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DU JEUDI 13 AOÛT (19 H) AU JEUDI 20 AOÛT
(14 H) 2009
REGARDS CROISÉS
RAINER MARIA RILKE, SA VIE, SON ŒUVRE
DIRECTION : Michel ITTY, Silke SCHAUDER
ARGUMENT :
Rainer Maria Rilke (1875-1926) est considéré
comme l’un de plus grands poètes et traducteurs de
langue allemande — ses Cahiers de Malte Laurids
Brigge (1910) et ses Elégies de Duino
(1922) font partie de la littérature mondiale, ses
nombreux échanges épistolaires avec les
grandes figures de son époque sont autant de marques
d’un esprit aux prises avec son temps. Aujourd’hui,
quatre-vingt trois ans après sa mort, qu’en
est-il du rayonnement de son œuvre et de la puissance novatrice
de son écriture? Comment lire son œuvre protéiforme
composée de poèmes, de prose, de
lettres, d’essais, de traductions littéraires?
A travers un questionnement multiple et nécessairement
pluridisciplinaire, l’on tentera d’apporter
des éléments de réponses à
ces questions. Après un premier repérage biographique,
plusieurs axes de travail seront ouverts éclairant
notamment le rapport de Rilke aux voyages, aux artistes
tels que Le Greco, Rodin, Cézanne et Picasso,
et aux femmes qui ont compté pour lui. Seront également
examinées les fonctions que revêtent dans
sa création la traduction littéraire, la pratique
épistolaire et l’écriture de poèmes
en langue française, ainsi que son héritage
artistique aujourd’hui.
Plusieurs manifestations artistiques alterneront
avec les exposés des chercheurs, traducteurs et
écrivains, l’ensemble permettant de croiser
— à travers la représentation d’une pièce
de théâtre, l’exposition d’œuvres et
de photographies, la projection de films et des lectures
bilingues de ses poèmes — les regards sur ce poète
exceptionnel.
CALENDRIER DÉFINITIF :
Jeudi 13 août
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre,
des colloques et des participants
Vendredi 14 août
Matin:
Rainer Maria Rilke,
sa vie, son œuvre
Michel ITTY & Silke
SCHAUDER: Introduction
Ralph FREEDMAN: Rilke et Merline,
deux langues dans le mot et l'image
Curdin EBNETER: La Fondation
Rilke à Sierre: sa raison d'être, ses buts,
ses projets
Après-midi:
Rilke et les Beaux-arts
Aline MAGNIEN: Le modèle
et la poupée. Rodin portraitiste sous l'œil
de Rilke
Dans la Roseraie
Stéphane MARIE: Rilke et la rose
Rilke et la Rose, lecture de poèmes
choisis de Rilke par Evelyne LEGRAND
Vernissage des expositions Correspondances rilkéennes
Autographes: Rilke et
quelques correspondants, Carnets et peintures de
Cécile Marie, Aurélie Nemour, Peintures de Maurice
Maillard, Dessins d’Alexandre Hollan et Photographies de Michel
Itty
Samedi 15 août
Matin:
Rilke et les Beaux-Arts
Dominik RIMBAULT: Projection de Rodin (2008)
Karine WINKELVOSS:
Retourner l'air: Rodin et l'espace rilkéen
Rainer STAMM: Fabuleuse
expérience de la couleur
Après-midi:
Denis COUTAGNE: Paris
1907, Cézanne et Rilke (texte lu)
Rilke voyageur
August STAHL: Devance tout adieu:
L'éthique rilkéenne du voyage
Erich UNGLAUB:
Les voyages de Rilke en Scandinavie
Dimanche 16 août
Matin:
Rilke et les femmes
Jean Pierre FAYE: Rilke et Lou
à Wolfratshausen jusqu'aux Elégies (texte
lu)
Elisabeth BIROT:
Imago maternelle et sexualité adolescente: la
Vierge et l'Ange
Catherine PERRY: Rilke et Anna
de Noailles: des affinités électives? — Conférence
introduite par Eugénie DE BRANCOVAN
Après-midi:
Rilke traducteur /
Rilke traduit en français
Alexis TAUTOU: La cruche cassée
et les tourneurs de vers: autour de quelques "versions" françaises
de la première Elégie de Duino
Silke SCHAUDER:
Traduttore-traditore / Les traductions de
"La panthère" de Rainer Maria Rilke
Soirée:
Lettre à Rilke,
spectacle de France LEA (2005)
Lundi 17 août
Matin:
La correspondance
de Rilke
Olympia ALBERTI: De l'algue à
l'étoile, ou de l'esquisse à l'œuvre, le travail intime de
la conscience créatrice chez Rilke
Georges BLOESS:
Ecrire à l'ombre de Lou: lien, corps, espace de
la lettre
Joachim STORK: L'amie bonhémienne de Rilke (texte
lu)
Après-midi:
DÉTENTE
Soirée:
Vers l’Ange,
Lecture théâtrale des
lettres de Rainer Maria Rilke, de Lou
Andréas Salomé, de Clara Rilke-Westhoff,
de Paula Modersohn-Becker et de Merline, par Sarah
JALABERT et Redjep MITROVITSA
Mardi 18 août
Matin:
Editer Rilke en allemand,
Rilke écrivant en français
Bernard BÖSCHENSTEIN: La
production française de Rilke: les Quatre recueils
et les poèmes qui en sont exceptés
Renate SCHARFFENBERG: Rilke
et ses éditeurs: Kippenberg, Kattentidt,
Juncker, Unseld
Après-midi:
Rilke et la psychanalyse
Anthony STEPHENS: Rilke lecteur de Nietzsche: les commentaires
de La naissance de la tragédie (texte lu)
Marie-Hélène
QUÉVAL: "Nur Narr! nur Dichter!". Le poète
selon Rainer Maria Rilke, Gide, Nietzsche
Silvia LIPPI: Rilke,
Heidegger, Lacan. Une approche de l'"ouvert": désir
fini, désir infini
Mercredi 19 août
Matin:
Rilke et la critique
d'art
Torsten HOFFMANN: Rilke orateur.
Processus de communication en matière d'Art dans
ses conférences sur le lyrisme contemporain (1898),
et sur Auguste Rodin (1905/7)
Magdolna
OROSZ: Voyages racontés: Malte, voyageur à
travers des temps et des espaces
Après-midi:
Rilke parle, Rilke
par le cinéma
Introduction par Michel ITTY: Prosopopée dans le
Saint des Saints
Table ronde sur des réalisations
cinématographiques, avec participation de Nathalie DAVID
et projection d'extraits de films
Soirée:
Les Elégies de Duino,
par Evelyne LEGRAND, lecture bilingue en alternance
avec Silke SCHAUDER
Jeudi 20 août
Matin:
L'héritage
de Rilke
Thilo
von PAPE: Rilke 2.0? L'importance de Rilke dans
le quotidien numérique de ses lecteurs
d'aujourd'hui
Maurice CORCOS: Baudelaire, Rilke et le silence: la
musicienne du silence (texte lu)
Conclusions
Après-midi:
DÉPARTS DES PARTICIPANTS
RÉSUMÉS :
Olympia ALBERTI: De l'algue à
l'étoile, ou de l'esquisse à l'œuvre, le travail intime de
la conscience créatrice chez Rilke
En
partant d'un échange de lettres avec Lou Andréas-Salomé,
je démontre comment Rilke a eu besoin de
l'acte épistolaire pour exprimer son émotion
à Lou, devant une scène à laquelle
il assiste, dans une rue de Paris, mais aussi comment en
reprenant cette ébauche d'une scène romanesque
(représentée par certains passages de
la lettre), il en arrive à construire un texte
fort, dans le roman Les Cahiers de Malte Laurids Brigge,
et atteint l'oblation que constitue toute création
littéraire véritable.
