DU SAMEDI 1er SEPTEMBRE (19 H) AU SAMEDI 8 SEPTEMBRE (14
H) 2007
DIRECTION : Antonia FONYI
ARGUMENT :
Avec le Théâtre de Clara Gazul, en 1825, Mérimée s’est imposé comme écrivain. Nommé inspecteur général des Monuments historiques en 1834, il compte parmi les fondateurs de la sauvegarde par l’Etat du patrimoine national. En 1844, il a été reçu à l’Académie française en tant qu’historien de la Guerre sociale à Rome et auteur de Colomba. Il était linguiste, traducteur, antiquisant, médiéviste, hispanisant, slavisant… Pourtant, pendant près de cent cinquante ans, c’est le conteur qui intéressa au premier chef les commentateurs, si bien que le public ignorait jusqu’à l’existence du reste de l’œuvre.
En 1970, le centenaire de la mort de Mérimée inaugura trente ans d’indifférence. De là une situation de table rase, propice au renouveau des études mériméennes, lequel prit son essor, en 1997, par un colloque consacré à l’œuvre de Prosper Mérimée, écrivain, archéologue, historien. Depuis, une nouvelle image de Mérimée s’élabore. En 2007, il est temps d’en dessiner les traits pour découvrir l’œuvre dans sa pluralité extraordinaire.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Samedi 1er septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants
Dimanche 2 septembre
Matin:
Daniel SANGSUE: Fantômes chez Mérimée
Michel GARCIA: La recherche historique chez Mérimée: le cas de l'Histoire de don Pèdre 1er, roi de Castille
Après-midi:
Pierre PONTIER: Le Xénophon de Mérimée
Thierry SANTURENNE: La Jaquerie de Prosper Mérimée: une dramaturgie de la violence sociale
François GÉAL: Le mythe de Carmen entre les mains du cinéma espagnol: l'exemple de Carlos Saura (1983)
Soirée cinéma:
Carmen, de Carlos Saura
Lundi 3 septembre
Matin:
Eric BORDAS: Mérimée linguiste
Alain SCHMITT: Mérimée libéral?
Après-midi:
Philippe GARNIER: Mérimée sur lui-même: facétie de jongleur ou politesse d’honnête homme?
Thierry OZWALD: La correspondance (1822-1835): humoresques de Mérimée
Jean SENTAURENS: Prosper Mérimée et la critique espagnole. "C'est la faute à Carmen"
Mardi 4 septembre
Matin:
Pierre GLAUDES: Mérimée et la parodie
Christian CHELEBOURG: Le sens de la famille — Filiation, transmission, générations chez Mérimée
Après-midi:
Marie-Noëlle AUGUSTE: La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée ou la muette « operratique »
Patrick REBOLLAR: Tourisme en Mérimée
Soirée musique:
Extraits d'opéras: Carmen (Georges Bizet), La Périchole (Jacques Offenbach), Venus (Othmar Schoeck), One touch of Venus (Kurt Weill), Lokis (Bronius Kutavicius), Le Pré aux clercs (Ferdinand Hérold), Le carosse du Saint-Sacrement (Lord Berners)
Mercredi 5 septembre
Excursion sur les traces de Mérimée: Abbaye de Hambye, Château de Gratot, Valognes, Abbaye de Saint-Sauveur-le-Vicomte, Abbaye de Lessay ; commentaires par Françoise BERCÉ (inspecteur général honoraire du Patrimoine) et Jannie MAYER (conservateur en chef du patrimoine au Centre de recherche sur les monuments historiques)
Déjeuner à l'Auberge de la Guidonnerie (Angoville au Plain)
Jeudi 6 septembre
Matin:
Françoise BERCÉ: Mérimée et la IIe République
Jannie MAYER: Mérimée et les objets d'art
Après-midi:
Bruno FOUCART: Les Salons de Mérimée
Jean CANAVAGGIO: Mérimée, lecteur de Don Quichotte
Anne CLANCIER: Prosper Mérimée, un épistolier émérite
Soirée lecture:
Lecture de la correspondance à deux voix, suivis de la lecture d'Une femme est un diable, par Carole BERGEN et Sylvain LEDDA
Vendredi 7 septembre
Matin:
Michel CADOT: Le monde slave de Mérimée
Anne GEISLER-SZMULEWICZ: Mérimée et les comédies du cœur humain
Après-midi:
Sylvain LEDDA: Mérimée-Musset, ou le théâtre de la fantaisie
Paolo TORTONESE: Supercherie et couleur locale chez Mérimée
Samedi 8 septembre
Matin:
Scott CARPENTER: Vampirisme et production littéraire: se nourrir du sang des autres
Antonia FONYI: Conclusions
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Marie-Noëlle AUGUSTE: La Vénus d'Ille de Prosper Mérimée ou la muette « operratique »
La communication portera essentiellement sur la nouvelle de Prosper Mérimée (La Vénus d'Ille) et les opéras inspirés de cette œuvre (La Vénus d'Ille de Paul-Henri Busser, Venus d'Othmar Schoeck, One Touch of Venus de Kurt Weill). Prise comme modèle d'écho-palimpseste du mythe marmoréen, la nouvelle de Mérimée sera également confrontée à l'opéra de Ferdinand Herold: Zampa ou la fiancée de marbre. A travers la structure narrative et la sémiotique musicale des œuvres, nous observerons les analogies entre la nouvelle et les partitions d'opéras. Nous étudierons particulièrement les procédés d'écriture propres à restituer l'esthétique mériméenne, l'ironie de l'auteur, son principe archaïque, la texture ambivalente de ses objets sonores, la rhétorique particulière de ses procédés narratifs et la prégnance du narrateur.
