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DU LUNDI 12 JUILLET (19 H) AU LUNDI 19 JUILLET
(14 H) 2010
POÉSIE ET POLITIQUE AU XXème
SIÈCLE
DIRECTION : Henri BÉHAR, Pierre TAMINIAUX
ARGUMENT :
Ce colloque repose sur le désir d’éclairer
d’un jour nouveau les rapports de la poésie
de langue française du XXe siècle aux
grands événements historiques et politiques
qui ont traversé et à bien des égards
défini ce siècle souvent tragique et
tourmenté, du communisme au fascisme en passant par
le colonialisme. Il tentera en particulier d’offrir des
perspectives plus actuelles et détachées
des simples circonstances de l’époque sur ces rapports
afin de mieux cerner le caractère éternel
et universel des questions éthiques et philosophiques
qu’ils suscitent.
Il s’agira de mettre en question une conception traditionnelle
et trop commune de la poésie comme simple
expression esthétique et formelle de l’homme
et de son langage. À travers l’étude de
mouvements modernistes essentiels, de dada au surréalisme
en passant par le lettrisme, il importera ainsi de souligner
l’importance déterminante de l’engagement du
poète dans la communauté, et non de la poésie.
Celle-ci s’y est-elle compromise à jamais?
Les rapports étroits et complexes de personnalités
telles que Tristan Tzara, André Breton, Paul
Eluard, Benjamin Péret, Robert Desnos, Louis
Aragon pour le dadaïsme et le surréalisme,
ou de Christian Dotremont, pour Cobra, à l’idée
de révolution envisagée dans sa détermination
poétique seront considérés comme
des exemples fondamentaux permettant de nourrir et de développer
notre problématique. Ne seront pas oubliés
non plus le parcours original de figures singulières,
de René Char à Francis Ponge en passant par Aimé
Césaire, qui ont accompagné de manière radicale
et existentielle les actions de la résistance à
l’occupation nazie ou la lutte des peuples du tiers-monde pour leur
indépendance ni l’utilisation politique de la poésie
moderne par le mouvement de mai 68, ni les possibilités
d’expression subversive offertes par l’avant-garde de l’Internationale
lettriste.
Le poète, en ce sens, doit être saisi
comme un citoyen et un homme du monde, pleinement impliqué
dans la réalité et dans ses combats. La conception dominante
de la "littérature engagée",
en effet, s’est échafaudée au XXe siècle
à partir de l’existentialisme sartrien, et
donc de genres littéraires tels que le roman,
le théâtre ou l’essai. Nous voudrions insister
ici sur le fait que la poésie moderne, dans son cheminement
propre, fut aussi le symbole vivant d’une littérature
engagée en sa totalité. En ce sens, elle
réussit à se dégager à
la fois de l’ombre de Baudelaire, soit d’une conception surtout
esthétique et sensible de la poésie, et de
celle de Mallarmé, soit d’une conception abstraite du
langage poétique née de la spéculation
conceptuelle et du monde des idées. En conclusion,
cette décade devrait offrir des modes originaux d’interprétation
du politique, dans la mesure où celui-ci a été
abordé prioritairement au XXe siècle sous ses aspects
idéologiques et doctrinaires, ou alors dans la société
contemporaine, sous ses aspects pratiques et utilitaristes.
En d’autres termes, l’étude des rapports du poète
à la Cité (à la Polis) implique nécessairement
un processus soutenu de poétisation du politique.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Lundi 12 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des
participants
Mardi 13 juillet
Surréalisme / Post-surréalisme
Matin:
Henri BÉHAR & Pierre TAMINIAUX:
Introduction
Pierre TAMINIAUX: Tristan Tzara, les Manifestes comme gestes
poétiques
Après-midi:
Carole
REYNAUD PALIGOT: La poésie surréaliste
entre révolte et révolution
Laure MICHEL:
Politique du poème chez René Char
Mercredi 14 juillet
Surréalisme / Post-surréalisme
Matin:
Christophe REIG: Oulipoli-tiques
David CHRISTOFFEL:
L'anti-démagogisme poétique: de la revue Proverbe
à nos jours?
Virginie
POUZET-DUZER: En mangeant Rosa ou la poétique
anthropophage de Benjamin Péret
Après-midi:
Misao HARADA:
Exprimer autrement le politique chez André Breton en
dehors des écrits s'y référant
explicitement
Effie RENTZOU:
Au-delà de l'(inter)national: le surréalisme
et le "monde" en métonymie
Brisa GÓMEZ-ANGEL:
La voix solidaire à l’Espagne de Paul Eluard
Soirée:
Projection du film Le Crime de Monsieur Lange
Jeudi 15 juillet
Journée:
DÉTENTE
Soirée:
Christian
PRIGENT: "Légendes du politique" (lecture et entretien
avec Bénédicte GORRILLOT)
Vendredi 16 juillet
Résistances / Révolutions /
Subversions
Matin:
Bénédicte
GORRILLOT: Christian Prigent: pour une écriture
politique?
