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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2016 : un des colloques





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MACHINES, MAGIE, MÉDIAS
Mise à jour
03/10/2016


DU SAMEDI 20 AOÛT (19 H) AU DIMANCHE 28 AOÛT (14 H) 2016

DIRECTION : Frank KESSLER, Jean-Marc LARRUE, Giusy PISANO

Avec la collaboration de Caroline RENOUARD et Stéphane TRALONGO

COMITÉ SCIENTIFIQUE : Renée BOURASSA, Marie-France CHAMBAT-HOUILLON, Réjane HAMUS-VALLÉE, Erkki HUHTAMO, Frank KESSLER, Jean-Marc LARRUE, Sabine LENK, Jacques MALTHÊTE, Geneviève MATHON, Giusy PISANO, Anne-Marie QUÉVRAIN, Caroline RENOUARD, Maxime SCHEINFEIGEL, Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN, Stéphane TRALONGO

ARGUMENT :

Les magiciens — de Robert-Houdin et Georges Méliès à Harry Houdini et Howard Thurston suivis par Abdul Alafrez, David Copperfield, Jim Steinmeyer, Marco Tempest et bien d’autres — ont questionné les processus de production de l’illusion au rythme des innovations en matière d’optique, d’acoustique, d’électricité et plus récemment d’informatique et de numérique. Or, toute technologie qui se joue de nos sens, tant qu’elle ne dévoile pas tous ses secrets, tant que les techniques qu'elle recèle ne sont pas maîtrisées, tant qu’elle n’est pas récupérée et formalisée par un média, reste à un stade que l’on peut définir comme un moment magique. Machines et Magie partagent, en effet, le secret, la métamorphose, le double, la participation, la médiation. Ce parti pris se fonde sur l’hypothèse avancée par Arthur C. Clarke: "Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie" (1984, p. 36). L’émergence même des médias peut être analysée en termes d’incarnation de la pensée magique, "patron-modèle" (Edgar Morin, 1956) de la forme première de l’entendement individuel (Marcel Mauss, 1950). De facto, depuis les fantasmagories du XVIIIe siècle jusqu’aux arts numériques les plus actuels, en passant par le théâtre, la lanterne magique, la photographie, le Théâtrophone, le phonographe, la radio, la télévision et le cinéma, l’histoire des machineries spectaculaires croise celle de la magie et les expérimentations de ses praticiens, à l’affût de toute nouveauté permettant de réactualiser les effets magiques par la mécanisation des performances. C’est par l’étude des techniques d’illusion propres à chaque média, dont les principes récurrents ont été mis au jour par les études intermédiales et l’archéologie des médias, que la rencontre avec l’art magique s’est imposée. Ce colloque propose d’en analyser leur cycle technologique: le moment magique (croyance et émerveillement), le mode magique (rhétorique), la sécularisation (banalisation de la dimension magique). Ce cycle est analysé dans sa transversalité afin d’en souligner les dimensions intermédiales. Les communications sont ainsi regroupées en sept sections: L’art magique; Magie et esthétiques de l’étonnement; Magie, télévision et vidéo; Les merveilles de la science; Magie de l’image, l’image et la magie; Magie du son, son et magie; Du tableau vivant au mimétisme numérique. La première met en dialogue historiens et praticiens de la magie et présente un état des archives sur le sujet. Les six sections suivantes font état des corrélations: magie/médias et médias/magie.

Ce colloque intermédial constitue l’une des étapes du projet les Arts trompeurs. Machines. Magie. Médias (Labex Arts-H2H/ ENS Louis-Lumière/CRILCQ). Il bénéficie d’une aide de l’ANR au titre du programme Investissements d’avenir (ANR-10-LABX-80-01) ainsi que des laboratoires et institutions suivants: IRCAV, LISAA, CEISME, HAR, LIRA, GRAFICS, CRialt, UPL Université Paris Lumières, Cinémathèque Méliès, Bibliothèque nationale de France, Cinémathèque française, Musée des Arts Forains, Festival l'Europe autour de l'Europe et bien sûr du Centre Culturel International de Cerisy.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Samedi 20 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Dimanche 21 août
L'ART MAGIQUE
Sources et ressources
Matin:
Matthew SOLOMON: Incoherent Illusionism

Archives de l'illusion: quels partages possibles?, table ronde animée par Leslie VILLIAUME, avec Sébastien BAZOU (L'association ARTEFAKE), Jacques MALTHÊTE et Didier MORAX (Collectionner et transmettre dans le domaine de la magie)

Après-midi:
Lise JANKOVIC: Quand la comédie de magie par science magique accomplit des prodiges. Transferts transpectaculaires
Jacques AYROLES & Giusy PISANO: De la prestidigitation au "Magic Big Show" d'Howard Thurston

Rencontre avec les praticiens, table ronde animée par Véronique PERRUCHON, avec Sébastien BAZOU, Paul HOURON et Gérard SOUCHET

Soirée:
Démonstration d'art magique, avec Gérard SOUCHET


Lundi 22 août
Matin:
L'ART MAGIQUE
Formes et techniques

Véronique PERRUCHON: Du visible au visuel, pouvoir du noir dans la Magie nouvelle
Claire BAUDET: Incarner une créature magique: l'exemple des mermaid performers

Après-midi:
MAGIE ET ESTHÉTIQUES DE L’ÉTONNEMENT
Théâtre, féeries, panorama, mermaid performance
Frank KESSLER & Sabine LENK: Magie spectaculaire: pour une esthétique de l'émerveillement
Patrick DÉSILE: Le théâtre magique de Jean-Pierre Alaux
Adélaïde JACQUEMARD-TRUC: Techniques d’illusion, révélation du réel: projets dramatiques et mise en scène dans les Carnets de Maurice Maeterlinck

Soirée:
Ciné-concert Méliès, présenté par Anne-Marie QUÉVRAIN, direction musicale par Martin LALIBERTÉ


Mardi 23 août
MAGIE, TÉLÉVISION ET VIDÉO
Au-delà de la performance
Matin:
Marie-France CHAMBAT-HOUILLON: De la magie télévisée à la magie télévisuelle
Thibaut RIOULT: Performance sans performance. La magie entre art et technique
Mathieu PIERRE: Magie et sérialité

Après-midi:
Clémence de MONTGOLFIER: L'artiste en magicien à la télévision
Alain CAROU & Sylwia FRACH: Les archives de Michel Jaffrennou — Échange avec Michel Jaffrennou

Soirée:
Michel JAFFRENNOU: Des Toto-logiques (1979) à Vidéopérette (1989)


Mercredi 24 août
LES MERVEILLES DE LA SCIENCE
Matin:
Kurt VANHOUTTE & Nele WYNANTS: From Theatre to Science and Back: Trajectories at Play in the Scientific Theatre of Paris Modernity
Leslie VILLIAUME: De la physique amusante aux grandes illusions: évolution et diversification des procédés techniques au service des spectacles de magie au XIXe siècle
Mireille BERTON: Le médium spirite ou la magie d’un corps hypermédiatique à l’ère de la modernité [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]

Après-midi:
DÉTENTE

Soirée:
Paul HOURON: "Illusions & Techniques". Un survol des techniques employées de l'Eidophusikon de P.-J. de Loutherbourg à "Virtualia" de J.-P. Favand


Jeudi 25 août
MAGIE DE L’IMAGE, L’IMAGE ET LA MAGIE
Matin:
Clément BODET: L'image naturelle: aux fondements du lien entre photographie et "magie"
Maxime SCHEINFEIGEL: La pensée magique et le cinéma
Sophie RABOUH: L'astronome, magicien des temps modernes: machination du ciel étoilé dans le cinéma des premiers temps

Après-midi:
Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN: "Une illusion frappante de réalité". Surgissement et merveilleux scientifique dans L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat
Réjane HAMUS-VALLÉE: Le trucage truqué: les effets spéciaux des scènes de prestidigitation au cinéma
Caroline RENOUARD: Techniques d’illusion, entre transparence et opacité. Le cas du musical hollywoodien

Soirée:
Daniel BILOUS: Anciens et nouveaux mécanomates


Vendredi 26 août
MAGIE DU SON, SON ET MAGIE
Matin:
Magie et performativité de la voix médiatisée
Libera PISANO: Sémiotique magique: le passage à la voix, pour une forme radicale de performativité
Jean-Marc LARRUE: La "théorie des déformateurs" du théâtre aux spectacles de magie
Serge CARDINAL: L'impossible (médiatique) dans ce monde-ci: magie radiophonique (du cinéma)

Après-midi:
Déformations et illusions auditives
Martin LALIBERTÉ: Musiques électroacoustiques et fascinations magiques: le cas des musiques mixtes à l'IMEB
Azadeh NILCHIANI: De la spatialisation de la musique électroacoustique à la magie nouvelle

Transformation de l'écoute et mutation technologique: l'esthétique de l'IMEB, table ronde avec Geneviève MATHON, Sylvain SAMSON et Grégoire TOSSER

Soirée:
Installation d'Azadeh NILCHIANI


Samedi 27 août
DU TABLEAU VIVANT AU MIMÉTISME NUMÉRIQUE
Matin:
Erkki HUHTAMO: Between Kaleidoscomania and Pokemon Go Mania: Media Archeology as Topos Study
Carole HALIMI: La "sensation magique" du tableau vivant ou la recherche d'une image active
Martin BARNIER: Pepper’s Ghost et "hologrammes" en mouvement

Après-midi:
Miguel ALMIRON: Corps magiques, corps numériques
Renée BOURASSA: Corps numériques: le design de figures de synthèse dans les dispositifs médiatiques contemporains
Florent DI BARTOLO: La dimension magique du design d’interaction

Soirée:
Bilan du colloque et discussion autour des projets à venir des Arts trompeurs


Dimanche 28 août
CLÔTURE: RETOUR SUR LA MAGIE D'HIER À AUJOURD’HUI
Matin:
Katharina REIN: From Robert-Houdin to P. T. Selbit. Media in mental magic
Joe CULPEPPER: The Circus Card Trick, Performative Language, Interpretative Communities and Ethics of Deception

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Miguel ALMIRON: Corps magiques, corps numériques
Les potentialités du numérique créent de nouveaux paradigmes, nous font croire et nous font vivre en communication avec des êtres sans vraie chair, des êtres incertains, des êtres de chair et peau numérique comme Hatssune Miku, Tupac Shakur, et même avec des robots réalistes, le geminoïd d’Hiroshi Ishiguro, par exemple. Cela suggère un nouveau concept de potentiel de l’être humain dont la présence- communication s’affranchit des barrières charnelles, temporelles et spatiales, grâce aux systèmes d’immersion ou autres (holographies, pepper ghost, etc). Ainsi, comme par magie, le corps paraît pouvoir s’inscrire dans l’espace total, dans l’espace réel / virtuel et atteindre aussi l’ubiquité. Cette communication se propose d’analyser l’émergence et l’impact de ces différents dispositifs. Ainsi, on tente de saisir et d’affirmer tout le potentiel expressif apporté par ces technologies à travers la présence/absence du corps.

Miguel Almiron est artiste, docteur en "Esthétique, Sciences et Technologies des Arts", option Image Numérique et Réalité Virtuelle, enseignant chercheur à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée,  et membre du Laboratoire LISAA. Il mène une recherche théorique, technique et pratique, engageant une réflexion sur les possibilités d’exprimer le sensible du corps et de l’être humain à travers l’utilisation des nouvelles technologies liées aux outils informatiques.
Publications
"L’emprunt numérique, habit du corps", dans Costumes, Reflets et Illusions, sous la direction de Karine Gros. Presses Universitaires de Rennes, 2014, pp 209-224.
"À la recherche d'identités perdues des corps numériques", dans Identités Numériques, sous la direction d'Alexandre Coutant & Thomas Stenger. L'Harmattan, 2014.
"Corps et Identité à l’ère du numérique", dans Arts du Spectacle Identités Métisses, sous la direction de Françoise Quillet, L’Harmattan. 2011, p 235-247.
"Corps-inachevé, incomplet, inhabité à l'âge du numérique", revue en ligne ARCHEE, 2010 (http://archee.qc.ca).
Bibliographie
Almiron, Miguel, Quinz Emanuele, (éditeurs), From Body to Avatar, anomalie n.1, Paris, 2000.
Bioy Casares, Adolfo, L’invention de Morel, éditions domaine étranger, Robert Laffont, Paris, 1973.
Bourassa, Renée, Les fictions hyper-médiatiques, Le Quartanier, Montréal, 2010.
Breton, Philippe, À l'image de l'Homme. Du golem aux créatures virtuelles, éditions du seuil, Paris, 1995.
Burdea, Grigore, Coiffet, Philippe, La Réalité Virtuelle, éditons Hermès, Paris, 1993.
Caronia, Antonio, Il corpo virtuale, Franco Muzzio editore, Padova, 1996.
Couchot, Edmond, La technologie dans l'art, de la photographie à la réalité virtuelle, éditions Jacqueline Chambon, Nîmes, 1998.
Roberto Diodato, Esthétique du Virtuel, Vrin, 2011.
L'art au temps des appareils, sous la direction de Pierre-Damien Huyghe, édit L’Harmattan, 2005.
Discursos en Tránsito, édit. Universidad Politécnica de Valencia, 2005.


Miguel ALMIRON: Body Magic, Digital Body
The potentialities of digital technologies create new paradigms which make us believe in and make us live with beings without real flesh, uncertain beings, beings with digital flesh and skin such as Hatssune Miku, Tupac Shakur, and even with realistic robots, the Geminoid Hiroshi Ishiguro for example. This suggests a human being whose presence-communication overcomes carnal barriers of time and space, thanks to immersion systems and others such as holographs, ghost pepper, etc. Thus, like magic, the body seems inscribed in a total, real and virtual space, and able to achieve ubiquity. We undertake a comprehensive review of various systems in an attempt to capture and affirm the expressive potential provided by technologies through the presence / absence of the body.

