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DU SAMEDI 22 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 29 AOÛT
(14 H) 2009
PIERRE MICHON, ÉCRIVAIN
DIRECTION : Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE,
Dominique VIART
Avec
la participation de Pierre MICHON
ARGUMENT :
Pierre
Michon occupe une place singulière et de tout
premier plan dans la littérature française
contemporaine. Son premier livre, Vies minuscules,
paru en 1984 chez Gallimard, est aujourd’hui reconnu
comme un texte fondateur et fait figure de classique. Douze
titres composent à ce jour cette œuvre dense qui
fait de son auteur l’écrivain de sa génération
le plus reconnu par la critique: L’Empereur d’Occident
(Fata Morgana, 1989, Verdier, "Poche", 2007), Rimbaud
le fils (Gallimard, 1991) et, aux éditions Verdier,
Vie de Joseph Roulin, 1988; Maîtres
et Serviteurs, 1990; La Grande Beune et Le Roi
du bois, 1996; Mythologies d’hiver et Trois
auteurs, 1997; Abbés et Corps du Roi,
2002, ainsi qu’un important volume d’entretiens (Le Roi vient
quand il veut. Propos sur la littérature, Albin Michel,
2007).
Inventeur
ou praticien de formes caractéristiques de
la littérature d’aujourd’hui, telles que les "récits
de filiations" ou les "fictions biographiques",
Pierre Michon renoue avec des œuvres et des pratiques anciennes
de la littérature (portrait littéraire,
hagiographie) sans renoncer à l’héritage moderne
et en situant résolument son travail dans l’actualité
du débat sur l’écriture littéraire
contemporaine. Ses textes, qu’il qualifie de "blocs de prose",
se caractérisent par une écriture flamboyante
et laconique. Aussi grand écrivain qu’auteur paradoxal,
Pierre Michon est une exception dans notre littérature,
autant par la radicalité de son engagement littéraire
que par l’originalité de ses partis pris formels.
Cet auteur rare, mais nullement pour happy-few, est
étudié dans le monde entier, où de nombreuses
recherches universitaires lui sont consacrées, comme une
figure essentielle de la littérature française
d’aujourd’hui.
Le colloque
de Cerisy "Pierre Michon" se donne pour but d’élucider
le travail et l’art du prosateur, les significations,
l’esthétique et la genèse de l’œuvre
à travers quelques grandes problématiques:
l’écriture (le style, la prose, l’énonciation),
l’intertexte, la représentation des temps et des
lieux, l’imaginaire des mythes, l’interférence
des arts et l’inspiration (auto)biographique. D’autres
aspects non moins essentiels seront également envisagés:
le rapport à l’Histoire, le travail de l’archive, l’inscription
de l’œuvre dans les enjeux esthétiques de son
temps, le dialogue avec les "Grands Textes" du patrimoine
littéraire, le goût du sacré et du désastre.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Samedi 22 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et
des participants
Dimanche 23 août
Matin:
Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE
& Dominique VIART: Introduction, avec Olivier BÉTOURNÉ
(Albin Michel)
Sacré, sublime, bestial
Agnès CASTIGLIONE: La tentation
du sublime
Sylvie VIGNES: L'épiphanie
selon Pierre Michon
Après-midi:
Des Vies
Pierre OUELLET: Vies de Michon: l'existence
par procuration
Dolorès LYOTARD: Jumeaux
Bruno BLANCKEMAN: Le désécrire
de Pierre Michon
Lundi 24 août
Matin:
Le texte et ses intertextes
Aurélie
ADLER: Un patronage faulknérien?
Patrick CROWLEY:
Pierre Michon dans l'ombre bienveillante de Barthes?
