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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2015 : un des colloques





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FRANCIS PONGE : ATELIERS CONTEMPORAINS

DU LUNDI 24 AOÛT (19 H) AU LUNDI 31 AOÛT (14 H) 2015

DIRECTION : Lionel CUILLÉ, Gérard FARASSE (†), Jean-Marie GLEIZE, Bénédicte GORRILLOT

ARGUMENT :

En 1975, au Centre Culturel International de Cerisy, Philippe Bonnefis et Pierre Oster organisaient, en présence de Ponge, un colloque titré "Ponge inventeur et classique" (dont les actes d'abord parus en 10/18 ont été réédités par les éditions Hermann dans la collection Cerisy/Archives) qui éclairait la proximité de l’écrivain aux démarches des néo-avant-gardes de l’époque (de Tel quel à Digraphe) et abordait son œuvre selon les approches en vogue de la "nouvelle critique" (poétiques formalistes, d’inspiration linguistique ou rhétorique). Quarante ans plus tard, il paraît indispensable de faire le point sur la place de cet auteur majeur dans le paysage littéraire, artistique et universitaire contemporain.

En France, le climat théorique et critique a évolué, de même que la connaissance objective de l’œuvre, désormais accessible dans la Bibliothèque de la Pléiade et augmentée par les annexes précieuses des Pages d’ateliers (Gallimard, 2005) ou par le corpus assez large des correspondances publiées de Ponge (avec Camus, Mandiargues, Paulhan, Thibaudeau, Tortel). Ce corpus ne cesse de s’enrichir (Correspondance avec Prigent en cours de publication) et permet d’observer la "fabrique" d’une figure et d’une posture de poète (ou de non-poète) dans le champ clos d’un paysage (liens avec les confrères, les amis, les éditeurs, les revues, etc.). Il convient aussi de prendre la mesure de ce qui continue de faire signe — et parfois leçon — pour nombre de (jeunes) écrivains ou artistes (peintres, sculpteurs, musiciens), voire pour les acteurs toujours plus nombreux à mettre en scène ses textes.

À l’étranger, les traductions de Ponge se multiplient (notamment en Amérique latine ou au Japon) et imposent d’interroger les modalités nouvelles de la réception de cet auteur. Tout aussi remarquable est l’insertion de l’écrivain dans le corpus académique (utilisation systématique dans les "ateliers d’écriture" ou programmes scolaires). Ponge reste donc au cœur des ateliers les plus contemporains de la création et de la réflexion: il convient d’évaluer les raisons d’une telle actualité et d’en préciser les différentes modalités.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Lundi 24 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mardi 25 août
Matin:
Situations (I)
Jean-Marie GLEIZE: Ouverture du colloque
Armande PONGE: Évocation d'Anne Heurgon-Desjardins
Stéphane BAQUEY: Le colloque de Cerisy en 1975, actes: textualismes en présence du phénomène Ponge
Jean-Charles DEPAULE: Francis Ponge au travail - (re)tenir, lâcher prise

Après-midi:
Texte (I)
Michel COLLOT: Le parti pris des lieux
Sophie COSTE: "Par le mot par commence donc ce texte": une matrice à l'œuvre?

Texte (II)
Nathalie BARBERGER: Araignées
Thomas SCHESTAG: Fastigiée: au cœur du Soleil de Francis Ponge

Soirée:
Francis Ponge dans l'atelier des peintres
Présentation de l'exposition des œuvres de Christine CHAMSON et Frédérique NALBANDIAN


Mercredi 26 août
Matin:
Rhétoriques (I)
Marie FRISSON: De vers et prose(s): le prosimètre de Francis Ponge
Bénédicte GORRILLOT: Du proême antique aux proêmes pongiens

Après-midi:
Rhétoriques (II)
Jean-Marie GLEIZE: Poète pas très

Rhétoriques (III)
Jean-Luc STEINMETZ: Ponge en personnes: la formule et le lieu
Aziz JENDARI: Du premier Ponge au Parti pris des choses, jeux et enjeux de la satire


Jeudi 27 août
Matin:
Ponge / cinéma
Philippe MET: Ponge et Bresson, ou comment (ne pas) faire l'âne

Situations (II)
Elisabeth CARDONNE-ARLYCK: Émotions de Ponge
François BIZET: L'heure végétale [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen et sur le site France Culture Plus]

Après-midi:
À L'IMEC (Abbaye d'Ardenne, Caen)
Présentation de l'abbaye, par Yves CHEVREFILS-DESBIOLLES
Présentation des archives (avec une exposition autour de Francis Ponge), par Claire PAULHAN et Typhaine GARNIER
Lectures:
- La figue de Francis Ponge, par Pierre BAUX
- Le livre des Cabanes, de et par Jean-Marie GLEIZE


Vendredi 28 août
Matin:
Correspondances (I)
Benoît AUCLERC: Présentation: bilan sur les correspondances
Didier ALEXANDRE: Francis Ponge et Gabriel Audisio: réflexions autour de la correspondance de Ponge
Pauline FLEPP: Francis Ponge-Jean Paulhan: l’échange épistolaire comme "jeu d’abus réciproque"

Après-midi:
Correspondances (II)
Alain PAIRE: Les Jardins-Neufs de Jean Tortel
Benoît AUCLERC: "Avoir assez vécu pour voir apparaître des gens comme vous": la correspondance avec Christian Prigent
Jean-Marie GLEIZE: La correspondance Ponge-Dupin: présentation du travail d’édition de Gérard Farasse

Soirée:
Lectures d'extraits de correspondances de Francis Ponge, par Pierre BAUX et Jean-Marie GLEIZE (avec le soutien de la Fondation d'Entreprise La Poste)


Samedi 29 août
Matin:
Ponge / Autres auteurs
Joëlle GLEIZE: Francis Ponge et Claude Simon: une "rectification continuelle"
Olivier GALLET: Jaccottet: la réserve Ponge

Après-midi:
Ponge / étranger (I) - USA / Europe
Vincent BROQUA: "Enfermé dans (sa) propre langue?". Situations, traductions et appropriations de Ponge dans la poésie anglophone
Lionel CUILLÉ: Made in USA: écocritique de Ponge


Dimanche 30 août
Matin:
Ponge / étranger (II) - Brésil
Adalberto MÜLLER: Ponge vu par les choses: réalisme spéculatif, perspectivisme, traductions
Marcelo Jacques de MORAES: Mange-t-on une figue de parole?

Après-midi:
Ponge / étranger (III) - Japon
Yu KAJITA: Ce que de l’œuvre de Francis Ponge révèle sa réception japonaise
Marguerite-Marie PARVULESCO: Ponge dans la perspective des kanshi japonais: écriture, lecture et traduction
Asako YOKOMICHI: Les traductions de Ponge en japonais


Lundi 31 août
Matin:
Conclusions et Table ronde

Après-midi:
DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Didier ALEXANDRE: Francis Ponge et Gabriel Audisio: réflexions autour de la correspondance de Ponge
Francis Ponge et Gabriel Audisio ont correspondu plus de soixante années, donnant un témoignage exceptionnel de leur vie et de leur activité littéraire. Ces échanges sans discontinuité, sans régularité, construisent une histoire croisée de leurs existences et de leurs œuvres, en somme une vie en littérature. Elles définissent, dans leur succession, des différences littéraires fortes, qui pénètrent chacune des deux œuvres publiées, comme le montre, par exemple, le Carnet du bois de pin. Ces lettres sont donc aussi un laboratoire critique ou encore un atelier critique.

