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DU LUNDI 25 JUILLET (19 H) AU LUNDI 1er
AOÛT (14 H) 2011
MÉLIÈS, CARREFOUR DES ATTRACTIONS
DIRECTION : André GAUDREAULT, Laurent LE FORESTIER
avec le concours de Madeleine MALTHÊTE-MÉLIÈS,
Jacques MALTHÊTE, Anne-Marie QUÉVRAIN
et Stéphane TRALONGO
ARGUMENT :
On a pris l’habitude de dire que l’œuvre de Georges
Méliès préfigure tout à
la fois le cinéma narratif, les productions
hollywoodiennes à grand spectacle, les films de science-fiction
à effets spéciaux. De nouvelles
voix se sont levées ces derniers temps qui
donnent plutôt raison à l’historien Jacques
Deslandes: "Georges Méliès n’est
pas en train d’inventer le cinéma: il assure
une relève". En fait, ce que l’on appelle
le "cinéma" des premiers temps n’a que peu
à voir avec le cinéma tel qu’on le connaît
aujourd’hui et ressortit davantage à la fabrication
de vues animées. Jusqu’aux environs de 1908,
Méliès et les autres "cinématographistes"
s’attachent moins à inaugurer un nouvel art,
une nouvelle industrie, qu’à perpétuer
par le truchement du cinématographe ces pratiques
culturelles que sont la lanterne magique, la photographie,
le numéro de scène, le sketch magique,
la pantomime, la féerie.
Il est temps d’interroger le travail de Méliès
à partir de chacune de ces pratiques
et des procédures économiques,
juridiques et sociales qui les sous-tendent. Cette
remise en question s’impose d’autant plus que
les films de celui qui était directeur du
théâtre Robert-Houdin, mais qui fut
aussi président de la Chambre syndicale de
la prestidigitation et directeur du théâtre
des Variétés artistiques, sont devenus
plus accessibles que jamais.
C’est l’intention de ce colloque qui vise à
contribuer au renouvellement des recherches
sur Méliès et plus largement
sur la cinématographie des débuts.
Ce sera également l’occasion de visionner
des films de Méliès, et notamment
ceux qui ont été retrouvés récemment
par l’association des Amis de Georges Méliès,
présentés lors de séances
autour des différentes pratiques culturelles
de l’époque.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Lundi 25 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre
Ouverture du colloque
Lettre de Frédéric MITTERRAND, lue par son représentant
François HURARD
Présentation des participants
Mardi 26 juillet
Matin:
André GAUDREAULT:
La cinématographie-attraction chez Méliès:
une conception durable
Laurent
LE FORESTIER: Le point de vue du monsieur de L’Orchestre:
l'exhibition des vues cinématographiques au théâtre
Robert-Houdin durant "l'époque Méliès"
Après-midi:
Patrick
DÉSILE: Trucs de théâtre et
trucs de cinéma. Essai d’un inventaire et
d’interprétation
Réjane
HAMUS-VALLÉE: La sauce et le poisson:
pour une esthétique de l'effet mélièsien
Lectures de lettres de Méliès,
par Betty SERMAN et Sylvain SOLUSTRI,
présentées par Jacques
MALTHÊTE
Inauguration de l'exposition Georges Méliès (51
panneaux)
Soirée:
Méliès et les forains,
vidéo de Çiva de GANDILLAC
Documents inédits, présentés
par Pascal FRIAUT, dont la Fête du Cinéma à
Orly en 1935 (reprise sur vidéo)
"Méliès 88", émission télévisuelle
sur Méliès, présentée par Frédéric
Mitterrand et des cinéastes réalisant huit courts métrages
inspirés de films disparus de Georges Méliès
Mercredi 27 juillet
Matin:
Jacques
MALTHÊTE: L’appentis sorcier de Montreuil-sous-Bois
Jean-Pierre
SIROIS-TRAHAN: La scène réfractée
au travers de la lentille de Georges Méliès
Après-midi:
Jean-Pierre
BERTHOMÉ: Les décors de
Méliès
Martin BARNIER:
Le son féerique de Méliès
Soirée:
Spectacle de magie, par Sylvain
SOLUSTRI
Jeudi 28 juillet
Matin:
Viva PACI:
Les visions d’un scientifique récalcitrant
Frédéric
TABET: Méliès, le magicien
et les magiciens
Après-midi:
DÉTENTE
Soirée:
Lectures de lettres de Méliès,
par Betty SERMAN et Sylvain SOLUSTRI,
présentées par Jacques
MALTHÊTE
Spectacle de magie, par Sylvain SOLUSTRI
Vendredi 29 juillet
Matin:
Priska MORRISSEY:
Costumes de spectacles et spectacles de costumes. La garde-robe des cours
cinématographiques de Georges Méliès
Laurent GUIDO: Entre
performance scénique et ciné-chorégraphie,
les avatars de la danse chez Méliès
Après-midi:
Giusy PISANO & Caroline
RENOUARD: Méliès et la lanterne magique
Matthew SOLOMON: Méliès,
Incohérent
Soirée:
Spectacle de magie, par Frédéric
TABET
Projection de dix-neuf films de Georges Méliès non édités,
sur vidéo ou DVD, accompagnés au piano par Jacques PAILHÈS
et commentés par Jacques MALTHÊTE
Samedi 30 juillet
Matin:
Frank
KESSLER & Sabine LENK: Méliès
et la série culturelle de la féerie
Stéphane
TRALONGO: Georges Méliès
et les faiseurs de féeries. Histoire d'une collaboration
avec les théâtres parisiens
Après-midi:
Caroline
CHIK: Arrêt de caméra et photographie
animée
Pierre CHEMARTIN &
Dominique NOUJEIM: Méliès
et Cohl: transformations, métamorphoses
et disparitions
Causerie sur le dessin, par Sébastien DUPONT-BLOCH:
Méliès et le dessin de Villers-sur-Mer à la Lune
Soirée:
Intermède musical: "Ah de Barberina
du Barbier de Séville" (Mozart) chantée par Alice MARZLOFF
et accompagné au piano par Jacques PAILHÈS
Morceaux au piano, par Jacques PAILHÈS (valse
lente de Sibélius, une gymnopédie d'Erick Satie,
la danse du feu de Manuel de Falla)
Projection d'une version teintée du Voyage dans la Lune avec
"cartons" en allemand, déposée à l'Institut Eye d'Amsterdam
et présentée par Matthew SOLOMON
Petite vidéo: Madeleine Malthête-Méliès
et Marie-Hélène Leherissey, chantant, en 1991, la valse composée
par Georges Méliès, présentée par Pascal
FRIAUT
Présentation de six films de Georges Méliès: Le
Mélomane, La tentation de St Antoine, Les cartes vivantes,
Le Portrait Mystérieux, La Cardeuse de Matelas et
Sorcellerie Cullinaire
Dimanche 31 juillet
Matin:
Elena DAGRADA:
Entre la Terre et la Lune, ou de l’anthropomorphisation
des astres
Philippe GAUTHIER & Santiago
HIDALGO: En marge de l'historiographie du cinéma? Georges
Méliès et le discours historique du cinéma des premiers
temps
Après-midi:
Rae Beth GORDON:
Voir double: le fondu enchaîné et le regard sidéré
du spectateur
Wanda STRAUVEN:
Une lecture média-archéologique
de l’œuvre de Georges Méliès (ou:
Méliès, un praticien SM?)