Jacques AYROLES & Giusy PISANO: De la prestidigitation au "Magic Big Show" d'Howard Thurston
Cette communication prend comme point de départ le fonds d’affiches du Musée McCord concernant le magicien Howard Thurston. L’objectif est de tenter de faire parler ces archives afin de cerner ce qu’elles peuvent nous raconter sur la carrière de ce magicien, ses choix stylistiques en continuité avec l’art magique — notamment celle incarnée par Harry Kellar — et ceux marquant une évolution vers une certaine modernité. Thurston a été à l’origine des plus grands shows de l’histoire de l’art magique entre les années 1919 et les années 1920. Il a exploité les possibilités artistiques et industrielles que le théâtre, la musique, le cirque, le cinéma et la radio lui offraient. Par ces croisements, l’art magique se transforme et dépasse le modèle de la prestidigitation, considéré à l’époque démodé, pour faire place au spectacle illusionniste. Après avoir été le King de la "Rising Card" entre 1900 et 1907, Thurston devient le Roi du "spectacle mixte", un spectacle qui pourrait être défini "hybride" à l’ère du numérique.

Jacques Ayroles est chef de service du département Affiches, Dessins et Matériel publicitaire à la Cinémathèque française. Il a organisé l’exposition Profession : chef-décorateur. Il a travaillé avec Giusy Pisano sur le site de l’ANR consacré à Serge Pimenoff et écrit un texte consacré aux affiches des films de Fellini.

Giusy Pisano, professeur à l’ÉNS Louis-Lumière, est Associate Professor au Center of Koeran History, directrice de recherche à l’Université Sorbonne Nouvelle Paris 3, membre de l'IRCAV. Elle codirige avec J.-M. Larrue le projet "Les Arts trompeurs. Machines, Magie, Médias".
Publications
L’Archive-forme (dir., 2014).
Archives de la mise en scène. Hypermédialités du théâtre, colloque de Cerisy (co-dir. avec J.-M. Larrue), 2014.
L’amour fou au cinéma, 2010.
Une archéologie du cinéma sonore, 2004.
Le muet a la parole. Cinéma et performances à l’aube du XXe siècle (co-dir. Avec V. Pozner), 2005.
La Musique !, (co-dir. avec F. Albera), 2003.


Jacques AYROLES & Giusy PISANO: From conjuring to the Howard Thurston’s "Magic Big Show"
This contribution deals with the rare posters collection linked to the magician Howard Thurston and acquired by the McCord Museum. My attempt is to give a voice to this archive in order to shed light on the carrier of the magician, his stylistic choices in accordance with the magic art — represented especially by Harry Kellar — and the features which marked the divide towards a kind of modernity. Thurston was the pioneer of the biggest shows in the history of magic art between the 1919 and the 1920. He was capable of fully exploiting the artistic and industrial potential offered by theatre, music, cirque, cinema and radio. Because of this intersection, the magic art turns from a model of prestidigitation, seen as old-fashioned at that time, into an illusionistic show. After being the King of the "Rising Card" between 1900 and 1907, Thurston becomes the King of the "mixed show" that should be defined as "hybrid" in the digital age.

Giusy Pisano, Professeur at l’ÉNS Louis-Lumière and Associate Professor, at Center of Koeran History. She is supervising PhD’s at Université Sorbonne Nouvelle Paris-3, researcher IRCAV. She is co-director whith J-M Larrue the program "Deceptive Arts. Machines, Magic, Media".
Publications
L’Archive-forme (dir., 2014).
Archives de la mise en scène. Hypermédialités du théâtre, colloque de Cerisy (co-dir. avec J.-M. Larrue), 2014.
L’amour fou au cinéma, 2010.
Une archéologie du cinéma sonore, 2004.
Le muet a la parole. Cinéma et performances à l’aube du XXe siècle (co-dir. Avec V. Pozner), 2005.
La Musique !, (co-dir. avec F. Albera), 2003.


Martin BARNIER: Pepper's Ghost, hologrammes en mouvement et 3-D
Depuis le XIXe siècle, on peut faire apparaître sur scène des fantômes très réalistes, et actifs. Ce principe du Pepper’s Ghost a ensuite été réutilisé et Michael Jackson ou le rappeur Tupac ont été "ressuscités" chantant devant des milliers de spectateurs. Une "vocaloïde" japonaise est devenue une véritable star, pourtant virtuelle. Ces "hologrammes en mouvement" sont parfois appelés "3-D sans lunettes". Cette désignation trompeuse inscrit ces apparitions sur scène dans la lignée des spectacles de magie et du cinéma stéréoscopique. Le Graal de l’apparition d’une image projetée, en relief, sur scène ou sur un écran semble, chaque fois, à portée de main. Nous nous interrogerons sur l’évolution de ce procédé en le comparant aux autres systèmes proches et que le marketing vend sous des noms semblables.

Martin Barnier, professeur en études cinématographiques à l’Université Lumière Lyon 2, travaille sur l’histoire du son au cinéma, sur les Biopics (deux livres en codirection), sur l’histoire des spectateurs (dossier revue Ecrans) et sur la 3-D.
Publications
En Route vers le parlant (2002).
Des films français made in Hollywood. Les versions multiples (1929-1935) (2004).
Bruits, cris, musiques de films (2010).
Analyse de film: Conte d’été de Rohmer (2011, avec Pierre Beylot).
Avec Kira Kitsopanidou: Le Cinéma 3-D. Histoire, économie, technique, esthétique, Armand Colin, 2015.


Martin BARNIER: Pepper’s Ghost, holograms and moving 3-D
Since the 19th c. we can create realistic ghosts on stage. The Pepper’s Ghost process has been used to resurrect Michael Jackson or Tupac, singing in front of huge crowds. A Japanese "vocaloïd" has become a famous star in Asia, although she has been digitally created. Those "moving holograms" are sometimes called "3-D without glasses". This system is actually part of the long history of magic shows and stereoscopic cinema. Do we really have now, with digital effects added to Pepper’s Ghost, the most realistic stereoscopic moving images? We will try to compare this process to other similar projects and find what is purely marketing and what is "new".

Claire BAUDET: Incarner une créature magique: l'exemple des mermaid performers
De l’Odyssée d’Homère à "La Petite Sirène" de Disney, le mythe de la sirène a considérablement évolué́ a  travers les siècles. Il tend désormais à s’ancrer dans la réalité: depuis moins d’une dizaine d’années les "mermaid performers ou sirènes professionnelles incarnent ces créatures fantastiques lors de représentations et vidéos subaquatiques. Comment faire de ces prestations un moment magique pour le spectateur? À l’aide de sa propre expérience en tant que sirène professionnelle à l’Aquarium de Paris et de ses recherches sur les communautés de sirènes sur Internet, Claire Baudet aimerait exposer les différents processus qui permettent au public d’adhérer à cette représentation du mythe et de croire, l’espace d’un instant, en une certaine magie.

Actuellement en 3e année de doctorat en Sciences de l’Information et de la Communication à La Sorbonne Nouvelle Paris III, Claire Baudet travaille sur Les Mythes, Symboles et Archétypes dans les productions Disney, sous la direction de François Jost. Lors de ses études de master, elle s’est spécialisée dans l’étude du mythe de la sirène tout en lançant des spectacles en aquarium sur le thème de ces créatures aquatiques.
Bibliographie
Andersen Hans Christian, La Petite Sirène, 1837.
Bachelard Gaston, L’eau et les rêves, essai sur l’imagination de la matière, Librairie José Corti, 1942.
Brown Stéphanie (alias Raina Mermaid), "Fishy" business: How to be a mermaid, Éditions First, Canada, 2013.
Campbell Joseph, Des mythes pour se construire, Éditions Oxus, Etats-Unis, 2011.
Petron Christian, Histoire de l’image sous-marine, Digital Édition, 2011.


Claire BAUDET: Embody a magical creature: the example of the mermaid performers
From Homer’s Odyssey to Disney’s "Little Mermaid", the mermaid myth has considerably evolved over centuries. It now tends to be anchored into reality: for a decade, the "mermaid performers" have embodied these fantastic creatures during underwater performances. How to make these shows a magical moment for the spectator? Using my own experience as a professional mermaid at the Aquarium of Paris and my research about the mermaid community, I would like to explain the different processes allowing the audience to adhere to this mythological representation and to believe, even for a moment, in a certain kind of magic.

Claire Baudet is studying Information Sciences and Communication at La Sorbonne Nouvelle and she is currently writing her PhD thesis about Myths, Symbols and Archetypes in Disney’s animation movies. Claire is also specialised in the Mermaid Myth: she dedicated two master thesis about it and she is a "real life mermaid": she created underwater performances and dive with a realistic mermaid tail at the Aquarium of Paris so as to bring magic into reality.

Mireille BERTON: Le médium spirite ou la magie d’un corps hypermédiatique à l’ère de la modernité
Cette intervention propose de revenir sur une question souvent traitée dans l’histoire des sciences et de l’occultisme, à savoir le rôle joué par les instruments de mesure et de capture dans l’appréhension des faits paranormaux. Une analyse de sources spirites parues durant les premières décennies du XXe siècle permet de mettre au jour les tensions provoquées par les dispositifs optiques et électriques qui viennent défier le corps tout-puissant du médium spirite sur son propre territoire. La rencontre entre occultisme et modernité donne alors naissance à la figure (discursive et fantasmatique) du médium "hypermédiatique", celui-ci surpassant toutes les possibilités offertes par les découvertes scientifiques.

Docteure ès Lettres, Mireille Berton est maître d’enseignement et de recherche à la Section d’Histoire et esthétique du cinéma de l'Université de Lausanne (UNIL). Ses travaux portent principalement sur les rapports entre cinéma et sciences du psychisme (psychologie, psychanalyse, psychiatrie, parapsychologie), avec un intérêt particulier pour une approche croisant histoire culturelle, épistémologie des médias et Gender Studies. Outre de nombreuses études, elle a publié un livre tiré de sa thèse de doctorat intitulé Le Corps nerveux des spectateurs. Cinéma et sciences du psychisme autour de 1900 (L’Âge d’Homme, 2015), et elle a co-dirigé avec Anne-Katrin Weber un ouvrage collectif consacré à l’histoire des dispositifs télévisuels saisie au travers de discours, pratiques, objets et représentations (La Télévision du Téléphonoscope à YouTube. Pour une archéologie de l'audiovision, Antipodes, 2009). Elle travaille actuellement sur un manuscrit consacré aux représentations du médium spirite dans les films et séries télévisées contemporains (à paraître chez Georg en 2017).
Sites Internet
UNIL: https://applicationspub.unil.ch/interpub/noauth/php/Un/UnPers.php?PerNum=920957&LanCode=37
ACADEMIA.EDU: https://unil.academia.edu/MireilleBerton


Mireille BERTON: The spirit medium or the magic of a hypermedia body to the modern era
This paper considers newly a question often dealt in the history of sciences and occultism, namely the function of recording technologies in the field of spiritualism. An analysis of several early twentieth century discourses reveals a set of tensions related to the rivalry between the medium’s body and modern devices, raising philosophical and epistemological issues. As a result of the encounter between occultism and modernity, the imaginary figure of the "hypermediatic" spirit medium — who is seen as superior than any modern technology intended to record and transmit paranormal activities — appeared.

Daniel BILOUS: Anciens et nouveaux mécanomates
Beaucoup de problèmes surgissent quand on produit ce genre d’objets appelés ordinairement "automates" et qu’il vaudrait mieux, comme le propose le directeur du Séminaire, dire "mécanomates", en ce qu’aucun ne "se meut lui-même": le concept, le jeu mécanique, la mise en œuvre, la décoration, sans compter la planification rationnelle du travail. Est-on condamné à la représentation (d’une "scène") ou peut-on viser autre chose? Vaut-il mieux donner un style homogène aux diverses réalisations? Faut-il ou non exhiber les mécanismes (car dans cet univers, il existe une tendance, dite parfois "steampunk", parfois "clockpunk", où les rouages, courroies et autres leviers sont montrés, dans le style illustratif des éditions Hetzel pour Jules Verne, ou du Hugo Cabret de Martin Scorsese)? Quant aux phases du travail, il est loisible de les distinguer pour l’analyse, mais elles surviennent souvent ensemble et dans le désordre, avec le projet même de fabriquer. D’où une certaine difficulté à en rendre compte, même si l’on fait des plans.
La préoccupation théorique a donné quelques machines sensiblement abstraites, sans aller toutefois jusqu’à un art conceptuel, et s’y invite parfois la magie des illusions d’optique. La rencontre avec l’impression 3D au sein d’un "FabLab" sis à Antibes (le "Navlab" de Bruno Messin), m’a ouvert la voie des engrenages et de toutes les pièces mécaniques nécessaires, pour sortir un peu du "bricolage" avec bouchons, aiguilles et ficelles, même si je m’efforce toujours à la récupération de ce qui peut resservir.
Ces mécanomates, je souhaiterais les voir susciter le questionnement, voire le débat, certain que ce genre de travail n’intéresse pas seulement le texticien que je m’efforce d’être et ses camarades.
Pour le détail, je renvoie à mon blog: "Automabilous", où des notices descriptives et des gloses accompagnent photos et vidéos.


Clément BODET: L'image naturelle: aux fondements du lien entre photographie et "magie"
À quel moment peut-on constater — évaluer — une résonance entre photographie et "magie"? À la charnière de son invention. Car l’idée de photographie précède son avènement dans le fantasme de l’imagea-technique. L’invention de la photographie correspond à la concrétisation d’un projet qui lui est sous-jacent, d’un archétype archéologique: celui de l’image naturelle, achéiropoïète. Le "dispositif photographique", celui de la camera obscura, s’associe à un procédé chimique (la photosensibilité des sels d’argent, substance "porte-ténèbres" connue depuis le XVIIIe) pour former un ensemble permettant la fixation d’une image. D’un "projet photographique universel" s’exhume en réalité un rapprochement tardif (fortuit) entre deux pans de la connaissance scientifique. Cette technologie en puissance, en train de se faire, reconduit le mythe de l’image naturelle par l’intermédiaire du daguerréotype et inaugure alors "la logique nouvelle de l’image comme champ spectaculaire, autonome, indépendant de toute relation à l’imprimé" (F. Brunet).

