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" Page mise à jour le 13 juillet 2009 "
DU JEUDI 2 JUILLET (19 H) AU JEUDI 9 JUILLET
(14 H) 2009
CHUTES ET ÉCARTÈLEMENTS : L'ŒUVRE
DE PIERRE MERTENS
DIRECTION : Anne NEUSCHÄFER, Mehdi Karim OUELBANI
Avec la participation
de Pierre MERTENS
ARGUMENT :
L’œuvre de Pierre
Mertens, qui se compose essentiellement de romans
et de nouvelles, parcourt le monde de pays en pays, de continent
en continent, livrant une infinité d’images qui ancrent
les êtres et les choses dans un temps et un lieu déterminés,
sans exclure la Belgique, son pays natal constituant un véritable
épicentre. Le mouvement et le rythme y jouent
un rôle primordial. L’auteur forge une imagerie riche,
aux significations fluctuantes, dans un style non dénué
d’un certain ludisme. L’interprétation et la vision du monde
qui en découlent, où la chute d’Icare occupe
une place emblématique tandis que la décomposition
est perçue comme une pratique favorisant la surimpression,
font appel à des domaines aussi divers que l’histoire,
la politique, la philosophie et la psychologie, sans oublier
les Arts.
Ce colloque proposera
de nouvelles clefs d’analyse permettant d’aborder
cette œuvre et d’envisager certaines reconstitutions.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Jeudi 2 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et
des participants
Vendredi 3 juillet
Matin:
Ouverture
Jacques DE DECKER: Pierre Mertens et la mémoire
littéraire
Après-midi:
Julie HAHN:
Le narrateur dans l'œuvre de Pierre Mertens
Soirée:
Lecture: Les dérives amoureuses
(Monique DORSEL et Jean-François LABOUVERIE)
Samedi 4 juillet
Matin:
Mehdi Karim OUELBANI: Ecriture et thématisation
de la musique dans l'œuvre de Pierre Mertens
Après-midi:
Anne NEUSCHÄFER: Pierre Mertens
et l'artiste: conception de l'image
Soirée:
Film: La passion de Gilles (Opéra)
Dimanche 5 juillet
Matin:
Helmut SIEPMANN: Pierre
Mertens: le regard de l'autre
Soirée:
Lecture: L'oreille absolue (Monique
DORSEL, Jean-François LABOUVERIE et Pierre MERTENS)
Lundi 6 juillet
DÉTENTE
Soirée:
Enregistrement audio: L'ami de mon ami
Mardi 7 juillet
Matin:
Jean-Marie KOUAKOU:
L'entre-fiction réel dans les Eblouissements de Pierre
Mertens
Après-midi:
Marc QUAGHEBEUR: Les lettres belges de
la langue française de Pierre Mertens
Lecture de poème de Else Lasker-Schuler (Monique DORSEL et
Jean-François LABOUVERIE)
Soirée:
Film: La passion de Gilles (Opéra)
Mercredi 8 juillet
Matin:
Marie-France RENARD: Les parachutes
d'Icare
Après-midi:
Bernadette
DESORBAY: La séduction. Des Bons Offices aux Eblouissements
Giulio SCHIAVONI: Le "devoir de mémoire". Comment peut-on
(encore) "écrire après Ausschwitz"?
Lecture: Les Bons Offices (Monique DORSEL et Jean-François
LABOUVERIE)
Soirée:
Lecture: Lettres clandestines (par l'ensemble des participants)
Jeudi 9 juillet
Matin:
Manfred FLÜGGE:
Sexe et monde chez Pierre Mertens
Pierre MERTENS: La littérature comme
vérité
Synthèse et conclusions
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Bernadette
DESORBAY: La séduction. Des Bons Offices
aux Eblouissements
L’esthétique de Pierre Mertens conduit
à un Moi (é)mu par le désir de l’Autre. Parental,
juif, allemand, royal, l’Autre est un lieu de séduction,
de jouissance et d’identification. Après la trilogie
sur les méprises de l’enfance, Les Bons Offices (1974)
et Perdre (1984) confirment l’idée que, quelle que soit
sa place dans l’ordre symbolique du langage, le désir de l’Homme
est le désir de l’Autre. La chose n’est pas sans danger,
mais Pierre Mertens sait fort bien où il va. Dans Les
Éblouissements (1987), il accomplit une descente sensible sur
le terrain du poète expressionniste allemand Gottfried Benn,
un temps séduit par l’ordre national-socialiste. Le roman
de 1984 a joué avec les mythes, celui de 1974 s’est joué
des idéologies du XXème siècle (à la double
exception notoire du nazisme et de l’antisémitisme): en 1987 Pierre
Mertens se rapporte à l’Autre poétique à l’intérieur
d’une transposition romanesque qui humanise Benn au-delà de la méprise
qui fut la sienne en 1933. Les Bons Offices et Les Éblouissements
sont porteurs d’une vérité de l’inconscient sur les pouvoirs
et les limites de l’esthétique et de la séduction idéologique,
points sur lesquels portera ma contribution.