Références Bibliographiques :
Berlioz, Hector, Les Grotesques de la Musique (1859), Texte établi avec introduction, notes et choix des variantes par Léon Guichard, Préface de Henri Sauguet, Paris, Gründ, 1969.
Berlioz, Hector, Les Soirées de l'orchestre, Edition de Léon Guichard, Réédition, Paris, Gründ, 1998.
Bailbé, Joseph-Marc, Le Roman et la Musique en France sous la Monarchie de juillet, Préface de Pierre Moreau, Paris, Minard (Lettres Modernes), 1969.
Bianquis, Geneviève, « Le thème de la Vénus fatale chez Eichendorff et chez Mérimée », dans la Revue universitaire, Mars-Avril 1942, p. 85-90.
Castex, Pierre-Georges, « Mérimée et son art », dans Le Conte fantastique en France de Nodier à Maupassant, Paris, José Corti, 1951, p. 248-283.
Escal, Françoise, Contrepoints : musique et littérature, Paris, Méridiens Klincksieck, 1990.
Guerrero, Michel, « La Vénus d'Ille ou le cryptogramme non déchiffré », dans Europe n°557, Paris, Septembre 1975, p. 77-91.
Hiller, Anne-Marie, Etude sur l'imaginaire de Prosper Mérimée. Essai d'analyse intégrative de trois nouvelles : La Vénus d'Ille, Lokis et Djoûmane, University of California (Davis), 1972.
Hiller, Anne-Marie, « La Vénus d'Ille de Mérimée : Figuration d'un dualisme », dans Australian Journal of French Studies, T. XII, 1975, p. 209-219.
Issacharoff, Michael, « Signer l'ellipse ou le cercle et son double », dans Littérature, T. LXXXVIII, Décembre 1992, p. 15-22.
Jourda, Pierre, « Zampa et La Vénus d'Ille », dans Le Divan, Avril-Juin 1945, p. 67-72.
Krakovitch, Odile, Censure des répertoires des grands théâtres parisiens (1835-1906), Paris, Centre Historique des Archives Nationales, 2003.
Mérimée, Prosper, Notes d'un voyage dans le midi de la France (1835), Paris, Fournier, 1835, Réédition, Editions Adam Biro, 2003.
Mérimée, Prosper, Théâtre de Clara Gazul, Romans et Nouvelles, Editions établie, présentée et annotée par Jean Mallion et Pierre Saomon, Paris, Gallimard, 2001 (Bibliothèque de la Pléiade, n°21, nouvelle édition).
Moindrot, Isabelle, La Représentation d'opéra : Poétique et dramaturgie, Paris, PUF, 1993.
Parturier, Maurice, « Sur les sources de La Vénus d'Ille », dans Le Divan, Avril-Juin 1945, p. 73-81.
Praz, Mario, La chair, la mort et le diable dans la littérature du XIXème siècle. Le Romantisme noir, Paris, Gallimard, 1977.
Ramsland, Marie-E., « Inspiration avec un sourire ironique : La Vénus d'Ille de Mérimée », dans Essays in French Literature, N°22, Novembre 1986, p. 19-28.
Requena, Clarisse, Unité et dualité dans l'œuvre de Prosper Mérimée : Mythe et Récit, Paris, Honoré Champion, Juin 2000 (Romantisme et modernités, n°32).
Risco, Christina, « Noces sanglantes chez Mérimée : La Vénus d'Ille et Lokis », dans Littératures, T. XXII, Printemps 1990, p.83-91.
Royer, Louis, « La Vénus d'Ille appréciée par Stendhal », dans Le Divan, Février-Mars 1932, p. 75-77.
Schneider, Marcel, « Les différents visages de Mérimée : 1825-1870 », dans Histoire de la littérature fantastique en France, Paris, Fayard, 1964, Réédition, 1985, p. 241-251.
Spica, Jacques, « Mais est-elle Il ou Elle, la Vénus d'Ille ? », dans Recherches et travaux, n°52, Grenoble, Université Stendhal-Grenoble III, 1997.
Terramorsi, Bernard, « Des tenants et des aboutissements du fantastique », dans Du Fantastique en littérature : figures et figurations. Eléments pour une poétique du fantastique sur quelques exemples anglo-saxons, Edition de Max Duperray, Aix-en-Provence, Université de Provence, 1990, p. 169-188.