Clément Bodet, diplômé de l’École Nationale Supérieure de la Photographie d'Arles et titulaire d'un Master en Arts et Langages de l’EHESS de Paris, prépare une thèse en Sciences des Arts sous la direction d'Alain Chareyre-Méjan à l'Université d'Aix-Marseille, sur le thème: "Une approche magique de la photographie, sur la fonction rituelle de l'image". Il dirige le séminaire du Collège International de Philosophie à l'ENS de Paris: "Orion aveugle. Visible, invisible: approches croisées" (2015-2018) avec Nadia Barrientos et Thibaut Rioult.
Bibliographie
BLANQUI Aguste, L'Éternité par les astres, Bruxelles, Les Impressions Nouvelles, 2012.
BRUNET François, La Naissance de l'idée de photographie, Paris, P.U.F, 2012.
COULIANO Ioan P., Éros  et Magie à la Renaissance, Paris, Flammarion, 1984.
FRAZER James George, Le Rameau d'Or, Paris, Robert Laffont, 1998.


Clément BODET: The Natural Image: At the foundations of the link between photography and "magic"
At which point can we observe — evaluate — a resonance between photography and "magic"? At the turning point of its invention. The concept of photography precedes its advent within the fantasy of the non-technical image. The invention of photography tallies with the concretisation of the underlying project of an archaeological archetype of the natural image: the acheiropoietis image. The "photographic apparatus" of the camera obscura combined to a chemical process (the photosensitivity of silver salts, "lunar caustic"/"Porte-ténèbres" material used since the 18th century) forms an entity allowing to fix an image. A “universal photographic project” actually gives birth to a late (and fortuitous) connection between two chapters of scientific knowledge. This latent technology, under development, shows the way out to the myth of the natural image by means of daguerreotype and then celebrates "the new principle of the image as a spectacular field, autonomous and independent from any connection to printing" (F. Brunet).

Clément Bodet, graduate of the National School of Photography in Arles and holding a Master in Arts and Languages from the EHESS, is currently a PhD candidate in Sciences of Arts under the direction of Alain Chareyre-Méjan in Aix-Marseille University. PhD thesis in preparation: "A magical approach to photography, the ritual function of the image". He is also responsible for seminar at the International College of Philosophy in Paris: "Blind Orion. Visible and invisible: cross approaches" (2015-2018) with Nadia Barrientos and Thibaut Rioult.

Renée BOURASSA: Corps numériques: le design de figures de synthèse dans les dispositifs médiatiques contemporains
Cette communication portera sur les effets de présence et la performativité des corps de synthèse qui interviennent dans les dispositifs médiatiques contemporains, du cinéma aux interfaces comportementales. Les figures modélisées par simulation et animées par les technologies actuelles de capture de performance mettent en jeu des effets de présence. Le personnage numérique se situe dans une esthétique illusionniste ayant marqué la fabrication des effets spéciaux tout au long de l’histoire du cinéma. Que ce soit par les technologies de modélisation et de simulation qui revisitent les frontières du réalisme ou par les techniques de capture de performance, le design de corps numériques dessine de nouveaux espaces créatifs qui interviennent dans les productions médiatiques contemporaines, envisagées de manière intermédiale. Il s’agit non plus de reproduire mécaniquement le réel, mais plutôt de le simuler en inventant une réalité nouvelle sur le plan de l’imaginaire. Comment simuler le corps humain dans sa redoutable complexité? Comment transposer dans un corps de synthèse l’expressivité de la figure humaine dans toutes ses nuances subtiles? Dans le contexte des effets de simulation produits par le corps de synthèse, le concept de réalisme est à nouveau remis en question tant sur le plan de la modélisation que de l’animation. En séparant l’effet de sa source, le couplage du mouvement s’effectue souvent avec une expression graphique relevant du fantastique, en dépit du photoréalisme que l’image de synthèse met en jeu. Le procédé de capture de performance saisit l’expressivité du geste humain dans sa présence invisible en le divorçant de sa source, pour le restituer dans une peau numérique d’où émerge le personnage. En activant les puissances du faux, il effectue une virtualisation du corps performatif, disparaissant au profit de son expression kinésique pure pour susciter une impression d’incarnation.

Renée Bourassa (Ph.D) est professeure titulaire à l’École de Design de l’Université Laval. Ses recherches portent sur l’intermédialité des formes fictionnelles issues des médias numériques, le design des personnages de synthèse et la culture numérique. Elle est co-éditrice, avec Bertrand Gervais, de l’ouvrage en ligne Figures de l’immersion (2014, http://oic.uqam.ca/fr/remix/figures-de-limmersion) et avec Louise Poissant de Personnage virtuel, corps performatif: effets de présence (2013) et Avatars, personnages et acteurs virtuels (2013). Elle a publié un ouvrage intitulé Fictions hypermédiatiques: mondes fictionnels et espaces ludiques (2010), ainsi que de nombreux articles et chapitres de livres. Elle est chercheure affiliée au Centre de recherche sur l’intermédialité (CRIalt), au laboratoire de recherche sur les œuvres hypermédiatiques (NT2), et elle est membre régulier du groupe de recherche sur la performativité et les effets de présence (UQAM) [https://www.design.ulaval.ca/personnel/professeurs/renee-bourassa.html].

Renée BOURASSA: Digital bodies: the Design of Synthesis Figures in Contemporary Media
Following an Intermedial perspective, this communication is about presence effects and performativity of synthesis bodies in contemporary media from cinema to web interfaces. The digital character belongs to an illusionist aesthetic that has characterized special effects making all along cinema history. Either by modelling and simulation technologies who revisit the boundaries of realism or by the means of performance capture, the design of digital bodies draw new creative spaces in contemporary media productions. How can we simulate the human body in all its daunting complexity? How can we transfer in a synthesis body all the expressive qualities of the human figure? The issue is not to reproduce the real in a mechanical way, but rather to simulate it in inventing a new reality on the imaginary level.

Serge CARDINAL: L'impossible (médiatique) dans ce monde-ci: magie radiophonique (du cinéma)
Dans "Radio Physiognomics", Adorno analyse l’"illusion de proximité" produite par la radio. La cause de cette illusion est la suivante: parce que l’auditeur fait face à l’appareil et non pas à la personne qui joue de la musique, le poste de radio visible devient le support et l’incarnation d’un son dont l’origine est invisible. Si l’on veut rendre justice à cette illusion, il faut dire que la radio ne transmet pas une musique située à distance, mais qu’elle exprime une musique qui se cache derrière le haut-parleur. Bref, les sons invisibles proviennent d’un ailleurs qui se situe dans l’espace du dispositif. Ce paradoxe a une longue histoire musicale et littéraire: caractère fantasmagorique de l’opéra wagnérien, illusions auditives essentielles à la littérature gothique, etc. La circulation de la musique dans les espaces invisibles du dispositif-cinéma prolonge cette histoire: elle sera l’objet de notre attention.

Serge Cardinal est professeur de cinéma à l’Université de Montréal où il dirige un laboratoire de recherche-création explorant les dimensions sonores et musicales du cinéma et des arts médiatiques (www.creationsonore.ca). Il est membre de l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (www.oicrm.org). Il a consacré plusieurs articles au son et à la musique.
Publication
Deleuze au cinéma, PUL, 2010.


Alain CAROU & Sylwia FRACH: Les archives de Michel Jaffrennou — Échange avec Michel Jaffrennou
Conservé à la Bibliothèque nationale de France (département de l’Audiovisuel), le fonds d’archives de Michel Jaffrennou apporte beaucoup à la connaissance d’un artiste qui a pu être qualifié de "Méliès de la vidéo" pour son usage illusionniste des écrans cathodiques. Si Michel Jaffrennou revendique une prédilection pour le cabaret et les spectacles d’attractions, son travail sur les "effets magiques" est aussi une mise à l’épreuve des dispositifs audiovisuels. Des Toto-logiques (1979) à Vidéopérette (1989), on proposera un parcours dans ces archives.

Alain Carou est conservateur des collections d’images en mouvement de la Bibliothèque nationale de France. Chercheur sur l’histoire du cinéma des premiers temps, il a publié notamment Le Cinéma français et les écrivains: histoire d’une rencontre (1906-1914) (2002) et Cinéma premiers crimes (2015, catalogue d’exposition, avec M. Letourneux). Il a dirigé plusieurs numéros de la revue 1895 ("Le Film d’Art et les films d’art en Europe, 1908-1912") et de la Revue de la BnF.
Avec Hélène Fleckinger et Sébastien Layerle, il a fondé et anime le séminaire "Vidéo des premiers temps" (http://earlyvideo.hypotheses.org).


Sylwia Frach est docteure en Études Cinématographiques, chercheur associé à l'IRCAV et ingénieur de recherche pour le projet "Les Arts Trompeurs". Elle a publié des articles dans la revue Ligeia, dossiers sur l'art et dans les actes de conférence Avanca | Cinema 2015 sur les effets sonores et le langage du corps dans le cinéma de Pier Paolo Pasolini. Sa recherche a été présentée à des conférences en Europe et aux États-Unis sur des questions théoriques concernant la relation entre l'image et le son, l'intermédialité, le cinéma polonais, et les réalisateurs (Pasolini, Has).

Alain CAROU & Sylwia FRACH: Michel Jaffrennou’s Archives — Meeting with Michel Jaffrennou
The fonds of Michel Jaffrennou which is kept in the Audiovisual Department at the National Library of France, brings knowledge about an artist who has been described as "Méliès of the Video" for his illusionist use of TVs with cathode ray tubes (CRT TVs). Even if Michel Jaffrennou expresses a preference for the cabaret and amusement shows, his work on the "magic effects" allows using of audiovisual devices. In this event we will take a journey through the fonds from Toto-logiques (1979) to Vidéopérette (1989).

Marie-France CHAMBAT-HOUILLON: De la magie télévisée à la magie télévisuelle
Depuis les débuts de la télévision française, la magie a toujours occupé une place dans la programmation du divertissement de ce média. Une cartographie des différentes émissions de magie permet de distinguer entre "magie télévisée" et "magie télévisuelle" et de saisir comment ces programmes oscillent entre emprunt intermédial et invention télévisuelle lors de la représentation des numéros de magie. Outre une attention portée aux thématiques et aux dispositifs, les choix énonciatifs des émissions seront aussi étudiés. Si s’avère une spécificité télévisuelle des façons de filmer la magie, elle s’inscrit paradoxalement dans un cadre discursif où ce média promeut généralement transparence et monstration. Or ces caractéristiques de l’énonciation télévisuelle sont contraires au principe de l’illusion magique en tant que soustraction de "trucs" au visible.

Marie-France Chambat-Houillon est maître de conférence habilité à diriger des recherches à l’Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle. Membre du CEISME et du Labex ICCA, ses travaux portent sur l’énonciation audiovisuelle et les programmes de télévision dans une double approche historique et sémio-pragmatique.

Marie-France CHAMBAT-HOUILLON: Between television and television magic magic
Since the beginnings of the French television, the magic always occupied an important position in the programming of entertainment of this media. A mapping of the various programs of magic allows distinguishing between "shown magic" and "televisual magic" and seizing the programs how they oscillate between "intermedial" loan and television invention during the representation of the shows of magic. With the themes and the devices, the enunciative choices of programs will also be studied. Yet if turns out a television specificity of the manners to film the magic, it takes place in a discursive paradoxical frame where this media promotes generally transparency and immediacy which are opposing characteristics with the appropriate principle of the magic illusion: to mask tricks.

Joe CULPEPPER: Houdini and Doyle: world of wonders and Kina-TV (YouTube)
This presentation will compare Harry Houdini’s performance of a suspended straitjacket escape in 1916 to the adaptation of that stunt for digital media in 2016. I will analyze the social significance of Houdini’s live WWI-era spectacle on the streets of Toronto, which was a fundraiser for the British Red Cross. This live event will then be discussed as the historical inspiration for a three-minute web version of Houdini’s escape that was performed by Canadian illusionist Lucas Wilson in March. My experiences as the magic consultant hired to facilitate this adaptation will be used to question how the spectacle, economics and spectator reception of this death-defying stunt have changed in the last 100 years. How did the act of watching the suspended straitjacket escape generate capital during the Golden Age of magic and how does a digital adaptation capture our attention today? By watching Houdini are we liberated, held captive or both?

Dr. Joseph Culpepper is a performance scholar, magician, and magic consultant. His dissertation, "Reception and Adaptation: Magic Effects, Mysteries and Con Games", analyzes how individuals experience magic through various media. Joe currently teaches magic as a form of practice-based research at the National Circus School in Montreal. He would like to thank the University of Toronto's Centre for Comparative Literature, the Drama Centre and the David Ben collection for supporting this research.

Patrick DÉSILE: Le théâtre magique de Jean-Pierre Alaux
On sait que le Panorama dramatique fut un essai, éphémère, d’hybridation entre spectacle optique et art dramatique, hybridation que son nom même manifeste. On sait moins que le dispositif initialement imaginé par Jean-Pierre Alaux — qui devait mêler machineries et décorations, jeux de lumière et automates, et "porter la vraisemblance des choses au point le plus rapproché de la réalité" — avait été présenté sous le nom de Théâtre magique, puis de Spectacle magique. On propose de réexaminer le Panorama dramatique à la lumière de ce que nous savons de ce projet initial, de contextualiser ces tentatives pour constituer des spectacles "d’un genre entièrement neuf", d’interroger, par là, les notions mêmes de magie et de spectacle magique.

Patrick Désile, docteur en arts et sciences de l’art de l’Université Paris 1, est chercheur associé au CNRS (ARIAS/THALIM). Ses travaux portent sur l’histoire des spectacles et des images aux XVIIIe et XIXe siècles, particulièrement sur celle des spectacles de curiosités et sur l’émergence du cinéma. Sur ces questions, il anime un séminaire de recherche à l’Institut national d’histoire de l’art.

Patrick DÉSILE: The magic theater of Jean-Pierre Alaux
We know that "Panorama Dramatique" was an ephemeral attempt to hybridise optical entertainment and theatre art, a hybridisation that is evident in its very name. However, we are less aware of the device originally conceived of by Jean-Pierre Alaux, which was supposed to combine machinery with decor, tricks of light with automata, and "bring the closest verisimilitude of objects to reality". This was called "Théâtre Magique", then later "Spectacle Magique". We put forward a re-examination of "Panorama Dramatique" in light of what we do know about this original project, contextualising the earliest attempts to create shows that were an "entirely novel genre" and examining the very notions of magic and magical entertainment.