Après-midi:
Pierre-Marc de BIASI: Endogenèse et exogenèse:
les carnets de travail de Pierre Michon
De l'art et des artistes
Amel JEGHAM:
Du carnet de travail au texte: l'exemple de Goya
Jean KAEMPFER:
Pierre Michon et la théorie moderne de l'art
Mardi 25 août
Matin:
Des vocations
Alexandre
BLEAU: Enigme du désir et prodige de l'œuvre
Wolfgang ASHOLT:
Vocations littéraires et artistiques dans l'œuvre
de Michon
Après-midi:
Laurent DEMANZE: L'épreuve
de la grandeur
Table Ronde "Passeurs": Editeurs / Traducteurs,
avec Olivier BESSARD-BANQUY (Reconnaissance de Pierre
Michon), Rokus HOFSTEDE (L'expatriation
littéraire) et Arina ISTRATOVA (Traduire Michon en russe)
Soirée:
Lecture de Je veux me divertir et
de Le Roi du Bois, par Daniel MESGUICH
Mercredi 26 août
Matin:
Des savoirs
Michael SHERINGHAM: Pierre Michon et
l'archive
Alexandre GEFEN: Pierre Michon, l'espace
littéraire et les sciences humaines
Nathalie PIEGAY-GROS: Pierre Michon
et l'érudition
Après-midi:
DÉTENTE
Jeudi 27 août
Matin:
Paysages
François BERQUIN: Champ de
blé avec corbeaux
Florian PRÉCLAIRE: "Ecrire
au Troisième Jour" (une poétique de
la Terre chez Michon)
Après-midi:
Manet van MONTFRANS-VAN
OERS: "Ivresse du minimal": la poétique du paysage
dans l’œuvre de Pierre Michon
L'Histoire, le Temps
Ann JEFFERSON: Le miracle de Lascaux
Philippe BERTHIER: De quoi l'an
mil est-il le nom?
Soirée:
Projection de "Pierre Michon, retour aux
origines" (Arte, P.-A. Boutang et P.-M. de Biasi)
Vendredi 28 août
Matin:
Poétiques de l'écriture
Dominique VIART: Contribution à
une poétique de la figuration
Anne HERSCHBERG PIERROT: L'énonciation
dans les carnets de travail
Après-midi:
Pierre SCHOENTJES: Michon
face à l'ironie
Table Ronde "Ecrivains", avec Patrick
KÉCHICHIAN, Charif MAJDALANI et Pierre
OUELLET
Soirée:
Lecture d'extraits de Les Onze,
par Denis PODALYDÈS
Samedi 29 août
Matin:
Entretien
Lecture d'extraits de Les Onze,
par Pierre MICHON
Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE
& Dominique VIART: Conclusions et discussion avec Pierre Michon
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Aurélie ADLER: Un patronage
faulknérien?
Pierre Michon convoque
à plusieurs reprises la figure de Faulkner dans ses
textes — Vies minuscules, Corps du roi, Trois auteurs
— comme dans l'épitexte — les entretiens rassemblés
dans Le Roi vient quand il veut. Qualifié de
"Père du texte", Faulkner apparaît comme une figure
tutélaire, à la genèse de l'écriture
de Michon. Cet héritage pose question dans la mesure
où l'écrivain se défend de toutte "influence"
directe du modèle narratif faulknérien, tout en
traçant des lignes de partage avec l'écrivain américain.
Dans la généalogie littéraire de Michon,
Faulkner semble tenir à la fois le rôle d'instance
légitimante et de jalon modélisant. Dans les deux
cas, l'auteur mythique de la modernité romanesque permet à
Michon de constituer son propre imaginaire d'écrivain et
d'élaborer une posture d'autorité singulière.
C'est cette image de l'auteur en héritier problématique,
en regard du mythe faulknérien — et de la littérature
avec lequel il se confond dans les textes —, qu'il conviendra
d'interroger dans ses modalités et ses enjeux poétiques,
mais aussi du côté de la réception.
Wolfgang ASHOLT: Vocations
littéraires et artistiques dans l'œuvre de
Michon
A commencer avec les Vies minuscules (Gallimard
1984), Michon se réfère, avec nombre de ses œuvres,
à la tradition hagiographique des Vitae, celles de l’antiquité
et celles des légendes chrétiennes, d’ailleurs une reproduction
partielle du Saint Thomas de Velasquez orne l’édition de poche
des Vies minuscules. L’adjectif des Vies renvoie pourtant
aussi à une autre tradition, celle de la Vie des hommes infâmes
de Michel Foucault, avec lesquels Foucault entreprend la "légende
des hommes obscurs" anti-hagiographique d’une histoire d’en bas. Les
Vies de Michon représentent aussi une telle anti-vita:
des Vies minuscules en passant par Rimbaud le Fils et la
Vie de Joseph Roulin jusqu’à l’essai du Corps du
roi (2002). La légende de la vocation artistique est non
seulement déconstruite ironiquement dans ces textes mais elle
gagne une dimension productive comme anti-légende de l’artiste
et de l’écrivain potentiels ou anti-légende de leur échec.