Tibi, Laurence, La Lyre désenchantée. L'Instrument de musique et la voix humaine dans la littérature française du XIXe, Paris, Honoré Champion, 2003 (Romantisme et Modernités, n°66).
Todorov, Tzvetan, Introduction à la littérature fantastique, Paris, Le Seuil, 1970.
Wilkins, Nigel, La Musique du Diable, Hayen, Editions Mardaga, 1999 (Musique/Musicologie).
+ Le Livret malgré lui, Actes du colloque du Groupe de Recherche sur les Rapports Musique-Texte (G.R.M.T.), Paris-Sorbonne, 23 novembre 1991, Paris, Editions Publimuses, 1992 (Ecitures).
Françoise BERCÉ: Mérimée et la IIe République
Mérimée est apparu à la postérité comme un homme de la Monarchie de Juillet, regardée dans la première moitié du XXe siècle comme un régime de conciliation religieuse. Cependant, alors que sous la Seconde République la plupart des membres de la commission des monuments historiques étaient écartés, non seulement Mérimée fut maintenu dans ses fonctions, mais il semble qu'il ait tenté d'utiliser la nouvelle donne politique et culturelle pour étendre les attributions de la commission supérieure des monuments historiques sur celles du ministère des Cultes et qu'il ait cherché à faire préciser la nature du pouvoir des municipalités sur les monuments par rapport à celui des curés et des fabriques.
Eric BORDAS: Mérimée linguiste
La curiosité de Mérimée pour les langues, fait biographique notoire et respecté, s’inscrit dans le mouvement romantique général de (re-)découverte des altérités culturelles. On se propose d’étudier ce qui, dans les récits de fiction, prend en charge ce geste intellectuel et participe d’un imaginaire linguistique précis. Entre érudition et invention, science et roman, la linguistique de Mérimée est une interrogation sur l’origine de l’individu.
Michel CADOT: Le monde slave de Mérimée
On a étudié depuis longtemps l’intérêt que Mérimée a manifesté pour la littérature russe. Premier grand écrivain français capable de lire les écrivains russes dans leur langue, il a contribué à faire découvrir aux Français des auteurs aussi essentiels que Pouchkine, Gogol et Tourguéniev. Celui-ci fut un de ses grands amis à partir de 1857, et conttribua à enrichir les connaissances de Mérimée dans ce domaine. On peut aussi souligner le rôle décisif de Sobolevski au début de son initiation. Si la Pologne ne recueille chez Mérimée que des jugements défavorables, pour des raisons surtout politiques, en revanche il a lu avec intérêt les Contes populaires ukrainiens de Marko Vovtchok (Mme Markovitch), que Tourguéniev lui avait envoyés dans sa traduction de l’ukrainien en russe, et s’est astreint à composer plusieurs volumes relatifs aux Cosaques de l’Ukraine et à l’un de leurs dirigeants les plus contestés, Bogdan Khmielnicki.
Références Bibliographiques :
La Russie dans la vie intellectuelle française (1839-1856), Fayard, 1967 (sur Mérimée, chap. 9 et 10).
“Mérimée ou la découverte de la littérature russe”, dans Mérimée écrivain, archéologue, historien, sous la direction. d’Antonia Fonyi, Droz, 1999.
“Mérimée, le premier pouchkiniste français”, dans L’universalité de Pouchkine, Institut d’Etudes slaves, 2000.
“Le fantastique de Tourguéniev est-il réductible au fantastique de Mérimée ?” dans Cahiers Ivan Tourguéniev, Pauline Viardot , Maria Mallibran, n° 27, 2003.
“Mérimée s’est-il intéressé à l’Ukraine ?”, dans Littérature. Mérimée, Toulouse, 2004.
“Serguéï Aleksandrovitch Sobolevski. Un médiateur interculturel au XIXe siècle”. Dans Mélanges offerts à D. H. Pageaux (sous presse).
Jean CANAVAGGIO: Mérimée, lecteur de Don Quichotte
Mérimée a consacré à Cervantès deux études: la première fut publiée en 1826, en préambule à l’une des nombreuses rééditions de la version française de Don Quichotte qu’avait donnée Filleau de Saint-Martin au XVIIe siècle; la seconde, rédigée en 1869, dans les derniers mois de la vie de son auteur, parut sept ans après sa mort, en 1877, avant de figurer, l’année suivante, en tête d’une nouvelle traduction du chef d’œuvre, due à Lucien Biart qui lui avait demandé une préface. La comparaison de ces deux textes révèle les progrès accomplis par l’auteur de Carmen dans sa connaissance de la vie et des ouvrages de l’écrivain espagnol; mais elle montre également qu’en dépit des années écoulées, il est demeuré, dans une large mesure, fidèle à l’idée qu’il s’en était formée dès l’époque de ses débuts littéraires et, tout particulièrement, à la première impression qu’il avait retirée de sa lecture de Don Quichotte.
