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DU JEUDI 2 SEPTEMBRE (19 H) AU JEUDI 9 SEPTEMBRE
(14 H) 2010
JAMES SACRÉ OU LES GESTES DE LA LANGUE
DIRECTION : Béatrice BONHOMME, Jacques MOULIN
Avec la participation de James SACRÉ
ARGUMENT :
James Sacré est né en Vendée en 1939.
Il passe son enfance et son adolescence à
la ferme des parents en Vendée. D’abord instituteur
puis instituteur itinérant agricole,
il part, en 1965, vivre aux Etats-Unis où il poursuit
des études de lettres (thèse sur la poésie
de la fin du XVIe siècle français). Il
y enseigne dans une université du Massachusetts (Smith
College) tout en faisant de nombreux séjours en France
et des voyages en d’autres pays (l'Italie et le Maroc, souvent).
Il a publié des livres de poèmes au Seuil (Cœur élégie
rouge, 1972), chez Gallimard (Figures qui bougent
un peu, 1978) et aux Editions André Dimanche, ainsi
que chez de nombreux "petits éditeurs". Il vit de
nouveau en France, à Montpellier, depuis 2001.
James Sacré prend le parti du prosaïque. Ainsi
l’écriture du poème est incessante
interrogation de l’acte d’écrire, chahuté
par une grammaire en mouvement. Pas de vérité
définitive quant à une hypothétique
essence de la poésie. Elle n’est ni idéalité
dont il pourrait y avoir science, ni absolu à vénérer,
la poésie est une réalité contingente,
énonciation qui tire de son peu d’assurance
la force de faire jaillir au plus vif l’étrangeté
du réel le plus anodin: "Dans ma poésie j’ai
tendance à aller vers les choses plutôt pauvres,
mièvres ou maladroites pour défaire ce qui est
rutilant ou trop sonore". Le poème chez James Sacré
est aussi poème de l’émoi, de la tendresse. Pas seulement
mais aussi et qu’il maintienne dans l’époque contemporaine
la possibilité d’une veine sentimentale, ce n’est pas
rien. L’écrivain cherche un lien entre l’énonciation
individuelle et l’énonciation plus générale
de toute la communauté humaine, tel qu’il apparaissait
dans la poésie baroque du XVIIe siècle.
Les mots de James Sacré semblent pris dans le risque, risque
d’une parole tremblée, délibérément
gauche et comme engourdie, étrange accent d’enfance hors
du temps. Du mal dire aux balbutiements du cœur, l’enfance,
est là convoquée comme évoquée
pour installer dans la langue, un lieu, l’enfance, celle de Cougou.
Frotter son français à l'allure orale du patois, c'est
comme une nouvelle langue où l'oralité se mêle d'enfance
poitevine et paysanne. Chez James Sacré, l’expression s’attache
aussi à ce qui a été souvent considéré
comme le domaine privilégié du lyrisme: le territoire de
l’intime. Est-ce à dire qu’on retombe dans les travers
de la poésie effusive exécrée de Ponge?
Rien de tel chez James Sacré pour lequel écrire
n’est pas donner libre cours à un sentimentalisme niais mais
renouer avec le natal, l’intime demeuré énigme,
altérité, cette part d’énigme étant
aussi au cœur du rapport poétique à la langue
et alliant d’une certaine façon le lyrique et le
littéral. Un poème est une façon d’écrire
qui met l’accent sur le maniement même des formes
de la langue plutôt que sur un sens à dire, il
constitue une sorte d’étreinte plus étroite
avec la matérialité de la langue. D’où l’importance
d’une écriture manuelle où l’on sente la main faire:
"Les gestes d’écrire. ça qui laisse des traces:
l’encre qu’on voit sur le papier. Les mots qu’on veut comme des
gestes (les gestes qu’on dirait des mots plus forts)". Le poème
par ses gestes de mots se mêle aux gestes du vivant, la
langue se frotte au vivant, rencontre "tout un dictionnaire vivant".
Pour toutes ces raisons, qui font de ce poète
une figure majeure de la poésie française
contemporaine, ce colloque tentera de mettre
en lumière les différentes facettes
de cette création et de saisir dans cette œuvre
ce presque rien qui bouge, la fuite des choses et du temps,
le temps qui fait son oeuvre de poussière mais
révèle aussi la résistance tenace
des gestes de la langue.
