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" Page mise à jour le 21 mai 2012 "
DU LUNDI 24 SEPTEMBRE (19 H) AU SAMEDI 29
SEPTEMBRE (18 H) 2012
LE PATRIMOINE CULTUREL IMMATÉRIEL
DIRECTION : Julia CSERGO, Christian HOTTIN, Pierre
SCHMIT
ARGUMENT :
Peu connu en France du grand public aussi bien que des milieux
culturels et patrimoniaux, le patrimoine culturel immatériel, porté par
la convention de l'Unesco du 17 octobre 2003, tend à s'imposer
aujourd'hui dans l'actualité immédiate, au gré des inscriptions ; il
s'ancre également dans la durée, avec les ambitions affichées par
certaines collectivités territoriales, telle la région Bretagne, qui
souhaitent en faire un axe majeur de leur politique culturelle et
désirent se positionner en tant que région pilote au plan national.
Pour la tradition occidentale du patrimoine, matériel et régalien,
cette convention présente un double défi, redoutable: penser la
préservation d'un patrimoine autre que celui classiquement distingué,
et penser autrement les politiques patrimoniales, en les construisant à
partir du point de vue des détenteurs du patrimoine, et non plus
uniquement en fonction de l'avis des experts. Des enjeux nouveaux qui,
de la Chine au Brésil en passant par les Émirats arabes Unis,
mobilisent fortement la plupart des pays émergents.
Ce colloque se propose d’engager une réflexion devenue aujourd'hui
nécessaire: alors que se multiplient les initiatives et que l'action de
l’État français reste empreinte de tâtonnements, il importe de
s’interroger sur l'origine, le sens et les implications de ce
patrimoine.
Organisé autour de cinq thèmes, cette rencontre se veut
résolument prospective: il s'agira non d'élaborer de "bonnes pratiques"
ou d'ajouter un article aux "tables de la loi" du Code du Patrimoine,
mais de croiser, dans une visée internationale, approches théoriques et
pratiques. Elle réunira avec des experts internationaux du PCI et de
l’Unesco, des intellectuels, des acteurs politiques et culturels, des
praticiens de ces formes de patrimoines. Sont enfin prévus des temps de
dialogue avec les porteurs de traditions, une séance à Granville dont
les pêcheries sont appelées à faire l'objet d'un dossier de
candidature, enfin la première journée se tiendra au centre français du
patrimoine culturel immatériel, installé au sein de la Maison des
cultures du Monde à Vitré.
CALENDRIER PROVISOIRE :
Lundi 24 septembre
À VITRÉ (Centre
français du patrimoine culturel immatériel)
Accueil et visite du Centre,
par Séverine
CACHAT
(directrice du CFPCI)
Qu’est-ce
que le patrimoine
immatériel? (1) (Présidente:
Séverinne CACHAT)
Chérif KHAZNADAR (Président
de la Maison des cultures du monde)
Lourdes
ARIZPE (Université
nationale de Mexico): Presenting the Intangible Cultural
Heritage of Regions on the World Stage
Noriko AIKAWA (UNESCO, Japon)
Transport en car de Vitré à Cerisy
Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants
Mardi 25 septembre
À CERISY
Matin:
Qu’est-ce
que le patrimoine
immatériel? (2) (Table ronde
animée par Christian HOTTIN)
Antoine
GAUTHIER (Directeur
général du
Conseil québécois du patrimoine vivant)
Florence GRAEZER-BIDEAU
(Université
de Neuchâtel)
Chiara
BORTOLOTTO (Université
Libre de Bruxelles)
Jean-Louis
TORNATORE
(Université de Metz): Le patrimoine culturel immatériel: dispositif de
contrôle ou agent d'émancipation?
Après-midi:
A qui appartient le Patrimoine
immatériel?
(Présidente: Julia CSERGO)
Daniel THÉROND (Conseil de
l'Europe)
Marie
CORNU (CNRS, Paris): Les enjeux juridiques de la propriété du
patrimoine immateriel
Christian HOTTIN (Ministère
de la culture et de la communication)
Discutants:
Panayiota
ANDRIANOPOULOU
(Ministère de la culture, Grèce): Le PCI c’est à nous ≠ Nous sommes le
PCI: notions d’appropriations du PCI dans le cadre urbain en Grèce
Frédéric SAUMADE (Université
de Provence)
Un représentant des Compagnons du devoir
Soirée:
Chants et danses traditionnels (Association La Loure)
Mercredi 26 septembre
À GRANVILLE ET
SUR LA CÔTE OUEST DU COTENTIN
Journée sur les Pêcheries,
coordonnée par Pierre SCHMIT
(CRéCET)
Soirée:
Yann LEBORGNE: Autour des
pratiques et représentations liées au monde végétal en Normandie
(Enquête Inventaires du patrimoine culturel immatériel en France)
Jeudi 27 septembre
À CERISY
Matin:
D'où
vient le
patrimoine culturel immatériel?
