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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2012 : un des colloques







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LE PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL

DU LUNDI 24 SEPTEMBRE (19 H) AU SAMEDI 29 SEPTEMBRE (18 H) 2012

DIRECTION : Julia CSERGO, Christian HOTTIN, Pierre SCHMIT

ARGUMENT :

Peu connu en France du grand public aussi bien que des milieux culturels et patrimoniaux, le patrimoine culturel immatériel, porté par la convention de l'Unesco du 17 octobre 2003, tend à s'imposer aujourd'hui dans l'actualité immédiate, au gré des inscriptions; il s'ancre également dans la durée, avec les ambitions affichées par certaines collectivités territoriales, telle la région Bretagne, qui souhaitent en faire un axe majeur de leur politique culturelle et désirent se positionner en tant que région pilote au plan national.

Pour la tradition occidentale du patrimoine, matériel et régalien, cette convention présente un double défi, redoutable: penser la préservation d'un patrimoine autre que celui classiquement distingué, et penser autrement les politiques patrimoniales, en les construisant à partir du point de vue des détenteurs du patrimoine, et non plus uniquement en fonction de l'avis des experts. Des enjeux nouveaux qui, de la Chine au Brésil en passant par les Émirats arabes Unis, mobilisent fortement la plupart des pays émergents.

Ce colloque se propose d’engager une réflexion devenue aujourd'hui nécessaire: alors que se multiplient les initiatives et que l'action de l’État français reste empreinte de tâtonnements, il importe de s’interroger sur l'origine, le sens et les implications de ce patrimoine.

Organisé autour de cinq thèmes, cette rencontre se veut résolument prospective: il s'agira non d'élaborer de "bonnes pratiques" ou d'ajouter un article aux "tables de la loi" du Code du Patrimoine, mais de croiser, dans une visée internationale, approches théoriques et pratiques. Elle réunira avec des experts internationaux du PCI et de l’Unesco, des intellectuels, des acteurs politiques et culturels, des praticiens de ces formes de patrimoines. Sont enfin prévus des temps de dialogue avec les porteurs de traditions, une séance à Granville dont les pêcheries sont appelées à faire l'objet d'un dossier de candidature, enfin la première journée se tiendra au centre français du patrimoine culturel immatériel, installé au sein de la Maison des cultures du Monde à Vitré.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 3 octobre
À VITRÉ (Centre français du patrimoine culturel immatériel)
Matin:
Accueil à 11 heures et visite de la Maison des cultures du Monde, par Séverine CACHAT (directrice du CFPCI)
Réception au château de Vitré par Pierre MÉHAIGNERIE (maire de Vitré)

Après-midi:
Qu’est-ce que le patrimoine culturel immatériel? (1) (Présidente: Séverine CACHAT)
Chérif KHAZNADAR (Président de la Maison des cultures du monde)
Lourdes ARIZPE (Université nationale de Mexico): Presenting the Intangible Cultural Heritage of Regions on the World Stage
Noriko AIKAWA-FAURE (UNESCO, Japon): Qu’est-ce que le patrimoine culturel immatériel? Son origine, l’évolution de son sens et ses implications
Discussion

Transport en car de Vitré à Cerisy

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Mardi 25 septembre
À CERISY
Matin:
Qu’est-ce que le patrimoine culturel immatériel? (2) (Table ronde animée par Christian HOTTIN)
Antoine GAUTHIER (Directeur général du Conseil québécois du patrimoine vivant): Confessions d’un gestionnaire
Florence GRAEZER BIDEAU (Université de Neuchâtel): Le rôle des experts dans la création de l’inventaire de patrimoine culturel immatériel en Suisse
Jean-Louis TORNATORE (Université de Bourgogne): Le patrimoine culturel immatériel: dispositif de contrôle ou agent d'émancipation?
Discussion

Après-midi:
A qui appartient le patrimoine culturel immatériel? (Président: Pierre SCHMIT)
Christian HOTTIN (Ministère de la culture et de la communication)
Marie CORNU (CNRS, Paris): Les enjeux juridiques de la propriété du patrimoine immateriel
Chiara BORTOLOTTO (Université Libre de Bruxelles): La participation selon l’UNESCO. Le VIe comité pour la sauvegarde du PCI

Soirée:
Chants et danses traditionnels (Association La Loure): Yvon DAVY et Etienne LAGRANGE, avec la participation d'Antoine GAUTHIER