CALENDRIER DÉFINITIF
Jeudi 2 septembre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS
Soirée:
Présentation du Centre, des colloques
et des participants
Vendredi 3 septembre
Matin:
Art poétique de l'âne
ou du goret
Jacques
MOULIN: Mettre un bonnet d'âne à la
langue pour la faire braire, dans Âneries
pour mal braire, et d'autres moments d'ânes
Catherine
SOULIER: Trois petits tours ("Pour découvrir le
mécanisme d'un poème"): notes sur "Le Goret"
Après-midi:
Transports et relations
Serge MARTIN:
La relation dans le poème-Sacré: quand l'érotique
et le politique s'emmêlent
Michaël
BISHOP: James Sacré: l'extrémité visible
d'une métaphore
Soirée:
James SACRÉ lit ses textes
Samedi 4 septembre
Matin:
Le dernier recueil: portrait du père
en travers du temps
Béatrice
BONHOMME: Portrait du père en pointillés
Lecture de quatre recueils en alternance,
avec Tristan HORDÉ & James SACRÉ
Après-midi:
Une langue du tremblement
Nicolas TABUTEAU:
James Sacré, paysages du poème
Wladimira
TACQUET: La poésie de James Sacré, un
geste spinoziste?
Renée VENTRESQUE: Du campus au camping. Où
sont passés les indiens? (d'après le recueil inédit
America solitudes)
Dimanche 5 septembre
Matin:
Les mots et les noms
Tristan
HORDÉ: Les mots meurent sans rien montrer
Gabriel
BERGOUNIOUX: De la crotte de bique à un échec:
de la poésie de James Sacré
Après-midi:
Travail sur la langue
Laurent FOURCAUT:
Dialectique des mots et des choses dans Le Poème n'y a vu que des
mots
Alexis PELLETIER: Un semblant
de simplicité
Lundi 6 septembre
Matin:
Travail sur la langue
Arnaud
VILLANI: James Sacré chez Peirce: immédiateté
et négation
Les figures et le récit
Benoît
CONORT: Raconter (quoi, comment) une histoire?
Après-midi:
La rencontre avec l'autre: l'Orient
et le Maroc
Maxime
DEL FIOL: "C'est l'intensité que je cherche à
m'expliquer": la rencontre marocaine de James
Sacré
Mardi 7 septembre
Matin:
La rencontre avec l'autre: l'Orient,
l'Extrême-Orient, les Etats-Unis
Evelyne
LLOZE: Le geste lyrique chez Sacré
Langues et personnages de l'œuvre
Régis
LEFORT: Le poème de James Sacré:
une langue de terre
Après-midi:
DÉTENTE
Soirée:
Lecture d'extraits d'Anacoluptères
(Tarabuste, 1998) et de Cœur élégie rouge
(André Dimanche, 2001), par Philippe MULLER et Vincent
VERNILLAT de la Compagnie Le Grain de Sable, avec le concours
du Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie
Mercredi 8 septembre
Matin:
A chacun son sacré
Yves CHARNET: Lettre à
James Sacré
Pierre-Yves
SOUCY: Ce qui donne des mots
Après-midi:
La nature, le vivant, l'autre
culture
Eric DAZZAN:
James Sacré ou l'invention du vivant
Franz Eduard VOELKER: L'arbre,
ce grand vivant
Jeudi 9 septembre
Matin:
Conclusions et synthèses
James SACRÉ lit ses textes
Après-midi:
DÉPARTS
RÉSUMÉS :
Gabriel BERGOUNIOUX: De la crotte
de bique à un échec: de la poésie de James Sacré
La poésie de James Sacré et la réflexion
qu’il développe inséparablement sur sa propre production
se présentent comme un mode d’appropriation du monde
en tant qu'objet d'une connaissance inspirée (ou guidée,
ou provoquée) par les mots. Il s’en déduit une
modalité spécifique du savoir, fondée sur l’affinité
entre l'expérience des objets (physiques ou mentaux) et
le récit qu'en scénarisent les noms convoqués,
qu’ils soient l’épreuve de leur présence ou la mémoire
de leur histoire, dans le partage d’une connaissance singulière
entre l’auteur et des lecteurs invités, par le détour
de leur usage de la parole, à s’y reconnaître, ou
non. Par là se dessine une autre relation à la langue
qui met en forme le passé du vécu sous ses deux espèces
(mémoire et expérience) et qui affecte en retour
la perception que nous avons de la langue en tant qu’elle est,
en elle-même, une expérience de la mémoire.