Soirée:
Interview de Mme Méliès (Jeanne
d'Alcy) en 1948 par Radio Lausanne, retrouvée par David PFLUGER
Le Cinéma des Pêches, court-métrage sur Montreuil-sous-Bois,
avec Pierre Jenn, Madeleine Maltête-Méliès et Serge
(le spécialiste du cirque)
La maison de Georges Méliès à Montreuil (construite
en 1901), court-métrage avec l'adjointe au maire de Montreuil, André
Méliès et Madeleine Malthête-Méliès
Lundi 1er août
Matin:
Frank KESSLER: Synthèse
du colloque
Apothéose, par Madeleine MALTHÊTE-MÉLIÈS
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Martin BARNIER: Le son féerique de Méliès
Quels sons accompagnent les films de Georges Méliès?
Méliès crée des films
qui s’intègrent dans des féeries. Dans
ce cadre, ces vues sont accompagnées de musiques,
de chants, de bruits et de paroles. On sait que le "boniment"
de La Légende de Rip Van Vinckle a été
retrouvé par André Gaudreault et Jacques Malthête
dans le Fonds Méliès de la Cinémathèque
Française: "Nous joignons [...] un résumé
destiné à être lu, phrase par phrase, au
moment exact de la projection des parties correspondantes
de la vue cinématographique". Le "magicien de
Montreuil" était donc favorable à l’accompagnement
vocal de ses films, même s’il a pu, plus
tard, se contredire sur ce point. Son fils, André Méliès,
se souvient d’un commentaire dit dans la salle entre 1905
et 1914. Jacques Malthête pense que les catalogues ont
pu servir de base pour ces conférenciers. En plus
de ces indications, le contexte de présentation des
spectacles de l’époque nous permettra de "reconstituer"
virtuellement les accompagnements variés (voix,
piano, bruitage et changeant selon les lieux de projections)
des productions Star-film. On peut espérer resituer
l’accompagnement sonore des films de Méliès dans
le cadre contextuel de la scène parisienne avec ses pratiques
culturelles, son organisation sociale et ses héritages,
comme la tradition des prestidigitateurs.
Martin Barnier est professeur en études
cinématographiques à l’université
Lumière Lyon 2.
Il a publié En route vers le parlant. Histoire
d’une évolution technologique, économique
et esthétique du cinéma (1926-1934)
(Liège, CEFAL, 2002); Des Films français
made in Hollywood. Les versions multiples (L’Harmattan,
2002) et Bruits, Cris, musique de films. Les projections
avant 1914 ( PU Rennes, 2010).
Jean-Pierre BERTHOMÉ: Les décors
de Méliès
La communication développera comment la conception
du décor, chez Méliès,
réalise comme intuitivement la synthèse
de sources d’inspiration diverses. En termes scénographiques,
c’est l’héritage des scènes à
trucs, mais associé à de nouveaux dispositifs plus
proprement cinématographiques. En termes
de références iconographiques, c’est le
recours à des représentations déjà
codifiées par les grands modèles picturaux
aussi bien que par les illustrations de la presse
populaire. En termes pleinement cinématographiques,
enfin, c’est le passage d’un décor frontal emprunté
au théâtre au même saisi en oblique
par la caméra, et surtout l’apprentissage du montage
comme élément constitutif d’un espace cohérent
de la fiction.
Jean-Pierre Berthomé a été longtemps
professeur d’études cinématographiques
à l’université Rennes 2. Il a publié une douzaine
d’ouvrages, principalement sur Jacques Demy,
Orson Welles ou Max Ophuls ainsi que sur le décor,
et contribué à des dizaines d’autres. Il publie
régulièrement dans la revue Positif.
Pierre CHEMARTIN & Dominique NOUJEIM: Méliès
et Cohl: transformations, métamorphoses
et disparitions
Teinté d’humour et d’esprit fumiste, les scènes
à trucs de Georges Méliès et d’Émile
Cohl recourent très largement aux figures
de la disparition, de la métamorphose et de la
transformation. La "trucalité" inhérente
des réalisations de Méliès et
de Cohl repose sur des pratiques qui furent très
en vogue dans certains cénacles d’intellectuels
de la seconde moitié du 19e siècle, comme
les Hydropathes et les Incohérents. Hommes
de cabarets et de caf’conc, les deux cinématographistes
développent un univers cinématographique
fin de siècle inspiré, tout à la fois,
de la prestidigitation et de la caricature, mais également
du monologue et du sketch comique. Il convient d’interroger
les modalités de cet univers à l’aune du "maillage
intermédial" (Gaudreault, 2008) qui caractérise
l’émergence de l’institution cinématographique,
conçue comme une zone de rencontre entre
des pratiques culturelles disparates et, parfois, anciennes.
Pierre Chemartin accomplit un doctorat de
littérature comparée de l’Université
de Montréal. Ses recherches portent sur la bande
dessinée et le cinéma des années
1880-1920.
Dominique Noujeim est chercheuse et coordonnatrice
au GRAFICS. Son domaine de prédilection
est l’histoire du cinéma d’animation.
Caroline CHIK: Arrêt de caméra
et photographie animée
Il s’agira d’étudier le "truc à arrêt"
chez Méliès à partir de la
pratique photographique en général,
et de la notion de "photographie animée"
en particulier. Si la "photographie animée" désigne
à l’époque de Méliès ce que
nous appelons aujourd’hui "cinéma", cette expression
prise à la lettre correspond également à
un ensemble de pratiques photographiques expérimentales
visant à produire des animations, apparu dans
les années 1850, soit avant l’ère de
l’instantané et de la chronophotographie. Le mouvement
n’y était pas décomposé en une
succession d’instantanés, mais mis en scène,
posé et composé. Paradoxalement,
il naissait de l’arrêt (celui du modèle,
celui de l’appareil). Les temps d’arrêt imposés
par les contraintes techniques de prise de vue sont
à l’origine de ce type d’animation image par
image. On rencontre cette figure de l’arrêt — ainsi
que le hiatus temporel qui en découle — dans les fameux
"trucs à arrêt" de Méliès,
lesquels reposent sur la nature discontinue du support filmique,
composé d’images fixes. Nous verrons ainsi que le maître
du trucage prolonge une certaine pratique de la photographie,
si marginale et méconnue soit-elle.
Chargée de cours et post-doctorante
au GRAFICS (Groupe de recherche sur l'avènement
et la formation des institutions cinématographique
et scénique), Département
d’histoire de l’art et d’études cinématographiques
de l’Université de Montréal, Caroline Chik
est docteure en Esthétique, Sciences et
Technologies des Arts, Spécialité Arts plastiques
et photographie, Université Paris 8 (titre de la
thèse: L’image paradoxale. Les relations fixité-mouvement
dans l’image optique, de la camera obscura aux
animations interactives). Publications: L’image
paradoxale, Presses Universitaires du Septentrion,
Collection Image et son, à paraître courant
2011 ; "Arrêt in vivo, immobilité et
fixité", site web de l’EdNM (Esthétique des
Nouveaux Médias), journée d’étude
"Mobile-Immobile", 14 mai 2008, Université Paris
8 ; "La fixité comme réalité de l’image animée",
in Créer, jouer, échanger,
Expériences de réseaux, actes des journées
H2PTM’05, Paris, Hermès Lavoisier, 2005.
Elena DAGRADA: Entre la Terre et la Lune, ou de l’anthropomorphisation
des astres
A travers l'étude de l'effet d'"allunage"
dans Le Voyage dans la lune (1902), on peut
remarquer que ce complexe passage vient d'une succession
de tableaux conçus pour le spectacle scénique
monté par Méliès au théâtre
Robert Houdin en 1891, Les farces de la lune à
un mètre ou les mésaventures de Nostradamus.
