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DU MARDI 16 AOÛT (19 H) AU MARDI 23 AOÛT (14 H) 2011



NARRATIONS D'UN NOUVEAU SIÈCLE :

ROMANS ET RÉCITS FRANÇAIS (2001-2010)



DIRECTION : Bruno BLANCKEMAN, Barbara HAVERCROFT

ARGUMENT :

Les réalisations littéraires, les modèles culturels, les pratiques éditoriales ne cessent de bouger, dans des directions et selon des logiques qu’il est souvent difficile d’appréhender. L'année 2011 semble être le moment opportun pour prendre une première mesure de ces transformations en étudiant les récits de la première décennie du XXIe siècle. Ce colloque se veut donc un observatoire critique des évolutions les plus récentes de la littérature narrative et un laboratoire théorique ouvert sans discrimination aux différentes approches permettant d’en comprendre les enjeux en temps réel. Narrations d’un nouveau siècle: quels types de romans, récits, nouvelles, textes de soi, le XXIe siècle débutant génère-t-il? Quelles images et quels imaginaires les proses littéraires produisent-elles de ce même siècle? Pour aborder ces questions, plusieurs axes pourront structurer les communications et les débats:

- un axe historique: quels événements marquants et quels phénomènes de fond, nationaux ou internationaux, intéressent les récits? Quelles relations au passé et quelles représentations du passé s’en dégagent? Quels éléments de continuité et quels éléments de distinction s’observent par rapport aux oeuvres publiées dans la précédente décennie? Ces questions d’ordre thématique inciteront à s’interroger aussi en termes d’histoire littéraire. Dans quelle mesure la représentation de ces événements peut-elle constituer un critère de périodisation (littérature fin de siècle / tournant de siècle / début de siècle)? Que devient la littérature en tant que discipline culturelle et mode de création artistique? Quelle légitimité recouvre aujourd’hui l’idée de littérature française et, à travers elle, de littérature nationale?

- un axe esthétique: quelles œuvres notoires émergent depuis 2001 et selon quels critères d’identification? Comment évoluent les œuvres déjà consacrées, certaines dès les années 1960, d’autres au début des années 1980, plusieurs encore dans la décennie des années 1990? Ces questions conduiront à s’interroger sur d’éventuelles esthétiques et poétiques communes à ces différentes œuvres. On pourra ainsi se demander quel degré de pertinence recouvre encore la notion de genre, ce qu’il en est exactement des genres anciens (le roman, l’autobiographie) et des pratiques qui se fondent comme genres nouveaux (l’autofiction, la biofiction) ou comme hybrides (l’essai) et les contenus que recouvrent aujourd’hui les idées d’avant-garde et d’expérimentation, de tradition et d’académisme.

- un axe culturel: comment se marque l’appartenance de la littérature à son environnement social, politique, artistique, et comment interagit-elle avec lui? On favorisera plusieurs ordres de questionnement. Quels rapports la littérature entretient avec l’idée de communauté en général et avec certaines communautés en particulier? Qu’expriment les récits dont les auteur(e)s viennent d'ailleurs, souvent d’anciennes colonies, dans lesquels se manifestent les tensions entre deux cultures? Comment évolue la littérature des femmes, souvent axée sur des problématiques relatives au genre sexuel, mais éloignée de tout féminisme militant? Peut-on parler d’écritures gays? En même temps que des œuvres, c’est la tentation d’une approche culturaliste du phénomène littéraire, les échos et les réticences qu’elle rencontre en France, qui pourra ainsi être abordée.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 16 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mercredi 17 août
Matin:
Bruno BLANCKEMAN & Barbara HAVERCROFT: Ouverture
Anne ROCHE: Lignes occupées
Marie-Pascale HUGLO: L’histoire en vitesses

Après-midi:
Marc DAMBRE: Roman (et) histoire: errances (et) vérités
Gerald PRINCE: Autoportrait: Les Particules élémentaires

Soirée:
Rencontre-lecture avec Nicole CALIGARIS


Jeudi 18 août
Matin:
Michael SHERINGHAM: Vies précaires: pouvoir et prestige de l’archive
Frances FORTIER & Andrée MERCIER: L’autorité narrative pensée et revue par Anne F. Garréta

Après-midi:
Sabine LOUCIF: Lectures d’aujourd’hui aux USA: les dessous du marché de la traduction
Simon BROUSSEAU: Du temps de cerveau disponible... Littérature, écran et logique dans l’extrême contemporain

Soirée:
Projection de films de Christophe Honoré (romancier et cinéaste)


Vendredi 19 août
Matin:
Wolfgang ASHOLT: Minimalisme ou écriture blanche? L'œuvre d'Yves Ravey
Laurent DEMANZE: Les fictions encylopédiques de Pierre Senges

Après-midi:
Warren MOTTE: Critique-roman
Pascal RIENDEAU: Les essais des romanciers français (2001-2010)

