DU SAMEDI 12 JUILLET (19 H) AU SAMEDI 19 JUILLET (14
H) 2003
HENRI MESCHONNIC
DIRECTION : Gérard DESSONS, Serge MARTIN, Pascal
MICHON
Avec la participation d'Henri MESCHONNIC
ARGUMENT :
Depuis plus de trente ans, Henri Meschonnic construit une œuvre multiple
autour de propositions fortes. La théorie du langage, tout particulièrement,
mais aussi la philosophie, la psychanalyse et les sciences sociales ne peuvent
se passer de la poétique. Leur ignorance à son égard
est dommageable, notamment en termes éthiques et politiques, car
le statut qu’elles donnent à la littérature, et plus généralement
à l’art, est l’indice de celui qu’elles réservent au sujet
et à la modernité.
Pour la poétique, la littérature et les autres arts ne sont
pas des activités esthétiques livrées au plaisir individuel,
ou des fictions compensatrices dans un monde désenchanté et
rationalisé, ou encore les opérateurs d’un dévoilement
de l’être. Ils constituent des expériences de subjectivation
des individus et donnent des outils d’analyse capables de mesurer les enjeux
du présent et de l’avenir.
A travers sa pratique poétique, ses traductions, ses analyses
et ses réflexions théoriques, Henri Meschonnic propose une
pensée intempestive, qui est une critique des savoirs et des pouvoirs
contemporains. Ce colloque cherchera à rendre compte du travail accompli,
de sa diversité, mais aussi, en s’appuyant sur ses propositions théoriques,
à ouvrir de nouvelles voies à la recherche en sciences humaines.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Samedi 12 juillet
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Dimanche 13 juillet
Matin:
Daniel DELAS: Penser / Ecrire la Shoah
Young-Joo CHOI: La poétique de Meschonnic: un défi
épistémologique?
Après-midi:
Patrick REBOLLAR: Henri Meschonnic,
l'onto-poète
Jean-Louis CHISS: Ethique et politique
du langage
Lundi 14 juillet
Matin:
Véronique FABBRI: Poétique
et philosophie
Pascal MICHON: Vivre dans le langage
Après-midi:
Béatrice BONHOMME: La Ronde
de la Mémoire dans l'œuvre de Meschonnic
Arnaud BERNADET: Rhétorique
et poétique: histoire d'un conflit
Soirée:
Lecture des poètes présents: Béatice BONHOMME,
Danielle CORRE, Claudine HELF, Serge MARTIN, Patrick REBOLLAR et Richard
ROGNET
Mardi 15 juillet
Matin:
Geneviève JOLLY: Henri Meschonnic
et le paradoxe du théâtre
Bernard NOËL: Ce qui ne fait pas de risque n'a pas de forme
Après-midi:
Jacques ANCET: L'infinissable: le réel
dans la poésie d'Henri Meschonnic
Andrew EASTMAN: Une poétique de l'ordinaire: Henri Meschonnic
du côté des romantiques anglais
Soirée:
Lectures de Bernard NOËL et de Jacques ANCET
Mercredi 16 juillet
Matin:
Henri MESCHONNIC: "Oui, qu'appelle-t-on
penser?"
Hidetaka ISHIDA: La traduction et le moment symboliste
Après-midi:
REPOS
Jeudi 17 juillet
Matin:
Simone WIENER: Le rythme entre pulsion et signifiant
Eric BARJOLLE: De la grammaire du discours
au discours du rythme
Après-midi:
Joëlle ZASK: Altérité et historicité:
les arts d'Afrique, d'Océanie et d'Amérinde pour Meschonnic
Jürgen TRABANT: Le Humboldt de Meschonnic
Soirée:
Message de B. Vargaftig, lu par Serge MARTIN
Lecture de poèmes, par Henri MESCHONNIC
Vendredi 18 juillet
Matin:
Serge MARTIN: Enjeux actuels d'une poétique
anthropologique de la relation dans et par le langage
Gérard DESSONS: Engager le
poème
Après-midi:
Ok-Ryong KIM: Meschonnic, du sujet décapité
"je" au sujet de l'écriture
Pascal MAILLARD: "La modernité
dans le sujet": Henri Meschonnic lecteur de Baudelaire
Samedi 19 juillet
Matin:
Bilan et Discussion Générale
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Jacques ANCET: L'infinissable: le réel
dans la poésie d'Henri Meschonnic
On propose ici — en montrant tout ce qu'elles doivent à la pensée
d'Henri Meschonnic —, une lecture attentive puis une traduction commentée
d'un des poèmes les plus célèbres du poète péruvien
César Valléjo qui, avec les Chiliens Vicente Huidobro et Pablo
Neruda et le Mexicain Octavio Paz, est l'une des grandes voix non seulement
de la poésie hispano-américaine mais, plus largement, de la
poésie occidentale du XXe siècle.