Jérôme
DUWA: A quoi bon des poètes en temps de liesse
révolutionnaire? L'événement
68
Delphine RUMEAU:
Gaston Miron, "l'amour et le militant"
Après-midi:
Jean-Pierre ZUBIATE: Engagement et poésie: vers l'invention
du sujet relatif
Pascal SIGODA: Francis
Ponge (1899/1988) ou les écrits comme espace
spirituel de la nation
Samedi 17 juillet
Matin:
Résistances / Révolutions /
Subversions
Yves-Marie
BOUILLON: Poètes en guerre totale: quels espaces
pour penser la haine?
Jean-Claude
MARCEAU: Repoétiser la vie: Raoul Vaneigem où
la subversion affinée du Libre-Esprit
Martin KOUADIO: "La tragédie du roi Christophe" et
les discours d'Aimé Césaire. Rupture et continuité
ou la dialectique de la libération
Après-midi:
Espaces périphériques
Catherine
CHOMARAT-RUIZ: Sous l'influence des poètes:
rhétorique d'un paysagiste à l'usage
du politique
Alessandra MARANGONI:
Unanimisme de Jules Romains et du premier Jouve. Politique
et mystique
Dimanche 18 juillet
Altérités culturelles / Francophonies
Matin:
Marie-Edith LENOBLE:
Frankétienne, la politique de la Spirale
Sophie
BASTIEN: La poésie québécoise,
de l'automatisme au féminisme: 25 ans de revendication
Après-midi:
Fadi KHODR: De
la circonstance politique à la circonférence
poét(h)ique
Jean-Clarence LAMBERT: Entretien avec Pierre
Taminiaux autour des "Armes Parlantes", 1968-1975
Soirée:
Jean-Clarence
LAMBERT: "L'anti-légende des siècles". Projection
de X-Alta
Lecture-Spectacle, par Fred WALLICH
Lundi 19 juillet
Matin:
Henri BÉHAR & Pierre TAMINIAUX:
Conclusions du colloque
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Sophie
BASTIEN: La poésie québécoise,
de l'automatisme au féminisme: 25 ans de revendication
Notre communication
se penchera sur la poésie québécoise
dans ses rapports avec le politique et la société.
Il est une période où ces rapports s’avèrent
particulièrement vigoureux: elle délimitera
notre corpus, que nous étudierons selon un
parcours chronologique. Elle démarre en 1948 avec la
publication du Refus global et s’étend jusqu’aux
années soixante-dix. S’y trouvent notamment la
révolte du poète automatiste Claude Gauvreau,
"la poésie du pays", courant proprement engagé
qui exprime l’affirmation nationaliste, ses dérivés
dans le domaine plus populaire de la chanson, "La Nuit
de la poésie", événement extraordinairement
rassembleur qui en constitue une espèce de couronnement,
et l’écriture féministe, qui s’est taillée
une place non moins pertinente en regard de l’évolution
sociale. Notre synthèse analytique ne manquera pas de
souligner le caractère visionnaire de la poésie
revendicatrice au Québec. Celle-ci ressortira comme
une occasion où le genre poétique devance les autres
genres littéraires traditionnels que sont le roman et
le théâtre.
Yves-Marie
BOUILLON: Poètes en guerre totale: quels
espaces pour penser la haine?
Terreur et pitié,
relevant des genres de l'angoisse et de l'amour,
sont dits, voire élaborés au sens psychanalytique
du terme, par les poètes de la Grande Guerre. Qu'en
est-il de la haine? Nous proposons que la haine soit un
affect peu élaboré en poésie durant la Grande
Guerre du fait du genre lyrique, dont Freud note qu'il
relève de l'exaltation narcissique des sens "comme
en son temps la danse". L'analyse de quelques vers de
Il y a, (G. Apollinaire, Calligrammes,
1918) et de La jeune Parque (P. Valéry, 1917)
nuancera ce propos. La haine peut parfois être pensée,
mais la censure, individuelle et collective, inconsciente
ou consciente, en sélectionne alors les objets. L'ambiguïté
de certains vers manifeste la complexité des affects mêlés
dans les mouvements desquels, parfois, reste place libre
pour penser.
Références
bibliographiques :
Apollinaire G.,
(1918), Calligrammes, in Œuvres complètes,
Paris, Balland et Lecat, 1966, pp. 260, 261.
Apollinaire G.,
(1952), Lettre du 30 septembre 1915, in
Lettres à Madeleine, Paris, Gallimard,
2005, pp. 232-234.
