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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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1935-2015 : 80 ANS DE PHILOSOPHIE SCIENTIFIQUE
Mise à jour
13/02/2017


DU LUNDI 13 JUILLET (19 H) AU LUNDI 20 JUILLET (14 H) 2015

DIRECTION : Michel BOURDEAU, Gerhard HEINZMANN, Wioletta MIŚKIEWICZ, Pierre WAGNER

ARGUMENT :

L’idée première est de commémorer le grand Congrès international de philosophie scientifique qui s’est tenu à Paris en septembre 1935 et qui a fait date, non seulement dans l’histoire de la philosophie des sciences, mais aussi dans celle de la philosophie en général. Historiquement, ce sera donc l’occasion de faire le point sur ce que nous savons aujourd’hui de ce considérable événement de l’histoire de la philosophie du siècle dernier, qui a aussi inauguré la recherche collaborative en philosophie.

Mais ce sera aussi l’occasion de faire place aux interrogations actuelles sur la nature de la philosophie scientifique: qu’est-ce que la revendication d’une philosophie scientifique signifiait en 1935, qu’est-ce qu’elle signifie aujourd’hui?

Une attention particulière sera accordée à la place qu’y ont joué, ou n’y ont pas joué, les philosophes français ainsi qu’aux lieux où on défendait l’idée d’une philosophie scientifique, comme le Centre de Synthèse d’Henri Berr, ou l’Institut d’Histoire des Sciences, fondé en 1932 par Abel Rey.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 13 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 14 juillet
Matin:
Mathieu MARION: Louis Rougier, le Cercle de Vienne et le Congrès de Paris [Rougier, The Vienna Cercle and The Paris Congress]

Après-midi:
Michel BOURDEAU: La correspondance Otto Neurath - Louis Rougier [The Correspondence Otto Neurath - Louis Rougier]
Anastasios BRENNER: Le positivisme absolu d’Abel Rey et le Cercle de Vienne [Abel Rey's Positivism and The Vienna Cercle]


Mercredi 15 juillet
Matin:
Philippe de ROUILHAN: Un dilemme pour la philosophie scientifique de Carnap [A Dilemma for The Scientific Philosophy of Carnap]
Pierre WAGNER: Carnap, Tarski et le tournant sémantique en 1935 [Carnap, Tarski and The Semantic Turns of 1935 and Later Years]

Après-midi:
Wioletta MIŚKIEWICZ: La présence polonaise au Congrès de 1935 [The Polish Presence and the Congress in Paris 1935]
Roger POUIVET: Kotarbiński et le projet d’une philosophie scientifique [Kotarbiński and The Project of Scientific Philosophy]
Jan WOLEŃSKI: On Controversy on Semantics at the Paris Congress 1935


Jeudi 16 juillet
DÉTENTE


Vendredi 17 juillet
Matin:
Michel ARMATTE: Que représentait Robert Gibrat (1904-1980) au Congrès international de philosophie en 1935? [Robert Gibrat (1904-1980) in the International Congress of Scientific Philosophy at Paris (1935)] [enregistrement audio en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de l'Université de Caen Normandie et sur le site France Culture]
Maria Carla GALAVOTTI: The Sessions on Induction and Probability at the Paris Congress and the Wider Debate on the Topic

Après-midi:
Anastasia SIMONIELLO: Otto Neurath et Gerd Arntz, la collaboration de la science et de l'art au service de la Bildstatistik
Jean GAYON: La part congrue de la biologie au congrès de 1935 [1935 Congress for the Unity of Science: Was Biology Fairly Treated?]
Gereon WOLTERS: "Wrongful Life". Logico-Empiricism's Philosophy of Biology: Prague (1934) – Paris (1935) – Copenhagen (1936)


Samedi 18 juillet
Matin:
Hourya SINACEUR: Philosophie scientifique: sources et interprétations
Vincent ISRAEL-JOST: Le débat sur les énoncés protocolaires et son influence sur les conceptions contemporaines de l’observation

Après-midi:
Michael STÖLTZNER: From scientist-philosophers to philosophers of science
Olivier SCHLAUDT: A political meaning of "scientific philosophy"
Alan RICHARDSON: Why is a Philosopher Analytic?, or The Rise of Scientific Philosophy and the Decline of Scientific Philosophy


Dimanche 19 juillet
Matin:
Antonia SOULEZ: L'épistémologie comme science des styles de pensée (Fleck)
Ansten KLEV: Carnap and the Unity of Science

Après-midi:
Alexandre MONNIN: Le Web-Sémantique entre l'encyclopédisme de Neurath et l'ingénierie philosophique de Carnap
Hans-Joachim DAHMS: Mission accomplished? Unified Science and Logical Empiricism. 80 years after the first Paris Congress for Unified Science