Mercredi 26 septembre
À GRANVILLE
Autour de deux éléments du patrimoine culturel immatériel, journée coordonnée par Pierre SCHMIT (CRéCET)
- Visite du « Hangar » du Carnaval
- Découverte ou aperçu de la « Pêcherie Cavey » (selon possibilité offerte par la marée)
- Visite de l’exposition: « Terre de pêcheries », Musée du Vieux Granville (Halle au Blé)
- Atelier, Caserne du Roc (salle Bazeille), animé par Pierre SCHMIT
• Accueil par Daniel CARUHEL (Maire de Granville)
• Introduction: La place du patrimoine culturel immatériel dans le projet patrimonial de la ville de Granville: Patrick BAILBE (Maire-adjoint en charge des affaires culturelles)
• Le « Carnaval de Granville »: David LETORT (Président du Carnaval de Granville): Présentation de l’élément et de la communauté: Avancement du projet et questionnements liés à sa mise en oeuvre. Discussion
• Les « Pêcheries »: Présentation de l’élément et de son contexte. Questionnements liés à l’élaboration d’une fiche d’inventaire et à la mise en place d’un processus patrimonial devant permettre la pérennité de l’élément. Discussion et échanges avec Cyrille BILLARD (Conservateur, service régional de l’archéologie, DRAC), Karine LE PETIT (Ethnologue, CRéCET), Jacqueline BOUDEAU (Présidente de l’association « les Amis de la pêcherie de la Tranchée »)

Soirée:
À CERISY
Yann LEBORGNE: Autour des pratiques et représentations liées au monde végétal en Normandie


Jeudi 27 septembre
À CERISY
Matin:
D'où vient le patrimoine culturel immatériel? (Président: Christian HOTTIN)
Daniel FABRE (EHESS): Libre propos sur la généalogie du PCI
Frédéric SAUMADE (Université de Provence): Le patrimoine tauromachique français à l’épreuve du terrain
Panayiota ANDRIANOPOULOU (Ministère de la culture, Grèce): Le PCI est à nous ≠ Nous sommes le PCI. Notions d’appropriations du PCI dans le cadre urbain en Grèce
Discutant: Jean-Louis TORNATORE (Université de Bourgogne)

Après-midi:
D'où vient le patrimoine culturel immatériel? (Présidente: Julia CSERGO)
Julia CSERGO (Université Lyon 2 / Université du Québec à Montréal): Introduction
Caroline BODOLEC & Frédéric OBRINGER (Centre d'études sur la Chine moderne et contemporaine, CNRS/EHESS): Le Patrimoine Culturel Immatériel en Chine
Discutante: Lourdes ARIZPE (Université nationale de Mexico)

Soirée:
Albert POULAIN, conteur


Vendredi 28 septembre
À CERISY
Matin:
Où va le patrimoine culturel immatériel? (Président: Christian HOTTIN)
Christian BROMBERGER (Université de Provence): Le patrimoine immatériel entre ambiguïtés et overdose
Pape Massène SENE (Conseiller du premier ministre du Sénégal): Partager le patrimoine culturel immatériel, du terroir au Village planétaire: le défi de la délocalisation

Après-midi:
Cécile DUVELLE (Chef de la Section du PCI, Unesco): Bilan et perspectives de la Convention dans le contexte actuel

Les patrimoines alimentaires, quel PCI? (Président: Pierre SCHMIT)
Julia CSERGO (Université Lyon 2 / Université du Québec à Montréal)
Noriko AIKAWA-FAURE (UNESCO, Japon)
Antoine GAUTHIER (Directeur du centre Québecois du patrimoine vivant)
Cécile DUVELLE (Chef de la Section du PCI, Unesco)


Samedi 29 septembre
À CERISY
Qu'en est-il aujourd'hui de la prise en compte des pratiques alimentaires dans les PCI?
Matin:
(Table ronde animée par Julia CSERGO)
Florence CALAME-LEVERT: Tout autour de la morue, voyage en patrimoine culinaire, un exemple de collecte participative en Pays Basque
Charles-Edouard de SUREMAIN (UMR 208 PaLoc "Patrimoines Locaux" [IRD-MNHN]): De quelques ambiguïtés des patrimoines alimentaires immatériels. Questions et éléments de réponse à partir des pays du Sud
Jean-Pierre POULAIN (Université de Toulouse-le Mirail): Gastronomisation et patrimonialisation

Après-midi:
(Table ronde animée par Julia CSERGO)
Maria-Anne PRIVAT-SAVIGNY (Musée Gadagne)
Panayiota ADRIANOPOULOU (Ministère de la culture, Grèce)
Catherine ARMINJON (Conservateur général du Patrimoine)