Ce spectacle, cependant, ne comportait pas un voyage
dans l'espace: cet effet avait pour fonction d'exhiber
un artifice optique. Et si l'on observe le film de Méliès
attentivement, on peut constater que le mouvement representé
dans Le Voyage dans la lune ne simule pas le rapprochement
de la personne en train de regarder la lune de l'intérieur
de la nacelle; au contraire, il simule le mouvement de la lune
qui avance vers la personne en train de la regarder. Le créateur
de ces "mouvements", en fait, ne participe pas vraiment à
la naissance d’un nouveau langage — voire à la naissance
du plan subjectif —, en rupture avec les pratiques culturelles
précédentes; bien au contraire, il prolonge, entre
autres, une certaine pratique de la scène théâtrale,
où astronomie et astrologie s'entremêlent et science
et magie peuvent se confondre.
Elena Dagrada enseigne les études
cinématographiques à l'Università degli
Studi di Milano (Italie). Elle a été membre
du Conseil d'Administration de Domitor (Association
Internationale pour la recherche sur le cinéma
des premiers temps), pour laquelle, en 1995, elle a
écrit la deuxième édition de la
Bibliographie Internationale du cinéma des premiers
temps (International Bibliography on Early Cinema). Elle
a également écrit – entre autres – les livres
La rappresentazione dello sguardo nel cinema delle origini
in Europa. Nascita della soggettiva (1998); Le varianti
trasparenti. I film con Ingrid Bergman di Roberto Rossellini
([2005] 2008), Prix CUC 2006; et Between the Eye and the World.
The Emergence of the Point-of-View Shot (à paraître
en 2011).
Patrick DÉSILE:
Trucs de théâtre et trucs
de cinéma. Essai d’un inventaire et d’interprétation
Mélièsienne,
la décapitation comique? Mais elle est déjà
présente dans la féerie du Cirque Olympique
Zazezizozu en 1835, dans Les Pilules du diable
en 1838... Et les bottes ou le bougeoir de l’Auberge ensorcelée
avaient d’abord enchanté la scène... Beaucoup de figures
fantastiques du cinéma de Georges Méliès,
dont on a pu penser qu’elles devaient tout à son imagination
fertile et aux possibilités inédites offertes
par le cinématographe, sont ainsi la reprise d’anciennes
figures du théâtre du XIXe siècle, que de
multiples trucs rendaient possibles. Omniprésents dans
les féeries, les trucs émaillent aussi d’innombrables
pièces appartenant à d’autres genres (opéra,
ballet, mélodrame, pantomime militaire, historique,
comique); d’emblée, donc, le cinéma, et singulièrement
celui de Méliès, les fait siens. Le truc traverse
l’univers spectaculaire du XIXe siècle; il en constitue
une sorte d’emblème. Trucs de théâtre et
trucs de cinéma usent de procédés qui peuvent
être radicalement différents, mais ne le sont
pas nécessairement, et il importera sans doute de réfléchir
au jeu des emprunts, des rejets, des imitations, des appropriations.
Mais, en tout état de cause, par delà les disparités
techniques et la dissemblance des dispositifs, trucs de théâtre
et trucs de cinéma dessinent des figures récurrentes
— disparitions, substitutions, transformations, décollations,
démembrements... — qui révèlent une part
obscure de la culture visuelle du XIXe siècle. Tout cela,
le cinéma de Georges Méliès le récapitule,
dirait-on, le clôt peut-être. Il s’agira donc ici de
dresser un premier inventaire de ces trucs — considérés
sous leur double aspect, stratagème et effet —, de décrire
les figures qu’ils suscitent, d’en proposer des éléments
d’interprétation, et, ce faisant, de contribuer
à inscrire l’œuvre de Georges Méliès dans
la longue durée de l’histoire de l’imaginaire et d’essayer
de rendre un peu mieux compte de son inaltérable pouvoir
de fascination.
Patrick Désile est
docteur en arts et sciences de l’art de l’université
de Paris 1 et chercheur associé au CNRS (Atelier de recherche
sur l’intermédialité et les arts du spectacle). Il
est notamment l’auteur de Généalogie de la
lumière. Du panorama au cinéma. De 2005 à
2009, il a animé un séminaire de recherche à l’Institut
national d’histoire de l’art puis à l’École normale
supérieure, consacré aux relations entre les spectacles
du XIXe siècle et le premier cinéma. Il a été,
en 2010, professeur invité à l’université de Lausanne.
André GAUDREAULT: La cinématographie-attraction
chez Méliès: une conception
durable
Georges Méliès est probablement le
cinématographiste le plus représentatif
du paradigme dit de la "cinématographie-attraction"
(tel que j’ai proposé d’appeler le phénomène,
en empruntant l’expression à G.-M. Coissac).
Son mode d’appropriation du cinématographe
est tellement fortement ancré dans des séries
culturelles pour lesquelles il aura été une
véritable figure de proue (magie, féerie,
sketches magiques, etc.) qu’il ne fera jamais
le saut, le passage à ce que j’ai proposé d’appeler
le "cinéma-institution". Au contraire de Pathé,
au contraire tout aussi bien d’Alice Guy, par exemple,
qui feront aisément le pont entre les deux paradigmes.
C’est que la cinématographie-attraction est
chez Méliès une conception véritablement
durable, tant et si bien que, même lorsqu’il
passera de l’autre côté de l’écran et de
la caméra et qu’il deviendra simple spectateur,
il opposera une très forte résistance au
nouveau paradigme, quitte à se déclarer consciemment
incompétent pour en assurer la lecture: pour lui,
un travelling latéral dans un film de la fin des années
1920, ce sont "des décors qui se déplacent
horizontalement", un travelling vertical, ce sont des décors
qui se déplacent "de bas en haut, pour laisser voir
les différentes parties d’une pièce", les
travellings avant, ce sont "des personnages qui grossissent
subitement" et les gros plans, ce sont des "pieds ou [des]
mains qui deviennent énormes pour laisser voir un
détail". Il s’agira ici de trouver comment pareille
incongruité apparente peut s’expliquer.
André Gaudreault est professeur titulaire
au Département d’histoire de l’art et
d’études cinématographiques de
l’Université de Montréal, où il est responsable
du GRAFICS (Groupe de recherche sur l’avènement
et la formation des institutions cinématographique
et scénique). Il a signé des ouvrages
de narratologie filmique (Du littéraire
au filmique. Système du récit,
1988 et 1999) ; Le Récit cinématographique,
1991 – avec F. Jost) et d’histoire du cinéma
(Cinéma et attraction. Pour une nouvelle
histoire du cinématographe, 2008 ; American
Cinema, 1890-1909 – direction, 2009). Il est aussi
directeur de la revue savante Cinémas.
Philippe GAUTHIER & Santiago HIDALGO: En
marge de l'historiographie du cinéma? Georges Méliès
et le discours historique du cinéma des premiers temps
En se penchant principalement sur des textes s’inscrivant
dans le sillon de l’histoire esthétique,
technique et sociale, cette communication
essaiera de jeter un peu plus de lumière
sur la façon dont les contemporains de Méliès
situaient ce dernier dans l’histoire naissante
du cinématographe. Comment les fééries
de Méliès étaient-elles
comparées d’un point de vue esthétique
à celle des autres fabricants de l’époque,
comme Pathé par exemple? Quelles innovations
techniques lui étaient-elles attribuées
et pourquoi? Quel public privilégiait les vues
fantastiques de Méliès et dans quelles
circonstances allait-on les voir? De telles préoccupations
seront au centre de cette intervention qui propose
un retour critique sur certains éléments
paratextuels de la cinématographie-attraction.