Soirée:
Rencontre-lecture avec Pierre SENGES


Samedi 20 août
Matin:
Yves BAUDELLE: L’autofiction des années 2000: un changement de régime?
Nicolas XANTHOS: Consciences contemporaines: poétique de l’intériorité chez Toussaint, Modiano et Lenoir

Après-midi:
DÉTENTE


Dimanche 21 août
Matin:
Aurélie ADLER: Fictions de la communauté: effraction, reconstruction, altération
Bruno BLANCKEMAN: L’écrivain impliqué: écrire (dans) la Cité

Après-midi:
Pascal MICHELUCCI: Le parti de l’expression: le roman maniériste d’Eric Laurrent
Dolorès LYOTARD: L’écriture et le deuil (autour de Philippe Forest)


Lundi 22 août
Matin:
Joëlle PAPILLON: Ecrire "le cadavre de l’amour": du désamour dans la littérature contemporaine des femmes
Barbara HAVERCROFT: Révélations irrévérencieuses: avatars contemporains de la confession au féminin

Après-midi:
Sabrinelle BEDRANE: Quelles communautés? La fracture algérienne dans certains récits choisis (2000-2010)
Pierre SCHOENTJES: Littérature et environnement: écrire la nature


Mardi 23 août
Matin:
Catherine DOUZOU: La légion étrangère du roman français (2001-2011)
Robert DION: La collection "l’Un et l’Autre" et l’émergence de nouvelles pratiques biographiques: quoi de neuf depuis 2000?
Conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Wolfgang ASHOLT: Minimalisme ou écriture blanche? L'œuvre d'Yves Ravey
Les notions de minimalisme et d’écritures blanches conviennent aux romans et aux pièces de théâtre d’Yves Ravey ,mais ne suffisent pas pour en tenir vraiment compte. Caractérisé par le "style d’absence" cher à Barthes et par une sobriété syntaxique et lexicale, ses œuvres désorientent à un degré rare dans la littérature contemporaine. A partir d’un quotidien connu par tous, celui de nos jours aussi bien que celui des catastrophes du 20e siècle, elles nous enlèvent vers un "unheimlich" qui nous fait voir de manière inconnue le quotidien d’aujourd’hui et celui de nos souvenirs. Elles nous confrontent ainsi avec les fantômes de l’histoire et de notre contemporanéité et, grâce à ces spectres, l’écriture devient un foyer de résistance. Pour Ravey, "le souvenir est le texte" et c’est à ce "savoir sur la vie" des textes de Ravey que sera consacrée mon intervention.

Wolfgang Asholt est profeseur de littératures romanes à l'université d'Osnabruck, Allemagne) et directeur de la revue "lendemains".
Dernières publications:
Dans le dehors du monde. Exils d'écrivains et d'artistes au XXe siècle, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2010 (éd. avec Georges-Arthur Goldschmidt et Jean-Pierre Morel, coll. de Cerisy, 2006).
Jean-Richard Bloch ou A la découverte du monde connu: Jérusalem et Berlin (1925-1928), Champion, 2010 (Bibliothèque d'études juives, n°40) (éd. avec Claudine Delphis).
Assia Djebar. Littérature et transmission, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2010 (éd. avec Mireille Calle-Gruber et Dominique Combes, coll. de Cerisy, 2008).
Un retour des normes romanesques dans la littérature française contemporaine, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2011 (éd. avec Marc Dambre).


Yves BAUDELLE: L’autofiction des années 2000: un changement de régime?
Malgré la confusion qui entoure la définition même du genre, le constat souvent établi d’une domination croissante de l’autofiction dans nos lettres a-t-il suffisamment pris la mesure des évolutions récentes? Une génération après Fils (1977), ne peut-on pas affirmer que tout a changé — sauf l’exhibition de soi comme projet littéraire et la stratégie du coup médiatique? Au-delà des polémiques sur l’abaissement supposé d’un genre qui semble avoir trouvé dans la désublimation sa marque propre, un état des lieux du domaine autofictionnel implique de ne s’en tenir ni à une problématique formelle, ni à une axiologie des genres. La présente hégémonie des écritures de soi apparaît en effet comme l’un des symptômes des transformations récentes du champ littéraire: basculement du statut de l’auteur, bouleversement de la hiérarchie des médias, déclin probable de l’exigence culturelle.

Normalien, Yves Baudelle est professeur de littérature française à l’Université de Lille 3, où il a longtemps dirigé la revue Roman 20-50. Vingtiémiste, il a dirigé de nombreuses publications collectives (sur Arland, Mandiargues, Sarraute, Robbe-Grillet...). Poéticien, d’abord spécialiste d’onomastique et de géographie romanesques, il s’est ensuite tourné vers la question des rapports entre univers référentiel et mondes fictionnels, notamment dans l’autofiction. Dernier ouvrage paru: Bernanos, le rayonnement de l’invisible (PUF, 2008).