Julia CSERGO & Pierre SCHMIT: Conclusions

DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Noriko AIKAWA-FAURE: Qu’est-ce que le patrimoine culturel immatériel? Son origine, l’évolution de son sens et ses implications
"Le patrimoine culturel immatériel" (ci-après désigné PCI) est  un terme peu commun. Car il s’agit de la traduction littérale du terme japonais "Mukeibunka-isan" qui signifie "le patrimoine culturel sans formes". Cependant le terme "PCI" dans le cadre de la Convention de l’UNESCO a une toute autre signification que celui utilisé au Japon. Dans cette présentation, je commencerai par me poser une question: qu’est-ce qu’a été le patrimoine culturel immatériel à l’UNESCO? Je retracerai comment la notion du PCI est née et a évolué au sein de l’UNESCO jusqu’à l’adoption en 2003 de la "Convention pour la sauvegarde du patrimoine immatériel". Une fois que la Convention est devenue opérationnelle en 2006, ce sont les pays de l’Asie orientale qui ont été les plus actifs en soumettant le plus grand nombre de nominations aux deux listes de la Convention, et cela grâce à leur longue expérience de la protection du PCI. Cependant ces pays ont rencontré quelques problèmes en raison de divergences conceptuelles et parfois même à cause de la contradiction entre le concept qui sous-tend leur système de la protection du PCI et celui de la Convention de l’UNESCO. J’aborderai, en second lieu, des difficultés rencontrées par le Japon et la République de Corée pour surmonter ces problèmes. Ces divergences se trouvent principalement au niveau de la définition du PCI et des critères d’inscription. Aujourd’hui, à  la veille de la célébration du dixième anniversaire de l’adoption de la Convention, nous devons maintenant réfléchir à ce que sera le PCI.

Noriko Aikawa-Faure, ancienne Directrice de l’Unité du Patrimoine Culturel Immatériel de l’UNESCO, a développé ce programme depuis sa création en 1992. Ella a ainsi suivi, de la genèse jusqu’à l’adoption, tous les processus conduisant à la création de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du Patrimoine Culturel Immatériel. Après son départ en retraite de l’UNESCO en décembre 2002, elle a continué à servir l’Organisation jusqu’à fin 2009 en tant que conseillère du sous-directeur général pour la Culture de l’UNESCO. Elle est actuellement Professeur-invitée à l’Institut National des Etudes Politiques à Tokyo (GRIPS).

Panayiota ANDRIANOPOULOU: Le PCI est à nous ≠ Nous sommes le PCI. Notions d’appropriations du PCI dans le cadre urbain en Grèce
L’appartenance ou l’appropriation du patrimoine culturel est une des questions cruciales de la recherche mais également de la gestion politique culturelle. Souvent des groupes sociaux entiers sont juxtaposés aux autres par rapport à leur propre attitude envers le patrimoine culturel, surtout immatériel, passible d'usages et d'interprétations politiques multiples. Est-ce que le patrimoine culturel immatériel est un outil politique permettant de forger une identité nationale homogène? Le PCI accepte-t-il la polyphonie au sein du territoire national? Les détenteurs du PCI le transmettent-ils en ligne de parenté ou, de nos jours, le système est-il transformé et par conséquent plus ouvert?
On essaiera d’aborder ces questions théoriques par le paradigme grec. La dernière décennie, en Grèce, ont émergé de la part de groupes de jeunes des attitudes favorables à l'égard de certains aspects du patrimoine culturel immatériel: ils choisissent des destinations de vacances suivant les fêtes populaires estivales, fréquentent des villages ou des îles éloignés où des pratiques sociales et coutumières spéciales se perpétuent, ils s’intéressent aux savoir-faire artisanaux tels le tissage, la poterie, ils écoutent, chantent et apprennent à jouer de la musique traditionnelle, ils transplantent dans le milieu urbain des valeurs originaires des communautés préindustrielles, dites traditionnelles. Il s’agit surtout des jeunes définis comme "alternatifs", de convictions politiques autonomes et progressistes, d’un niveau d’éducation plus élevé que la moyenne, ouverts à l’idée d'une culture partagée, commune, universelle, qui se transforme, renonçant à la construction d’un patrimoine figé, construit, tenant le rôle de pierre fondamentale d’une identité nationale construite et imposée. Par ailleurs, on observe une tension de mentalité entre ces jeunes et des conservateurs qui caractérisent leur groupe de "new-age" et qui se veulent eux-mêmes exclusivement les détenteurs des traditions par excellence, tels les gens originaires des lieux de référence, les professionnels (profs de danse folklorique, folkloristes, artisans, etc.). L’analyse se fonde sur l’observation dans le contexte urbain les trois dernières années, lors des exemples concrets et des entretiens avec un échantillon représentatif de deux côtés.

Ethnologue de formation de DEA, ayant effectué des études d’archéologie, Panayiota Andrianopoulou  travaille depuis 2006 au Ministère Hellénique de la Culture et du Tourisme, traitant des questions du patrimoine culturel immatériel et des communautés, au niveau de sensibilisation du public envers le PCI en tant qu’élément identitaire vécu. Enquêtes du terrain: les pratiques sociales en Grèce du Nord, la musique traditionnelle en Crète actuellement, le quotidien de la communauté juive de Grèce contemporaine. Elle représente depuis 2007 le Ministère Hellénique aux Sessions de la Convention. En 2011, elle a été choisie et formée expert en questions du PCI par l’UNESCO dans le cadre de renforcement de capacités.