Références
bibliographiques :
"Un art prosaïque. A propos de
Ma Guenille", Théodore Balmoral
24 :123-129, 1996.
"Un art poétique aujourd’hui?
A partir de poèmes de L. Boltanski, de J.-P. Michel
et J. Sacré", http://www.accedit.com/auteur.php?id=bergounioux
(2008).
Michaël BISHOP: James Sacré:
l'extrémité visible d'une métaphore
Analyse approfondie des éléments
fondateurs de la poétique de James Sacré: le
peu de sens; une transparence défaillante; le comme:
impuissance, suspens et résidu relationnel; la théâtralité
du langage; synonymie de l’acte de ramasser et de celui d’oublier; l’élégiaque
et la conception de la musique; un "lyrisme léger"; la pertinence
du désir; "une caresse qui serait comme un ange: condition,
figuration, justesse voulue et relativité intuitive;
poïein et racines ontologiques: le tout, "un débat,
et non sa résolution" (Bonnefoy). (Avec contextualisation
intermittente par rapport à des contemporains).
Béatrice BONHOMME: Portrait
du père en pointillés
Ecrire le poème du père
pour James Sacré, c’est peut-être aussi
renouer avec cette langue oubliée désormais,
celle de l’enfance, celle du désir, celle du patois.
Ce qu’on écrit devient alors comme quelque chose de
vivant. La poésie, c’est comme la vie, ou la mort aussi
fragile, en somme. Le sentiment de l’inutilité habite le poème
et pourtant le désir perdure, pour faire signe au père
aussi. Ce portrait du père en travers du temps et non à
travers le temps, est-ce vraiment un portrait ou bien plutôt
un portrait en pointillés, une esquisse, une ébauche
de rien?
Benoît CONORT: Raconter (quoi,
comment) une histoire?
"Raconter (quoi, comment)
une histoire?", telle serait l'origine interrogative
de l'écriture, cette tentative de joindre le geste
à la parole en un "mouvement de phrases" ruminantes...
Peu à peu une histoire, peut-être, se dessine
de ces "Figures qui bougent un peu" au "Portraits du père
au travers du temps", une langue s'élabore dont le
geste reste à décrire. Reprendre donc quelques
livres anciens, les jointoyer à de plus récents,
et tenter de comprendre comment, avec quoi, une histoire
se raconte, même si "mal", même "silencieuse.
Références
bibliographiques :
"James Sacré",
Qui vive, n°3, Paris, 1980.
"James Sacré et
les charmes de la beauté hésitante", La
Quinzaine littéraire, n°355, 16-30, septembre
1981 (Quelque chose de mal raconté).
"James Sacré",
Dictionnaire de la littérature française,
Tome III, P-Z, Paris, Bordas, 1984.
"Je dirai tes naissances
nouvelles", Le Français dans le monde,
n°223, février-mars 1989.
"James Sacré",
Itinéraires Littéraires, XXe
siècle, Tome II, 1950-1990, sous la direction de J.-M.
Maulpoix, Paris, Hatier, 1991.
"Des animaux plus ou
moins familiers", Le Français dans le
monde, n°262, janvier 1994.
"Poésie est un
mot rusé", Scherzo, n°8, juillet-août-septembre
1999.
"Comme si c'était
un dictionnaire familier...", Nu(e), n°15,
Nice, 2001.
"Si verset il y a...",
Etudes littéraires, "Le Verset moderne",
Université Laval (Canada), automne 2007.
Eric DAZZAN: James Sacré
ou l'invention du vivant
La communication se propose de travailler le rapport
entre mémoire, autobiographie (écriture
et invention de soi) et invention d'une langue poétique
dans l'œuvre de James Sacré. Mon point de
départ pourrait être ces vers de Portrait
du père en travers du temps (La Dragonne,
2009, p.11): "Si je crois pouvoir penser/ Te garder vivant
dans ces mots/ C'est évidemment pas vrai, c'est/ Que
du plaisir ou de la peine/ Qu'on entendra dans mon poème,
ça n'est que moi/ Qui reste vivant.