Scott CARPENTER: Vampirisme et production littéraire: se nourrir du sang des autres
Le vampire mène la dolce vita pendant la première moitié du dix-neuvième siècle. Sous la plume de Hoffmann ou de Gautier, de Nodier ou de Mérimée, le vampire se ressuscite incessamment pour donner le frisson au lecteur de l’époque. Or, chez Mérimée cette créature joue un rôle assez particulier. L’image du vampire est récurrente dans l’œuvre mériméenne, où le monstre, fidèle à la légende, ressuscite de texte en texte, se relevant de la fosse littéraire depuis La Guzla jusqu’à Lokis, en passant par Les Faux Démétrius. Emblème de la violence mériméenne, le vampire se trouve imbriqué dans une dynamique textuelle assez répandue, et qui se rapproche de la logique du canular.
Références Bibliographiques :
« La Généalogie du faux », in Mé-lire, actes du colloque (en cours de publication).
« Baudelaire et le boulevard : Les chemins de l’allégorie », in Romantisme (en cours de publication).
« Diversions in Reading : Aesthetics and Mérimées's ‘La chambre bleue’ », in Short Story Criticism, Vol. 77, Gale Publishing, 2004 ; réimpression de French Forum, 14, 3 (sept. 1989), 303-10.
« Supercherie et violence : Mérimée, ou le texte piégé », in Romantisme (2002, vol. 116), pp. 49-57.
« Les Faux Démérius : Les ratés de l’histoire », in Prosper Mérimée : Ecrivain, Archéologue, Historien, Antonia Fonyi, ed. (Genève : Droz, 1999), pp. 63-74.
« Of False Napoleons and Other Political Prostheses : Writing Oppositionally from the Second Empire», Nineteenth Century French Studies, Vol. 25, No. 3-4 (printemps-été, 1997), 302-319.
« Prosper Mérimée », Dictionary of Literary Biography, vol. 119 : Nineteenth-century French Fiction writers : Romanticism and Realism, 1800-1860. Detroit and London : Bruccoli Clark Layman, 1992, pp. 193-205.
« Diversions in Reading : Aesthetics and Mérimées's "La chambre bleue" », French Forum, 14, 3 (septembre 1989), 303-10.
« Metaphor and Madness in Mérimée's `La Vénus d'Ille' », Romance Notes, 27, No. 1 (Automne, 1986 [May, 1987]), pp. 75-80.
Christian CHELEBOURG: Le sens de la famille — Filiation, transmission, générations chez Mérimée
Prosper Mérimée met fréquemment en scène les relations de filiation et, par le biais des questions de transmission, s’intéresse alors au lien entre les générations. D’une manière générale, l’imaginaire qu’il déploie pose l’analogie entre les générations comme une attitude classique dont le double modèle est la descendance aristocratique et la malédiction antique. Par opposition, la modernité romantique, inspirée de la philosophie des Lumières, implique une rupture, voire un conflit entre les générations. C’est essentiellement la transmission héréditaire des fautes qui paraît intolérable au sujet mériméen ; de ce fait, toute malédiction appelle une interruption de la descendance, que ce soit par l’infanticide comme dans Colomba ou par le parricide comme dans « Mateo Falcone ».
Michel GARCIA: La recherche historique chez Mérimée: le cas de l'Histoire de don Pèdre 1er, roi de Castille
L’Histoire de don Pèdre doit beaucoup à la chronique rédigée par Pero López de Ayala, à la fin du XIVe siècle. Il serait, cependant, inexact de la réduire à une simple paraphrase du texte du chroniqueur castillan. Mérimée a cherché à faire œuvre d’historien, et, dans ce but, a tenté de réunir la bibliographie disponible à son époque mais aussi et surtout, a effectué des recherches dans les archives espagnoles. L’ouvrage qu’il rédige, les commentaires qui l’accompagnent, ainsi que la correspondance qui retrace les aléas de cette recherche, outre qu’ils démontrent que Mérimée n’a pas ménagé sa peine, constituent un témoignage précieux sur les conditions du travail de l’historien de l’Espagne au milieu du XIXe siècle.
Philippe GARNIER: Mérimée sur lui-même: facétie de jongleur ou politesse d’honnête homme?
Dans son introduction à la Chronique du Règne de Charles IX (Garnier, 1949), Maurice Rat pose cette question toute rhétorique à propos de Mérimée: "Depuis quand faut-il prendre à la lettre un auteur qui parle de lui-même avec détachement et désinvolture, et qui est bien loin, parce qu’il a beaucoup de goût, qu’il est "honnête homme", et qu’il affecte un ton d’amateur, d’écrire avec emphase de son œuvre?". Mais si ce n’est pas à la lettre, comment faut-il prendre les propos que Mérimée tient sur lui-même et sur ses écrits dans sa correspondance? S’agit-il d’une posture? De quelle posture? La sprezzatura, héritée de Castiglione, qui rejoint aussi bien la "désinvolture" que l’attitude d’"honnête homme", suffit-elle pour qualifier le discours de Mérimée sur lui-même? Seul un examen systématique des lettres peut nous apporter des réponses.