Lourdes ARIZPE: Presenting the Intangible Cultural Heritage of Regions on the World Stage
Safeguarding intangible cultural heritage creates unprecedented needs to define cultural practices not only in diverse cultural settings but also as components of a multiplicity of social and political processes. Enhancing the taxonomy, methodological heuristics and inventorying of the repertoire of intangible cultural heritage has advanced in recent years but only within frames of reference which are now hindering broader and more participative actions to safeguard it. The paper will analyze this process from the early definitions that set the stage for the 2003 Unesco International Convention for the Safeguarding of Intangible Cultural Heritage to present day challenges, taking as an example recent cultural practices of the Basque and Breton historical regions in France.

Caroline BODOLEC & Frédéric OBRINGER: Le Patrimoine Culturel Immatériel en Chine
Nous présenterons la conception du PCI en Chine, l'histoire de son introduction, les relations avec les notions précédentes de patrimoine et les enjeux politiques, économiques et culturels de la notion. Nous aborderons ensuite la question du recensement des éléments retenus, la constitution des différentes listes au niveau local et national, ainsi que le parcours de certains dossiers jusqu'à leur acceptation par l'UNESCO, tel celui de l'acupuncture et de la moxibustion.

Chiara BORTOLOTTO: La participation selon l’UNESCO. Le VIe comité pour la sauvegarde du PCI
La "participation" des "communautés" dans l’identification, la sauvegarde et la gestion du patrimoine est une question centrale et controversée de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Ni la notion de participation, ni celle de communauté sont définies dans le texte de la convention et chaque Etat traduit ce principe en fonction de sa situation politique et de son histoire institutionnelle et culturelle. Une observation du débat du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du PCI permet de saisir l’évolution de l’interprétation de ce principe à l’échelle intergouvernementale. Les arguments utilisés pour distinguer le "consentement" de la "participation" dans le long débat qui a abouti à l’inscription de "Eshuva, prières chantées en Harákmbut des Huachipaire du Pérou" en 2011 permettent de comprendre les principaux enjeux et obstacles posés par l’idéal participatif de la Convention.

Chiara Bortolotto est Marie Curie Fellow au Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains à l’Université libre de Bruxelles. Ses recherches explorent l’émergence de la notion de patrimoine culturel immatériel au sein de l’Unesco et l’articulation entre les principes de sauvegarde établis à l’échelle intergouvernementale et leur mise en œuvre nationale et locale (inventaires et programmes de sauvegarde). Elle a dirigé la publication de Le patrimoine culturel immatériel: enjeux d’une nouvelle catégorie, Editions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2011.

Christian BROMBERGER: Le patrimoine immatériel entre ambiguïtés et overdose
Des ambiguïtés, la distinction entre patrimoine matériel et patrimoine immatériel apparaît, malgré les trésors argumentatifs mis en œuvre pour la justifier, infondée. On comprend que la notion d’immatériel permette d’élargir le patrimoine à des genres qui en étaient exclus jusque-là (tradition orale, etc.). Mais l’invention de cette dernière catégorie ne fait qu’accentuer la césure si préjudiciable entre le matériel et l’immatériel. Un calice est-il matériel ou immatériel? La gastronomie est-elle vraiment immatérielle? Les ethnologues s’intéressant aux artefacts, grands ou petits, monumentaux ou humbles, ont montré, à longueur de livres et d’articles, que cette distinction entre matériel et immatériel était sans fondement. Doit-on accepter ce coup de force conceptuel, cette défaite de la pensée, cette régression disciplinaire? On présente les initiatives de préservation de ce "patrimoine immatériel" comme l’œuvre des détenteurs de ce patrimoine, et non d’experts ou d’organismes officiels. La situation n’est bien souvent pas aussi irénique. Les candidatures sont présentées par les États qui ont leur mot à dire et des intentions qui ne sont souvent pas uniquement patrimoniales. Des exemples pris en Iran illustreront la complexité de ces processus.
Une overdose: l’inclination, en ethnologie, pour le patrimoine a un caractère testamentaire. S’intéresser à ce qui reste, aux traces émouvantes du passé aboutit à négliger le présent vif sur lequel l’ethnologie, grâce à ses méthodes, peut jeter un regard décapant. Les physiciens passent-ils leur temps à ressasser l’histoire de leur discipline, à inventorier le matériel et les expériences de leurs ancêtres? Il faut sans doute préserver, conserver les archives de l’humanité dans sa diversité, mais ce repli disciplinaire sur cette mission patrimoniale est de mauvais augure. Il fut un temps où la Mission du patrimoine ethnologique du Ministère de la Culture impulsait des travaux d’ethnologie de la France centrés sur le présent (et son rôle pour le renouvellement de la discipline a été éminent); aujourd’hui, paradoxe, elle se nomme Mission à l’ethnologie mais elle se consacre au patrimoine... N’est-ce pas là aussi une régression?