Maxime DEL FIOL: "C'est l'intensité
que je cherche à m'expliquer": la rencontre marocaine
de James Sacré
Il s'agira
d'enquêter sur les rapports du poète
avec le Maroc, pour approcher la compréhension
de cette expérience qui, au-delà de tout exotisme,
irrigue de nombreux poèmes: quelle proximité,
et pour tout dire, quelle rencontre? Certes,
la relation au Maroc se confond en partie avec le mystère
de l'"amitié" pour Jillali Echerradi et avec les
tentatives pour "s'expliquer un peu sur [leurs] façons
d'être ensemble", mais sans doute atteint-elle aussi
chez le poète un centre existentiel, qui fait très
souvent revivre en filigrane ou en surimpression les souvenirs
paysans de son enfance vendéenne. C'est le mystère
de cette "intensité" et de ce sentiment d'appartenance
dans la "présence" du "fragile paradis" marocain qui
seront examinés, en rappelant qu'ils ne représentent
qu'un cas particulier, mais tout à fait privilégié,
de la relation du poète à cette "énigme
du monde" qui ne cesse de le fasciner et qui, tendue entre
"le sentiment de toucher à l'éternité" et
"l'obscurité" ontologique fondamentale, ne peut jamais
être entièrement levée — à moins qu'il
n'y ait rien d'autre à chercher et que vivre, "la misère
et le plaisir pas démêlables", ne soit qu'un
"un secret qu'on ouvrirait à la lumière: il n'y
a rien et le monde est léger".
Laurent FOURCAUT: Dialectique des
mots et des choses dans Le Poème n'y a vu que des mots
Cette communication s’intéressera à un paradoxe:
la poésie de James Sacré est minutieusement,
scrupuleusement attentive aux êtres et aux choses,
ce qui lui confère une précieuse teneur en
réel ; pourtant, cette poésie ne laisse pas de
se réfléchir elle-même, d’interroger son
écriture. On s’efforcera de rendre compte et raison de ce
paradoxe, à travers quelques livres du poète.
Références
bibliographiques :
Livres
Lectures de
la poésie française moderne et contemporaine.
Paris, Nathan Université, « 128 »,
1997, 128 p. Réimpression Armand Colin, 2005.
Claude Nougaro
: la bête est l’ange. Imaginaire et poétique.
Paris, éd. L’Harmattan, « Espaces littéraires
», juin 2007, 126 p.
Revue Nu(e)
(Nice), n° 39, consacré à Esther Tellermann
(coordination), juin 2008, 298 p.
Articles
"James Sacré
: Trouer le tissu des mots pour toucher la chose-mère",
James Sacré [sur le livre Si peu de terre,
tout], Lalin (Pontevedra), Espagne, Amastra-n-Gallar,
n°10, outono 2005, pp. 14-15.
"Désir et
corps de l’écriture dans À tout regard
de Nicole Brossard" (pp. 199-212), in Daniel MARCHEIX et
Nathalie WATTEYNE (ed.), L’Écriture du corps
dans la littérature québécoise depuis
1980. Limoges, Presses Universitaires de Limoges, « Espaces
Humains », 2007, 277 p.
"L’Épreuve
par neuf" : Jacques Roubaud, "Dès que je me
lève", Quelque chose noir (pp. 259-270),
in Une traversée du XXème siècle
: art, littérature, philosophie. Hommages à Jean
Burgos, sous la direction de Barbara Meazzi, Jean-Pol Madou
et Jean-Paul Gavard-Perret, Université de Savoie, Laboratoire
Langages, Littératures, Sociétés, coll.
« Écriture et représentation », 2008,
433 p.
"Autobiographie
de William Cliff : le sonnet comme (in)discipline",
in Le Sonnet contemporain. Retours au sonnet, sous
la direction d’Alain Chevalier et Dominique Moncond’huy.
Actes du Colloque de Poitiers (1er et 2 septembre 2007).
Formules, 2008/Noesis, pp. 167-178.
"Caisse claire
d’Antoine Emaz : chute du mur à qui on fait la peau"
(pp. 30-43), in Actes du colloque Antoine Emaz tenu les
13 et 14 mars 2008 à l’université de Pau et de l’Adour.
Textes réunis et présentés par
Jacques Le Gall. Tarabuste Éditions, « Supplément
Triages », Saint-Benoît-du-Sault, septembre
2008, 197 p.
