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" Page mise à jour le 10 mai 2010 "
DU MERCREDI 2 JUILLET (19 H) AU MERCREDI 9 JUILLET
(14 H) 2008
« RÉSISTER »
DIRECTION : Annie GUTMANN, Pierre SULLIVAN
ARGUMENT :
Il importe de distinguer le principe de la "résistance"
et son expression, ses modalités, dans différents
"lieux" de la vie ou de la pensée, de l’expérience
et, en particulier, du langage.
En effet, pour la psychanalyse, la résistance
est une donnée fondamentale, tant celle
qui s’exprime à l’intérieur de la cure analytique
que celle qui s’exerce à l’encontre de la psychanalyse
ou encore celle que manifeste la psychanalyse elle-même.
Toutefois, on peut se demander si, à la lumière
des découvertes récentes que la médecine
et la biologie contemporaines désignent
au cœur de l’individu (gènes de développement)
ou remettent à l’honneur (paradoxalement faire mourir
pour vivre comme dans l’apoptose), la psychanalyse entretient,
aujourd’hui encore, un foyer d’opposition. Et ce questionnement
peut être étendu à d’autres disciplines:
existe-t-il un retentissement de cette découverte,
voire un processus analogue, implicitement à l’œuvre
dans des champs tels que l’anthropologie, la philosophie,
l’art, l’histoire ou la politique, terrains individuels
et collectifs où principes et expressions de la résistance
se rencontrent?
Comment, en définitive, approcher en termes
d’éthique, et de politique, dans la perspective
de la vie en soi-même et avec autrui, ce que
nous pourrions pour le moment appeler le "noyau dur" de
la résistance?
CALENDRIER DÉFINITIF :
Mercredi 2 juillet
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre,
des colloques et des participants
Jeudi 3 juillet
Matin:
Annie GUTMANN & Pierre
SULLIVAN: Ouverture
Michaël de SAINT-CHÉRON:
De Ganghi à Geneviève de Gaulle: comment résister?
Après-midi:
Denise
WEILL: Qui résiste à quoi? Juin 1942
— Septembre 2007
Marie-Hélène
PINEL: Vie et mort dans un bagne du XXème
siècle, et ensuite...
Soirée:
Heidi ZIMMERMAN: Les événements de 1965 en
Indonésie et leurs suites chez quatre familles indonésiennes
(projection)
Vendredi 4 juillet
Matin:
Evelyne CHAUVET: Le masochisme,
une résistance paradoxale
Table Ronde : "Résister"
et la psychanalyse, avec Frédérique
LAB (Les temps perdus) et Pierre
SULLIVAN (Psychanalyse de la résistance aujourd'hui)
Après-midi:
Benoît
VERDON: Résister, collaborer. Figures d'une
dynamique mise à l'épreuve par la traversée
du vieillissement
Marie-Françoise
CHESSELET: Résilience cellulaire, résistance
du vivant
Agnès MOREAU: Le cas d'Hector
ou les résistances au changement dans le cadre d'un traitement
précoce mère-enfant
Soirée:
Nic
MAZODIER: La résistance en poésie
Samedi 5 juillet
Matin:
Sophie
KESSLER-MESGUICH: L'hébreu et les emprunts
étrangers: entre assentiment et résistance
Annie
GUTMANN: Comment la musique travaille-t-elle la résistance?
Paradoxe de la complexité
Après-midi:
REPOS
Dimanche 6 juillet
Matin:
Annie GUTMANN: Bilan de la première partie du colloque
Rachel ROSENBLUM: Tactiques
de Perec — La résistance du gardien de cimetière
Jean MOUCHARD:
Les verrous de la résistance
Après-midi:
Daniel DAYAN: La résistance
comme posture, comme alibi et comme euphémisme.
A quoi résister? La boussole affolée
Jeffrey
GOLDFARB: La créativité et la résistance
dans l'interaction sociale
Soirée:
Théâtre,
avec Isabelle LAS VERGNAS & Rodrigue VILLENEUVE (Réflexion
à l'occasion de la mise en scène de la pièce
de Lars Noren, Guerre)
Lundi 7 juillet
Matin:
Frans
LEMAIRE: Rester et résister? Le cas de Dimitri
Chostakovitch
Jacques
SEMELIN: La non-violence est-elle une résistance?
Après-midi:
Table Ronde : "Résister".
Faits identitaires et religieux, avec Marc RASTOIN (Entre résistance
et soumission: le dilemme des premiers chrétiens face
à Rome), Anne-Paule DERCZANSKY
(Une résistance oubliée), André ENCREVÉ (La résonance
de l'idée de résistance dans le protestantisme
français des XIX et XXème siècle), Daniel FARHI (La résistance
religieuse et spirituelle à la barbarie nazie).