L’étude de ces textes pourra nous donner quelques
indications sur ce que les intervenants du milieu pensaient
de l’œuvre de Georges Méliès et sur leur façon
de la concevoir.
Philippe Gauthier est candidat au doctorat en cotutelle
à l’Université de Lausanne et à l’Université
de Montréal où il enseigne l’histoire du cinéma.
Sa thèse porte sur l’historiographie du cinéma.
Il est l’auteur du livre Le montage alterné avant Griffith
: le cas Pathé (2008), dont une version augmentée
en anglais sera publiée en 2012 par Columbia University
Press (co-André Gaudreault). Ses articles ont été
publiés en français, en anglais, en allemand, en portugais
et en russe. Il a récemment dirigé un numéro
de la revue animation: an interdisciplinary journal ("Animation:
New Perspectives on the Moving Image at the Turn of the Century",
juillet 2011). Il a reçu en octobre 2008 le Graduate Student
Writing Award offert par Domitor et il a été élu
au sein du comité exécutif de cette association en
janvier 2011.
Santiago Hidalgo est doctorant en études cinématographiques
à l'Université de Montréal, où il a
enseigné l'histoire du cinéma et travaillé comme traducteur
et auxiliaire de recherche pour le Groupe de recherche sur l'avènement
et les formations des institutions cinématographique et scénique
(GRAFICS). Sa thèse porte sur la conscience filmique, le cinéma
des premiers temps et la critique cinématographique. Il a
été coordonnateur de la Research Team on the History and Epistemology
of Film Studies à Concordia University. Il codirige (avec André
Gaudreault et Nicolas Dulac) l'ouvrage Blackwell Companion to Early
Cinema, prévu pour 2012.
Rae Beth GORDON: Voir double:
le fondu enchaîné et le regard sidéré
du spectateur
"Les illusions des
sens ont miné notre foi dans la réalité
du monde externe". Jacob Mohr, psychologue, 1882.
Méliès n’a
pas inventé le fondu enchaîné; il existait
déja dans les spectacles de lanterne magique. En le
revisitant pour le cinématographe, il joue sur l’ambiguïté
perceptuelle qui survient quand on voit deux images différentes
occupant, un bref instant, le même espace. Parfois, c’est
la rapidité du surgissement d’une figure par le fondu enchaîné
qui étonne. Dans quels cas l’utilise-t-il, et quels effets
cherche-t-il à produire avec ce trucage? En un premier temps,
on situera le fondu enchaîné dans la série culturelle
des appareils optiques et des spectacles qui l’ont utilisé.
En un deuxième temps, on tâchera de savoir en
quoi l’effet du fondu enchaîné méliésien
sur les spectateurs pouvait différer des effets qui avaient
été annoncés ou décrits pour la même
technique lorsqu’elle est apparue dans la lanterne magique, le
Diorama, le Cosmorama, ou dans le stéréoscope de David
Brewster qui fait apparaître des fantômes en trois
dimensions.
Or, pour tenter de ressaisir
l’expérience des spectateurs de 1900, il faut
prendre en considération les théories contemporaines
sur la perception, les illusions et les hallucinations,
un contexte culturel essentiel de la fin du 19e siècle.
C’est à la lumière de ces théories que
l’expérience spectatorielle d’une vision ambiguë
et fugace (mais intensément présente) se comprend
le mieux. On est aux débuts de la Gestalttheorie en psychologie
avec ses dessins où figure et fond changent de place, faisant
émerger de deux profils un vase — façon de voir
double, comme dans le fondu-enchaîné. Dans cette
communication, je ferai des rapprochements entre les théories
sur l’illusion et l’hallucination et des exemples de fondu enchaîné
dans huit films de Méliès. A la fin du 19e siècle, on
produit volontairement des hallucinations visuelles dans
le but de s’amuser. Les connotations médicales de l’ambiguïté
perceptuelle sont d’actualité au moment même où
les fondus enchaînés de Méliès étonnent
les spectateurs, et la vulgarisation de ce savoir permet de
le considérer comme l’un des éléments au
travail dans l’imaginaire des spectateurs de l’époque.
Rae Beth Gordon est
professeur émerite de français et de littérature
comparée à l’Université du Connecticut.
Elle est l’auteur de:
Ornament, Fantasy and Desire
in 19th-century French Literature (Princeton University
Press, 1992),
Why the French love Jerry
Lewis: From Cabaret to Early Cinema (Stanford University
Press, 2001),
Dances with Darwin, 1875-1910:
Vernacular Modernity in France (Ashgate Press, 2009).
Elle a écrit de nombreux
articles sur les croisements entre la médecine,
le comique, et les arts du spectacle, dont les plus récents
en France sont "Les Galipettes de l’Autre burlesque", dans
Aux sources du burlesque cinématographique : Les
comiques français des premiers temps, 1895, dir. Laurent
Guido et Laurent Le Forestier, n°61 (octobre 2010) ; "De Charcot
à Charlot", Trafic n°69 (mars 2009).
Laurent
GUIDO: Entre performance scénique et ciné-chorégraphie,
les avatars de la danse chez Méliès
La Danse
du feu (1899), La Danseuse microscopique (1902),
Le Cake-Walk infernal (1903), Le Rêve
du maître de ballet (1903), Le Menuet
lilliputien (1905): le seul énoncé de ces
quelques titres met en évidence la prégnance de
l’univers chorégraphique dans la filmographie de
Georges Méliès. Au-delà de ces bandes
explicitement centrées sur des prestations saltatoires
(auxquelles il faudrait ajouter d’autres films du même
ordre, comme Faust aux enfers ou La Lanterne Magique,
réalisés en 1903), la danse apparaît
comme un motif récurrent de nombreuses productions Star
Film, aussi bien en tant que performance cruciale pour l’action
que sous la forme d’une évolution groupée à
valeur périphérique.
Ce rapport
multiforme de Méliès à l’univers
de la danse sera interrogé en fonction des modes
de représentation du mouvement corporel qui caractérisent
le cinéma des premiers temps, plus spécifiquement
les nombreuses bandes ayant pour sujet une performance
chorégraphique (le plus souvent un numéro
marqué par le dispositif scénique et possédant
dès lors sa propre structure, temporalité ou
relation aux spectateurs). Dans quelle mesure les pratiques filmiques
(cadrage, angle de prise de vue, changement de tableau,
recours aux trucs...), à des degrés très
divers en fonction des années de production, interviennent-elles
dans la captation de cet événement profilmique?
Jusqu’à quel point la danse filmée, même réagencée
en fonction des modes de représentation cinématographiques,
renvoie-t-elle aux conditions spécifiques de son domaine
expressif d’origine (théâtre, ballet, music-hall,
magie, féerie, cirque...), domaine au sein duquel elle
a été non seulement élaborée, mais
aussi potentiellement engagée dans des processus d’intégration
narrative ou spectaculaire? Cette approche intermédiale
engage une étude où l’analyse de films sera nécessairement
confrontée à une prise en compte du contexte
historique de l’espace culturel du spectacle au tournant
du 20e siècle.
Laurent
Guido est professeur à l’Université de Lausanne.
