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" Page mise à jour le 1er mars 2010
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DU JEUDI 2 SEPTEMBRE (19 H) AU JEUDI 9 SEPTEMBRE (14 H) 2010



JAMES SACRÉ OU LES GESTES DE LA LANGUE


DIRECTION : Béatrice BONHOMME, Jacques MOULIN

Avec la participation de James SACRÉ

ARGUMENT :

James Sacré est né en Vendée en 1939. Il passe son enfance et son adolescence à la ferme des parents en Vendée. D’abord instituteur puis instituteur itinérant agricole, il part, en 1965, vivre aux Etats-Unis où il poursuit des études de lettres (thèse sur la poésie de la fin du XVIe siècle français). Il y enseigne dans une université du Massachusetts (Smith College) tout en faisant de nombreux séjours en France et des voyages en d’autres pays (l'Italie et le Maroc, souvent). Il a publié des livres de poèmes au Seuil (Cœur élégie rouge, 1972), chez Gallimard (Figures qui bougent un peu, 1978) et aux Editions André Dimanche, ainsi que chez de nombreux "petits éditeurs". Il vit de nouveau en France, à Montpellier, depuis 2001.

James Sacré prend le parti du prosaïque. Ainsi l’écriture du poème est incessante interrogation de l’acte d’écrire, chahuté par une grammaire en mouvement. Pas de vérité définitive quant à une hypothétique essence de la poésie. Elle n’est ni idéalité dont il pourrait y avoir science, ni absolu à vénérer, la poésie est une réalité contingente, énonciation qui tire de son peu d’assurance la force de faire jaillir au plus vif l’étrangeté du réel le plus anodin: "Dans ma poésie j’ai tendance à aller vers les choses plutôt pauvres, mièvres ou maladroites pour défaire ce qui est rutilant ou trop sonore". Le poème chez James Sacré est aussi poème de l’émoi, de la tendresse. Pas seulement mais aussi et qu’il maintienne dans l’époque contemporaine la possibilité d’une veine sentimentale, ce n’est pas rien. L’écrivain cherche un lien entre l’énonciation individuelle et l’énonciation plus générale de toute la communauté humaine, tel qu’il apparaissait dans la poésie baroque du XVIIe siècle. Les mots de James Sacré semblent pris dans le risque, risque d’une parole tremblée, délibérément gauche et comme engourdie, étrange accent d’enfance hors du temps. Du mal dire aux balbutiements du cœur, l’enfance, est là convoquée comme évoquée pour installer dans la langue, un lieu, l’enfance, celle de Cougou. Frotter son français à l'allure orale du patois, c'est comme une nouvelle langue où l'oralité se mêle d'enfance poitevine et paysanne. Chez James Sacré, l’expression s’attache aussi à ce qui a été souvent considéré comme le domaine privilégié du lyrisme: le territoire de l’intime. Est-ce à dire qu’on retombe dans les travers de la poésie effusive exécrée de Ponge? Rien de tel chez James Sacré pour lequel écrire n’est pas donner libre cours à un sentimentalisme niais mais renouer avec le natal, l’intime demeuré énigme, altérité, cette part d’énigme étant aussi au cœur du rapport poétique à la langue et alliant d’une certaine façon le lyrique et le littéral. Un poème est une façon d’écrire qui met l’accent sur le maniement même des formes de la langue plutôt que sur un sens à dire, il constitue une sorte d’étreinte plus étroite avec la matérialité de la langue. D’où l’importance d’une écriture manuelle où l’on sente la main faire: "Les gestes d’écrire. ça qui laisse des traces: l’encre qu’on voit sur le papier. Les mots qu’on veut comme des gestes (les gestes qu’on dirait des mots plus forts)". Le poème par ses gestes de mots se mêle aux gestes du vivant, la langue se frotte au vivant, rencontre "tout un dictionnaire vivant".

Pour toutes ces raisons, qui font de ce poète une figure majeure de la poésie française contemporaine, ce colloque tentera de mettre en lumière les différentes facettes de cette création et de saisir dans cette œuvre ce presque rien qui bouge, la fuite des choses et du temps, le temps qui fait son oeuvre de poussière mais révèle aussi la résistance tenace des gestes de la langue.

COMMUNICATIONS :

* Gabriel BERGOUNIOUX: Savoir des noms
* Michael BISHOP: L'extrémité visible d'une métaphore
* Béatrice BONHOMME: Portrait du père en pointillés
* Yves CHARNET: Lettre à James Sacré
* Benoît CONORT: Raconter (quoi, comment) une histoire?
* Eric DAZZAN: L'invention du bien vivant dans l'œuvre de James Sacré
* Alexander DICKOW: James Sacré face au "roman parlant" ou le leurre du style
* Maxime DEL FIOL: "C'est l'intensité que je cherche à m'expliquer": la rencontre marocaine de James Sacré
* Laurent FOURCAUT: La dimension autoréférentielle de la poésie de James Sacré
* Pierre GROUIX: La chancellerie. Maroc de James Sacré
* Tristan HORDÉ: Les mots meurent sans rien montrer
* Régis LEFORT: Le poème de James Sacré: une langue de terre
* Evelyne LLOZE: Humain, trop humain ou le geste d'humanité chez Sacré
* Serge MARTIN: La relation dans le poème-Sacré: quand l'érotique et le politique s'emmêlent
* Jacques MOULIN: Mettre un bonnet d'âne à la langue pour la faire braire, dans Âneries pour mal braire, et d'autres moments d'ânes
* Alexis PELLETIER: Un semblant de simplicité
* Jean-Claude PINSON: « Mon Sacré » (expérience et poésie)
* Pierre-Yves SOUCY: Le réel, la forme, l'énigme (sur la poésie de James Sacré)
* Catherine SOULIER: Pour découvrir le mécanisme d'un poème (Notes sur "Le goret")
* Nicolas TABUTEAU: James Sacré, paysages du poème
* Wladimira TACQUET: La poésie de James Sacré, un geste spinoziste?
* Renée VENTRESQUE: Les poèmes "américains" de J. S.
* Arnaud VILLANI: James Sacré selon les catégories de Peirce
* Franz Eduard VOELKER: L'arbre, ce grand vivant
* Christophe WALL-ROMANA: Travail et travailleurs, techniques et rythmes du temps