Freud S., (1905/1906,
1ère éd. 1942), Personnages psychopathiques
à la scène, in Résultats,
idées, problèmes, Paris, P.U.F., 1984,
pp. 123-129.
Valéry
P., (1917), La Jeune Parque, Paris, Gallimard,
1992.
Catherine
CHOMARAT-RUIZ: Sous l'influence des poètes:
rhétorique d'un paysagiste à l'usage
du politique
Les figures de poètes
français pris dans les grands moments de l’histoire
sont plutôt bien connues. Mais, alors même que
le paysagiste Bernard Lassus cite Le Parti pris des choses
dans ses textes, on connaît moins bien le rôle que
Francis Ponge a pu jouer dans le processus de conception, les
réalisations de parcs, les aménagements d’aires d’autoroutes,
la réhabilitation de grands ensembles qui répondent
à une commande publique, c’est-à-dire politique.
Au-delà de cet exemple, c’est cet impact du poète
sur le politique que nous nous proposons de cerner, en nous appuyant
sur l’œuvre écrite et les créations paysagères
de Bernard Lassus. Peut-on penser qu’il y a réellement
influence, c’est-à-dire une forme de fidélité
entre citation, projet de paysage et réalisation paysagère
dans l’espace public? Ou doit-on envisager que ces emprunts constituent
autant de détournements légitimant une réponse
à une commande? Nous voudrions examiner l’hypothèse
qu’il y a place pour une sorte de médiation entre poètes
et politique qui ressortit au paysagiste, une rhétorique textuelle
et graphique dont nous souhaiterions mettre en lumière quelques
figures, tours et détours ou, comme le disait Jean Paulhan,
quelques fleurs.
Références
bibliographiques :
Chomarat-Ruiz, Catherine,
"Qu’est-ce que les jardiniers, les paysagistes et
les artistes nous transmettent du paysage?", dans Les
cahiers Jean Hubert, n°3, Lyon, éditions,
Lieux-dits, 2009.
Chomarat-Ruiz, Catherine,
"La critique de paysage peut-elle être scientifique?",
dans Projets de paysage, décembre 2008,
(http://www.projetsdepaysage.fr).
De Chazal, Malcom, Sens
Plastique, Paris, Gallimard, 1948.
Donadieu, Pierre, "Le
paysage peut-il être extensif? Ou le double
jeu des espaces de nature", dans Les dossiers de l’environnement,
n°16, INRA, 1988 (http://www.inra.fr/dpenv/do16.htm).
Donadieu, Pierre, Les
paysagistes, ou les métamorphoses du jardinier,
Arles, Actes sud / ENSP, 2009.
Lassus, Bernard, Couleur,
lumière...paysage, Instants d’une pédagogie,
Paris, Momum, éditions du Patrimoine, 2004.
Merleau-Ponty, Maurice,
Phénoménologie de la perception,
Paris, Gallimard, Bibliothèque des idées,
1945.
Ponge, Francis, Le
Partis pris des choses, Paris, Gallimard, 1942.
Sartre, Jean-Paul, "L’homme
et les choses", dans Situations I, Paris,
Gallimard, 1944.
David
CHRISTOFFEL: L'anti-démagogisme poétique:
quel pont entre la revue Proverbe à nos
jours
Dans la
revue Proverbe et dans les recueils
respectifs de Paul Eluard et Tristan Tzara, le
poète installe son activité avec la voix du
peuple et jamais très loin d'elle. Sur la base d'un
trouble dans l'énonciation, le sujet de la poésie
se trouve ainsi confronté à l'anti-sujétion
de la parole, aux troubles du langage qu'il lui faut pour
cela créer. De ce constat d'anti-démagogisme
poétique, nous chercherons à pointer combien
cette dimension de la poésie est restée essentielle
tout en étant devenue implaidable, pour preuve une
réception des poésies contemporaines des plus
ambivalentes, qui exhorte les voluptés formelles (sensualités
des rythmes, insolences dans le maniement des nouveaux idiomes...),
en soulignant une force critique à distance, dressant
implicitement un procès en suffisance, qui accuse
la poésie sans le dire d'une incapacité politique endémique.
Références
bibliographiques :
"Poésie
rock, aller simple", L'Esprit créateur,
Volume 49, n°2, The John Hopkins University
Press, 2009, p. 147-162.
"Poésie,
photocopie et pas travaillisme", Littérature
& écologie. Vers une écopoétique,
La Féret Saint-Aubin, Éditions Syllepse,
Ecologie & Politique n°36, 2008, p. 99-114.
"Blancs
à corroborer moins flottent", Doc(k)s
série 4, n°1/2/3/4, Ajaccio, 2006, p.
324-334.
"Ironies
de l’enthousiasme", L’ironie aujourd’hui :
Lectures d’un discours oblique, Clermont-Ferrand,
Presses universitaires Blaise Pascal, 2006, p.