Elisabeth BIROT: Imago maternelle
et sexualité adolescente: la Vierge et l'Ange
La rencontre de la
femme, telle que Rilke l'évoque et la vit à
travers son œuvre, s'origine dans des représentations
inconscientes multiples, dont l'une des figures est celle
de l'Annonciation: l'ange adolescent et la vierge mère.
Quelques poèmes ou textes en prose permettront
d'illustrer la séduction narcissique, primaire et
secondaire, qui sous-tend cette représentation, et
les jeux identificatoires subtils qui permettent au poète
d'être à la fois le géniteur et la matrice
de l'œuvre en devenir.
Georges BLOESS: Ecrire à l'ombre
de Lou: lien, corps, espace de la lettre
Dans l’esprit de tous,
Rainer Maria Rilke et Lou Andreas Salomé se trouvent
aujourd’hui spontanément réunis; l’histoire de
la littérature et celle de la psychanalyse auront,
dans leur commune fascination pour ce couple, contribué
à leur union. On finirait presque par oublier que cette
relation repose sur un paradoxe premier: n’est-il pas étrange,
en effet, que leur relation se soit prolongée? Une
rencontre entre un homme à peine sorti de l’adolescence
et une femme de quatorze ans son aînée, mariée
de surcroît, n’est, d’ordinaire, pas destinée
à durer. Comment celle-ci a-t-elle pu résister au temps,
se poursuivre durant près de trente ans, devenir — au
moins pour Rilke — la relation de toute une vie? Poser cette question,
c’est interroger la loi, le mode de cette relation. Freud la place
sous ce double signe, en termes laconiques, après le
décès de Lou: "pour ce grand poète sans défense
devant les choses de la vie, elle fut à la fois une
muse et une mère veillant à tout". Ce jugement est
devenu pour nous une évidence. Suffit-il pour autant à
décrire la portée de ce qui constitue, aux yeux de
Rilke, la "relation pure"? Et que faut-il entendre par là?
L’adjectif suggère-t-il qu’un échange purement spirituel
aurait effacé celui des corps? L’abondant volume de leur
correspondance serait ainsi le tombeau d’une relation? Or, les conventions
du langage sont trompeuses. Rilke n’entend aucunement exclure
le corps, mais simplement le mettre à distance pour le replacer
dans un champ plus vaste, que domine la loi de l’écriture.
Dans sa double signification, la lettre transcende sa fonction
de "trace" d’une relation pour s’en faire la matière, le
tissu: le corps n’en est jamais absent, car la lettre fait place à
la voix, charnière entre le langage, le souffle et la chair
; elle s’incarne dans l’alternance rythmée de la parole
et des silences. Dès lors le corps physique excède son
espace propre pour dessiner un volume, circonscrire magiquement
un espace duel. Ce dernier forme un abri, une voûte où
entre en résonance "l’espace intérieur du monde".
Ainsi le corps "mécanique" se trouve transformé en corps
de désir, en corps poétique. Lou, cette "grande révolutionnaire",
aura-t-elle réussi avec Rilke ce qu’elle n’avait pu, au
temps de sa jeunesse, réussir avec Nietzsche: donner naissance
à un nouvel homme?
Bernard BÖSCHENSTEIN:
La production française de Rilke: les Quatre recueils
et les poèmes qui en sont exceptés
Vergers, Les Quatrains valaisans,
Les Roses et Les Fenêtres ainsi que les
poèmes français exceptés de
ces recueils seront caractérisés dans
leurs différences et leurs affinités. Voici
les problèmes qui retiendront avant tout mon attention.
Quelles innovations la langue française a-t-elle
apportées à la production de Rilke? Comment
Valéry a-t-il inspiré Rilke par des poèmes
tels que La dormeuse, Les Pas, Palme?
Sous quelle forme l’antiquité classique que Rodin
avait transmise à Rilke s’est-elle métamorphosée
dans ces poèmes écrits en Valais? De quelle
manière la proximité de la mort a-t-elle
structuré ces poèmes tardifs?
Denis COUTAGNE: Paris 1907, Cézanne
et Rilke
En 1907, un an après la mort de Cézanne,
une rétrospective du peintre est faite au Salon d'automne.
Certes Cézanne commençait à être
reconnu après que Vollard ait organisé une
expositon Cézanne en 1895, mais le cercle des connaisseurs
restait celui de la peinture. Rilke découvre l'exposition
Cézanne de 1907 et renonce à un voyage qu'il
devait réaliser à Venise pour visiter l'exposition
tous les jours de son ouverture. Cézanne avait rompu
avec Zola qui l'avait transposé littérairement sous
les traits de Claude Lantier, peintre incapable de faire aboutir
son œuvre. Cézanne avait découvert la poésie
de Baudelaire et connaissait par cœur nombreux de ses poèmes
dont "La Charogne". Il ne devait pas connaître Rilke:
les lettres que ce dernier écrit en 1907 à sa femme
(et publiées en français sous le titre "Lettres
sur Cézanne"), répondent d'une certaine façon
à la fascination que Cézanne éprouvait
pour Baudelaire. Quel est donc ce peintre dont l'œuvre échappe
à l'appropriation par la prose pour ne se prêter
qu'à l'approche poétique? Quels sont ces poètes
(Baudelaire, Rilke) dont l'œuvre littéraire nécessite
la présence de la peinture pour s'écrire?
Qui a jamais mieux écrit sur Cézanne que Rilke?
Pourquoi Rilke se devait de rencontrer Cézanne alors
que son travail se portait sur Rodin? Et voilà que Rilke
retourne à son travail sur Rodin: Cézanne était-il
trop secret, trop difficile?
Curdin EBNETER: La Fondation Rilke
à Sierre: sa raison d'être, ses buts, ses
projets
Cette fondation
bilingue gère depuis une vingtaine d'années
un musée, une bibliothèque et des archives
tout près de Muzot où le poète a vécu
les dernières années de sa vie. Nous
passerons en revue les buts, les activités et les
projets de la Fondation Rilke. Ce lieu d'expositions, de conférences
et de lectures aspire à devenir, en outre, un lieu
de documentation et de recherche en collaboration avec
d'autres institutions comme les Archives littéraires
de Berne et de Marbach, la Rilke-Gesellschaft. Quelle est la nature
de ses collections et quels sont les moyens mis ou à
mettre en oeuvre pour les rendre plus accessibles, à l'ère
informatique? Par rapport au musée, la réflexion
s'attachera aux défis liés à la visualisation
et à la mise en son d'un "espace littéraire",
rilkéen en l'occurrence. Le regard final portera sur l'exposition
thématique de l'année en cours (du 19 juin au 25
octobre 2009), consacrée au thème "Rilke: Les jours
d'Italie". Cette exposition s'accompagne d'un catalogue et d'un
festival inspirés du même sujet (du 21 au 23 août
2009).