Didier Alexandre est professeur à l’Université Paris IV Sorbonne. Il dirige l’Équipe 20-21 du CELLF 16-21 (Centre d’études de  la langue et de la littérature française 16-21, CNRS) et le Laboratoire d’excellence Observatoire de la vie littéraire (labex OBVIL). Ses recherches portent sur l’œuvre de Paul Claudel, sur la poésie française du XXe siècle (Apollinaire, Char, Michaux), sur le roman et le récit de 1945 à nos jours (Claude Simon).

Benoît AUCLERC: "Avoir assez vécu pour voir apparaître des gens comme vous": la correspondance avec Christian Prigent
Entre août 1969, date où Christian Prigent prend contact avec Ponge pour lui parler du "mémoire d’enseignement supérieur" qu’il est en train de rédiger à son propos, et le dernier échange, daté de janvier 1986, Prigent et Ponge s’écrivent plus d’une centaine de lettres. Elles sont pour la quasi totalité écrites avant la rupture violente de 1975, suivie d’un silence de plus de dix ans que n’interrompent que quelques brefs échanges apaisés, en 1985 et 1986. Cette correspondance éclaire les relations ambivalentes entre l’apprenti critique, jeune écrivain et directeur de la nouvelle revue TXT qu’est alors Prigent, et le "grand écrivain" que Ponge est devenu, grâce notamment à la reconnaissance d’une nouvelle génération de lecteurs et d’écrivains qui, à partir de 1960, s’empare de son œuvre. En 1969, Ponge écrit: "Je suis content de vous connaître (je veux dire, d’avoir assez vécu pour voir apparaître des gens comme vous)". Le geste de reconnaissance est donc double et, à l’égard de ce lecteur-écrivain qu’est Prigent, Ponge se montre lui-même un lecteur attentif, inquiet, parfois réticent puis, lorsque les divergences politiques s’explicitent, nettement critique.

Benoît Auclerc est maître de Conférences à l’Université Lyon 3. Il a notamment dirigé, avec Sophie Coste, le volume Ponge et ses lecteurs (Kimé, 2014), et, avec Bénédicte Gorrillot, le dossier "Politiques de Ponge" (Revue des Sciences Humaines, n°316, 4/2014).

Stéphane BAQUEY: Le colloque de Cerisy en 1975, actes: textualismes en présence du phénomène Ponge
Un colloque se construit selon une dramaturgie où dialoguent les voix de la critique avec d'autant plus d'intensité que les sollicite une œuvre décisive pour l'ordre de leurs questionnements. À Cerisy, en 1975, ces voix étaient multiples, de Derrida à Maldiney, de Jean Tortel à Christian Prigent, en passant par Jean-Michel Adam et Michael Riffaterre, et bien d'autres... Toutes ces voix sont aux prises avec la textualité et avec son possible dehors (le monde, la politique). Cette dramatisation de la critique prend un relief accru du fait que son "phénomène", si l'on peut dire, après Philippe Bonnefis, est présent et qu'il est en position de répondre ou de ne pas répondre et puis, pour finir, de demander grâce et de reprendre la parole. On se demandera ce qu'il reste de ces questionnements quarante ans après. Comment le phénomène Ponge ne cesse de leur échapper, bien après la dissolution du paradigme structuraliste?

Stéphane Baquey, Université d’Aix-Marseille, CIELAM.
Publications
"Francis Ponge, Denis Roche et le projet moderne en poésie", in Ponge, résolument, dir. J.-M. Gleize, Lyon, ENS Éditions, coll. "Signes", 2004, p. 165-178.
"L’œuvre filmique et le jugement poétique", in Michel Deguy, l’allégresse pensive, dir. M. Rueff, Paris, Belin, coll. "L’extrême contemporain", 2007, p. 383-412.
"Des poèmes re-situés: vers la popularité ou le dénouement d’un drame de l’expression", in Philippe Beck, un chant objectif aujourd'hui, dir. I. Barbéris et G. Tessier, Paris, Corti, 2014, p. 470-490.


Nathalie BARBERGER: Araignées
Chez La Fontaine, tel est le triste destin de l'araignée, victime de l'hirondelle:
La pauvre Aragne n'ayant plus
Que la tête et lrs pieds, artisans superflus
Se vit elle-même enlevée.
L’Hirondelle en passant emporte la toile, et tout

Et l’animal pendant au bout [...]

Dans le recueil Pièces, figurent L’Araignée, puis, précédée des Hirondelles, La Nouvelle Araignée. Si la première araignée proclame avec une joyeuse malice la "sarabande de la toile ourdie", la nouvelle, en "funambule funèbre" finit mal, jetée "au rebut", balayée. L’araignée, qui active une immense mémoire textuelle est bien sûr un animal surdéterminé du point de vue de la poétique pongienne. Ce sont ces deux araignées qui nous intéresseront, en ce qu’elles proposent une variation, comme le battement de l’apparition et de la disparition, de l’engendrement et de la mort, comme si l’on passait du triomphe au tombeau, de la création au rebut (cette sécrétion excrémentielle qu’est le fil à la fois précieux et intestinal de l’araignée.) Et tout autant que le ver à soie de Derrida (qui manifestement se souvient de Ponge), si l’araignée de Ponge donne à voir et à lire sa "leçon", cette double araignée pose la question d’un secret que le texte cherche moins à élucider qu’à préserver, pour en assurer, fût-ce sur le mode du rebut et non de la virtuose et délicate toile, la survie. Tel serait ce "sac à malices" de l’araignée et du texte.

Nathalie Barberger est professeur de Littérature française du XXe s. à l’Université de Lyon 2. Elle a co-dirigé le numéro spécial de La Licorne consacré à Ponge en 2000 (voir sa contribution "Le bas matérialisme de Francis Ponge, ou la fleur mise à nue par son poète même"). Dans son livre Pensées de passage (PUS, 2011), un chapitre est consacré à "La Mounine". En 2012, elle a participé au colloque "Politiques de Ponge" ("Ne pas choisir entre Horace et Artaud"). Article en ligne sur le site Francis Ponge: "Ponge et Proust, le coup du visible".

François BIZET: L'heure végétale
Qu’est-ce qu’être un arbre? Un brin d’herbe? Comment une fleur vit-elle son expansion dans l’espace et dans le temps? L’atelier proposé est bien contemporain, mais légèrement décalé. C’est celui, grandeur nature, de l’homme devenu botaniste, et fasciné par une altérité radicale dans l’ordre du vivant: la plante, comme le savait aussi Francis Ponge, souvent cité par les biologistes du végétal d’aujourd’hui, c’est d’abord ce qui n’a "pas de tête", un méta-individu de structure polyarchique, un superorganisme dont le corps ne tient pas dans un volume, comme celui de l’animal, mais se réitère sans cesse en multiples surfaces de captation. La poétique de Ponge, par mimétisme, semble s’être fondue dans ce mode d’être singulier, autre façon sans doute de "sortir du manège" anthropocentrique, voire zoocentrique, auquel nous sommes voués.

François Bizet est maître de conférences à l’Université de Tôkyô.
Publications
Une communication sans échange. Georges Bataille critique de Jean Genet, Droz, 2008.
Un essai sur le bunraku: Tôzai !... Corps et cris des marionnettes d’Ôsaka, Belles Lettres, 2013.
Il a également publié des articles sur Pétrarque, Georges Perec, Pierre Guyotat et Antoine Volodine, et a collaboré à diverses revues (Le Nouveau Commerce, La Revue littéraire, Fusées, Nioques), qui ont accueilli des extraits de La Construction d'Ugarit et du Traité du corail.