Soirée:
Cinéma, avec Ion
MIHAILEANU (« Train de vie » ou la résistance
par le rire)
Mardi 8 juillet
Matin:
Geneviève WELSH-JOUVE:
Situations extrêmes, résistance
humaine
Daniel
IRAGO: L’identité du demandeur d’asile: Aspects cliniques
Après-midi:
Table Ronde : Du sommeil
à la douleur, avec Makis
CHAMALIDIS (Je n'ai pas envie de me prendre la tête),
Edmond GUILLIBERT & Jacques WROBEL (Résister
à la douleur) et Suzanne SULLIVAN
(Résistance au sommeil comme symptôme)
Mercredi 9 juillet
Matin:
Annie GUTMANN & Pierre
SULLIVAN: Conclusions
Débat général
Après-midi:
DÉPART DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Makis
CHAMALIDIS: Je n'ai pas envie de me prendre la tête
L’excellence sportive a un prix très
élevé, à l’entraînement comme en compétition,
ils ‘agit d’aller régulièrement à l’assaut
du "point de rupture" là où les choses vous résistent,
là où ça fait mal. Certains acteurs du milieu
sportif considèrent le mental comme un muscle. La résistance
physique devient alors l’alibi pour ne pas "se prendre la tête",
pour ne pas résister à ses démons intérieurs.
La devise nord-américaine "No pain, no gain!" résume
bien l’approche de certains entraîneurs sportifs, là
où d’autres cherchent à cultiver l’intelligence de
leur corps considérant que "faire commence par laisser faire".
Dans la logique de toute-puissance, les athlètes doivent toujours
en faire plus jusqu’au jour — souvent au crépuscule de
leur carrière — où certains apprennent à se
sublimer en faisant tomber les barrières.
Evelyne CHAUVET: Le masochisme,
une résistance paradoxale
Réflexions sur les enjeux inconscients
de vie et de mort d’un masochisme témoin d’une résistance
et d’une capacité de survie psychique post-traumatique. La
solution masochique, pour éponger l’hémorragie
narcissique consécutive aux traces laissées par
les objets premiers, ne constitue toutefois qu’un auto-traitement
provisoire de la dépression. Sa fonction de « gardien
de la vie », sera interrogée dans sa paradoxalité
lorsque, pour garder aux forces de vie leur prévalence dans
l’économie psychique, il devra résister à la
destructivité inhérente à la dépression
mélancolique. Car lorsqu’il prend la forme d’une morale extrême,
le masochisme peut servir en même temps à alimenter
le processus d’auto-dépréciation jusqu’à son
épuisement, faisant alors du suicide la seule issue possible.
Une paradoxalité qui est à élaborer dans sa
valeur économique et dynamique à partir d’une réflexion
sur les liens psychiques qui s’entretiennent entre traumatisme,
masochisme et mélancolie. Autres questions: dans quelle mesure
la situation analytique ne risque-t-elle pas de renforcer les défenses
et d’alimenter l’économie masochique? Et comment l’économie
psychique peut-elle être ré-orientée pour passer
d’un régime de survie à celui d’une jouissance de la vie?
Marie-Françoise
CHESSELET: Résilience cellulaire, résistance
du vivant
Mort et survie
incontrôlées sont deux facettes de la
biologie cellulaire. La mort cellulaire domine les maladies
neurodégénératives (comme la maladie
de Parkinson ou d’Alzheimer), ou les traumatismes (comme
la lésion accidentelle de la mœlle épinière,
l’attaque vasculaire cérébrale ou les
traumatismes crâniens). Quand une cellule nerveuse
est soumise à un traumatisme répété
d’origine interne (génération de radicaux libres
destructeurs due au vieillissement ; mutation génétique
qui perturbe les fonctions cellulaires) ou externe (exposition
chronique à des toxines environnementales par exemple),
le processus de mort cellulaire est l’aboutissement d’un
long processus de dysfonctionnement pendant lequel des processus
de défense sont mis en jeu. Ce sont ces processus qui
nous intéressent ici. Ces mécanismes de défense
"endogènes" mis en œuvre par la cellule attaquée nous
montrent comment s’opposer au processus pathologique, d’où
leur intérêt thérapeutique potentiel.
Daniel DAYAN: La résistance
comme posture, comme alibi et comme euphémisme.
A quoi résister? La boussole affolée
La notion de résistance manifeste une dimension
éthique. Il existe une oppression ou
un mal auxquels il faut résister. Mais la notion
de résistance présuppose que l'on sache
à quoi résister et que nous disposions d'une
boussole morale fiable. Que se passe-t-il lorsque cette
boussole s'affole? Lorsque nous sommes confrontés
à des maux non seulement multiples mais rivaux? Que
se passe-t-il quand résister à l'un de ces
maux c'est succomber à l'autre? Que se passe-t-il quand
la notion de "résistance" devient (1) une posture,
(2) un alibi, ou enfin (3) un euphémisme dont
la vertu est précisément de paralyser toute
résistance? Ne faut-il pas parfois résister
à la résistance? L'intervention proposée
abordera ce problème en référence
au terrorisme, en proposant l'analyse de deux énoncés
contradictoires. (1) Le "terrorisme est une forme
de résistance" et (2) "Il faut résister au
terrorisme". Elle partira des réflexions sur le terrorisme
proposées dans La terreur spectacle (2006)
par Michael Walzer, par Susan Neiman, et par moi-même,
afin de montrer que la résistance au terrorisme concerne
avant tout les militants amenés à choisir
ou à rejeter cette approche.