269-280.
"Discrètes
actualités du poème simultan", Cahiers
H « Dada circuit total »,
Paris, Éditions l’Âge d’Homme, 2005, p.
464-471.
"Opéra
et pas-opéras de Tarkos", Formes
et antiformes dans la poésie de la deuxième
moitié du XXe siècle, Bologne, Revue des
Littératures de l’Union Européenne n°2,
2005, p. 65-78.
Jérôme
DUWA: A quoi bon des poètes en temps
de liesse révolutionnaire? L'événement
68
La question
qu'on souhaite poser pourrait être formulée
de manière lapidaire: comment traverser lyriquement
l'année 68? Et aussi: une écriture poétique
résulte-t-elle de la commotion de l'événement
considéré dans sa réverbération
internationale? Pour reprendre l'examen de cette
interrogation, le poste d'observation privilégié
sera celui du groupe surréaliste parisien autour de Jean
Schuster, qui écrit au début de l'année
1968 ses Développements sur l'infra-réalisme
de Matta inspirés de l'expérience
cubaine. Dans la proximité du groupe, il sera en outre
significatif de suivre la trajectoire parallèle
de deux poètes de générations différentes
qui ont également fait le voyage cubain et qui
ont traversé diversement l'histoire du mouvement surréaliste
en se plaçant délibérément
sur ses marges: Michel Leiris et Alain Jouffroy.
Référence
bibliographique :
Jérôme
Duwa, 1968, Année surréaliste.
Cuba, Prague, Paris, Imec éditeur, coll. "Pièces
d'archives", 2008.
Brisa GÓMEZ-ANGEL:
La voix solidaire à l’Espagne de Paul Eluard
Paul Eluard incarne l’homme-poète-citoyen du monde
par antonomase, les pieds fortement ancrés sur la terre
et la voix portante, couvrant la mêlée des luttes fratricides.
Cette voix ne s’est point éteinte, elle continue de vibrer
et d’asséner des vérités qui ont toujours cours.
Notre étude s’attache à déceler tous les aspects
de la poétique éluardienne sensibles au drame qui se
joue en Espagne à partir de 1936; à découvrir
également combien la poétique d’Eluard est en accord
avec son positionnement vital et ses déclarations de principes;
à percevoir aussi dans cette poétique ses échos d’universalité.
Mais au-delà de la poésie de lutte pour "le bonheur des
hommes" et des poèmes de combattant en butte aux circonstances,
c’est la quête des grands universaux du langage, clé de
la communication et de l’existence des hommes que Paul Eluard nous lègue
comme il le formule dans sa conférence d’août 1937 "Physique
de la poésie": "Le langage est un fait social, mais peut-on espérer
qu’un jour le dessin, comme le langage, comme l’écriture, le
deviendra et qu’avec eux il passera du social, à l’universel?
Tous les hommes communiqueront par la vision qu’ils auront des choses
et cette vision des choses leur servira à exprimer ce qui leur
est commun, à eux, aux choses, à eux comme aux choses, aux
choses comme à eux. Ce jour-là, la véritable voyance
aura intégré l’univers à l’homme — c'est-à-dire
l’homme à l’univers".
Bénédicte
GORRILLOT: Christian Prigent: pour une écriture
politique?
Parler de Christian Prigent
exige la nuance: l’écrivain a commencé à
exister comme fondateur et directeur de la revue d’avant-garde
TXT (1969-1993). Mais ce nom propre existe aussi hors
de "TXT", surtout après l’acceptation des livres de l’auteur
par la renommée maison d’édition POL (en 1989)
et après la dissolution de la revue, en 1993. Depuis quelque
temps, l’écrivain s’efforce d’ailleurs d’habituer son lectorat
à émanciper sa production littéraire du label
"TXT". Pourtant ce travail d’émancipation ne peut masquer
l’importance cruciale des années TXT, remarquables
par l’étroite intrication de la poétique et de la
politique. Dans "Fonctions d’une revue", ce long manifeste, signé
"TXT", en réalité en majeure partie rédigé
par C. Prigent, et paru dans le n°5 de 1972, on peut lire: "la littérature
et l’art sont subordonnés à la politique, mais ils
exercent à leur tour une grande influence sur elle" (Mao Tsé
Toung, 23 mai 1942). Le texte se clôt sur ces mots: "Notre pratique
est et sera militante, de liaison aux masses et de diffusion des idées
révolutionnaires. Notre pratique est et sera d’alliance en
vue sans équivoque d’un "front uni dans le travail culturel".
Notre pratique est et sera de production d’analyses et de fictions,
dans le langage; notre pratique est et sera d’écriture dans la
lutte politique... Dans la tâche révolutionnaire que nous
assigne l’histoire, la lutte pour la démocratie joue le rôle
principal, essentiel" (Mao Tsé Toung, 7 mai 1937) (Ibid.).