Références Bibliographiques
:
Bernadette DESORBAY, "Pierre Mertens écrivain
engagé", in Lendemains, n° 48, Berlin-Marburg,
Hitzeroth, 1987.
Bernadette DESORBAY, "Introduction aux nouvelles
de Pierre Mertens", in Revue de l’Institut de Sociologie,
1989 n° 3-4, Bruxelles, Université libre de Bruxelles,
1989.
Bernadette DESORBAY, "En quelques mots d’allemand",
in Pierre Mertens. La vérité de la fiction,
Actes du Colloque Pierre Mertens, la liberté de
l’esprit (1995), Les Cahiers du Théâtre-Poème
n° 10, Paris-Bruxelles, L’Ambedui, 1998.
Bernadette DESORBAY, "Refoulement et répression.
Retour de l’histoire dans le roman Terre d’asile (1978)
de Pierre Mertens", Actes du Séminaire international du CELBUC
de Coïmbra, nov. 2001, sur Les romanciers et dramaturges
à l’heure de la Belgitude (1974-1985), organisé par
C. Robalo Cordeiro et M. Quaghebeur (à paraître dans la
revue Confluências, « Série Belge »,
n° II).
Bernadette DESORBAY, "Les histoires belges:
grandeurs et misères du rapport à l’Autre de l’énonciation
gallienne. À propos du roman Une paix royale de Pierre
Mertens", Actes du Colloque de Cerisy-la-salle de septembre 2003
sur Les écrivains francophones, interprètes
de l’Histoire. Entre filiation et dissidence, dirigé par
B. Chikki, A. Neuschäfer et M. Quaghebeur, coll. "Documents pour
l’Histoire des Francophonies / Théorie", n° 10, Bruxelles,
P.I.E. Peter Lang, 2006.
Bernadette DESORBAY, "Pardon difficile. Traces
de la Première Guerre mondiale dans Une paix royale
(1995) et Les Éblouissements (1987) de Pierre Mertens", in
Actes du Colloque de Cerisy-la-salle de septembre 2005 sur les
Mémoires et Antimémoires littéraires
du XXe siècle : la première guerre mondiale, sous
la direction d’A. Laserra et M. Quaghebeur, coll. "Documents pour l’Histoire
des Francophonies", Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2008.
Bernadette DESORBAY, "Méthodologie:
les limites du discours, à propos de Pierre Mertens",
in Actes du colloque de l’AEEF (Paris, 31 mai, 1er et 2 juin
2006), Analyse et enseignement des littératures francophones.
Tentatives, réticences, responsabilités (1974-1989),
coll. "Documents pour l’Histoire des Francophonies / Théorie",
Bruxelles, P.I.E Peter Lang, 2008.
Bernadette DESORBAY, "La beauté du geste.
À propos des Éblouissements de Pierre Mertens",
in Actes du Colloque Pierre Mertens du Théâtre-Poème
(Bruxelles, octobre 2007), à paraître dans Les Cahiers
du Théâtre-Poème, Paris-Bruxelles,
L’Ambedui.
Bernadette DESORBAY, L’excédent de
la formation romanesque. L’emprise du Mot sur le Moi à
l’exemple de Pierre Mertens, Bruxelles, PIE Peter Lang, 2008.