Références
Bibliographiques :
Rilke &
Rodin, Paris 1902-1913 (Sierre, 1997)
Rilke et l’Egypte
(Sierre 2004)
Amitiés
russes: Rilke – Tsvetaïeva – Pasternak (Sierre,
2006)
Rilke: Les
jours d’Italie (2009)
Traducteur en allemand
d’une biographie de Rilke: Ralph Freedman, Life
of a Poet (Der junge Dichter, 2001 ; Der
Meister, 2002. Francfort: Insel).
Jean Pierre FAYE: Rilke et Lou
à Wolfratshausen jusqu'aux Elégies
Rilke à 21 ans vient
au devant de Lou Salomé à Munich, pour qu’elle lui
parle de son livre "Jésus le juif". Ils partent
ensemble vivre dans la maison de bois de Wolfratshausen, près
du rivage du lac Starnberg, devenue "Loufried", ainsi qu’à
la ferme où ils se retrouvent un peu après, hors de
la petite ville. J’entends leur dialogue dans les Duineser Elegien:
"Siehe, da rief ich die Liebende...".
Ralph FREEDMAN: Rilke et Merline,
deux langues dans le mot et l'image
Meine Arbeit hat zwei
Ziele im Sinn: den Zusammenhang (und Opposition) zwischen
Sprache und Bild in Rilkes Schaffen noch einmal darzulegen.
(im Werk: Paula Modersohn-Becker, Rodin, Cezanne, Baladine-Merline)
und biographisch: der großen Liebe von Rilkes Walliser
Jahren, die oft in Frage gestellt wird, einen wahren Platz einzuräumen.
Nach einer kurzen Übersicht der theoretischen Sachlage — Rilkes
Bilder als innere Darstellung im "Requiem an eine Freundin" und den
Essays über Rodin — beschreibe ich im Detail die besondere Eigenschaft
der Korrespondenz zwischen Rilke und Merline als Liebender (Fast
hemmungslos leidenschaftlich, doch mit scharf disziplinierender
Distanz: zwei sich liebende Menschen, deren Muttersprache deutsch ist,
schreiben sich fast ausschließlich auf französisch
und reden sich fast immer mit vous an).
Diese sprachlichen Eigentümlichkeiten
arbeite ich dann auf einer biographischen und historischen
Ebene aus. Ich stelle Fragen: warum diese unerhörte
Disziplin ? Wir kennen die Antwort: Rilke brauchte die
Distanz, um seine Arbeitsfähigkeit zu schützen.
Aber oft bewirkt sie das Gegenteil. Der Gang dieser Liebe wird
von diesem Standpunkt aus historisch — besonders gesellschaftlich
— untersucht. (Besonders die Rolle, die Nanny Wunderly-Volkert
dabei spielte.) Zum Schluss untersuche ich die Beziehung
der Liebenden vom Anfang des "Familienlebens" mit Merlines
Söhnen Pierre und Balthusz an bis zum Ende, an dem Rilke
Merline den Besuch an seinem Totenbett untersagt. Einerseits:
warum ließ er die Familie gegen Merlines Wunsch nach Berlin
abfahren? Andererseits, wie weit waren sie nicht nur Liebende sondern
trotz allem auch einander Versprochene?
Torsten HOFFMANN: Rilke orateur.
Processus de communication en matière d'Art
dans ses conférences sur le lyrisme contemporain
(1898), et sur Auguste Rodin (1905/7)
Rainer Maria Rilke gilt vielen seiner Leser,
aber auch in weiten Teilen der Rilke-Philologie als ein
einsam-elitärer Mensch und als ein nur in der
sozialen Isolation produktiver Dichter. In den Vorträgen
Moderne Lyrik (1898) und Auguste Rodin (1905/7) wird
dieses Klischee nicht bestätigt, vielmehr führen
sie einen selbstironischen Redner vor, der sein Publikum
genau im Blick hat und bei seinen Zuhörern um
Zustimmung zur neuesten Kunst kämpft. Zwei Aspekte
verdienen dabei besondere Beachtung: Zum einen die rhetorischen
und kunstpädagogischen Strategien, mit denen
Rilke sein Publikum in die angemessene Rezeptionshaltung
zu bringen versucht; zum anderen die Überschneidungen
zwischen den Vortragsgegenständen bzw. — strategien
und Rilkes allgemeinen ästhetischen Überzeugungen
— also die Frage: Inwiefern redet Rilke auch über
sich, wo er vermeintlich über andere Künstler
spricht?
Michel
ITTY: "Prosopopée dans le Saint des saints" et Table
ronde avec des réalisateurs de cinéma
En quelque endroit où le regard
se pose sur la vie passionnée de Rainer Maria Rilke,
il s’élargit bientôt, passant au grand angle
propre à faire de sa vie une légende. Ses rapports
avec Lou Andreas-Salomé, Rodin, sa quête d’un idéal
féminin à travers ses nombreuses compagnes, sa
vie errante à travers une Europe déchirée
par la guerre et les révolutions, mais également
la génèse angélique des Elégies
de Duino de ce grand poète de l’image, ont inspiré
les cinéastes. C’est en examinant les moyens spécifiques
du cinéma que nous tenterons de suivre la ligne mouvante et
perméable qui, ne pouvant séparer la réalité
de la fiction, nous reconduit aux oeuvres.
Cette table ronde, en présence
notamment de Nathalie David, Stan Neumann, Bernard Malaterre,
présentera l’intégralité ou des extraits
de :
-“Rainer Maria Rilke” de la série
“Regards entendus” de Pierre Beuchot et Denis Freyd. 26’.1982.
16m/m (VF)
-”Lou n’a pas dit non”d’Anne-Marie
Miéville. 1h 20'. 1994. VF.
-”Rilke” de Stan Neumann. 45 ' .1996.
VF
-”Rilke et Rodin” de Bernard Malaterre
55' .2006. VF
-“Paula Modersohn-Becker, ein Atemzug”
de Nathalie David 1h, 23'. Version Originale allemande non
sous-titrée.
- “Paula Modersohn-Becker, Mit meinen
Augen" de Wilfried Hauke. 60 '. 2007 . VF.
Silvia LIPPI: Rilke, Heidegger,
Lacan. Une approche de l'"ouvert": désir fini,
désir infini
Rilke:
"Comme la nature abandonne les êtres / au
risque de leur obscur désir". Le désir
est un espace ouvert, impossible à délimiter.
Dans un sens phénoménologique, le désir
est l’"ouverture" essentielle, originaire, l’ouverture
au monde comme telle, qui seule rend possible les différents
modes du rapport au monde: la volonté, la connaissance,
le jugement, l’attention, la mémoire... Mais
le désir est aussi structuré dans un espace virtuel
limité, entre le besoin et la demande. Double dimension
du désir, à la fois fini et infini. D’un côté,
le désir suppose une fixation (comme un point d’arrêt
sur l’objet): c’est le côté fini du désir.
Et de l'autre, le désir est l’"ouvert", le désir
sans signification, sans objet: c’est le désir infini.