Florent DI BARTOLO: La dimension magique du design d’interaction
Les interfaces numériques ont considérablement transformé et diversifié les formes d’accès accordées aux données de notre époque. Toutefois, malgré leur apparente nouveauté et leur potentiel disruptif, les interfaces des dispositifs numériques ne s’inscrivent pas nécessairement en rupture avec les objets techniques issus d’époques antérieures. Elles sont construites sur des métaphores qui rappellent leur forme et leur structure. Ce mimétisme a pour principale fonction de simplifier l’utilisation d’un système informatique et de rendre son expérience plus intuitive en évoquant le fonctionnement d’un appareil dont l’usage ne représente plus un défi. Il est aussi employé dans le champ des arts pour créer de puissantes illusions qui accordent de nouvelles fonctions aux objets auxquels nous sommes culturellement accoutumés en les équipant de nouveaux capteurs et effecteurs. Notre communication visera à faire état des métaphores d’interfaces qu’emploient les artistes pour créer des dispositifs artistiques qui génèrent de telles illusions. Il s’agira d’interroger les formes de visibilité accordées aux technologies numériques dans le champ des arts et de voir comment celles-ci peuvent influer sur la lecture et la perception de flux de données. Parmi les objets d’étude figurera une application informatique réalisée dans le cadre des Arts Trompeurs et ayant vocation à donner accès à une partie des fonds IMEB.

Florent Di Bartolo est maître de conférences en Arts et Technologies Numériques à l'Université Paris­-Est. Ses recherches portent sur l'histoire et l'esthétique des œuvres connectées. Elles interrogent les formes d'accès et de visibilité qu'accordent les artistes contemporains aux données collectées par les systèmes d’information de la Toile. Son travail de recherche comprend aussi la création de dispositifs artistiques qui utilisent les technologies numériques et le langage informatique pour proposer de nouvelles modalités d'accès aux données de notre époque.

Florent DI BARTOLO: The magic dimension of interaction design
Digital media have transformed and diversified the way we access cultural data. But despite their novelty and their disruptive potential, digital interfaces also inherit some of their properties from medias appeared previously. Digital interfaces are built on conceptual metaphors that emulate forms and structures of media objects that have already been culturally accepted. This mimetic simplifies the use of a computer system and create more "natural experiences". We will study the image a user can have nowadays of a computer system and compare the strategies used by interaction designers to create an "interface metaphor" with the techniques used by magicians to create an illusion.

Florent Di Bartolo is a visual artist and an assistant professor in digital art at the university Paris-Est. His research and artistic practice revolve around the notion of "data poetics" in the context of ubiquitous computing and explore alternative ways of accessing and representing digital data using sensors and custom written softwares. His work includes audiovisual performances, installations and interactive data visualizations.

Carole HALIMI: La "sensation magique" du tableau vivant ou la recherche d'une image active
Dans la littérature, l’accent est souvent mis sur la "sensation magique", provoquée par la vision d’un tableau vivant. Antonin Artaud, qui a conçu des tableaux vivants photographiques pour illustrer son projet d’adaptation cinématographique du Moine de Lewis, revendiquait quant à lui, le "mimétisme magique" du geste. Aujourd’hui, la performance contemporaine réinvestit la tension immobile du tableau vivant en l’articulant parfois à l’univers de la magie (Luigi Presicce). En quel sens geste et vision participent-ils de la "sensation magique" du tableau vivant? Comment opèrent-ils une "phénoménologie de l’image active" (Bredekamp) qui peut conduire le tableau vivant à s’inscrire dans une archéologie des médias?

Carole Halimi est maître de conférences en histoire de l’art contemporain à l’Université de Paris-Est Marne-la-Vallée. Également agrégée en arts plastiques et ancienne pensionnaire de l’Académie de France à Rome - Villa Médicis (2013-2014), elle a soutenu une thèse sur le tableau vivant et son esthétique contemporaine et publié plusieurs articles sur le sujet. Ses recherches sont tournées vers l’intermédialité, la performativité des images et le champ de la performance.

Carole HALIMI: The "magical sensation" of tableau vivant, or looking for an active image
To what extent does the tableau vivant developed as spectacle and in the literary imagination of the nineteenth century rely on “magical sensation” (Balzac)? Can the tableau vivant in this way contribute to an archeology of the media? Finally, how he can be used in contemporary performance (Luigi Presicce) to give homage to certain figures of magic and occultism, such as Aleister Crowley?

Réjane HAMUS-VALLÉE: Le trucage truqué: les effets spéciaux des scènes de prestidigitation au cinéma
Cette communication se propose d’analyser les effets spéciaux utilisés au cinéma pour reproduire des scènes de spectacles de prestidigitation. Quels sont les types de trucages convoqués pour reproduire le truc du prestidigitateur? Quelles techniques, pour quels résultats? Quel mélange peut-on trouver entre des techniques déjà utilisées sur scène par des prestidigitateurs, et d’autres spécifiquement cinématographiques? Il s’agira ici de voir comment les réalisateurs recyclent des tours de magie, en les adaptant aux particularités du film tout en devant diégétiquement mettre en avant une esthétique illusionniste. À ce titre, sera aussi évoqué le tournant numérique, véritable rupture dans la mise en scène de la prestidigitation dans les films, comme le montrera l’étude des effets spéciaux de films des années 1920 jusqu’à nos jours.

Réjane Hamus-Vallée est maîtresse de conférences habilitée à diriger des recherches au sein du Département de sociologie de l’'Université d'Évry Val d'Essonne, où elle dirige le master "Image et société: documentaire et sciences sociales". Membre du Centre Pierre Naville, elle a publié différents ouvrages et articles sur la question des effets spéciaux (dont Les effets spéciaux, Cahiers du cinéma/CNDP, 2004). Elle travaille sur les "nouvelles technologies", sur les métiers du cinéma et de l'’audiovisuel avec Caroline Renouard avec laquelle elle a publié Le superviseur des effets visuels (Eyrolles, 2015) et "Les métiers du cinéma à l’'ère du numérique" (CinémAction, 2015); et enfin sur la sociologie visuelle et filmique, "Sociologie de l'’image, sociologie par l’'image" (CinémAction, 2013).

Réjane HAMUS-VALLÉE: Faking fake: the special effects in the movie prestidigitation scenes
This conference aims to analyze the special effects used in cinema to reproduce scenes of magic shows. What types of tricks are used to reproduce the trick of the magician? What techniques, to what results? What mix between the techniques already used on stage by magicians, and other specifically cinematographic? We’ll see how filmmakers recycle magic tricks, adapting them to the peculiarities of the film and yet, with an illusionist aesthetic. As such, will also be discussed the digital special effects, real break in the staging of magic in the movies, as we’ll see in the study of the special effects of films from the 1920s to the present day.

Paul HOURON: "Illusions & Techniques". Un survol des techniques employées de l'Eidophusikon de P.-J. de Loutherbourg à "Virtualia" de J.-P. Favand
De 1781 à 2012, la similitude de la "fièvre chercheuse" est flagrante aussi bien dans la démarche de P.-J. de Loutherbourg, E. Robertson, L. Daguerre, J.-E. Robert-Houdin, G. Méliès, G. Lucas, D. Cooperfield, que dans celle de J.-P. Favand. Elle aboutit, dans la plupart des cas, à la réalisation "d’effets spéciaux" (en langage contemporain) tributaires en majorité de truquages essentiellement mis en oeuvre par des techniciens maitrisant les découvertes scientifiques des époques correspondantes aux résultats obtenus. Le postulat de ces différents "inventeurs" a eu souvent pour point commun la même démarche: transformer un souhait imaginé en une réalité virtuelle sans en maîtriser au départ la solution technique... L’Eidophusikon, le Diorama, le Praxinoscope, les techniques de lévitation d’objets lourds, le mapping sur objets en volume en sont les résultats les plus spectaculaires.

Paul Houron est né le 4 Juillet 1947... à l'orée de la Bourgogne. En 1967, il sort du service militaire, ravi ! car sous l'uniforme, il a travaillé dans le seul domaine qui l'intéressait: le son, la lumière et la musique; une rencontre (par hasard, dans le métro) avec un régisseur de théâtre, l’amènera à travailler très vite dans des lieux dédiés au son ou au spectacle, mais c'est sa rencontre avec Alex Metayer qui déclenchera son "dérapage" vers la scène alors qu'il n'envisage pas de passer devant les projecteurs... Musicien et technicien de formation, il travaillera l’illusion et la conception de spectacles sur mesure (toujours dans les pas d’Alex Metayer) mais en profitant de rencontres avec de nombreux artistes et des magiciens de renom, au fil des missions qui lui seront confiées. S’en suivra de 1974 à 1995, une longue période de directeur de croisières (Paquet & Costa) entrecoupée d’organisation ainsi que de régies de spectacles et d’animations pour des chaînes hôtelières ou divers tours-opérateurs. Délaissant la scène et le spectacle en milieu touristique à partir de 1996, il s’impliquera alors dans le monde de l’événementiel et c’est, en 1999, que la rencontre avec Jean-Paul Favand, l’immergera dans l’univers fantastique du Musée des Arts Forains et des Pavillons de Bercy. À partir de 2004, il se consacrera exclusivement à la réalisation des effets spéciaux (effets virtuels flirtant souvent avec la réalité augmentée !) imaginés, souhaités et mis en œuvre par Jean-Paul Favand dans son quadruple univers du merveilleux.
www.paulhouron.canalblog.com // www.arts-forains.com


Paul HOURON: "Illusions & Techniques". An overview of employed techniques: from the Eidophusikon of P.-J. de Loutherbourg to “Virtualia” of J.-P. Favand
From 1781 to 2012 the similarity of the "fièvre chercheuse" is undeniable in the different approaches of P.-J. de Loutherbourg, E. Robertson, L. Daguerre, J.-E. Robert-Houdin, G. Méliès, G. Lucas, D. Cooperfield and J.-P. Favand as well. In most of these cases it leads to a production of "special effects" (in a contemporary meaning) that are dependent on the tricks, which are mainly implemented by technicians, who handle the scientific discoveries of the periods in relation to the achieved goals. The premises of these different "inventors" often share the same approach by turning an imaged object of desire into a virtual reality regardless of technical solutions... Eidophusikon, Diorama, Praxinoscope, the levitation of heavy objects, the mapping of objects in volume are the most spectaculars outcomes.

Erkki HUHTAMO: Tracing the topoi: Media Archeology as Topos Study
This intervention will discuss media archaeology by developing a theoretical-historical contextualization of the topos, a notion he has adopted from the literary scholar Ernst Robert Curtius and has turned into a “tool” for explaining the recurrence of clichés and commonplaces in media culture. Huhtamo has applied the idea to various media forms ranging from "peep media" and the moving panorama to mobile media. In this intervention he will delineate his approach theoretically, discussing its predecessors and demonstrating how it can be applied to various facets of media culture. For Huhtamo, the task is identifying topoi, analyzing their trajectories and transformations, and explaining the cultural "logics" that condition their “wanderings” across time and space. Topoi are discursive "engines" that mediate themes, forms, and fantasies across cultural traditions. Predictably, they have also become tools in the hands of the culture industry.

Cette communication portera sur l’archéologie des médias en proposant une approche à la fois théorique et historique du topos, une notion que le chercheur en études littéraires Ernst Robert Curtius a transformée en un "outil" pour expliquer la récurrence des clichés et des lieux communs dans la culture médiatique. J’ai appliqué cette idée à diverses formes médiatiques allant des "peep media" et des panoramas en mouvement jusqu’aux médias mobiles. Dans le cadre de cette intervention, je vais définir mon approche théorique, discuter les travaux de mes prédécesseurs et démontrer comment ces éléments peuvent être appliqués à différents aspects de la culture médiatique. Le but est d’identifier des topoi, d’analyser leurs trajectoires et évolutions, ainsi que d’expliquer les "logiques" culturelles qui conditionnent leur "errance" à travers le temps et l’espace. Les topoï sont des dispositifs discursifs qui servent d’intermédiaires entre des thèmes, des formes et des jeux fantastiques entre différentes traditions culturelles. Évidemment, ils sont aussi devenus des outils pour les industries culturelles.

Erkki Huhtamo est professeur au Department of Design Media Arts, and Film, Television, University of California de Los Angeles. Il est l’auteur de nombreuses publications sur l’archéologie des médias et des arts médiatiques. Il a été le commissaire d’expositions sur les arts médiatiques et il a dirigé une émission télévisée sur la culture médiatique. Ses études sur l’archéologie des médias ont porté sur des sujets tels que les "peep media", l’archéologie des écrans, des médias tactiles, des jeux vidéo et des médias portables.

Adélaïde JACQUEMARD-TRUC: Techniques d’illusion: projet de mise en scène dans le théâtre de Maurice Maeterlinck
Maurice Maeterlinck considère que, dans la société moderne, seule la crainte de la mort rattache encore l’homme au réel. Les drames constituant son premier théâtre donnent lieu à une réflexion sur la forme que le théâtre peut donner à la mort. Les carnets de travail attestent des hésitations de l’auteur: il envisage dans un premier temps de recourir aux techniques d’illusion, dans La Princesse Maleine et L’Intruse, et mentionne la Pepper’s Ghost illusion, qui doit permettre de faire apparaître la mort aux yeux des spectateurs. S’il abandonne cette idée, il la recommande dans ses notes pour la mise en scène de L’Intruse. L’intérêt de Maeterlinck pour cette technique n’a pas encore été étudié: il s’agirait de compléter la connaissance de sa dramaturgie, et de voir comment les innovations techniques offrent de nouvelles possibilités à la création littéraire.

Adélaïde Jacquemard-Truc est docteur ès Lettres et chercheur associé de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Spécialiste du théâtre symboliste et de l’œuvre de Claudel, Maeterlinck, Villiers de l’Isle-Adam et Oscar Wilde, elle étudie les liens intergénériques entre théâtre et poésie et, plus largement, les formes du théâtre populaire et d’avant-garde du XIXe et du XXe siècles (genres mineurs comme la folie et la fantaisie; théâtre de Jean Anouilh; théâtre des années noires; vers dramatique chez Giono).