Invité comme chercheur ou enseignant aux Universités
de Paris I, Chicago et Montréal, il travaille
principalement sur les relations entre film, corporéité
et musique, ainsi que sur l’historiographie du cinéma.
Outre une soixantaine d’études, il a notamment
publié L’Age du rythme (Payot, 2007), ainsi
que dirigé ou co-dirigé plusieurs volumes collectifs
dont, en 2010, Fixe/Animé (L’Age d’Homme, avec
Olivier Lugon) et Aux sources du burlesque cinématographique.
Les comiques français des premiers temps
(1895, n°61, avec Laurent Le Forestier). Il prépare
actuellement un livre sur l’histoire des rapports entre danse
et cinéma.
Réjane HAMUS-VALLÉE: La sauce
et le poisson: pour une esthétique de l'effet
mélièsien
A
partir des écrits portant sur "l’essence théâtrale"
et, en particulier, sur l’esthétique
du truc et de la machinerie dans l’essor du spectacle
du 19ème siècle, cette communication
se propose de questionner l’esthétique du truc mélièsien
comme héritier partiel du truc scénique,
qu’il soit théâtral ou magique. La
question du mouvement, de l’exploration des limites spatiales
et temporelles, du rapport corps / décor..., omniprésente
dans une série de spectacles antérieurs
se prolonge dans le travail du magicien de Montreuil.
Bien qu’utilisant souvent des techniques différentes,
Méliès obtient un effet proche, à travers
une mise en scène et une conception du spectateur
similaires. L’analyse de l’évolution de l’esthétique
des trucages mélièsiens, qui prendra aussi
appui sur ses trucages dits "invisibles", rarement étudiés,
cernera les éléments de convergence — et de
divergence — avec l’esthétique des trucs scéniques.
Nous voudrions analyser en détails plusieurs
films de Méliès entre 1896 et 1906, afin
de voir comment sa notion même de truc se modifie pendant
cette décennie.
Réjane Hamus-Vallée est maître
de conférences au sein du département
Sociologie de l'université d'Evry Val d'Essonne.
Membre du Centre Pierre Naville, fédération
TEPP (FR n°3126), elle y dirige le master pro
Image et société. Elle a publié
Les Effets spéciaux, ed. Cahiers du cinéma
/ CNDP, « Les Petits cahiers », 2005 et Du
trucage aux effets spéciaux (direction), CinémAction
n°102, Janvier 2002. Elle a publié dans Les Cahiers
du cinéma, 1895, Repérages, Simulacres,
Revue d’esthétique, Humoresques, Sociétés,
Les Cahiers de l’imaginaire...
Frank KESSLER & Sabine LENK: Méliès
et la série culturelle de la
féerie
Si la féerie représente sans doute
l'un des genres les plus pratiqués par Georges
Méliès dans sa production cinématographique
et si cette forme scénique traditionnelle
lui sert régulièrement de point de
référence dans ses écrits sur
son travail, si encore il a contribué par des vues cinématographiques
à des spectacles sur la scène du
Théâtre du Châtelet, une vue plus
analytique de la place qu'il tient dans cette série
culturelle reste à développer. Nous proposerons
alors de nous pencher sur les rapports complexes entre les
différents pans de la production de Méliès
et la féerie, aussi bien à un niveau institutionnel
que du point de vue des formes qu'il utilise soit pour faire adopter
les vues animées au sein d'un spectacle scénique,
soit pour adapter les différents registres caractérisant
celui-ci aux besoins du spectacle cinématographique
émergent.
Sabine Lenk est archiviste, ancienne directrice
du musée de cinéma de Düsseldorf
et chercheur affilié au groupe de recherche
Médias de l'Université d'Utrecht. Avec Frank
Kessler et Martin Loiperdinger, elle a fondé
et dirigé KINtop. Jahrbuch zur Erforschung des frühen
Films ainsi que la collection KINtop Schriften. Elle
est l'auteur de nombreuses publications sur le cinéma
des premiers temps, la restauration et l'archivage
des films ainsi que sur des questions muséographiques
concernant le patrimoine cinématographique.
Elle vient de publier Vom Tanzsaal zum Filmtheater. Eine
Kinogeschichte Düsseldorfs (2009).
Frank Kessler est professeur en Histoire du cinéma
et de la télévision à
l'Université d'Utrecht. Avec Sabine Lenk et Martin
Loiperdinger, il a fondé et dirigé KINtop. Jahrbuch
zur Erforschung des frühen Films ainsi que la collection
KINtop Schriften. De 2003 à 2007 il était
président de l'association internationale
DOMITOR. Il est l'auteur de nombreux articles sur
l'histoire du cinéma et notamment du cinéma
des premiers temps. Avec Nanna Verhoeff, il a co-dirigé
Networks of Entertainmen. Early Film Distribution 1895-1915
(2007).
Laurent LE FORESTIER: Le point de vue du monsieur
de L’Orchestre: l'exhibition des
vues cinématographiques au théâtre Robert-Houdin durant
"l'époque Méliès"
On connaît la célèbre expression
forgée par Georges Sadoul pour définir
l'esthétique méliésienne.
Elle sera envisagée pour cette communication
dans un sens un peu différent, comme une piste
de recherche ouverte implicitement par Sadoul mais jamais
réellement explorée. L'Orchestre est en
effet une revue qui, au tournant du siècle, donne
quotidiennement les détails des spectacles,
théâtre par théâtre. Les premières
projections de Méliès y apparaissent
donc, au sein des programmes du théâtre Robert-Houdin.
L'Orchestre constitue par conséquent une
trace précieuse du caractère "hybride"
des spectacles méliésiens, en ce qu'y alternent
théâtre et cinéma ("kinetograph"
au début). Il s'agira alors de se demander, en croisant
ces programmes du théâtre Robert-Houdin avec
ceux des autres théâtres de l'époque,
comment pouvait être perçu, par les spectateurs
à la recherche d'un spectacle en lisant ces pages, le
spectacle méliésien. D'évidence,
il ressortissait plus du théâtre que du
"cinéma", celui-ci ayant le statut d'"attraction".
Cette étude se propose d'étudier ces programmes
de manière diachronique, afin de mieux comprendre
à quel moment et dans quelles conditions la pratique cinématographique
de Méliès s'est autonomisée.
Laurent Le Forestier (1970) est professeur
en études cinématographiques au sein
du Département d'Arts du Spectacle de l'Université
Rennes 2. Professeur associé à l'Université
de Lausanne, il est aussi membre de l'Association Française
de Recherche sur l'Histoire du Cinéma (AFRHC)
et secrétaire d'édition de sa
revue, 1895, ainsi que membre du comité
scientifique de la revue CINéMAS. Ses recherches
portent sur le cinéma des premiers temps, l'historiographie
du cinéma et sur l'histoire de la critique.
Il a publié Aux sources de l’industrie du cinéma.
Le modèle Pathé 1905-1908 (2006),
La Firme Pathé Frères 1896-1914 (co-dirigé
avec Michel Marie, 2004) ainsi que, en collaboration avec
Alain Carou, Louis Feuillade. Retour aux sources (2007).
Il a co-dirigé récemment, avec Laurent Guido,
le n°61 de 1895, consacré aux "Comiques
français des premiers temps" (septembre
2010).