La notion de l’infini dans le fini est ce moment précieux
où, à partir d’un regard porté sur une chose,
tout est permis, et l’existence s’ouvre, se décompose,
dans une multitude de directions imprévisibles. C’est l’ouvert",
l’"ouvert" dans la parole du poète, l’"ouvert" dans le
désir: "Étrange de ne plus désirer ses désirs.
Etrange / de voir flotter sans lien dans l’espace / tout ce qui
jadis fut lié".
Références Bibliographiques
:
BAAS
Bernard, De la chose à l’objet. Jacques
Lacan et la traversée de la phénoménologie,
Peeters Vrin, Louvain, 1998.
BARBARAS
Renaud, Le désir et la distance. Introduction
à une phénoménologie de la perception,
Vrin, Paris, 1999.
FREUD
Sigmund, Métapsychologie, Folio essais,
Paris, 1968.
HAAR
Michel, Le chant de la terre, Herne, Paris,
1985.
HEIDEGGER
Martin, Chemins qui ne mènent nulle
part, Tel Gallimard, Paris, 1962.
HEIDDEGER
Martin, Essais et conférences, Tel
Gallimard, Paris, 1958.
LACAN
Jacques, "Subversion du sujet et dialectique du désir
dans l’inconscient freudien", dans Ecrits,
Seuil, Paris, 1966.
LACAN
Jacques, Le séminaire, Livre V, Les formations
de l’inconscient, Seuil, Paris, 1998.
LACAN
Jacques, Le désir et son interprétation,
Séminaire inédit, Editions
de l’Association Freudienne Internationale, Paris,
2000, H.C.
POMMIER
Gérard, L’exception féminine.
Essai sur les impasses de la jouissance, Point Hors
Ligne, Paris, 1985.
Aline MAGNIEN: Le modèle
et la poupée. Rodin portraitiste sous l'œil de Rilke
Rilke on le sait,
a été un observateur attentif de Rodin, et
un "passeur" pour reprendre un thème récemment
utilisé dans le cadre de l’exposition La
passion à l’œuvre, Rodin et Freud collectionneurs
d’antiques. Il a ainsi mis en relation Rodin avec le
philosophe et sociologue Georg Simmel, d’abord en lui traduisant
un article que ce dernier lui avait consacré en 1902, puis
en les mettant personnellement en contact. Par ailleurs,
Rilke suit les cours de Simmel à Berlin, comme il l’explique
à Rodin dans sa lettre du 16 avril 1905 (Ms. 447), conservée
au Musée Rodin. Réunir ces trois personnages autour
de la question du portrait et de la représentation
se justifie en raison de l’activité particulière de
Rodin dans ce domaine, des descriptions faites par Rilke
des séances de pose et de ses analyses esthétiques
des œuvres de Rodin. Les écrits de Simmel ont porté
sur Rodin et la modernité, et sur le portrait d’autre
part. Il a consacré à ces questions plusieurs essais,
dont: "Rodin", dans Philosophie de la modernité,
t. 2, Payot, 1990 et "Le problème du portrait", ibidem,
outre Michel Ange et Rodin, Rivages, 1990 ; Rembrandt,
Circé, 1994 ; La Tragédie de la culture et
autres essais, Rivages, 1993. Un quatrième personnage
se glisse en outre au milieu de la conversation, Rembrandt, admiré
par Rodin, et par Simmel comme, encore une fois, par Rilke. Les
relations entre portrait et paysage, la question de la "vie" et de
la nature tissent ainsi des liens entre le poète, le philosophe
et le sculpteur, et constitueront l’objet de cette communication.
Références
Bibliographiques :
Thèse publiée
en 2004 à Oxford, Voltaire Foundation (La
chair et le contour. La nature et l’Antique. Essai sur la
sculpture et ses principes au XVIIIe siècle).
Catalogue de l’exposition
Camille Claudel, exposition au musée
Rodin (avril-juillet 2007)
"Saxa loquuntur",
in La passion à l’œuvre. Rodin et Freud collectionneurs,
musée Rodin octobre 2008-février 2009.
Catalogue en cours
de préparation: La Fabrique du portrait.
Rodin face à ses modèles (Flammarion/musée
Rodin), exposition à venir : avril-août
2009.
Magdolna OROSZ: Voyages racontés:
Malte, voyageur à travers des temps et des espaces
Le roman de Rainer Maria
Rilke, Les carnets de Malte Laurids Brigge, thématise
les problèmes de visualité, de perception
et de mémoire: tout en appuyant sur les impressions
des séjours parisiens de leur auteur, les Carnets
se concentrent sur la possibilité de raconter les impressions
visuelles de tous les jours, de l’enfance, et historiques.
Tout en flânant à Paris et tout en essayant de transposer
les images vues en images littéraires, Malte "apprend
à voir" et tout en constatant que "[j]e ne sais pas à
quoi cela tient, mais tout pénètre en moi et ne reste
pas à l’endroit où, d’habitude, cela venait toujours
s’achever"1, il cherche aussi les formes
littéraires pour l’expression des images vues. Malgré
que Malte ne croie pas à la possibilité de "raconter vraiment",
il emploie des modèles spécifiques intertextuels
comme le récit d’aventures où le voyage fonctionne
comme un principe de structuration spatiale donnant lieu, en même
temps, à la naissance d’un sens métaphorique ou symbolique
(voyage de vie, voyage de découverte de soi, etc.). Le "voyage"
dans la ville où Paris fonctionne à la fois comme un
espace concret et symbolique, intègre aussi des espaces de
mémoire (Urnekloster) et des espaces symboliques à travers
les épisodes historiques et paraboliques. Le mouvement dans
les espaces vécus, commémorés et historiques,
individuels et collectifs, est constitué par le regard extérieur
et intérieur, menant à la découverte de soi
et des autres tout en indiquant un lien nécessaire parmi la
perception esthétique et une position éthique.
1
Rilke, Rainer Maria: Les carnets de Malte Laurids Brigge.
Trad. Par Claude Porcell. Paris: Garnier Flammarion 1995, p.
25.
Références
Bibliographiques :
Intertextualität und Bedeutungskonstitution
im literarischen Text. Semiotische Begriffsanalyse. In:
Jeff Bernard/ Gloria Withalm (Hg.): Kultursemiotik &
Kulturtheorie. Wien: Semiotische Berichte 1994: 1, 2, 3, 4. pp.
187-206.
Getrennte und Vereinigte. Identitätsprobleme
in der österreichischen und ungarischen Literatur
der Jahrhundertwende. In: Peter Plener/ Péter Zalán
(Hg.): „[...] als hätte die Erde ein wenig die Lippen geöffnet
[...]” – Topoi der Heimat und Identität. Budapest: ELTE
Germanisztikai Intézet, 1997. (Budapester Beiträge zur
Germanistik, Bd. 31). pp. 121-136.
Hieroglyphe – Sprachkrise – Sprachspiel.
In: Ferenc Szász/ Imre Kurdi (Hg.): Im Dienste
der Auslandsgermanistik. Festschrift für Professor
Dr.Dr.h.c. Antal Mádl zum 70. Geburtstag. Budapest: ELTE,
1999. (Budapester Beiträge zur Germanistik, Bd. 34.) pp.
167-192.