Lundi 20 juillet
Matin:
Conclusions

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Michel ARMATTE: Que représentait Robert Gibrat (1904-1980) au Congrès international de philosophie en 1935?
Robert Gibrat; polytechnicien du corps des Mines, auteur de la première thèse d’économétrie en France, sur la loi de l’effet proportionnel, exerce diverses responsabilités dans le monde de l'Education ou de l'Industrie. Secrétaire d’Etat aux communications dans le second gouvernement Laval lui vaudra d’être condamné à 10 ans d’indignité nationale en 1946, mais ne l’empêchera pas de mener une seconde carrière exemplaire d’ingénieur conseil et de haut fonctionnaire à EDF, puis dans les institutions liées à la politique atomique de la France et de l’Europe. Dès lors que pouvait-il représenter à un congrès de philosophie scientifique? La réponse est en partie dans sa communication "La science économique. Méthodes et philosophie" à condition de la lire entre les lignes et à la lumière de ce qu’il a apporté à cette discipline, personnellement ou par le biais d’engagements dans des groupes spécifiques comme X-Crise, la société d’économétrie, le groupe politique Ordre Nouveau, les administrations et organisations patronales industrielles. Toutes ces institutions, plutôt éphémères dans une période fort agitée, étaient placées à l’intersection des sciences, de la société et de la politique. Au-delà de la seule science économique en pleine mutation face au défi de la Crise, Gibrat représentait aussi une nouvelle science unifiée à la fois par sa logique et par sa capacité à exercer une expertise technocratique (le mot date de cette période), à indiquer en quelque sorte dans ces années 1930 le chemin de la sortie (de crise) et du renouveau d’une société. Les philosophes des sciences ne pouvaient manquer de s’intéresser à ce programme, et Gibrat ne pouvait manquer de les écouter parler d’unité de la science.

Michel BOURDEAU:
La correspondance Otto Neurath - Louis Rougier
Les deux co-organisateurs du congrès de 1935, Otto Neurath (1882-1945) et Louis Rougier (1889-1982), occupaient des positions diamétralement opposées au sein du Cercle de Vienne puisque le dernier est un des pères du néo libéralisme alors que le socialisme militant du premier lui a valu d’être une des cibles préférées de Hayek. La correspondance qu’ils ont échangée entre 1933 et 1940 permet de suivre les différentes étapes de la préparation du congrès de 1935; elle montre les multiples difficultés qu’il a fallu surmonter; elle nous éclaire également sur le rôle des uns et des autres (Frank, Carnap, Reichenbach) au sein du mouvement. Les questions d’organisation mettaient également en cause des thèmes philosophiques: l’unité de la science, l’analyse logique du langage, la sémantique, la terminologie. Je m’attarderai plus particulièrement sur la philosophie des sciences sociales, sujet qui intéressait particulièrement les deux correspondants.

Michel Bourdeau est directeur de recherches émérite à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques. Ses travaux actuels portent avant tout sur le positivisme et le néo-positivisme.
Il a ainsi publié récemment Auguste Comte, science et société (coll. "Philosophie en cours"), scéren (cndp), 2013, et réédité les leçons de sociologie de Comte (Cours de philosophie positive, leçons 46-51; Paris, Hermann, en collaboration avec L. Clauzade et Fr. Dupin).


Anastasios BRENNER: Le positivisme absolu d’Abel Rey et le Cercle de Vienne
Parmi les sources françaises du Cercle de Vienne, Abel Rey occupe une place privilégiée. Sa thèse de doctorat, La théorie de la physique chez les physiciens contemporains, attire aussitôt l’attention d’un groupe de jeunes diplômés de l’Université de Vienne, lesquels fonderont, à la fin des années 1920, le Cercle de Vienne. Or le positivisme absolu que propose Rey présente à la fois des analogies frappantes et des différences notables avec le positivisme logique. Si on y trouve le même souci de clarté et de précision, la logique n’est pas au centre de la démarche philosophique. Les diverses sciences, des mathématiques à la psychologie, sont mises à contribution. Il n’y a pas de hiérarchie, mais un encyclopédisme, visant à inclure toutes les données fournies par la recherche scientifique. À travers l’étude comparée de la conception d’Abel Rey et de celle du Cercle de Vienne, il s’agit d’interroger la possibilité d’une philosophie scientifique.

Anastasios Brenner est professeur de philosophie à l’Université Paul-Valéry Montpellier, chercheur de l’équipe CRISES. Ses travaux portent principalement sur l’histoire de la philosophie des sciences, l’épistémologie historique et les valeurs rationnelles.
Publications
Raison scientifique et valeurs humaines, PUF, 2011.
Les origines françaises de la philosophie des sciences, PUF, 2003.
Duhem, science, réalité et apparence, Vrin, 1990.