Sabrinelle BEDRANE: Quelles communautés? La fracture algérienne dans certains récits choisis (2000-2010)
Si la littérature du XXIe siècle est résolument après-guerres, la guerre d’Algérie en tant que guerre des pères est au centre de nombreux récits (Arno Bertina, Laurent Mauvignier, Maïssa Bey, Zahia Rahmani...), tel un "compte à régler vieux de quarante ans" comme il est rappelé dans Des hommes, récit incombant aux enfants indirectement (fruit d’un choix pour les deux premiers) ou directement (impérieuse nécessité pour les deux dernières). Ces fictions mettent en scène une géographie du souvenir et s’apparentent, pour M. Bey et Z. Rahmani, à des récits de diction. Me situant sur l’axe culturel, je voudrais interroger l’idée de communauté à partir de tensions entre plusieurs cultures d’écrivaines venues d’Algérie, à l’instar de Maïssa Bey (pseudonyme de Samia Benameur), avec Entendez-vous dans les montagnes, 2002 (nouvelle édition en 2010), et de Zahia Rahmani, avec Moze, 2003, "Musulman", roman, 2005 et France, récit d’une enfance, 2006.

Sabrinelle Bedrane est maître de conférences à la Sorbonne Nouvelle. Elle a publié une trentaine d’articles sur les récits brefs, la question du recueil et des genres, et plus généralement, la question du récit dans la littérature contemporaine. Elle a co-dirigé, avec C. Douzou, un numéro de Roman 20-50 sur une nouvelliste française contemporaine et co-dirige actuellement avec F. Revaz (narratologue) et M. Viegnes (auteur, entre autres, de La Nouvelle française au XXe siècle), un volume sur Le Récit minimal (à paraitre à la rentrée 2011 aux Presses de la Sorbonne Nouvelle).

Laurent DEMANZE: Les fictions encylopédiques de Pierre Senges
A la manière de Borges, Pierre Senges se détourne de la narration pour le commentaire, et troque les récits contre la glose érudite. Car tous ses livres présupposent ou inventent un livre antérieur, traités d’anatomie, Apocalypse de saint Jean, disputatio ou bréviaire végétal. Mais à chaque fois, c’est un pan du savoir qui est convoqué, une branche de l’encyclopédie qu’il revisite comme au second degré, pour y faufiler des micro-récits et convoquer des fables depuis longtemps oubliées. L’œuvre de Pierre Senges, comme celle de Borges, est ainsi une œuvre seconde, qui s’ourdit entre les lignes des traités, s’échafaude dans les marges du savoir, pour inverser les pouvoirs l’érudition: elle n’est plus le remblai scientifique ou le détail authentique sur lesquels fonder la connaissance, mais une puissance d’incertitude, un déport romanesque qui distille le doute dans le projet même de l’encyclopédie.

Laurent Demanze est maître de conférences en littérature française du XXe siècle à l’ENS de Lyon. Ses travaux portent sur la littérature contemporaine, à laquelle il a consacré une trentaine d’articles et deux essais publiés chez Corti: Encres orphelines : Pierre Bergounioux, Gérard Macé, Pierre Michon, en 2008, et Gérard Macé, l’invention de la mémoire, en 2009.

Robert DION: La collection "l’Un et l’Autre" et l’émergence de nouvelles pratiques biographiques: quoi de neuf depuis 2000?
Officiellement créée en 1989 par J.-B. Pontalis, mais inaugurée en 1988 par Glenn Gould piano solo de Michel Schneider, la collection "l’Un et l’Autre" des Éditions Gallimard continue de s’étoffer au rythme de cinq livres par an (84 volumes parus à ce jour). Avec des ouvrages aussi marquants que Rimbaud le fils de Pierre Michon (1991), Regardez la neige qui tombe (1992) de Roger Grenier ou encore Verlaine d’ardoise et de pluie de Guy Goffette (1996), elle a joué un rôle majeur dans l’élaboration d’une nouvelle littérature biographique au cours des années 1990, mettant en particulier l’accent sur une redéfinition de la relation biographique, ce fameux rapport entre "l’un" et "l’autre" sur lequel insiste le descriptif de la collection. Me situant sur l’axe esthétique, je voudrais voir comment, au cours de sa deuxième décennie d’existence (de 2000 à 2010), cette collection a évolué et, le cas échéant, s’est renouvelée. Un modèle, un format s’est-il mis en place que les titres nouveaux se contenteraient de perpétuer? Un "effet de collection" est-il si perceptible à l’intérieur d’un ensemble qui comprend des auteurs réputés "difficiles" comme Pierre Michon, Gérard Macé ou Sylvie Germain et d’autres plus "grand public" comme Roger Grenier ou Christian Bobin? Le fait de publier à plusieurs reprises les mêmes écrivains a-t-il atténué la capacité d’innovation induite par le "cahier des charges" de la collection? Une nouvelle esthétique de la relation biographique se met-elle véritablement en place et se transforme-t-elle après 2000? Assiste-t-on peu à peu à une banalisation de la formule? Ce sont ces questions que je voudrais aborder, sans pour l’instant postuler nécessairement l’existence d’un point de bascule autour de l’année 2000.