Adélaïde JACQUEMARD-TRUC: Technical illusion of staging project in the theater of Maurice Maeterlinck
Maurice Maeterlinck considers that, in modern societies, only the fear of death connects the man to reality. In his first plays, he leads a reflection on the options that drama offers to stage death. His working notes reveal his hesitations: he first plans to use the Pepper’s Ghost illusion for the Princesse Maleine and L’Intruse, to show death to the spectator. He abandons this project, but recommends this technic of illusion for a future staging. Maeterlinck’s interest for this technic has not been studied yet. This work will complement knowledge on his dramaturgy, and aims at showing how technical innovations offer new possibilities to literary creation.

Lise JANKOVIC: Quand la comédie de magie par science magique accomplit des prodiges. Transferts transpectaculaires
La comédie de magie espagnole, équivalente de la féerie théâtrale française, est un genre dramatique populaire où tout repose sur le merveilleux. Au regard de la mention et de l’emploi, dans la comédie de magie espagnole contemporaine, de machines d’illusion telles que les automates mécanisés, les têtes parlantes, le mobilier et les costumes truqués, les dioramas et les panoramas, ou encore les machines à transformation et à duplication, l’on ne peut que constater que la pratique de l’émerveillement de ce théâtre de l’enchantement hispanique prend, dès la fin du XVIIIe siècle, un tournant illusionniste. La communication analysera le recours à ces "merveilles-machines" à l’appui des archives (manuscrits des pièces, croquis des scénographes, inventaires des théâtres) et étudiera la nature du transfert de technicité entre spectacle de prestidigitation et spectacle de comédie de magie.

Lise Jankovic est agrégée d’espagnol, docteure de l’Université́ de Paris 3 – Sorbonne Nouvelle (CREC: Centre de recherche sur l’Espagne contemporaine, ED 122), ancienne membre de la Casa de Velázquez (EHEHI, Madrid) et collaboratrice pour le projet ANR 2015-2018 "Les arts trompeurs. Machines, Magie, Médias" (LABEX ARTS-H2H). Sa thèse, dirigée par Serge Salaun et soutenue en 2014, porte sur "La comédie de magie espagnole: le spectaculaire flamboyant (1840-1930)". Lise Jankovic a consacré plusieurs articles aux théâtres féeriques français et espagnol.

Frank KESSLER & Sabine LENK: Magie spectaculaire: pour une esthétique de l'émerveillement
Selon Tom Gunning, les premiers spectateurs du cinématographe s’adonnent pleinement à ce qu’il appelle "an aesthetics of astonishment", donc une esthétique de l’étonnement, de l’émerveillement et de l’éblouissement. Arthur Pougin décrit en 1885 les attraits du spectacle de féerie de manière analogue, comme ce qui vise à "surprendre, éblouir et enchanter le spectateur". Dans notre contribution nous voudrions étudier les différentes facettes de cette esthétique de l’émerveillement qui régit pour une très large part le fonctionnement du mode magique des médias. Nous prendrons comme exemples quelques formes de spectacles autour de 1900 comme le théâtre de féerie, le cinématographe ou la lanterne magique. On discutera les mécanismes employés au sein des différents médias pour produire des effets spectaculaires dans le cadre d’une telle esthétique de l’émerveillement, mais on contribuera aussi à conceptualiser ce mode esthétique.

Frank Kessler est professeur en histoire du cinéma et de la télévision à l’Université d’Utrecht et directeur de l’Institut de Recherche ICON. Avec Sabine Lenk et Martin Loiperdinger il a fondé et dirigé KINtop. Jahrbuch zur Erforschung des fruhen Films ainsi que les collections KINtop Schriften et KINtop. Studies in Early Cinema. Il est l’auteur de nombreux articles sur l’histoire du cinéma et notamment du cinéma des premiers temps. Avec Nanna Verhoeff il a co-dirigé Networks of Entertainment. Early Film Distribution 1895-1915 (Eastleigh: John Libbey, 2007). En 2014 il a publié Mise en scène (Montréal: caboose).

Sabine Lenk est archiviste et historienne de cinéma. Elle est chercheure à l’université d’Anvers dans le cadre du projet "A Million Pictures: Magic Lantern Slide Heritage as Artefacts in the Common European History of Learning". Avec Frank Kessler et Martin Loiperdinger, elle est co-fondatrice de KINtop. Jahrbuch zur Erforschung des fruhen Films. Elle est l’auteure de nombreuses publications sur le cinéma des premiers temps, la restauration et l’archivage des films ainsi que sur des questions muséographiques concernant le patrimoine cinématographique.


Frank KESSLER & Sabine LENK: Spectacular Magic: for an aesthetics of astonishment
According to Tom Gunning, early film spectators engage in what he calls "an aesthetics of astonishment". In 1885 already, Arthur Pougin described the attraction of féeries in similar terms, declaring that they were created "to surprise, to delight and to enchant the spectator". In our contribution we would like to analyze different aspects of this aesthetics of astonishment, which is an important factor in the magic mode of media. We will select different examples from turn-of-thecentury entertainments such as féerie plays and films, or the magic lantern. We will discuss the mechanisms used in these various media to produce spectacular effects participating in this aesthetics of astonishment, but will also contribute to a conceptualization of this aesthetic mode.

Martin LALIBERTÉ: Musiques électroacoustiques et fascinations magiques: le cas des musiques mixtes à l'IMEB
Les rapports entre les arts technologiques et la pensée magique sont nombreux et ramifiés. Pour apporter une contribution musicale, cette communication s’interroge sur le cas des musiques électroacoustiques mixtes, là où précisément les instruments de musique sont transmutés tantôt par des traitements de leur sonorité en concert ou tantôt par une confrontation avec une musique enregistrée comportant un travail de sonorité approfondi. L’Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges, durant sa prolifique et prestigieuse activité (1970-2011), a suscité la création de nombreuses pièces mixtes déposées à la BnF et désormais en cours d’une première phase d’étude. Cette communication discutera de certaines de ces pièces, pour mettre en évidence les fondements "magiques", conscients ou inconscients, qui les animaient.

Après une formation de compositeur instrumental et électroacoustique, Martin Laliberté poursuit son travail à l'IRCAM à Paris en 1988, où il rédige sa thèse. Successivement maître de conférences (à l’Université de Bourgogne puis à l’Université de Marne-la-Vallée-, puis professeur des universités; il dirige le Département de Cinéma, Audiovisuel, Arts Sonores et Numériques de 2006 à 2010. Ses recherches portent sur l’esthétique contemporaine, les technologies musicales, anciennes et nouvelles, et la composition musicale vocale, instrumentale et électroacoustique.

Martin LALIBERTÉ: Electroacoustic music and magical fascinations: the case of mixed music on the IMEB
The relations between technological arts and magical thinking are numerous and diversified. To bring a musical contribution to the study of those phenomena, this communication investigates the case of electroacoustic mixed music, where musical instruments are transmuted by live electronic sound treatments or by the confrontation to recorded sounds minutely elaborated in the studio. The L’Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges during its prolific existence (1970-2011) has promoted the creation of several mixed pieces now gathered at the BNF; those are currently under a first phase of study. This communication will discuss a few representative mixed pieces, to shed some light on the "magical" thinking that can be perceive in them, whether consciously or unconsciously willed by their composer.

Jean-Marc LARRUE: La "théorie des déformateurs" du théâtre à la radio
Emprunté à l’histoire de l’art et apparu dans les années 1890, le concept de "déformateurs" porte sur l’acte de médiation. Il s’applique, à l’origine, aux peintres postimpressionnistes — Van Gogh, Gauguin, Cézanne, etc. — qui "déforment" la réalité pour en faire ressortir ou y ajouter des qualités ou des dimensions particulières, pour en atténuer ou en occulter d’autres. L’analogie avec la magie est évidente et c’est donc sous l’angle général de la médiation que je voudrais analyser cette question de la "déformation". En appliquant le concept de "déformation" à la dimension aurale de la triade théâtre-disque-radio, je veux démontrer que la "déformation" est une modalité parmi d’autres d’un phénomène beaucoup plus large, l’opacification dont je voudrais montrer la complexité et l’étendue.

Jean-Marc Larrue est professeur d’histoire et de théorie du théâtre au Département des littératures de langue française de l’Université de Montréal. Ses recherches portent principalement sur le théâtre du Long Siècle (1880 à aujourd’hui) et plus précisément sur le modernisme, les médias et l’intermédialité. Il a rédigé ou dirigé divers ouvrages sur ces questions dont, plus récemment, les Archives de la mise en scène. Hypermédialités du théâtre (en co-direction avec Giusy Pisano, Lille, Septentrion, 2014) et Théâtre et intermédialité (direction, Lille, Septentrion, 2015). Il a co-dirigé le Centre de recherches sur l’intermédialité (CRI/CRIALT), de 2006 à 2012, et le projet international Le son du théâtre / Theatre Sound avec Marie-Madeleine Mervant-Roux (2009-2013). Il co-dirige le projet Les arts trompeurs. Machines. Magie. Médias avec Giusy Pisano.

Jean-Marc LARRUE: The "Théorie des déformateurs", from theatre to radio
Borrowed from art history, the concept of "deformers" appeared in the 1890s and addresses the act of mediation. Originally it was applied post-impressionist painters — Van Gogh, Gauguin, Cézanne, etc. — who "distorted" the reality to highlight or add specific qualities or dimensions, to mitigate or conceal others. The analogy with magic is obvious. In this presentation, I want to approach the "déformation process" in terms of mediation and show why "déformation" is a modality among others of a much larger phenomenon: opacification. I will underline the complexity and scope of the phenomenon.

Clémence de MONTGOLFIER: L'artiste en magicien à la télévision
Cette communication vise à définir et à analyser la figure de l’artiste en magicien à la télévision française et ses enjeux, à partir d’exemples choisis parmi un corpus de programmes télévisés diffusés en France allant de 1960 jusqu’à nos jours. Dans un premier temps, on se concentrera sur la représentation de l’artiste-plasticien contemporain et on discernera un motif narratif issu des récits de vies d’artistes depuis l’Antiquité (Kurz, Kris, 1979): celui de l’artiste en magicien. On s’interrogera, dans un deuxième temps, sur deux créateurs de programmes télévisés qui sont apparus comme des "manipulateurs" de la télévision et chez qui le "mode magique" comporte un aspect réflexif du médium sur lui-même. D’abord, Jean-Christophe Averty, réalisateur, qui utilisait les trucages apparents et le registre visuel de la magie comme un élément d’humour satirique dans ses émissions (Duguet, 1991). Puis, Michel Jaffrennou, artiste multimédia, qui réalisait des mises en abîme visuelles entre le réel et son image par le biais de l’écran (Hillaire, 1991).

Clémence de Montgolfier est doctorante en Sciences de l’information et de la communication et Attachée Temporaire d’Enseignement et de Recherche en Médiation culturelle à l’Université Sorbonne-Nouvelle Paris 3. Elle écrit sa thèse depuis 2012 sous la direction de François Jost sur "la représentation de l’art contemporain à la télévision française de 1960 à nos jours ». Elle a récemment publié l’article: "Magiciens de la télévision: l’oeuvre de Michel Jaffrennou au prisme de Jean-Christophe Averty" dans le n°6 de la revue Initiales (École des Beaux Arts de Lyon, septembre 2015).

Clémence de MONTGOLFIER: The artist magician on TV
First, we will define the representation of contemporary artists on French television as showing strong similarities with the artist’s figure as it appears in historical biographies (Kurz, Kris, 1979). Secondly, we will analyse the work of two television artists who are using the semantic field of magic in their work: filmmaker Jean-Christophe Averty and artist Michel Jaffrennou. Thus, if the narrative figure of the artist as a magician on television can first be defined as a myth in the sense of Silverstone (Silverstone, 1990), secondly, we can say that the artist, by showing himself as a magician pastiche, endorses a reflexive point of view on the power of the images and its own role. We could then relate the figure of the artist to the concept of "looking askance" (Leja, 2007; Solomon, 2010) concerning the use of magic in the arts as an invitation to disbelief and to question the images that we see.

Azadeh NILCHIANI: De la spatialisation de la musique électroacoustique à la magie nouvelle
Notre environnement quotidien est souvent chargé de sons coexistants, qui apparaissent en des couches sonores multiples : statiques ou en mouvements, simples ou complexes, etc. L’organe auditif, qui permet par nature une écoute multidirectionnelle et immersive de ce paysage sonore, nous informe sur la réalité de cet environnement. On peut considérer cette capacité et l’habitude de l’écoute multidirectionnelle dans la réalité quotidienne comme un outil qui permet de nous situer dans le réel et sur la base duquel la création sonore dans l’espace peut se former. Dès les premières tentatives de spatialisation de la musique concrète par Pierre Schaeffer et Jacques Poullin suivies par des recherches menées à l’IMEB (sur le concept Gmebaphone et l’instrument Cybernéphone), on peut tracer cette nécessité de reconstituer la nature spatiale de l’écoute. La magie s’appuie sur notre perception du réel. Elle peut être: "[...] un moyen de se situer par rapport au réel — l’espace, le temps, les objets... de manière spécifique. La magie nouvelle est un art dont le langage est le détournement du réel dans le réel: c’est-à-dire dans le même espace-temps que ce que la perception offre à appréhender. Les images ne correspondent plus à une activité d’illusion; elles constituent un ordre propre de la réalité [...]" (Raphaël Navarro, 2010). Cette étude va tenter de tracer des liens entre la spatialisation de la musique électroacoustique et la notion de la magie nouvelle, qui prennent toutes les deux la notion de perception du réel comme leur fondement.

Actuellement doctorante au LISAA, Université Paris-Est Marne-la-Vallée, elle a été diplômée en 2004 à la faculté des beaux arts à l’université de Téhéran en Iran. Elle a ensuite poursuivi ses études en France, d'abord  à l’ENSAD en Art-Espace et à l’école nationale de musique d’Orléans (flute traversière) puis  à l’école nationale de musique de Pantin en 2009. En 2010, elle a fait un master 2 en Musique et multimédia à l’Université Paris-Est. Ayant une pratique interdisciplinaire par sa pratique et ses études, la vidéo, le son, la musique électroacoustique et la matière d’espace sont les outils principaux de son travail.