Eric BARJOLLE: De la grammaire du discours
au discours du rythme
L’enseignement vise la lecture des œuvres par les élèves,
dans le cadre d’une "maîtrise du langage". Celle-ci se présente
officiellement sous la "trilogie grammaticale" discours/texte/phrase, imposant
le discontinu à ce qui exige le continu. Henri Meschonnic, lecteur
critique et poéticien, ouvre la voie à des lectures qui ne
se contentent pas de vieilleries grammaticales: lire le rythme en inventant
le rythme de sa lecture, c’est-à-dire en situant toutes les catégories
grammaticales dans une invention à la hauteur du défi de chaque
œuvre, à chaque lecture.
Références Bibliographiques :
On s’appuiera sur quelques passages des ouvrages d’Henri Meschonnic qui
font une lecture d’œuvres littéraires de langue française
(Nerval, Apollinaire, Éluard, Baudelaire, Hugo…).
Eric BARJOLLE, "Une gêne technique à l’égard des manuels
ou la phrase en mal de discours", dans Le Français Aujourd’hui,
n° 135, 2001.
Arnaud BERNADET: Rhétorique et
poétique: histoire d'un conflit
Mon propos est simple, il s'agit de crier: "Mort à la rhétorique
!". En effet, le vis-à-vis critique entre la rhétorique et
la poétique est une constante dans les travaux d'Henri Meschonnic.
Associée à des débats d'époque comme en 1970
autour de la notion de déviance dans Pour la poétique I,
la confrontation poétique/rhétorique renvoie chez lui à
une nécessité théorique. La critique de la rhétorique
est au fondement épistémologique de sa poétique au
sens où elle engage sa définition et sa spécificité.
Il serait bon après trente ans de débats de faire le bilan
d'une critique qui s'est appliquée aussi bien au domaine des figures
qu'à celui de l'argumentation, de lui restituer ses véritables
enjeux, trop souvent escamotés, enfin, d'en interroger la validité
à une époque où s'amorce une forte pulsion archéologique
des histoires de la rhétorique (songeons au domaine d'investigation
de Marc Fumaroli ou même de Michel Meyer), où les néo-stylistiques
qui sont issues de ce terreau tentent de reprendre la place des sémiotiques
essoufflées.
Béatrice BONHOMME: La Ronde de
la Mémoire dans l’œuvre poétique d’Henri Meschonnic
Le travail poétique d’Henri Meschonnic est, à la façon
dont l’était l’œuvre de Desnos, un travail de déplacement,
de décentrement comme si on se mettait à la place de l’autre
et qu’à partir de là tout prenne une autre dimension, permette
un autre point de vue, un angle d’approche différent, décalé:
"coeur déplacé démarqué" (Puisque je suis
ce buisson, 12). Le moi poétique devient un moi qui échappe
à toute prise par une délocalisation constante et occupe la
place à laquelle on ne l’attend pas, permettant de sortir de soi.
Décalage, déterritorialisation, abandon de territoire, désubjectivation.
Vacance du sujet, allégement du sujet, je comme aleph,ensemble
de tous les temps et de tous les espaces, je s’expose à sa dépossession:
"Je sais que lui et moi nous avons le même nom" (Je n’ai pas tout
entendu, 19). Comme la danseuse de Mallarmé, le poète
n’est pas où il devrait être, le poète n’est pas ce qu’il
est, il n’est pas là où il est, il est dans l’alelos,dans
l’un-l’autre, le mutuel, le réciproque. Le poème a dès
l’abord en vue une totalité, un tout vivant aux mille articulations.