Anne-Paule DERCZANSKY: Une résistance
oubliée
Mancur Olson, sociologue américain, auteur
de la Logique de l’Action Collective, démontre que
pour se mobiliser, il faut y avoir un intérêt personnel:
c’est pourquoi, explique t-il, les revendications collectives mobilisent
les masses seulement ponctuellement, en tant de crise et, une fois
l’intérêt personnel satisfait, la mobilisation retombe:
"la résistance s’éteint". L’auteur du Cens caché,
Daniel Gaxie, à partir du même raisonnement, démontre
quant à lui, qu’il faut un intérêt social et pécuniaire
à l’engagement collectif. Mais il y a selon, Marshall B. Rosenberg,
psychologue clinicien, la forme suprême de l’intelligence qu’est
l’empathie pour l’autre. Quel est alors le principe qui fonde un
engagement tel que celui que je me suis efforcée de mettre en
place, qui en passe par une mise en valeur de la résistance arabo-musulmane
lors de la dernière guerre? Quelle en est sa portée, qui
agit et pourquoi?
André
ENCREVÉ: La résonance de l'idée de résistance
dans le protestantisme français des XIXe et XXe siècles
Dans le protestantisme français,
l'idée de résistance — à l'Etat et
à l'Eglise romaine — est très ancienne. Elle
est même présente dès l'origine, et particulièrement
développée durant les guerres de religion des
dernières décennies du XVIème siècle.
Mais alors ce sont plutôt deux groupes armés qui
se font la guerre. C'est donc surtout après 1685 (Révocation
de l'Edit de Nantes) que la notion moderne de résistance
se développe chez les huguenots, avec le double aspect de la
résistance: armée (guerre des Camisards) et civile
(Eglise clandestine entre 1685 et 1787). Certes, après 1789
les protestants sont libres, mais l'idée qu'il est normal,
voire parfois indispensable, de résister à l'Etat et
à l'Eglise dominante est fondamentale pour eux. Cela proscrit
chez eux toute idée de "transcendance" de l'Etat et induit
au contraire une obéissance toujours conditionnelle à
l'Etat, fût-il légitime, puisqu'un monarque légitime
(le roi Louis XIV) peut fort bien donner des ordres illégitimes,
voire scandaleux. Cette idée que la conscience individuelle
prime sur les lois de l'Etat, et sur la voix de la majorité,
se retrouve à plusieurs reprises et en particulier au moment
de l'Affaire Dreyfus, dans les années 1930 et pendant la Seconde
guerre mondiale.
Daniel FARHI: La résistance
religieuse et spirituelle à la barbarie nazie
Mon intervention se propose
de montrer, textes à l'appui, que de très nombreux
juifs religieux, incapables d'opposer les armes à
leurs bourreaux, ont su développer une autre forme de
résistance — généralement méconnue
— à la tentative de déshumanisation des nazis, en
questionnant leurs rabbins, comme eux enfermés dans
des ghettos ou des camps de concentration et/ou d'extermination,
sur la conduite à tenir en matière de pratiques
religeuses dans des circonstances extrêmes. Les réponses
des rabbins (du moins ceux qui ont survécu à la
Shoa) ont fait l'objet d'une incroyable et surréaliste
littérature qui, à elle seule, représente une
forme de résistance aussi courageuse que celle qui a eu
recours aux armes. L'une n'a d'ailleurs pas toujours été
exclusive de l'autre.
Références
Bibliographiques :
Au dernier survivant
; paroles sur la Shoah, Albin Michel, janvier 2008.
J'espère qu'un livre
de responsa d'un des rabbins ayant écrit à
ce sujet, Ephraïm Oshry, traduit de l'américain
et préfacé par moi paraîtra d'ici le colloque
chez Albin Michel.