Vincent BROQUA: "Enfermé dans (sa) propre langue?". Situations, traductions et appropriations de Ponge dans la poésie anglophone
Au premier abord, il semble que la poésie de Francis Ponge n’ait pas eu aux États-Unis et au Royaume-Uni le même retentissement que celle d’autres poètes français. Pourtant, que ce soit dans la poésie concrète britannique, avec Stephen Bann, ou dans la poésie de la performance multilingue avec Caroline Bergvall, les relations entre la poésie de Francis Ponge et la poésie anglo-américaine sont attestées et fortes. Cette communication étudiera d'abord à la fois sur les lectures franco-américaines de Francis Ponge et sur les lectures de l’œuvre de Francis Ponge dans les pays anglophones. Avec l’analyse des textes de Bann et de Bergvall, on se livrera ensuite à une étude de deux cas précis qui permettront de s’interroger sur l’appropriation de l’œuvre de Ponge par la poésie concrète ainsi que sur son transfert dans la poésie de la performance. C’est donc à un état et à un examen de la dissémination de l’œuvre de Ponge dans le champ de la poésie anglo-américaine que cet exposé s’attachera.

Vincent Broqua est professeur de littérature et arts nord-américains à l’Université de Paris 8 Vincennes Saint-Denis. Son travail porte sur les écritures, musiques et arts expérimentaux, principalement nord-américains. Il est co-rédacteur de la revue multilingue Quaderna (www.quaderna.org) et co-responsable du séminaire de recherche "Poets and Critics" (http://poetscriticsparisest.blogspot.fr/). Il est par ailleurs traducteur et écrivain et membre fondateur du collectif Double Change (www.doublechange.org).
Publications
Récupérer, Petits Matins, 2015.
À partir de rien: esthétique, poétique et politique de l’infime, M. Houdiard, 2013.
Anne Waldman, Archives, pour un monde menacé, tr. et postface V. Broqua, Joca Seria, 2014.
Thalia Field, Amateur d’oiseaux, côté jardin, tr. avec O. Brossard et A. Lang, Presses du Réel, 2013.


Elisabeth CARDONNE-ARLYCK: Émotions de Ponge
Spécifiques et multiples, les émotions circulent dans les écrits de Ponge entre les choses, le poète, et le lecteur. Elles sont inséparables de la connaissance, idée proche de la théorie cognitive contemporaine. Par ailleurs, elles apparaissent, dans leur ubiquité et leur diversité, comme une marque du vivant, une propriété — effective ou virtuelle — commune, par laquelle les différents règnes et espèces toucheraient les uns aux autres. Les découvertes récentes de l'éthologie et de la biologie vont en ce sens: certains animaux sont pourvus d'empathie, les plantes de sensibilité. De ce fait, loin d'inévitablement tout ramener à l'homme, l'anthropomorphisme, surtout s'il est audacieux comme dans l'œuvre de Ponge, peut rendre concrète la fluidité des aptitudes entre les différentes formes du vivant.

Elisabeth Cardonne-Arlyck est professeur émérite à Vassar College (NY). Elle a publié Désir, figure, fiction. Le "Domaine des marges" de Julien Gracq (1981); La Métaphore raconte. Pratique de Julien Gracq (1984); Véracités. Ponge, Jaccottet, Roubaud, Deguy (2009). Elle a co-dirigé le recueil Effractions de la poésie (2003) et un double numéro de Contemporary French and Francophone Studies sur "Ecrire/Filmer" (automne-hiver 2005).

Michel COLLOT: Le parti pris des lieux
Il s'agira de rappeler la place qu'occupent les lieux dans l'œuvre de Ponge, à partir du Carnet du Bois de pins, comme en témoigne notamment le texte consacré au "lieu-dit La Mounine"; et de donner l'exemple d'une poétique contemporaine, celle d'Olivier Domerg, qui s'efforce de proposer une approche aussi objective que possible des lieux.

Michel Collot est professeur émérite de Littérature française à l'Université Sorbonne Nouvelle Paris 3. Spécialiste de la poésie française du XXe siècle.
Publications
Francis Ponge entre mots et choses, Champ Vallon, 1991.
"La figue refigurée, dans La Matière-émotion, PUF, 1995.
Collaboration à l'édition des Œuvres complètes du poète dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Il a consacré à Olivier Domerg un chapitre de son essai sur Paysage et Poésie.

Sophie COSTE: "Par le mot par commence donc ce texte": une matrice à l'œuvre?
L’œuvre de Francis Ponge témoigne d’un parcours, difficile et opiniâtre, vers l’accession à une parole vive — la Parole contre les paroles. Les étapes de ce parcours se lisent aussi dans le travail sur les signifiants: du mot d’ordre initial "Il faut parler" au "parti pris" en faveur des choses, du désir de "secouer toute appartenance" pour "chanter son particulier" à l’ambition de "réparer le monde" et au pré comme paratum, lieu préparé pour le lecteur, l’œuvre de Ponge décline la séquence phonique PAR, à la façon d’un signifiant matriciel. Cela ne surprend pas, de la part de celui qui déclare, dans La Fabrique du pré, son désir de se placer "au niveau des onomatopées originelles, des infrasignifications", le seul, dit-il, "qui [lui] convienne".

Sophie Coste enseigne à l’Université Lyon 2. Elle a consacré sa thèse à la poétique de la parole et de l’adresse dans l’œuvre de Francis Ponge sur lequel elle a publié plusieurs articles (Revue Europe, recueils collectifs) et co-dirigé, avec Benoît Auclerc, l’ouvrage: Ponge et ses lecteurs. Études critiques. Correspondance inédite de Francis Ponge avec son père (éditions Kimé, 2014).


Lionel CUILLÉ: Made in USA: écocritique de Ponge
Apparue dans les années 90, l’écocritique anglo-saxonne étudie la littérature dans son rapport à l’environnement, à la lumière des crises environnementales contemporaines. Centrée d’abord sur l’étude des poètes Romantiques anglais, elle analyse l’enjeu des préjugés anthopomorphistes qui informent la représentation de la nature. Or Francis Ponge, poète des choses le plus souvent non-manufacturées (lieux, animaux, végétaux, minéraux), prétend les représenter hors d’un humanisme "qui a ceinturé la planète". Plutôt que la transposition de la comédie humaine à laquelle s’adonne La Fontaine dans "Le Lion et le Rat", l’auteur du Parti pris ambitionne ainsi d’écrire "(...) une fable qui donnât la qualité du lion"; ou encore, le "mimosa sans moi". L’écocritique, et l’écoféminisme en particulier, nous apportera un nouvel éclairage pour l’étude des rapports entre nature et culture dans la représentation de l’environnement chez Ponge. Outre la relation des dossiers avec le genre du "nature writing" (dont Thoreau est un précurseur) on verra dans quelle mesure la vision pongienne de la nature est réductionniste et instrumentaliste (dans la lignée de Descartes et Bacon); ou si inversement l’écrivain parvient à inventer des stratégies biocentriques (adoptant le "point de vue" de la nature) selon une vision holistique rêvée par la deep ecology. À partir des travaux de Lawrence Buell (The Environmental Imagination, 1995), on se  demandera par exemple si la représentation pongienne engage une morale de la responsabilité envers la nature, ou si le génie du lieu n’est qu’une manière de penser une autre communauté politique.