Manfred FLÜGGE:
Sexe et monde chez Pierre Mertens
La vieille question "L'Inde ou l'Amérique?", soulevée
tout au début de l'œuvre de Pierre Mertens, n'a toujours
pas trouvé de réponse. Mais que signifie-t-elle?
Ce qu'on trouve n'est pas forcément ce qu'on a
cherché au départ. Mais il faut avoir un but pour trouver
quelque chose de valable, pour ne pas se PERDRE. Quand on cherche
du nouveau au fond de l'inconnu, on finit par se rendre compte que le
nouveau est trop familier. Et c'est peut-être en cherchant à
atteindre quelque chose qui nous a tenté depuis toujours qu'on
rencontre en route des continents entiers dont on ne soupçonnait
même pas l'existence. L'essentiel est de partir, de se mettre
en route — et en question. Gare aux certitudes!
Je vois les romans de Pierre Mertens comme un va-et-vient
entre ces deux continents, les livres du MOI, comme PERDRE, ou encore
plus radical dans PERASMA ; ou alors les livres du MONDE, comme LES
BONS OFFICES, ou encore ses récits qui sont plus réalistes,
plus américains. Les livres-monde sont des romans d'engagements
et d'actions ; les livres-moi sont des romans de dégagement
du monde, voire d'enfermement. Cette dernière tendance est poussée
à l'extrême dans PERASMA — un roman volontairement nombriliste,
au sens propre, le roman du corps comme base du moi. Mais au bout du
nombril (et du sexe) on découvre l'humour, on découvre
que notre corps est un grand comique macabre, mais on découvre
surtout une qualité essentielle chez PM: l'humour.
Julie
HAHN: Le narrateur dans l'œuvre de Pierre Mertens
Certains attributs, nonobstant
la diversité de lectures possibles, sont indissociables
de l'œuvre mertensienne. Ainsi, les mots décomposition
(et les synonymes dissolution et scission) et reconstitution
(ainsi que re-création, ré-invention),
occasionnant l'écartèlement des êtres
dans une phase intermédiaire, sous-tendent le tissu
narratif et affectent autant les thèmes et les leitmotivs
que l'organisation structurelle de la narration dans le choix
des procédés artistiques et stylistiques. En effet,
on observe une alternance des points de vue diversifiée
où, entre autres, le retour en arrière, la chronologie
brisée et les ellipses viennent brouiller les pistes identifiant
le narrateur. Le lecteur est chargé de l'enquête dont
l'objectif est de mettre en relief les fonctions (et les accès)
du narrateur et de comprendre les liens existants entre le narrateur
— le protagoniste et l'auteur et d'en définir les équations
et formules possibles.
Jean-Marie KOUAKOU:
L'entre-fiction réel dans les Eblouissements de
Pierre Mertens
Ce livre est un cas fort intéressant dans la division
qui s'est progressivement installée entre le romanesque et
la fiction véritable au sens où Aragon entend et met
en pratique le terme. Il s'agit en effet, comme mon titre l'indique bien,
d'un cas situé et partagé entre la volonté de laisser
libre cours à l'imagination radicale tirée d'une fiction
produite par un personnage sans en principe lui donner un fondement
et un contenu réel et, en même temps, une volonté
de traiter le contenu imaginaire à partir d'une expérience
personnelle donc ayant été, c'est-à-dire réel
en définitive. Comment jouer sur ce partage sans renier les limites
propres? C'est ce que, à sa manière, ce livre de Mertens
réussit à faire, en oscillant entre la biographie, l'Histoire,
l'anecdote et le phantasme (dont il est vrai Freud dit qu'il est toujours
une activité recombinatoire d'une expérience antérieure).
Il est aussi vrai que le titre du roman "Les Eblouissements" est déjà
révélateur de cette réalité qui ne s'offre
que par le mirage d'un éblouissement sensoriel.