Jacques MALTHÊTE: L’appentis sorcier
de Montreuil-sous-Bois
En 1900, alors que son studio a déjà trois
ans d'existence, Méliès décide
d'élargir le champ de sa caméra
en la reculant une première fois dans un petit
appentis qu'il accole au sud. Cette modification,
qu'il s'impose, répond à des impératifs
de mise en scène nécessitant de grands décors
et une importante figuration, à la manière
des grandes féeries du Châtelet. C'est
l'époque des premiers films à tableaux, dans
lesquels un véritable récit commence à se
développer.
Cependant, dans les petits films à trucs, dont
la réalisation couvre toute la période
de production, décors et personnages
reprennent leur distance traditionnelle par rapport à
la caméra. Ce qui nécessite de les disposer
en avant de la scène, la caméra, très
massive, restant figée dans l'appentis.
Ainsi, les métamorphoses de cet appendice,
modifié par la suite à deux reprises au moins
jusqu'en 1908, ne sont pas sans conséquences
sur la mise en scène méliésienne,
dans laquelle coexisteront, de fait, deux esthétiques
théâtrales, l'une plutôt
"Robert-Houdin", l'autre plutôt "Châtelet".
La communication s'attachera à suivre précisément
l'évolution de ce petit local et
à analyser les enjeux des agrandissements
successifs du cadre de scène, passés
largement sous silence par l'historiographie, en
s'appuyant sur des plans reconstitués, des
photographies du studio et des films de Méliès.
Jacques Malthête a été directeur
de recherche au Centre national de la recherche
scientifique. Il est l'auteur de nombreuses
contributions sur les débuts du cinéma
et, en particulier, sur Georges Méliès
dont il est l'un des descendants. Il a notamment
publié Méliès, images et illusions
(Paris, Exporégie, 1996), il a été
le co-directeur du catalogue de l'exposition Méliès,
magie et cinéma (Paris, Paris-Musées,
2002) et le co-auteur du catalogue raisonné
L'Œuvre de Georges Méliès (Paris, La Cinémathèque
française/Éditions de La Martinière,
2008). Il a, par ailleurs, participé à plusieurs
ouvrages collectifs sur Léon Gaumont et Étienne-Jules
Marey.
Priska MORRISSEY: Costumes
de spectacles et spectacles de costumes. La garde-robe des cours cinématographiques
de Georges Méliès
Participant de l’érotisme délicat des vues,
animés par le tremblant coloris des pinceaux,
exotiques ou historiques, collants ou vaporeux, alourdis
de velours et d’étoiles brodées, caricaturant
en quelques attributs le savant, l’astronome ou la sorcière,
les costumes jouent, au même titre que les toiles
peintes, un rôle essentiel dans les vues éditées
par Georges Méliès. Bien plus, ils constituent
des éléments essentiels et récurrents
de trucages qui les animent d’une vie propre et, bien souvent,
se trouvent au cœur d’intrigues où le costume fait l’identité.
Or, ces costumes, en dehors de quelques exceptions notables,
proviennent d’abord d’un stock de costumes de scène.
Nous tenterons de réinscrire les pratiques et les choix
de Méliès dans une histoire culturelle du costume
scénique et interrogerons les modalités et limites
de ce transfert. Nous verrons par exemple ce qu’implique un
traitement — a priori — différencié entre décors
et costumes ; nous confronterons les usages des costumes
dans les vues et la manière dont Méliès
les a pensés pour ses spectacles de magie au théâtre
Robert-Houdin, spectacles où la texture et l’amplitude
du costume jouent un rôle primordial. Enfin, nous reviendrons
sur les rares cas avérés où des costumes
ont été réalisés spécialement
pour des vues cinématographiques.
Priska
Morrissey est maitre de conférences en études
cinématographiques à l’Université Rennes
2. Ses travaux portent sur l’histoire des métiers et des
techniques au cinéma. Sa thèse, soutenue
en 2008, est consacrée à la naissance du métier
d’opérateur de prise de vues et à l’invention
d’un art de l’éclairage en France (1895-1926). Elle a
également publié Historiens et cinéastes:
rencontre de deux écritures (L’Harmattan, 2004).
Viva
PACI: Les visions d’un scientifique récalcitrant
Cette
présentation cherchera à faire le point
de la relation entre la production cinématographique
de Méliès avec divers contextes,
scientifiques et parascientifiques, de son époque.
L’imagerie de Méliès est fortement liée,
certes, au spectaculaire, au music-hall et à
la magie. Rarement on rattache l’imaginaire du magicien
de Montreuil à celui que la recherche (et ses formes d’exposition)
produisait dans les dix premières années
du vingtième siècle. Nous nous intéresserons
ainsi à quelques croisements symptomatiques, entre
science et spectacle, qui auraient pu en effet intéresser
Méliès — dans le but de vérifier si l’apparence
d’un transfert de connaissances aurait eu lieu. En particulier
nos objets d’étude croisés interrogeront
la genèse des figures exotiques dans les vues de Méliès.
Nous nous pencherons tout spécialement sur la taxidermie
et sur les expositions des musées de sciences naturelles
traitant de volcanologie. En particulier les habitat-diorama,
commencés par le naturaliste Carl Akeley en 1889
et l’expédition du géologue Alfred Lacroix au
volcan Pelée, en Martinique en 1902. On vérifiera
si l’imagerie scientifique, née autour de ces pratiques
hautement spectaculaires, a eu un impact sur les créations
de Georges Méliès. Nous essayerons de vérifier
en même temps, à la lecture de la presse d’époque,
si cette éventuelle relation avait été
vue et soulignée dans la réception de ses films.
Viva
Paci est professeur à l’Université du Québec
à Montréal (UQAM), où elle dirige
la maîtrise en Communication: "Cinéma
et images en mouvement". Elle est membre régulier
du Centre de recherche sur l’intermédialité (CRI),
du Groupe de recherche sur l’avènement et la formation
des institutions cinématographique et scénique
(GRAFICS) et du Groupe de recherche Project on European Cinemas
(PEC). Est l’auteur de Il cinema di Chris Marker (Bologna,
Hybris, 2005), avec Benny Mirisola et Ronald de Rooy, de: Romanzi
di deformazione (Firenze, Franco Cesati Editore, 2010) et de
la thèse de doctorat De l’attraction au cinéma
(Université de Montréal, 2007). A dirigé avec
André Habib, Chris Marker et l’imprimerie du regard
(Paris, L’Harmattan, 2008) et, avec Michael Cowan et Alanna Thain,
un numéro de la revue CiNéMAS ("Prises de rues",
automne 2010). Ses livres en 2011 sont: La comédie
musicale et la double vie du cinéma (Paris/Udine, Aléas/Forum),
et La machine à voir. À propos de cinéma,
attraction, exhibition (Lille, Presses Universitaires
du Septentrion).
Giusy
PISANO & Caroline RENOUARD: Méliès
et la lanterne magique
Les études
concernant la lanterne magique et celles sur Georges
Méliès prennent une envergure sans précédent
depuis une vingtaine d'années. Des liens entre
le spectacle lanterniste et les expérimentations
proposées par le magicien ont été repérés
et soulignés. Ces affections sont connues aussi
bien des chercheurs que du grand public qui n'a pu que constater
ses relations à travers les expositions de la Cinémathèque
française. Souvent évoquée, cette
influence/utilisation de la lanterne magique chez Méliès
n'a pourtant été que très rarement réfléchie
dans une confrontation plus spécifique, mis à
part peut-être dans les articles signés Laurent
Le Forestier et Laurent Mannoni, parus dans les catalogue Méliès,
magie et cinéma (2002) et L'Œuvre de Georges
Méliès (2008), précisant l'emprise
de l'art trompeur et des fantasmagories du théâtre
magique ou féérique dans les films de Méliès.