’Gegenwelten’: Richard Beer-Hofmanns
und Leopold Andrians Text-Konstrukte und Textkonstruktionen.
In: Károly Csúri/ Géza Horváth
(Hg. in Zusammenarbeit mit Márta Horváth und Erzsébet
Szabó): Erzählstrukturen II. Studien zur Literatur
der Jahrhundertwende. Szeged: JATE, 1999. (Acta Germanica
10), pp. 62-81.
„Ganz sicher war auch ihm nicht
wer er war”. Probleme und Wege der Selbst- und Weltinterpretation
in der Erzählliteratur der Jahrhundertwende. In: Anton
Schwob/ Zoltán Szendi: Aufbruch in die Moderne. Wechselbeziehungen
und Kontroversen in der deutschsprachigen Literatur um die
Jahrhundertwende im Donauraum. München: Verlag Südostdeutsches
Kulturwerk, 2000. pp. 93-115.
„Das fremde Eigene”. Identität
und Identitätssuche in der Literatur der Jahrhundertwende.
In: Wolfgang Müller-Funk/ Peter Plener/ Clemens Ruthner
(Hg.): Kakanien revisited. Das Eigene und das Fremde (in) der
österreichisch-ungarischen Monarchie. Tübingen u.a.:
Francke, 2002. (Kultur¬–Herrschaft–Differenz. Hg. von Moritz
Csáky, Wolfgang Müller-Funk und Klaus Scherpe, Bd.
1.), pp. 137-156.
Analyse littéraire et intertextualité.
Aspects sémiotiques. In: Degrés. Revue
de synthèse à orientation sémiologique.
30 (2002), no. 109-110, d/1-15.
„…und die Worte rollen von ihren
Fäden fort…” Sprache, Sprachlichkeit, Sprachproblem in
der österreichischen und ungarischen Kultur und Literatur
der Jahrhundertwende. – „…s fonaluktól messze szavak
peregnek-hullnak…” Nyelv, nyelviség, nyelvi problémák
a századforduló osztrák és magyar
kultúrájában és irodalmában
(Reader, co-éd. Amália Kerekes/Katalin Teller).
Budapest: ELTE Germanisztikai Intézet, 2002. (ELTE-Chrestomatie,
Band 13). 411 p.
Verzweiflung am Schreiben. Ansätze
zum Begriff der ‚Metapher‘ in der österreichischen und
ungarischen Kultur der Jahrhundertwende. In: http://www.kakanien.ac.at/beitr/theorie/MOrosz2.pdf
(2002).
Sprache, Skepsis und Ich um 1900.
Formen der belletristischen Ich-Dekonstruktion in der österreichischen
und ungarischen Kultur der Jahrhundertwende. In: http://www.kakanien.ac.at/beitr/theorie/MOrosz_PPlener1.pdf
(2002).
»Es spricht für sich selbst.«
Über das Problem des Sprachgebrauchs in der österreichischen
und ungarischen Kultur der Jahrhundertwende. In: http://www.kakanien.ac.at/fallstudie/MOrosz1.pdf
(2002).
Reiseabenteuer und intertextuelle
Spurensuche: die Auflösung vorgegebener Erzählmodelle
um die Jahrhundertwende. In: Maria Erb/Elisabeth Knipf/Magdolna
Orosz/László Tarnói (Hg.): „und Thut ein Gnügen
Seinem Ambt”. Festschrift für Karl Manherz zum 60. Geburtstag.
Budapest: ELTE Germanistisches Institut, 2002. (Budapester
Beiträge, Bd. 39) pp. 377-388.
Der verwundete Vogel oder die erzählte
Metapher. In: Internet-Forum http://www.kakanien.ac.at/fallstudie/MOrosz4.pdf
(2002).
„Az elbeszélés fonala”.
Narráció, intertextualitás, intermedialitás.
[„Le fil du récit”. Narration, intertextualité,
intermédialité]. Budapest: Gondolat, 2003. 237
p.
Verflechtungsfiguren. Intertextualität
und Intermedialität in der Kultur Österreich-Ungarns.
(co-éd. Endre Hárs, Wolfgang Müller-Funk).
Frankfurt a.M.: Peter Lang Verlag, 2003. (Budapester Studien
zur Literaturwissenschaft, Bd. 3). 240 p.
„Das Gedächtnis des Textes ist
seine Intertextualität“ – Intertextualität in der Literatur
der Jahrhundertwende. In: Endre Hárs/Wolfgang Müller-Funk/Magdolna
Orosz (Hg.): Verflechtungsfiguren. Intertextualität
und Intermedialität in der Kultur Österreich-Ungarns.
Frankfurt a.M.: Peter Lang Verlag, 2003. (Budapester Studien zur
Literaturwissenschaft, Bd. 3). pp. 49-66.
Nachdenken über Sprache und
Sprachlichkeit in der Kultur und Literatur der Jahrhundertwende.
(Társszerzők: Kerekes Amália, Teller Katalin).
In: Jeff Bernard/ Gloria Withalm/ Vilmos Voigt (Hg.): Media –
Old and New/ Medien – Alt und Neu. Semiotische Berichte (Special
Issue) 1-4/ 2003, 61-74. old.
„Die Art und Weise, wie die Sprache
bezeichnet, spiegelt sich in ihrem Gebrauche wider“ – Sprachlicher
Ausdruck und Sprachgebrauch in der Literatur der Jahrhundertwende.
In: Brdar-Szabó Rita/ Elisabeth Knipf-Komlósi
(Hg.): Lexikalische Semantik, Phraseologie und Lexikographie: Abgründe
und Brücken. Festgabe für Regina Hessky. Frankfurt/M.:
Peter Lang, 2004. pp. 65-76.
Mehr oder Weininger. Eine Textoffensive
aus Österreich/Ungarn. (Mitherausgeber: Amália
Kerekes, Alexandra Millner, Katalin Teller). Wien: Braumüller
Verlag, 2005. 318 old.
„Remegő himnusz tudj’isten mire”.
Válogatás Hugo von Hofmannsthal és
a bécsi modernség publicisztikájából
[Essays choisis de Hugo von Hofmannsthal et de la modernité
viennoise]. (co-éd. Amália Kerekes, Katalin Teller).
Budapest: Gondolat Kiadó, 2005. 311 p.
„Aber was sind Farben, wofern nicht
das innerste Leben der Gegenstände in ihnen hervorbricht!”
Hugo von Hofmannsthals „Farbenlehre”. In: http://www.kakanien.ac.at/beitr/emerg/MOrosz1.pdf
(2006. 06. 30.).
Fantasztikus metaforák – metaforikus
fantasztikum [Métaphores phantastique – le phantastique
métaphorique]. In: Világosság 47 (2006):
8-9-10. pp. 145-155.
„Du kannst deinen Namen draufschreiben“.
Erzählte Autoren und Figuren im fiktionalen Erzähldiskurs.
In: Géza Horváth/Attila Bombitz (Hg.): „Die
Wege und die Begegnungen“. Festschrift für Károly
Csúri zum 60. Geburtstag. Budapest: Gondolat Kiadó,
2006. pp. 55-66.
Identität, Identitätskonstruktion
und Fantastik bei Leo Perutz. In: http://www.kakanien.ac.at/beitr/emerg/MOrosz2.pdf
(2007.10.24.)