"Est-ce que j’peux
placer un mot ? de Dominique Fourcade : la voix
de l’infans chapitré au chapitre" (pp. 101-121),
Cuadernos de Filología Francesa, 19,
Universidad de Extremadura, Cáceres, 2008, 333 p.
"L’Écriture
poétique de Dominique Fourcade comme "forme
informe" : le cas exemplaire de Xbo (1988)" (pp. 199-213),
in Forme et Informe dans la création moderne
et contemporaine. Actes du Colloque de Cerisy (11-18
juillet 2008). Formules, 2009/Noesis, 417 p.
Tristan HORDÉ: Les mots
meurent sans rien montrer
La géographie
des livres de James Sacré se partage principalement
en trois lieux, les Etats-Unis, le Maroc et, pour
le temps de l’enfance, la Vendée. C’est d’abord à
ce lieu de mémoire, sans cesse revisité, que
l’on s’attachera. On y relèvera tout un vocabulaire
régional, patoisant ou non, qui désigne
les éléments du paysage, les instruments
et les gestes du travail. On montrera comment il participe
à la reconstruction de l’enfance et comment cet imaginaire
du passé se lie au présent.
Régis LEFORT: Le poème
de James Sacré: une langue de terre
Il ne s’agira pas, ici, d’envisager le terroir, en
l’occurrence la terre vendéenne, mais la langue
du poème comme une terre de la transhumance:
une terre dont le labour creuse une "argile originelle" comme
un évidement de la matière dit le cœur
"partout volumineux". Il s’agira, à partir de l’herbe
des mots, d’essayer d’approcher ce qui silence dans la langue
orgasmique, dans la geste du poème.
Référence bibliographique
:
"La poésie de James Sacré: 'Une façon
d'attraper les mots / Qui fait bouger la tête
comme ça'", dans le numéro de la
revue espagnole AMASTRA-N-GALAR, dirigée
par Emilio Arauxo, n° 10 , automne 2005.
Evelyne LLOZE: Le geste lyrique
chez Sacré
A travers une exploration de l’œuvre de Sacré,
on tentera de tracer l’aventureuse topographie
de ses recueils, d’analyser ce qui résonne
là, d’amical et d’amoureux, et d’interroger enfin,
dans cet art du voyage caractéristique de Sacré
(au cœur de ses variations/modulations parfois théâtrales,
mais toujours fraternelles) ce qui relève
d’un geste d’humanité, la part éthique
pour tout dire chez Sacré, à notre avis fondamentale.
Serge MARTIN: La relation
dans le poème-Sacré: quand l'érotique
et le politique s'emmêlent
L’écriture-Sacré est avant tout un opérateur
de désacralisation de "la Poésie"
telle que ses contemporains, poètes et philosophes
mais également enseignants et littéraires,
ont cru bon de la resacraliser après la catastrophe
du milieu du XXe siècle. Il s’agira d’apercevoir
à la fois les "moyens" (au sens de Reverdy) que l’œuvre
a construit au fur et à mesure de son écriture
et les enjeux décisifs que ces "gestes d’écriture"
constituent dans le champ poétique contemporain
de l’œuvre mais également en regard d’auteurs
anciens ou d’écritures en cours, voire à venir.
De ce point de vue, les poèmes-relations de James
Sacré permettent d’opposer aux habituels cadres normatifs
et interprétatifs de la poésie contemporaine
ces mêmes moyens comme autant de leviers pour augmenter
l’interaction du langage et du vivant, de la poésie
et de l’humain à rebours des déplorations et
autres instrumentalisations ontologiques, esthétiques,
didactiques ou théologiques.
Références bibliographiques
:
"Il y a pli & pli. Penser avec le sujet du poème",
dans Europe n°851 (supplément
au n°850, "Littérature et philosophie"),
mars 2000.
"Au cœur de la relation dans le langage: l’amour-en-poésie
dans l’œuvre de James Sacré", dans C.
Van Rogger Andreucci (éd.), Actes du
colloque "James Sacré", Université de Pau
- Mai 2001, Saint-Benoît-du-Sault: Tarabuste, 2002.
"Penser le renard d’écriture dans la relation
corps-langage", dans Cahiers Robinson n°16
("Renart de male escole"), Arras: Presses de l’Université
d’Artois, 2004, p. 65-78.