Robert Dion est professeur de littératures française et québécoise à l’Université du Québec à Montréal. Ses recherches portent principalement sur le rapport entre fiction et essai, dans le roman aussi bien que dans la biographie.  En plus de collectifs et d’articles en revue, il a publié plusieurs ouvrages dont, tout récemment, avec Frances Fortier, Écrire l’écrivain. Formes contemporaines de la vie d’auteur (Presses de l’université de Montréal, 2010).

Catherine DOUZOU: La légion étrangère du roman français (2001-2011)
Pour caractèriser la production romanesque française de la première décennie du XXIe siècle, un regard sur les auteurs étrangers qui écrivent en français s'impose. Les auteurs francophones importants utilisent une langue, le français, qui leur est transmise par l'Histoire. D'autres auteurs, dont la langue maternelle n'est pas le français et qui n'ont, a priori, que peu de liens avec le français écrivent leurs œuvres dans cette langue et reçoivent un accueil qui les consacre comme des auteurs "français", certes d'un genre particulier. Parmi eux, Atiq Rahimi, afghan, bientôt naturalisé français, a reçu le prix Goncourt. Mais il est un auteur étranger parmi d'autres qui sont en passe de devenir des auteurs français, d'un genre à part. On s'interrogera sur les raisons de cette écriture française (Andréi Makine, Milan Kundera, Jonathan Littel...) au cours de la décennie.

Catherine Douzou est maître de conférences HDR en littérature française du XXe et XXIe siècles à l'Université de Lille 3. Elle a travaillé sur la nouvelle et le récit bref, sur les relations entre le théâtre et la narration et sur les représentations de l'Histoire dans les narrations et au théâtre.

Frances FORTIER & Andrée MERCIER: L’autorité narrative pensée et revue par Anne F. Garréta
L’œuvre d’Anne F. Garréta a suscité jusqu’ici des interrogations critiques et théoriques qui l’ont en quelque sorte associée à la question de l’identité sexuelle (gender). Inaugurée par Sphinx (1986) — véritable tour de force qui réussissait à neutraliser tous les signes, grammaticaux et autres, d’une identité féminine ou masculine, tant celle du narrateur que celles des personnages principaux —, cette problématisation traverse l’ensemble de sa production. Jensen (2000) et Fludernik (1997), parmi d’autres, ont montré que cette déconstruction de l’identité repose sur des modalités énonciatives complexes (polyphonie du je, syntaxe brouillée, allusions intertextuelles hétérogènes, etc.). Garréta elle-même insiste, dans une entrevue accordée à Mathieu Lindon, non seulement sur la présence envahissante du narrateur mais sur "sa révolte à l’endroit des formes courantes de la fiction", qu’elle interprète en ces termes: "D’habitude, le conflit vient de l’intrigue, ce sont des personnages qui s’opposent, une quête. Ce que je fais est intégrer le conflit ou la quête à l’intérieur même du personnage narrateur. [...] la voix narrative est l’effet d’un conflit interne» (Libération, 1999).  À cette omniprésence du narrateur et à son indifférenciation conflictuelle, qui se doublent parfois d’une revendication saphique (Yale French Studies, n°90, 1996), s’ajoute une interrogation explicite des genres littéraires (autofiction, roman à thèse, écriture à contrainte, etc.).
La décennie 2001-2010 a vu paraître deux titres de Garréta, que nous entendons étudier plus avant sous l’angle de l’autorité narrative: Pas un jour (2002) et Eros mélancolique (co-écrit avec Jacques Roubaud, 2009), posent expressément la question de l’autorité par l’entremise d’un repositionnement de la figure et de la fonction de l’auteur.  Dans Pas un jour, la narratrice entend déjouer les attentes du lecteur contemporain en précisant consentir "au genre de l’écriture qu’on disait autrefois intime" (10) alors qu’elle affirme par ailleurs que "nul sujet ne s’exprime jamais dans nulle narration" (10). Dans Eros mélancolique, la double auctorialité affichée s’incarne dans une diégèse qui met en scène l’écriture électronique contemporaine par le biais d’un "fichier mystérieux" anonyme offert à quiconque "passera ici en quête d’un nom" (9). Tous ces brouillages identitaires méritent qu’on les interroge sous l’angle théorique de l’autorité narrative, pensée ici comme effet de stratégies combinées qui convoquent en l’occurrence, par le jeu de la contrainte, l’ethos du narrateur et le rapport qui le lie à son lecteur. Nous supposons que les scénographies romanesques — qui dans les deux récits prêtent un rôle majeur au désir dans toutes ses acceptions (désir sexuel, générique, littéraire, d’identification, etc.) —, renforcent l’autorité narrative en montrant qu’elle sait répondre au désir du lecteur tout en le contournant.