Séverine CACHAT
Séverine Cachat est anthropologue et directrice du Centre français du patrimoine culturel immatériel. Elle a notamment travaillé dans l'océan Indien (la Réunion, Mozambique) sur les processus de patrimonialisation ainsi que les enjeux identitaires et mémoriels des patrimoines, matériels et immatériels.
Cachat, Séverine & Rinçon, Laurella, 2012, "Patrimoines culturels immatériels: spécificités des outre-mer", Culture et Recherche, n°126: Patrimoines des outre-mer.
Cachat Séverine (dir.), 2008, Mozambique-Réunion: esclavages, mémoire et patrimoines dans l'océan Indien, Paris, Sépia.


Florence CALAME-LEVERT: Tout autour de la morue, voyages en patrimoine culinaire, un exemple de collecte participative en Pays Basque
L’opération "Tout autour de la morue, voyages en patrimoine culinaire" a pris place au Musée Basque durant l’été 2011. Ce projet, s’inscrivant dans une réflexion plus globale sur le thème de la collecte du contemporain, a été inspiré à Florence Calame-Levert par la prise en compte de la pluralité des cultures en Pays Basque aujourd'hui.
Espagnols et Portugais furent de très grands pêcheurs de morue, et ils en ont gardé un patrimoine culinaire très important. Ces puissances coloniales, dont la France fut également, ont été des vecteurs de diffusion de la morue aux quatre coins du monde. Se conservant très longtemps, la morue a véritablement fait sa conquête du monde: Antillais, Réunionnais, Maghrébins, Brésiliens, Indiens, Français, Portugais, Espagnols, et bien d’autres, ont pour la morue une véritable passion et nombreuses sont les spécialités. Un musée d’aujourd’hui doit prendre en compte le présent du territoire et des habitants de la région où il s’inscrit, et le patrimoine du Pays Basque aujourd’hui, c’est aussi la mixité des cultures. Des ateliers à destination de jeunes ont été proposés: prise de connaissance des collections maritimes, rencontres avec des pêcheurs en activité aujourd’hui, ateliers de pratique ethnologique et ateliers d’écriture. A l’occasion des Journées du Patrimoine, les témoignages des enfants issus des enquêtes qu’ils ont eux-mêmes réalisés au sein de leurs familles sur la consommation de la morue ont été diffusés dans les salles du patrimoine maritime. Durant ces mêmes journées, un atelier de cuisine comparative autour de la morue s’est tenu. Il a favorisé l’échange culturel entre personnes d’horizons divers autour d’une histoire commune.

Florence Calame-Levert est conservateur du patrimoine, auteur d'une thèse de doctorat en ethnologie consacrée aux conflits de mémoire autour de la revitalisation de la fête des marins de Fécamp (2008).

Cécile DUVELLE: Bilan et perspectives de la Convention dans le contexte actuel
145 États ont désormais ratifié la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel. Entrée en vigueur en 2006 avec la ratification du trentième État, elle a connu trois cycles complets d’inscription, quatre si l’on compte celui qui a en 2008 intégré automatiquement les 90 chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité dans la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel. Dans quelques jours, le cycle des inscriptions 2012 se refermera avec les décisions d’inscription que prendra le Comité intergouvernemental en décembre prochain. Aujourd’hui, 267 éléments sont déjà inscrits sur les Listes, et l’enthousiasme suscité par ces inscriptions ne cesse de croître, avec un nombre de plus en plus grand et varié d’États candidats.
Est-ce à dire que la Convention se limite à sa partie la plus visible - les inscriptions - et que son impact pour la sauvegarde du patrimoine immatériel au niveau local ne peut être mesuré? Fort heureusement, une vingtaine d’États ont déjà transmis à l’UNESCO leurs rapports sur les dispositions législatives, réglementaires, institutionnelles ou autres prises pour la mise en œuvre de la présente Convention. Nombre d’entre eux se sont lancés dans l’élaboration d’inventaires, en tentant de s’approcher au mieux des dispositions de la Convention, en particulier la participation des communautés dans le processus. Certains États ont introduit un éventail extrêmement large de mesures aux niveaux national et local, d’autres sont plus lents à dégager de véritables politiques de sauvegarde. Il est aussi intéressant aussi de noter l’impact qu’ont pu avoir les inscriptions sur la vitalité des éléments inscrits, dont ces rapports se font l’écho.