- Lecture du dernier recueil de James Sacré, avec Tristan HORDÉ
- Lecture de textes de James Sacré, avec Régis LEFORT
- Lectures de James SACRÉ

RÉSUMÉS :

Gabriel BERGOUNIOUX: Savoir des noms

La poésie de James Sacré et la réflexion qu’il développe inséparablement sur sa propre production se présentent comme un mode d’appropriation du monde en tant qu'objet d'une connaissance inspirée (ou guidée, ou provoquée) par les mots. Il s’en déduit une modalité spécifique du savoir, fondée sur l’affinité entre l'expérience des objets (physiques ou mentaux) et le récit qu'en scénarisent les noms convoqués, qu’ils soient l’épreuve de leur présence ou la mémoire de leur histoire, dans le partage d’une connaissance singulière entre l’auteur et des lecteurs invités, par le détour de leur usage de la parole, à s’y reconnaître, ou non. Par là se dessine une autre relation à la langue qui met en forme le passé du vécu sous ses deux espèces (mémoire et expérience) et qui affecte en retour la perception que nous avons de la langue en tant qu’elle est, en elle-même, une expérience de la mémoire.

Références bibliographiques :

"Un art prosaïque. A propos de Ma Guenille", Théodore Balmoral 24 :123-129, 1996.
"Un art poétique aujourd’hui? A partir de poèmes de L. Boltanski, de J.-P. Michel et J. Sacré", http://www.accedit.com/auteur.php?id=bergounioux (2008).


Béatrice BONHOMME: Portrait du père en pointillés

Ecrire le poème du père pour James Sacré, c’est peut-être aussi renouer avec cette langue oubliée désormais, celle de l’enfance,  celle du désir, celle du patois. Ce qu’on écrit devient alors comme quelque chose de vivant. La poésie, c’est comme la vie, ou la mort aussi fragile, en somme. Le sentiment de l’inutilité habite le poème et pourtant le désir perdure, pour faire signe au père aussi. Ce portrait du père en travers du temps et non à travers le temps, est-ce vraiment un portrait ou bien plutôt un portrait en pointillés, une esquisse, une ébauche de rien?

Benoît CONORT: Raconter (quoi, comment) une histoire?

"Raconter (quoi, comment) une histoire?", telle serait l'origine interrogative de l'écriture, cette tentative de joindre le geste à la parole en un "mouvement de phrases" ruminantes... Peu à peu une histoire, peut-être, se dessine de ces "Figures qui bougent un peu" au "Portraits du père au travers du temps", une langue s'élabore dont le geste reste à décrire. Reprendre donc quelques livres anciens, les jointoyer à de plus récents, et tenter de comprendre comment, avec quoi, une histoire se raconte, même si "mal", même "silencieuse.

Références bibliographiques :

"James Sacré", Qui vive, n°3, Paris, 1980.
"James Sacré et les charmes de la beauté hésitante", La Quinzaine littéraire, n°355, 16-30, septembre 1981 (Quelque chose de mal raconté).
"James Sacré", Dictionnaire de la littérature française, Tome III, P-Z, Paris, Bordas, 1984.
"Je dirai tes naissances nouvelles", Le Français dans le monde, n°223, février-mars 1989.
"James Sacré", Itinéraires Littéraires, XXe siècle, Tome II, 1950-1990, sous la direction de J.-M. Maulpoix, Paris, Hatier, 1991.
"Des animaux plus ou moins familiers", Le Français dans le monde, n°262, janvier 1994.
"Poésie est un mot rusé", Scherzo, n°8, juillet-août-septembre 1999.
"Comme si c'était un dictionnaire familier...", Nu(e), n°15, Nice, 2001.
"Si verset il y a...", Etudes littéraires, "Le Verset moderne", Université Laval (Canada), automne 2007.


Eric DAZZAN: L'invention du bien vivant dans l'œuvre de James Sacré

La communication se propose de travailler le rapport entre mémoire, autobiographie (écriture et invention de soi) et invention d'une langue poétique dans l'œuvre de James Sacré. Mon point de départ pourrait être ces vers de Portrait du père en travers du temps (La Dragonne, 2009, p.11): "Si je crois pouvoir penser/ Te garder vivant dans ces mots/ C'est évidemment pas vrai, c'est/ Que du plaisir ou de la peine/ Qu'on entendra dans mon poème, ça n'est que moi/ Qui reste vivant.