Frances Fortier est professeure au Département de lettres de l’Université du Québec à Rimouski et membre du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises (CRILCQ). Ses recherches actuelles portent principalement sur les fictions contemporaines, qu'elles soient narratives ou biographiques. Elle a, entres autres, participé, avec Andrée Mercier, à deux ouvrages collectifs: en 2009, Enjeux du contemporain. Études sur la littérature actuelle, [sous la direction de René Audet] et en 2010 Le roman français de l’extrême contemporain. Écritures, engagements, énonciations [sous la direction de B. Havercroft, P. Michelucci et P. Riendeau], chez Nota bene. Avec Robert Dion, elle a publié en 2010 l’ouvrage Écrire l’écrivain. Formes contemporaines de la vie d’auteur, aux Presses de l’Université de Montréal.

Andrée Mercier est professeure au département des littératures à l’Université Laval et directrice du Centre de recherche interuniversitaire sur la littérature et la culture québécoises. Avec Frances Fortier, elle a dirigé différents projets de recherche (subventionnés par le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada) sur le récit littéraire, de même que sur l’autorité narrative et la vraisemblance dans le roman contemporain. En ce moment, toutes deux travaillent sur des questions de problématisation de la transmission narrative dans le roman. Elle est membre, avec Frances Fortier, d’une équipe interuniversitaire dirigée par Robert Dion de l’Université du Québec à Montréal qui mène une recherche de poétique et d’esthétique comparée des littératures narratives française et québécoise actuelles.


Marie-Pascale HUGLO: L’histoire en vitesses
L'histoire est un des "lieux" de la littérature qui, au début du XXIe siècle, continue de revenir et de hanter notre présent. Qu'elle jouxte le récit de soi, comme dans Les Années d'Annie Ernaux, ou qu'elle s'en écarte comme dans Courir de Jean Echenoz, qu'elle se mêle intimement à la fiction romanesque, à la manière de Volodine, ou qu'elle cherche à s'en détacher, l'histoire fait l'objet de maints récits qui la revisitent, l'interrogent, la racontent à nouveau. Sans chercher à épuiser le sujet, je m'intéresserai plus particulièrement, d'un point de vue esthétique, aux jeux de vitesse dont l'histoire fait l'objet à partir d'œuvres littéraires représentatives parues au cours de la dernière décennie. Je m'attarderai sur le tempo narratif, qui projette le temps de l'histoire à travers des variations de vitesse dont j'explorerai les modes et les effets. Une telle exploration participe d'une réflexion plus large sur la médiation du cinéma et des médias télévisuels dans notre saisie de la réalité — médiation incontournable tant au niveau des références (l'intertexte) qu'au niveau des modes d'apparition cinétiques qui configurent nos représentations du passé lointain et immédiat. Il s'agira donc de voir comment la littérature narrative contemporaine relance l'histoire "en vitesses", donnant à réfléchir non seulement sur l'histoire comme telle, mais aussi sur sa démultiplication esthétique.

Marie-Pascale Huglo est professeur au Département des littératures de langue française de l'Université de Montréal. Outre des ouvrages de fiction, elle a publié Métamorphoses de l'insignifiant. Essai sur l'anecdote dans la modernité (Montréal, Balzac - Le Griot, 1997) et, plus récemment, Le Sens du récit. Pour une approche esthétique de la narrativité contemporaine (Lille, Presses Universitaires du Septentrion, "Perspectives", 2007). Elle a dirigé un ouvrage collectif et des dossiers de revue (au Canada, aux Etats-Unis et en France) sur la littérature narrative contemporaine. Ses recherches actuelles portent sur les relations entre la littérature contemporaine et le cinéma.

Sabine LOUCIF: Lectures d’aujourd’hui aux USA: les dessous du marché de la traduction
La littérature française d’aujourd’hui n’est diffusée en français que dans le cercle très restreint des quelques programmes de Doctorats qui peinent à survivre en ces temps de guerre contre les humanités et les langues étrangères. Les budgets des maisons d’éditions sont maigres et la compétition féroce entre les auteurs étrangers "traduisibles". Quels romans et récits français publiés après 2001 ont été traduits pour le marché américain? Qui sont les décideurs? Selon quelle logique culturelle et économique choisit-on de traduire un auteur plutôt qu’un autre? Quelle est la réception des auteurs récemment traduits aux USA? L’exploration du marché de la traduction des auteurs français d’aujourd’hui outre-Atlantique nous donnera accès aux images et représentations américaines de la "francité" en ce début de vingt-et-unième siècle.

Pascal MICHELUCCI: Le parti de l’expression: le roman maniériste d’Eric Laurrent
En neuf textes aux Éditions de Minuit depuis 1995, Eric Laurrent s'est établi comme un des principaux représentants contemporains d'une approche anti-documentaire du roman. L'analyse des mœurs et des mouvements de la séduction va de pair chez Laurrent avec une recherche de la belle langue — élégance de l'expression, tonalité humoristique, raffinement et nuance — qu'on voit rarement exprimés dans de telles configurations dans l'extrême contemporain. Nous tenterons de montrer qu'avec cet écran qu'elle élève devant une thématique qui n'arrête plus la perception, la langue laurrentienne n'est pas seulement un glacis d'originalité, un voile esthétisant ou un obstacle qui demande à être levé, mais plutôt le moyen de projection d'une fantasmatique personnelle, une manière individuelle conçue pour forcer l'attention et renouveler la sensibilité.

