Plan du Site du Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle : cliquez ici

" Page mise à jour le 31 août 2009 "



DU SAMEDI 22 AOÛT (19 H) AU SAMEDI 29 AOÛT (14 H) 2009



PIERRE MICHON, ÉCRIVAIN


DIRECTION : Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE, Dominique VIART

Avec la participation de Pierre MICHON

ARGUMENT :

Pierre Michon occupe une place singulière et de tout premier plan dans la littérature française contemporaine. Son premier livre, Vies minuscules, paru en 1984 chez Gallimard, est aujourd’hui reconnu comme un texte fondateur et fait figure de classique. Douze titres composent à ce jour cette œuvre dense qui fait de son auteur l’écrivain de sa génération le plus reconnu par la critique: L’Empereur d’Occident (Fata Morgana, 1989, Verdier, "Poche", 2007), Rimbaud le fils (Gallimard, 1991) et, aux éditions Verdier, Vie de Joseph Roulin, 1988; Maîtres et Serviteurs, 1990; La Grande Beune et Le Roi du bois, 1996; Mythologies d’hiver et Trois auteurs, 1997; Abbés et Corps du Roi, 2002, ainsi qu’un important volume d’entretiens (Le Roi vient quand il veut. Propos sur la littérature, Albin Michel, 2007).

Inventeur ou praticien de formes caractéristiques de la littérature d’aujourd’hui, telles que les "récits de filiations" ou les "fictions biographiques", Pierre Michon renoue avec des œuvres et des pratiques anciennes de la littérature (portrait littéraire, hagiographie) sans renoncer à l’héritage moderne et en situant résolument son travail dans l’actualité du débat sur l’écriture littéraire contemporaine. Ses textes, qu’il qualifie de "blocs de prose", se caractérisent par une écriture flamboyante et laconique. Aussi grand écrivain qu’auteur paradoxal, Pierre Michon est une exception dans notre littérature, autant par la radicalité de son engagement littéraire que par l’originalité de ses partis pris formels. Cet auteur rare, mais nullement pour happy-few, est étudié dans le monde entier, où de nombreuses recherches universitaires lui sont consacrées, comme une figure essentielle de la littérature française d’aujourd’hui.

Le colloque de Cerisy "Pierre Michon" se donne pour but d’élucider le travail et l’art du prosateur, les significations, l’esthétique et la genèse de l’œuvre à travers quelques grandes problématiques: l’écriture (le style, la prose, l’énonciation), l’intertexte, la représentation des temps et des lieux, l’imaginaire des mythes, l’interférence des arts et l’inspiration (auto)biographique. D’autres aspects non moins essentiels seront également envisagés: le rapport à l’Histoire, le travail de l’archive, l’inscription de l’œuvre dans les enjeux esthétiques de son temps, le dialogue avec les "Grands Textes" du patrimoine littéraire, le goût du sacré et du désastre.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Samedi 22 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Dimanche 23 août
Matin:
Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE & Dominique VIART: Introduction, avec Olivier BÉTOURNÉ (Albin Michel)

Sacré, sublime, bestial
Agnès CASTIGLIONE: La tentation du sublime
Sylvie VIGNES: L'épiphanie selon Pierre Michon

Après-midi:
Des Vies
Pierre OUELLET: Vies de Michon: l'existence par procuration
Dolorès LYOTARD: Jumeaux
Bruno BLANCKEMAN: Le désécrire de Pierre Michon


Lundi 24 août
Matin:
Le texte et ses intertextes
Aurélie ADLER: Un patronage faulknérien?
Patrick CROWLEY: Pierre Michon dans l'ombre bienveillante de Barthes?

Après-midi:
Pierre-Marc de BIASI: Endogenèse et exogenèse: les carnets de travail de Pierre Michon

De l'art et des artistes
Amel JEGHAM: Du carnet de travail au texte: l'exemple de Goya
Jean KAEMPFER: Pierre Michon et la théorie moderne de l'art


Mardi 25 août
Matin:
Des vocations
Alexandre BLEAU: Enigme du désir et prodige de l'œuvre
Wolfgang ASHOLT: Vocations littéraires et artistiques dans l'œuvre de Michon