Lionel Cuillé est "Jane and Bruce Robert Chair in French and Francophone Studies" à l’Université de Webster (Etats-Unis). Il dirige aussi le "Centre francophone", association qui promeut la culture française dans le Missouri. Spécialiste de littérature contemporaine, il a publié des articles, en particulier sur Ponge, Cendrars, Rimbaud. Il travaille actuellement à un essai sur l’esthétique de la vitesse dans la littérature des avant-gardes.

Jean-Charles DEPAULE: Francis Ponge au travail - (re)tenir, lâcher prise
Une tension traverse tout le travail de Ponge, entre mutisme et parole, entre un terrorisme exercé sur soi-même, capable de mener à l'aphasie, et "une sorte de naïveté" expressive. Entre "piétinement" et "galop". Tenir, contenir, ou, à l'inverse", rendre les rênes", "se lâcher", "laisser venir", dans un balancement dont le rythme varie au cours de sa vie d'écrivain, jusqu'à se resserrer dans un même moment d'écriture. Ponge en décrit les modalités physiques, les postures du corps, assis à une table ou quasi allongé, "vautré", dans "la position du mauvais élève". Détente et congestion alternent. Il s'agit de revisiter cette tension, en la rapprochant plus particulièrement de l'idée d'un cérémonial textuel (ou cérémonie?), tentative rituelle de dénouement ou de résolution, que Ponge évoque à plusieurs reprises — par exemple il écrit: "Contre la douleur, souffrance, rien de mieux, rien de possible que la cérémonie (sinon l’immobilité et le silence [...], mais on y risque de désapprendre le mécanisme de la vie et de la parole)".

Jean-Charles Depaule a enseigné à l’École d’architecture de Versailles avant de poursuivre ses recherches en anthropologie urbaine sur l’Orient arabe au CNRS. Auteur de plusieurs recueils de poésie, il publie également des traductions de l'anglais et de l'arabe et des essais critiques. Il a fait partie du comité de rédaction d'Action Poétique, Impressions du Sud et If. Co-fondateur d’Irrégulomadaire, il collabore régulièrement à CCP (Cahier critique de poésie) et est membre du comité de rédaction de Gradhiva.
Publication récente
"La fable d'une fabrique - Ponge et son pré", Gradhiva, n°20, 2014 ("création fiction").


Pauline FLEPP: Francis Ponge-Jean Paulhan: l’échange épistolaire comme "jeu d’abus réciproque"
Dans ses Notes sur René Leynaud, en mai 1945, Francis Ponge évoque, parmi les raisons qui le conduisent à ne parler qu’au prix de difficultés extrêmes, l’existence dans son entourage de certains êtres lui semblant en tout point supérieurs. Au paragraphe suivant, Jean Paulhan est cité nommément: "puis Paulhan, qui me bat à tous les jeux (et par exemple aux boules, à la grenouille, au ping-pong, aux quilles)"(1). Néanmoins, cette infériorité violemment ressentie pourrait être dépassée et, filant la métaphore sportive et ludique, Francis Ponge établit alors son programme, en deux temps, pour ne pas vivre perpétuellement dans l’amertume de se sentir le second: tout d’abord, s’entraîner, "prendre aux autres leurs trucs, leurs qualités"; ensuite, "inventer ou découvrir un jeu où [il] soi[t] le premier, [s]on jeu". Il s’agira donc de voir dans quelle mesure la correspondance avec Jean Paulhan se fait illustration de cette démarche: si Ponge commence par s’approprier les propositions les plus novatrices de son lecteur et éditeur privilégié (notamment sur le langage), il sait aussi se détacher de lui, en une émancipation tout autant affective que littéraire. Il en irait peut-être alors de l’échange épistolaire avec Paulhan comme de la pratique de l’écriture telle qu’elle est souvent définie par Ponge — et la correspondance se faisant "jeu d’abus réciproque", celui qui pose les règles du jeu et qui en sort "gagnant" ne serait pas forcément celui que l’on croit.
(1) Cf. le Dossier de textes sur René Leynaud conservé à la BLJD, manuscrit 129 (4).

Agrégée de lettres modernes, Pauline Flepp est doctorante contractuelle à l’Université Paris IV Sorbonne depuis septembre 2014, où elle prépare sous la direction de Didier Alexandre une thèse intitulée "La vie littéraire de Francis Ponge des premières années au début des années 1960".

Marie FRISSON: De vers et prose(s): le prosimètre de Francis Ponge
L’œuvre poétique de Francis Ponge se veut la recherche d’une forme qui permette de traduire le monde avec la plus grande justesse, hors des représentations habituelles. Deux tendances semblent alors parcourir son œuvre qui prolonge ainsi le débat animant la poésie depuis la moitié du XVIIIe siècle: l’absorption du vers et de la prose dans une nouvelle forme de prose ou le maintien par la juxtaposition de leur opposition. Francis Ponge ne semble pas, en effet, vouloir abandonner le recours au vers, qui, comme le rappelle son étymologie latine (évoquée par Ponge dans l’"Introduction au "Galet""), peut faire remonter, dans un sillon, l’épaisseur profonde des choses: bien plutôt, il semble utiliser, dès Le Carnet du bois de pins et La Rage de l’expression, les ressources du vers et de la prose pour que fleurisse, à chaque fois, une forme inédite et singulière. S’agit-il alors, pour Ponge, d’innover en sortant des cadres connus ou de renouer avec une longue tradition et une forme ancienne, le prosimètre?

Marie Frisson est doctorante de littérature moderne et contemporaine sous la direction de Hugues Marchal (Université de Bâle) et de Dominique Combe (Paris III-Sorbonne nouvelle). Elle est assistante en littérature moderne et contemporaine à l’Université de Bâle. Ses travaux portent notamment sur la poésie et la poétique de 1800 à nos jours et particulièrement sur le prosimètre.
Communications
"Pour voir comment ça marche: les insertions lyriques dans la prose narrative et critique de Christian Prigent", Journée d’études "Les auteurs de Christian Prigent", Hugues Marchal (dir.), Université de Bâle, 23 novembre 2012.
""(...) et je ne suis qu’un rêveur en prose": rêve, prose et poésie chez Gérard de Nerval", Journées doctorales "Le rêve en littérature", Université de Haute-Alsace, 22-23 mai 2014.
Publications
"Petits Château de Bohême de Gérard de Nerval: un prosimètre fantaisiste?", Journée d’études "Génération fantaisistes 1820-1939", Filip Kekus et Antoine Piantoni (dir.), Université Paris IV-Sorbonne, 18 mai 1912 (à paraître en 2015 sur fabula.org).
"La guêpe et le cavalier blanc. La poésie "ni en vers ni en prose" dans Peinture d’André du Bouchet", Actes du colloque international "La Poésie en prose au XXe siècle", Peter Schnyder et Eric Marty (dir.), Paris, Gallimard, "Les Cahiers de la NRF", 2013, p. 347-374.


Olivier GALLET: Jaccottet: la réserve Ponge
Au début des années 1990, Philippe Jaccottet révèle à plusieurs reprises, à la faveur d’entretiens, qu’il a mis en chantier un livre sur Ponge, dont l’idée lui est venue au moment de la mort et de l’enterrement de son ancien mentor à Nîmes en août 1988. Ce livre ne verra pas le jour, signe probable des difficultés d’un travail d’hommage pourtant régulièrement engagé tout au long du parcours poétique de Jaccottet, mais toujours mêlé de réserves. On interrogera donc le mystère de ce livre jamais paru, mais dont quelques traces sont tout de même connues, pour mieux reprendre les termes du débat entre Jaccottet et Ponge, ses enjeux, ses malentendus, de La Promenade sous les arbres et L’Ignorant aux recueils les plus récents, et sonder surtout les échos de la démarche pongienne dans la poétique de Philippe Jaccottet, les modes d’appréhension, de ressaisissement et de déplacement de la leçon d’un maître contesté. Ponge comme réserve donc, mais à entendre à la fois comme ressource et source de réticence.