Jeffrey GOLDFARB: La créativité
et la résistance dans l'interaction sociale
Dans cette conférence, je
présente une analyse de la notion d’Adam Michnik
sur l’"Amnistie sans Amnésie". La sienne fut un jugement
politique éclairé présenté à un moment
critique de la lutte pour constituer en Pologne une démocratie
politique. La mienne est une appréciation de sa
position politique, ainsi qu’une analyse sociologique qui
met l’accent sur les difficultés empiriques de sa réalisation
dans l’action pratique. Je montrerai comment, à des moments
critiques de changement social, l’action politique créative
travaille à effacer la mémoire de ces aspects du
passé qui, quelque pertinents qu’ils puissent être, engagent
une dimension répressive, et à constituer une nouvelle
mémoire (qui donnerait ses chances au possible): "re-remembering"
(pour utiliser la formulation de Toni Morrison). Trois cas seront
comparés, celui de Michnik, après la chute du régime
communiste en Europe centrale de l’Est, des exemples tirés du
conflit Israël-Palestine et de la campagne présidentielle
française.
Edmond GUILLIBERT: Résister
à la douleur
L’ambiguïté du terme "résister" s’applique
très exactement à la "douleur", telle que
nous la rencontrons en médecine, et en particulier
dans le centre d’évaluation et de traitement de la douleur
où nous exerçons. Nous nous appliquerons
à démêler l’écheveau linguistique
et épistémologique entre douleur et
souffrance. Le cancer qui a affligé Freud sera un exemple
de résistance et peut-être aussi de tache aveugle
dans sa théorie. Les rites d’initiations peuvent être
un modèle ethnologique de résistance à
la douleur. Quant à l’anthropologie médicale, l’exemple
de la fibromyalgie pourrait être un modèle de
résistance à la dépression. Dans les centres
d’évaluation et de traitement de la douleur, le modèle
des consultations conjointes somaticiens-psychiatres sera
discuté comme résistance au contre-transfert négatif.
Résister à une taxinomie et à une compréhension
holistique des douleurs et souffrances de l’être humain
ainsi qu’au morcellement médical et à la réification
de la médecine scientifique nous paraît incontournable.
Références Bibliographiques
:
Le Breton D (1995). Anthropologie de la douleur.
Métailié.
Vergely B (1997). La souffrance. Folio Essais.
Allaz A.F. ;Wrobel J ; (2007) Aspects psychologiques
de la douleur chronique ; Institut UPSA de la douleur.
Annie GUTMANN: Comment la musique
travaille-t-elle la résistance? Paradoxe de la
complexité
La liberté
était dans l'esprit d'un Goethe, d'un Schiller
ou Von Humboldt, la marque de l'art, de la musique, source
pour les êtres humains des plus grands bonheurs. Comment
cet art de liberté pouvait-il alors être instrumentalisé
par la propagande ou l'oppression de régimes dictatoriaux
conduisant à la mort de la culture, au point même
de devenir un moyen de persécution dans les camps
d'extermination nazis: au son de l'orchestre, forcer à
marcher et à travailler jusqu'à la limite ultime de
leurs forces les déportés ; par la nostalgie émanant
de certaines mélodies, les outrager, les humilier,
les torturer? Dans le même temps, des musiciens persécutés
composaient des ouvres admirables.
La musique recèlerait-t-elle
des caractéristiques pouvant dessiner un
chemin menant de Bach aux camps de la mort, permettant
de mieux comprendre les émois musicaux des tortionnaires,
la rencontre entre l'art et la barbarie? Une voie est-elle
concevable qui approcherait l'énigme d'un art apte
à servir la « mise au pas » la plus cruelle,
la soumission, comme son contraire, la résistance, dont
la musique peut être une figure? Résister pour,
avant tout, rester vivant, raconter, à nouveau créer.
Au-delà de cette énigme spécifique, la musique,
le chant en particulier, sont-ils un monde, pertinent, d'identification
des ressorts plus généraux du travail de la résistance?
Daniel IRAGO: L’identité
du demandeur d’asile: aspects cliniques
De façon générale, lorsque le demandeur
d'asile nous sollicite dans notre qualité de psychothérapeute
il nous force à penser notre pratique autrement. De quoi s'agit-il?
Nous sommes d'abord saisis et mobilisés par sa détresse
psychique et matérielle, par les situations extrêmes auxquelles
il a été le plus souvent confronté et par le message
de violence qui se dégage de son parcours. Par sa présence
vivante, il nous interpelle directement et nous confronte à un
monde où l’emportent la déliaison et la violence. Son témoignage,
en mettant à nu les aspects les plus refoulés de l’humain,
a un pouvoir d’effraction et une force d’attraction inquiétante.
La rencontre clinique est cependant marquée par un décalage
d'expérience radical: son existence en suspens semble régie
par un code qui n’est pas celui de notre expérience ordinaire.
Sophie
KESSLER-MESGUICH: L'hébreu et les emprunts
étrangers: entre assentiment et résistance
À toutes les étapes de
son histoire, l’hébreu a emprunté des éléments
de lexique aux langues avec lesquelles il s’est trouvé
en contact: à l’époque biblique, entre autres,
l’akkadien, l’égyptien, le perse; à l’époque mishnique,
l’araméen, le grec et le latin; à l’époque moderne,
le yiddish, l’arabe, le russe et l’anglais. Nous nous intéresserons
plus spécialement à l’hébreu israélien,
dans la mesure où il est le fruit d’un processus partiellement
artificiel de renaissance: nous confronterons le point de vue
idéologique des pionniers de cette renaissance — initialement
opposés à tout emprunt à des langues non
sémitiques — à la réalité de la langue
contemporaine, générale autant que technique.