Le moi et l’autre n’existent pas séparés d’où l’infinité
de la réciprocité. Et c’est comme si, dans une sorte de ronde
de la mémoire, le poète était traversé par
une parole qui ne soit pas seulement la sienne mais celle de tous les autres
aussi, les morts comme les vivants.
Jean-Louis CHISS: Ethique et politique
du langage
Henri Meschonnic a raison: il faut enseigner la théorie du langage.
Les questions de la violence à la place du langage, de la violence
dans et par le langage aussi, la violence du silence comme la violence de
l'éloquence hantent les esprits: problème pour la société
et pour l'école. Problème pour la théorie du langage
dans la mesure où il s'agit de sortir du dilemme ente confiance et
défiance, entre présence et absence du sens pour penser la
valeur et la force du langage, pour poursuivre le travail de la critique.
On s'emparera de quelques motifs dans l'actualité éditoriale
et sociétale pour illustrer la présente réflexion.
Daniel DELAS: Penser / Ecrire la Shoah
L'écoute du rythme poétique permet d'entendre le propre
de la pensée d'un écrivain, quel que soit son mode d'écriture.
Un rythme est toutefois aussi culturel et conduit en tant que tel à
s'inscrire dans son époque, en fonction d'une relation critique qui
varie pour chacun. C'est cet équilibre entre acculturation et subjectivation
du rythme de la pensée qui sera interrogé à partir
de quelques essayistes contemporains (dont Henri Meschonnic lui-même).
Gérard DESSONS: Engager le poème
Et non le poète. Hegel constatait, à son grand désespoir,
l'hétérogénéité du poème. C'est
qu'il cherchait une forme, quand le poème n'en a pas. Pas davantage
qu'il n'a un sens. Il possède, en revanche, une force, dont Marx
rêvait de doter la philosophie: celle de transformer le monde. A l'heure
où nouveaux réactionnaires et anciens révolutionnaires
se disputent la pensée du monde, on verra comment l'œuvre d'Henri Meschonnic
permet de penser l'actualité politique du poème, sans la confondre
avec la bonne intention qui, en instrumentalisant le langage, instrumentalise
l'humain.
Véronique FABBRI: Poétique
et philosophie
Cette conférence s’efforcera de faire le bilan de ce qu’ont apporté
les recherches d’Henri Meschonnic à l’analyse du discours philosophique.
On s’intéressera en particulier aux études consacrées
à Spinoza, Humboldt, Heidegger, aux questions soulevées par
la traduction des textes philosophiques. On s’efforcera, en outre, de confronter
les principes et les enjeux d’une poétique du discours philosophique,
à ceux de la logique et de la grammaire philosophique: comment penser
le point d’articulation entre le système conceptuel et celui du
discours? Quels modes de subjectivation pluriels sont-ils engagés
dans le discours philosophique?
Geneviève JOLLY: Henri Meschonnic
et le paradoxe du théâtre
Pour H. Meschonnic, le théâtre est paradoxal, parce qu'il ne
réalise pas ce que l'on attend ordinairement de lui: "il a l'air
d'être du spectacle mais il est de l'anti-spectacle". Cette conception
du théâtre est fondée sur l'existence d'une théâtralité
du langage. Une théâtralité que l'on retrouve aussi bien
dans des textes dramatiques que dans des textes non dramatiques, et qui
est indissociable d'une poétique chaque fois spécifique ;
une théâtralité "première", qui est celle de l'oralité
du langage, et qui est susceptible d'impliquer, dans un second temps, le
comédien et le spectateur dans une parole commune. Envisager le théâtre
comme "poème", ou parole d'un sujet, conduit à remettre en cause
les principes traditionnels d'analyse du texte dramatique, mais également
à penser autrement l'acte de mise en scène.
Références Bibliographiques :
G. Jolly, Théâtralité de la parole, revue Registres,
n°4, Presses de la Sorbonne Nouvelle, Paris, novembre 1999.