Olivier Gallet est maître de conférences en Littérature française à l’Université Paris - Sorbonne, et membre de l’équipe 20-21 du CELLF 16-21. Ses recherches et publications portent sur la poésie française depuis Baudelaire, notamment sur Reverdy, Ponge, Michaux, Roubaud et Jaccottet.

Jean-Marie GLEIZE: Poète pas très
Poésie ma non troppo, ou Poète pas très. Nous n’avons certes pas quitté les berges de la Loire, sur desquelles, à Roanne, en 1941, Francis Ponge écrivait: "Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m’avertit seulement que je rentre dans le manège, et provoque mon coup de reins pour en sortir". La question de la "sortie" n’est pas épuisée, encore moins résolue. C’est une très fausse question pour les uns, une capitale question stratégique pour les autres; dépoésie ou repoésie, néopoésie ou postpoésie, "sortie interne" ou sortie effective, qu’en est-il aujourd’hui "quant à nous"?

Jean-Marie GLEIZE: La correspondance Ponge-Dupin: présentation du travail d’édition de Gérard Farasse
Gérard Farasse, présent au colloque "Ponge inventeur et classique" à Cerisy en 1975, et co-organisateur du colloque "Ponge, ateliers contemporains" en 2015, avait transcrit et annoté, peu de temps avant son décès, la soixantaine de lettres échangées par Francis Ponge et Jacques Dupin, entre 1950 et 1983. Je me propose de relire cette correspondance qui témoigne tout à la fois d’une amitié soudée par l’admiration des mêmes artistes (Miro, Giacometi, ...) et par une même conception exigeante et critique de la poésie. La relation de Ponge à ses contemporains poètes n’a jamais été simple ni évidente. Dans les années soixante, il est proche de la revue Tel Quel et notamment de Denis Roche qu’il admire et dont le projet poétique, radicalisant le sien, le situe à distance de celui que Philippe Jaccottet, André du Bouchet, ou Jacques Dupin proposent dans les pages de la revue L’Ephémère. Or Francis Ponge accordera sa participation à cette revue, et il souhaitera la présence de Du Bouchet, de Jaccottet et de Dupin dans le volume du Cahier de l’Herne qui lui sera consacré en 1986. Dupin, hélas, sera absent de ce volume: il aurait voulu "témoigner de [son] parti pris de Ponge", mais s’était déclaré, à son ami, "effrayé d’avoir accepté"...

Jean-Marie Gleize est professeur émérite de littérature française à l’École Normale Supérieure de Lyon où il a été responsable du Centre d’Études Poétiques de 1999 à 2009. Président de la Société des Lecteurs de Francis Ponge, SLFP. A dirigé les collections NIOK (éditions Al Dante) et "Signes" (ENS éditions), et créé  la revue NIOQUES qu’il anime depuis 1990. Il est responsable de la "Série Francis Ponge" aux éditions Garnier.
Dernières publications
Film à venir, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 2007.
Sorties, Questions Théoriques, 2009.
Tarnac, un acte préparatoire, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 2011.
Tarnac, a preparatory act, translated by J. Clover, Chicago, Kenning Editions, 2014.
Éd. Correspondance Francis Ponge/Albert Camus, Gallimard, 2014.
Sorties (réimpression augmentée), éd. Questions théoriques, 2014.
Les Callunes, La Sétérée, 2014.
Le livre des cabanes, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 2015.


Joëlle GLEIZE: Francis Ponge et Claude Simon: une "rectification continuelle"
Quand Claude Simon évoque la table rase opérée par nombre de créateurs et d’écrivains après la seconde guerre mondiale, c’est à Francis Ponge qu’il se réfère: prendre le parti des choses équivaut pour lui à prendre le parti de l’élémentaire. Devant la faillite du langage et de la pensée manifestée par la barbarie de la guerre et d’Auschwitz, il faut en revenir au brin d’herbe ou au cageot et à leur description minutieuse. Ce retour aux choses et aux sensations qui remet l’homme à sa juste place est le terrain de rencontre le plus connu des deux écrivains. Il en est d’autres: leur prise de position dans le champ littéraire face à la modernité ou un rapport au langage tel que toute formulation apparaît comme une tentative, un essai. Malgré des pratiques différentes de la correction et de la reprise, Ponge et Simon témoignent l’un et l’autre d’une conception dynamique et mobile du texte et d’une poétique où sont essentielles la répétition, le ressassement et la rectification.

Joëlle Gleize est professeur émérite à l’Université d’Aix-Marseille, et membre du CIELAM, Centre interdisciplinaire d’études des littératures d’Aix-Marseille. Ses travaux portent sur la lecture et le livre dans le roman français du XIXe siècle, sur littérature et édition et sur la poétique romanesque du dispositif, enfin sur des auteurs comme Balzac, Claude Simon, Nathalie Sarraute, Antoine Volodine...
Dernières publications
"La pierre et le béton armé. Notes sur Claude Simon et l’architecture", Cahiers Claude Simon, n°9, 2014, p. 31-42.
"Dispositif romanesque et mise en livre post-exotiques", Volodine etc. Post-exotisme, poétique, politique (F. Detue et L. Ruffel), Colloque de Cerisy, Classiques Garnier, 2013, p. 103-119.
"Les ironies post-exotiques: essai de topographie d’objets instables", L’ironie: formes et enjeux d’une écriture contemporaine (D. Alexandre et P. Schoentjes), Classiques Garnier, 2013, p. 131-148.


Bénédicte GORRILLOT: Du proême antique aux proêmes pongiens
En 1948, Francis Ponge fait paraître Proêmes, son deuxième recueil. Dès 1924, il a intitulé l’un de ses textes "Proême à Bernard Groethuysen" (Paragone, n°18, juin 1951). Un certain nombre d’autres pages, en particulier pendant les années 1948-1959, sont titrées "proêmes": "Proême du 10 décembre 1959" (Nouveau Nouveau recueil-II, posth.1992) ou tel "Proême capital" parmi d’autres ainsi nommés et inclus dans Nioque de l’avant-Printemps (1950). Cette appellation empruntée à l’ancienne rhétorique grecque et latine ne laisse de déconcerter les lecteurs de Francis Ponge. En effet, le mot commence souvent par faire énigme, parce qu’il est la "transcription", certes attestée en France "depuis Christine de Pisan", mais d’un type textuel connu des seuls érudits antiquisants: le "pro-oimion qui désignait [...] le prélude d’un chant ou l’exorde d’un discours" (M. Collot, "Un "fatras inclassable": Proêmes de Francis Ponge", in L’Éclatement des genres au XXe siècle, 2001). L’énigme se creuse parce qu’une confrontation avec les modèles antiques révèle — mais on ne pouvait que s’y attendre — une réappropriation pongienne profonde: "Ponge autonomise le proême (qui n’est plus un moment du discours mais un texte à soi tout seul) qu’il érige en genre" (J.-M. Gleize & B. Veck, Francis Ponge, Larousse, 1979). Jusqu’où va la re-création? C’est ce que nous essaierons d’éclairer, sans fuir les difficultés posées par ces "proêmes" pongiens qui semblent plutôt mettre en échec toute tentative de spécification.