Après-midi:
Laurent DEMANZE: L'épreuve de la grandeur

Table Ronde "Passeurs": Editeurs / Traducteurs, avec Olivier BESSARD-BANQUY (Reconnaissance de Pierre Michon), Rokus HOFSTEDE (L'expatriation littéraire) et Arina ISTRATOVA (Traduire Michon en russe)

Soirée:
Lecture de Je veux me divertir et de Le Roi du Bois, par Daniel MESGUICH


Mercredi 26 août
Matin:
Des savoirs
Michael SHERINGHAM: Pierre Michon et l'archive
Alexandre GEFEN: Pierre Michon, l'espace littéraire et les sciences humaines
Nathalie PIEGAY-GROS: Pierre Michon et l'érudition

Après-midi:
DÉTENTE


Jeudi 27 août
Matin:
Paysages
François BERQUIN: Champ de blé avec corbeaux
Florian PRÉCLAIRE: "Ecrire au Troisième Jour" (une poétique de la Terre chez Michon)

Après-midi:
Manet van MONTFRANS-VAN OERS: "Ivresse du minimal": la poétique du paysage dans l’œuvre de Pierre Michon

L'Histoire, le Temps
Ann JEFFERSON: Le miracle de Lascaux
Philippe BERTHIER: De quoi l'an mil est-il le nom?

Soirée:
Projection de "Pierre Michon, retour aux origines" (Arte, P.-A. Boutang et P.-M. de Biasi)


Vendredi 28 août
Matin:
Poétiques de l'écriture
Dominique VIART: Contribution à une poétique de la figuration
Anne HERSCHBERG PIERROT: L'énonciation dans les carnets de travail

Après-midi:
Pierre SCHOENTJES: Michon face à l'ironie

Table Ronde "Ecrivains", avec Patrick KÉCHICHIAN, Charif MAJDALANI et Pierre OUELLET

Soirée:
Lecture d'extraits de Les Onze, par Denis PODALYDÈS


Samedi 29 août
Matin:
Entretien
Lecture d'extraits de Les Onze, par Pierre MICHON

Pierre-Marc de BIASI, Agnès CASTIGLIONE & Dominique VIART: Conclusions et discussion avec Pierre Michon

Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS

RÉSUMÉS :

Aurélie ADLER: Un patronage faulknérien?
Pierre Michon convoque à plusieurs reprises la figure de Faulkner dans ses textes — Vies minuscules, Corps du roi, Trois auteurs — comme dans l'épitexte — les entretiens rassemblés dans Le Roi vient quand il veut. Qualifié de "Père du texte", Faulkner apparaît comme une figure tutélaire, à la genèse de l'écriture de Michon. Cet héritage pose question dans la mesure où l'écrivain se défend de toutte "influence" directe du modèle narratif faulknérien, tout en traçant des lignes de partage avec l'écrivain américain. Dans la généalogie littéraire de Michon, Faulkner semble tenir à la fois le rôle d'instance légitimante et de jalon modélisant. Dans les deux cas, l'auteur mythique de la modernité romanesque permet à Michon de constituer son propre imaginaire d'écrivain et d'élaborer une posture d'autorité singulière. C'est cette image de l'auteur en héritier problématique, en regard du mythe faulknérien — et de la littérature avec lequel il se confond dans les textes —, qu'il conviendra d'interroger dans ses modalités et ses enjeux poétiques, mais aussi du côté de la réception.

Wolfgang ASHOLT: Vocations littéraires et artistiques dans l'œuvre de Michon
A commencer avec les Vies minuscules (Gallimard 1984), Michon se réfère, avec nombre de ses œuvres, à la tradition hagiographique des Vitae, celles de l’antiquité et celles des légendes chrétiennes, d’ailleurs une reproduction partielle du Saint Thomas de Velasquez orne l’édition de poche des Vies minuscules. L’adjectif des Vies renvoie pourtant aussi à une autre tradition, celle de la Vie des hommes infâmes de Michel Foucault, avec lesquels Foucault entreprend la "légende des hommes obscurs" anti-hagiographique d’une histoire d’en bas. Les Vies de Michon représentent aussi une telle anti-vita: des Vies minuscules en passant par Rimbaud le Fils et la Vie de Joseph Roulin jusqu’à l’essai du Corps du roi (2002). La légende de la vocation artistique est non seulement déconstruite ironiquement dans ces textes mais elle gagne une dimension productive comme anti-légende de l’artiste et de l’écrivain potentiels ou anti-légende de leur échec. Avec cet échec, rendu nécessaire par la légende moderne de la "page blanche" au moins pendant un certain temps, les textes critiquent aussi le projet d’une modernité autoréférentielle comme but et point de départ d’une vocation littéraire et artistique, ou pour le dire avec Pierre Bergounioux: "Vies minuscules accomplit ce qui était impossible en représentant l’impossibilité de l’accomplissement". J’essayerai d’analyser la dialectique négative de cette anti-légende de la vocation, caractéristique pour la littérature contemporaine à l’exemple de textes choisis de Michon.