Cependant, il semble que les enjeux narratifs, esthétiques
et techniques outrepassent ce simple cadre de la fantasmagorie.
On retrouve aussi une forte corrélation entre le "style"
graphico-pictural de certaines plaques de lanterne magique
(Royal Polytechnis, Lapierre) et les dessins de Méliès
(caricatures, affiches, dessins préparatoires, etc...)
ou entre les mises en scène de Méliès et
les plaques anglaises "Life Models" aux effets si proches réalisés
par des surimpressions, des fondus enchaînés
provoquant l'apparition, la disparition ou la transformation
progressive des divers éléments scéniques
(inspirés des "dissolving views" des spectacles de
lanterne magique ou encore des photographies truquées spirites
de Mumler et Buguet), des couleurs fortement expressives, des
décors en trompe-l'œil (hérités là aussi
des photographies truquées, victoriennes avec Rejlander
et Robinson). Le principe du tournage en studio et, de ce fait,
les notions de composition du cadre, de mouvement interne et
externe ou encore celles de rupture et d'hybridation des formes
semblent, par là même, être des points d'approche
pertinents pour analyser spécifiquement cette rencontre de
la lanterne magique et de l'art cinématographique de Méliès.
Nous analyserons les relations esthétiques et techniques
entre l'œuvre de Méliès et les spectacles lanternistes
à travers une analyse entre ses films et la collection de
plaques de lanterne magique conservée par la Cinémathèque
française.
Giusy
Pisano est professeur en cinéma et audiovisuel
à l'Université Paris-Est Marne la Vallée.
Directrice du département Cinéma, Audiovisuel,
Arts Sonores et Numériques. Responsable du Master
"Cinéma, Audiovisuel et Archives". Chercheur
au LISAA, ses recherches portent sur l'anthropologie des
sons et des images.
Caroline Renouard
est doctorante et ATER à l'Université Paris-Est
Marne la Vallée. Sa thèse, qu'elle prépare
sous la direction de Giusy Pisano et Nancy Berthier,
porte sur les enjeux esthétiques et narratifs des
trucages d'incrustation. Elle a obtenu en 2010 le statut
de chercheur invité à la Cinémathèque
française (Bourse Jean-Baptiste Siegel - Cinémathèque
française) dans le cadre d'une recherche sur les
fonds d'archives "Nicolas Wilcke et Paul Minine".
Jean-Pierre SIROIS-TRAHAN:
La scène réfractée
au travers de la lentille de Georges Méliès
Lors de cette communication,
j’analyserai l’ensemble des procédés
scéniques (dont le gros plan féerique et la
maquette) dont on a dit, en les repérant dans les
vues de Méliès, qu’ils préfiguraient
le cinéma institutionnel. Le but avoué sera de
comprendre ce qui, des arts scéniques, passe précisément
dans les vues animées. Or, la disparition d’un personnage
féerique à l’aide d’une trappe et la disparition
du même personnage à l’aide d’une procédure
d’aboutage de la pellicule, ce n’est pas tout à
fait la même chose. Il sera intéressant de
comprendre la nature de ce "pas tout à fait" en proposant
un modèle épistémologique qui rende compte
de cette différence. Que se passe-t-il quand une série
culturelle (la féerie, par exemple) est réfractée
dans un milieu différent (le dispositif technique du cinématographe)?
Quel est l’indice de réfraction pour chacun des
procédés scéniques? Par rapport
à la scène représentée, les vues
de Méliès sont-elles purement transparentes
ou créent-elles précisément une fracture
de la représentation?
Professeur
agrégé au Département des littératures
de l’Université Laval, Jean-Pierre Sirois-Trahan a obtenu
un double doctorat (Université de Montréal/Université
de Paris III). Directeur de la revue Nouvelles vues sur
le cinéma québécois, il s’intéresse
notamment au cinéma des débuts sur lequel
il a publié plusieurs articles et codirigé deux ouvrages:
Au pays des ennemis du cinéma... Pour une nouvelle
histoire des débuts du cinéma au Québec
(Nuit blanche éditeur, 1996) et La vie ou du moins ses
apparences (Cinémathèque québécoise/Grafics,
2002). Il a codirigé un numéro de la revue Cinémas
sur le dispositif au cinéma. Avec Sophie-Jan Arrien, il a codirigé
l’ouvrage Le montage des identités (PUL, coll. Kairos, 2008).
Matthew
SOLOMON: Méliès, Incohérent
While Méliès’ early career as a political cartoonist
illustrating the covers of his cousin Adolphe’s anti-Boulangist journal
La Griffe (1889-1890) under the pseudonym “Geo. Smile” is generally
known to Méliès scholars, it has received little detailed
examination to date. In this paper, I argue that Méliès’
work as a caricaturist was foundational for his overall aesthetic in
both theater and film. It places Méliès within the vibrant
realm of French political caricature while also linking him to the Incohérent
art movement that flourished in Paris during the late-nineteenth century
(partly through the efforts of his contemporary Émile Cohl).
A close look at Méliès’ relationship to the Incohérents
in the graphic and performing arts demonstrates the “Incoherence” not
only of his comedy but also of his approach to set design.
Matthew Solomon is Associate Professor in the Department
of Screen Arts and Cultures at the University of Michigan. He is the
author of Disappearing Tricks: Silent Film, Houdini, and the New Magic
of the Twentieth Century (University of Illinois Press, 2010) and the
editor of Fantastic Voyages of the Cinematic Imagination: Georges
Méliès’s Trip to the Moon (SUNY Press, 2011).
Wanda STRAUVEN: Une
lecture média-archéologique
de l’œuvre de Georges Méliès
(ou: Méliès, un praticien SM?)
Cette intervention se propose
de tracer les soi-disant "perversions" SM du dispositif
cinématographique dans l’œuvre de Georges Méliès.
Parmi ces "perversions" (qui, finalement, ne sont pas de
vraies perversions, mais plutôt des séries
ou pratiques culturelles non-filmiques), Thomas Elsaesser a
identifié "science et médecine, surveillance et militarisme,
l’unité sensori-motrice de l’image-mouvement". L’avantage
de cette notion de pratiques SM est qu’elle permet de penser l’existence
du cinéma au-delà de ses valeurs de spectacle
(commercial et/ou artistique), voire d’institution "cinéma".
Il s’agira d’attirer l’attention sur une certaine thématique
SM chez Méliès — des sujets (pseudo-)scientifiques touchant
l’astronomie et l’eugénisme aux maintes moqueries médicales;
des systèmes de télé-vision aux documentaires
et comédies militaires; des expériences d’équilibre
à une véritable apogée du corps humain en
mouvement — afin de faire ressortir le vaste contexte médiatique
dans lequel le cinéma à trucage s’installa au début
du vingtième siècle. Telle lecture vise à mettre
en question la fonction de la "trucalité" mélièsienne
et, plus généralement, la position de son œuvre dans
l’histoire du cinéma de (science-)fiction.
Wanda Strauven est
professeur en études cinématographiques
à l’Université d’Amsterdam, où elle dirige le
groupe de recherche "Imagined Futures". Ses recherches
portent sur le cinéma des premiers temps et d’avant-garde,
le futurisme italien, l’archéologie des médias,
la synesthésie et les dispositifs médiatiques.