Pop in Prosa. Erzählte Populärkultur
in der deutsch- und ungarischsprachigen Moderne. (co-éd.
Amália Kerekes, Gabriella Rácz, Katalin Teller).
Frankfurt/M.: Peter Lang Verlag 2007. (Budapester Studien zur
Literaturwissenschaft, Bd. 11). 264 p.
Monarchie im Gespräch – Wien
in Budapest. Zur Erinnerungs- und Raumstruktur in Gyula
Krúdys Meinerzeit. In: Amália Kerekes/Magdolna
Orosz/ Gabriella Rácz/Katalin Teller (Hg.): Pop in
Prosa. Erzählte Populärkultur in der deutsch- und ungarischsprachigen
Moderne. Frankfurt/M.: Peter Lang Verlag 2007. (Budapester Studien
zur Literaturwissenschaft, Bd. 11). pp. 55-71.
„Daß man erzählte, wirklich
erzählte”. Studien zur deutsch- und ungarischsprachigen
Literatur der Frühen Moderne. (monographie, en préparation
chez Peter Lang Verlag).
Thilo von PAPE: Rilke 2.0? L'importance
de Rilke dans le quotidien numérique
de ses lecteurs d'aujourd'hui
Depuis quelques
années, l’œuvre de Rainer Maria Rilke fait
l’objet d’une renaissance sous des formes variées
dans le monde germanophone. A la radio, à la télévision,
au cinéma ou sur le web, le poète est
omniprésent: il apparait aussi bien dans les
hit-parades, mis en musique par des chanteurs de pop, que
dans des produits comme un calendrier de l’avent audio
qui reprend chaque jour quelques vers. On peut alors se demander
ce qu’il reste de Rilke dans la conscience du lecteur contemporain.
La gloire de Rilke n’est-elle pas plus que jamais — comme Rilke
l’avait exprimé dans son essai sur Rodin — "la somme de
tous les malentendus" qui se produisent autour de son nom?
Pour répondre
à ces questions, il faut d’abord comprendre
ce que Rilke signifie pour les lecteurs contemporains et
ce au travers des visiteurs des deux sites Web les plus populaires.
Ainsi, les récits de 36 lecteurs de Rilke sur
leur réception personnelle ont été récoltés
et étudiés. En outre, le forum interactif
sur Rilke qui recense plus de 7 000 commentaires a été
analysé. Les résultats montrent que la réception
de Rilke est un bricolage multi-médiatique: par
exemple, on entend un vers intéressant à la radio,
puis on trouve le poème adéquat avec Google,
et enfin on l’imprime ou on l’envoie à des amis. Ainsi les textes
de Rilke sont intégrés dans la vie quotidienne.
Cette appropriation ne répond certes pas aux exigences
académiques, mais elle est loin d’être arbitraire.
Comme les articles de l’encyclopédie en ligne
Wikipédia, et selon les règles du phénomène
social "Web 2.0", les interprétations personnelles
sont discutées et négociées entre les lecteurs.
Catherine PERRY: Rilke et Anna
de Noailles: des affinités électives?
Si l’on se souvient aujourd’hui
d’Anna de Noailles par rapport à Rilke, c’est fréquemment
dans le contexte anecdotique de leur rencontre à
Paris, en 1909, au cours de laquelle Rilke se serait senti effrayé
par "cette petite déesse impétueuse, avec tout son
cortège de dangers". Les deux poètes ne se reverront
jamais. Ils resteront toutefois proches dans leurs écrits,
Rilke traduisant en allemand, par exemple, le poème
d’ouverture au recueil de 1913, Les Vivants et les morts,
et Noailles parcourant la poésie de Rilke où elle
retrouve certaines de ses préoccupations esthétiques
et spirituelles. De même, Rilke s’est inspiré du recueil
de 1907, Les Éblouissements, dont il a copieusement
annoté son exemplaire avant de rédiger l’essai Die
Bücher einer Liebenden sur la poésie de Noailles,
comparant celle-ci aux amantes dont l’énergie érotique
parvient à transcender l’objet limité pour s’abîmer
dans l’infini. Ma communication visera à préciser quelques
affinités chez les deux écrivains telles qu’une lecture
critique, éloignée des mondanités qui desservent
l’étude de la poésie, est à même de
découvrir. C’est en effet dans le silence et la solitude que
Noailles et Rilke se rejoignent, dans un état d’abandon à
l’œuvre comme celui auquel Proust semble faire allusion dans Contre
Sainte-Beuve, "lorsque nous tâchons d’entendre, et de rendre,
le son vrai de notre cœur".
Références
Bibliographiques :
Bargenda, Angela. La Poésie
d'Anna de Noailles. Critiques littéraires.
Paris, L'Harmattan, 1995.
Dédéyan, Charles.
L'Image de la France dans l'œuvre de Rilke. Rilke
et la France, II. Paris, Société d'Édition
d'Enseignement Supérieur, 1962.
Mignot-Ogliastri, Claude.
Anna de Noailles: Une amie de la Princesse Edmond
de Polignac. Paris, Méridiens-Klincksieck, 1986.
Noailles, Anna Elisabeth
de. Les Éblouissements. Paris, Calmann-Lévy,
1907.
Noailles, Anna Elisabeth
de. Les Vivants et les morts. Paris, Fayard,
1913.
Proust, Marcel. Contre
Sainte-Beuve. Précédé de Pastiches
et mélanges et suivi de Essais et Articles.
Éd. Pierre Clarac. La Pléiade. Paris, Gallimard, 1971.
Rilke, Rainer Maria. Les
Amantes. Éd. et trad. Maurice Betz. Paris,
Émile-Paul Frères, 1944.
Rilke, Rainer Maria. Élégies
de Duino. Trad. Jean-Pierre Lefebvre. Œuvres
poétiques et théâtrales. Éd.
Gerald Stieg. La Pléiade. Paris, Gallimard, 1994. 525-76.
Rilke, Rainer Maria. Gesammelte
Werke, VI. Leipzig, Insel-Verlag, 1927. 340-44.
Rilke, Rainer Maria. "Les
Livres d’une amoureuse (Comtesse Anna de Noailles)".
Trad. Rémy Colombat. Œuvres en prose : Récits
et essais. Éd. Claude David. La Pléiade.
Paris, Gallimard, 1993. 977-80.
Scheikévitch, Marie.
"Lettre de Rainer Maria Rilke à Anna de Noailles du
14 décembre 1909". Candide 29 avril 1937.
Stephens, Anthony. "Das Gedichtbuch
der Anna de Noailles: Ein Dokument aus Rilkes mittlerer
Periode". Rilke Heute: Beziehungen und Wirkungen.
Éd. H. Solbrig von Ingeborg et Joachim W. Storck. Frankfurt
am Main, Suhrkamp Verlag, 1975. 155-82.
Tour et Taxis, Marie de la.
Souvenirs sur Rainer Maria Rilke. Paris, Obsidiane,
1987.