Hans-Joachim DAHMS: Mission accomplished? Unified Science and Logical Empiricism. 80 years after the first Paris Congress for Unified Science
The philosophers present at the 1935 Paris Congress accepted a proposal by Charles Morris to found the International Encyclopedia of Unified Science (IEUS). Of course this idea was the child of Otto Neurath who became also its chief editor. Neurath had impressed Morris with a letter from Einstein who seemingly had recommended the project of an Encyclopedia when he wrote that it could fulfill for the present time the role the Grand Enclopedie of d´Alembert and Diderot had played for the French Enlightement. It is the first aim of my paper to test whether that programmatic promise was indeed met by the IEUS when it appeared between 1938 and 1970. I will consider factors as its composition and its intended readership. I come to the conclusion that, even if all the envisaged volumes (including some about the sociology of science and aesthetics) had been delivered, the IEUS would not have fulfilled the function of a tool for enlightenment in difficult times. On the other hand it might have had the "latent" function of opening doors for the Viennese Logical Empiricism in the USA and elsewhere. Since the answer to my first question is largely negative, I will then widen the viewpoint and ask whether Logical Empiricism as a whole perhaps fared better. Here I take the contemporary (1937) polemical criticism by the Francfort Schools head Max Horkheimer and his followers as a starting point. They criticized that the new empiricism had a nihilistic attitude towards history, would destroy, when taken literally, the development of social science, did not differentiate between the essence and the mere appearance of things and had a tendency to "accept" the "given" (in the sense of the social and political status quo). Then I proceed to ask what was indeed progressive and what not in the Movement of Logical Empiricism in its time and what can be forgotten or needs to kept in mind of its teachings today.

Maria Carla GALAVOTTI: The sessions on Induction and Probability at the Paris Congrès and the wider debate on the topic
The "Congrès international de philosophie scientifique" held in Paris in 1935 hosted two sessions, one on "Induction" and one on "Probability", whose proceedings were published in volume IV of the Actes (Actualités Scientifiques et Industrielles, vol. 391, 1936). Leading representatives of the scientific philosophy movement, including Hans Reichenbach, Rudolf Carnap, Bruno de Finetti, Moritz Schlick, Janina Hosiasson and Zygmund Zawirski, read papers at those sessions. I will recall the central features of the debate that took place in Paris on that occasion and discuss them in the wider context of induction and probability in the 1930s and thereafter.

Maria Carla Galavotti is professor of Philosophy of science at the University of Bologna; Research Associate of the Centre for Philosophy of the Natural and Social Sciences of LSE; Life Member of the Center for the Philosophy of Science of the University of Pittsburgh and of Clare Hall College, Cambridge.
Publications
Philosophical Introduction to Probability, Stanford: CSLI, 2005.
Bruno de Finetti, Radical Probabilist, M.C. Galavotti ed., London: College Publications, 2009.
Cambridge and Vienna. Frank P. Ramsey and the Vienna Circle, M.C. Galavotti ed., Dordrecht: Springer, 2006.
Stochastic Causality, M.C. Galavotti, P. Suppes and D. Costantini eds., Stanford: CSLI, 2001.
Probability, Dynamics and Causality. Essays in Honour of Richard C. Jeffrey, D. Costantini and M.C. Galavotti eds., Dordrecht: Kluwer, 1997.


Jean GAYON: La part congrue de la biologie au congrès de 1935
La philosophie des sciences de la vie n'est que très modestement présente dans les huits volumes des actes du congrès international de philosophie scientifique de 1935. Elle apparaît dans le volume II, intitulée "Unité de la science", où elle est représentée par deux communications: une très brève allocution de Philipp Franck, qui explique "l'abîme" entre les sciences physiques et les sciences biologiques par le fait qu'elle ne "parlent pas la même langue", et une communication plus substantielle de Lecomte du Noüy, qui plaide en faveur d'une autonomie de méthode des sciences biologiques. Les deux communications se concentrent en définitive sur la question de savoir dans quelle mesure les sciences physiques et les sciences de la vie ont des contenus et des méthodes commensurables. Nous situerons d'abord ces deux textes dans l'ensemble des contributions du congrès, où il faut bien reconnaître que la part de la philosophie des sciences est congrue, relativement à un ensemble considérable de reflexions portant sur la logique. Nous évaluerons en second lieu leur portée en dressant une cartographie thématique de la philosophie de la biologie des années 1930-1970, en examinant les principales revues spécialisées de philosophie des sciences de l'époque: Erkentniss, Philosophy of Science, Britisch Journal for the Philosophy of Science et Synthese, complétées par un survol des ouvrages les plus importants dans le domaine à cette époque. Nous verrons que ces journaux ont publié un nombre important d'articles touchant à la biologie, et que ces articles ne se limitaient aucunement aux questions du vitalisme et du rapport entre sciences physiques et sciences biologiques. Contrairement à une opinion répandue (légitimement dénoncée par Jason Byron), il est faux qu'il n'y ait pas eu de "philosophie de la biologie" avant les années 1970. Il est aussi faux que la réflexion, quand elle existait, ait été médiocre, et limitée en gros à la question du vitalisme. Le congrès de 1935 ne reflète en fait pas bien le cours des effectif des recherches en Europe et en Amérique de son temps. Il conviendra enfin d'expliquer ce fait, en évaluant dans quelle mesure les contributions significatives des années 1930-40, et plus largement 1930-1970, se situaient dans le spectre des options théoriques du congrès de 1935.