Alexandre BLEAU: Enigme du désir et prodige de l'œuvre
En tout créateur, Pierre Michon reconnaît un être de désir. Un grand désir semble être la condition nécessaire — sinon suffisante — d’une grande œuvre. Or, Michon reconnaît en même temps que ce rapport ne va pas de soi. La conscience désirante est essentiellement négation de son objet; elle ne s’efforce vers lui que pour le consommer, le détruire. De sorte que, du point de vue d’une telle conscience, il tient vraiment du prodige que son désir, cette pure affirmation égoïste d’elle-même, donne lieu à une œuvre. Le sujet michonien, sur la trajectoire où le lancent les Vies minuscules, s’il reste pris dans cette contradiction et que cette contradiction lui pèse, échappe pourtant au désespoir: il a foi d’être à l’œuvre, plus ou moins obscurément, et accepte en conséquence de n’être que l’instrument dévolu à cette œuvre. Mais en tant qu’il n’est que l’instrument, l’évidence de son désir se change en énigme pour lui-même.

Patrick CROWLEY: Pierre Michon dans l'ombre bienveillante de Barthes?
Pour certains critiques, tel que Michel Beaujour, Pierre Michon écrit contre un dispositif idéologique qui proclamait la mort de la Littérature et la mort de l’Auteur à la fin des années soixante et au début des années soixante dix. Cependant, le rapport, complexe et continu, entre les textes de Michon et ces penseurs d’avant-garde (tels que Michel Foucault et Georges Bataille) a été examiné (par Viart, Arnould,  Nitsch entre autres) à tel point que nous pouvons mieux écouter la conversation qui a lieu en sourdine entre l’œuvre de Michon et la théorie littéraire. L’objectif de cette communication sera de mettre en relief quelques éléments pour mieux discerner le legs de Roland Barthes dans les textes de Michon.

Références Bibliographiques :

Livre
Patrick Crowley, Pierre Michon: the Afterlife of Names (Oxford: Peter Lang, 2007), 242 pp. ISBN 978-3-03910-744-5. ISSN 1422-9005.

Chapitres
Patrick Crowley, ‘Pierre Michon: Self-performance and the Marchland of the Essay’ in Charles Forsdick and Andrew Stafford (eds.), The French Essay (Bern: Peter Lang AG, 2005), 121–34. ISBN 3-03910-514-0.
Patrick Crowley, ‘Figuring the Past: Cultural Memory in Pierre Michon’s Vies minuscules’, in Edric Caldicott and Anne Fuchs (eds.), Cultural Memory: Essays on European Literature and History (Bern: Peter Lang AG, 2003), 161–72. ISBN 3-03910-053-X.
Patrick Crowley, ‘Rereading Balzac and Barthes: Pierre Michon’s Le temps est un grand maigre’, in Charles Forsdick (ed.), Tous azimuts II: Les Usages du genre (Glasgow: Glasgow French and German Publications, 2002), 99–113. ISBN 0-85261-761-5.


Laurent DEMANZE: L'épreuve de la grandeur
L’Epreuve de la grandeur, c’est d’abord le titre d’un ouvrage de la sociologue Nathalie Heinich, qui étudie l’impact des prix littéraires sur les écrivains. Mais au fil des analyses, elle montre les bouleversements du champ littéraire initiés par l’avènement de la démocratie: la gloire d’autrefois accordée par une autorité verticale est désormais remplacée par les conflits de valeur, les antagonismes de reconnaissance et la croyance en un talent individuel. C’est ce basculement du champ littéraire qui est au centre de l’œuvre de Pierre Michon, qui cherche à retrouver l’expérience de la gloire au sein d’un univers qui la conteste.