Avec cet échec, rendu nécessaire par la légende
moderne de la "page blanche" au moins pendant un certain temps, les
textes critiquent aussi le projet d’une modernité autoréférentielle
comme but et point de départ d’une vocation littéraire
et artistique, ou pour le dire avec Pierre Bergounioux: "Vies minuscules
accomplit ce qui était impossible en représentant l’impossibilité
de l’accomplissement". J’essayerai d’analyser la dialectique négative
de cette anti-légende de la vocation, caractéristique
pour la littérature contemporaine à l’exemple de textes
choisis de Michon.
Alexandre
BLEAU: Enigme du désir et prodige de l'œuvre
En tout créateur, Pierre Michon
reconnaît un être de désir. Un grand désir
semble être la condition nécessaire — sinon suffisante
— d’une grande œuvre. Or, Michon reconnaît en même temps
que ce rapport ne va pas de soi. La conscience désirante est
essentiellement négation de son objet; elle ne s’efforce
vers lui que pour le consommer, le détruire. De sorte que,
du point de vue d’une telle conscience, il tient vraiment du prodige
que son désir, cette pure affirmation égoïste
d’elle-même, donne lieu à une œuvre. Le sujet michonien,
sur la trajectoire où le lancent les Vies minuscules,
s’il reste pris dans cette contradiction et que cette contradiction
lui pèse, échappe pourtant au désespoir: il a foi
d’être à l’œuvre, plus ou moins obscurément, et
accepte en conséquence de n’être que l’instrument dévolu
à cette œuvre. Mais en tant qu’il n’est que l’instrument, l’évidence
de son désir se change en énigme pour lui-même.
Patrick
CROWLEY: Pierre Michon dans l'ombre bienveillante de Barthes?
Pour certains critiques, tel que Michel Beaujour, Pierre
Michon écrit contre un dispositif idéologique qui proclamait
la mort de la Littérature et la mort de l’Auteur à
la fin des années soixante et au début des années
soixante dix. Cependant, le rapport, complexe et continu, entre les
textes de Michon et ces penseurs d’avant-garde (tels que Michel Foucault
et Georges Bataille) a été examiné (par Viart,
Arnould, Nitsch entre autres) à tel point que nous pouvons
mieux écouter la conversation qui a lieu en sourdine entre
l’œuvre de Michon et la théorie littéraire. L’objectif
de cette communication sera de mettre en relief quelques éléments
pour mieux discerner le legs de Roland Barthes dans les textes de Michon.
Références Bibliographiques
:
Livre
Patrick Crowley, Pierre Michon: the Afterlife of
Names (Oxford: Peter Lang, 2007), 242 pp. ISBN 978-3-03910-744-5.
ISSN 1422-9005.
Chapitres
Patrick Crowley, ‘Pierre Michon: Self-performance and
the Marchland of the Essay’ in Charles Forsdick and Andrew Stafford
(eds.), The French Essay (Bern: Peter Lang AG, 2005), 121–34.
ISBN 3-03910-514-0.
Patrick Crowley, ‘Figuring the Past: Cultural Memory
in Pierre Michon’s Vies minuscules’, in Edric Caldicott and
Anne Fuchs (eds.), Cultural Memory: Essays on European Literature
and History (Bern: Peter Lang AG, 2003), 161–72. ISBN 3-03910-053-X.
Patrick Crowley, ‘Rereading Balzac and Barthes: Pierre
Michon’s Le temps est un grand maigre’, in Charles Forsdick
(ed.), Tous azimuts II: Les Usages du genre (Glasgow: Glasgow
French and German Publications, 2002), 99–113. ISBN 0-85261-761-5.