(Président: Christian HOTTIN)
Rieks SMEETS (Ancien
secrétaire de la convention PCI de l'Unesco, Pays-Bas)
Daniel FABRE (EHESS)
Discutant:
Jean-Louis TORNATORE
(Université de Metz)
Après-midi:
Slimane HACHI (Centre
national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques,
Algérie)
Christian BROMBERGER
(Université de Provence)
Discutant:
Lourdes
ARIZPE (Université
nationale de Mexico)
Soirée:
Albert
POULAIN, conteur
Vendredi 28 septembre
À CERISY
Matin:
Où
va le
patrimoine immatériel? (Table
ronde animée par Christian HOTTIN)
Jean-Michel LE BOULANGER
(Vice-président du Conseil régional de Bretagne)
Pape
Massène SENE (Conseiller
du premier ministre du Sénégal): Partager le patrimoine culturel
immatériel, du terroir au Village planétaire: le défi de la
délocalisation
Après-midi:
Françoise BENHAMOU (Université
de Paris 13)
Cécile DUVELLE
(Secrétaire de
la convention PCI de l'Unesco)
Les
patrimoines alimentaires, quel
PCI? (1)
Julia CSERGO
(Université Lyon
2 / Université du Québec à Montréal)
Catherine ARMINJON
(Conservateur général du Patrimoine)
Dîner:
Gérard CAGNA
(Cuisinier) - cuisinière de
Cerisy:
Sur le "repas gastronomique" des Français
Soirée:
Florence CALAME-LEVERT: Le
projet de médiation "Tout autour de la morue" (Musée basque)
Samedi 29 septembre
À CERISY
Les patrimoines alimentaires, quel
PCI? (2)
Matin:
Table ronde
Jean-Pierre POULAIN
(Université de Toulouse-le Mirail)
Charles-Edouard
de SUREMAIN
(UMR 208 PaLoc "Patrimoines Locaux" [IRD-MNHN]): De quelques ambiguïtés
des patrimoines alimentaires immatériels. Questions et éléments de
réponse à partir des pays du Sud
Jean-Pierre HASSOUN (EHESS)
Slimane HACHI (Centre
national de recherches préhistoriques, anthropologiques et historiques,
Algérie)
Marie
CORNU (CNRS, Paris)
Antoine GAUTHIER (Directeur
du
centre Québecois du patrimoine vivant)
Après-midi:
Table ronde
Maria-Anne PRIVAT-SAVIGNY
(Musée Gadagne)
Panayota ADRIANOPOULOU
(Ministère de la culture, Grèce)
Julia CSERGO, Christian HOTTIN &
Pierre
SCHMIT: Conclusions
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Panayiota ANDRIANOPOULOU: Le PCI
c’est à nous ≠ Nous sommes le
PCI: notions d’appropriations du PCI dans le cadre urbain en Grèce
L’appartenance ou l’appropriation du patrimoine culturel est une
des questions cruciales de la recherche mais également de la gestion
politique culturelle. Souvent des groupes sociaux entiers sont
juxtaposés aux autres par rapport à leur propre attitude envers le
patrimoine culturel, surtout immatériel, passible d'usages et
d'interprétations politiques multiples. Est-ce que le patrimoine
culturel
immatériel est un outil politique permettant de forger une identité
nationale
homogène? Le PCI accepte-t-il la polyphonie au sein du territoire
national? Les détenteurs du PCI le transmettent-ils en ligne de parenté
ou,
de nos jours, le système est-il transformé et par conséquent plus
ouvert?
On essaiera d’aborder ces questions théoriques par le paradigme grec.