Rokus HOFSTEDE: L'expatriation littéraire
Comment se traduisent et se lisent les textes de Michon hors frontière? Comment se porte son œuvre — ‘centrale’ tant par son achèvement formel que par son statut littéraire, ‘décentrale’ par son imaginaire rural ou historique – dans l’arène littéraire internationale? Ces questions, d’ordre partiellement sociologique, recoupent un motif exploré dans l’œuvre-même, en particulier dans Vies minuscules, celui de l’expatriation et du changement de langue, exemplifiés par André Dufourneau et Antoine Peluchet. Je me propose de cerner, par cette mise en parallèle entre deux formes d’expatriation, les enjeux spécifiques qu’impose au traducteur la langue littéraire que Pierre Michon s’est forgé.

Amel JEGHAM: Du carnet de travail au texte: l'exemple de Goya
Les récits de vie de Pierre Michon ne naissent pas de rien: loin d'être le fruit d'une inspiration immédiate, ils sont le produit d'une longue maturation nourrie de nombreuses lectures et recherches dont les carnets conservent des traces. Parmi les différents manuscrits de l'auteur, le carnet numéroté 98 daté "Novembre 1985" et "Janvier 1986" contient une cinquantaine de pages, consacrées à Francisco Goya, qui réunissent les éléments préparatoires pour la rédaction de la première partie du triptyque Maîtres et serviteurs "Dieu ne finit pas". On y relève, entre autres, des noms de spécialistes du peintre ainsi que des sources biographiques, critiques et iconographiques. Ce socle de travail revèle en Michon un lecteur soucieux de la chronologie et respectueux du moindre détail: autant de contraintes que l'auteur semble s'imposer dans le carnet pour mieux les dépasser, sans doute, en donnant libre cours à son imagination créatrice dans le récit.
Nous explorerons donc ce carnet dans le but de comprendre la mise en texte de ces notes de travail à travers les choix opérés dans le récit, la prise de distance par rapport aux événements réels, les effets de brouillage, les choix narratifs et énonciatifs, des procédés qui, loin d'altérer la figure du peintre, parviennent à la reconstituer de manière plus percutante et plus incisive. Nous nous attacherons au cas de Goya — objet de recherche d'un auteur en quête d'inspiration dans les carnets — et à sa transfiguration dans le personnage michonien du texte final. Cet exemple nous permettra d'appréhender de l'intérieur l'élaboration du personnage et par là-même la fabrique du texte et son fonctionnement.

Jean KAEMPFER: Pierre Michon et la théorie moderne de l'art
La théorie littéraire française des années 60 et 70 est résolument moderne: elle conçoit l’acte d’écrire, de créer, comme une intervention décisive, qui doit importer à la communauté agissante des hommes. Mais en 1984, lorsque paraissent Les Vies minuscules, l’époque est au sourire, — ou à la mélancolie: la foi dans les Grands récits s’est érodée. Dès lors, pour qui accorde à la littérature une place, la première, s’ouvre un temps d’inquiétude; pourquoi s’installer dans la vacance du livre à venir, renouveler les "putchs" dans la langue, lorsqu’alentour s’imposent la transitivité, l’hédonisme, la morale? Pierre Michon, avec la série de ses Vies d’artistes, ouvre une grande enquête — réflexive, passionnée, précise — sur la nature et les effets du geste de créer: Van Gogh, Rimbaud ou Balzac sont les noms propres d’une passion vive et parfois querelleuse dont il s’agit d’éprouver, à l’âge postmoderne, la nécessaire intempestivité.

Manet van MONTFRANS-VAN OERS: "Ivresse du minimal": la poétique du paysage dans l’œuvre de Pierre Michon
Dans tous les récits de Michon, les paysages ont une présence intense; leur évocation se concentre dans de brefs passages descriptifs, centrés sur de minimes détails, à l’image des miniatures qui enluminent le texte médiéval. Le réel dont Michon s’inspire est, on le sait, souvent un réel déjà transposé, empreint de souvenirs picturaux et livresques, c’est un réel au second degré qu’il refaçonne essentiellement en fonction des enjeux  de sa propre écriture. Dans ma contribution, je me propose d’analyser quelques-unes de ces miniatures descriptives. De quelle manière sont-elles insérées dans les narrations et quelle y est leur fonction? Quels  sont les éléments caractéristiques qui se retrouvent d’une description à l’autre? Comment les références picturales et livresques y fonctionnent-elles? Dans un entretien au sujet du marais vendéen évoqué dans Abbés, Pierre Michon dit, citant Claudel sur les Pays-Bas, que le paysage en question est une liquidation de la réalité. Mon analyse tentera de montrer comment Pierre Michon, tout en "liquidant la réalité", réussit à  renforcer l’illusion de sa présence.