Ls travaux de Jean Gayon, né en 1949, ont principalement porté sur l'histoire de la biologie contemporaine (théorie de l'évolution, génétique, biométrie), la philosophie de la biologie, et l'histoire de la philosophie des sciences. Il est actuellement professeur à l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, membre de l'Institut Universitaire de France, de l'Académie Leopoldina, et de L'Academia Europaea.

Vincent ISRAEL-JOST: Le débat sur les énoncés protocolaires et son influence sur les conceptions contemporaines de l’observation
Dans le débat qui s’est tenu entre les acteurs du Cercle de Vienne autour des énoncés protocolaires, j’aimerais me concentrer sur l’articulation entre deux éléments normatifs qui sont constitutifs d’une théorie de l’observation. Le premier est la place que les énoncés protocolaires occupent dans la connaissance scientifique, ces énoncés ayant au départ été présentés comme étant à l’origine de toute connaissance empirique, dans une perspective fondationnaliste. Le second propose d’établir les circonstances dans lesquelles il y a observation, par exemple en précisant les moyens employés pour accéder à l’objet de l’investigation. En parcourant les débats philosophiques sur le sujet, je propose d’examiner la primauté de l’un de ces aspects sur l’autre et l’influence qu’ont exercé deux grands courants de la philosophie des sciences au XXe siècle, l’empirisme logique et le tournant pratique, sur cette question. Cela me permettra d’aborder le problème suivant: par où faut-il commencer aujourd’hui pour proposer une conception féconde de l’observation scientifique?

Vincent Israel-Jost est docteur en philosophie des sciences. Sa thèse (IHPST, Paris 1 Panthéon-Sorbonne) a porté sur l’observation scientifique dans une perspective à la fois philosophique, normative, et attentive aux pratiques scientifiques, c’est-à-dire descriptive. Un ouvrage tiré de ces travaux sera publié chez Classiques Garnier en 2015. Il a été chercheur en mathématiques appliquées à l’imagerie médicale qui nourrissent ses travaux sur le sujet.

Ansten KLEV: Carnap and the Unity of Science
The thesis of the unity of science was for Carnap the thesis that there is one and only one domain of objects common to all the material sciences. By material sciences (Realwissenschaften) Carnap understood not only the natural sciences, but also the social sciences and the humanities. By the time of the Paris congress Carnap held the relevant domain to be the domain of physics. The thesis of the unity of science was thus the thesis that the objects studied by any material science — not only those studied by chemistry or biology, say, but also those studied by psychology or art history — can be reduced in an appropriate sense to the objects studied by physics. I shall first discuss the opposite view, prevalent in German philosophy at the time, that the domains studied by the natural sciences and those studied by the so-called Geisteswissenschaften are fundamentally different from each other. I shall thereafter consider the motivation for adopting the thesis of the unity of science and the various forms this thesis took in Carnap’s work.

Ansten Klev is a postdoc at the Institute of Philosophy of the Czech Academy of Sciences in Prague. His doctoral dissertation, Categories and Logical Syntax, dealt with the notions of category and type from the point of view of logic.

Mathieu MARION: Louis Rougier, le Cercle de Vienne et le Congrès de Paris
Louis Rougier (1889-1982) fut avec Otto Neurath un des organisateurs du congrès de Paris en 1935, mais il n'est pratiquement jamais mentionné dans la littérature secondaire sur le Cercle de Vienne. Dans cet exposé, je brosserai un tableau de la vie et de l'œuvre de Rougier, en insistant sur son rôle, non négligeable, à l'intérieur du Cercle de Vienne, pour ensuite me concentrer sur certains aspects de sa philosophie, entre autres son conventionnalisme et sa défense du pluralisme logique, qui peuvent expliquer le peu d'intérêt que celle-ci suscita auprès des membres du Cercle. Je discuterai de la réception critique de ses idées par Max Black et Arthur Pap.