Maxime DEL FIOL: "C'est l'intensité que je cherche à m'expliquer": la rencontre marocaine de James Sacré

Il s'agira d'enquêter sur les rapports du poète avec le Maroc, pour approcher la compréhension de cette expérience qui, au-delà de tout exotisme, irrigue de nombreux poèmes: quelle proximité, et pour tout dire, quelle rencontre? Certes, la relation au Maroc se confond en partie avec le mystère de l'"amitié" pour Jillali Echerradi et avec les tentatives pour "s'expliquer un peu sur [leurs] façons d'être ensemble", mais sans doute atteint-elle aussi chez le poète un centre existentiel, qui fait très souvent revivre en filigrane ou en surimpression les souvenirs paysans de son enfance vendéenne. C'est le mystère de cette "intensité" et de ce sentiment d'appartenance dans la "présence" du "fragile paradis" marocain qui seront examinés, en rappelant qu'ils ne représentent qu'un cas particulier, mais tout à fait privilégié, de la relation du poète à cette "énigme du monde" qui ne cesse de le fasciner et qui, tendue entre "le sentiment de toucher à l'éternité" et "l'obscurité" ontologique fondamentale, ne peut jamais être entièrement levée — à moins qu'il n'y ait rien d'autre à chercher et que vivre, "la misère et le plaisir pas démêlables", ne soit qu'un "un secret qu'on ouvrirait à la lumière: il n'y a rien et le monde est léger".

Alexander DICKOW:
James Sacré face au "roman parlant", ou Le leurre du style
L'écriture de James Sacré interroge les limites de la langue normative. On y trouve des régionalismes, des phrasés inusités, des anacoluthes et des ellipses. Ces éléments caractérisent cette stylisation que Jérôme Meizoz a décrit dans ce qu'il appelle le roman "parlant". Cependant, Sacré n'est guère comparé aux écrivains étudiés par Meizoz, dont Céline, Cendrars, Ramuz, Poulaille et Queneau. Cette absence de comparaison est elle-même parlante, comme si la poésie ne partageait pas les préoccupations, politiques entre autres, du roman. Toutefois, comme Cendrars ou Ramuz, Sacré se sert abondamment des topoï liés au style "parlé". Le poète évoque l'authenticité paysanne de sa parole, suggère sa proximité à des communautés démunies ou aux styles de vie en voie de disparition; il montre son ambivalence envers la grammaire normative ou la culture académique; il exploite l'effet d'intimité et de complicité du style oral. Mais contrairement aux écrivains du "roman parlant", Sacré démystifie ces lieux communs. Une allusion livresque, aux poètes baroques notamment, ou une remarque ironique vient soudain rappeler que la simplicité du paysan est un artifice ; la proximité au lecteur inconnu, un prétexte ; l'oralité de l'écriture, une fiction. Aujourd'hui, il convient de confronter ce regard sceptique à l'idée tenace qu'il existerait en quelque sorte une "bonne" et une "mauvaise" langue: l'une organique, en variation continue, hybride et résistante aux normes ; l'autre normative et relativement uniforme. Des discours puristes et antipuristes opposent encore ces usages de la langue pour des raisons éthiques, comme chez Gilles Deleuze, Edouard Glissant ou Hélène Merlin-Kajman, par exemple. Mais l'exemple de Sacré montre qu'une grammaire n'entraîne pas une rhétorique "contemporaine". On peut être haineux à la manière d'un Maurras au même titre qu'à celle de Céline ; la communauté peut naître en style rabelaisien comme en langage malherbien. En somme, James Sacré nous incite à nous méfier des leurres que produit la manière de parler, à rester attentif aux non-dits du langage rude ou distingué, exubérant ou sobre, simple ou complexe. Une telle leçon de grammaire est plus nécessaire que jamais.

Laurent FOURCAUT: La dimension autoréférentielle de la poésie de James Sacré

Cette communication s’intéressera à un paradoxe: la poésie de James Sacré est minutieusement, scrupuleusement attentive aux êtres et aux choses, ce qui lui confère une précieuse teneur en réel ; pourtant, cette poésie ne laisse pas de se réfléchir elle-même, d’interroger son écriture. On s’efforcera de rendre compte et raison de ce paradoxe, à travers quelques livres du poète.

Références bibliographiques :

Livres
Lectures de la poésie française moderne et contemporaine. Paris, Nathan Université, « 128 », 1997, 128 p. Réimpression Armand Colin, 2005.
Claude Nougaro : la bête est l’ange. Imaginaire et poétique. Paris, éd. L’Harmattan, « Espaces littéraires », juin 2007, 126 p.
Revue Nu(e) (Nice), n° 39, consacré à Esther Tellermann (coordination), juin 2008, 298 p.
Articles
"James Sacré : Trouer le tissu des mots pour toucher la chose-mère", James Sacré [sur le livre Si peu de terre, tout], Lalin (Pontevedra), Espagne, Amastra-n-Gallar, n°10, outono 2005, pp. 14-15.
"Désir et corps de l’écriture dans À tout regard de Nicole Brossard" (pp. 199-212), in Daniel MARCHEIX et Nathalie WATTEYNE (ed.), L’Écriture du corps dans la littérature québécoise depuis 1980. Limoges, Presses Universitaires de Limoges, « Espaces Humains », 2007, 277 p.
"L’Épreuve par neuf" : Jacques Roubaud, "Dès que je me lève", Quelque chose noir (pp. 259-270), in Une traversée du XXème siècle : art, littérature, philosophie. Hommages à Jean Burgos, sous la direction de Barbara Meazzi, Jean-Pol Madou et Jean-Paul Gavard-Perret, Université de Savoie, Laboratoire Langages, Littératures, Sociétés, coll. « Écriture et représentation », 2008, 433 p.
"Autobiographie de William Cliff : le sonnet comme (in)discipline", in Le Sonnet contemporain. Retours au sonnet, sous la direction d’Alain Chevalier et Dominique Moncond’huy. Actes du Colloque de Poitiers (1er et 2 septembre 2007). Formules, 2008/Noesis, pp. 167-178.
"Caisse claire d’Antoine Emaz : chute du mur à qui on fait la peau" (pp. 30-43), in Actes du colloque Antoine Emaz tenu les 13 et 14 mars 2008 à l’université de Pau et de l’Adour. Textes réunis et présentés par Jacques Le Gall. Tarabuste Éditions, « Supplément Triages », Saint-Benoît-du-Sault, septembre 2008, 197 p.
"Est-ce que j’peux placer un mot ? de Dominique Fourcade : la voix de l’infans chapitré au chapitre" (pp. 101-121), Cuadernos de Filología Francesa, 19, Universidad de Extremadura, Cáceres, 2008, 333 p.
"L’Écriture poétique de  Dominique Fourcade comme "forme informe" : le cas exemplaire de Xbo (1988)" (pp. 199-213), in Forme et Informe dans la création moderne et contemporaine. Actes du Colloque de Cerisy (11-18 juillet  2008). Formules, 2009/Noesis, 417 p.


