait une thèse sur L’œuvre panique de Fernando Arrabal et Roland Topor (prix extraordinaire de Doctorat) et publié nombreux travaux dont Ob/scéna. L’obscène au féminin au tournant du XXIe siècle (Paris, L’improviste, 2013). Il s’intéresse aux études culturelles et de genre, ainsi qu’aux problématiques identitaires liées à l’exil et aux migrations. Il est le directeur du Groupe de recherche GIUV2013-144: "HYBRIDA: hybridations culturelles et identités migrantes".

Adela CORTIJO-TALAVERA: L'œuvre de Moufida Tlatli
Le désir, en tant qu’impulsion vitale et moyen de transformation identitaire, est toujours présent dans les trois films de la tunisienne Moufida Tlatli (1947), réalisatrice et depuis 2011, à la suite de la Révolution du Jasmin, ministre de la culture. Tlatli présente, dans Les silences du palais (1994), La Saison des hommes (2000) et Nadia et Sarra (2004), une cartographie du désir et même une Carte du Tendre méditerranéenne, où le regard féminin et la figure féminine visée s’imposent. Elle s’intéresse aux vies des femmes de son pays, de toutes les époques, des femmes qu’elle qualifie de "colonisées entre les colonisés". L’univers féminin qu’elle montre se débat dans un entre-deux, dans un chronotope contrasté de fermeture et d’ouverture; d’un harem exotique, d’un huis clos émotionnel et d’un désir de liberté, de fuite et d’immensité. Nos réflexions porteront surtout sur son deuxième long-métrage: La Saison des hommes (Grand prix de l’Institut du Monde Arabe). Dans cette histoire, le devenir du désir, en tant qu’aspiration et appétence, s’associe au paramètre spatial puisque tout se passe sur un lieu presque mythique, l’île de Djerba. Une île gynécée où les hommes, qui travaillent sur le continent, rendent visite à leurs femmes une fois par an. Le film décrit un monde entre le sérail et l’émancipation, un isolement de femmes libérées des hommes mais pas de l’oppression. Où l’envie de sortir, dans le sens propre et figuré, devient parfois inquiétante.

Adela Cortijo-Talavera est maître de conférences à l’Université de Valencia où elle enseigne la littérature et le cinéma français depuis 2000. Après une thèse de doctorat sur l’œuvre romanesque de Boris Vian, elle se consacre à l’étude de la narration contemporaine et aux relations du texte et de l’image (cinéma, photographie et bande dessinée). Ses travaux portent sur le roman contemporain, l’autofiction, la construction identitaire de la femme dans la bande dessinée, et me cinéma de l’immigration. Elle est membre du Groupe de recherche HYBRIDA.

Inmaculada Teresa TAMARIT VALLÉS: L'œuvre de Karin Albou
À la découverte d’un passé familial marqué par l’empreinte de la guerre, Karin Albou (1968), cinéaste juive née en France de père algérien, développe une sensibilité particulière qui la conduit vers le nord de l’Afrique. Les personnages principaux de ses films sont souvent des femmes à la recherche d’une identité sexuelle et spirituelle. Son premier film La petite Jérusalem (2005) étale le regard intime de deux sœurs sur des dualités multiples: religion et culture, féminité et masculinité, tradition et modernité. Le chant des mariées (2008) explore également les passions et la sexualité de deux femmes qui évoluent dans un univers fermé où la confrontation au désir bouleverse leurs certitudes. La critique (Adela Lechintan, Carine Bourget, Marzia Caporale) a souligné la mémoire du colonialisme traversant les générations comme un élément primordial qui se trouve à la base du questionnement identitaire dans l’œuvre d’Albou. En effet, la réalisatrice explore les tensions entre le présent et le passé ainsi que la négociation d’une identité multiculturelle par le biais d’un regard imprégné de subjectivité et de désir au féminin.

Inmaculada Teresa Tamarit Vallés est maître de conférences au Département de Linguistique appliquée de l’Université Polytechnique de Valencia. Elle a fait une thèse doctorale sur les représentations de la femme espagnole dans les récits de voyageurs français au XVIIIe siècle. Outre la littérature de voyages, ses recherches récentes portent sur la littérature comparée ainsi que les études sur les femmes et les identités plurielles. Elle s’intéresse également aux stratégies de communication dans les discours académiques et professionnels.