Alexandre MONNIN: Le Web-Sémantique entre l'encyclopédisme de Neurath et l'ingénierie philosophique de Carnap
Rudolf Carnap a exercé une influence méconnue sur le développement de disciplines ou de dispositifs participant de la révolution numérique et qui, à des titres divers, poursuivent un projet proche de la philosophie, qu'il s'agisse de l’Intelligence Artificielle, de l’Ingénierie des Connaissances (Knowledge Representation) ou encore du Web Sémantique. Parallèlement, on note que la figure de l'encyclopédie est au cœur de ces différents projets. CYC (pour "enCYClopedia") constitue encore, à ce jour, le plus important projet issu de l’Intelligence Artificielle classique (GOFAI, pour Good Old - Fashioned AI, selon l'expression de John Haugeland), alors qu'au cœur du Web sémantique se niche DBpedia, entrepôt de données issu de Wikipedia. Ce motif encyclopédique appelle une réflexion quant à la complémentarité des perspectives ouvertes par les travaux de Carnap et Neurath, associant la réflexion sur les formalismes, la sociologie des sciences et l'encyclopédisme. Nous tenterons d'exciper de cette complémentarité afin de proposer un programme de recherche apte à rendre compte des transformations de l'ingénierie des connaissances dans le contexte du Web Sémantique et des initiatives prises par Google (en particulier le projet schema.org, piloté par d'anciens chercheurs du projet CYC ou encore le Knowledge Graph).

Roger POUIVET: Kotarbiński et le projet d’une philosophie scientifique
En 1929 paraissaient les Elementy teorii poznania, logiki formalnej i metodologii nauk (Éléments de théorie de la connaissance, logique formelle et méthodologie de la science) de Tadeusz Kotarbiński. C’était un manuel destiné à l’enseignement de la philosophie, un rôle qu’il a joué pendant des dizaines d’années dans plusieurs universités polonaises. Quand en 1966 il est traduit en anglais, le livre prend le titre de Gnosiology, The Scientific Approach to the Theory of Knowledge. Kotarbiński pensait en 1959, lors de sa réédition, que son livre était obsolète en tant que manuel de philosophie. Le terme de "scientifique", dans le titre de l’édition anglaise, semble évoquer le titre du Congrès de philosophie scientifique, à Paris, en 1935. Ce titre n’était pas heureux. Car Kotarbinski a eu du sérieux en philosophie et plus généralement dans le travail intellectuel une conception originale, à comprendre comme une éthique intellectuelle, irréductible au positivisme de certains philosophes des années trente, en particulier à des projets à la fois antimétaphysique et naturaliste.

Roger Pouivet est professeur à l’Université de Lorraine, membre du Laboratoire d’Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Poincaré (CNRS). Ses travaux portent sur l’ontologie de l’art et l’épistémologie des croyances religieuses, et aussi sur la philosophie en Pologne (École de Lvov-Varsovie, Cercle de Cracovie).
Publications
(avec M. Rebuschi) La Philosophie en Pologne 1918-1939, Vrin, Paris, 2006.
Épistémologie des croyances religieuses, Le Cerf, Paris, 2013.


Alan RICHARDSON: Why is a philosopher analytic?, or The Rise of Scientific Philosophy and the Decline of Scientific Philosophy
My paper takes up the question of why the phrase "scientific philosophy" as a way to frame the philosophical project of logical empiricism disappeared so quickly in North America after the Second World War. After all, the phrase was not only the most obvious one to use in framing the project of logical empiricism and had been so used in the reception of it in the 1930s in the USA, but also it had independent currency in the USA. Nevertheless, within five or six years of the end of the war, the term "analytic philosophy" had gained hegemony in the USA and covered a vast array of projects, among them logical empiricism.  It is not even clear what sort of explanation one should give for a phenomenon like this; so my talk is highly programmatic. I discuss some facts on the ground and some possible explanatory avenues.

Alan Richardson is Professor of Philosophy at the University of British Columbia. He is President of the International Society for the History of Philosophy of Science and a member of the Board of Governors of the Philosophy of Science Association.
He is author of Carnap’s Construction of the World (Cambridge UP, 1997) and the co-editor of several volumes on the history of logical empiricism and, most recently, with Flavia Padovani and Jonathan Y. Tsou of Objectivity in Science: New Perspectives from Science and Technology Studies.