François GÉAL: Le mythe de Carmen entre les mains du cinéma espagnol : l'exemple de Carlos Saura (1983)
Le début des années 1980 a marqué un important renouveau cinématographique du mythe de Carmen, partout en Europe: Francesco Rosi, Peter Brook ou encore Jean-Luc Godard s’en emparent tour à tour. En Espagne, un an après sa première collaboration avec le chorégraphe Antonio Gades autour de Bodas de sangre, la pièce de F. García Lorca, Carlos Saura, loin de proposer une version filmée de l’opéra de Bizet comme le fera son confrère italien, cherche à retrouver, par-delà les espagnolades un peu faciles du livret de Meilhac et Halévy, la complexité et l’ambiguïté profonde de la nouvelle de Mérimée. Soucieux de se réapproprier une figure qui ne relève nullement, à ses yeux, du stéréotype étranger, il entend la transposer dans une Espagne post-franquiste où les mœurs sont en plein bouleversement. Dans ce film "musical" — pour reprendre la terminologie du cinéaste — où le spectacle dans le spectacle tend à gommer les frontières entre fiction et réalité, Saura confère au mythe mériméen une nouvelle actualité, révélant par là même son étonnante plasticité. L’assemblage parfait des composantes musicale, chorégraphique et cinématographique illustre une réflexion approfondie sur le processus de création artistique, tout en témoignant d’une quête de l’identité nationale, à la fois personnelle et collective.
Anne GEISLER-SZMULEWICZ: Mérimée et les comédies du cœur humain
"[L’]histoire du cœur humain est celle dont on se lasse le moins", constate, comme dans un bilan, Mérimée en 1855. Le cœur a occupé de fait une place essentielle dans son œuvre de fiction: il est un organe que l’on manipule dans des scènes de magie noire (voir La Chronique du règne de Charles IX) tout comme le siège des sentiments. Les nouvelles écrites à partir des années 1830 comme Une partie de tric-trac, La Double méprise, Le Vase étrusque jusque celles de 1846, L’Abbé Aubain, Arsène Guillot sont construites autour d’un trait de caractère d’un personnage qu’elles sont censées illustrer — vanité, orgueil, amour-propre, jalousie, imagination excessive. Chacun de ces textes pourrait ainsi, et de manière tout à fait inattendue de la part d’un écrivain aussi éloigné des questions de morale, entrer dans une série inédite de Caractères. Mérimée qui dénonce la fausseté de la société se garde toutefois de conclure par des lois générales. Le cœur, qui subit des attaques et des phénomènes d’érosion, reste en effet dans son œuvre un objet fort énigmatique.
Jannie MAYER: Mérimée et les objets d'art
Avant 1830, les œuvres d'art conservées dans les monuments sont ignorées de l'administration. Le décret de décembre 1809 prévoit bien un inventaire du mobilier des églises mais il ne sera jamais réalisé. Mérimée est l'un des premiers à s'intéresser aux objets d'art. La Commission des Monuments historiques, qui a inscrit un certain nombre d'objets sur la liste de 1840, tapisserie de Bayeux, vitraux de Champigny-sur-Veude, tombeaux d'Innocent VI ou jubé du Folgoet, ne peut alors s'appuyer sur aucune base légale pour les préserver. Cependant malgré le peu de moyens dont il dispose, Mérimée, qui s'intéresse aussi bien à la sculpture qu'à l'orfèvrerie, aux vitraux qu'à la peinture murale, a pu sauver, avec l'aide de la Commission des Monuments historiques, des objets insignes tels que la tapisserie de la Darne à la Licorne, les peintures murales de Saint-Savin ou le Christ de Charroux.
Thierry OZWALD: La correspondance (1822-1835): humoresques de Mérimée
Cette étude portera sur la correspondance de Mérimée, plus particulièrement sur les années 1832-1835, c'est-à-dire sur ses prémices et sur la période "initiatique" de l'écrivain (c'est le moment où il entreprend ses lettres "à une inconnue", où il est nommé Inspecteur des Monuments historiques, où il commence de parcourir l'Europe…).
Lire cette correspondance, c'est en réalité entrer un peu plus avant dans la connaissance de l'œuvre de Mérimée. "Laboratoire" de sa prose, espace discursif présentant les avantages d'une forme plus libre, elle n'en est pas moins déjà de la littérature : l'écrivain en effet "travaille" ses lettres comme ses nouvelles et comme chacun de ses écrits; sa science de la langue française est constamment au service d'une légèreté, d'une spiritualité en mouvement, en projet, et donc peut-être d'une quête spirituelle - intimement liée à cet "être-là" mériméen que l'on serait tenté de qualifier d'ostensiblement dissimulatoire, ou de faussement débonnaire.