Marie-Hélène
QUÉVAL: "Nur Narr! nur Dichter!". Le poète
selon Rainer Maria Rilke, Gide, Nietzsche
Dans sa nouvelle "Der Drachentöter" Rilke réécrit
le conte pour enfant qu’il ne termine plus par un heureux mariage
mais au contraire en évoquant l’image du chevalier solitaire
disparaissant seul dans la nuit les étoiles au dessus de
son visage fermé au monde et à ses triviales valeurs. La
jeune princesse comprend le message: l’artiste ne crée et n’agit
point dans un but précis. On pense à l’acte gratuit
de Gide. Aucun intérêt matériel, ni même
le désir de la gloire ne guide l’acte de l’artiste qui reste
toujours étranger au monde. Mais plus qu’à Gide que Rilke
connaît bien, on pense à Nietzsche et à la réflexion
désabusée de Zarathustra: "Nur Narr! nur Dichter!" L’artiste
est un fou, habité par la seule volonté de la création.
Ma communication s’attachera à étudier la figure de l’artiste
dans l’œuvre de Rilke en faisant référence à Gide
et à Nietzsche. Quelle est la fonction de l’art pour Rilke? La
poésie sert-elle uniquement à dépasser l’angoisse?
Peut-elle offrir une alternative après la mort de Dieu dont l’œuvre
de Rilke ne cesse de célébrer le deuil? Quelle voie s’offre
à l’artiste inconsolable?
Références Bibliographiques
:
ECKEL, Winfried, Wendung, Zum Prozess der poetischen
Reflexion im Werk Rilkes, Würzburg, 1995.
HOFMANN, Werner. Die Dichter stellen immer wieder
das Chaos her": Nietzsche, Klimt und die Wiener Jahrhundertwende,
1999.
HALBEISENS Hiltrud, Das Selbstverständnis des
Dichters, Rainer Maria Rilke und Stephan George. Halbeisen, 1952.
KYRITZ, Heinz-Georg, Rilkes Auffassung von der Kunst
und dem Künstler vor Duino (1896-1912). Diss., McGill University,
Montreal, 1961.
LÖWENSTEIN, Sascha, "Poetik und dichterisches
Selbstverständnis". Eine Einführung in Rainer Maria Rilkes
frühe Dichtungen (1884-1906), Königshausen & Neumann, Würzburg,
2004.
LUCKSCHEITER Roman, L'art pour l'art. Bielefeld,
Aisthesis, 2003.
RATTNER, Josef / DANZER Gerhard (Hg) (1993), Kunst
und Krankheit in der Psychoanalyse: Oscar Wilde, Camille Claudel,
Rainer Maria Rilke, Paul Klee, Fjodor M. Dostojewski, Anton Tschechow.
München, Quintessenz.
STEPHENS, Anthony, Ästhetik und Existenzentwurf
beim frühen Rilke. In: Rilke heute. Beziehungen und Wirkungen.
Bd. 2. Frankfurt a.M., 1976.
WILKER, Jessica. "Auguste Rodin" par Rainer Maria
Rilke: 'Entre porcelaine et marbre' ou les limites de la sculpture
et de la poésie. 2000.
Renate SCHARFFENBERG: Rilke
et ses éditeurs: Kippenberg, Kattentidt, Juncker,
Unseld
Beginnend mit der zunächst vergeblichen
Suche des jungen Rilke nach einem Verlag für alle
seine Bücher, werde ich zunächst auf seine Beziehung
zu dem dänischen Verleger Axel Juncker eingehen. Der
Hauptteil meiner Ausführungen wird dann den zwanzig Jahren
seiner Verbindung und Freundschaft mit Anton Kippenberg und
dem Insel-Verlag gelten. Abschließend werde ich auf
Siegfried Unseld hinweisen, der sich nach seiner Übernahme
des Insel Verlags 1963 in besonderer Weise des Rilkeschen Werks
annahm.
Silke SCHAUDER: Traduttore-traditore
/ Les traductions de "La panthère"
de Rainer Maria Rilke
L’œuvre littéraire
de Rainer Maria Rilke est inséparable de son
travail de traducteur. Comprenant un corpus de plus de 1 200
pages, de 56 auteurs et de 8 langues différentes, ses
traductions sont autant de moyens pour continuer, relancer
et parfaire sa propre création poétique. Ainsi,
Rilke s’est consacré à la traduction en allemand
des poèmes notamment de Michel-Ange, de Dante, de Gaspara
Stampa, d’Elizabeth Barrett-Browning, de Paul Valéry,
d’André Gide, d’Anna de Noailles... En regard de cette pratique,
il est important d’éclairer en retour les problèmes
spécifiques que pose la traduction de Rilke en français.
Nous proposons un atelier qui compare plusieurs traductions d’un
de ses poèmes les plus fameux "La Panthère". La lecture
en parallèle des traductions entre autres de Claude Vigée,
de Maurice Betz, de Philippe Jaccottet et de Jean-Claude Crespy,
nous permettra de réunir des éléments
de discussion concrets sur la sempiternelle question: traduttore, traditore?
En quoi toute traduction comporte-t-elle une part de trahison?
Faut-il vraiment sacrifier ou le son ou le sens? Toute traduction
manque-t-elle le texte d’origine? Se doit-elle à un malentendu
plus ou moins heureux? Telles sont les questions, que nous aborderons
dans notre communication.
August STAHL: Devance tout adieu:
L'éthique rilkéenne du voyage
Plus de vingt ans avant les Élégies
de Duino et les Sonnets à Orphée,
le héros étranger du conte de Rilke,
Le Tueur de dragons (1901), agit selon le conseil
par lequel débute le treizième poème de
la deuxième partie des Sonnets: "Devance
tout adieu". Le tueur de dragons se dérobe à toute
attente ou exigence de la cour et ne se laisse pas séduire
par les promesses du pouvoir et le charme de la beauté.
Tandis que le roi entouré "des vieux paladins du royaume"
attend le combattant victorieux, celui-ci "galopait déjà
bien loin de la ville ... sous un ciel plein d'alouettes". Son renoncement
à la haute récompense offerte — la fille du roi
— lui conserve une liberté qui ne saurait être ébranlée
par un but fixé par autrui, ni par toute autre tentation
extérieure. La chevauchée sous le "ciel
plein d'alouettes" est-elle seulement anticipation de l'adieu
inévitable ou exacerbation de la rencontre tel que
l’adieu la rend sensible? La question se pose alors de l'attitude
morale du héros rilkéen, et celle de la transmission
de l'éthique "des lointains pleins de figures" (Le Solitaire,
Le Livre des images).
Rainer STAMM: Fabuleuse expérience
de la couleur
Lorsqu’on évoque
aujourd’hui la rencontre de Rainer Maria Rilke avec
Paula Modersohn-Becker, l’on se focalise la plupart du temps
sur la visite du poète à Worpswede en 1900.
Il résulta cependant de cette première rencontre
une amitié — non exempte de complications — qui atteignit
son apogée en 1906, lorsque le poète et l’artiste
séjournaient en même temps à Paris, et qui
dura jusqu’à la mort du peintre en 1907. Ils s’étaient
tous deux défait de liens affectifs quelque peu encombrants,
Rilke bien malgré lui de Rodin, Paula Modersohn-Becker
de son mari Otto Modersohn. Tous deux font alors l’expérience,
en ce début d’année 1906 à Paris, de points
culminants de leurs créations. Pendant ces mois d’échange,
prennent forme nombre des "Nouveaux poèmes" de Rilke,
ainsi que les peintures les plus significatives de Paula Modersohn-Becker.