Tristan HORDÉ: Les mots meurent sans rien montrer

La géographie des livres de James Sacré se partage principalement en trois lieux, les Etats-Unis, le Maroc et, pour le temps de l’enfance, la Vendée. C’est d’abord à ce lieu de mémoire, sans cesse revisité, que l’on s’attachera. On y relèvera tout un vocabulaire régional, patoisant ou non, qui désigne les éléments du paysage, les instruments et les gestes du travail. On montrera comment il participe à la reconstruction de l’enfance et comment cet imaginaire du passé se lie au présent.

Régis LEFORT: Le poème de James Sacré: une langue de terre

Il ne s’agira pas, ici, d’envisager le terroir, en l’occurrence la terre vendéenne, mais la langue du poème comme une terre de la transhumance: une terre dont le labour creuse une "argile originelle" comme un évidement de la matière dit le cœur "partout volumineux". Il s’agira, à partir de l’herbe des mots, d’essayer d’approcher ce qui silence dans la langue orgasmique, dans la geste du poème.

Référence bibliographique :

"La poésie de James Sacré: 'Une façon d'attraper les mots / Qui fait bouger la tête comme ça'", dans le numéro de la revue espagnole AMASTRA-N-GALAR, dirigée par Emilio Arauxo, n° 10 , automne 2005.


Evelyne LLOZE: Humain, trop humain ou le geste d'humanité chez Sacré

A travers une exploration de l’œuvre de Sacré, on tentera de tracer l’aventureuse topographie de ses recueils, d’analyser ce qui résonne là, d’amical et d’amoureux, et d’interroger enfin, dans cet art du voyage caractéristique de Sacré (au cœur de ses variations/modulations parfois théâtrales, mais toujours fraternelles) ce qui relève d’un geste d’humanité, la part éthique pour tout dire chez Sacré, à notre avis fondamentale.

Serge MARTIN: La relation dans le poème-Sacré: quand l'érotique et le politique s'emmêlent

L’écriture-Sacré est avant tout un opérateur de désacralisation de "la Poésie" telle que ses contemporains, poètes et philosophes mais également enseignants et littéraires, ont cru bon de la resacraliser après la catastrophe du milieu du XXe siècle. Il s’agira d’apercevoir à la fois les "moyens" (au sens de Reverdy) que l’œuvre a construit au fur et à mesure de son écriture et les enjeux décisifs que ces "gestes d’écriture" constituent dans le champ poétique contemporain de l’œuvre mais également en regard d’auteurs anciens ou d’écritures en cours, voire à venir. De ce point de vue, les poèmes-relations de James Sacré permettent d’opposer aux habituels cadres normatifs et interprétatifs de la poésie contemporaine ces mêmes moyens comme autant de leviers pour augmenter l’interaction du langage et du vivant, de la poésie et de l’humain à rebours des déplorations et autres instrumentalisations ontologiques, esthétiques, didactiques ou théologiques.

Références bibliographiques :

"Il y a pli & pli. Penser avec le sujet du poème", dans Europe n°851 (supplément au n°850, "Littérature et philosophie"), mars 2000.
"Au cœur de la relation dans le langage: l’amour-en-poésie dans l’œuvre de James Sacré", dans C. Van Rogger Andreucci (éd.), Actes du colloque "James Sacré", Université de Pau - Mai 2001, Saint-Benoît-du-Sault: Tarabuste, 2002.
"Penser le renard d’écriture dans la relation corps-langage", dans Cahiers Robinson n°16 ("Renart de male escole"), Arras: Presses de l’Université d’Artois, 2004, p. 65-78.
"Poème tout comme", dans Amastra-N-Gallar n°10 ("James Sacré"), Santiago de Compostela, automne 2005, p. 45-49.
"Cœur, élégie rouge", dans Langage et relation. Poétique de l’amour, coll. "Anthropologie du monde occidental", L’Harmattan, 2006, p. 205-218.
"James Sacré ou le décentrement par la relation poétique", présentation et entretien dans Le Français aujourd’hui n°161, Armand Colin, juin 2008, p. 113-120.


Jacques MOULIN: Mettre un bonnet d'âne à la langue pour la faire braire, dans Âneries pour mal braire, et d'autres moments d'ânes

Si Victor Hugo a mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire, James Sacré, lui, a peut-être mis un bonnet d’âne à la langue pour mieux faire braire le vers, pour marcher à pas d’âne dans la langue — sans oublier l’entêtement salutaire, nu et rustique dudit animal —, vers le poème vivant vrai. Ânonnant son texte en ses "bourriques de mots", James Sacré nous réapprendrait à dire, lire, écrire le poème.