Laurent DEMANZE:
L'épreuve de la grandeur
L’Epreuve de la grandeur, c’est d’abord le
titre d’un ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich, qui étudie
l’impact des prix littéraires sur les écrivains. Mais
au fil des analyses, elle montre les bouleversements du champ littéraire
initiés par l’avènement de la démocratie: la
gloire d’autrefois accordée par une autorité verticale
est désormais remplacée par les conflits de valeur, les
antagonismes de reconnaissance et la croyance en un talent individuel.
C’est ce basculement du champ littéraire qui est au centre
de l’œuvre de Pierre Michon, qui cherche à retrouver l’expérience
de la gloire au sein d’un univers qui la conteste.
Rokus HOFSTEDE:
L'expatriation littéraire
Comment se traduisent et se lisent les textes
de Michon hors frontière? Comment se porte son œuvre — ‘centrale’
tant par son achèvement formel que par son statut littéraire,
‘décentrale’ par son imaginaire rural ou historique – dans l’arène
littéraire internationale? Ces questions, d’ordre partiellement
sociologique, recoupent un motif exploré dans l’œuvre-même,
en particulier dans Vies minuscules, celui de l’expatriation
et du changement de langue, exemplifiés par André Dufourneau
et Antoine Peluchet. Je me propose de cerner, par cette mise en parallèle
entre deux formes d’expatriation, les enjeux spécifiques qu’impose
au traducteur la langue littéraire que Pierre Michon s’est forgé.
Amel JEGHAM:
Du carnet de travail au texte: l'exemple de
Goya
Les récits de vie de Pierre Michon
ne naissent pas de rien: loin d'être le fruit d'une inspiration
immédiate, ils sont le produit d'une longue maturation nourrie
de nombreuses lectures et recherches dont les carnets conservent
des traces. Parmi les différents manuscrits de l'auteur,
le carnet numéroté 98 daté "Novembre 1985" et "Janvier
1986" contient une cinquantaine de pages, consacrées à
Francisco Goya, qui réunissent les éléments préparatoires
pour la rédaction de la première partie du triptyque
Maîtres et serviteurs "Dieu ne finit pas". On y relève,
entre autres, des noms de spécialistes du peintre ainsi que
des sources biographiques, critiques et iconographiques. Ce socle
de travail revèle en Michon un lecteur soucieux de la chronologie
et respectueux du moindre détail: autant de contraintes que
l'auteur semble s'imposer dans le carnet pour mieux les dépasser,
sans doute, en donnant libre cours à son imagination créatrice
dans le récit.
Nous explorerons donc ce carnet dans le but de comprendre
la mise en texte de ces notes de travail à travers les
choix opérés dans le récit, la prise de distance
par rapport aux événements réels, les effets
de brouillage, les choix narratifs et énonciatifs, des procédés
qui, loin d'altérer la figure du peintre, parviennent à
la reconstituer de manière plus percutante et plus incisive.
Nous nous attacherons au cas de Goya — objet de recherche d'un auteur
en quête d'inspiration dans les carnets — et à sa transfiguration
dans le personnage michonien du texte final. Cet exemple nous permettra
d'appréhender de l'intérieur l'élaboration
du personnage et par là-même la fabrique du texte et son
fonctionnement.
Jean KAEMPFER: Pierre Michon et la théorie
moderne de l'art
La théorie littéraire
française des années 60 et 70 est résolument
moderne: elle conçoit l’acte d’écrire, de
créer, comme une intervention décisive, qui doit
importer à la communauté agissante des hommes. Mais
en 1984, lorsque paraissent Les Vies minuscules, l’époque
est au sourire, — ou à la mélancolie: la foi dans
les Grands récits s’est érodée. Dès
lors, pour qui accorde à la littérature une place, la première,
s’ouvre un temps d’inquiétude; pourquoi s’installer dans
la vacance du livre à venir, renouveler les "putchs" dans
la langue, lorsqu’alentour s’imposent la transitivité, l’hédonisme,
la morale? Pierre Michon, avec la série de ses Vies
d’artistes, ouvre une grande enquête — réflexive,
passionnée, précise — sur la nature et les effets
du geste de créer: Van Gogh, Rimbaud ou Balzac sont les
noms propres d’une passion vive et parfois querelleuse dont il
s’agit d’éprouver, à l’âge postmoderne, la nécessaire
intempestivité.