Cécile Duvelle a été formée en anthropologie culturelle à l’Université Paris V - René Descartes, avec les professeurs Georges Balandier, Louis-Vincent Thomas et Michel Mafessoli. Elle a tout particulièrement travaillé sur l’Afrique subsaharienne. Entrée à l’UNESCO en 1989, elle a successivement travaillé pour les Éditions UNESCO et le Secteur de la culture. En 1999, elle a rejoint le Cabinet du Directeur général de l’UNESCO, où elle a été en particulier chargée du suivi des questions culturelles. Elle a étroitement suivi le processus d’élaboration et de négociation de plusieurs instruments normatifs dans le domaine de la culture, en particulier la Convention de 2003 pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel et la Convention de 2005 pour la promotion et la protection de la diversité des expressions culturelles. Elle a été nommée en octobre 2008 Chef de la Section du patrimoine immatériel de l’UNESCO et Secrétaire de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Antoine GAUTHIER: Confessions d’un gestionnaire
L’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’automne 2011 la Loi sur le patrimoine culturel, qui entrera en vigueur le 19 octobre 2012. Celle-ci remplacera l’actuelle Loi sur les biens culturels, datant de presque quarante ans, qui ne prend pas en compte le patrimoine culturel immatériel (PCI). Elle viendra compléter certaines orientations déjà présentes dans la Loi sur le développement durable de 2006. La Loi prévoit pour le PCI trois choses: l’inclusion du patrimoine immatériel comme partie intégrante du patrimoine culturel des Québécois; des statuts de reconnaissance national (désignation) et municipaux (identification) pour les éléments inscrits; et la possibilité pour le ministre de la Culture de soutenir financièrement la connaissance, la mise en valeur et la transmission liées au patrimoine immatériel. Une définition du PCI apparentée à celle de la Convention de 2003 de l'Unesco a ainsi été adoptée, après un amendement en commission parlementaire. Des critères spécifiques seront également mis en place dans le processus de reconnaissance étatique. L'année 2011 a par ailleurs été riche en débats sur le PCI. La tradition de compréhension du patrimoine vivant au Québec, alliée à une interprétation juridique de la Loi, fournit des pistes d'interprétation utiles dans le dossier, dans un contexte où le Canada n'est pas signataire de la convention sur le PCI. Nous examinerons également les implications d'un rapprochement avec la notion de patrimoine bâti, déjà évoqué dans différentes tribunes.

Florence GRAEZER BIDEAU: Le rôle des experts dans la création de l’inventaire de patrimoine culturel immatériel en Suisse
A partir d’une recherche collective menée depuis 2009 sur la mise en œuvre de l’inventaire des "traditions vivantes en Suisse" (Intangible Cultural Heritage, the Midas Touch?), cette intervention portera sur l’engagement d’anthropologues, d’ethnologues ou de folkloristes, pour inventorier le patrimoine culturel immatériel des 26 cantons formant la Confédération, dont une partie seulement sera retenue pour la liste indicative nationale, représentative de l’image du pays. Une mise en perspective des différents processus d’inventorisation au XXe siècle illustrera la délicate question de l’expertise culturelle en Suisse en raison de son système fédéraliste et du principe de subsidiarité qui le caractérise. Ces exemples souligneront les liens qu’entretiennent les anthropologues, ethnologues ou folkloristes, formés dans diverses institutions académiques cantonales avec l’administration pour expertiser des projets culturels à l’échelle nationale. A travers une observation fine de mes pairs impliqués dans les mécanismes de l’administration culturelle et une participation régulière aux nombreuses commissions composées de fonctionnaires et de scientifiques tant au niveau fédéral, cantonal et régional, je tenterai de répondre à la question suivante: anthropologue (ethnologue ou folkloriste) et expert, un mariage impossible?

Florence Graezer Bideau est anthropologue, chargée de cours et directrice adjointe du Center for Area and Cultural Studies de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) et chercheuse FNS à l’Institut d’Ethnologie de l’Université de Neuchâtel. Parallèlement à ses enquêtes de terrain en République populaire de Chine depuis 1995 (La danse du yangge. Culture et politique dans la Chine du XXe siècle, Paris, La Découverte, 2012), elle poursuit des recherches sur le processus de patrimonialisation et du multiculturalisme en Malaisie et sur la mise en œuvre de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Suisse ("Inventorier les traditions vivantes en Suisse. Approches fédéralistes du patrimoine culturel immatériel", ethnographiques.org, n°24, 2012).