C. Hersant et G. Jolly, Oralité, revue Etudes Théâtrales,
n°22 (Poétique du drame moderne et contemporain), Louvain-la-Neuve,
2001.
G. Jolly, Rythme, revue Etudes Théâtrales, n°22,
Louvain-la-Neuve, 2001.
G. Jolly et M. Plana, Théâtralité, revue Etudes
Théâtrales, n°22, Louvain-la-Neuve, 2001.
G. Jolly et A. Moreira da Silva, Voix, revue Etudes Théâtrales,
n°22, Louvain-le-Neuve, 2001.
G. Jolly, Dramaturgie de Villiers de L'Isle-Adam, L'Harmattan, collection
Univers théâtral, Paris, 2002.
Ok-Ryong KIM: Meschonnic, du sujet décapité
"je" au sujet de l'écriture
Pour voir un jeu de signifiants qui montre une spécificité
du discours meschonicien, nous allons analyser rythmiquement et prosodiquement
la première poésie des Voyageurs de la Voix: «
tu es ma fuite puisque je me lève et je ». La poésie
de Meschonnic n'est pas tenue par le système de la rime à la
fin du vers, mais par "la rime" qui est partout. Le partout est la position
travaillée par le poète. Par cette analyse, nous verrons
"je" décapité dans l'énoncé, un voyageur qui
part de la fin du vers pour tout le poème afin de revivre dans l'énonciation,
de devenir un sujet de l'écriture.
Références Bibliographiques :
Aquien (Michèle), La versification, P.U.F. 1990.
Cornulier (Benoît de), Théorie du vers, Seuil, 1982.
Dessons (Gérard), Meschonnic (Henri), Traité du rythme,
Dunod, 1998.
Dictionnaire des rimes orales et écrites, Larousse, 1992.
Jaffré (Jean), Le vers et le poète, Ferdinand Nathan,
1984.
Mazaleyrat( Jean), Elément de métrique française,
Armand Colin, 1974.
Meschonnic (Henri), Critique du rythme, Verdier, 1982.
Meschonnic (Henri), Voyageurs de la voix, Verdier, 1985.
Meschonnic (Henri), Modernité, Modernité, Verdier, 1989.
Meschonnic (Henri), Je n'ai pas tout entendu, Dumerchez, 2000.
Meschonnic (Henri), Et le génie des langues? P.U.V, 2000.
Meschonnic (Henri), Puisque je suis ce buisson, Arfuyen, 2001.
Meschonnic (Henri), Célabration de la poésie, Verdier,
2001.
Pascal MAILLARD: "La modernité
dans le sujet": Henri Meschonnic lecteur de Baudelaire
Quand, dans son étude de "Chant d’automne", Henri Meschonnic prend
"le rythme et la prosodie … comme signifiant majeur" du poème, il
travaille autant avec Baudelaire que sur Baudelaire. Au-delà de l’affinité
allégorique qu’il peut y avoir entre les deux poètes, affinité
dont quelques motifs seront lus dans les livres de poèmes d’Henri
Meschonnic, il s’agira non seulement d’évaluer en quoi l’œuvre de
Baudelaire a joué un rôle majeur dans la construction épistémologique
de la poétique (théorie du sujet, du rythme, critique de
la modernité, notions d’historicité et de valeur, poétique
de la vie…), mais encore de rendre compte des apports décisifs des
travaux d’Henri Meschonnic à notre compréhension de l’auteur
des Fleurs du Mal. Apports largement ignorés par les études
baudelairiennes de ces trente dernières années. C’est pourquoi
ce travail tentera de rendre inséparables ses objectifs propres
d’une évaluation des impensés de la critique baudelairienne.
Serge MARTIN: Enjeux actuels d'une poétique
anthropologique de la relation dans et par le langage
Les revendications relationnelles sont devenues fréquentes dans
tous les secteurs des sciences humaines et sociales. Mais, sur le point
de montrer la dimension fondatrice des aspects linguistico-relationnels,
les théories réduisent ceux-ci à une peau de chagrin.