Azadeh NILCHIANI: Spatialization of electroacoustic music new magic
Our daily environments are abundant with coexisting sounds; Sounds comprised of a multiplicity of static / in-motion and simple / complex sonar layers. Inherently capable of an immersive and multidirectional perception of soundscapes, our listening organs inform us of the reality of these environments. This multidirectional listening capability not only contextualizes us in our environment, but it provides us with a platform to build spatial sound creations on. The necessity to reshape the spatial nature of listening can be traced back to the early attempts at the spatialization of the concrete music by Pierre Schaeffer and Jaques Poullin followed by research carried out IMEB (on the Gmebaphone concept as well as the Cybernéphone instrument). The magic is based on our perception of reality. It can be "[...] a way to position oneself in relation to the real — space, time, objects... in a specific manner [...]. The magic is an art, of which language is a detour, from the real within the real; That is to say, in the same time-space continuum that perception sets out to grasp. Images are no longer constructs of illusion, but they constitute a proper order of the real [...] (Raphaël Navarro, 2010). This study is an attempts to draw links between the spatialization of electroacoustic music and the concept of "New Magic", both of which share reality as their basis.

Véronique PERRUCHON: Du visible au visuel, pouvoir du noir dans la magie nouvelle
La "magie nouvelle" est un art trompeur dont l’intérêt réside dans la dramaturgie scénique qui s’appuie sur les illusions d’optique et la perturbation des repères. Le noir invité sur ses plateaux offre un cadre propice à révéler les apparitions les plus irréelles: les corps en scène, affranchis des contraintes du réel, provoquent la rencontre avec le "sentiment magique". À travers une expérience sensorielle, le spectateur plonge dans un univers irrationnel et envoûtant qui a le pouvoir évocatoire de "l’image ouverte" (Georges Didi-Huberman). Le noir immersif a la faculté de détourner l’opacité de l’écran du visible jusqu’à revêtir les qualités du visuel. Des spectacles comme Vibrations et Notte (Cie 14:20) ou encore Les Limbes (Étienne Saglio) permettront d’en décliner les occurrences.

Après des débuts professionnels en tant qu’éclairagiste et régisseuse, Véronique Perruchon s’est intéressée au domaine spectaculaire du théâtre et à la mise en scène dans son travail de recherche. Elle est l’auteure d’une thèse dirigée par Georges Banu (Sorbonne Nouvelle Paris 3) sur le metteur en scène André Engel. Professeure à l’Université Lille 3 et membre du Centre d’Études des Arts Contemporains (CEAC), elle poursuit ses investigations sur les composantes de la scène et les enjeux spectaculaires. Elle vient de terminer une étude sur les variations scéniques du noir qui met ses compétences artistiques et techniques au service de la recherche: Noir. Lumière et théâtralité, Presses Universitaires du Septentrion, avril 2016.

Véronique PERRUCHON: The visible visual power of black in the new magic
The "new magic" is a deceptive art whose interest lies in the scenic drama that is based on optical illusions and disruption of marks. The black colour is a guest on stage which provides a framework that helps reveal the most unreal appearances: the bodies on stage, freed from the constraints of reality, causing the meeting with the "magical feeling". Through a sensory experience the viewer is immersed in an irrational and captivating universe that has the evocative power of "open image" (Georges Didi-Huberman). Immersive black has the ability to turn the opacity of the visible screen to take the qualities of the visual. Shows like Vibrations and Notte (2:20 pm Cie.) or Limbes (Etienne Saglio) will offer diverse occurrences of this.

Mathieu PIERRE: Magie et sérialité
En 1916, Theodore et Leopold Wharton produisent The Mysteries of Myra, premier et quasiment seul serial totalement fantastico-magique. Près de vingt ans plus tard, The Return of Chandu (1934) de Ray Taylor lui succédera. La particulière originalité de The Mysteries of Myra est d’avoir est eu recours à deux figures importantes de l’occulte: Hereward Carrington en tant que consultant en spiritualisme et Aleister Crawley pour ce qui avait trait à la magie, établissant dès lors un lien indéfectible, que nous étudierons ici, entre la magie et la sérialité, encore très présent dans nos séries télévisées contemporaines (Buffy, Charmed, The Magicians).

Mathieu Pierre, titulaire d'un doctorat en études cinématographiques (sous la direction de Giusy Pisano), est  enseignant en Lettres et Cinéma dans le secondaire et chargé de cours à l'Université Lille 3. Une partie de sa thèse, interrogeant la place et la forme du fantastique dans la série télévisée américaine contemporaine, est en cours de publication aux éditions Vendemaire.

Mathieu PIERRE: Magic and Seriality
In 1916 Theodore and Leopold Wharton produced The Mysteries of Myra, the first and — nearly — the only one serial which totally deals with fantastic and magic elements. Almost twenty years later, The Return of Chandu (1934) by Ray Taylor will succeed it. The peculiar originality of The Mysteries of Myra consists in involving two important figures of the occultism as consultants: Hereward Carrington in the matter of spiritualism and Aleister Crawley with respect to magic; this cooperation marks the divide and inaugurates an unbreakable bond — that we will analyze here — between magic and serials, which still plays nowadays a crucial role in contemporary television series (see Buffy, Charmed, The Magicians).

Libera PISANO: Sémiotique magique: le passage à la voix, pour une forme radicale de performativité
Dans cette intervention je voudrais présenter les contours théorétiques d’une sémiotique de la magie, entendue comme un dispositif de pouvoir basé sur la voix humaine. La sémiotique magique est complexe, car elle prend en compte trois niveaux différents : le caractère iconique de la parole, la référence sémiotique et symbolique, l’évanescence de la voix. Ce croisement permet de déplacer les frontières de la performativité d’un concept sémantique à un concept sémiotique. Cela concerne non seulement les énonciations avec un sens précis, mais se prolonge au medium lui-même: au son de la voix. Il y a une magie de la voix: elle traverse les obstacles, s’entend à distance et s’insinue en celui qu’elle atteint. En effet, quand les formules magiques sont prononcées, elles impliquent une suspension et une extranéité du sens ordinaire, tout en conservant une performativité forte et efficace. C’est précisément pour cette raison que je vais tenter d’esquisser la médiation magique comme une forme radicale et paradigmatique de la performativité et, en même temps, une forme archaïque du pouvoir qui dérive de la voix de l’homme.

Libera Pisano (1985) est Junior Research Fellow au Maimonides Centre for Advances Studies de l’Université d’Hambourg. En 2015, elle a été Visiting research Fellow à l'Institut de théologie de l’Université Humboldt de Berlin, avec un projet de recherche intitulé "Entfremdung des Judentums - Zeichen der Entfremdung. Hegels Auseinandersetzung mit Mendelssohn", sous la supervision du professeur Andreas Arndt. En avril 2014, elle a reçu le titre de Docteur de recherche en philosophie théorétique à l'Université Sapienza de Rome, avec une thèse intitulée "L’esprit manifeste. Chemins linguistiques dans la philosophie hégélienne" (publiée prochainement). Elle a écrit de nombreux essais sur la question de la langue dans les écrits de Hegel, la pensée de GB Vico, la tradition anarchiste ainsi que sur l'utopie et les gender studies. Elle est rédactrice dans les revues philosophiques suivantes: Lo Sguardo, Filosofia italiana et Azimuth. Philosophical Coordinates.

Libera PISANO: Magic Semiotics: the transition to the voice, for a radical form of performativity
In this paper I argue to define the theoretical boundaries of a magic semiotic, as a power device based on human voice. The magic semiotic is complex, because it has to take charge of three different levels: the iconic character of language, the semiotic and symbolic reference, the evanescence of the voice. This intersection allows to relocate the frontiers of performativity from a semiotic concept to a semantic one, with respect not only to the sentences with a clear meaning, but also to the medium itself, interpreted as the sound of the voice. There is a voice’s magic: it crosses the barriers, it could be perceived by the others at distance. Indeed, when the magic formulas are pronounced, they entail a suspension and an extraneity of the ordinary meanings, even if they maintain a strong and effective performativity. Consequently, my suggestion is that the magic mediation could be seen as a radical and paradigmatic form of performativity, and at the same time an archaic form of power based on human voice.

Anne-Marie QUÉVRAIN
Anne-Marie Quévrain, sociologue et psychologue clinicienne de formation, actuellement retraitée après une carrière dans le Pacifique sud, en Algérie et en France (conseil en mobilité professionnelle pour cadres du secteur privé). Arrière petite-fille de Georges Méliès et secrétaire générale de l’association Cinémathèque Méliès depuis 1979, participe aux colloques, publications et expositions de l’association et de ses partenaires. Conférencière au colloque de Cerisy "Méliès et la naissance du spectacle cinématographique" (1981), co-auteur de l’article "Méliès et les Arts" (n°1 de la revue Artibus et Historiae, 1980), entre autres.

Sophie RABOUH: L'astronome, magicien des temps modernes: machination du ciel étoilé dans le cinéma des premiers temps
L’astronomie et le cinéma usent de moyens techniques afin d’accéder à une toute nouvelle visibilité du réel. Ce faisant, ils exacerbent les qualités des objets auxquels ils s’appliquent et bouleversent les mécanismes du rapport habituel qui pouvait exister auparavant entre perception visuelle et représentation. Ainsi le magicien au cinéma apparaît-il souvent comme un astronome et, inversement, l’astronome comme un magicien. Le ciel et les astres sont présentés quant à eux sur un mode propre à faire apparaître le caractère magique de leur visibilité. Il s’agira de s’interroger, principalement à travers les travaux de l’astronome Camille Flammarion (Danielle Chaperon, 1995 et 1998) ainsi que les œuvres de Méliès, sur le particularité toute "mécanique" des rapprochements qui ont pu s’effectuer entre cinéma et astronomie dans le cinéma des premiers temps.

Sophie Rabouh poursuit une thèse en cotutelle (Université de Montréal et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) sur l’implication et le rôle du corps du spectateur dans l’émergence et la création du cinéma en tant que dispositif. Dans ce cadre, elle s’interroge sur la mise en rapport d’ordre technique qui s’opère entre machine, corps et représentation au cinéma. Elle fait partie, en tant que doctorante, du laboratoire de recherche du GRAFICS (Université de Montréal) ainsi que de l'Institut de recherche ACTE (Paris 1/CNRS).

Sophie RABOUH: The astronomer, magician of modern times: machination of the starry sky in the early cinema
Astronomy and cinema use technical means to access a whole new visibility of real. This process exacerbates the qualities of the objects to which it applies and upsets the usual ratio of mechanisms that could exist before between visual perception and representation. Thus the magician often appears as an astronomer and vice versa. Meanwhile the sky and stars are presented on a clean way to bring up the magical character of their visibility.

Katharina REIN: From Robert-Houdin to P. T. Selbit. Media in mental magic
The late nineteenth century saw not only the advent of precursors of modern electronic and mass media, an acceleration of transportation and the postal system, it also experienced what is by many considered stage magic’s "golden age". This was not least because magicians seized upon the latest innovations and incorporated them into their performances as well as the shows’ paratexts. Magicians either picked up current discourses in alluding to present the latest innovations — pretending to employ "magic rays" or some other elements of speculative science onstage, or used technology to achieve effects but kept the apparatus hidden-secretly employing scientific means to achieve what was presented as a supernatural event. In this paper, I want to analyze the "Second Sight" illusion, popularized by Jean Euge ne Robert-Houdin in the 1850s.

La fin du XIXe siècle a vu émerger ce qui allait devenir l’électronique moderne et les médias de masse. Mais cette période est aussi considérée comme l’âge d’or de la magie scénique. Cette coïncidence n’est pas le fruit du hasard puisque les magiciens ont très rapidement intégré les dernières innovations technologiques à leur performance. Parfois, les magiciens ont fait du dispositif technologique le cœur même du spectacle, en faisant ressortir sa dimension extraordinaire; parfois en occultant au contraire le dispositif pour faire vivre au public une expérience "surnaturelle". Cette présentation est centrée sur l’illusion dite de la "seconde vue" popularisée par Jean Eugène Robert-Houdin qui illustre l’utilisation de la technologie dans la magie.

Katharina Rein est chercheuse à l’Université Bauhaus de Weimar dans le cadre de l’Internationales Kolleg für Kulturtechnikforschung und Medienphilosophie (IKKM). Elle réalise actuellement une thèse de doctorat à l'Université Humboldt de Berlin sur l’histoire culturelle des grandes illusions magique entre 1862 et 1921. Ses publications portent sur la magie, les films et séries télé d’horreur et autres thèmes historico-culturel et médiologique.

Caroline RENOUARD: Techniques d’illusion, entre transparence et opacité. Le cas musical hollywoodien
Certains effets spéciaux visuels reposent sur l’idée de "transparence", c’est-à-dire sur la mise en abyme de la projection, en faisant défiler le "réel" comme un film se déroulant derrière ou devant les personnages, ou bien encore sur la (semi) transparence des verres et des miroirs qui laissent transparaître le réel au sein de l’image artificielle. L’autre idée qui prédomine dans les procédés d’illusion au cinéma est celle de "cache": il faut "cacher" un espace de l’image pendant un temps pour mieux en révéler l’ensemble par la suite. Le recours aux techniques d’illusion — à la fois cachées et exposées — permet de construire un monde de toute pièce, un monde qui possède sa propre réalité et sa propre spectacularité. Cette communication s’intéressera aux différentes définitions, pratiques et théoriques, des techniques d’illusions cinématographiques (plus particulièrement les effets spéciaux visuels) et à leurs analyses comparatives, à travers la présentation d’un glossaire technique multimédia, fruit de différents travaux de recherche menés au sein du projet des Arts Trompeurs.

Caroline Renouard est docteure en arts de l’Université Paris-Est et postdoc au Labex Arts-H2H pour le projet "Les Arts Trompeurs". Ses publications portent principalement sur les effets spéciaux, l’intermédialité et les interdépendances anciens/nouveaux médias, les technologies et techniques cinématographiques. Avec Réjane Hamus-Vallée, elle a récemment codirigé le numéro 155 de CinémAction portant sur les métiers du cinéma à l’ère du numérique (juin 2015), publié Superviseur des effets visuels pour le cinéma (Eyrolles, 2015) et coréalisé des webdocs pour l’Observatoire des métiers de l’audiovisuel.