Nous essaierons de montrer pourquoi certains emprunts ne rencontrent
pas de résistance, alors que d’autres sont rejetés
par tout ou partie des locuteurs. Nous pourrons ainsi préciser
les enjeux et les limites du volontarisme linguistique.
Frédérique
LAB: Les temps perdus
Année 2006: les "acquittés d’Outreau" témoignent
devant les membres de la commission d’enquête parlementaire,
mise en place après "l’affaire" qui s’était terminée
en décembre 2005 avec un verdict d’acquittement général
pour tous ceux qui sont entendus alors. L’intégralité des
travaux de la Commission a été filmée et diffusée
sur des chaînes de la télévision française.
Toutes les interventions ont été transcrites et publiées
dans un Rapport de l’Assemblée Nationale. De tous ces témoignages,
on en retiendra un parmi tous les autres, radicalement différent
dans sa forme. Ce qui nous intéresse ici, c’est de voir comment
cet "acquitté d’Outreau" inscrit, dans la construction même
de son récit — dans son organisation temporelle — sa résistance
à la réalité des faits, et comment il résout,
linguistiquement, la difficulté que lui pose cet intolérable
récit.
Frans LEMAIRE: Rester et résister?
Le cas de Dimitri Chostakovitch
L’artiste d’un système totalitaire peut-il
résister autrement qu’en quittant ou en s’enfermant
dans le silence? Rendu célèbre par
deux condamnations (1936 et 1948) pour des œuvres qui n’étaient
en rien des actes d’opposition, Chostakovitch est
devenu "résistant" par frustration, mais aussi
par protestation face aux persécutions qui
frappaient ses amis, juifs en particulier. Cette attitude,
révélée en 1979 par des Mémoires
apocryphes, peut aujourd’hui être décryptée
dans une œuvre musicale emplie de signaux allant de la simple
allusion à la dénonciation ouverte (symphonie
Babi Yar), de l’ironie acerbe (mélodie
Les descendants) à la plaisanterie
scatologique (cantate Rayok). Trop subtils pour être
perçus en dehors d’un cercle étroit, restés
cachés ou censurés, ces signaux témoignent
d’une résistance qui, à force d’être intérieure,
n’a pu prendre sa véritable dimension qu’après
la mort du compositeur et la fin de la censure soviétique.
Références Bibliographiques
:
La musique du XXème siècles en Russie
et dans les anciennes républiques soviétiques,
Fayard, 1994.
Le destin juif et la musique. 3000 ans d’histoire,
Fayard, 2001.
Le destin russe et la musique. De la Révolution
à nos jours, Fayard, 2005.
"Le choix des textes comme expression protestataire
dans la musique de Dimitri Chostakovich" (Pegasus,
Amsterdam, 2007).
"La mort dans la musique de Chostakovitch" (Revue
Frontières, Université du Québec,
2008).
Nic MAZODIER: La
résistance en poésie
Mon intervention sera très simple. Je suis
comédienne, j'aime la poésie, et je lirai des poèmes
sur le thème de la RÉSISTANCE.
Agnès MOREAU:
Le cas d'Hector ou les résistances au changement dans le
cadre d'un traitement précoce mère-enfant
Le matériel clinique exposé concernera
les différentes étapes d’un processus thérapeutique
dans le cadre d’un traitement précoce mère-enfant,
poursuivi par le traitement de l’enfant seul. Dans un contexte
d’investissement maternel discontinu, sur le mode de la fusion
et du rejet et face aux manifestations violentes du jeune enfant,
la continuité et la fonction contenante du cadre institué
par l’analyste ont été mises à l’épreuve
et ont relevé bien souvent de l’épreuve de force: résister
pour continuer à penser, à rester vivant et à
maintenir le cadre thérapeutique... Les comportements de violence
de ce jeune patient qui ont jalonné le traitement, réapparaissant
à des moments clés de mutation, peuvent-ils être compris
comme autant des manifestations de résistance au changement:
résistance à la différenciation, à la séparation?
La résistance contretransférentielle de l’analyste
a permis un travail psychothérapique au long cours dans lequel
les mouvements psychiques premiers qui reliaient la mère et
l’enfant ont pu être transformés ainsi que l’investissement
pulsionnel dont l’enfant était l’objet libérant ainsi
des voies d’accès à la symbolisation et à la subjectivation.