Helmut
SIEPMANN: Pierre Mertens: le regard de l'autre
Le regard de l’autre aide à
constituer une identité collective ou une identité
personnelle. En contrastant des points de vue, l’auteur
arrive à déterminer le caractère d’un individu,
d’un peuple ou d’un groupe social. L’interview est un moyen d’approcher
la personnalité d’un écrivain (Flammes), l’opposition
des attitudes bienveillantes des Belges vis-à-vis d’un
Chilien en fuite un autre (Terre d’asile). La constitution
d’un personnage par la détermination de ses rapports avec
les membres de sa famille, par l’indication de ses lectures et de
ses expériences vécues dans un entourage hostile
permet d’intégrer une multitude d’aspects intellectuels
et sociaux dans la narration (Les éblouissements).
La communication vise à révéler des éléments
de composition dans l’œuvre de Pierre Mertens.
BIBLIOGRAPHIE :
Pierre
Mertens, L'Inde ou l'Amérique, roman,
Paris, Seuil, 1969.
Id., Le Niveau
de la mer, nouvelles, Lausanne, L'Âge d'Homme,
1970.
Id., La Fête
des anciens, roman, Paris, Seuil, 1971 (rééd.
Bruxelles, Editions Jacques Antoine, 1983).
Id., Les Bons
Offices, roman, Paris, Seuil, 1974 (rééd.
Tournai, Talus d'approche, 1994; rééd.
Paris, Seuil, coll. « Points », 2001).
Id., L’imprescriptibilité
des crimes de guerre et contre l’humanité, Bruxelles,
Ed. De l’Université Libre de Bruxelles, 1974.
Id., Nécrologies,
nouvelles, Bruxelles, Jacques Antoine, 1977.
Id., Terre
d'asile, roman, Paris, Grasset, 1978 (rééd.
Bruxelles, Labor, coll. « Espace Nord »,
1987 ; rééd. Arles/Bruxelles, Actes Sud/Labor,
coll. « Babel », 1989).
Id., Ombres
au tableau, nouvelles, Paris, Fayard, 1982.
Id., La Passion
de Gilles, opéra, Arles, Actes Sud, 1982.
Id., Perdre,
roman, Paris, Fayard, 1984 (rééd.
Seuil, coll. « Points Romans », 1991).
Id., Terreurs,
nouvelles, Tournai, Le Talus d'approche, 1984.
Id., Les Eblouissements,
roman, Paris, Seuil, coll. « Fiction et Cie
», 1987 (rééd. Seuil, coll. «
Points », 1989).
Id., Berlin,
un guide intime, essai, Paris, Editions Autrement,
1987.
Id., Collision,
théâtre, Paris, L'Avant-Scène,
1988.
Id., L'Agent
double (sur Duras, Gracq, Kundera, etc.), essai,
Bruxelles, Complexe, coll. « Le regard littéraire
», 1989.
Id., Uwe Johnson,
le Scripteur de mur, Arles, Actes Sud, 1989.
Id., Lettres
clandestines, récit, Paris, Seuil, coll.
« Fiction et Cie », 1990.
Id., Les Chutes
centrales, nouvelles, Dijon, Verdier, 1990.
Id., Les Phoques
de San Francisco, nouvelles, Paris, Seuil, coll.
« Fiction et Cie », 1991.
Id., Flammes,
comédie dramatique, Arles, Actes Sud Papiers,
1993.
Id., Une paix
royale, roman, Paris, Seuil, coll. « Fiction
et Cie », 1995 (rééd. Loverval, Labor,
coll. « Espace Nord Romans », 2005).
Id., Collision,
nouvelles, Arles/Bruxelles, Actes Sud/Labor, coll.
« Babel », 1995.
Id., Une seconde
patrie, essai, Paris, Arléa, 1997.
Id., L'oreille
absolue, théâtre, Bruxelles, L'Ambedui,
1999.
Id., Rilke
ou l'ange déchiré, essai, Tournai,
La Renaissance du Livre, 2001.
Id., Perasma,
roman, Paris, Seuil, coll. « Fiction et Cie »,
2001.
Id., Ecrire
après Auschwitz?, essai, Tournai, La Renaissance
du Livre, 2003.
Id., La violence
et l'amnésie. Chronique des années
de soufre, essai, Buxelles, Labor, 2004.
Avec le soutien du Secrétariat de la culture
en Rhénanie-du-Nord-Westphalie
(Kultursekretariat Nordrhein-Westfalen),
de la Communauté française de Belgique et du DAAD