Thibaut RIOULT: Performance sans performance. La magie entre art et technique
L’effet magique est la conjonction d’un phénomène et d’un cadre d’interprétation. Mettre en scène et, surtout, faire vivre au spectateur une expérience magique, nécessitent le recours aux deux composantes essentielles de l’illusionnisme: l’art et la technique. Ces deux dimensions trouvent leur apogée en deux moments particuliers: celui de l’illusion et celui de l’émerveillement, que résume la polarité invisible — visible. Chaque performance est alors mise en demeure de se positionner par rapport au degré de visibilité de la dimension technique. Ce couple peut être incarné par deux magiciens télévisuels des années 70: Gérard Majax qui anima le jeu télévisé Y a un truc (1975) et mit l’accent sur le trucage et Jacques Delord qui s’occupa des Ateliers du magicien (1975) en insistant sur la poétique magique. Comment cette différence radicale de vue se traduit pratiquement? Quelles sont les conséquences de ces orientations, d’abord dans le cadre spectaculaire, puis d’une manière générale dans l’image et l’imaginaire de la magie qu’elles contribuent à forger?

Thibaut Rioult est directeur du séminaire de recherche "Orion aveugle. Visible, invisible: approche croisée" au Collège International de Philosophie (CIPh) (avec Clément Bodet et Nadia Barrientos). Depuis plusieurs années, sa recherche est centrée sur l’illusionnisme, discipline qu’il étudie et pratique. Après un master de Sciences Sociales à l’EHESS, il réalise actuellement une thèse à l’ENS Ulm (ED540/UMR8230) ayant pour sujet: "Illusion du surnaturel et illusionnistes de la Renaissance". Il est membre de la Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs (FFAP) et du Conservatoire National des Arts de la Magie et de l’Illusion (CNAMI).

Thibaut RIOULT: Performance without performance. The magic of art and technology
The magical effect is the combination of a phenomenon and an interpretive framework. Providing the spectator a magical experience requires the use of two essential components of illusionism: art and technique. These two dimensions climax in two very specific moments: illusion and wonder, which could be summarized by the invisible-visible polarity. Each performance needs to position itself in regards to the degree of visibility of the technical dimension. This couple of concepts can be embodied by two television 70’s magicians: Gérard Majax, that animated the game show There’s a trick (Y a un truc, 1975) focusing on trickery, and Jacques Delord who led The magician’s workshops (Les ateliers du magicien, 1975) emphasizing poetics. How this radical difference of view materializes? What are the implications of these two attitudes, first in the spectacular staging and more generally in the image and imagination of magic they help shape?

Thibaut Rioult is the director of the research seminar "Orion aveugle. Visible, invisible: crossed approach" at the Collège International de Philosophie (CIPh). For several years, his research has been focusing on conjuring, art that he studies and performs. After a Master of Social Sciences (EHESS), he’s currently preparing a thesis at ENS Ulm (ED540/UMR 8230). This study deals with the "Illusion of the supernatural and illusionists of the Renaissance". He’s also member of Fédération Française des Artistes Prestidigitateurs (FFAP) and of Conservatoire National des Arts de la Magie et de l’Illusion (CNAMI).

Maxime SCHEINFEIGEL: Le cerveau, la pensée magique et le cinéma
La capacité du cerveau à produire et à projeter des mondes imaginaires sur un écran intérieur (rêve, mémoire) est illimitée. Dès qu’il est mis au travail par le magicien Georges Méliès, le cinématographe reprend à son compte cette capacité grâce à des trucages ad hoc et grâce au montage. Et c’est bien à cet endroit que la pensée magique, liée à la conception animiste d’une autre réalité excédant le champ simplement perceptif des humains, trouve son lieu. Elle est d’emblée installée au coeur même du cinéma (Méliès, bien sûr !), et par la suite, des cinéastes sensibles à la magie, parfois eux aussi magiciens, parfois non, ne cessent de la réactualiser. On explicitera ce propos à travers des images ou séquences d’images conçues par quelques cinéastes notoires: Segundo de Chomon, Mosjoukine, Welles, Allen ou encore Resnais.

Professeure en esthétique et histoire du cinéma, Maxime Scheinfeigel est responsable du master recherche en CAV et du programme de recherche "Actualité esthétique du cinéma et de l’audiovisuel" (RIRRA21, Représenter, Inventer la Réalité de l’Aube du Romantisme au XXIe siècle - EA 4209).
Publications
Les âges du cinéma. Trois parcours dans l'évolution des représentations filmiques, L’Harmattan, 2002.
Jean Rouch, CNRS, 2008.
Cinéma et Magie, Armand Colin, 2008.
Rêves et cauchemars au cinéma, Armand Colin, 2010.
Au cinéma, dans la mémoire des images, P.U.V., 2016 (à paraître).


Maxime SCHEINFEIGEL: The brain: magical thinking and cinema
The ability of the human brain to produce and to show on an interior screen (dream, memory) imagineries worlds, is unlimited. When Georges Méliès is using of special effects (tricks) and the power of the editing, he is working through the cinematograph as if it was a brain. It is why the magical thought, in relation with the animistic concept of an other reality, finds its place into heart of the cinema. Afterwards, some filmmakers, sensitive to the magical thinking and/or the magical practice, update from generation to generation this technical and artistical device which connects the cinema and the magic. To illustrate this point, we shall regard some images or sequences conceived by Segundo de Chomon, Ivan Mosjoukine, orson Welles, Woody Allen or whether Alain Resnais.

Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN: "Une illusion frappante de réalité". Surgissement et merveilleux scientifique dans L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat
Les vues Lumière, on le sait, procurèrent aux premiers spectateurs de l’invention une illusion confondante (des feuilles qui bougent, les vagues qui déferlent, etc.) confinant au trompe-l’oeil et provoquant un sentiment halluciné. Cette illusion n’eut rien à envier à celles prodiguées par les magiciens (d’où l’intérêt du métier pour cette invention). L’Arrivée d’un train demeure l’apogée de ce moment magique, avant que normalisation et habitudes perceptives ne viennent naturaliser l’effet trompe-l’oeil. Grâce à une plongée dans les archives, nous voudrions analyser en détail la réception de cette vue, décortiquer les stratégies des opérateurs Lumière et le discours journaliste rendant compte du surgissement du train. Plus largement, nous voudrions analyser l’espèce de merveilleux "filmophanique" (Étienne Souriau) créé par l’apparition de ces images animées, comme "choc" (Walter Benjamin) pour le système perceptif.

Directeur de la revue savante Nouvelles Vues, Jean-Pierre Sirois-Trahan est professeur de cinéma au Département des littératures de l’Université Laval depuis 2003. Après une thèse sur le découpage, les automates et la réception au cinéma, il a dirigé avec Sophie-Jan Arrien l’ouvrage Le Montage des identités (PUL, coll. "Kairos", 2008). Il a codirigé des numéros de la revue Cinémas sur le dispositif cinématographique (aut. 2003), sur le nouveau cinéma québécois (print.-été 2011) et, avec Martin Barnier,  sur la théorie et l’histoire du son (aut. 2013). Il s’intéresse au cinéma des débuts sur lequel il a codirigé deux ouvrages: Au pays des ennemis du cinéma... Pour une nouvelle histoire des débuts du cinéma au Québec (Nuit blanche éditeur, 1996) et La Vie ou du moins ses apparences. Émergence du cinéma dans la presse de la Belle Époque (Cinémathèque québécoise/Grafics, 2002). Théoricien et historien, il travaille sur l’intermédialité du cinéma, le "pré-cinéma", l’enregistrement et le cinéma de Georges Méliès dont il a établi l’autobiographie: La Vie et l’Œuvre d’un pionnier du cinéma (Éditions du Sonneur, "La petite collection", 2012).
Bibliographie
Frank Beau, "Le mythe de La Ciotat", CinémAction, n°102, 2002, p. 170-171.
Livio Belloï, Le Regard retourné. Aspects du cinéma des premiers temps, Québec/Paris, Nota Bene/Méridiens Klincksieck, 2001, 408 p.
Stephen Bottomore, "Le public qui panique: le cinéma et "l’effet-train" de 1895", in L’Aventure du Cinématographe. Actes du Congrès mondial Lumière, Philippe Dujardin, André Gardies, Jacques Gerstenkorn, Jean-Claude Séguin (sous la dir. de), Lyon: Aléas Éditeur, 1999, p. 225-235.
Tom Gunning, "An Aesthetic of Astonishment: Early Film and the (In)Credulous Spectator", in Viewing Positions. Ways of Seeing Film, Linda Williams (ed.), New Brunswick/New Jersey: Rutgers University Press, 1994.
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Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN: "A striking illusion of reality". The gush and the scientific astonishment in the Arrivée d’un train en gare de La Ciotat
The Lumière views, as we know, induced in the Cinématographe’s first spectators a confusing illusion (the leaves that move, the waves breaking, etc.) bordering the trompe-l’oeil and causing a sort of hallucinatory feeling. This illusion had nothing to envy to those lavished by the era’s magicians (hence the magic corporation’s interest for this invention). The Arrival of a train remains the pinnacle of magical moment, which lapsed when standardization and perceptual habits eventually naturalized the trompe-l’oeil effect. With a dive into the archives, we would like to analyze in detail the reception of this view, to examine the strategies of Lumière operators, and to dissect the journalistic discourse that recorded the gush of the train. More broadly, we would like to analyze the kind of "filmophanic" (Étienne Souriau) astonishment created by the appearance of these moving images as a "shock" (Walter Benjamin) for the perceptual system.

Matthew SOLOMON: L'illusionnisme incohérent
Dans les années 1880, la vie professionnelle de Georges Méliès prend un tournant décisif. En peu de temps, il se décide à vendre sa part d’une entreprise familiale prospère, la manufacture de chaussures Méliès, puis reprend les activités de la plus prestigieuse scène de magie de Paris, celle du Théâtre Robert-Houdin. Cette période coïncide aussi pour lui, comme nous avons pu l’exposer ailleurs, avec un rapprochement du mouvement artistique des Incohérents. Cette communication cherchera à saisir ce qui relève de ce mouvement artistique dans les illusions scéniques, les sketchs magiques et les films à trucs de Méliès, tout en prenant en compte la part d’"incohérence" plus diffusément présente dans une multitude de productions magiques. Il s’agira d’identifier les traits distinctifs des illusions de Méliès par rapport aux illusions que réalisent à la même époque ses concurrents en magie ou en cinématographie. Nous articulerons plus précisément les illusions de Méliès avec le "rire moderne" qu’elles appellent — que ce soit sur le plan visuel ou sur le plan verbal — selon la définition de cette notion récemment introduite dans les recherches.

Matthew Solomon, professeur agrégé en "Screen Arts and Cultures" à l’Université du Michigan, est l’auteur de Disappearing Tricks: Silent Film, Houdini, and the New Magic of the Twentieth Century, lauréat du prix Kraszna-Krausz pour le meilleur livre 2011 sur les images en mouvement. Il a publié en 2015 The Gold Rush (BFI Film Classics monograph) et assuré en 2011 la direction scientifique de Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination: Georges Méliès’s Trip to the Moon (pour lequel il a également produit et réalisé l’édition critique du DVD).

Matthew SOLOMON: Incoherent Illusionism
The 1880s were a watershed period for Georges Méliès. During the span of a few years, he sold his share of his family’s successful bootmaking business and took over the operations of Paris’s foremost magic theater. It was during this same period of time, as I have argued elsewhere, that Méliès was most closely associated with the Incoherent art movement. This presentation examines the impact of Incoherence on Méliès’ stage illusions, magic sketches, and trick films, while considering the element of "incoherence" implicit in many forms of illusionism. The presentation works to specify what made Méliès’ illusions different from those of his theatrical and cinematographic contemporaries, detailing how Méliès’ illusions invoked what several recent scholars have termed “modern laughter” [rire moderne] — both visually and verbally.

Stéphane TRALONGO
Stéphane Tralongo est premier assistant à la Section d’histoire et esthétique du cinéma de l’Université de Lausanne. Il y développe des recherches et des enseignements sur l’histoire des appareils, du cinéma amateur et des films industriels dans le cadre du partenariat qui lie l’UNIL et la Cinémathèque suisse. Membre affilié du GRAFICS, il a publié plusieurs travaux sur l’émergence du cinéma dans le contexte du spectacle de scène, dont une étude dans le colloque de Cerisy (2013)  Les archives de la mise en scène. Spectacles populaires et culture médiatique (1870-1950) dirigé par Pascale Alexandre-Bergues et Martin Laliberté (Colloque de Cerisy/Presses universitaires du Septentrion, 2016).

Kurt VANHOUTTE & Nele WYNANTS: From theatre to science and back: Trajectories at play in the scientific theatre of Paris modernity
In the second half of the nineteenth century, Parisian modernity saw a surge in popularity of popular performances characterized by a taste for the spectacular, where showmen mixed new technologies with theatre, science with entertainment, rationality with magic. Since the 1860s, boundary work was massive and science had undertaken a large-scale legitimation project. Its efforts would eventually lead to the great divide, the opposition that posits art and science as two separate realities. Conversely, we want to discuss those who inhabited the inbetween, moving as it were back and forth in the area between distinct categories and roles. Our emphasis will be on those practitioners who were not men of science. Rather, they played the scientist — and here we are interpreting play as a subtle back-and-forth between pretended and real, representation and enactment. They travelled between art and science, the rural and the urban, Paris and London.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la modernité parisienne a connu un regain de popularité des performances caractérisées par un goût pour le spectaculaire, où les forains mêlaient les nouvelles technologies avec le théâtre, la science avec le divertissement, la rationalité avec la magie. À partir des années 1860, le travail de délimitation fut conséquent, la science entreprenant alors un projet de légitimation à grande échelle. Ses efforts la conduisirent irrémédiablement à une grande fracture: l’opposition qui postule que la science et l’art sont deux réalités distinctes. A contrario, nous souhaitons discuter de tous ceux qui ont continué d’habiter cet entre-deux, en se déplaçant par allerretour dans un champ cerné par des catégories et des rôles distincts. Nous mettrons l’accent sur ces praticiens qui n’étaient pas des hommes de science, mais qui jouaient pourtant aux scientifiques — et c’est là que nous interprétons ce jeu comme un subtil va-et-vient entre la feinte et le réel, entre la représentation et la proclamation: ils ont ainsi voyagé entre l’art et la science, le rural et l’urbain, Paris et Londres.