Jean MOUCHARD: Les verrous
de la résistance
L'enseignement de la philosophie en banlieue, dans des zones
réputées difficiles, se heurte d'emblée à
une opposition massive, apparemment indéboulonnable: celle du
"eux" et du "nous". De part et d'autre, on estime souvent qu'il ne peut
y avoir ni langage commun, ni compréhension, ni terrain d'entente
minimal entre ces deux côtés. Il s'agit donc de résister
à une résistance protéiforme. Comment? En empruntant
des chemins de traverse et des voies multiples, inattendues, imprévisibles,
sans cesse à réinventer: car il n'existe certainement
pas de clé universelle pour déverouiller les résistances
multiples auxquelles on se trouve confonté dans une telle situation.
En se gardant bien de théoriser quoi que ce soit, on se bornera
ici à décrire quelques situations vécues: quelques
échecs radicaux, et peut-être aussi quelques débuts
de "déverouillage", d'ouverture, où l'on sent qu'on est
parvenu à délier la parole et à dénouer, tout
à fait provisoirement, certains noeuds mentaux.
Marie-Hélène
PINEL: Vie et mort dans un bagne du XXème
siècle, et ensuite...
En août
1973, cinquante huit membres de l’armée marocaine,
de tous rangs, ont été enlevés de la
prison d’Etat où ils purgeaient des peines allant de
3 à 30 ans, prononcées lors de jugements réguliers.
Ils ont disparu. Dix-huit ans plus tard, en septembre
1991, et à la faveur de multiples démarches
notamment franco-américaines, les portes du bagne
de TAZMAMART, dont l’existence était régulièrement
niée par les autorités marocaines, se sont
ouvertes: trente "disparus" (dont beaucoup avaient largement
dépassé la durée de leur peine) étaient
morts et enterrés dans la cour du bagne, vingt huit
avaient survécu. Les rencontres directes avec les survivants,
leurs témoignages sur les conditions — extrêmes
à tous égards — de leur détention, permettent
d’approcher les ressorts et ressources par lesquels individuellement
et/ou collectivement ils ont cherché à protéger
la vie et leur droit à l’existence face à la négation
implacablement organisée de celle-ci. Quelles vies
aujourd’hui pour eux, libres?
Marc
RASTOIN: Entre résistance et soumission: le dilemme des
premiers chrétiens face à Rome
Jésus de Nazareth est souvent présenté
comme ayant refusé la résistance violente à
Rome, se séparant des zélotes et favorisant un certain
retrait des chrétiens vis-à-vis de la vie publique.
Pourtant, paradoxalement, la persécution impériale
affecte particulièrement les chrétiens dès
le premier siècle (sous Néron) alors que les Juifs,
même vaincus, sont reconnus légalement. Comment les
Chrétiens ont-ils vu l'Empire romain? Quelles ressources Saint
Paul et l'auteur de l'Apocalypse ont-ils laissées à la
théologie chrétienne ultérieure pour penser la
résistance à un pouvoir politique totalisant? En mettant
en valeur la vertu de persévérance (l'upomoné),
Paul a pris appui sur la philosophie de son temps pour présenter
le culte chrétien comme un culte rationnel (Rm 12,2) inoffensif
pour l'ordre public. L'auteur des visions de l'Apocalypse s'est servi
du style apocalyptique et des ressources de l'imagination pour présenter
une critique plus cinglante du système politique et économique
de Rome. Il s'agira ainsi de décrire les différents façons
dont la première pensée chrétienne a réagi
aux autorités en place (cf. Rm 13,1-7) et a perçu
leur rôle.
Rachel ROSENBLUM: Tactiques de
Perec — La résistance du gardien de cimetière
Un ami et commentateur
de Georges Perec (Claude Burgelin, 1996) décrit
celui-ci comme un "cryptophore". La notion de "crypte"
est empruntée à Maria Torok et Nicolas Abraham.
Etre un porteur de crypte, c’est refuser de reconnaître
l’existence d’une blessure vitale, d’une blessure dont
la révélation serait catastrophique, d’une
blessure née de la perte d’un objet aimé ("narcissiquement
indispensable") et du refus (ou de l’impossibilité)
du deuil. Pour éviter la reconnaissance de la perte, une
crypte est érigée, interdisant tout accès
direct à la souffrance. Le cryptophore ressemble alors
à un gardien de cimetière facétieux: il
décourage les visiteurs, multiplie les obstacles sur leur
chemin, les dirige vers des tombes qu’ils ne cherchent pas.
Un tel gardien de cimetière doit être subtil, joueur,
retors, ingénieux. On reconnaît aisément
Georges Perec. Georges Perec se reconnaît lui même dans
un tel portrait, et, dans un essai où il semble répondre
à Torok et Abraham, il aborde directement la question de la
crypte, ("... dans sa phase mélancolique, la crypte commence
à se fissurer") et il explique pourquoi il est crucial de résister
à son effraction. Cette effraction est en effet la seule modification
que puisse connaître une crypte. "C’est la première
modification de la psyché et c’est aussi la dernière,
car elle ouvre la voie à la reddition à la mort"*.