Yann LEBORGNE: Autour des pratiques et représentations liées au monde végétal en Normandie
Le Gros chêne d’Allouville et ses Z’éfants du chêne en Pays de Caux; les arbres "à nœuds" de la forêt de Brotonne; les ifs millénaires de la Haye-de-Routot; le chêne et la chapelle perchée du Bas-Caumont; la Belle Épine de Bouquetot dans le Roumois; le chêne Saint-Méen en Pays d’Auge et ses "loques"; les ifs "amoureux" de la Lande-Patry...
À travers dix sites choisis en fonction de leur diversité, l’ouvrage Des arbres, des rites & des croyances est le fruit d’une enquête de terrain approfondie, réalisée dans le cadre de l’inventaire du patrimoine culturel immatériel en France engagé à l’initiative du Ministère de la culture. Il invite à découvrir le "patrimoine végétal" sous un angle différent que celui de la rareté, de l’intérêt botanique, de l’esthétique ou du gustatif.
Cette enquête met en lumière un rapport ancestral au végétal qu’on aurait pu croire englouti alors qu’il n’en est rien: des croyances et pratiques cultuelles attachées aux arbres se sont perpétuées. Elle révèle les traces encore fraîches de l’antique religion païenne, la marque de l’évangélisation, mais aussi l’évolution des pratiques rituelles qui s’adaptent et se recomposent au grès des conditions d’existence propres à chaque époque. On y mesure également le poids très important de la superstition et des croyances magiques dans la "religion populaire". Cette étude témoigne de l’incroyable flexibilité et des capacités de résistance de ce patrimoine culturel immatériel. Qu’elles soient rurales ou urbaines, les sociétés se réinscrivent ainsi dans une temporalité dont elles n’ont pas nécessairement conscience. Une particularité de ces éléments de patrimoine culturel réside dans le fait qu’ils sont portés par des groupes ou des communautés plus ou moins formels, sans pour autant que des revendications soient explicitement exprimées à leur égard... tout au moins, tant que l’on ne leur porte pas atteinte! La revendication peut-elle donc être un critère d’existence et de reconnaissance d’un patrimoine culturel immatériel?

Yann Leborgne, 2012, Des arbres, des rites & des croyances; un patrimoine culturel immatériel en Normandie, Coll. "Les Carnets d’ici", coédition CRéCET - OREP, 112 p.

Albert POULAIN: Contes et légendes
Les sujets abordés sont:
- le collectage des chants, depuis 1959 auprès des derniers chanteurs (lors des repas, kermesses...),
- le collectage de contes, légendes, diableries, menteries faisant intervenir Gargantua et les grandes fermes,
- les croyances concernant les prémonitions (revenants, rencontres et interventions des bêtes de nuit),
- les rites et survivances païennes de la naissance à la mort, y compris les traitements des maladies par recours aux eaux guérisseuses, accompagnés de prières et gestes,
- les rapports entre les mythologies celtiques et les contes traditionnels.

Pape Massène SENE: Partager le patrimoine culturel immatériel, du terroir au Village planétaire: le défi de la délocalisation
Face à d’importantes mutations sociales, la préservation et la transmission du patrimoine culturel immatériel posent problème, au sein des communautés dépositaires. Il s’y ajoute, dans un contexte de mondialisation, une marginalisation des savoirs et savoir-faire de ce patrimoine, que les processus formels de validation contemporaine des connaissances ne prennent pas en compte. Aussi, pour éviter repli identitaire et enfermement destructeur sur d’artificielles survivances, comment faire apprécier aux autres, et partager avec eux, la pertinence et la vitalité de ces éléments de l’humaine créativité?

Professeur à l’Institut Supérieur des Arts et Cultures (ISAC), Chercheur à l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique Noire), Université Cheikh Anta Diop de Dakar.
Publications
"Les Saltigués: divination en pays sereer", in Revue Demb ak Tey, n°s 3-4, 1975.
"Des traditions orales", in Oraliture, 1981.
"A la découverte de la civilisation sereer", in Ethiopiques, vol II, n°4, 1984.
"La parole pensée", in Revue Notre Librairie, n°81, 1985.
"Le Conte: statut et fonctions dans l’éducation à la vie". Ouvrage collectif: De la didactisation du patrimoine oral africain, de l’enseignement pré-scolaire à l’Université. Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation - UCAD, 2010.


Charles-Edouard de SUREMAIN: De quelques ambiguïtés des patrimoines alimentaires immatériels. Questions et éléments de réponse à partir des pays du Sud
Dans cette communication, je me propose de discuter la question des patrimoines alimentaires immatériels à partir de ses déclinaisons locales - et non institutionnalisées - dans les pays du Sud. À partir d’un exemple extrême (le plat des enfants de la rue), je m’interrogerai sur l’ambiguïté des critères de visibilité sociale et de conformité politique qui sont, habituellement, à la source de la reconnaissance formelle des patrimoines. Ces critères sont-ils opératoires? Pourquoi les acteurs invisibles socialement ne pourraient-ils pas se reconnaître à travers une forme de patrimoine évoquant les marges de la société? Dans quelle mesure les patrimoines alimentaires immatériels se doivent-ils de rester politiquement corrects? Doivent-ils, par principe, renvoyer à ce qui est montrable, et au nom de quel ordre politique, social ou moral? Ces questions appellent une réflexion et un débat de fond sur la portée et les limites sociales et politiques de la notion de patrimoine alimentaire immatériel, notion dont on devrait mieux cerner l’ambiguïté des enjeux.