"Poème tout comme", dans Amastra-N-Gallar
n°10 ("James Sacré"), Santiago de Compostela,
automne 2005, p. 45-49.
"Cœur, élégie rouge", dans Langage
et relation. Poétique de l’amour,
coll. "Anthropologie du monde occidental", L’Harmattan,
2006, p. 205-218.
"James Sacré ou le décentrement par la relation
poétique", présentation et entretien
dans Le Français aujourd’hui n°161,
Armand Colin, juin 2008, p. 113-120.
Jacques MOULIN: Mettre un bonnet d'âne
à la langue pour la faire braire, dans Âneries
pour mal braire, et d'autres moments
d'ânes
Si Victor Hugo a mis un bonnet
rouge au vieux dictionnaire, James Sacré, lui,
a peut-être mis un bonnet d’âne à la langue
pour mieux faire braire le vers, pour marcher à pas d’âne
dans la langue — sans oublier l’entêtement salutaire,
nu et rustique dudit animal —, vers le poème vivant vrai.
Ânonnant son texte en ses "bourriques de mots", James Sacré
nous réapprendrait à dire, lire, écrire
le poème.
Alexis PELLETIER: Un semblant de
simplicité
L'écriture
de James Sacré, la lecture de ses œuvres —
surtout quant on a le plaisir de l'entendre lire lui-même
— paraît presque naturel. James Sacré parvient
à donner l'impression d'une clarté, d'une lisibilité
qui pourrait être une marque de ce qu'on appelait autrefois
son style. Mais en lisant de lire de plus près quelques
poèmes, on pourrait se demander d'où vient cette
simplicité voire si c'est si simple.
Pierre-Yves SOUCY: Ce qui donne des mots
Dans un fragment, au tout début de l'un de ses derniers livres,
James Sacré parle d'un désir ennuyé de vouloir
tout dire. Ce tout dire engage un rapport immédiat
avec ce qui est, dans un lieu et dans l'instant ou sous le coup
d'un événement; ou mieux, sous l'effet d'un réel
— configuré à travers tout ce qui le compose, aussi circonscrit
soit-il — lorsqu'il est porté à la conscience. Cependant,
ce contact n'établit pas seulement une relation complexe à
un monde d'objets qui tombe sous sa saisie, mais tout autant un contact
concret avec la langue qui a pour fonction de le désigner
et de le révéler. La saisie se porte aussi bien vers
la réalité opérante de l'histoire, qu'elle
s'empêtre dans sa propre biographie, par ce retour
sur soi permanent, au dire même de l'auteur. Plus encore, elle
s'attache au choc avec le monde, et tout ce qui le compose,
incluant cette présence des autres dont l'enjeu demeure
décisif. Ainsi, cette œuvre se présente comme une écriture
obstinée souvent à partir de l'infime, en apparence même,
parfois, depuis l'insignifiant (qu'il s'agit de porter à la signification)
sur la base d'impressions et de descriptions de celles-ci, laissant
cependant percer ce qui est de l'ordre d'une indétermination
fondamentale, d'un chaos que l'on peut qualifier d'ontologique. Se révèle
alors une forme de transmutation à partir de ce simplement
regarder pour écrire, comme il le dit lui-même dans
une suite poétique intitulée: C'est pas souvent que
le monde nous prend par l'épaule. C'est que cette œuvre tente
de tenir entr'ouvert le monde dont elle porte témoignage, procédant
par des jeux de mémoire qui en signalent les bribes fuyantes,
à moitié ou presque totalement détruites, manifeste
dans le vers suivant: Il y a toujours quelque chose comme une ruine
dans ce que l'œil regarde. Non pas nostalgie à l'œuvre, mais
bien présence de ce qui s'est absenté, de ce qui toujours
cherche à s'absenter. Demeure ainsi cette présence impossible
à dire dans son entièreté, énigmatique, présence
à laquelle il s'agit de donner forme, par des formes créées
au sein même de la langue, de la parole poétique. C'est
sur cette tension qu'il convient de revenir afin de comprendre la singularité
de cette œuvre, et qui peut se résumer en quelques mots prononcés
par l'auteur: comment savoir se tenir dans un monde en désordre?,
monde qu'il s'agit de révéler jusqu'en ses
points de fuites, jusque dans ses effondrements, tel le prolongement
de notre existence jusqu'à son énigme.