"L'école de la peur", exposition de Jesús MARTINEZ OLIVA

L'école reprend quelques contradictions qui remettent en question les idées utopiques d'égalité et de justice sociale que les démocraties occidentales arborent dans la théorie ainsi que dans les discours politiques mais qui ne se trouvent pas matérialisées dans la pratique réelle. Le domaine scolaire, étant de caractère constructif et d'une manière essayiste, est un espace dans lequel se mettent en évidence les contradictions flagrantes entre la société supposée et celle dans laquelle nous nous trouvons en pratique.
Ulrich Beck explique avec clarté les contradictions du nouveau contexte globalisé: "Les démocraties riches portent le drapeau des droits humains jusqu'au dernier coin de la planète sans se rendre compte qu'ainsi, les fortifications frontalières des nations, qui prétendent maîtriser le flux migratoire, perdent sa base légitime. Beaucoup d'émigrants prennent en sérieux l'égalité prêchée comme droit à la liberté de mouvement, mais ils font face à des pays et états qui, à cause de la pression des inégalités internes augmentées, veulent mettre fin à la norme d'égalité dans ses frontières blindées".
L'œuvre prétend dramatiser quelques-unes de ces contradictions de nos démocraties européennes ainsi que le rôle de la peur dans la construction de notre identité sociale à travers le croisement de divers sous-textes. Depuis plusieurs années, les sciences sociales notent que la peur du désordre, de la perte du bien-être matériel, de la contamination culturelle et de la perte des traditions trouvent le meilleur bouc émissaire dans le migrant. Avec grande efficacité, cela se fait tant par l'élan politique des campagnes électorales fondées sur la peur que par l'explication de l'origine de tous les maux d'un monde qui est en train de basculer. Comme le signale Ulrich Beck, la peur s'installe de nos jours dans toutes les formes de société et cette notion en tant que mode de relation sociale amplifie les effets politiques de la peur.
L'école de la peur est un projet d'installation composé d'une bande de dessins et de photos qui occupe le côté longitudinal du mur. Les matériaux précaires et la disposition pourraient rappeler l'exposition d'éléments didactiques et de travaux d'élèves dans les salles de classe. La plupart reproduit des formes géométriques (des grilles vides, des rectangles, des lignes et des mailles) qui renvoient à des abstractions proposées par quelques artistes de la modernité comme Albers, van Doesburg et Mondrian, leaders d'une vision utopique de la réalité. Mais une fois que la pièce est aperçue dans sa totalité, elle peut également suggérer des barreaux et des structures de prisons.

Jesús Martínez Oliva a montré ses ouvrages dans diverses expositions individuelles (Fluidos discontinuos, Espai 13 de la Fondation Joan Miró, Barcelona, 1994, Jesús Martínez Oliva. Sujeciones, La Gallera, Valence, 1998, Jesús Martínez Oliva, Sala Verónicas, Murcia, 2005, La escuela del miedo, Pepe Cobo, Madrid, 2010), et collectives (Líneas de fuga, 1a Bienal de las artes de Valencia, Monastère de San Miguel de los Reyes, Valence, 2001, Héroes caídos. Masculinidad y representación. Espai d’Art Contemporani de Castelló, 2002, Fugas subversivas, reflexiones híbridas sobre las identidades, Sala Thesaurus, Université de Valence, 2005, En todas partes, políticas de la diferencia sexual en el arte, CGAC, 2009, The Fear Society, Pabellón de la urgencia, 53a Bienal de Venecia, 2009, Genealogías feministas en el arte español: 1960-2010, Musac, 2012).

BIBLIOGRAPHIE :

Monique Dorsel, La Scène du texte et les spectacles du Théâtre-Poème. Volume 1, 1965-1983, Les éditions de l'Ambedui.
Charles Gonzalès, Récit d’une Noce Obscure - l'Incandescent Antoni A., La feuille de thé.
Charles Gonzalès, Vers un Théâtre d’Ambre, La feuille de thé.
Fabienne Kanor, D'eaux douces, Editions Gallimard (Prix Fetkann 2004).
Fabienne Kanor, Humus, Éditions Gallimard, Collection "Continents Noirs" (Prix RFO 2007).
Fabienne Kanor, Les chiens ne font pas des chats, Gallimard.
Fabienne Kanor, Anticorps, Gallimard.
Fabienne Kanor, Faire l'aventure, Lattès.

Quelques publications scientifiques des participants

Anne Begenat-Neuschäfer, Nouvelles tendances du conté et du narré en Afrique de l’Ouest, Peter Lang (avec Jean-Marie Kouakou).
Anne Begenat-Neuschäfer, Vozes femininas de África. Poesia e Prosa, Peter Lang.
Daniel Delas, Léopold Sédar Senghor. Le maître de langue, Éd. Aden.
Marie-José Hourantier, Du rituel au théâtre rituel. Contribution à une esthétique théâtrale négro-africaine, L’Harmattan.
Salima Khattari, Les Metaphores dans le texte de Chraibi, s.l.
Jean-Marie Kouakou, Penser la réconciliation pour panse la Côte d’Ivoire, L’Harmattan.
Jean-Marie Kouakou, La pensée de Sony Labou Tansi, L’Harmattan.
Ana Mafalda Leite, Narrating the Postcolonial Nation. Mapping Angola and Mozambique, Peter Lang.
Tânia Macedo, Literaturas de língua portuguesa - Marcos e Marcas - Angola, Arte & Ciência.
Tânia Macedo, Literaturas de língua portuguesa - Marcos e Marcas - Moçambique, Arte & Ciência.
Catherine Mazauric, Mobilités d’Afrique en Europe: récits et figures de l’aventure, Lettres du Sud.
Catherine Mazauric, "Littératures et migrations transafricaines", Études Littéraires Africaines, 36.
Mohammed Ourasse, La société marocaine et ses contrastes ludiques: étude de l'humour dans l'œuvre de Fouad Laroui, Meknès.
Khalid Zekri, Fictions du réel. Modernité romanesque et écriture du réel au Maroc 1990-2006, L’Harmattan.
Khalid Zekri, Lire les villes marocaines, L’Harmattan.

Avec le soutien
de la DFG (Deutsche Forschungsgemeinschaft),
en association avec l'ITEM et l'IMEC
et du Labex TransferS

DFGAAAITEMAAAIMEC

Labex TransferS