La dernière décennie, en Grèce, ont émergé de la part de groupes de
jeunes des attitudes
favorables à l'égard de certains aspects du
patrimoine culturel immatériel: ils choisissent des destinations de
vacances suivant les fêtes populaires estivales, fréquentent des
villages ou des îles éloignés où des pratiques sociales et coutumières
spéciales se perpétuent, ils s’intéressent aux savoir-faire artisanaux
tels le tissage, la poterie, ils écoutent, chantent et apprennent à
jouer de la musique traditionnelle, ils transplantent dans le milieu
urbain des valeurs originaires des communautés préindustrielles, dites
traditionnelles. Il s’agit surtout des jeunes définis comme
‘alternatifs’,
de convictions politiques autonomes et progressistes, d’un niveau
d’éducation plus élevé que la moyenne, ouverts à l’idée d'une culture
partagée, commune, universelle, qui se transforme, renonçant à la
construction d’un patrimoine figé, construit, tenant le rôle de pierre
fondamentale d’une identité nationale construite et imposée. Par
ailleurs, on observe une tension de mentalité entre ces jeunes et des
conservateurs qui caractérisent leur groupe de ‘new-age’
et qui se veulent eux-mêmes exclusivement les détenteurs des traditions
par excellence, tels les gens originaires des lieux de référence, les
professionnels (profs de danse folklorique, folkloristes, artisans,
etc.). L’analyse se fonde sur l’observation dans le contexte urbain les
trois dernières années, lors des exemples concrets et des
entretiens avec un échantillon représentatif de deux côtés.
Ethnologue de formation de DEA, ayant effectué des études
d’archéologie, Panayiota Andrianopoulou travaille depuis 2006 au
Ministère Hellénique de la Culture et du Tourisme, traitant des
questions du patrimoine culturel immatériel et des communautés, au
niveau de sensibilisation du public envers le PCI en tant qu’élément
identitaire vécu. Enquêtes du terrain: les pratiques sociales en Grèce
du Nord, la musique traditionnelle en Crète actuellement, le quotidien
de la communauté juive de Grèce contemporaine. Elle représente depuis
2007 le Ministère Hellénique aux Sessions de la Convention. En 2011,
elle a été choisie et formée expert en questions du PCI par l’UNESCO
dans le cadre de renforcement de capacités.
Lourdes ARIZPE: Presenting the
Intangible Cultural Heritage of Regions on the World Stage
Safeguarding intangible cultural heritage creates unprecedented needs
to define cultural practices not only in diverse cultural settings but
also as components of a multiplicity of social and political processes.
Enhancing the taxonomy, methodological heuristics and inventorying of
the repertoire of intangible cultural heritage has advanced in recent
years but only within frames of reference which are now hindering
broader and more participative actions to safeguard it. The paper will
analyze this process from the early definitions that set the stage for
the 2003 Unesco International Convention for the Safeguarding of
Intangible Cultural Heritage to present day challenges, taking as an
example recent cultural practices of the Basque and Breton historical
regions in France.
Chiara BORTOLOTTO
Chiara Bortolotto est Marie Curie Fellow au Laboratoire
d’anthropologie des mondes contemporains à l’Université libre de
Bruxelles. Ses recherches explorent l’émergence de la notion de
patrimoine culturel immatériel au sein de l’Unesco et l’articulation
entre les principes de sauvegarde établis à l’échelle
intergouvernementale et leur mise en œuvre nationale et locale
(inventaires et programmes de sauvegarde). Elle a dirigé la publication
de Le patrimoine culturel
immatériel: enjeux d’une nouvelle catégorie, Editions de la
Maison des sciences de l’homme, Paris, 2011.
Séverine CACHAT
Séverine Cachat est anthropologue et directrice du
Centre français du patrimoine culturel immatériel.
Elle a notamment travaillé dans l'océan Indien (la Réunion, Mozambique)
sur les processus de patrimonialisation ainsi que les enjeux
identitaires et mémoriels des patrimoines, matériels et immatériels.
Cachat, Séverine & Rinçon, Laurella, 2012, "Patrimoines culturels
immatériels : spécificités des outre-mer", Culture et Recherche n°126: Patrimoines
des outre-mer.
Cachat Séverine (dir.), 2008, Mozambique-Réunion
: esclavages, mémoire et patrimoines dans l'océan Indien, Paris,
Sépia.
Gérard CAGNA: De la cuisine, comme savoir faire, transmission et
circulation et le colloque du patrimoine culturel immatériel à
Cerisy
L’immatérialité du Repas gastronomique inscrit au Patrimoine
Immatériel de l’Unesco nous invite à penser autrement la gastronomie,
hors d’une image volontairement élitiste. C’est une pratique sociale
vivante et partagée qui fait même sens pour tous et qui renforce le
lien social. Le repas gastronomique des français s’est construit
historiquement sur des apports, qui se sont déployés, ont circulé dans
tout le corps social et ont été sans cesse recréés par la transmission
mère fille. Que ce soit dans les célébrations festives des familles
paysannes ou des familles bourgeoises du XIXe siècle constamment
enrichies des apports de découvertes et de migrations. La cuisine de
cour ayant été, elle, la protohistoire de ce qui sera le début de la
restauration hors foyer avec la montée en puissance des restaurants
après la Révolution Française. Puis l’apparition d’une recherche de
qualité des produits et de la façon de les cuisiner avec Grimod de la
Reyniére et son fameux Almanach des
Gourmands (1803/1808).