Manet
van MONTFRANS-VAN OERS: "Ivresse du minimal": la poétique
du paysage dans l’œuvre de Pierre Michon
Dans tous les récits de Michon,
les paysages ont une présence intense; leur évocation
se concentre dans de brefs passages descriptifs, centrés
sur de minimes détails, à l’image des miniatures
qui enluminent le texte médiéval. Le réel
dont Michon s’inspire est, on le sait, souvent un réel
déjà transposé, empreint de souvenirs picturaux
et livresques, c’est un réel au second degré qu’il
refaçonne essentiellement en fonction des enjeux de
sa propre écriture. Dans ma contribution, je me propose d’analyser
quelques-unes de ces miniatures descriptives. De quelle manière
sont-elles insérées dans les narrations et quelle
y est leur fonction? Quels sont les éléments
caractéristiques qui se retrouvent d’une description à
l’autre? Comment les références picturales et livresques
y fonctionnent-elles? Dans un entretien au sujet du marais vendéen
évoqué dans Abbés, Pierre Michon dit,
citant Claudel sur les Pays-Bas, que le paysage en question est
une liquidation de la réalité. Mon analyse tentera
de montrer comment Pierre Michon, tout en "liquidant la réalité",
réussit à renforcer l’illusion de sa présence.
Références
Bibliographiques :
Montfrans, Manet van, Quatre petits-fils
de la Troisième République: Pierre Bergounioux,
Francois Bon, Pierre Michon, Jean Rouaud. In RHFB Rapports-
Het Franse Boek, 67e Jaargang, 1997, n°1, 2-9.
Korthals Altes, Liesbeth & Manet
van Montfrans (éds). European Studies, A Journal
of Culture, History, and Politics n°18, The New Georgics:
Rural and Regional Motifs in the Contemporary European Novel,
Amsterdam/New York, Rodopi, 2002.
Montfrans, Manet van, ‘Faulkner in
Frankrijk’, Tirade 411/2005, nr 5, 87-103.
Pierre SCHOENTJES: Michon face
à l'ironie
Je me propose d’aborder la
question de l’ironie chez Michon à travers une double
interrogation, celle de la labellisation de l’œuvre d’une part,
celle la spécificité de l’ironie dans l’écriture
de l’autre. Le premier axe me conduira à observer à
quels enjeux correspond aujourd’hui le fait de ranger un texte
ou une écriture sous la classe de l’ironie. Il s’agit
là en effet d’une démarche qui ne relève
pas uniquement de la description mais qui comporte une part importante
d’évaluation. Le second axe de la réflexion
m’amènera à étudier les différents
modes à travers lesquels l’ironie se réalise dans l’œuvre
de Michon. Jeux locaux et plus diffus seront ainsi abordés.
S’il ne s’agit évidemment pas d’épuiser ici l’ensemble
de la problématique, une lecture attentive devrait toutefois
permettre de préciser la position de l’ironie, dans l’œuvre
de Michon et, au-delà, dans la littérature en
train de s’écrire.
BIBLIOGRAPHIE :
* BESSARD-BANQUY Olivier, (éd.), L’édition
littéraire aujourd’hui, Presses Universitaires
de Bordeaux, coll. "Les cahiers du livre", 2006.
* BERTHIER
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Michon, La Grande Beune", in Paysage et
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* BLANCKEMAN
Bruno, Fictions singulières. Étude
sur le roman français contemporain,
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"Critique", 2002.
* CASTIGLIONE
Agnès, "Les Béatitudes de Pierre
Michon", in Pierre-Marie Beaude et Jacques Fantino
(éds.), Le discours religieux, son sérieux,
sa parodie en théologie et en littérature,
Paris, Éditions du Cerf-Université de Metz, juin
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* CASTIGLIONE
Agnès, "Pierre Michon, l’autobiographie
oblique", in Bertrand Degott et Marie Miguet-Ollagnier
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* CASTIGLIONE
Agnès (éd.), Pierre Michon,
l’écriture absolue, Actes du Ier colloque international
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Saint-Étienne, CIEREC, Travaux 105, 2002.