Elle a publié Homo orthopedicus. Le corps et ses prothèses
à l'époque (post)moderniste (codirigé
avec Nathalie Roelens, 2001), Marinetti e il cinema: Tra attrazione
e sperimentazione (2006), The Cinema of Attractions Reloaded
(2006) et Mind the Screen: Media Concepts According to Thomas Elsaesser
(codirigé avec Jaap Kooijman et Patricia Pisters, 2008).
Frédéric TABET: Méliès,
le magicien et les magiciens
Georges Méliès est peu présent
en tant qu’artiste — opérateur sur la
scène de son théâtre, cependant,
il est très actif lors des réunions de la
Chambre Syndicale de la Prestidigitation qu’il a fondée
et qu’il préside. L’ensemble des expériences
magiques qu’il y présente montre par leur construction
qu’il porte une attention toute particulière
au regard de ses confrères magiciens. Il invente
une nouvelle forme magique, une magie pour magicien
étant de fait, le premier à se produire devant
un public de spécialistes. Cette forme regroupe des
illusions dont la subtilité ne peut être comprise
que par des spectateurs au fait du fonctionnement technique
des illusions classiques dont elle partage les effets.
Prendre ce regard de spécialiste permet de comprendre l’un
des modes de création de Georges Méliès,
car, sous cet angle, certains de ses films peuvent être
considérés comme des applications de cette
magie pour magicien, comme des illusions d’illusion.
Diplômé de l'Ecole Nationale Supérieure
Louis Lumière, Frédéric
Tabet, en parallèle à ses activités
de cinéaste et d’opérateur, est
enseignant depuis 2005 à l’université Paris I
et Paris Est, où il débute en 2007 un doctorat.
Son travail explore les relations techniques entre le
cinéma dit des premiers temps et l’art magique,
reliant et ralliant ainsi sa passion aux études
cinématographiques. Intervenant auprès
de professionnels (Ecole Nationale des Arts du Cirque),
en spectacles et en conférences, il cherche à
redonner ainsi une importance à un art peu étudié.
Stéphane TRALONGO: Georges Méliès
et les faiseurs de féeries. Histoire d'une collaboration
avec les théâtres parisiens
L’arrivée du cinématographe est immédiatement
suivie par une période de rencontres,
de dialogues et d’échanges avec des directeurs
de théâtre, qui ne vont pas manquer d’exploiter
à l’intérieur de spectacles de scène
ce qui leur apparaît comme un modèle
perfectionné de lanterne magique. L’œuvre de Georges
Méliès est, à cet égard, exemplaire
des liens qui se nouent avec des faiseurs de féeries,
non seulement parce que la confection de ses vues animées
repose en grande partie sur des matériaux, des
techniques et du personnel empruntés aux corps de
métiers impliqués dans l’exécution
de pièces féeriques (machinistes, décorateurs,
costumiers, etc.), mais aussi parce que certaines
de ses bandes sont spécialement conçues
pour être intercalées dans des spectacles
de ce genre. C’est sur ce dernier aspect du travail de Méliès
que cette recherche souhaite plus précisément
se pencher, en vue d’illustrer la variété,
la vivacité et la réciprocité des rapports
qui s’engagent à cette époque entre théâtre
et cinématographe. N’est-il pas déjà
prévu, si l’on en croit le manuscrit récemment
retrouvé de la pièce, qu’une projection
cinématographique soit intégrée à
la revue Passez Muscades créée en 1899
au théâtre Robert-Houdin? Surtout, la notoriété
des vues animées de la Star Film ne se fonde-t-elle pas
aussi sur le prestige des spectacles de scène du Châtelet,
de l’Olympia et de la Cigale qui les ont accueillies, comme
en témoigne un programme du théâtre
Robert-Houdin? Il s’agira de revenir en particulier sur la mise
en scène des Quat’ cents coups du Diable au
théâtre du Châtelet pendant la saison 1905-1906,
afin de replacer les vues animées fabriquées
par Méliès pour cette pièce dans la
tradition dramatique établie de la féerie. Cette
étude d’un cas relativement fameux mais sur lequel on
ne dispose que de peu d’informations s’appuiera sur l’examen
d’archives encore inexplorées, notamment sur le manuscrit
de la pièce de Cottens et Darlay, les esquisses de décors
de l’atelier d’Amable et les costumes de scène de la maison
Landolff.
Stéphane Tralongo est doctorant en études
cinématographiques à l’Université Lyon 2 et à
l’Université de Montréal. Il a été auxiliaire
de recherche au Centre de recherche sur l’intermédialité
(CRI) et chargé de cours au Département d’histoire de l’art
et d’études cinématographiques de l’Université de
Montréal. Il travaille actuellement en tant qu’ingénieur
d’étude au Centre de recherche Littératures, Savoirs et Arts
(LISAA) de l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée. Ses travaux
portent sur les échanges qui s’engagent entre les genres dramatiques
populaires et les pratiques cinématographiques émergentes
au tournant du vingtième siècle.
BIBLIOGRAPHIE :
Abel, Richard, The Ciné Goes to Town:
French Cinema, 1896-1914, Berkeley,
University of California Press, 1994.
Cherchi Usai, Paolo (dir.), Lo schermo incantato:
Georges Méliès (1861-1938),
Pordenone/Rochester, Biblioteca dell’Immagine/Le
Giornate del cinema muto/George Eastman House,
1991.
Deslandes, Jacques, Le boulevard du cinéma
à l’époque de Georges Méliès,
Paris, Éditions du Cerf, 1963.
Gaudreault, André, Cinéma et
attraction. Pour une nouvelle histoire du
cinématographe, Paris, CNRS Éditions,
2008.
Malthête, Jacques, Méliès,
images et illusions, Paris, Exporégie,
1996.
Malthête, Jacques, Madeleine Malthête-Méliès
et Anne-Marie Quévrain, Essai
de reconstitution du catalogue français
de la Star-Film, suivi d’une analyse catalographique
des films de Georges Méliès recensés
en France, [Bois d’Arcy], Service des archives
du film du Centre national de la cinématographie,
1981.
Malthête, Jacques et Laurent Mannoni (dir.),
Méliès, magie et cinéma,
Paris, Éditions Paris Musées,
2002.
Malthête, Jacques, et Laurent Mannoni (dir.),
L’œuvre de Georges Méliès,
Paris, La Cinémathèque française/La
Martinière, 2008.
Malthête, Jacques, et Michel Marie (dir.),
Georges Méliès, l’illusionniste
fin de siècle?, Colloque de
Cerisy, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 1997.
Malthête-Méliès, Madeleine
(dir.), Méliès et la naissance
du spectacle cinématographique, Colloque
de Cerisy, Paris, Klincksieck, 1984.
Méliès, Georges, "Propos sur les
vues animées", compilé par Pierre
Véronneau, avec la collaboration d’André
Gaudreault, Jacques Malthête et Madeleine Malthête-Méliès,
Dossiers de la Cinémathèque,
n°10, 1982.
Solomon, Matthew (dir.), Méliès’s
Trip to the Moon: Fantastic Voyages of the Cinematic
Imagination, Albany, State University
of New York Press, à paraître en
2011.
Avec le soutien
du GRAFICS et de la Direction des relations internationales
de l'Université de Montréal,
de l'équipe Arts: pratiques
et poétiques de l'Université Rennes 2,
de l’Association "Les Amis de Georges
Méliès – Cinémathèque
Méliès",
de la Fondation d'Entreprise La Poste
et de la Mission des Célébrations nationales du Ministère
de la Culture et de la Communication