Ouvrage de référence qui marque une
étape, en matière de gastronomie vers le guide touristique et
gastronomique. Suivra tout naturellement l’évolution de la cuisine des
restaurants vers la gastronomie française. Viendra ensuite l’avènement
à la charnière 1890 /1920 d’Auguste Escoffier considéré comme
l’Empereur de la cuisine Française (Pascal Ory) qui a su théoriser et
codifier la Gastronomie Française tout au long du XXe siécle. Ainsi ma
présence lors du colloque et mon implication en cuisine, ma
contribution scientifique de praticien illustre le lien actif entre
Ghislaine et Patricia, "Cuisinières de famille", figures emblématiques
du Repas
Gastronomique des Français, et Gérard "Chef Cuisinier"
identifié de la gastronomie française.
Antoine GAUTHIER
L’Assemblée nationale du Québec a adopté à l’automne 2011 la Loi sur le patrimoine culturel, qui
entrera en vigueur le 19 octobre 2012. Celle-ci remplacera l’actuelle Loi sur les biens culturels, datant
de presque quarante ans, qui ne prend pas en compte le patrimoine
culturel immatériel (PCI). Elle viendra compléter certaines
orientations déjà présentes dans la Loi
sur le développement durable de 2006. La Loi prévoit pour le PCI
trois choses: l’inclusion du patrimoine immatériel comme partie
intégrante du patrimoine culturel des Québécois; des statuts de
reconnaissance national (désignation)
et municipaux (identification)
pour les éléments inscrits; et la possibilité pour le ministre de la
Culture de soutenir financièrement la connaissance,
la mise en valeur et la transmission liées au patrimoine
immatériel. Une définition du PCI apparentée à celle de la Convention
de 2003 de l'Unesco a ainsi été adoptée, après un amendement en
commission parlementaire. Des critères spécifiques seront également mis
en place dans le processus de reconnaissance étatique. L'année 2011 a
par ailleurs été riche en débats sur le PCI. La tradition de
compréhension du patrimoine vivant au Québec, alliée à une
interprétation juridique de la Loi, fournit des pistes d'interprétation
utiles dans le dossier, dans un contexte où le Canada n'est pas
signataire de la convention sur le PCI. Nous examinerons également les
implications d'un rapprochement avec la notion de patrimoine bâti, déjà
évoqué dans différentes tribunes.
Albert POULAIN: Contes et légendes
Les sujets abordés sont:
- le collectage des chants, depuis 1959 auprès des derniers chanteurs
(lors des repas, kermesses...),
- le collectage de contes, légendes, diableries, menteries faisant
intervenir Gargantua et les grandes fermes,
- les croyances concernant les prémonitions (revenants, rencontres et
interventions des bêtes de nuit),
- les rites et survivances païennes de la naissance à la mort, y
compris les traitements des maladies par recours aux eaux guérisseuses,
accompagnés de prières et gestes,
- les rapports entre les mythologies celtiques et les contes
traditionnels.
Pape Massène SENE: Partager le
patrimoine culturel
immatériel, du terroir au Village planétaire: le défi de la
délocalisation
Face à d’importantes mutations sociales, la préservation et la
transmission du patrimoine culturel immatériel posent problème, au sein
des communautés dépositaires. Il s’y ajoute, dans un contexte de
mondialisation, une marginalisation des savoirs et savoir-faire de ce
patrimoine, que les processus formels de validation contemporaine des
connaissances ne prennent pas en compte. Aussi, pour éviter repli
identitaire et enfermement destructeur sur d’artificielles survivances,
comment faire apprécier aux autres, et partager avec eux, la pertinence
et la vitalité de ces éléments de l’humaine créativité?
Professeur à l’Institut Supérieur des Arts et Cultures (ISAC),
Chercheur à l’IFAN (Institut fondamental d’Afrique Noire), Université
Cheikh Anta Diop de Dakar.
Publications
"Les Saltigués: divination en pays sereer", in Revue Demb ak Tey, n°s 3-4, 1975.
"Des traditions orales", in Oraliture,
1981.
"A la découverte de la civilisation sereer", in Ethiopiques, vol II, n°4, 1984.
"La parole pensée", in Revue Notre
Librairie, n°81, 1985.