La pragmatique communicationnelle pense sauver le "bavardage" mais verse
l’essentiel de la relation et du langage dans les rhétoriques d’un
espace public séparé des autres formes de vie et de langage
alors même que c’est cette interaction qu’il est absolument nécessaire
de penser pour que le "bavardage" soit enfin considéré comme
langage-relation. De même, l’altruisme de maintes théories
tombe dans une "autruification" qui sacralise et sépare donc cela
même qu’on ne penser que dans et par un langage-relation. Habermassiens
ou/et levinassiens finissent toujours par mettre la relation dans la communication
ou dans la religion.
Nous intéressant ne serait-ce qu’aux formes de vie amoureuse, nous
montrerons que le rythme d’un poème-relation est la possibilité
d’une tenue de la multiplicité de ces formes de vie qui semblent toujours
échapper à quelque science humaine que ce soit — à
moins de répéter les discours des magazines —, et de l’unicité
principielle qu’elles permettent d’entrevoir par et dans le langage. Deux
conséquences peuvent alors s'apercevoir: une anthropologie fondée
sur l’acte amoureux qu’engage tout acte de langage en même temps
que "l’ordinaire" du langage mis au défi de cet "extraordinaire"
acte amoureux au cœur du langage. Ce poème du langage permettrait
de penser l’humanité de l’humanité au moment où le
langage du poème amoureux semble avoir perdu toute voix et où
la démocratie semble se perdre avec de plus en plus de sans voix.
Ces "rapprochements" ne seraient pas alors anodins du tout.
Références Bibliogaphiques :
Outre à l’ensemble des ouvrages de Henri Meschonnic, référence
sera faite à ceux de Benveniste, à Saussure et à la
récente publication des Ecrits de linguistique générale,
à ceux de Humboldt mais également aux recherches récentes
de Paolo Virno (Grammaire de la multitude) ainsi qu’à certaines études
de Simmel, Luhmann et bien entendu à Benjamin, en particulier à
ce texte fondateur d’une anthropologie relationnelle du langage qui est
constitué par son étude sur "Deux poèmes de Hölderlin".
Quelques travaux antérieurs:
"Situations de l’amour-en-poésie", dans J.-L. Chiss, G. Dessons
(dir.), La Force du langage, Rythme, discours, traduction, autour de
l’œuvre d’Henri Meschonnic, Paris, Honoré Champion, 2000.
La Poésie dans les soulèvements, coll. "Esthétiques",
Paris, L’Harmattan, 2001.
"Questions de et à Jean Bollack: avec Paul Celan",
dans D. Delas (dir.), Traduire 2, Cergy, Centre "Texte/Histoire",
Université de Cergy-Pontoise, 2002.
"Un poème du langage relation", dans B. Bonhomme (dir.), "Henri
Meschonnic", Nu(e), n°18, Nice, 2002.
"Au cœur de la relation dans le langage: l’amour-en-poésie dans
l’œuvre de James Sacré", dans C. Andreucci (dir.), Actes du colloque
"James Sacré" (Pau, 2001), Saint-Benoît-du-Sault, Tarabuste,
2002.
Henri MESCHONNIC: "Oui, qu'appelle-t-on
penser?"
Ce titre, bien sûr, est un rappel du titre fameux de Heidegger,
Qu'appelle-t-on penser? Parce qu'on n'en a jamais fini, en effet, de revenir
à cette question. Toujours doublement d'actualité: dans son
interrogation majeure, et permanente, et dans sa référence
à une présence continuée de la pensée Heidegger.
Et autant sa pensée est diffuse chez des philosophes et des poètes
contemporains, comme une pensée de l'essence, du sacré, et,
par le sublime, vers le national-essentialisme, autant est nécessaire
et urgente une pensée de l'historicisation radicale du langage, du
poème, de l'art, de l'éthique, du politique, dans leur interaction,
contre le théologico-politique, le théologico-philologique,
le théologiquement correct, le politiquement correct, le poétiquement
correct. Et pourquoi d'abord « oui »: parce que la pensée
est une conversation ininterrompue. Dans et malgré le bruit du contemporain.