Kurt Vanhoutte est professeur en Performance Studies and Visual Criticism à l’Université d’Anvers où il a participé à l’instauration du programme de maîtrise en études de théâtre et de cinéma qu’il coordonne. Il est porte-parole du Research Centre for Visual Poetics (www.visualpoetics.be). Actuellement, il combine ses fonctions universitaires à l’Université d’Anvers avec une bourse de recherche au Centre Alexandre Koyré (EHESS - CNRS) à Paris pour mener des recherches d’archives sur le théâtre scientifique en collaboration avec des historiens des sciences. Il a publié des articles et des ouvrages dans le domaine général de l’intermédialité, l’immersion et le théâtre.

Nele Wynants est chercheuse postdoctorale à l’Université Libre de Bruxelles (Arts du spectacle vivant) et de l’Université d’Anvers (Research Centre for Visual Poetics). Ses publications portent sur les artistes travaillant à l’intersection du théâtre, du cinéma et des arts médiatiques. Son projet de recherche "THE OPTICS OF PERFORMANCE. An Archaeological Approach to Intermediality in Theatre and Performance" vise à élaborer et à historiciser les concepts et les pratiques du théâtre intermédial en se concentrant sur le rôle des médias optiques.


Leslie VILLIAUME: De la physique amusante aux grandes illusions: évolution et diversification des procédés techniques au service des spectacles de magie au XIXe siècle
Depuis le XVIIIe siècle, l’aspect expérimental des sciences fascine, les démonstrations de "physique amusante" connaissent un énorme succès. Le Second Empire vit une industrialisation qu’il faut accompagner et expliquer. Le public est fasciné par les "merveilles" de la science, la vulgarisation scientifique est à son apogée. Les prestidigitateurs du XIXe ont alors des programmes de spectacles dont les tours sont généralement liés plus ou moins implicitement aux connaissances scientifiques, techniques et philosophiques de l’époque. Dans cette intervention, je me propose donc de faire une typologie succincte des "trucages magiques" utilisés au XIXe et de tenter d’expliquer leur évolution technologique en fonction des avancées techniques que connait la période.

Leslie Villiaume pratique le close-up depuis l’enfance. Après des études supérieures de mathématiques (Université Paris 5), d’astrophysique (Observatoire de Paris) et d’histoire de l’art (École du Louvre), elle s’est orientée vers les sciences humaines à l’Institut d’Histoire Moderne et Contemporaine (Sorbonne / ENS Ulm / CNRS) et prépare une thèse d’histoire des sciences portant sur la prestidigitation au XIXe siècle. Ce travail de recherche lui est rendu possible grâce à une Bourse de la Vocation de la Fondation Bleustein-Blanchet. Parallèlement, elle a réalisé plusieurs films (courts métrages de fiction et documentaires).

Leslie VILLIAUME: The fun physics with illusions: evolution and diversification of technical processes at the service of magic shows in the nineteenth century
Since the 18th century, the experimental aspect of science has exerted great fascination and demonstrations of "amusing physics" have tremendous success. The Second Empire is a time of industrialization that must be accompanied and explained. The public is fascinated by the "marvels" of science, scientific popularization is at its peak. The 19th century conjurers then performed programmes in which the tricks are more or less implicitly related to the scientific, technical or philosophical knowledge from the 19th century. Into this lecture, I would like both to make a brief typology of the "special affects" used during the 19th century, and to try to explain their technological evolution according to the technical progress of this period.



Archives de l'illusion: quels partages possibles?, table ronde animée par Leslie VILLIAUME, avec Sébastien BAZOU (L'association ARTEFAKE), Florent GARCIMORE, Jacques MALTHÊTE et Didier MORAX (Collectionner et transmettre dans le domaine de la magie)

Le problème posé par l’enregistrement de l’éphémère se double, dans le cas de l’histoire de la magie, d’une autre difficulté, celle d’une culture du secret qui complique l’accès aux illusions. Quel est l’état des connaissances en matière de construction, de circulation et de conservation des technologies de l’illusion (machineries, automates) ? Si l’illusion ne se construit que dans un rapport à un public, par quels moyens peut-on accéder à une histoire de la réception du spectacle de magie? Quels points de rencontre et quels partages des savoirs peut-on imaginer entre chercheurs, praticiens et collectionneurs?

The problem set by the recording of the ephemera is coupled, in the case of the history of magic, with another difficulty, with an education for secrecy, which complicates the access to illusions. How does the state of knowledge stand as regards the construction, the spreading and the conservation of the technologies of illusion (machineries, automatons)?
If illusion is merely constructed within its relationship with its public, how will one manage to accede to a history of the reception of performances of magic? Which meeting points and which knowledge shares may be devised between researchers, performers and collectors?

Sébastien BAZOU: L'association ARTEFAKE
Créée en 2004, l’association ARTEFAKE a pour but de promouvoir l’art magique à travers son site internet, ses publications, ses cours, ses conférences, ses spectacles et son centre de formation. Constatant i le manque de reconnaissance de l’art magique comme discipline artistique à part entière, notre projet vise à remettre l’illusion au centre d’un questionnement général autour de l’histoire de l’art, d’ouvrir les champs du possible et de faire évoluer cet Art unique vers une reconnaissance certaine. Avec plus de 1000 articles en ligne, le site www.artefake.com promeut l'art de l'illusionnisme sous toutes ses formes artistiques. Il met en lumière la part d’illusion dans des domaines aussi divers que la prestidigitation, la magie nouvelle, le cinéma, le théâtre, la danse, le cirque, la marionnette, les arts annexes, les beaux-arts, la littérature, la musique, l’anthropologie, la communication, et la psychologie.

Après des études aux Beaux-Arts où il se spécialise dans l’installation multimédia, Sébastien Bazou travaille pendant 4 ans au Théâtre National de Chaillot à Paris et conçoit en parallèle des scénographies, des décors et des accessoires pour des pièces de théâtre et des courts métrages de cinéma. En 2004, il cofonde l’association ARTEFAKE, dirige la publication et la rédaction du site www.artefake.com. En 2011, il intègre l’équipe bretonne du Collectoire pour assurer la programmation et  la communication visuelle des Jean Merlin Magic History Day. Fin 2014, il cofonde le label ArteFaktory afin de développer une structure de création autour du domaine de l’illusion (éditions, production et laboratoire de recherche artistique).

Jacques MALTHÊTE
Jacques Malthête a été directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (France). Il est l’auteur de nombreuses contributions sur les débuts du cinéma, en particulier, sur Georges et Gaston Méliès. Il a notamment publié Méliès, images et illusions (Paris, Exporégie, 1996). Il est, avec Laurent Mannoni, le co-directeur du catalogue de l’exposition Méliès, magie et cinéma (Paris, Paris-Musées, 2002) et le co-auteur du catalogue raisonné L’œuvre de Georges Méliès (Paris, La Cinémathèque française/Éditions de La Martinière, 2008). Il a, par ailleurs, contribué à des ouvrages collectifs sur Gaumont, Marey, Comandon et Pathé, et a publié tout récemment plusieurs contributions online dans Miscellanées Méliès (http://www.cinematheque.ch/f/documents-de-cinema/miscellanees-melies/miscellanees-melies-1/).

Didier MORAX: Collectionner et transmettre dans le domaine de la magie
Dans le domaine de l'illusion, les collections et leurs axes principaux n'ont pas de règles. Chacun collectionne selon sa sensibilité, ses découvertes fortuites ou provoquées et surtout selon ses moyens financiers. De forts moyens ouvrent l'accès à de belles pièces historiques et artistiques mais souvent ne permettent pas de collationner les documents populaires contemporains: ceux  qui deviendront les archives historiques du futur. La coopération intime et partagée de personnes de différents milieux économiques, professionnels, philosophiques et géographiques est, à mon avis, la seule voie qui permet d'approcher le plus près du but irréalisable d'avoir pris connaissance de presque "Tout ", d'en avoir matériellement acquis une faible partie et d'en avoir retransmis le plus possible  à ceux qui prennent la relève. Je parlerai de mon expérience. La possession de documents numérisés et même photocopiés est un pan de collection non pris en compte. Certains documents ne réapparaitront jamais. En avons-nous conscience?

Didier Morax, ex-artiste du spectacle, collectionneur en magie Prestidigitation et Arts associés. A été le conservateur de la collection magique de Christian Fechner. Son exposition "Le monde secret des illusionnistes a été présentée dans de nombreuses villes dont Paris, ainsi que lors du 5ème festival magique de Monaco. Ancien vice-président du Conservatoire National des Arts de la Magie et de l'Illusion (CNAMI), il rédige régulièrement des articles pour la Revue de la Prestidigitation. Il est conférencier au Merlin Magic History Day depuis 2014.



Rencontre avec les praticiens, table ronde animée par Véronique PERRUCHON, avec Sébastien BAZOU, Paul HOURON et Gérard SOUCHET

Au-delà de l’idée d’un art fortement codifié et assujetti à ses traditions, la magie semble se caractériser par sa mouvance, sa labilité, sa capacité à échapper aux définitions essentialistes en se réinventant là où on ne l’attendait pas. Où la magie se situe-t-elle dans le vaste ensemble des dispositifs du passé (panoramas, dioramas)? Comment l’idée de magie circule-t-elle avec fluidité d’une machinerie à une autre? Quelles sont les influences de la magie sur les formes médiatiques actuelles (télévision, cinéma, numérique)?

Gérard SOUCHET
Depuis toujours, Gérard Souchet aime la magie. Il obtient même son baccalauréat grâce à un numéro magique réalisé avec des cartes, lors de son oral d’anglais ! Après des études de sociologie (financées par ses spectacles présentés dans les meilleurs établissements rennais), c’est en 1988 qu’il devient professionnel. En 2008, Gérard crée le Festival International de Magie (Vivelamagie.com). Ce Festival itinérant réunit chaque année dans de nombreuses villes françaises les meilleurs magiciens internationaux du moment. Ces Festivals sont fréquentés par plusieurs dizaines de milliers de spectateurs.



Transformation de l'écoute et mutation technologique: l'esthétique de l'IMEB, table ronde avec Geneviève MATHON, Sylvain SAMSON et Grégoire TOSSER

La musique au XXe siècle serait soumise, selon François-Bernard Mâche, à trois tendances principales: l’influence des modes de pensées scientifiques; la nostalgie d’un code universel; la résurgence du sacré. Créer des images, des structures, des projections sonores via des machines et des outils technologiques façonnés au gré de leurs intuitions et qu’ils n’ont eu de cesse de développer et d’affiner: tel a été le défi et le projet de ces artisans, artistes-électroacousticiens, afin que la musique renoue avec ses fonctions primordiales archétypales et retrouve sa fonction magique et sacrée. Il est question d’interroger la musique électroacoustique en son fondement et sa vocation au regard d’un monde sonore inouï qui rompt non seulement avec l’instrumentarium traditionnel, mais aussi avec une manière de penser, d’inventer et de percevoir. Notre recherche prend appui sur l’important fonds de l’Institut International de Musique Electroacoustique de Bourges (IMEB) déposé à la BnF, emblématique de 40 ans de création internationale électroacoustique.

Transformation of listening and technological change: the aesthetics of the IMEB
According to François-Bernard Mâche, music in the twentieth century may be subjected to three main trends: the influence of scientific ways of thinking; the nostalgia of a universal code; the resurgence of the sacred. Creating images, structures, sound projections via machines and technological tools, shaped according to their intuitions, constantly developed and matured: this was the challenge and the project of these artisans, of these electroacoustic artists, so that music reconnects with its primary archetypal functions and regains its magical sacred function. Our purpose is to question the very foundation of electroacoustic music and its role in relation to an unheard sound world that breaks off not only with the traditional instrumentarium, but also with a way of thinking, of inventing and of perceiving. Our research builds upon the significant collection of the International Institute of Electroacoustic Music of Bourges (IMEB), deposited at the National Library of France (BNF), emblematic of 40 years of international electroacoustic creation.

Geneviève Mathon, musicologue (Université Paris-Est), spécialiste de la musique du XXe siècle et contemporaine, a écrit de nombreux articles et est rédactrice pour l’Encyclopédie en ligne "Donne in musica" (130 entrées), 2014.
Publications
À Bruno Maderna (1920-1973), en collaboration avec Laurent Feneyrou et Giordano Ferrari, Basalte éditions, deux volumes: 2007 et 2009.
"Musique et rythme", en collaboration avec Éric Dufour, Filigrane, n°10, 2010.
Des temporalités multiples aux bruissements du silence, à la mémoire de Daniel Charles, en collaboration avec Marta Grabocz, Éditions Hermann, 2013.
Beckett et la musique, en collaboration avec David Lauffer, Presses Universitaires de Strasbourg, 2013.


Sylvain Samson est chercheur associé à l’équipe CCAMAN (Confluences, Cinématographiques, Audiovisuelles, Musicales et Arts numériques) - laboratoire LISAA à l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée, professeur agrégé de musique, certifié en histoire des arts et docteur en musicologie des Universités François-Rabelais de Tours et La Sapienza de Rome. Ses recherches et publications se concentrent sur diverses problématiques liées, d’une part,  à l'opéra au XXe siècle, autour de la question du livret, du héros et du sacré (fonds Dallapiccola / IMEB), et, d’autre part, sur les mises en scène sonores au théâtre (fonds de l’Association de la Régie Théâtrale, BHVP).

Grégoire Tosser enseigne la musicologie à l’université d’Évry-Val d’Essonne et en classe préparatoire littéraire au lycée Corot de Savigny-sur-Orge. Son travail de recherche concerne principalement les musiques américaine, russe et hongroise des XXe et XXIe siècles.
Publications
Essai, Les dernières œuvres de Dimitri Chostakovitch: une esthétique musicale de la mort, L’Harmattan, 2000.
Ouvrage collectif, Ligatures: la pensée musicale de György Kurtág, Presses Universitaires de Rennes, 2009 (en co-direction avec Pierre Maréchaux).

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Organisé dans le cadre du projet "Les Arts trompeurs. Machines. Magie. Médias",
avec le soutien
de l'ANR-10-LABX-80-01, du Labex Arts-H2H, de l'ENS Louis-Lumière,
du CRILCQ, du GRAFICS, de l'IRCAV, du LISAA, du CEISME
et de l'Association Cinémathèque Méliès / Les amis de Georges Méliès