Perec se fait ainsi stratège et théoricien de
sa propre résistance (à une écriture directe,
à l’ouverture de la crypte, à la psychanalyse). En quoi
a consisté cette résistance? C’est ce que révèle
un examen des "tactiques de Perec".
* G. Perec
& H. Mathews, Roussel et Venise. Esquisse d’une
Géographie Mélancolique, L’Arc, I977,
n°68.
Jacques
SEMELIN: La non-violence est-elle une résistance?
Voici une vingtaine d'années,
la non-violence était encore perçue comme
une forme de passivité ou comme une idéologie du
pacifisme. Aujourd'hui, cette manière d'être
au monde et d'agir dans le conflit semblent davantage susciter
le respect, adossée sur l'héritage des luttes de
Gandhi et Martin Luther King et, plus récemment, sur celui
des "révolutions de velours" dans l'ex-bloc soviétique.
Tout scepticisme n'a certes pas pour autant disparu à l'égard
de cette notion équivoque de non-violence. Mais au moins
mérite-t-elle d'être explorée en profondeur,
au moment même où nos contemporains ressentent les
impasses tragiques de la violence et du terrorisme. Comment donc
définir la non-violence? Celle-ci peut-elle être
considérée comme une forme singulière de
résistance et selon quelles modalités? Cette communication
tentera de clarifier les diverses significations de ce terme et
de poser les jalons d'une réflexion critique, à partir
d'une variété d'exemples historiques. Pour tester la
pertinence de l'action non-violente, et plus généralement,
d'une résistance civile, on se placera sur le terrain
qui lui semble le moins favorable: celui des violences extrêmes,
de la terreur nazie et du génocide des juifs européens.
On sera alors mieux à même d'évaluer les atouts
et limites d'une telle stratégie de l'action collective. Finalement,
on tentera de dépasser cette discussion sur l'efficacité,
pour avancer un nouveau paradigme qui, au delà des modes
de lutte armée ou non armée, suggère une anthropologie
politique des rapports entre résistance et transgression,
soulignant paradoxalement la question cruciale et pour ainsi dire
préalable de la résistance... à la résistance.
Pierre
SULLIVAN: Psychanalyse de la résistance
aujourd'hui
Comment "psychanalysons-nous" aujourd’hui?
Encore, il y a quelques deux petites décennies,
la résistance était considérée
comme l’une des mamelles de la cure analytique. C’était
l’objet évanescent mais obsédant de la rencontre entre
un analyste et son patient. Beaucoup de débats eurent lieu
pour déterminer la provenance de cette force à la
fois opposée au déroulement de la cure et nécessaire
à son cheminement, puisque sans elle, sans son dynamisme, aucune
économie de la cure n’eût été possible.
D’où, de quelle topique, émanait-elle? Cette question
a donné des ailes à la théorie analytique:
on a pu dire d’abord que le Moi, le Moi qui refoule, était le
siège de la résistance avant de concevoir plus tard
la résistance comme issue de l’Inconscient lui-même devenu
de ce fait un puissant attracteur opposé à son propre
dévoilement. Ces propositions, parfois absconses, de Freud
et de ses successeurs ont occupé l’esprit de la psychanalyse pendant
un siècle. Mais ces questions ont-elles encore une portée?
Une portée clinique. Consulte-t-on aujourd’hui pour révéler,
en dépit des résistances, une quelconque "Autre scène"?
Est-ce cette ascèse qui détermine la pratique
analytique? Si ce n’est plus le cas, ou rarement, que devient
alors la résistance aujourd’hui dans la pratique thérapeutique?
Suzanne
SULLIVAN: Résistance au sommeil comme symptôme
Des parents consultent pour une petite
fille de quatre ans et demi. Depuis sa naissance, elle n’a
pas dormi une seule nuit complète. Elle vient d’avoir
un petit frère il y a quelques mois et ses parents sont
épuisés. La maman, à bout, dit à sa petite
fille que si elle ne dort pas la nuit, elle, sa maman, va mourir.
Face à une telle menace, la petite se met à dormir
certes mais fait des rêves hurlants de quelques minutes, trois
à quatre fois par nuit, sans se réveiller. La situation
est pire qu’elle n’a jamais été. Les journées
ne rachètent pas les nuits, la petite est exigeante et insolente.
Cette insomnie et ces hurlements gravissimes cèderont quelques
semaines après le début d’une psychothérapie
psychanalytique. L’insomnie est-elle une résistance au sommeil
et pourquoi l’insomnie cède-t-elle si rapidement après
le début de la prise en charge? Qu’est-ce que la suite de la
thérapie fait apparaître dans l’organisation psychique
de cette petite fille pour comprendre cette longue et douloureuse
incapacité à dormir présentée par les parents
comme une lutte incessante qui se passe aussi bien de jour que de nuit.