Catherine SOULIER: Trois petits tours ("Pour
découvrir le mécanisme d'un poème"):
notes sur "Le Goret"
Paru pour la première fois en 1972, partiellement
dans la Nouvelle Revue française, puis en version
intégrale dans Le Nouveau Commerce, "Le goret" est
repris en version intégrale dans le recueil Des animaux
plus ou moins familiers, où il perd le sous-titre, "Art poétique",
qui, soulignant sa dimension métapoétique, en orientait
initialement la lecture. Tenté de faire jouer l'une par rapport à
l'autre la circularité ostensible de l'ensemble et la référence
explicite au "mécanisme d[u] poème" qui autorise l'identification
du "Goret" à une mécanique verbale, ce très libre
parcours voudrait expérimenter quelques modes possibles de son
fonctionnement.
Nicolas TABUTEAU: James Sacré,
paysages du poème
On aime à
retrouver dans la poésie de James Sacré
ce presque imperceptible "bouger" — sorte de basse continue
de l’œuvre — de la grammaire, du rythme, des "figures"...
En prenant appui sur le lien mal maîtrisable existant
entre poème et paysages — territoires nettement repérables
(?) et monde de mots miséreux (?), merveilleux
(?) — nous tâcherons de rendre compte, grâce au
couplage texte et image, de la force figurative d’une telle poésie
dans sa confrontation souple avec la parole et sa boiterie
foncière.
Wladimira TACQUET: La poésie
de James Sacré, un geste spinoziste?
A partir
du recueil "La poèsie comment dire?" de James
Sacré, et de quelques autres textes, il s'agira
ici de tenter, à rebours de toute étude objective
et savante, une expérience subjective de
la rencontre. Ainsi, dans le mouvement même de cette
expérience, nous aventurerons deux hypothèses:
- déconstructions syntaxiques,
détournements lexicaux, bégaiements
et tremblements de la langue, ne seraient-ils pas
la marque visible d'interstices, voire de failles, où
se joueraient des processus de vie?
- et
si la poésie de James Sacré était
l'un de ces lieux (ou l'un de ces corps?) spinozistes
où l'intime et le monde se conjuguent singulièrement
en un commun sans cesse en devenir?
Arnaud VILLANI: James Sacré
chez Peirce: immédiateté et négation
Il n’est pas question d’entrer dans les redoutables classifications
sémiotiques des Essais sur le signe
de Peirce. En revanche, parce que, de mon point de vue, la
prégnance jamais démentie des éléments
"dévalués" du monde poétique
de Sacré continue d’être une énigme, malgré
le pas effectué en cette direction par le "mineur" au
sens de Deleuze, je me suis tourné vers la priméité
de Peirce, où l’immédiateté et l’immédiation
prennent le pas sur les deux autres composantes (secondéité
et tiercéité) de chaque niveau. En ne perdant
pas de vue le lien que cette priméité peut avoir avec
la "certitude sensible" de Hegel, ou ce que le poète
Hopkins nomme l’instress et le burl, je fais
quelques propositions pour un concept de priméité
poétique chez James Sacré.
Références
bibliographiques :
Charles Sanders
Peirce, Essais sur le signe, Editions du
Seuil.
Hegel, Phénoménologie
de l’Esprit, "La certitude sensible".
Gerard Manley
Hopkins, De l’origine de la beauté,
suivi de Poèmes et écrits, Editions
Comp’act, 1989.
Arnaud Villani,
"Gerard Manley Hopkins, médiateur d’une poétique
de l’infini", Revue Po&sie, n° 98, Belin,
2002.
Arnaud Villani,
"Gerard Manley Hopkins", Revue Noésis,
Actes du colloque Philosophie et poésie,
Nice, 2004.
Arnaud Villani,
"James Sacré et l’attitude poétique", Conférence
à l’Université de Nice, Colloque James
Sacré, 2004.
Arnaud Villani,
"L’idée de rien poétique dans l’œuvre
de James Sacré", Conférence à l’Auditorium
de la Bibliothèque Nucéra, Nice, 2007.