Alexis PELLETIER: Un semblant de simplicité

L'écriture de James Sacré, la lecture de ses œuvres — surtout quant on a le plaisir de l'entendre lire lui-même — paraît presque naturel. James Sacré parvient à donner l'impression d'une clarté, d'une lisibilité qui pourrait être une marque de ce qu'on appelait autrefois son style. Mais en lisant de lire de plus près quelques poèmes, on pourrait se demander d'où vient cette simplicité voire si c'est si simple.

Jean-Claude PINSON: « Mon Sacré » (expérience et poésie)

Singularité de James Sacré: il est un poète de l’expérience. Un poète intempestif de l’expérience intempestive. Un poète cependant non pas d’avant mais d’après cette "chute de l’expérience" dont parle Walter Benjamin pour définir notre époque. Un poète des reliques ; un lyrique des ci-devant campagnes, notamment. Mais un lyrique grammairien, à qui on pourrait appliquer ce que Roman Jakobson disait de Pouchkine: l’émotion, la "dense dramatisation" de l’existence, naît chez lui de la "variation maîtrisée des figures grammaticales".

Nicolas TABUTEAU: James Sacré, paysages du poème

On aime à retrouver dans la poésie de James Sacré ce presque imperceptible "bouger" — sorte de basse continue de l’œuvre — de la grammaire, du rythme, des "figures"... En prenant appui sur le lien mal maîtrisable existant entre poème et paysages — territoires nettement repérables (?) et monde de mots miséreux (?), merveilleux (?) — nous tâcherons de rendre compte, grâce au couplage texte et image, de la force figurative d’une telle poésie dans sa confrontation souple avec la parole et sa boiterie foncière.

Wladimira TACQUET: La poésie de James Sacré, un geste spinoziste?

A partir du recueil "La poèsie comment dire?" de James Sacré, et de quelques autres textes, il s'agira ici de tenter, à rebours de toute étude objective et savante, une expérience subjective de la rencontre. Ainsi, dans le mouvement même de cette expérience, nous aventurerons deux hypothèses:
- déconstructions syntaxiques, détournements lexicaux, bégaiements et tremblements de la langue, ne seraient-ils pas la marque visible d'interstices, voire de failles, où se joueraient des processus de vie?
- et si la poésie de James Sacré était l'un de ces lieux (ou l'un de ces corps?) spinozistes où l'intime et le monde se conjuguent singulièrement en un commun sans cesse en devenir?

Arnaud VILLANI: James Sacré selon les catégories de Peirce

Il n’est pas question d’entrer dans les redoutables classifications sémiotiques des Essais sur le signe de Peirce. En revanche, parce que, de mon point de vue, la prégnance jamais démentie des éléments "dévalués" du monde poétique de Sacré continue d’être une énigme, malgré le pas effectué en cette direction par le "mineur" au sens de Deleuze, je me suis tourné vers la priméité de Peirce, où l’immédiateté et l’immédiation prennent le pas sur les deux autres composantes (secondéité et tiercéité) de chaque niveau. En ne perdant pas de vue le lien que cette priméité peut avoir avec la "certitude sensible" de Hegel, ou ce que le poète Hopkins nomme l’instress et le burl, je fais quelques propositions pour un concept de priméité poétique chez James Sacré.

Références bibliographiques :

Charles Sanders Peirce, Essais sur le signe, Editions du Seuil.
Hegel, Phénoménologie de l’Esprit, "La certitude sensible".
Gerard Manley Hopkins, De l’origine de la beauté, suivi de Poèmes et écrits, Editions Comp’act, 1989.
Arnaud Villani, "Gerard Manley Hopkins, médiateur d’une poétique de l’infini", Revue Po&sie, n° 98, Belin, 2002.
Arnaud Villani, "Gerard Manley Hopkins", Revue Noésis, Actes du colloque Philosophie et poésie, Nice, 2004.
Arnaud Villani, "James Sacré et l’attitude poétique", Conférence à l’Université de Nice, Colloque James Sacré, 2004.
Arnaud Villani, "L’idée de rien poétique dans l’œuvre de James Sacré", Conférence à l’Auditorium de la Bibliothèque Nucéra, Nice, 2007.


Franz Eduard VOELKER: L'arbre, ce grand vivant

À travers l’étude du motif de l’arbre, nous voudrions cerner quelques traits de l’élégie telle que la pratique James Sacré dans Cœur élégie rouge (1972, 2001). Ce livre de poèmes accorde une place importante à l’arbre. Par exemple, le texte d’ouverture contient l’injonction: "Il faut construire la mémoire et la percher dans les arbres". En distinguant entre les trois parties de l’ouvrage, nous examinerons comment l’arbre est évoqué, quelles sont ses fonctions et à quelles autres entités on peut l’associer ou, au contraire, l’opposer. Nous nous demanderons de quelle manière le traitement de ce motif permet de caractériser l’élégie de Sacré et s’il constitue un facteur de rapprochement avec des élégies antérieures.

Christophe WALL-ROMANA: Travail et travailleurs, techniques et rythmes du temps

On compte beaucoup de gens ordinaires, c’est à dire de travailleurs, dans la poésie de James Sacré, donc beaucoup d’activités, de savoir faire et de techniques, mais aussi d’autres travaux bien moins perceptibles — en attente, en souffrance, en désuétude, en devenir; comme le travail de la terre ou du poème, au rythme de leurs exigences respectives. J’aimerais penser à l’intersection entre le travail (y compris le subtil travail de l’oisiveté dans le voyage, chez Sacré), ceux qui s’y adonnent ou y sont forcés, le déploiement technique qui les encadrent, et les différents rythmes qui conduisent à leur mise en présence, comme s'il y avait là une sorte de scène originaire dans la poétique de James Sacré.