Cet exposé de l'éditeur
de la correspondance entre Rainer Maria Rilke et Paula
Modersohn-Becker relèvera dans leurs œuvres,
les traces de cette amitié d’artiste exemplaire. Il tentera
ensuite de montrer quelles en furent les conséquences
pour Rilke "d’apprendre à voir avec les yeux d’un peintre",
ceux de Paula Modersohn-Becker. Il en fera l’expérience
en particulier après son départ de Paris à
Capri, où il vérifiera que Paula Modersohn-Becker
lui avait ouvert les yeux non seulement sur des "expériences
des plus intenses de la couleur", mais sur Cézanne, dont
il s’appropriera l’oeuvre lors du Salon d’Automne de 1907, quelques
jours avant la mort de Paula.
Alexis TAUTOU: La cruche
cassée et les tourneurs de vers: autour de quelques "versions"
françaises de la première Elégie de Duino
Cette intervention s’inscrit dans le cadre d’une recherche
doctorale menée entre l’université de Tours et l’UNIL
de Lausanne sur les traductions françaises de la poésie
de Rilke. Notre réflexion s’attachera ici aux Elégies
de Duino, œuvre maîtresse de Rilke qui a littéralement
embrasé l’imaginaire des poètes et allumé perpétuellement
les désirs de retraduction. Après avoir présenté
succinctement les différentes versions existant en France des Elégies,
nous nous placerons du côté d’un aspect spécifique
de la traduction, ou plutôt de la "version", à savoir: la
restitution spatiale, typographique, du vers duinésien et de
ses phénomènes de "tourne". En plaçant le travail
de traduction poétique sous le signe de formes, de figures spatiales
investies d’affectivité, nous finirons en abordant trois exemples
de "version" française de la première Elégie qui
est, pour reprendre le mot d’Armel Guerne, la "porte du temple".
Erich UNGLAUB: Les voyages de
Rilke en Scandinavie
Der Prager Dichter hat
zwischen 1896 und 1904 ein aus seinem Bildungsgang
nicht zu erklärendes, rapide zunehmendes Interesse für
Skandinavien entwickelt, das er zeitweise wie Russland als
seine eigentliche geistige Heimat empfand. Die Entwicklung
des Interesses für den Norden war zunächst literarisch
begründet, im Werk von Jens Peter Jacobsen, auch in den
Briefen Søren Kirkegaards und den Romanen der zeitgenössischen
nordischen Frauenliteratur. Die Vermittlung von Ellen Key
brachte ihm die Einladung nach Schweden, eine Reise, die
auch zu einer näheren Kenntnis von Dänemark,
vor allem seiner Hauptstadt Kopenhagen führte. Die Begegnung
mit dem dänischen Maler Vilhelm Hammershöi, dem schwedischen
Maler Ernst Norlind und der jungen Künstlerin Tora Vega
Holmström sowie das Kennenlernen des Göteborger ‘Samskola’-Projekts
zeigen ihn als aufmerksamen, sensiblen Besucher. Nicht nur bedeutende
Landschaftsgedichte sind der poetische Ertrag der Reise, viele
wichtige kulturelle Kontakte wirkten nach, nicht zuletzt auf
die Gestaltung der Hauptfigur von Rilkes Roman, die einen jungen
dänischen Dichter in Paris zeigt. Sowohl inhaltliche Elemente,
vor allem aber auch die literarische Form des ‘Malte’-Romans
zeigen deutliche, bisher wenig untersuchte skandinavische Akzente.
Diesen sowie grundsätzlichen Zusammenhängen von (fremder)
Sprache, Literatur und Kultur wie sie sich aus Rilkes Reise in
den Norden ergeben und auf den folgenden Aufenthalt in Paris nachwirken,
wird nachzugehen sein.
Karine WINKELVOSS: Retourner
l'air: Rodin et l'espace rilkéen
"...
Maintenant il serait temps que des dieux sortent /
des choses habitées... / Et tous les murs de
ma maison, qu'ils les / renversent. Page blanche. Rien
que le vent / que projetterait cette feuille qui tourne,
suffirait / pour retourner l'air comme une motte de terre
/ un nouveau champ de souffle"1.
L'image
centrale de ce poème de 1925, assez fréquente
dans l'œuvre tardive de Rilke — on pense à "l'intérieur
du vent" (Windinnres) du poème "Mausolée"2
ou à "l'autre / versant de l'air" du poème "A la musique"3,
fait davantage penser à Celan qu'au Rilke
de la période "médiane", celle
de son intense réception de Rodin. Pourtant
dès sa monographie de 1902, Rilke, qui voit dans
La Victoire de Samothrace une "image du vent grec"4,
dit des Bourgeois de Calais que "l'air interposé
n'est pas un abîme qui sépare, mais plutôt
un corps conducteur, une transition doucement dégradée"5.
Les œuvres de Rodin elles aussi semblent donc "retourner
l'air", s'incorporer l'espace qui les entoure,
faire de l'espace extérieur un espace intérieur,
et vice-versa — car dans cette dialectique, le rapport
du dedans et du dehors est toujours réversible:
"... S'il est vrai que Rodin s'efforçait d'attirer
l'air au plus près de la surface de ses choses, on
a ici le sentiment que c'est la pierre qu'il a proprement
dissoute dans l'air: le marbre paraît être seulement
le noyau dense et ructueux, tandis que son contour ultime
et le plus discret est de l'air en vibration"6.
Dès 1900, Rilke avait déjà eu à
propos de Rodin une intuition semblable: "... Il est des œuvres plastiques
qui portent en elles-mêmes l'environnement et l'irradient
[...]. Pour qui les voit bien, elles ont toujours autour d'elles
ce qui est à elles, leur pays d'origine, et non l'espace où
elles sont placées par hasard"7.
Il s'agira ici de comprendre comment ce que Rilke
appelle "la médiation de l'air" (das Medium
der Luft) chez Rodin articule le voir et l'espace
intérieur du monde tel qu'il se formule p. ex.
dans cette lettre de 1915 sur Tolède: "... Apparition et
vision coïncidaient en quelque sorte partout dans l'objet,
un monde intérieur complet s'extériorisait
en chacun d'eux, comme si un ange, qui englobe l'espace, était
aveugle et regait en lui-même"8.
1 Rainer Maria Rilke, Œuvres
poétiques et théâtrales,
éd. Gerald Stieg, Paris, Gallimard, 1997, p.
934.
2 Rainer Maria Rilke,
Œuvres poétiques et théâtrales,
éd. Gerald Stieg, Paris, Gallimard, 1997,
p. 926 (où Windinnres est traduit par "paume du
vent".
3 Rainer Maria Rilke,
Œuvres poétiques et théâtrales,
éd. Gerald Stieg, Paris, Gallimard, 1997,
p. 1025.
4 Œuvres en proses, éd.
Claude David, p. 863.
5 Œuvres en proses, éd.
Claude David, p. 886.
6 Œuvres en proses, éd.
Claude David, p. 890.
7 Œuvres en proses, éd.
Claude David, p. 922.
8 Rainer Maria Rilke,
Œuvres III (Correspondance), éd.
Philippe Jacottet, Paris, Seuil, 1976, p. 387.