Dans cette perspective, on s'intéressera surtout à "l'éthique de la discrétion", et à la "stylistique du retrait" qui définissent l'art de Mérimée : qu'il évoque ses frasques amoureuses, relate telle ou telle mésaventure, compose tel ou tel micro-récit (ils sont nombreux, de fait, dans sa correspondance), il ne saurait se départir de cet humour si caractéristique (et que l'on tentera de caractériser) qui distingue en quelque sorte sa plume de tout autre littérateur romantique, et fait sa singularité. Evoluant à l'envi dans les registres de l'enjoué et du burlesque, il ne saurait véritablement – même devenu haut-fonctionnaire – être "de son temps", adhérer aux causes défendues par ses contemporains, croire en ses propres mérites. Tout à la fois réfractaire, rebelle et indéfectiblement retenu, bien souvent en proie à ses humeurs noires, il gratifie cependant ses destinataires (tout au moins les non officiels) de très belles humoresques (au sens musical du terme), de petits chefs d'œuvre de mélancolie, d'amertume et de dérision.
Pierre PONTIER: Le Xénophon de Mérimée
On connaît l’admiration que Mérimée voue aux Grecs. Ce goût pour l’Antiquité grecque apparaît surtout dans les six articles qu’il a consacrés à l’History of Greece de George Grote. Or, dans cet ensemble, une vingtaine de pages traitent d’un événement historique non négligeable, l’expédition d’une armée grecque en Perse au début du IVème siècle av. J.-C. L’importance qu’il accorde à cette histoire montre son affinité pour l’homme qui a participé à cette expédition et en a fait le récit, un Athénien polygraphe et témoin de son temps: Xénophon. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce choix narratif. Au-delà de la "modernité" du personnage et du caractère éminemment romanesque de l’expédition, qui ont pu séduire Mérimée, il y a sans doute une raison politique: elle apparaît dans le désaccord qui l’oppose à George Grote sur l’éducation politique et militaire des Grecs.
Patrick REBOLLAR: Tourisme en Mérimée
L’œuvre de Mérimée est comme un continent. Sa géographie variée permet aussi bien l’agrément de la promenade que l’aliment de la recherche. Mêlant l’un et l’autre, nous nous proposons de (re)cueillir et d’étudier ce qui concerne le tourisme, dans son époque de formation et alors que Mérimée contribue à lui donner quelque consistance ethnographique.
Thierry SANTURENNE: La Jacquerie de Prosper Mérimée: une dramaturgie de la violence sociale
La Jacquerie est une œuvre de 1828 composée de trente-six scènes dramatiques multipliant décors, personnages et niveaux d'action. Gustave Lanson prisa en son temps ce drame "romantique" difficile à mettre en scène que sa liberté de structure incite à assimiler au roman dialogué. Il est du reste légitime de considérer cette évocation de la révolte des paysans du Beauvaisis au XIVème siècle comme le pendant théâtral de la Chronique du règne de Charles IX dans la mesure où la violence des affrontements sociaux est au centre des deux œuvres. On se propose d'observer comment les moyens dramatiques auxquels Mérimée a recours lui permettent une fine analyse du mécanisme des luttes sociales en même temps qu'une mise en perspective des enjeux sociopolitiques de son époque.
Alain SCHMITT: Mérimée libéral?
La vision caricaturale que l’on garde de Mérimée homme politique, reste trop souvent liée à sa fonction de sénateur vieillissant sous le second Empire et à son amitié avec l’Impératrice. La pensée politique libérale du jeune Mérimée a évolué, certes, mais de manière nuancée. C’est pourquoi nous nous pencherons sur les influences qui ont concouru à cette évolution. Parmi celles-ci, il faut bien sûr compter les événements de la vie de l’académicien, et particulièrement les rencontres, mais l’essentiel tient probablement à ses lectures. Mérimée parle de ces dernières, mais en définitive, fort peu, et c’est par l’analyse de ses propos dans la correspondance et dans ses publications que nous pouvons retrouver ces auteurs dont il ne mentionne pas le nom. Nous nous efforcerons de faire le point sur ce qui a construit et fait évoluer sa conscience politique.