Qu’a signifié exactement cette réciprocité d’action
du littéraire et du politique? Comment s’est réalisé
ce désir (cet idéal, sic!) d’une écriture politique?
A-ce été par le transfert métaphorique de la
violence et de l’agressivité révolutionnaires dans
la stylistique "TXT"? A-ce été par la convocation des
"conflits politiques, sociaux et économiques" au centre de
la matière poétique, comme "objet" des fictions? Ou
a-ce été par la diffusion des credos marxistes (conception
dialectique et déterministe du sujet, lutte des classes) dans
les mêmes fictions ou dans les essais théoriques? La
question se pose aussi de mesurer jusqu’où les défenseurs
de cette politique d’écriture (politisée) ont tenu
leur pari militant. Leurs fictions personnelles, publiées
hors de la revue TXT, ont–elles parlé des conflits sociaux
brûlants? Ont-elles engagé le poète, et pas seulement
la poésie, dans l’actualité politique? Mais qu’est devenue
cette collusion du poétique et du politique, après la
Pérestroïka, après la découverte des horreurs
du stalinisme et du maoïsme? Quel sens a gardé cette pratique
poétique politisée, c’est-à-dire combative et
provocatrice, après la chute du mur de Berlin en 1989, quand ont
disparu les antagonismes Est/Ouest et le mythe idéalisé
d’un continent politique rouge sachant résister à la perversion
bourgeoise, libérale, de l’Ouest? Dans le dernier numéro
de la revue TXT, de 1993, son directeur a avoué une "grave
crise de sens", un "vide", peut-être autant politique que littéraire.
Notre communication tentera de répondre à ces interrogations.
Misao HARADA:
Exprimer autrement le politique chez André Breton
en dehors des écrits s'y référant
explicitement
Les écrits d’André
Breton jalonnant le cheminement politique du surréalisme
offrent une matière à la fois riche et controversée
pour l’étude du rapport qu’entretiennent poésie
et politique. Cependant le surréalisme s’étant
proposé de "changer la vie" et même de "transformer le
monde", la conscience politique, essence même du mouvement
surréaliste, s’est manifestée, sans hésiter
sur les moyens d’expressions, c’est-à-dire ailleurs
que dans les textes se référant explicitement
au politique. C’est précisément à ces manifestations
autres du politique dans l’œuvre d’André Breton que
nous nous intéresserons, plus discrètes et plus
insidieuses peut-être, mais tout aussi révélatrices
de son engagement, afin de montrer les moyens poétiques
qu’il mit en œuvre pour doter ses écrits d’une dimension
politique.
Références
bibliographiques :
Misao HARADA, "André
Breton et l’‘illustration photographique’ -- découverte
d’un médium", Etudes de langue et littérature
françaises, n°64, mars 1994, pp. 146-159.
Misao HARADA, "André
Breton ou la visée didactique", Etudes de
langue et littérature françaises, n°72,
mars 1998, pp. 116-127.
Misao HARADA, "Regard
et fantasme: quelques réflexions sur la théâtralité
bretonienne", MÉLUSINE, Cahiers du Centre de
Recherche sur le Surréalisme, nºXIX, décembre
1999, pp. 297-304.
Misao HARADA, "Notes
sur ‘car’ dans Les Chants de Maldoror", Cahiers
Lautréamont: "Lautréamont au Japon ou Les
Chants de Maldoror et la culture d’après-guerre",
livraisons LII et LIII, décembre 2000, pp. 95-100.
Misao HARADA, "L’‘Humour
(noir)’ et Lautréamont", Maldoror, hier
et aujourd’hui, Actes du sixième colloque international
sur Lautréamont (Cahiers Lautréamont),
livraisons LXIII et LXIV, juillet 2003, pp. 281-288.
Fadi KHODR: De la circonstance
politique à la circonférence poét(h)ique
Le poète tente de rendre le
monde habitable par le biais de la quête d'une parole
salvatrice au-delà du "politiquement correct". Dans son
analyse de la "poétique politique dans Châtiments"
de Victor Hugo, Henri Meschonnic souligne le rapport de la dénonciation
à l'énonciation tout en insistant que le "poétique
est intrinsèquement politique" et que le poète
réécrit l'histoire. Aussi, l'étude du
rapport entre poésie et politique gagnerait-elle à
préciser ce qu'on entend par "politique". A prendre le
mot au sens étroit du terme, l'on tombe dans l'idéologique
et la simple circonstance. Mais si l'on élargit l'acception
du terme jusqu'au choix de lutter en poète, la perspective
changera et l'on se trouvera dans une circonférence dont
le centre pourrait être parfois l'événement
politique vu ou vécu. Dans ce sillage, le poétique
se lie obligatoirement d'une éthique et se lit probablement
de même comme une esthétique. Nous nous proposons de revenir
sur ces points en ayant recours à l'analyse des poèmes
politiques de Georges Henein (1914-1973) qui fut l'un des piliers du
mouvement surréaliste en Egypte et eut des liens amicaux
avec des poètes français. Nous nous intéresserons
notamment à sa critique du langagement de l'engagement de
Louis Aragon. Ce qui nous permettra d'établir un parallèle
entre les deux poètes et d'évoquer, en guise d'ouverture,
certaines voix poétiques contemporaines qui exprimaient (dans
les trois dernières décennies) le politique implicitement
via la violence faite à et dans la parole.