* CASTIGLIONE
Agnès, "L’espace crypté dans La Grande
Beune de Pierre Michon", in Pierre Masson (éd.),
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Pleins Feux, collection « Horizons comparatistes »,
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Agnès, "Candeur de Pierre Michon", in Pierre
Michon, une autolégende, dossier du groupement
de libraires Initiales, réalisé par Alain
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Agnès, "Pierre Michon et Gérard Macé
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Agnès, Article "Pierre Michon", in Le
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* CASTIGLIONE
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Bulletin de l’Association des Amis de Jean Giono,
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Agnès, "L’Invention des Vies : Pierre
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* CASTIGLIONE
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roi vient quand il veut. Propos sur la littérature,
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BIASI Pierre-Marc, "A quoi sert la littérature
?", dialogue entre Pierre-Marc de Biasi et Pierre
Michon, in Pierre Michon et la fiction autobiographique,
Actes du colloque de Guéret, Carnets de Chaminadour
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* DE
BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : l’écriture
autobiographique", in Pierre Michon et la fiction
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Carnets de Chaminadour n°3, 2008, pp. 97-162.
* DE
BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : “Le miracle d’un
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Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine littéraire,
n°401, septembre 2001. Repris dans Pierre Michon,
Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007
sous le titre : Chapitre 18, "Un Sade qu’on peut lire à
l’école".
* DE
BIASI Pierre-Marc, "Les Carnets inédits de
La Grande Beune", propos recueillis par Pierre-Marc
de Biasi, Genesis, n°18, Éditions Jean-Michel
Place, 2002. Repris dans Pierre Michon, Le Roi
vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le même
titre : Chapitre 21, "Les Carnets inédits de
La Grande Beune".
* DE
BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : écrire
avant l’autodafé", propos recueillis par
Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine littéraire,
n°415, décembre 2002. Repris dans Pierre
Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin
Michel, 2007 sous le titre : Chapitre 24, "En attendant
l’autodafé".
* DE
BIASI Pierre-Marc, "La Bible est mon pays", propos
recueillis par Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine
littéraire, n°448, décembre
2005. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand
il veut, Albin Michel, 2007 sous le même
titre : Chapitre 26, "La Bible est mon pays".
* DE
BIASI Pierre-Marc, "Une littérature de l'attente",
entretien avec Pierre Michon, in Le Magazine littéraire,
n° 465, "Julien Gracq", juin 2007, pp. 34-38.
Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il
veut, Albin Michel, 2007 sous le titre : Chapitre 30, "La
fleur bleue de Julien Gracq".
* DEMANZE
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Michon lecteur de Plutarque", in Anne-Marie Monluçon
et Agathe Salha (éds), Fictions biographiques,
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* FARRON
Ivan, Pierre Michon. La grâce par les
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* FARRON
Ivan, "Terre (s) du désir. La Grande
Beune ou l’écriture absolue", in L’Esprit
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* VIART
Dominique, "Puissances du désir. Pour une
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Michon", Pierre Michon et la fiction autobiographique,
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n°3, mai 2008.
* VIART
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Nota Bene, 2007, pp.107-138.
* VIART,
Dominique, "Naissance moderne et renaissance contemporaine
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et A. Salha (ed.), Fictions biographiques XIXe-XXIe,
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* D. VIART
(ed.), Mémoires du récit, Ecritures
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(contributions de D. Viart et A. Wrona)
* D.
VIART (ed.), Etats du roman contemporain, Ecritures
contemporaines 2, Minard Lettres modernes, 1999
(contributions de D. Viart et de S. Loubry)
* D. VIART
(ed.), Paradoxes du biographique, Revue des
Sciences humaines, n°263, 2001.
* D. VIART
et B. VERCIER, La Littérature française
au présent, Bordas, 2008.
Avec le soutien de l'Institut
des Textes et Manuscrits modernes (ITEM ENS-CNRS),
de l'Université de
Paris 8,
de l'Université de
Lille 3 (EA 1061: Analyses Littéraires et
Histoire de la Langue),
de l'IUFM de Lyon 1
et du CIEREC (Université Jean
Monnet de Saint-Etienne)
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