Références bibliographiques :

"Franchise de la poésie hors registre, sur la poésie récente de James Sacré", Courrier du Centre International d’Etudes Poétiques, 209-210 (1996): 47-65.
"James Sacré’s Poetry: The Dolce Stil of Embarrassment", Sites: The Journal of 20th-Century/Contemporary French Studies 2.2 (Fall 1998): 461-466.
"James Sacré, choix de poèmes", Sites: The Journal of 20th-Century/Contemporary French Studies 2.2 (Fall 1998): 467-476 [avec David Ball].
James Sacré, "Viens, dit quelqu’un (extraits)", Five Finger Review 19 (2001): 202-7.


BIBLIOGRAPHIE :

Livres récents
- Le poème n’y a vu que des mots, L’idée bleue, 2007.
- Khalil El Ghrib, Editions Virgile, 2007.
- Un paradis de poussières, André Dimanche, 2007.
- Se os felos atravesan polos nosos poemas, Amastra-N-Gallar (dans une traduction en galicien de Emilio Araúxo), 2008 (Emilio Araúxo, Apdo. Correos 97, 36500 Lalin (Pontevedra) Espagne).
- Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad, 2008 (bilingue, texte traduit  en arabe par Saleh Diab).
- Une idée de jardin à Beyrouth, Soligny-la-Trappe: Ficelle n°84, Rougier. V éditions, 2008.
- Coudre ton enfance à demain, Contre-allées, « Poètes au potager », Montluçon, 2008.
- D’autres vanités d’écriture, Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault, 2008.
- 31 poèmes de l’Amérique un peu, Contre-Pied, Martigues, 2008.
- Bernard Pagès, Elancées de fêtes, mais tenant / Au socle du monde, Paris, La pionnière / Pérégrines (avec des photographies de sculptures de Bernard Pagès).
- Portrait du père en travers du temps, Nancy, La Dragonne (avec cinq reproductions de lithographies de Djamel Meskache).
- Le désir échappe à mon poème, Paris, Al Manar (avec cinq reproductions de dessins de Mohamed Kacimi), 2009.