Références Bibliographiques :

Montfrans, Manet van, Quatre petits-fils de la Troisième République: Pierre Bergounioux, Francois Bon, Pierre Michon, Jean Rouaud. In RHFB Rapports- Het Franse Boek, 67e Jaargang, 1997, n°1, 2-9.
Korthals Altes, Liesbeth & Manet van Montfrans (éds). European Studies, A Journal of Culture, History, and Politics n°18, The New Georgics: Rural and Regional Motifs in the Contemporary European Novel, Amsterdam/New York, Rodopi, 2002.
Montfrans, Manet van, ‘Faulkner in Frankrijk’, Tirade 411/2005, nr 5, 87-103.


Pierre SCHOENTJES: Michon face à l'ironie
Je me propose d’aborder la question de l’ironie chez Michon à travers une double interrogation, celle de la labellisation de l’œuvre d’une part, celle la spécificité de l’ironie dans l’écriture de l’autre. Le premier axe me conduira à observer à quels enjeux correspond aujourd’hui le fait de ranger un texte ou une écriture sous la classe de l’ironie. Il s’agit là en effet d’une démarche qui ne relève pas uniquement de la description mais qui comporte une part importante d’évaluation. Le second axe de la réflexion m’amènera à étudier les différents modes à travers lesquels l’ironie se réalise dans l’œuvre de Michon. Jeux locaux et plus diffus seront ainsi abordés. S’il ne s’agit évidemment pas d’épuiser ici l’ensemble de la problématique, une lecture attentive devrait toutefois permettre de préciser la position de l’ironie, dans l’œuvre de Michon et, au-delà, dans la littérature en train de s’écrire.

BIBLIOGRAPHIE :