Bénédicte Gorrillot, maître de conférences en poésie latine et littérature française contemporaine à l’Université de Valenciennes, co-éditrice de la revue bilingue Formes Poétiques Contemporaines (SUNY, Buffalo, USA), a notamment publié une douzaine d’articles sur Francis Ponge en France et à l’étranger (Japon et US) et plusieurs volumes en collaboration sur la poésie des XXe et du XXIe siècles.
Dernières publications
L’Illisibilité en questions (avec A. Lescart), Presses Universitaires du Septentrion, 2014.
Revue des Sciences Humaines: Politiques de Ponge (avec B. Auclerc), n°316, sept-oct 2014.
À paraître
Michel Deguy, passe impair et manque (Palingénèse), Argol, 2015.
L’Empreinte gréco-latine dans la littérature contemporaine (avec P. Galland), Droz, 2015.
Francis Ponge auctor (version remaniée de la thèse de doctorat) Garnier, collection "Francis Ponge", 2016.


Aziz JENDARI: Du premier Ponge au Parti pris des choses, jeux et enjeux de la satire
La satire est une des premières formes investies par Francis Ponge dans sa carrière littéraire. Admirateur d’Horace, il fera de l’écriture satirique l’arme privilégiée de son opposition à l’ordre capitaliste-bourgeois et à l’aliénation qui en résulte. Mais il fait également subir à cette forme elle-même des transformations révélatrices d’un désir de renouvellement et de recherche formelle. On se propose ici d’étudier cette double dimension de la satire — rhétorique et pragmatique — et ce qu’elle révèle des préoccupations esthétiques et éthiques du jeune Ponge, à travers un corpus de textes qui se présentent explicitement comme des satires (par exemple les "Quatre satires" des Douze petits écrits) ou dont l’écriture relève d’une démarche similaire. On s’intéressera également à ses prolongements dans la nouvelle poétique du parti pris.

Aziz Jendari est professeur de Lettres en région parisienne. Il a consacré sa thèse de doctorat aux questions de l’ironie et de l’humour dans l’œuvre de Francis Ponge (à paraître aux éditions Garnier). Il a récemment publié un article: "Stratégies de l’écriture oblique chez le premier Ponge" dans la Revue Sciences Humaines.

Yu KAJITA: Ce que de l’œuvre de Francis Ponge révèle sa réception japonaise
Bien que Francis Ponge soit très peu connu par le grand public au Japon, son œuvre a été présente dans les deux grands moments de la réception au Japon de la littérature et de la pensée françaises: celui de l’existentialisme sartrien et celui du textualisme du groupe Tel quel. Ces deux moments correspondent bien sûr à deux interprétations majeures qui ont marqué la lecture générale de Francis Ponge. La réception japonaise révèle et confirme ainsi la singularité de l’œuvre de Francis Ponge, à savoir sa disponibilité à ces deux tendances de pensée symétriquement opposées. Nous allons tenter de montrer à partir de sa réception japonaise ce qui, dans l’œuvre de Ponge, a rendu possible cette disponibilité.

Yu Kajita est docteur en littérature française, actuellement chargé de cours à l’Université Waseda à Tokyo. Il a soutenu une thèse de doctorat intitulée "La poésie comme pensée matérialiste de l’événement: Francis Ponge et Henri Michaux" en mars 2013. Il est l’auteur de plusieurs articles consacrés à Francis Ponge, à Henri Michaux, et à la philosophie française contemporaine. Il a traduit la conférence  Signéponge de Jacques Derrida à Cerisy (1975) et plusieurs ouvrages de Jacques Rancière.

Philippe MET: Ponge et Bresson, ou comment (ne pas) faire l'âne
Si le cinéma a pu ponctuellement s’intéresser d’assez près à son œuvre (Jean-Luc Godard et Jean-Daniel Pollet, notamment), on ne sache pas que Francis Ponge fût jamais cinéphile (tout au plus se montra-t-il téléphage dans son grand âge...). Il n’en demeure pas moins qu’une admiration réciproque, sinon une amitié discrète (au sens, aussi et surtout, où elle ne fut pas continue, en particulier après l’installation durable du poète au Mas des Vergers), se noua entre Ponge et Bresson, sans doute par l’intermédiaire de Pierre Charbonnier (d’une part, peintre qui illustra notamment La Fenêtre et à qui l’auteur de L’Atelier contemporain consacra trois brefs textes; d’autre part, chef décorateur sur les principaux films de Robert Bresson, à partir du Journal d’un curé de campagne [1951]). Si discrète, à vrai dire, cette relation, si inattendue peut-être, si inconstante aussi (tout au moins, comme en témoigne mainte notation dans ses agendas, de la part de Ponge, qui, s’il trouve Pickpocket "admirable", ne voit dans Les Anges du péché qu’un film non seulement "ennuyeux" mais "révoltant", et dans Au hasard Balthazar qu’une œuvre "prétentieu[se] et incohérent[e]", malgré "quelques beaux moments"!), qu’on ne s’est guère avisé de s’y attarder. En dépit de la paucité des traces archivales (6 lettres adressées par Bresson à Ponge), j’aimerais tenter de réparer cet oubli pour mieux interroger sur nouveaux frais, à travers l’exemple de Bresson, la question du rapport moins de Ponge au cinéma que du cinéma à Ponge. Chemin faisant, ce sont des questions aussi essentielles que la choséité, l’animalité (Ponge se situerait ainsi résolument aux côtés de "l’âne musicien" et Bresson plutôt du côté de "l’âme musicienne", pour faire signe vers le regretté Gérard Farasse, mais ne serait-ce pas là faire bon marché d’un film tel qu’Au hasard Balthazar?), et la spiritualité (immanence vs. transcendance) qui devront notamment être réexaminées.

Philippe Met est professeur de littérature française et de cinéma à l’Université de Pennsylvanie (Philadelphie, États-Unis), et rédacteur en chef de la revue French Forum. Il a participé à l’édition des Œuvres complètes de Francis Ponge dans La Pléiade, et publié plus d’une soixantaine d’articles portant sur des genres ou des sujets aussi divers que la poésie moderne et contemporaine, la littérature fantastique, le cinéma (en particulier, le polar et l’épouvante), ou encore la bande dessinée.
Publications
Formules de la poésie, PUF, 1999.
La Lettre tue. Spectre(s) de l’écrit fantastique, Presses du Septentrion, 2009.
Direction de collectifs
André du Bouchet et ses Autres, Minard-Lettres Modernes, 2003.
Les Aventures de Harry Dickson. Scénario de Frédéric de Towarnicki, pour un film (non réalisé) par Alain Resnais, Capricci, 2007 (en collaboration avec J.-L. Leutrat et S. Lindrat-Guigues).
Nº de la revue Nu(e) consacré à Yves Charnet (2009).