Patrick REBOLLAR: Henri Meschonnic, l'onto-poète
Par l'étude des constructions-sens-rythmes de divers poèmes
de Henri Meschonnic, nous décrirons la dimension ontologique de son
travail poétique. L'inséparabilité, dans le texte poétique,
de la "prise" construction-sens-rythme, n'est pas sans rapport avec l'"entre-prise"
critique du professeur, la "sur-prise" des traductions bibliques et la "mé-prise"
de certains contemporains. Imprimé, le poème doit cependant
être lu et pour cela rendre le lecteur poète s'il y arrive.
Sans quoi, la lecture ne passera rien, ontologiquement, d'un vivant à
un vivant, mais glissera sur l'agencement des mots ou se fixera absurdement
un but taxidermiste. Ce à quoi l'onto-poème ne survit pas.
BIBLIOGRAPHIE :
Cette bibliographie a été établie par Serge Martin
(une version comportant toutes les tables est disponible auprès de
sergemartin@freesurf.fr). Elle recense exhaustivement les seuls ouvrages
et ne considère pas les articles. Des abréviations établies
avec Pascal Michon sont proposées pour chaque ouvrage à des
fins d’harmonisation dans le travail critique.
1967: (DFC) Dictionnaire du français contemporain, en collaboration,
Larousse.
1970: (PP I) Pour la Poétique I, essai, Gallimard, 180 p.
1970: (5R) Les Cinq Rouleaux: Le Chant des chants, Ruth, Comme ou les
Lamentations, Parole du Sage, Esther, traduit de l’hébreu, Gallimard,
240 p.
1972: (DP) Dédicaces, proverbes, poèmes, Gallimard,
124 p. [Prix Max-Jacob].
1973: (PP II) Pour la Poétique II, Épistémologie
de l’écriture, poétique de la traduction, Gallimard,
458 p.
1973: (PP III) Pour la Poétique III, Une parole écriture,
Gallimard, 342 p.
1975: (SP) Le Signe et le poème, essai, Gallimard, 548 p.
1976: (DNR) Dans nos recommencements, poèmes, Gallimard, 86
p.
1977: (PP IV-1) Pour la Poétique IV, Ecrire Hugo (tome 1),
Gallimard, 306 p.
1977: (PP IV-2) Pour la Poétique IV, Ecrire Hugo (tome 2),
Gallimard, 218 p.
1978: (PP V) Pour la Poétique V, Poésie sans réponse,
Gallimard, 442 p.
1979: (L) Légendaire chaque jour, poèmes, Gallimard,
86 p.
1981: (J) Jona et le signifiant errant, Gallimard, 136 p.
1982: (CR) Critique du rythme, Anthropologie historique du langage,
Verdier (réédition en 1990), 730 p.
1983: (RD) "Rythme, discours, subjectivité" et "Rythme, théorie
du langage, poétique de la société", dans Georges Maurand
(éd.), Le Rythme, Avec Henri Meschonnic, Actes du Colloque
d’Albi de juillet 1983, Université de Toulouse le Mirail.
1984: (NV) "La nature dans la voix", introduction à Charles Nodier,
Dictionnaire des onomatopées, Trans-Europ-Repress.
1985: "L’atelier de Babel" et "Poétique d’un texte de philosophe
et de ses traductions, Humboldt, Sur la Tâche de l’écrivain
de l’histoire", dans Gérard Granel (éd.), Les Tours de
Babel, Trans-Europ-Repress [repris dans Poétique du traduire,
p. 445-458 et p. 343-393].
1985: (VV) Voyageurs de la voix, poèmes, Verdier, 88 p. [Prix
Mallarmé, 1986].
1985: (CTC) "Présentation", "Critique de la théorie critique"
et "Le langage chez Habermas, ou Critique, encore un effort", dans Critique
de la théorie critique, Langage et histoire, dir. du séminaire
de poétique autour de l’Ecole de Francfort, avec Y. Charnet, J.-L.
Chiss, G. Dessons, P. Maillard et D. Modigliani, Presses Universitaires
de Vincennes, 204 p.