Philippe de ROUILHAN: Un dilemme pour la philosophie scientifique de Carnap
Il y a un dilemme dans lequel Carnap se trouve pris à son insu, et auquel, sauf erreur de ma part, ne se sont guère arrêtés les commentateurs. Ce dilemme met en jeu, d’une part, l’idée de langage de la science, et, d’autre part, l’idée de philosophie scientifique, i.e. de la philosophie devenue science, i.e., pour Carnap, de la syntaxe et de la sémantique logiques du langage de la science elles-mêmes devenues sciences. De deux choses l’une. Ou bien le langage de la science, relativement à une étape quelconque de son développement, laisse en dehors de lui la philosophie, mais alors le projet d’une philosophie scientifique reste pour toujours totalement inaccompli; ou bien la philosophie est adoubée "philosophie scientifique", mais alors, ipso facto, le "langage de la science" n’est plus, après cette opération, le "langage de la science" d’avant cette opération. On montrera d’abord qu’il s’agit bien d’un dilemme et l’on se demandera comment Carnap aurait probablement cherché à en sortir s’il s’en était rendu compte. On proposera ensuite une meilleure issue, à laquelle il n’aurait probablement pas pensé. On exploitera finalement cette dernière, au-delà des études carnapiennes, pour évaluer l’idée de philosophie scientifique en général.

Philippe de Rouilhan est directeur de Recherche émérite au CNRS et membre de l’IHPST, qu’il a longtemps dirigé. Ses travaux relèvent de la logique lato sensu. Il travaille actuellement sur la vérité et la conséquence logiques, et en logique hyperintensionnelle. Les quatre titres ci-dessous sont liés au thème de son exposé et ainsi à celui du colloque.
Publications
[1] "Carnap on Logical Consequence for Languages I and II", in Carnap’s Logical Syntax of Language (ed. by P. Wagner), Palgrave Macmillan, 2009, p. 121-146.
[2] "Carnap and the Semantical Explication of Analyticity", in Carnap’s Ideal of Explication and Naturalism (ed. by P. Wagner), Palgrave Macmillan, 2012, p. 144-158.
[3] "In Defense of Logical Universalism: Taking Issue with Jean van Heijenoort", Logica Universalis 6 (2012), p. 553-586.
[4] "Putting Davidson’s Semantic to Work to Solve Frege’s Paradox on Concept and Object", in Unifying the Philosophy of Truth (ed. by D. Achourioti, K. Fujimoto, H. Galinon, and J. Martínez Fernández), Springer, forthcoming.


Philippe de ROUILHAN: A Dilemma for Carnapian Scientific Philosophy
There is a dilemma in which Carnap got caught up without his knowing it, and to which, if I am not mistaken, commentators have hardly turned their attention. This dilemma involves, on the one hand, the idea of language of science, and, on the other hand, the idea of scientific philosophy, i.e., of philosophy turned into a science, i.e., for Carnap, of logical syntax and semantics of the language of science themselves turned into a science. Here is the dilemma. Either the language of science, relative to any stage of its development, leaves philosophy outside of itself, but then the project of scientific philosophy remains for ever totally unaccomplished; or one dubs philosophy a "scientific philosophy", but then, ipso facto, "the language of science", after this operation, is no longer "the language of science" as it was before this operation. First, we shall show that it is a dilemma, and we shall ask, How would Carnap probably have attempted to resolve it, if he had been aware of it? Then, we shall propose a better way out, of which he would probably not have thought. Finally, we shall exploit the latter, beyond Carnapian studies, to judge the idea of scientific philosophy in general.

Philippe de Rouilhan is Directeur de Recherche émérite at the CNRS and a member of the IHPST, of which he was the head for a long time. His works belong to logic lato sensu. He is currently working on truth and logical consequence, and in hyperintensional logic. The four items below, related to the theme of his talk, and so to that of the conference.
Publications
[1] "Carnap on Logical Consequence for Languages I and II", in Carnap’s Logical Syntax of Language (ed. by P. Wagner), Palgrave Macmillan, 2009, p. 121-146.
[2] "Carnap and the Semantical Explication of Analyticity", in Carnap’s Ideal of Explication and Naturalism (ed. by P. Wagner), Palgrave Macmillan, 2012, p. 144-158.
[3] "In Defense of Logical Universalism: Taking Issue with Jean van Heijenoort", Logica Universalis 6 (2012), p. 553-586.
[4] "Putting Davidson’s Semantic to Work to Solve Frege’s Paradox on Concept and Object", in Unifying the Philosophy of Truth (ed. by D. Achourioti, K. Fujimoto, H. Galinon, and J. Martínez Fernández), Springer, forthcoming.


Olivier SCHLAUDT: On the political meaning of "scientific philosophy"
"Scientific philosophy" had at its beginning among its facets not only an empiricist and anti-metaphysical strand, but also a vivid link to social modernism. This aspect of Logical Positivism was present at the 1935 congress in Paris with Walter Hollitscher, Philip Frank, Otto Neurath, and, perhaps, Leon Chwistek. Edgar Zilsel, though not among the congress members at Paris, must absolutely be mentioned. As recent historical studies have shown, Logical Positivism depoliticized in the post-war US and gave rise to the highly formalized but socially and politically disabled philosophy of science that we know today. Don Howard, in a recent article, regrets a philosophy of science which is able to "theorize the social role of science". But if Logical Positivism depoliticized, in how far was it "political" before? How deep had politics their roots in it? I will show that, especially in the work of Edgar Zilsel, it was the political context which gave sense even to the basic notions: science, scientific progress, law, experience etc.