Jean SENTAURENS: "C'est la faute à Carmen"
Tour à tour estimé, honni, redécouvert, stigmatisé ou réhabilité, Prosper Mérimée a longtemps été, en Espagne, un "illustre méconnu"; écrivain français peut-être le plus célèbre ou, pour être plus exact, le plus souvent cité, il n’a longtemps dû sa notoriété qu’à une sorte de mauvais procès par contumace qu’une certaine critique, fort heureusement de plus en plus minoritaire, s’obstine toujours à ne pas refermer. C’est en 1887, date des premiers pas de la Carmen de Bizet sur les scènes espagnoles, que la critique mériméenne, jusque-là fort discrète mais généralement bienveillante, a pris un tour complètement inattendu: en l’espace de quelques semaines, le point de vue critique de la presse espagnole s’est alors cristallisé dans un seul jugement aberrant, mais malheureusement péremptoire, condensé plus tard dans une sorte de concept-étiquette appelé "l’Espagne de Mérimée". Retracer les origines de ce concept devenu l’un des paramètres essentiels d’un éternel malentendu franco-espagnol, nous permettra de démontrer que son énoncé, qui associe consubstantiellement le nom de Mérimée à cette inauthentique et triviale représentation de l’Espagne que l’on appelle "l’espagnolade", est non seulement absurde mais profondément injuste: n’en déplaise à certains, "l’Espagne de Mérimée" n’a que fort peu à voir avec l’auteur de Carmen. Evoquer l’extraordinaire faveur dont il a joui, ainsi que son étonnante longévité, nous permettra de souligner que, repris et ressassé, en Espagne comme en France, au point d’être rapidement lexicalisé dans le vocabulaire de la critique littéraire et dans une certaine phraséologie culturelle et politique, ledit concept a peu à peu constitué un creuset fort commode où l’on s’est empressé de confondre toutes les espagnolades de la création. Au cœur de cette manière de "légende noir" qui entoure Mérimée, perdurent, comme une explication décisive, les relations privilégiées mais extrêmement ambiguës que les Espagnols entretiennent encore et toujours avec le mythe de Carmen. "Espagne des tambours de basque", "mériméisme", "espagnolade", quelle que soit l’appellation sous laquelle on la décline, "l’Espagne de Mérimée" est le premier concept que l’on doit convoquer dès qu’on étudie les rapports de Prosper Mérimée avec la critique espagnole, tant il est vrai que l’évaluation de son œuvre s’est longtemps résumée à la seule appréciation de sa "petite drôlerie" de 1845, par le chœur forcément inaccordable d’une critique très inégalement partagée — mais s’agit-il en l’occurrence d’une spécificité espagnole? — entre ceux qui lisaient Carmen dans le texte original et ceux qui ne la lisaient qu’à travers les multiples avatars de l’opéra-comique de Georges Bizet.
Références Bibliographiques :
« Carmen et les Espagnols. Aspects de la réception en Espagne de l’opéra de Georges Bizet » ; Eidôlon, Université de Bordeaux III–L.A.P.R.I.L., 1984, n° 25, p. 91-108.
« Ouvrières insurgées. Notes sur la révolte des cigarières de Séville en 1896 » ; Bulletin Hispanique, Bordeaux, tome 95, n° 1, p. 453-485.
« Effet importun et pervers d’un mythe romantique. A Séville, toutes les cigarières s’appellent Carmen » ; Bulletin Hispanique, Bordeaux, tome 96, n° 2, p. 453-484.
« De la nouvelle à l’opéra et de l’opéra au drame : la Carmen de Montaner et Vilaregut (1921) » ; Le théâtre en Espagne : perméabilité du genre et traduction ; Pau, Université de Pau et des Pays de l’Adour et Editions Covedi, 1998, p. 71-86.
« Spectacle et idéologie dans l’Espagne franquiste : un avatar folklorique du mythe de Carmen » ; Le spectacle au XXe siècle : culture hispanique, Dijon, Hispanística XX, n° 15, Centre d’Etudes et de Recherches Hispaniques du XXe siècle, Université de Bourgogne, 1997, p. 341-354.
« Carmen, de la novela de 1845 a la zarzuela de 1887 : cómo nació la España de Mérimée » ; Bulletin Hispanique, Bordeaux, année 2002, n° 2, Hommage à François Lopez, tome 2, p. 851-872.
« La guerre d’indépendance et le cinéma espagnol : variations musicales autour du patriotisme » ; La musique dans le théâtre et le cinéma espagnols, Université de Pau et des Pays de l’Adour et Editions Fédérop, 2002, p. 167-201.
« Mérimée, la Gitane et le Navarrais : le fabuleux destin de la petite drôlerie de madame de Montijo » ; Mérimée et l’impératrice Eugénie au Pays Basque, Biarritz, Editions Jakintza, 2004, p. 25-34.
« La España de Mérimée les sienta demasiado bien a los Españoles ». Sous presse.
Paolo TORTONESE: Supercherie et couleur locale chez Mérimée
Cette communication voudrait aborder la contradiction profonde, et féconde, entre la recherche de la couleur locale et la production de faux littéraires. Dans l’œuvre de Mérimée nous rencontrons, d’une part la recherche scientifique de données authentiques, souvent mise en scène à travers le personnage du narrateur (ethnologue, linguiste, historien de l’art, archéologue), d’autre part la fabrication délibérée d’œuvres attribuées à la créativité de cultures exotiques. Ces supercheries littéraires ne sont pas seulement des faux, mais des surenchères dans le vrai, des pastiches de l’authentique. La question se pose alors de l’articulation entre ces deux moments, opposés plus que distincts, qui semblent tous les deux contribuer en égale mesure à l’univers littéraire de Mérimée.
Référence Bibliographique :
« L’ours et le comparatiste, ou Mérimée et Max Müller », dans la Revue des Sciences Humaines, numéro sur Prosper Mérimée dirigé par A.Fonyi, 2003, p.39-59.
BIBLIOGRAPHIE :
Œuvres de Mérimée :
Œuvres [dites] complètes, dir. Pierre Trahard et Edouard Champion, Paris, Champion, 1927-1933, 11 vol. Edition inachevée où manquent notamment La Guzla, la Chronique du règne de Charles IX, les Notes de voyage, la totalité des écrits historiques, archéologiques, relevant de l’histoire de l’art.