1985: (MS) "Mallarmé au-delà du silence" dans Stéphane
Mallarmé, Ecrits sur le livre (choix de textes), éditions
de l’éclat (p. 11-62).
1985: (EP) Les Etats de la Poétique, PUF, 284 p.
1986: (JJ) Jamais et un jour, Editions Dominique Bedou, 48 p.
1988: (MM) Modernité Modernité, Verdier (repris en
Folio-Gallimard en 1993), 316 p.
1989: (RV) La Rime et la vie, Verdier, 366 p.
1990: (NP) Nous le passage, Verdier, 96 p., Artalect, édition
sonore (cassette audio).
1990: (LH) Le Langage Heidegger, PUF, 398 p. (indisponible).
1991: (DM) Des Mots et des mondes, Dictionnaires, encyclopédies,
grammaires, nomenclatures, Hatier, 312 p.
1995: (PR) Politique du rythme, politique du sujet, Verdier, 620
p.1995: (PDL) "Introduction" et "Penser Humboldt aujourd’hui" dans La
Pensée dans la langue, Humboldt et après (ouvrage collectif
dirigé par Henri Meschonnic), Presses universitaires de Vincennes,
pp. 5-50.
1996: (PRO) "Avant-propos" (co-direction d’un ouvrage collectif avec Sylvain
Auroux et Simone Delesalle) et "Prosodie, poème du poème",
dans Histoire et grammaire du sens, Hommage à Jean-Claude Chevalier,
Armand Colin, p. 7-10 et p. 222-252.
1997: (DLF) De la Langue française, Essai sur une clarté
obscure, Hachette, 356 p., repris avec des corrections et quelques
modifications dans la collection de poche "Pluriel", Hachette, 2001, 478
p.
1998: (SM) "Le sujet est la modernité", dans Pascal Michon (éd.),
L’Individuation dans les sciences sociales aujourd’hui, Papiers,
n° 42, Collège International de Philosophie, p. 65-75.
1998: (TR) Traité du rythme, Des vers et des proses, Dunod
(en collaboration avec Gérard Dessons), 242 p.
1999: (PDT) Poétique du traduire, Verdier, 474 p.
1999: (CDN) Combien de noms, poèmes, L’Improviste, 96 p.
2000: Crisis del signo, política del ritmo y teoría del
languaje, Crise du signe, politique du rythme et théorie du langage,
(édition bilingue avec une traduction en espagnol par Guillermo Piña-Contreras)
Ediciones Ferilibro (Saint-Domingue), 104 p.
2000: (JE) Je n’ai pas tout entendu, poèmes, Dumerchez, 128
p.2000: (EG) "Et le génie des langues?" (Présentation) et
"Poétique de la pensée: le latin de Spinoza" dans Et le
génie des langues? (ouvrage collectif dirigé par Henri
Meschonnic), Presses universitaires de Vincennes, pp. 5-15 et pp. 103-148.
2000: (FL) "La Force du langage" dans Jean-Louis Chiss et Gérard
Dessons (dir.) Rythme, Discours, Traduction autour de l’œuvre d’Henri
Meschonnic, éd. Honoré Champion, pp. 9-19.
2000: (RL) Le Rythme et la lumière, avec Pierre Soulages,
Odile Jacob, 230 p.
2001: (UJ) L'Utopie du Juif, Desclée de Brouwer, 428 p.
2001: (GL) Gloires, traduction des psaumes, Desclée de Brouwer,
556 p.
2001: (PB) Puisque je suis ce buisson, poèmes, Arfuyen, 98
p.
2001: (HB) "Hugo continuant la Bible" dans Victor Hugo et la Bible
(avec Manoko Ôno), dans Victor Hugo et l’Orient, 7 (éd.
sous la dir. de Franck Laurent), Maisonneuve et Larose, p. 7-25.
2002: (HP) Hugo, la poésie contre le maintien de l’ordre,
Maisonneuve et Larose, 256 p.
2002: (SPI) Spinoza poème de la pensée, Maisonneuve
et Larose, 312 p.
2002: (AC) Au Commencement, traduction de la Genèse, Desclée
de Brouwer, 376 p.