Marcelo Jacques de MORAES: Mange-t-on une figue de parole?
En préparant la traduction brésilienne de Comment une figue de paroles et pourquoi, j’hésite à propos du titre. Si je le traduis mot à mot (littéralement?), j’ai "Como um figo de palavras e porquê". Or, si "como" est en effet le mot qui, en portugais, équivaut à "comment" du point de vue de l’étymologie, c’est aussi la première personne du verbe "comer", "manger". Le titre en portugais signifie donc à la fois "Comment une figue de paroles et pourquoi" et "Je mange une figue de paroles et pourquoi". Cette homonymie accidentelle — puisqu’elle n’est pas l’effet d’une généalogie interne à la langue — pose une oscillation de sens qui me semble pourtant intéressante dans la mesure où elle n’est pas sans rapport avec le poème: dans celui-ci la figue de parole se fait vraiment dévorer, même si elle laisse aussi un reste "irréductible", son "petit bouton de sevrage", qui, tel une lettre étrangère, d’ailleurs, "nous tient tête" et, inassimilable, se fait mâcher et remâcher infiniment. Je partirai donc de cette traduction "luciférine" (Haroldo de Campos) — et qui nous permet peut-être de dire qu’il n’y a pas de traduction "littérale " — pour discuter de la dimension performative de la poésie de (chez) Ponge dans son rapport au problème de la littéralité.

Marcelo Jacques de Moraes enseigne la littérature française à l’Université Fédérale de Rio de Janeiro. Chercheur du CNPq (Centre National de Recherches Scientifiques, lié au Ministère de Science et Technologie) depuis 2000, il a fait des stages de post-doctorat en France en 2003 (Paris VIII) et en 2010 (Paris VII), travaillant toujours sur la littérature française moderne et contemporaine d’un côté, sur le domaine de la traduction littéraire de l’autre. Traducteur aussi, il collabore depuis quelques années avec le Département d’Études Luso-Brésiliennes de l’Université de Provence, où il vient régulièrement donner des cours dans le domaine de la traduction.

Adalberto MÜLLER: Ponge vu par les choses: réalisme spéculatif, perspectivisme, traductions
Depuis la parution de L’homme et les choses de Jean-Paul Sartre, l’œuvre de Ponge a fait l’objet de diverses (re)lectures philosophiques, notamment sur la question de la "chose". Dans le cadre de la philosophie contemporaine, la pensée sur (ou avec) la chose a gagné d’autres contours, surtout dans l’optique de ce qu’on appelle depuis les années 1990 le "réalisme spéculatif". Pour la "object-oriented philosophy" de Harman, grosso modo, ce que je peux savoir et (me) représenter d’une chose ou d’un animal n’est qu’une des possibilités de "savoir" et de "représentation". Les choses sont elles-mêmes en "interaction" dans le temps et dans l'espace, et ce n’est pas l’intentionnalité ou un je (un jeu) transcendantal qui va forcément trancher la question de l'Autre: ce que je peux savoir d’une figue n’est pas le même savoir — et n’a pas la même saveur — que ce que les vers qui sont à l’intérieur de la figue en savent. C’est exactement cette multiplication de savoirs et de saveurs qui est au centre de l’enjeu pongien. Est-ce que ce que Harman nomme le "sensuous part of an object" — d’après Levinas — peut être rapproché de l'"objoie" pongienne? Dans quelles conditions la poésie de Ponge peut-elle enrichir le terreau dans la philosophie des modes existence? En quel sens est-elle une traduction de perspectives des objets (tout comme elle crée une perspective du Brésil "de sous les fougères") et comment se laisse-t-elle retraduire (au Brésil, par exemple)?

Adalberto Müller est professeur de Théorie de la Littérature et de Cinéma à l’Université Federal Fluminense (UFF) à Rio de Janeiro (Niterói). Chercheur du CNPq et de FAPERJ, il a été Visiting Scholar à Yale University (2013, Film Studies) et enseignant invité a Lyon2 (Etudes Cinématographiques). Son doctorat à l’Université de São Paulo (2002) portait sur les rapports entre musique et mimésis dans d’œuvre de F. Ponge. Il a publié des traductions de Ponge au Brésil, notamment Le parti pris des choses (O Partido das Coisas, 2000) et Le mimosa (A mimosa, 2005, Editora UnB), ainsi que des poèmes de Paul Celan, Rainer Maria Rilke et Jean Brossa. Il a aussi publié trois reccueils de poésie et réalisé un court-metrage d’après la poésie de Manoel de Barros (Wenceslau e a árvore do gramofone, 2008).

Alain PAIRE: Les Jardins-Neufs de Jean Tortel
Jean Tortel et Françis Ponge s'étaient rencontrés à Marseille en novembre 1943 dans la Résistance à laquelle tous deux participèrent. Ils avaient pour ami commun, Gabriel Audisio. Jusqu'en 1980 leur amitié fut très forte, les deux écrivains s'écrivaient et se voyaient fréquemment. Tortel livrait des compte-rendus à propos des livres de Ponge qu'il avait soin d'associer aux Cahiers du Sud. Le premier poème que Ponge donna à la revue, en 1945, Baptême funèbre, était composé pour le poète résistant lyonnais René Leynaud. Par la suite, Françis Ponge livra un ensemble à propos de la Rhétorique et des extraits de son Malherbe figurèrent dans le numéro spécial consacré au Préclassicisme français (1951); il participa avec un texte sur Georges Braque au numéro terminal du cinquantenaire de la revue. Ponge profitait aussi des ouvertures que la revue marseillaise pouvait offrir à des écrivains "débutants" comme André du Bouchet ou Pierre Schneider. C'est également Ponge qui présenta Tortel à l'éditeur suisse Henri-Louis Mermod. Les deux couples, Odette et Françis, Jeannette et Jean se voyaient souvent, à Paris, dans le Midi, et même à Cerisy où ils se rendirent ensemble en juillet 1955. Quand Tortel s'installat aux Jardins Neufs en Avignon après sa retraite, les relations continuèrent. À partir de la correspondance Tortel / Ponge (éd. Stock, 1998) ainsi que des échanges qui pouvaient s'effectuer avec Jean Ballard et Gabriel Audisio, il s'agira d'examiner les relations qu'entretinrent ces deux écrivains pendant plus de trente-cinq ans.

Alain Paire est écrivain et critique d'art. Auteur de Chronique des Cahiers du Sud (éditions de l'Imec, 1993) réalisateur de petits films à propos d'écrivains liés à Marseille comme Antonin Artaud, Walter Benjamin, André Breton et Simone Weil.
Site personnel: http://www.galerie-alain-paire.com


Marguerite-Marie PARVULESCO: Ponge dans la perspective des kanshi japonais: écriture, lecture et traduction
Les ressemblances inattendues que les poèmes de Ponge présentent avec des kanshi, poèmes composés en chinois par des lettrés japonais au XVIIIe siècle et XIXe siècles, soulèvent de nombreuses questions sur la signification et les limites de cette analogie, sur les raisons pour lesquelles, dans deux contextes culturels et linguistiques qui s’ignorent mutuellement, deux poétiques proches ont pu apparaître, sur la notion de "modernité" en littérature. Cette confrontation ouvre aussi de nouvelles perspectives à la littérature comparée, en introduisant une double réflexion: dans quelle mesure la traduction de poèmes d’Okubo Shibutsu peut-elle s’inspirer de l’écriture de Ponge, et dans quelle mesure, à la lumière de la lecture de Ponge, les kanshi japonais peuvent-ils trouver un nouvel intérêt?

Marguerite-Marie Parvulesco, professeur à l’Université Waseda (Tokyo). Elle a publié de nombreux articles, principalement au Japon, sur la poésie et la peinture des lettrés japonais de l’Epoque d’Edo, sur les rapports entre peinture et poésie, sur l’écriture et la traduction de la poésie chinoise.
Publications
Écriture et calligraphie, Bunkaronshû, Tokyo, mars 2015.
Traduire les kanshi I, II, III, Bunkaronshû, 2012, 2013, 2014.
"Tradition et modernité dans les kanshi de l’époque d’Edo: un poème d’Okubo Shibutsu", Ebisu. Ecriture, lecture et poésie, Publications Orientalistes de France, 1991.