Pascal Michelucci enseigne en lettres modernes au Département d'Études françaises de l'Université de Toronto et dans le Département d'Études langagières de l’Université de Toronto Mississauga (UTM). Il est membre du Groupe de recherche et d'étude sur la littérature française d'aujourd'hui (GRELFA) au Département d'Études françaises de l'Université de Toronto. Il a publié une monographie sur la métaphore dans l'œuvre de Paul Valéry (La métaphore dans l’œuvre de Paul Valéry, 2003), et plusieurs articles, sur Lamartine, Rimbaud, Laforgue, Claudel, Valéry, Guillevic et Mérimée, Pieyre de Mandiargues, Duras, Ernaux, Chevillard et Jauffret.

Warren MOTTE: Critique-roman
Depuis une bonne trentaine d'années au moins, le roman est un terrain générique bien contesté. Face aux incursions d'autres genres (autobiographie, témoignage, essai, poésie) sur ce terrain, il vaut mieux désormais préciser la sorte de roman dont on voudrait parler. Ainsi, il est possible de parler d'un roman critique, c'est-à-dire, d'un roman qui met ses propres principes de construction en scène, qui est conscient de son héritage littéraire, qui thématise sa structure, qui invite ses lecteurs et lectrices à prendre une position critique par rapport à sa propre matière. Il est nettement plus rare en revanche d'entendre parler de l'opposé symétrique de ce dernier, la critique-roman, c'est-à-dire, un ouvrage qui se présente comme un texte critique ou théorique, mais dont le fonctionnement suit les conventions romanesques. En m'appuyant sur quelques livres récents de Pierre Bayard, Qui a tué Roger Ackroyd? (1998), Comment améliorer les œuvres ratées ? (2000), Enquête sur Hamlet (2002), Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? (2004), Demain est écrit (2005), Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ? (2007), L'Affaire du chien des Baskerville (2008) et Le Plagiat par anticipation (2009), je me propose de débrouiller les pistes de cette critique-roman, et de suggérer ainsi ce qui arrive lorsque le roman en vient aux prises avec la critique.

Professeur de littérature française et de littérature comparée à l'Université du Colorado, Warren Motte s'intéresse aux formes multiples du roman dans la littérature contemporaine. Auteur d'études sur Georges Perec (1984), sur Edmond Jabès (1990), sur la littérature ludique (1995) et sur la littérature minimaliste (1999), ses livres récents portent sur le roman français des années 1990 (Fables of the Novel : French Fiction Since 1990, 2003) et 2000 (Fiction Now : The French Novel in the Twenty-First Century, 2008).

Joëlle PAPILLON: Ecrire "le cadavre de l’amour": du désamour dans la littérature contemporaine des femmes
Chez Camille Laurens et Nelly Arcan, la littérature se fait "le tombeau de l'amour", témoignant de sa disparition progressive puis de sa mort, disséquant son cadavre afin de déterminer les causes du décès et de porter accusation contre les coupables. Au banc des accusés se retrouvent le désir et la différence sexuelle, puisque hommes et femmes ne savent pas ou plus se désirer. Dans les récits d'Arcan comme chez Marie Nimier, le rapport pornographique a pris la place du rapport amoureux qui semble obsolète — bien que les personnages féminins le recherchent toujours ardemment. Cette communication se propose d'étudier la mise en texte des ratages de l'amour dans quelques récits de femmes contemporains afin de dégager les diverses articulations de l'amour, du désir et de la différence sexuelle présentes dans ces œuvres, dans la visée d'interroger la portée sociopolitique de telles représentations de l'amour au féminin: la libération des femmes peut-elle faire l'économie du désenchantement?

Joëlle Papillon est professeure adjointe au Département de langues modernes de l’Université Algoma, au Canada. Elle a publié de nombreux articles et chapitres de livres portant sur la littérature contemporaine des femmes en France et au Québec, notamment sur Marie Nimier, Nelly Arcan, Annie Ernaux et Alina Reyes.

Gerald PRINCE: Autoportrait: Les Particules élémentaires
Sera présentée une sorte d’autoportrait des Particules élémentaires à partir du roman de Michel Houellebecq et de son paratexte, autoportrait qui non seulement le caractérisera mais qui permettra aussi de le situer dans la production romanesque contemporaine et d’évoquer les aspirations, les réalisations et les limites de cette dernière.

Gerald Prince est professeur de Langues Romanes et membre de la Annenberg School of Communication ainsi que des sections doctorales de Linguistique et de Littérature Comparée à l’Université de Pennsylvanie. Auteur de plusieurs ouvrages, dont Narrative as Theme: Studies in French Fiction et Guide du roman de langue française (1901-1950), il prépare Guide du roman de langue française (1951-2000).