Oliver Schlaudt is associate professor at the philosophy department, University of Heidelberg and member of the Laboratoire d'Histoire des Sciences et de Philosophie - Archives Henri Poincaré, Nancy.
Publications
Louis Couturat, Traité de logique algorithmique, Ed. by Oliver Schlaudt and Mohsen Sakhri, Basel, Birkhäuser, 2011.
"The epistemological thought of Otto Hölder", Philosophia Scientiæ, 17(1) 2014, special issue, Ed. by Paola Cantú and Oliver Schlaudt.
"Hugo Dingler et l'épistémologie pragmatiste en Allemagne", Philosophia Scientiæ, 18(2) 2014, special issue.
"Was ist empirische Wahrheit?", Philosophische Abhandlungen, vol. 107, Frankfurt a.M., V. Klostermann 2014.
Forthcoming: Standardization in Measurement. Philosophical, Historical, and Sociological Issues, Ed. by Lara Huber and Oliver Schlaudt, London, Pickering & Chatto, 2015.


Hourya SINACEUR: Philosophie scientifique: sources et interprétations
La philosophie scientifique française s'est majoritairement développée avant 1940 en accord avec la position de Léon Brunschvicg qui, au témoignage de Georges Canguilhem, "ne laissait passer aucune occasion de dénoncer la mauvaise alliance entre philosophie et système". De quel genre de système s'agissait-il? Quels éléments en étaient tenus pour contraires à la bonne philosophie? Je tâcherai de répondre à ces deux questions et à d'autres subsidiairement.

Antonia SOULEZ: L'épistémologie comme science des styles de pensée (Fleck)
Le regard que porte Fleck sur l’épistémologie (le sens d’Erkenntnis, etc) instruit une sorte de dissidence étonnante dans les années-mêmes où le courant logico-positiviste s’affirme davantage au grand jour, comme on sait, selon diverses orientations d’ailleurs. J’ai l’intention en vertu d’un croisement qui n’eut pas lieu entre Ludwig Fleck et le Cercle de Vienne dans les années 35 du siècle dernier, de ressaisir quelques traits de divergence à partir de certains problèmes qui leur sont communs, ainsi, l’idée (fausse selon lui) qu’il y aurait au "commencement de la connaissance" les sensations, blocs de construction à partir desquels la connaissance s’érige. Le rôle que joua sa critique d’Ernst Mach peut bien expliquer, en dehors de l’histoire de l’Europe dans ces années, cette non-rencontre. Il y a aussi une conception originale de la vision qui, si elle a inspiré le "paradigme" selon Kuhn, rejoindrait plutôt la conception aspectuelle du dernier Wittgenstein.

Michael STÖLTZNER: From scientist-philosophers to philosophers of science
The 1935 Paris congress was the first major meeting between logical empiricists and their European allies. Internationalization was one answer of the movement after the political events in Germany had made it impossible to continue satellite meetings of the annual meetings of German scientists as in 1929 and 1930. But it was also a consequence of a process of discipline formation that had started with the foundation of Erkenntnis in 1930. My paper will understand the Paris congress as a major point of transition within this development that only ended in exile, when after 1945 the discipline of philosophy of science was fully established in the U.S., severing the ties to some of the European traditions that had still been part of the unity conceived in 1935. The transitional character of the 1935 congress becomes clear, on the one side, at the major project launched there, Otto Neurath’s International Encyclopedia of Unified Science that intended a flexible unity to the diverse movements in the characteristic sense previous universal encyclopedias had done under headings, such as "Kultur". On the other hand, the congress also figured a series of methodological deliberations, among them Neurath’s physicalism or Carnap’s proposal to dissolve epistemology into empirical psychology and the logic of science. Such discussions are typical in the process of discipline formation. Moreover, the presence of a large number of practicing scientists testified that discipline formation did not exclude interdisciplinary contacts, thus continuing the role model of the scientist-philosopher that had been highly influential on the scientists within logical empiricism.

Michael Stöltzner has joined the University of South Carolina as an associate professor of philosophy in 2008. He has studied physics and philosophy at Tübingen, Trieste, Vienna, and Bielefeld and held positions at the Universities of Salzburg, Bielefeld and Wuppertal. His main areas of research are philosophy and history of physics and applied mathematics; philosophy of elementary particle physics; core principles of mathematical physics, among them the principle of least action; history of logical empiricism; and the philosophy of applied science, in particular the role of models.