Jean-Clarence LAMBERT: "L'anti-légende des
siècles". Projection de X-Alta
Dans le DVD X-Alta (qui correspond à
mon récent recueil du même titre, Galilée), je
lis L'ANTI LEGENDE DU SIECLE, poème qui clôt le
cycle mytho-politique de mes écrits avant et après Mai
68. Le cycle comprend: BRIS/COLLAGE/K (l'assassinat de Kennedy
comme meurtre rituel dans une société de la Mère),
"rêve collectif" créé au Studio des Champs Elysées,
Biennale de Paris, octobre 67, puis au Festival de Barcelone; STALINADE
/ TRAGEDIE BOUFFE, (ubuification du Petit Père des Peuples)
créée au Festival de Rotterdam dans une traduction de Hugo
Claus (juin 71) et publiée avec les illustrations de ERRO (Somogy,
1997); les deux suites de poèmes Langue de bois et Contre
actualités dans mon recueil de 1976 LES ARMES PARLANTES
(Belfone). "Mon projet? Affronter l'histoire contemporaine pour faire
apparaître les forces obscures qui sont à l'œuvre, pratiquer
une façon d'exorcisme. Dans un éclat de rire, donner congé
au passé..." (préface à Stalinade).
Marie-Edith LENOBLE: Frankétienne,
la politique de la Spirale
Mouvement qui fera date dans l’histoire
littéraire haïtienne, le spiralisme est né
en 1965, dans un contexte de grande tension politique: François
Duvalier vient de se proclamer "Président à vie".
Frankétienne, avec Jean-Claude Fignolé et René
Philoctète, pose les bases de ce "mouvement spiralisme" qui
se donne pour objectif de donner une voix aux "non-alignés",
tout en soutenant les mouvements révolutionnaires anti-impérialistes
et anti-coloniaux... Le spiralisme est pensé, dès
l’origine, en opposition à une lignée bourgeoise du
roman haïtien. Entre poésie, roman et théâtre,
il tente de construire un genre nouveau, en adéquation avec
les évolutions (scientifiques, politiques, philosophiques)
du XXe siècle. Frankétienne s’attachera dès lors
à creuser l’esthétique de la spirale, une esthétique
qui cherche à capter le mouvement de la vie, à approfondir
la dialectique de Friedrich Engels, à faire corps avec le chaos
du monde.
Alessandra MARANGONI: Unanimisme
de Jules Romains et du premier Jouve. Politique
et mystique
Cette comunication étudiera deux
phénomènes: la révélation unanimiste
selon Jules Romains et son ami Georges Chennevière, et
la manière dont elle progresse d’un élan collectif
et quasi religieux vers le plaidoyer politique d’Europe (Romains,
1916), vers l’engagement social des "Fêtes du peuple" (Chennevière,
L’Humanité, 1919-1924); en même temps
et parallèlement, comment Pierre-Jean Jouve, un poète
ensuite marqué par un individualisme extrême et
déclaré, peut sentir la fascination des foules unanimes
et engager sa parole de poète Contre le grand crime
(1916) de la première guerre mondiale.
Jean-Claude
MARCEAU: Repoétiser la vie: Raoul Vaneigem
où la subversion affinée du Libre-Esprit
"La
poésie est l’acte qui engendre des réalités
nouvelles. Elle est l’accomplissement de la théorie
radicale, le geste révolutionnaire par excellence".
Raoul Vaneigem:
Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes
générations
La pensée
de Vaneigem incarne cet esprit d’insoumission face
aux dogmes comme aux pouvoirs séculaires, dont il
a si bien su déceler l’émergence au sein de
l’Eglise à travers son analyse du mouvement du Libre-Esprit.