Pascal RIENDEAU: Les essais des romanciers français (2001-2010)
Certains romanciers sont aussi des essayistes aguerris, alors que d’autres n’écrivent pas d’essais, mais recourent au journal, à la correspondance, à l’entretien pour exposer leur conception du roman, de la littérature, de l’écriture ou de la lecture. Comment l’essai — "le genre le plus libre qui soit" (Starobinski) — permet-il de mieux comprendre le roman? Je tâcherai de répondre à cette question en effectuant, en premier lieu, un bilan de l’ensemble de la production d’essais écrits par les romanciers français de 2001 à 2010, en dégageant les principales tendances, les idées fortes, les propositions nouvelles qu’on y retrouve. En second lieu, je retiendrai quelques œuvres singulières (celles de Chevillard, Ernaux, Huston, Kundera, Laurens), afin de procéder à une analyse détaillée des idées et des imaginaires qui nous permettent de repenser la littérature narrative.

Pascal Riendeau est professeur au Département d’études françaises de l’Université de Toronto où il co-dirige le GRELFA (Groupe de recherche et d’étude sur la littérature française d’aujourd’hui) avec B. Havercroft et P. Michelucci. Ensemble, ils ont dirigé Le roman français de l’extrême contemporain. Écritures, engagements, énonciations (Nota Bene, 2010). Pascal Riendeau a récemment coordonné un dossier critique portant sur Éric Chevillard (Roman 20/50, décembre 2008). Il travaille actuellement à un ouvrage sur les questions éthiques dans le roman français de l’extrême contemporain.

Anne ROCHE: Lignes occupées
Je voudrais interroger, au travers de quelques cas, ce qui me paraît faire bouger les lignes dans les domaines suivants:
- le rapport au réel (référentiel, historique): certains des écrivains les plus novateurs aujourd’hui intègrent dans leurs récits des événements qu’ils n’ont pas vécus (guerre d’Algérie pour Arno Bertina, emprisonnement sous une dictature pour Nicole Caligaris...) mais, de façon radicalement différente, de ce qu’a pu être le roman historique (ou le roman politique) jusqu’à la fin du siècle dernier;
- le rapport à l’autobiographie: aux deux extrémités, contraires, Chloé Delaume (Dans ma maison sous terre, 2009) et Leslie Kaplan (Mon Amérique commence en Pologne, 2009). Ajoutons une troisième extrémité avec Olivier Rolin (Suite à l’hôte Crystal, 2004);
- le rapport aux récits antérieurs: Quignard, Macé, Chevillard, Pierre Senges (Fragments de Lichtenberg, 2008), y compris aux récits antérieurs de soi, avec la tentative extrême de La Dissolution de Roubaud (2009).
Ces exemples, s’inscrivant à la fois dans l’axe historique et l’axe esthétique du colloque, ne prétendent pas répondre à toutes les questions qui y sont posées, mais s’intéressent en priorité à la question des frontières génériques et de leur mobilité.

Pierre SCHOENTJES: Littérature et environnement: écrire la nature
La sensibilité pour les questions environnementales, longtemps moins fortes politiquement en France que dans les pays du Nord de l’Europe — voire aux Etats-Unis — a peut-être retardé sinon l’apparition du moins la visibilité d’une littérature qui accorderait une place importante à l’entourage non-humain. La nature, et plus généralement les thématiques qui touchent à l’environnement, semblent à première vue absentes d’un imaginaire littéraire contemporain qu’on imagine volontiers tourné vers l’espace urbain. Il est caractéristique qu’aucun des panoramas consacrés à la littérature de "l’extrême contemporain" ne consacre un chapitre à ce domaine. Il s’agit là sans doute d’un effet de perspective car à y regarder de plus près l’on constate qu’il existe bien un corpus se rattachant à ce que la critique (anglo-)américaine nomme "nature writing", "ecoliterature", ou dans le sillage des travaux de L. Buell, "environmental writing". La "wilderness", la nature "sauvage", n’étant constitutive ni de la réalité physique de la France ni de son imaginaire national, il ne saurait évidemment exister à strictement parler d’équivalent à la production aux USA. Mais dès lors qu’on élargit le champ au-delà du "nature-writing" pour considérer la littérature de l’environnement, celle qui accorde une place aussi au paysage non-humain, l’on constate que la dernière décennie à vu apparaitre une quantité relativement importante d’ouvres qui s’inscrivent dans cette perspective. Et parmi eux certains d’importance, comme Dormance (2000) de Jean-Loup Trassard. J’interrogerai prioritairement l’écofiction, et ce à partir des outils fournis pas la "ecocriticism" anglo-saxonne, mais en m’intéressant surtout à la spécificité de la situation en France. Il me semble que, loin de tout régionalisme qui sentirait bon la terre, c’est un domaine où se joue une part importante de notre postmodernité désireuse de renouer avec la réalité concrète du monde. Un domaine qui reste encore à défricher mais dans lequel l’interrogation éthique rejoint des préoccupations esthétiques.