Pierre WAGNER: Carnap, Tarski et le tournant sémantique en 1935
Peu de temps après la publication de la Logische Syntax der Sprache (1934), ouvrage dans lequel il avait exposé une méthode syntaxique d’analyse du langage et défendu l’idée que la logique peut être comprise comme n’étant rien de plus que de la syntaxe, Carnap prit connaissance des travaux de Tarski sur la définition d’un prédicat de vérité et la fondation d’une sémantique scientifique. L’autobiographie intellectuelle de Carnap nous apprend qu’il fut très rapidement convaincu de l’intérêt des travaux de Tarski et, de fait, il adopta bientôt lui-même une méthode sémantique, en complément de la méthode syntaxique qu’il avait développée. On en conclut généralement que Carnap suivit Tarski et qu’il adopta sa méthode. On montrera dans cet exposé qu’il convient de prendre une telle affirmation en un sens très faible et qu’en réalité Carnap s’éloigna rapidement et durablement du point de vue tarskien en sémantique.

Pierre Wagner est professeur à l’UFR de philosophie de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne où il est responsable de la formation en logique des étudiants philosophes. Il est également membre de l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST, Paris).
Publications
Logique et philosophie, Ellipses, 2014.
La logique, Paris, PUF, 2007, 3e éd. 2015.
Carnap’s Ideal of Explication and Naturalism (dir.), Palgrave, 2012.
Carnap’s Logical Syntax of Language (dir.), Palgrave, 2009.


Jan WOLEŃSKI: On Controversy on Semantics at the Paris Congress 1935
Tarski works in the early 1930s laid foundations for modern formal semantics. Semantic studies were earlier conducted informally and as something very preparatory for logic (Frege, Russell, Hilbert). Moreover, the fear of paradoxes, like the Liar antinomy,  essentially stopped more advanced and systematic semantic investigations. Due to Tarski’s contact with the Vienna Circle some Viennese philosophers, particularly, Carnap and Popper, enthusiastically welcomed Tarski’s theory of truth. Also it became evident that semantic ideas were behind Gödel’s celebrated incompleteness results. Carnap planned a special discussion about semantics at the Paris Congress in 1935. He asked Tarski to contribute but the latter was skeptical. Finally, Tarski greed and delivered two talks in Paris: "The Establishment of Scientific Semantics" and "On the Concept of Logical Consequence"; both talks were delivered in German.  Maria Kokoszyńska-Lutman, another Polish philosopher, was involved in discussions on semantics in the Paris Congress.
Carnap was sure that semantic ideas could contribute to an extension of scientific philosophy in the spirit of the Vienna Circle. To his surprise, some philosophers being logical empiricists or sympathetic with its claims, expressed strong opposition against semantics. Neurath afraid that semantics would introduce metaphysics into philosophy, but Naess preferred empirical semantic investigations. The quarrel between Carnap and Neurath concerning semantics continued in subsequent years and the latter did not change his skepticism. Alfred J. Ayer in his recollections about the Paris Congress, called Tarski’s mentioned talks as the highlight of the entire event. He was right looking at the issue from the contemporary perspective.

Jan Woleński, professor-emeritus, Jagiellonian University, Kraków, Poland, professor University of Information, Technology and Management, Rzeszow, Poland. Interests: logic, epistemology.
Publications
Logic and Philosophy in the Lvov-Warsaw School (1989), French tr., 2011.
Essays in the History of Logic and Logical Philosophy, 1999.
Essays in Logic and Its Applications in Philosophy, 2011.
Philosophico-Historical Essays, 2012.


Gereon WOLTERS: "Wrongful Life". Logico-Empiricism's Philosophy of Biology: Prague (1934) – Paris (1935) – Copenhagen (1936)
Logico-empiricist philosophy of biology is a case of  "wrongful life". After conceiving philosophy of biology logical empiricism did almost everything to prevent it from becoming a healthy subdiscipline of the philosophy of science. Right from its birth logico-empiricist philosophy of biology was a defective child and it has remained so until the late sixties when antipositivistic tort-for-wrongful-life thinking together with other developments set a new philosophical stage for biology. In my view the major congenital defects of logical empiricism's philosophy of biology are: (1) the wrong people who dealt with it; (2) the wrong general ("ideological") framework, they worked in, and consequently (3) the wrong questions they asked. In my talk I will document this assessment with particular respect to the conferences of Prague, Paris and Copenhagen.

Avec le soutien
de l'Institut d'Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (Université Paris 1 - CNRS-ENS),
de l'Université de Paris 1 - Panthéon Sorbonne,
de HYPOTHESES (Programme ANR DFG),
de Mathematics: Objectivity by representation (MATHOBRE; Programme ANR-DFG)

et de l'Université de Lorraine - Archives Henri Poincaré