Une fois le sommeil conquis, que trouvons-nous? Quels contenus psychiques
devaient rester refoulés?
Benoît VERDON: Résister,
collaborer. Figures d'une dynamique mise
à l'épreuve par la traversée du
vieillissement
Vieillir
engage des dessaisissements nombreux, condensés
en une expérience narcissique majeure du
fait de l'idée radicale de ne plus exister un jour.
Des premières manifestations de la crise du milieu
de la vie à la grande vieillesse qui amenuise l'indépendance,
la traversée de cette longue période de la
vie est de fait une mise à l'épreuve intense des
capacités du sujet à traiter la perte dans
ses multiples dimensions. Du travail de deuil authentique
aux luttes antidépressives qui revendiquent une vitalité
à toute épreuve, il apparaît que le fonctionnement
psychique à l'œuvre s'avère susceptible de soutenir
des conduites de résitance au changement, mobilisant force
revendications de ne pas lâcher prise ou sinon une résignation
blessée, mais aussi des processus de collaboration
à la déprise qui témoignent de potentialités
de changement et de renoncement dégageantes. Derrière
la plainte liée aux défaillances de la mémoire,
lesquelles sont souvent appréhendées comme prodromes
de la maladie d'Alzheimer, de réelles souffrances psychiques
peuvent se faire jour. Angoisse d'être démis d'atouts
qui garantissent autonomie, jugement, pouvoir de décision
et d'action, sentiment de n'être plus à même
de séduire et d'évincer, amer renoncement à
la conquête de l'objet, s'avèrent des problématiques
nodales du travail du vieillissement qui interrogent particulièrement
l'intérêt et les limites de résister.
Rodrigue VILLENEUVE: Réflexion
à l'occasion de la mise en scène de la pièce
de Lars Noren, Guerre
Comment résister (comédiens,
metteurs en scène, scénographes, concepteurs
sonores...) à la mise en images et au pathétique
sans tomber dans la distance indifférente et l'abstraction?
Comment, pour l'acteur comme pour le spectateur, tout à
la fois éprouver et critiquer, s'abandonner et résister,
quand l'objet à rapporter est l'au-delà de la souffrance?
Ici, l'inévitable échec qu'est la résistance,
d'abord dans le rapport metteur en scène - acteur,
n'est-il pas condition de la représentation? Cette réflexion
s'appuiera sur des extraits du film de François-Mathieu
Hotte tourné pendant les répétitions de Guerre.
Denise WEILL: Qui résiste
à quoi? Juin 1942 — Septembre 2007
En partant
d’un témoignage concernant un groupe d’adolescents
juifs en 1942 peu avant la rafle du "vel d’hiv"
et l’évolution de ceux-ci, il est possible de
s’interroger sur les sens du mot "résistance".
Qui, comment, pourquoi et à quoi résiste t-on?
Qu’en est-il du concept de résilience? Si l’histoire
individuelle (telle qu’elle pourrait être entendue par
un analyste) peut être éclairante l’interrogation
se joue pourtant entre l’individuel et le collectif, entre
l’individu singulier et l’histoire. La résistance à
l’intégration de l’histoire, et parfois son refus. seront
aussi au cœur de cette interrogation...
Geneviève WELSH-JOUVE:
Situations extrêmes, résistance
humaine
1975: Phnom Penh est
évacuée de tous ses habitants. Au moins
un quart de la population périt sous le régime
de Pol Pot. Certains réfugiés Cambodgiens
seront suivis en psychiatrie dans le cadre de l’Association
de Santé Mentale du 13ème. À partir de cette
expérience clinique, une réflexion trans-disciplinaire
sera développée pour approcher la complexité
de cette période où l’extermination psychique devait
précéder la mort de l’individu. Témoignages
écrits et films réalisés sur ce génocide
offrant des portraits d’êtres humains résistant
à cette terreur extrême seront évoqués:
nous inclurons ces actes de résistance dans un éloge
de la nuance, contre l’idée trop banalement admise du caractère
« ordinaire » du mal et du bourreau.
Jacques WROBEL: Résister
à la douleur
Résister:
derrière cette attitude positive, très
utile dans certaines douleurs incoercibles ("Coping
with pain"), il n'est pas rare de trouver des situations
ou Résister peut-être préjudiciable
pour le patient: résister aux traitements
peut être une attitude courante chez ceux qui sont,
consciemment ou inconsciemment, dans le déni ; résister
au corps médical en s'adonnant au nomadisme médical
est également un constat hélas très
fréquent ; résister à sa famille et à
ses proches en sanctuarisant sa douleur afin de mieux exister
n'est pas non plus un comportement exceptionnel. Nous exposerons
de façon synthétique trois cas concrets afin
d'envisager des pistes pour que "Résister" ne vienne pas
constituer un mur infranchissable.
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