Œuvre d’utopie, la révolution à venir pour Vaneigem
passe par cette subversion de l’écriture propre à
nous réconcilier avec la vie. Vaneigem a beaucoup inspiré
les slogans et les graffitis de 68, attisant les critiques d’une
psychanalyse prompte à rejoindre le lit du conservatisme
social, comme les surréalistes l’avaient déjà
dénoncé dans les années 30. Promu sur le devant
de la scène, le thème de la jouissance allait cependant
devenir le moteur d’un renouveau de la pensée psychanalytique
avec Lacan. Pensée de la marge, l’œuvre de Vaneigem semble
bien illustrer cette politique du minoritaire décrite
par Gilles Deleuze, politique de création plus que de résistance,
qui n’est pas repli frileux sur un communautarisme — idéologique,
sexuel ou religieux — mais ouverture sur des potentialités,
des altérités et des devenirs.
Références
bibliographiques :
Unica Zürn
et l'Homme Jasmin: le dit-schizophrène,
Paris, L'Harmattan.
Roland Kuhn,
Ecrits sur l'analyse existentielle. Textes
réunis et présentés par Jean-Claude
Marceau, Paris, L'Harmattan.
Laure MICHEL:
Politique du poème chez René Char
Jusqu’aux lendemains
de la guerre, poésie et politique se situent
chez René Char sur des plans distincts et indissociables.
Dans les années trente, membre du groupe surréaliste,
Char défend l’idée d’un lien nécessaire
entre la révolution poétique et l’engagement
de la personne du poète. Sa participation à la Résistance
se situe dans le prolongement de cette corrélation,
même si elle l’inverse: l’action, devenue première,
réclame l’inconnu du poème pour s’accomplir. Les
déceptions de l’après-guerre entraînent le
retrait de l’homme public. C’est dans la seule écriture
poétique que se joue alors, indirectement le plus souvent,
la relation du poète à la Cité, sur un mode
qui se distingue aussi bien de la poésie engagée à
la manière d’Aragon que de la subversion politico-textuelle
des avant-gardes. Il s’agira de s’interroger sur les formes de la
"politique du poème" (Rancière) mise en œuvre par Char
des années cinquante aux années quatre-vingt.
Virginie POUZET-DUZER:
"En mangeant Rosa" ou la poétique anthropophage
de Benjamin Péret
Benjamin Péret qui
incarna, selon les mots de Pierre Naville, "le Surréalisme
éternel", n'eut de cesse de vouloir tirer de la banalité
du réel de quoi changer sinon transcender ce dernier. Dans
un monde où tant d'êtres meurent de faim, évoquer,
ainsi que Péret le fait, une perpétuelle
et ludique abondance de nourriture s'avère possible politisation
de la poésie. Mais comment déchiffrer, au cœur
des poèmes, ces oreilles et autres Rosa mangées?
On sait que, de 1929 à 1931, Benjamin Péret participa
à l'avant-garde brésilienne, contribuant même
à la Revista de Antropofagia fondée par
Oswald de Andrade. Aussi, nous proposons-nous de montrer que l'anthropophagie
est pour Péret poétisation du politique: le
processus fonctionne de manière idéalement dialectique
et permet cette merveilleuse et parfaite fusion instantanée
des différences que le poète nommait "amour
sublime". Via Péret, c'est aussi la facette anthropophage
sinon cannibale du Surréalisme et de ses proches alentours
que nous interrogerons, revenant sur le Manifeste Cannibale
et la revue Cannibale de 1920, la question des cadavres
exquis, ainsi que le Festin Cannibale de Meret Oppenheim
de 1959.
Références
bibliographiques :
Abreu, Leonor, "Le Poétique
et le politique chez Benjamin Péret", Cahiers
Internationaux de Symbolisme, 89.91 (1998), pp. 155-68.
Costich, Julia F, The Poetry
of Change: A Study of the surrealist works of Benjamin
Péret, Chappel Hill, North Carolina Studies,
1979.
Ginway, M. Elizabeth. "Surrealist
Benjamin Péret and Brazilian Modernism", Hispania,
75.3 (Sept 1992), pp. 543-53.
Matthews, J.H., Benjamin
Péret, Boston, Twayne Publishers, 1975.
Péret, Benjamin, Œuvres
Complètes (Tome 1-7), Paris, Le Terrain Vague/José
Corti, 1971-1995.
Christian
PRIGENT: "Légendes du politique"
Christian Prigent
fera une lecture (de textes essentiellement extraits
de Demain je meurs, POL, 2007), suivie d'un entretien
avec Bénédicte Gorrillot, sur l'évolution
du rapport littérature/politique dans son travail
et une réflexion, entre l'époque des "avant-gardes"
(TXT) et ses plus récents ouvrages.