Livres et plaquettes publiés
- Relation. Bordeaux: N.C.J., 1965; repris, légèrement modifié, dans Relation, essai de deuxième ancrit (1962-63; 1996). Saint-Denis d’Oléron: Océanes, 1999. Tirage de tête sur papier.
- La femme et le violoncelle. Lamérac: J.C. Valin éditeur, 1966 (avec un dessin de Pierre Bugeant); repris dans Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime.
- "Graminées", Poésie-Ecrire. Paris: Le Seuil, 1968 (collectif); repris dans Les mots longtemps... , Tarabuste, 2004.
- La transparence du pronom elle. Paris: Chambelland, 1970. Tirage de tête avec des burins d’Yvon Vey ; repris dans Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime.
- Coeur élégie rouge. Paris: Le Seuil, 1972 ; et Marseille: André Dimanche, 2001.
- Comme un poème encore. Liège: Atelier de l'agneau, 1975 (avec des dessins d’Yvon Vey); repris dans La poésie, comment dire?. Tirage de tête.
- Paysage au fusil (coeur) une fontaine. Paris: Gallimard, Cahier de poésie 2 (collectif), 1976; et Tours: La Cécilia, 1991 ; repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
- Un brabant double avec des voiles. Paris: Nane Stern, 1977; repris (avec une autre disposition des textes) dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
- Un sang maniériste. Etude structurale autour du mot sang dans la poésie lyrique française de la fin du seizième siècle. Neuchâtel: La Baconnière, 1977.
- Figures qui bougent un peu. Paris: Gallimard, 1978.
- "Exercice et plaisir en faveur de l’amour", L'amour mine de rien. Paris: Encre/Recherches, 1980 (collectif); repris dans La poésie, comment dire?
- Quelque chose de mal raconté. Marseille: André Dimanche, 1981. Tirage de tête avec une gravure d’Olivier Debré.
- Des pronoms mal transparents. Chaillé-sous-les-Ormeaux: Le dé bleu, 1982; repris dans Une petite fille silencieuse, André Dimanche, 2001.
- Rougigogne. Paris: Obsidiane, 1983 (tirage de tête avec un dessin d’Yvon Vey). Tirage de tête avec une sérigraphie d’Yvon Vey.
- Ancrits. Losne: Thierry Bouchard, 1983. Tirage de tête avec des eaux-fortes de Patrice Vermeille.
- Ecrire pour t'aimer: à S.B., Marseille: André Dimanche, 1984. Tirage de tête avec deux empreintes de Claude Viallat.
- Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme). Paris: Le Castor astral et Le Noroît, 1986 (avec des photographies de Bernard Abadie); repris dans Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
- La petite herbe des mots. Chaillé-sous-les-Ormeaux: Le dé bleu, 1986; repris dans Si peu de terre, tout.
- La solitude au restaurant. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1987 (tirage de tête avec des travaux de Thierry-Loïc Boussard); repris dans Ecrire à côté.
- Une fin d'après-midi à Marrakech. Marseille: André Dimanche, 1988.
- Un oiseau dessiné, sans titre. Et des mots. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1988 (avec un dessin de Jillali Echarradi); repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- Le taureau, la rose, un poème. Montpellier: Cadex, 1990 (avec des dessins de Denise Guilbert) ; repris dans Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime.
- Je ne prévois jamais ce que je fais quand je dessine. Paris: Les petits classique du grand pirate, 1990 (avec des dessins de Jillali Echarradi); repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- Comme en disant c'est rien, c'est rien. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1991 (avec des dessins de Jillali Echarradi); repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- On regarde un âne. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1992 (avec une photographie d’abderrazzak Benchaabane) Tirage de tête avec une aquarelle d’Areski Aoun ; repris dans Aneries pour mal braire, Tarabuste, 2006.
- Ecritures courtes. Chaillé-sous-les-Ormeaux: Le dé bleu, 1992; repris dans Si peu de terre, tout.
- La poésie, comment dire?. Marseille: André Dimanche, 1993.
- Des animaux plus ou moins familiers?. Marseille: André Dimanche, 1993.
- Le renard est un mot qui ruse. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1994 (avec un dessin de Jillali Echarradi); repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- Ma guenille. Sens: Obsidiane, 1995.
- Viens, dit quelqu'un. Marseille: André Dimanche, 1996.
- Essais de courts poèmes. Toulouse: Cahiers de l’Atelier, 1996 (avec des dessins de François Mezzapelle).
- La nuit vient dans les Yeux. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1997 (avec des dessins de Jillali Echarradi).
- La peinture du poème s’en va. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1998.
- Anacoluptères. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1998 (avec des illustrations de Pierre-Yves Gervais).
- Relation, essai de deuxième ancrit (1962-63; 1996). Saint-Denis d’Oléron: Océanes, 1999.
- Labrego coma (cinco veces). Saint-Jacques de Compostelle: Noitarenga, 1999 (avec des photographies d’Emilio Arauxo).
- Si peu de terre, tout. Chaillé-sous-les-Ormeaux: Le dé bleu, 2000.
- L’Amérique un peu. Montréal: Trait-d’union, 2000, 77 pages.
- Ecrire à côté. Saint-Benoît-du-Sault: Editions Tarabuste, 2000, 140 pages.
- Une petite fille silencieuse. Marseille: André Dimanche, 2001.
- Monsieur l’évêque avec ou sans mitre. Chaillé-sous-les-ormeaux: Le dé bleu, 2002 (avec des illustrations de Edwin Apps).
- Mouvementé de mots et de couleurs. Cognac: Le temps qu’il fait, 2003 (avec des photographies de Lorand Gaspar). Tirage de tête avec une photographie originale de Lorand Gaspar.
- Les mots longtemps, qu’est-ce que le poème attend?, Saint-Benoît-du-Sault: Tarabuste, 2004.
- Sans doute qu’un titre est dans le poème, Rennes, Wigwam, 2004 (avec des reproductions de peintures de Mariène Gâtineau); repris dans Le poème n’y a vu que des mots.
- Trois anciens poèmes mis ensemble pour lui redire je t’aime. Devois du Château: Cadex-éditions, 2006 (avec une vignette de couverture d’Yvon Vey).
- Broussaille de prose et de vers où se trouve pris le mot paysage. Sens: Obsidiane, 2006 (avec des reproductions de dessins peints de Khalil El Ghrib).
- Aneries pour mal braire. Saint-Benoît-du-Sault: Tarabuste, 2006.
- Khalil El Ghrib, éditions Virgile, Carnet d’ateliers, 2007 (avec cinq reproductions de dessins de Khalil El Ghrib). Tirage de tête sous étui avec un dessin original de Khalil El Ghrib.
- Le poème n’y a vu que des mots, Chaillé-sous-les-Ormeaux: L’Idée bleue, 2007.
- Un paradis de poussières. Marseille: André Dimanche, 2007.
- Se os felos atravesan polos nosos poemas?, Santiago de Compostela, Amastr-N-Gallar, 2008 (avec des photos de Emilio Araúxo).
- Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad, 2008 (bilingue, texte traduit  en arabe par Saleh Diab ; couverture de Anne Slacik).
- Une idée de jardin à Beyrouth, Soligny-la-Trappe: Ficelle n°84, Rougier. V éditions, 2008 (avec des gravures de Vincent Rougier). Tirage de tête sous coffret avec une gravure originale de Vincent Rougier.
- Coudre ton enfance à demain, Contre-allées, "Poètes au potager", Montluçon, 2008. [petit livret de quelques poèmes].
- D’autres vanités d’écriture, Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault, 2008. [ensemble d’articles sur des poètes et de petits textes qui essaient de penser les rapports entre écriture du poème et écriture des articles, 200 pages].
- 31 poèmes de l’Amérique un peu, Contre-Pied, Martigues, 2008.
- Bernard Pagès, Elancées de fêtes, mais tenant / Au socle du monde, Paris, La pionnière / Pérégrines (avec des photographies de sculptures de Bernard Pagès).
- Portrait du père en travers du temps, Nancy, La Dragonne (avec cinq reproductions de lithographies de Djamel Meskache), 2009. Tirage de tête avec une lithographie originale de Djamel Meskache.
- Le désir échappe à mon poème, Paris, Al Manar (avec cinq reproductions de dessins de Mohamed Kacimi), 2009. Tirage de tête de 15 exemplaires sur vélin d’Arches.