Thomas SCHESTAG: Fastigiée: au cœur du Soleil de Francis Ponge
Le travail, intermittent, de Francis Ponge sur le soleil est un des plus intenses, des plus longs et des plus complexes parmi ses projets d’écrivain: mené, dans un premier temps, entre 1922 et 1931, sous le titre général du MYTHE du JOUR et de la NUIT; repris à partir de 1948 et poursuivi jusqu’à la publication du Soleil placé en abîme, en 1954. Dès le début Ponge approche le soleil sous un angle surprenant: il est jugé responsable de la prédominance du langage comme milieu de juridiction. Chaque jour cette source de lumière force les êtres (humains) à la reconnaissance des mots et des choses dans un même cadre (linguistique): c’est la forme de la sentence, du jugement comme verdict. La question pour Ponge est donc de comment briser cette terreur apophantique. Mais sa recherche sera interrompue  en 1931, au moment où il se rend compte que son attaque du soleil — porter plainte contre sa violence — reste à l’intérieur du cadre formel qu’il tente de briser. Cette communication discute les stratégies bifurquées auxquelles Francis Ponge, à partir de 1948, va exposer le soleil pour échapper à l’impératif juridique au cœur de la langue (humaine), lié au retour du soleil, et d’esquisser une autre relation (inouïe) entre soleil et langage.

Thomas Schestag, philologue, écrivain, enseigne la littérature allemande à Brown University (Providence, Rhode Island, États-Unis).
Publications
para- Titus Lucretius Carus, Johann Peter Hebel, Francis Ponge, Munich, 1991.
Francis Ponge, L’Opinion changée quant aux fleurs / Änderung der Ansicht über Blumen, édition critique d’un dossier inédit [fac-similes, transcriptions, traductions, commentaire philologique], Bâle 2005.
Francis Ponge, Le Soleil / Die Sonne, édition critique d’un dossier inédit [fac-similes, transcriptions, traductions, commentaire philologique], Berlin 2015.


Jean-Luc STEINMETZ: Ponge en personnes: la formule et le lieu
Ma communication revisitant des éléments issus de communications déjà anciennes tentera de voir avec des yeux neufs ce que j'avais appelé, reprenant ces mots du poète lui-même, "l'infinitif pluriel et la quatrième personne du singulier", ou bien encore — l'expression me revenant entièrement, cette-fois — "la fable différentielle". J'observerai le paradoxe de l'impersonnalité pongienne jointe à la très grande autorité d'un moi veilleur. Et je repenserai l'hypothèse d'un langage venu à maturité, fructifiant sans jamais se défaire, pour signifier l'universelle francité de Francis Ponge.

Jean-Luc Steinmetz est poète et universitaire.
Publications
Œuvres complètes de Lautréamont dans la Bibliothèque de la Pléiade (2009).
L'Autre saison, journal à partir d'Une saison en enfer de Rimbaud, Éditions Cécile Defaut (2013).
Vies en vues, poèmes, récits et lettres en vers, Éditions du Castor Astral (2015).


Asako YOKOMICHI: Les traductions de Ponge en japonais
Cette communication vise à retracer l’historique de la traduction de Francis Ponge au Japon: dans La Patrie se fait tous les jours, traduite en japonais et publiée en 1951, figurent les deux premiers textes du poète: "Détestation" et "La Métamorphose". L’univers pongien a été de plus en plus dévoilé dans sa richesse, par Le Parti pris des choses, dont les traductions se sont multipliées à partir des années 50, travaux qui ont fortement inspiré des poètes japonais, tels que Koichi ABE et Shuntaro TANIKAWA. En examinant la réception de la création pongienne dans les milieux littéraires du Japon, on se propose de répondre à la question: "Comment un Ponge au Japon et pourquoi?".

Asako Yokomichi, chargée de cours de l’Université Kansai (Japon), prépare actuellement, sous la direction de Jean-Luc Steinmetz, sa thèse consacrée au premier Ponge, en se focalisant sur son héroïsme.

BIBLIOGRAPHIE :

Œuvres
Francis Ponge, Œuvres complètes (éd. Bernard Beugnot), Gallimard, coll. "Bibliothèque de la Pléiade", t. I (1999) et t. II (2002).
Francis Ponge, Pages d’Atelier, 1917-1982, Gallimard, coll. "Les Cahiers de la NRF", 2005.

Volumes collectifs
Gérard Farasse (dir.), Ponge à l’étude, Revue des Sciences Humaines, n°228, 1992-4.
Francis Ponge: Genesis. Revue internationale de critique générique, ITEM-Jean Michel Place, n°12, 1998.
Jean-Marie Gleize (dir.), Ponge, résolument, ENS-éditions, coll. "Signes", 2004.
Philippe Bonnefis, Pierre Oster (dir.), Ponge inventeur et classique, Colloque de Cerisy, Union Générale d’Édition, coll. "10/18", 1977. Réédition: Herman éditeurs, coll. "Cerisy/Archives", 2011.
Benoît Auclerc, Sophie Coste (dir.), Ponge et ses lecteurs. Études critiques. Correspondance inédite de Francis Ponge avec son père, éditions KIME, 2014.
Benoît Auclerc, Bénédicte Gorrillot (dir.), Politiques de Ponge, Revue des Sciences Humaines, n°316, octobre-décembre 2014.

Monographies
Jacques Derrida, Signéponge, Seuil, coll. "Fiction & Cie", 1988.
Jean-Marie Gleize, Francis Ponge, Seuil, coll. "Les Contemporains", 1988.
Bernard Beugnot, Poétique de Francis Ponge, PUF, coll. "Écrivains", 1990.
Michel Collot, Francis Ponge entre mots et choses, Champ Vallon, coll. "Champ Poétique", 1991.
Gérard Farasse, L’Âne musicien. Sur Francis Ponge, Gallimard, coll. "NRF-Essais", 1996.

Correspondances
Jean Paulhan-Francis Ponge, Correspondance (éd. Claire Boaretto), Gallimard, t. I (1923-1946) et t. II (1946-1968), 1986.
Jean Tortel-Francis Ponge, Correspondance, 1944-1981 (éd. Bernard Beugnot, Bernard Veck), Stock, coll. "Versus", 1998.
Albert Camus-Francis Ponge, Correspondance, 1941-1957 (éd. Jean-Marie Gleize), Gallimard, 2013.

Ponge et les peintres
Bernard Vouilloux, Un art de la figure, Francis Ponge dans l’atelier du peintre, Presses universitaires du Septentrion, 1998.

Avec le soutien
de l'Université Paris 4 (ANR & UMR CNR CELLF 16-21, équipe 20-21 & LABEX OBVIL),
de l'Université Lyon 3 (MARGE - EA 4028),
de l'Université de Valenciennes (CALHISTE),
de la Webster University (Jane & Bruce Robert Endowment),
de la Melodia E. Jones Chair (University at Buffalo),
  de la Fondation d'Entreprise La Poste,
 de la Société des Lecteurs de Francis Ponge
et de l'IMEC

UniversiteParisSorbonne  
Cellf    Obvil

Université de Lyon 3    Calhiste

A&S Webster    Centre francophone Webster    Melodia E. Jones Chair

Société des Lecteurs de Francis Ponge   Fondation d'Entreprise La Poste   IMEC