Les récits de Mérimée sont disponibles dans de nombreuses éditions modernes. Pour l’importance de l’appareil critique, il convient de rappeler :
- Romans et nouvelles, éd. Maurice Parturier, Paris, Garnier frères, 1967, 2 vol.
- Théâtre de Clara Gazul. Romans et nouvelles, éd. Jean Mallion et Pierre Salomon, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1978 ; 2001.
- Nouvelles, texte présenté et commenté par Michel Crouzet, Paris, [Imprimerie Nationale], 1987, 2 vol. [t. I 1986, t. II 1988].
Pour les autres œuvres de Mérimée, indiquées ci-dessous, nous donnons la date de la première édition, suivie de la référence la dernière publication en librairie.
- La Guzla (1827), éd. Antonia Fonyi, Paris, Kimé, 1994.
- La Jaquerie, scènes féodales ; La Famille Carvajal, drame (1828), dans Théâtre, éd. Gilbert Sigaux, Paris, Le Club français du Livre, 1963.
- Notes de voyage (1835-1840), éd. Pierre-Marie Auzas, édition complète du Centenaire, Paris, Hachette, 1971 ; Paris, Adam Biro, 1989, 4 vol.
- Essai sur la guerre sociale (1841), dans Etudes sur l’histoire romaine, Paris, Michel Lévy frères, 1869.
- Conjuration de Catilina (1844), Paris, Les Belles-Lettres, 2000.
- Histoire de don Pèdre Ier, roi de Castille (1848), éd. Gabriel Laplane, Paris, Didier, 1961.
- Episode de l’histoire de Russie. Les Faux Démétrius (1853), Paris, Hachette, 1923.
- Les Deux Héritages, Les Débuts d’un aventurier (1853), éd. Eugène Marsan, Paris, Le Divan, 1928.
- Mélanges historiques et littéraires, Paris, Michel Lévy frères, 1855.
- Les Cosaques d’autrefois, Paris, Michel Lévy frères, 1865.
- Histoire du règne de Pierre le Grand suivie de l’Histoire de la fausse Elisabeth II (1864-1869), éd. Hentri Mongault et Maurice Parturier, Paris, Conard, 1947.
- Portraits historiques et littéraires, Paris, Michel Lévy frères, 1874.
- Etudes sur les arts du Moyen Âge (1875), éd. Pierre Josserand, Paris, Flammarion, 1967.
- Correspondance générale, éd. Maurice Parturier, avec la collaboration, pour les tomes I à VI, de Pierre Josserand et de Jean Mallion, t. I-VI, Paris, Le Divan, 1941-47, t. VII-XVII, Toulouse, Privat, 1953-64.
- La Naissance des Monuments historiques : la correspondance de Prosper Mérimée avec Ludovic Vitet (1840-1848), éd. Maurice Parturier, avant-propos de Françoise Bercé, Paris, CTHS, 1998.
- La Correspondance Mérimée - Viollet-le-Duc, éd. Françoise Bercé, Paris, CTHS, 2002.
Ouvrages sur Mérimée :
- André BILLY, Mérimée, Paris, Flammarion, 1959.
- Frank Paul BOWMAN, Prosper Mérimée. Heroism, Pessimism, and Irony, Berkeley, Los Angeles, University of California Press, 1962.
- Jacques CHABOT, L’Autre Moi. Fantasme et fantastique dans les nouvelles de Mérimée, Aix-en-Provence, Edisud, 1983.
- Christian CHELEBOURG, Prosper Mérimée. Le sang et la chair. Une poétique du sujet, Paris, Minard, 2004.
- Xavier DARCOS, Mérimée, Paris, Flammarion, 1999.
- Pierre H . DUBÉ, Bibliographie de la critique sur Prosper Mérimée. 1825-1993, Genève, Droz, 1997.
- Paul LEON, Mérimée et son temps, Paris, PUF, 1962.
- Clarisse RÉQUÉNA, Unité et dualité dans l’œuvre de Prosper Mérimée. Mythe et récit, Paris, Champion, 2000.
- Pierre TRAHARD, La Jeunesse de Prosper Mérimée ; Prosper Mérimée de 1834 à 1853 ; La Vieillesse de Prosper Mérimée, Paris, Champion, 1925, 1928, 1930.
- Catalogue de l’exposition Prosper Mérimée, rédigé par Pierre Josserand et al., Paris, [Bibliothèque nationale], 1953.
- Les Monuments historiques de la France, juillet-septembre 1970. (Numéro consacré à Mérimée, contient le catalogue de l’exposition Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, organisée par la Caisse nationale des Monuments historiques).
- Europe, numéro spécial Prosper Mérimée, septembre 1975.
- Prosper Mérimée. Ecrivain, archéologue, historien, dir. Antonia Fonyi, Genève, Droz, 1999.
- Revue des Sciences humaines, numéro spécial Mérimée, écrivain, avqril-juin 2003.
- Connaissance des Arts, numéro spécial Mérimée, hors série, 2003.
- Littératures, numéro spécial Mérimée, n° 51, 2004.
- Site internet Prosper Mérimée des Célébrations nationales, www.merimee.culture.fr