* BESSARD-BANQUY Olivier,  (éd.), L’édition littéraire aujourd’hui, Presses Universitaires de Bordeaux, coll. "Les cahiers du livre", 2006.
* BERTHIER Philippe, "Paysage et a-modernité: Pierre Michon, La Grande Beune", in Paysage et modernité(s), Aline Bergé et Michel Collot éds, Bruxelles, Ousia, 2007.
* BLANCKEMAN Bruno, Fictions singulières. Étude sur le roman français contemporain, Paris, Prétexte Éditeur, collection "Critique", 2002.
* CASTIGLIONE Agnès, "Les Béatitudes de Pierre Michon", in Pierre-Marie Beaude et Jacques Fantino (éds.), Le discours religieux, son sérieux, sa parodie en théologie et en littérature, Paris, Éditions du Cerf-Université de Metz, juin 2001.
* CASTIGLIONE Agnès, "Pierre Michon, l’autobiographie oblique", in Bertrand Degott et Marie Miguet-Ollagnier (éds.), Écriture de soi : secrets et réticences, Paris, L’Harmattan, 2001.
* CASTIGLIONE Agnès (éd.), Pierre Michon, l’écriture absolue, Actes du Ier colloque international Pierre Michon, Publications de l’Université de Saint-Étienne, CIEREC, Travaux 105, 2002.
* CASTIGLIONE Agnès, "L’espace crypté dans La Grande Beune de Pierre Michon", in Pierre Masson (éd.), L’Envers du décor : duplicité du paysage littéraire, Nantes, Éditions Pleins Feux, collection « Horizons comparatistes », mai 2003.
* CASTIGLIONE Agnès, "Candeur de Pierre Michon", in Pierre Michon, une autolégende, dossier du groupement de libraires Initiales, réalisé par Alain Girard-Daudon, octobre 2003.
* CASTIGLIONE Agnès, "Pierre Michon et Gérard Macé : l’écriture des Vies ou le désir de trace", in Pierre-Marie Beaude, Jacques Fantino et Marie-Anne Vannier (éds.), La Trace entre absence et présence, Paris, Éditions du Cerf-Université de Metz, 2004.
* CASTIGLIONE Agnès, Article "Pierre Michon", in Le roman français de 1945 à 2000, ouvrage franco-ukrainien, sous la direction de Philippe Le Touzé et Alain Schaffner, paru en Ukraine en 2005.
* CASTIGLIONE Agnès, "Pierre Michon", in La Vie spirituelle, n°759, Paris, Éditions du Cerf, juillet 2005.
* CASTIGLIONE Agnès, "Vie du capitaine Langlois. La présence de Giono dans les carnets de Pierre Michon", in Bulletin de l’Association des Amis de Jean Giono, n°65, Manosque, 2006.
* CASTIGLIONE Agnès, "L’Invention des Vies : Pierre Michon et la photographie", in Danièle Méaux (éd.), Photographie et romanesque, Caen, Lettres Modernes Minard, collection "Études romanesques", n°10, 2006.
* CASTIGLIONE Agnès (éd.), Pierre Michon, Le roi vient quand il veut. Propos sur la littérature, Textes réunis et édités par Agnès Castiglione avec la participation de Pierre-Marc de Biasi, Paris, Albin Michel, 2007.
* Préclaire (Florian) et Castiglione (Agnès) (éds.), Pierre Michon: naissance et renaissances, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2007.
* CASTIGLIONE Agnès, "Le sentiment géographique dans La Grande Beune de Pierre Michon", in Pierre Michon et la fiction autobiographique, Actes du colloque de Guéret, Carnets de Chaminadour, n°3, mai 2008.
* COYAULT Sylviane, La province en héritage (Pierre Michon, Pierre Bergounioux, Richard Millet), Droz, automne 2001.
* DE BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon. Retour aux origines", in Pierre Michon : naissance et renaissances, sous la direction de Florian Précaire et Agnès Castiglione ; publications de l’Université de Saint-Etienne, 2007.
* DE BIASI Pierre-Marc, "A quoi sert la littérature ?", dialogue entre Pierre-Marc de Biasi et Pierre Michon, in Pierre Michon et la fiction autobiographique, Actes du colloque de Guéret, Carnets de Chaminadour n°3, 2008, pp. 77-122.
* DE BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : l’écriture autobiographique", in Pierre Michon et la fiction autobiographique, Actes du colloque de Guéret, Carnets de Chaminadour n°3, 2008, pp. 97-162.
* DE BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : “Le miracle d’un embrasement de la langue“", propos recueillis par Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine littéraire, n°401, septembre 2001. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le titre : Chapitre 18, "Un Sade qu’on peut lire à l’école".
* DE BIASI Pierre-Marc, "Les Carnets inédits de La Grande Beune", propos recueillis par Pierre-Marc de Biasi, Genesis, n°18, Éditions Jean-Michel Place, 2002. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le même titre : Chapitre 21, "Les Carnets inédits de La Grande Beune".
* DE BIASI Pierre-Marc, "Pierre Michon : écrire avant l’autodafé", propos recueillis par Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine littéraire, n°415, décembre 2002. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le titre : Chapitre 24, "En attendant l’autodafé".