Charles-Edouard de Suremain, anthropologue, est chargé de recherche à l’IRD. Après avoir étudié les grandes plantations de café au Guatemala et les fronts de colonisation agricoles en Equateur, il a travaillé sur le développement du jeune enfant, en particulier sur son alimentation, au Congo, d’une part, en Bolivie et au Pérou, d’autre part. Il travaille actuellement sur les formes locales et globalisées de patrimonialisation alimentaire en Amérique Latine.

Jean-Louis TORNATORE: Le patrimoine culturel immatériel: dispositif de contrôle ou agent d'émancipation?
Le patrimoine peut être considéré autant comme un dispositif des sociétés de contrôle que comme un moyen de résistance à la domination et une arme critique. Pris entre État et communautés, le PCI serait-il l'expression singulière de cette ambivalence?

Jean-Louis Tornatore est socio-anthropologue, professeur à l'Institut Denis Diderot, Université de Bourgogne - Dijon, chercheur au CIMEOS (Communications, médiations, organisations, savoirs) (Dijon) et chercheur associé à l'Institut interdisciplinaire d’anthropologie du contemporain/Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution de la culture (CNRS-EHESS, Paris). Ses travaux se déploient selon deux axes, étroitement liés: celui d'une approche pragmatiste de la "relation au passé" et des manières d’être "dans le temps", et celui d'une perspective non-autoritaire de l’engagement du chercheur.



Présentation du Centre Français du Patrimoine Culturel Immatériel (CFPCI)
En 2011, le centre de documentation de la Maison des Cultures du Monde, situé à Vitré en Ille-et-Vilaine, a été désigné par le Ministère de la Culture et de la Communication "organisme compétent pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel", en application de l'article 13b de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, adoptée par l'Unesco en 2003 et ratifiée par la France en 2006.
Le Centre français du patrimoine culturel immatériel a vocation à offrir un espace de documentation, mais aussi de réflexion, sur le patrimoine culturel immatériel.
C'est également un réseau d'acteurs du PCI en France. En lien avec le Ministère de la Culture et de la Communication, il participe à l'accompagnement des candidatures pour inscription sur les Listes de la Convention, ainsi qu'au suivi des éléments inscrits. Le centre mène également des activités de sensibilisation et de valorisation du patrimoine culturel immatériel au travers, notamment, d'expositions et d'activités pédagogiques.
La première journée du séminaire au CFPCI permettra de découvrir l'exposition temporaire inaugurée le 4 mai 2012 et intitulée "Le PCI qu'est-ce que c'est?".

Présentation de l'intervention de l'Association La Loure
En 1998 se constituait l’association La Loure en charge de recueillir et promouvoir le patrimoine musical traditionnel de Normandie. Loin d’être la première à conduire des enquêtes de terrain sur ce domaine dans la région, elle n’en a pas moins relancé une dynamique en la matière, après une relative période de vide, avec des éditions, des actions de formation et des animations en direction d’une diversité de publics.
L’intervention se propose de revenir sur presque 15 ans d’activité et de mesurer les effets de ce travail de fond dans l’éveil (ou le réveil?) de la conscience d’un patrimoine culturel immatériel régional singulier et dans une relance de sa pratique. Quelle place peut donc tenir celui-ci dans la construction d’une identité régionale en ce début de troisième millénaire?
Intervenant: Yvon DAVY, directeur de l’association La Loure, avec la participation d’Etienne LAGRANGE, animateur de l’association. Tous deux sont collecteurs, chanteurs et musiciens et proposeront un propos illustré en chanson et en musique...

Autour de deux éléments du patrimoine culturel immatériel, coordonnée par Pierre SCHMIT (CRéCET)
Granville et la côte Ouest du Cotentin connaissent actuellement deux démarches autour d’éléments du PCI:
D’une part, le "Carnaval de Granville", initiée dès 2009 par le comité d’organisation de cette manifestation populaire et séculaire.
D’autre part, les "Pêcheries fixes", dans la mouvance d’un travail patrimonial engagé depuis une trentaine d’années.
Ces éléments présentent des caractéristiques très différentes tant dans la composition des communautés concernées que dans les processus de mise en œuvre. L’examen de ces deux cas pratiques permettront aux participants du colloque d’enrichir leurs discussions sur la nature du PCI, la définition et la place des communautés, le rôle des experts, les processus de mise en œuvre...

Avec le soutien
de la Direction des Patrimoines du Ministère de la Culture
et du CRéCET