"Le Conte: statut et fonctions dans l’éducation à la vie". Ouvrage
collectif: De la didactisation du
patrimoine oral africain, de l’enseignement pré-scolaire à l’Université.
Faculté des Sciences et Technologies de l’Education et de la Formation
- UCAD, 2010.
Charles-Edouard de SUREMAIN: De
quelques ambiguïtés
des patrimoines alimentaires immatériels. Questions et éléments de
réponse à partir des pays du Sud
Dans cette communication, je me propose de discuter la question des
patrimoines alimentaires immatériels à partir de ses déclinaisons
locales – et non institutionnalisées – dans les pays du Sud. À partir
d’un exemple extrême (le plat des enfants de la rue), je m’interrogerai
sur l’ambiguïté des critères de visibilité
sociale et de conformité
politique qui sont, habituellement, à la source de la
reconnaissance formelle des patrimoines. Ces critères sont-ils
opératoires? Pourquoi les acteurs invisibles socialement ne
pourraient-ils pas se reconnaître à travers une forme de patrimoine
évoquant les marges de la société? Dans quelle mesure les patrimoines
alimentaires immatériels se doivent-ils de rester politiquement
corrects? Doivent-ils, par principe, renvoyer à ce qui est montrable,
et au nom de quel ordre politique, social ou moral? Ces questions
appellent une réflexion et un débat de fond sur la portée et les
limites sociales et politiques de la notion de patrimoine alimentaire
immatériel, notion dont on devrait mieux cerner l’ambiguïté des enjeux.
Charles-Edouard de Suremain, anthropologue, est chargé de
recherche à l’IRD. Après avoir étudié les grandes plantations de café
au Guatemala et les fronts de colonisation agricoles en Equateur, il a
travaillé sur le développement du jeune enfant, en particulier sur son
alimentation, au Congo, d’une part, en Bolivie et au Pérou, d’autre
part.
Il travaille actuellement sur les formes locales et globalisées
de patrimonialisation alimentaire en Amérique Latine.
Jean-Louis TORNATORE: Le patrimoine
culturel immatériel: dispositif de contrôle ou agent d'émancipation?
Le patrimoine peut être considéré autant comme un dispositif des
sociétés de contrôle que comme un moyen de résistance à la domination
et une arme critique. Pris entre État et communautés, le PCI serait-il
l'expression singulière de cette ambivalence?
Jean-Louis Tornatore est socio-anthropologue, maître de
conférences HDR à l'Université de Lorraine, Metz, chercheur à
l'Institut interdisciplinaire d’anthropologie du
contemporain/Laboratoire d’anthropologie et d’histoire de l’institution
de la culture (CNRS-EHESS, Paris), et chercheur associé au Centre de recherche sur les médiations
(Metz). Ses travaux se déploient selon deux axes, étroitement liés:
celui d'une
approche pragmatiste de la "relation au passé" et des manières d’être
"dans le temps", et celui d'une perspective non-autoritaire de
l’engagement du chercheur.
*****
Présentation du Centre Français du
Patrimoine Culturel Immatériel (CFPCI)
En 2011, le centre de documentation de la Maison des Cultures du Monde,
situé à Vitré en Ille-et-Vilaine, a été désigné par le Ministère de la
Culture et de la Communication "organisme compétent pour la sauvegarde
du patrimoine culturel immatériel", en application de l'article 13b de
la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel,
adoptée par l'Unesco en 2003 et ratifiée par la France en 2006.
Le Centre français du patrimoine culturel immatériel a vocation à
offrir un espace de documentation, mais aussi de réflexion, sur le
patrimoine culturel immatériel.
C'est également un réseau d'acteurs du PCI en France. En lien avec le
Ministère de la Culture et de la Communication, il
participe à l'accompagnement des candidatures pour inscription sur les
Listes de la Convention, ainsi qu'au suivi des éléments inscrits. Le
centre mène également des activités de sensibilisation et de
valorisation du patrimoine culturel immatériel au travers, notamment,
d'expositions et d'activités pédagogiques.
Pour information, la prochaine exposition du CFPCI, qui sera inaugurée
le 4 mai, aura pour titre "Le PCI qu'est-ce que c'est?". Elle doit
normalement fermer ses portes au public le 29 juillet, mais ne sera
décrocher pas avant fin septembre afin de la laisser accessible aux
participants du colloque.
Voir présentation ici: www.festivaldelimaginaire.com/programme/le-pci-kesako.html.
Avec
le soutien
de la Direction des Patrimoines du Ministère de la
Culture
et du CRéCET