Livres à tirage limité
- La transparence du pronom elle, Chambelland, 1970, avec des burins d’Yvon Vey.
- Une bonbonne. Paris: Collectif Génération, 1978 ; repris dans Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme).
- Fire. Paris: Collectif Génération, 1981 (avec des photographies de Ian Baxter) ; repris dans La poésie comment dire?.
- Déplier replier le poème; l'abandonner, le ranger. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1988 (avec des travaux de Thierry-Loïc Boussard); repris dans La nuit vient dans les yeux.
- Paysan comme (quatre fois). Paris: Collectif Génération, 1989 (avec des peintures de Jane Hammond, Sonia Guerin, et Ronald King); repris dans Si peu de terre, tout.
- Comme un geste d'écriture. Paris: Bernard-Gabriel Lafabrie, 1991 (avec des lithographies de Lafabrie); repris dans Viens dit quelqu’un.
- Noces: moments que le bonheur te prendrait par la main; ou par les mots. Nice: La Mètis, 1992 (avec un dessin de Philippe Favier) ; repris dans Viens dit quelqu’un.
- Passage par sept poèmes d'un autre livre. La Madeleine: ed. de, 1993 ; repris dans Viens dit quelqu’un.
- Paroles de l'autre. Nice: Epiar-Cnap, 1993 (avec des sérigraphies de Laura Corti) ; repris dans Viens dit quelqu’un.
- Une dimension de silence. Liancourt-Saint Pierre: Atelier de papier, 1993 (avec des gravures d'Isabelle Baeckeroot et de Didier Godart) ; repris dans Une petite fille silencieuse.
- L'éternité c'est juste à côté. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1994 (avec des travaux de Patrick Mellet) ; repris dans La peinture du poème s’en va.
- Haïk de mots pour Essaouira. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1994 (avec des lithographies peintes de M. Kacimi) ; repris dans La peinture du poème s’en va.
- Si on voit tout sans rien voir?. Nice: Epiar-Cnap, 1995 (avec des travaux de Sonia Guerin) ; repris dans Ecrire à côté.
- Petite note sur le désir d'écrire. Paris: Collectif Génération, 1996 (avec des interventions de Françoise Quardon).
- Voyages au centre de la chair. Paris: La Voix du Regard, 1996 (collectif; peintres et poètes).
- Le corps qui maintient. Paris: Editions Maeght, 2001 (avec deux gravures de Jean-luc Parant) ; repris (modifié) dans Un paradis de poussières.
- On a traversé des territoires indiens. Montpellier et Saint-Hilaire du Rosier: Editions de livres objets "Le Galet", 2001 (sept poèmes manuscrits avec sept pastels de Thierry Lambert) ; repris dans L’Amérique un peu.
- Comme un brouillon continué. L’Ile Rousse et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris dans Un paradis de poussières.
- Si le corps dit, vraiment?. L’Ile Rousse et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris (un peu modifié) dans Un paradis de poussières.
- Comme un repli du temps dans le jardin diminué. L’Ile Rousse et Montpellier, 2002 (poème manuscrit avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris dans Un paradis de poussières.
- Caresse d’écriture à des couleurs. Nice et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits avec une gouache, un travail peint et des gravures de Gérard Serée qui a fabriqué le livre) ; repris dans Le poème n’y a vu que des mots.
- Comme pour être un jardin. Paris: Robert et Lydie Dutrou éditeurs, "En Puisaye" n°10, 2002 (avec Cinq lithographies de Jean-Paul Agosti et une gravure originale pour les exemplaires de l’édition de luxe).
- Un reste de fruit qu’on a mangé. Gallargues-le-Montueux: A travers, 2003 (3 pages de poèmes pour accompagner une photographie de Jacques Clauzel) ; repris dans Le poème n’y a vu que des mots.
- La mémoire de personne. Lyon: C. D’hervé, éditeur, 2004 (avec une eau-forte de Richard Texier).
- Un p’tit garçon, je sais plus. Paris: Bernard-Gabriel Lafabrie, 2004 (avec six linogravures de Joan Hernandez Pijuan).
- Ecriture aux objets d’encre. Octon: Verdigris, 2005 (avec quatre gravures en manière noire de Judith Rothchild; exemplaires de tête avec une mezzatinte supplémentaire de Judith Rothchild; typographie, étuis et coffrets de Mark Lintott).
- Du sensible et de la plume d’ange, St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 2005 (avec des travaux de Khalil El Ghrib) ; repris dans Khalil El Ghrib.
- Un, deux... seize. Paris, Pompignan: Anne Slacik éditrice, 2005 (texte dans seize livres peints par Anne Slacik).
- Petit volucraire patoisé, La Touche, "Collection privée", 2006 (livre fabriqué, illustré et calligraphié par Guerryam).
- Une galbule, Gallargues-le-Montueux, éditions A Travers, 2006 (avec une photographie de Jacques Clauzel) ; repris dans Le poème n’y a vu que des mots.
- On s’imagine, Youl 2007 (livre fabriqué et illustré par Youl).
- Serge Fauchier, "Entre peinture et poème, l’éclairage vient peut-être de l’écart", Méridianes, Montpellier, 2007 (avec aussi un texte de Christian Limousin).
- Un seul mot, Nice, Atelier gestes et traces, 2008 (livre manuscrit avec 5 gravures de Gérard Serée qui a fabriqué le livre).
- Trois ou quatre petits livres et quelques plus grands formats de papier, Rivière – Montpellier – Vitry, 2009 (quatre poèmes avec une peinture de Julius Baltazar).
- Paroles du corps à travers ton pays, Anger,  Atelier de Villemorge, 2009, (cinq poèmes avec deux gravures sur bois de Jacky Essirard, 16 exemplaires).

Cassette
- L'obscurité qui nous prend par la main. Paris: Artalect, 1994.(repris en CD chez Artalect, en 2006).


Avec le soutien du Centre de Télé-Enseignement Lettres de l'Université de Provence
et du Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie de la Littérature de l’Université de Nice-Sophia Antipolis




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