* DE BIASI Pierre-Marc, "La Bible est mon pays", propos recueillis par Pierre-Marc de Biasi, Le Magazine littéraire, n°448, décembre 2005. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le même titre : Chapitre 26, "La Bible est mon pays".
* DE BIASI Pierre-Marc, "Une littérature de l'attente", entretien avec Pierre Michon, in Le Magazine littéraire, n° 465, "Julien Gracq", juin 2007, pp. 34-38. Repris dans Pierre Michon, Le Roi vient quand il veut, Albin Michel, 2007 sous le titre : Chapitre 30, "La fleur bleue de Julien Gracq".
* DEMANZE Laurent, "Biographies orphelines", in Otrante, n°16, "Vies imaginaires", automne 2004.
* DEMANZE Laurent, "Les illustres et les minuscules : Pierre Michon lecteur de Plutarque", in Anne-Marie Monluçon et Agathe Salha (éds), Fictions biographiques, XIXe-XXIe siècles, Toulouse, Presses universitaires du Mirail, 2007.
* DEMANZE Laurent, "Les Écrits minuscules de Pierre Michon : l’œuvre comme glose", in La Relecture par ses écrivains mêmes, tome II, Se relire contre l’oubli, Paris, Kimé, 2007.
* DEMANZE Laurent, Encres orphelines. Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, Paris, Librairie José Corti, collection "Les Essais", 2008.
* FARRON Ivan, Pierre Michon entre pinacothèque et bibliothèque, en collab. avec Kürtös (Karl) (éds.), Berne, Peter Lang, collection "Variations", volume 4, 2003.
* FARRON Ivan, Pierre Michon. La grâce par les œuvres, Genève, Éditions Zoé, 2004.
* FARRON Ivan, "Terre (s) du désir. La Grande Beune ou l’écriture absolue", in L’Esprit créateur XLII, Lexington, juillet 2002.
* KAEMPFER Jean, "Pierre Michon, le témoin (précédé d’un prologue)", Archipel, n°19, Lausanne, décembre 2000.
* PRÉCLAIRE Florian, et Castiglione (Agnès) (éds.), Pierre Michon : naissance et renaissances, Publications de l’Université de Saint-Étienne, 2007.
* PRÉCLAIRE Florian, "Pierre Michon et l’ombre du père", in Christiane Chaulet-Achour et Michel Roland (éds), Représentations des pères depuis 1945, Université de Cergy-Pontoise, CRTF/Le Manuscrit Université, avril 2006.
* VIART Dominique, "Pierre Michon : what makes people write ?", revue Sites, Journal of 20th century / Contemporary French Studies, Vol 3, Issue 1, "Writing in French in the 90s : novelists ans poets  (part 2)", Spring 1999.
* VIART Dominique, "Fictions de l’autre et biographies imaginaires", Le roman français au XXe siècle, Paris, Hachette-Université, 1999.
* VIART Dominique, "Essais-fictions ; les biographies (ré)inventées", in Marc Dambre et Monique Gosselin (éds.), L’Éclatement des genres au XXe siècle, Paris, Presses de la Sorbonne Nouvelle, 2000.
* VIART Dominique, "Écrire au présent : l’esthétique contemporaine", in Michèle Touret et Francine Dugast (éds.), Quelles périodisations pour la littérature du XXe siècle ?, Le Temps des Lettres, Presses Universitaires de Rennes, 2001.
* VIART Dominique,  "Vies minuscules" de Pierre Michon, Paris, Gallimard, collection "Foliothèque" n°120, mai 2004.
* VIART Dominique, "Sur le motif: l'image de prise au mot", in Matteo Majorano, Le jeu des arts, Bari, B.A. Graphics, 2005, pp. 41-55.
* VIART Dominique, "Puissances du désir. Pour une anthropologie érotique et sociale de Pierre Michon", Pierre Michon et la fiction autobiographique, Actes du colloque de Guéret, Carnets de Chaminadour, n°3, mai 2008.
* VIART Dominique, "L’archéologie de soi dans la littérature française contemporaine", in Robert Dion, Frances Fortier, Barbara Havercroft, Hans-Jürgen Lüsenbrink, Vies en récit, Montréal, Nota Bene, 2007, pp.107-138.
* VIART, Dominique, "Naissance moderne et renaissance contemporaine des fictions biographiques", in A.M. Monluçon et A. Salha (ed.), Fictions biographiques XIXe-XXIe, PU du Mirail, 2007, pp.35-54.
* D. VIART (ed.), Mémoires du récit, Ecritures contemporaines 1, Minard Lettres modernes, 1998 (contributions de D. Viart et A. Wrona)
* D. VIART (ed.), Etats du roman contemporain, Ecritures contemporaines 2, Minard Lettres modernes, 1999 (contributions de D. Viart et de S. Loubry)
* D. VIART (ed.), Paradoxes du biographique, Revue des Sciences humaines, n°263, 2001.
* D. VIART et B. VERCIER, La Littérature française au présent, Bordas, 2008.



Avec le soutien de l'Institut des Textes et Manuscrits modernes (ITEM ENS-CNRS),
de l'Université de Paris 8,
de l'Université de Lille 3 (EA 1061: Analyses Littéraires et Histoire de la Langue),
de l'IUFM de Lyon 1

et du CIEREC (Université Jean Monnet de Saint-Etienne)







Pour nous contacter : cliquez ici