Effie RENTZOU: Au-delà de l'(inter)national:
le surréalisme et le "monde" en métonymie
Au sein d’une période historique pendant
laquelle le nationalisme faisait rage, les surréalistes
se sont tournés vers la sphère internationale afin
de neutraliser le discours, l’idéologie et l’imaginaire de
la nation. Cette orientation est le plus souvent discutée en
termes d’internationalisme, inspiré et calqué sur l’internationalisme
politique. Cependant, ce modèle internationaliste n’était
pas le seul à former le regard sur le monde dans le discours
surréaliste. Contre la nation, les surréalistes réactivent
au moins deux autres conceptualisations du monde qu’ils infusent
de charge politique: le cosmopolitisme et l’universalisme. Cosmopolitisme
et universalisme surréalistes esquissent une position politique
qui détourne aussi bien la dépolitisation souvent liée
avec le premier, que l’universalisme réactionnaire, voire fasciste,
noué autour de l’imaginaire de l’antiquité.
Carole
REYNAUD PALIGOT: La poésie surréaliste
entre révolte et révolution
Le surréalisme,
comme tout mouvement littéraire a été
confronté à des logiques qui dépassent les
seules problématiques littéraires et
qui relèvent d’autres enjeux — concurrence, lutte
pour l'accès à des capitaux symboliques, etc.
—. De la même manière, les engagements politiques
de mouvements littéraires ne peuvent être
réduits exclusivement à des logiques politiques
et il s’avère indispensable, pour en restituer
l’intelligibilité, de mettre au jour les logiques
non politiques et les enjeux masqués. Si le projet
surréaliste peut apparaître comme un projet
cohérent et conséquent, qui reste fidèle
à son éthique durant un demi siècle en
cherchant sa voie au sein des utopies révolutionnaires,
il reste que les homologies de situation risquent de masquer
au chercheur, en symbiose avec le poète qui défend
son autonomie face à une entreprise totalitaire, les enjeux
sous-jacents, les ambitions, les concurrences et les luttes qui
en découlent, tout comme les contradictions et les ambivalences
du projet politico-littéraire.
Cette communication
se propose ainsi d’aborder la poésie surréaliste
entre révolte et révolution en historicisant
ce mouvement poétique, en le replaçant
dans l'espace de contraintes, en le situant dans les
dynamiques de concurrence, en mettant au jour ses ambivalences
et ses ambiguïtés.
Delphine RUMEAU: Gaston
Miron, "l'amour et le militant"
Pour Gaston Miron, les rapports
de la poésie et de l’engagement politique sont complexes,
sinon douloureux. Lorsque ses textes sont enfin rassemblés
en 1970 dans L’Homme rapaillé, le recueil
montre des fractures entre "le poème" et le "non-poème",
insérant des "recours didactiques" pour pallier l’expression
poétique parfois en défaut. Pourtant, malgré
la tentation de l’adieu à l’écriture pour le militantisme
pur, Miron revient inlassablement au poème. Quelque
chose d’irréductible à l’engagement du citoyen
dans la vie publique semble bien se jouer là, car, pour
le dire comme Miron, "le poème refait l’homme". La communauté
que construit le poète est une ouverture à l’altérité
en même temps qu’une protection de la subjectivité, qui
ne doit pas s’abolir dans la revendication militante. Cela explique
que sa poésie politique soit aussi une poésie amoureuse:
la première personne n’est pas seulement plurielle, mais
duelle. C’est cette articulation de l’amour et du politique,
du couple et de la communauté, que nous voudrions mettre
en lumière, pour montrer ce qu’elle a de spécifiquement
poétique. L’affinité de l’écriture avec le
concret et le refus de l’univocité conceptuelle sont autant
de moyens pour Miron de nouer l’amour et l’engagement, de penser
le politique par le poème.
Pascal SIGODA: Francis
Ponge (1899-1988) ou les écrits comme espace
spirituel de la nation
La trajectoire politique
de Françis Ponge peut s’envisager dans la banalité
des évolutions qu’un certain type de poncifs lie à
l’âge: révolutionnaire dans sa jeunesse, l’écrivain
devient conservateur dans sa maturité. Pourtant,
du communisme à une sympathie gaullienne, un parcours s’est
fait à travers la poésie, notamment celle de la
Résistance et la défense de la langue française,
ouvrant un débat, honneur ou déshonneur des poètes?
Références
bibliographiques :
Œuvres complètes,
La Pléiade, tome 1, 1312 p., tome 2 , 1936 p.
Cahier de l’Herne,
sous la direction de Jean-Marie Gleize, 616 p., 1986.
Françis Ponge,
Serge Koster, Henri Veyrier, 150 p., 1986.
Françis Ponge,
Jean-Marie Gleizes, Le Seuil, 286 p., 1988.
Correspondance Jean-Paulhan-Françis
Ponge, 1923-1968, deux tomes, Gallimard, 370 p.
et 370 p., 1986.
Entretiens de Françis
Ponge avec Philippe Sollers, Le Point, Seuil, 193
p., 1980.
Avec le soutien du Centre de recherche sur le Surréalisme
de l'Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris
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