Nicolas XANTHOS: Consciences contemporaines: poétique de l’intériorité chez Toussaint, Modiano et Lenoir
S’il est une question qui, presque consubstantielle au roman depuis sa modernité, n’a cessé de faire l’objet de représentations multiples, variées, conflictuelles, dont les contrastes successifs font l’histoire du roman et s’élaborent parallèlement à l’histoire des idées philosophiques et psychologiques, que ce soit dans leur lumière ou dans leur ombre, c’est bien celle de l’intériorité. En se gardant de fédérer indûment des courants de pensée, sinon des individus, on ne manquera pas de constater que la suspicion des années 1960, tant littéraire (dans le sillage du Nouveau Roman) que théorique (dans celui du structuraliste) a imposé devant cette question de l’intériorité une attitude allant de la méfiance au rejet et dont l’influence se fait sentir aujourd’hui encore, notamment sur le plan critique avec la crispation qu’on lit parfois autour de la notion d’"être de papier" dont les vertus premières se muent, dans cette rigidité, en limitations indues. Car la littérature, elle, n’a pas cessé ses explorations de l’intériorité qui vont même, jusqu’à un certain point, constituer des traits définitoires du contemporain. Il suffit de penser aux multiples formes des écritures de soi, qui sont autant de manières de ressaisir et de redéfinir la subjectivité, dans sa complexité immédiate ou dans une historicité qui redéfinit l’expérience et le legs du temps. Si les écritures de soi font l’objet d’une reconnaissance critique, d’autres explorations contemporaines de l’intériorité, proprement fictionnelles, restent à décrire. C’est à contribuer à cette tâche que la présente communication voudrait, précisément, s’employer, en observant la production actuelle de trois auteurs dont le travail, à un titre ou à un autre, touche de près à la représentation de l’intériorité: Jean-Philippe Toussaint, Patrick Modiano et Hélène Lenoir. Dans la récente trilogie de Toussaint, autour de Marie, l’impassibilité initiale le cède à une mise sous tension des êtres, sans que cette dernière ne s’accompagne d’un épaississement identitaire ou subjectif. C’est bien plutôt une intériorité sans subjectivité que la trilogie explore, dans une intensité perceptive et affective qui irradie et déstructure le temps comme l’espace. Par delà la quête identitaire qui les constituent, les romans de Modiano depuis le tournant du millénaire creusent plus avant la voie de la mise en scène de "subjectivités", si l’on ose encore utiliser ce terme, situées au croisement improbable d’une densité historique qui peine à se configurer et d’une absence à soi comme mode d’être, perturbant dans le roman les ordres de l’agir et du temps. Lenoir travaille plutôt à dire la rumeur inquiète, dans les marges de la conscience, qui accompagne toute expérience du monde et complique son actualité d’un passé constamment ressuscité en douleurs, craintes ou amertumes diffuses, doublant ainsi le moment présent d’un potentiel d’évocations réelles ou non, incessant sans pour autant être jamais pleinement exprimé. C’est ainsi à l’intériorité dans les œuvres contemporaines de ces trois auteurs que nous voudrions nous intéresser ici, pour prendre la mesure des imaginaires qui en sous-tendent la représentation, des formes romanesques spécifiques qu’elle commande et du rapport au temps qu’elle implique.

BIBLIOGRAPHIE :

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Blanckeman, Bruno. Les récits indécidables: Jean Echenoz, Hervé Guibert, Pascal Quignard (Villeneuve d’Ascq : Presses Universitaires du Septentrion, 2008).
Blanckeman, Bruno, Aline Mura-Brunel et Marc Dambre (dir.). Le roman français au tournant du XXIe siècle (Paris : Presses Sorbonne Nouvelle, 2004).
Dion, Robert, Frances Fortier, Barbara Havercroft et Hans-Jürgen Lüsebrink (dir.), Vies en récit: formes littéraires et médiatiques de la biographie et de l’autobiographie (Québec : Éditions Nota bene, 2007).
Havercroft, Barbara, Pascal Michelucci et Pascal Riendeau (dir.), Le roman français de l’extrême contemporain: écritures, engagements, énonciations (Québec : Éditions Nota bene, 2010).
Motte, Warren. Fables of the Novel: French Fiction Since 1990 (Champaign: Londres : Dalkey Archive Press, 2003).
Motte, Warren. Fiction Now: The French Novel in the Twenty-First Century (Champaign/Londres : Dalkey Archive Press, 2008).
Rodgers, Catherine et Nathalie Morello (dir.), Nouvelles écrivaines: nouvelles voix? (Amsterdam : Rodopi, 2002).
Rye, Gill et Michael Worton (dir.), Women’s Writing in Contemporary France: New Writers, New Literatures in the 1990s (Manchester : Manchester University Press, 2003).
Viart, Dominique et Bruno Vercier. La littérature française au présent: héritage, modernité, mutations (Paris : Éditions Bordas, 2005).


Avec le soutien
du Conseil Scientifique de l'Université de la Sorbonne Nouvelle Paris III,
de L'Equipe Accueil 4400 "Ecritures de la modernité",
du CERACC (Centre d'Etude du Roman des Années Cinquante au Contemporain)
et de l'Université de Toronto




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