Franz Eduard VOELKER: L'arbre, ce
grand vivant
À travers l’étude
du motif de l’arbre, nous voudrions cerner quelques traits
de l’élégie telle que la pratique James Sacré
dans Cœur élégie rouge (1972, 2001). Ce
livre de poèmes accorde une place importante à l’arbre.
Par exemple, le texte d’ouverture contient l’injonction:
"Il faut construire la mémoire et la percher dans les
arbres". En distinguant entre les trois parties de l’ouvrage,
nous examinerons comment l’arbre est évoqué,
quelles sont ses fonctions et à quelles autres entités
on peut l’associer ou, au contraire, l’opposer. Nous nous demanderons
de quelle manière le traitement de ce motif permet de
caractériser l’élégie de Sacré et
s’il constitue un facteur de rapprochement avec des élégies
antérieures.
BIBLIOGRAPHIE :
Livres
récents
- Le poème n’y a vu que des mots, L’idée
bleue, 2007.
- Khalil El Ghrib, Editions Virgile, 2007.
- Un paradis de poussières, André
Dimanche, 2007.
- Se os felos atravesan polos nosos poemas, Amastra-N-Gallar
(dans une traduction en galicien de Emilio Araúxo),
2008 (Emilio Araúxo, Apdo. Correos 97, 36500
Lalin (Pontevedra) Espagne).
- Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad,
2008 (bilingue, texte traduit en arabe par
Saleh Diab).
- Une idée de jardin à Beyrouth,
Soligny-la-Trappe: Ficelle n°84, Rougier. V éditions,
2008.
- Coudre ton enfance à demain, Contre-allées,
« Poètes au potager », Montluçon,
2008.
- D’autres vanités d’écriture,
Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault,
2008.
- 31 poèmes de l’Amérique un peu,
Contre-Pied, Martigues, 2008.
- Bernard Pagès, Elancées de fêtes,
mais tenant / Au socle du monde, Paris, La
pionnière / Pérégrines (avec
des photographies de sculptures de Bernard Pagès).
- Portrait du père en travers du temps,
Nancy, La Dragonne (avec cinq reproductions de lithographies
de Djamel Meskache).
- Le désir échappe à mon poème,
Paris, Al Manar (avec cinq reproductions de
dessins de Mohamed Kacimi), 2009.
Livres
et plaquettes publiés
- Relation. Bordeaux: N.C.J., 1965; repris,
légèrement modifié, dans
Relation, essai de deuxième ancrit (1962-63;
1996). Saint-Denis d’Oléron: Océanes,
1999. Tirage de tête sur papier.
- La femme et le violoncelle. Lamérac:
J.C. Valin éditeur, 1966 (avec un dessin de
Pierre Bugeant); repris dans Trois anciens poèmes
mis ensemble pour lui redire je t’aime.
- "Graminées", Poésie-Ecrire.
Paris: Le Seuil, 1968 (collectif); repris dans Les
mots longtemps... , Tarabuste, 2004.
- La transparence du pronom elle. Paris: Chambelland,
1970. Tirage de tête avec des burins d’Yvon
Vey ; repris dans Trois anciens poèmes
mis ensemble pour lui redire je t’aime.
- Coeur élégie rouge. Paris:
Le Seuil, 1972 ; et Marseille: André Dimanche, 2001.
- Comme un poème encore. Liège:
Atelier de l'agneau, 1975 (avec des dessins d’Yvon
Vey); repris dans La poésie, comment dire?.
Tirage de tête.
- Paysage au fusil (coeur) une fontaine. Paris:
Gallimard, Cahier de poésie 2 (collectif),
1976; et Tours: La Cécilia, 1991 ; repris dans
Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
- Un brabant double avec des voiles. Paris:
Nane Stern, 1977; repris (avec une autre disposition
des textes) dans Les mots longtemps...,
Tarabuste, 2004.
- Un sang maniériste. Etude structurale
autour du mot sang dans la poésie lyrique
française de la fin du seizième siècle.
Neuchâtel: La Baconnière, 1977.
- Figures qui bougent un peu. Paris: Gallimard,
1978.
- "Exercice et plaisir en faveur de l’amour", L'amour
mine de rien. Paris: Encre/Recherches, 1980
(collectif); repris dans La poésie, comment
dire?
- Quelque chose de mal raconté. Marseille:
André Dimanche, 1981. Tirage de tête avec
une gravure d’Olivier Debré.
- Des pronoms mal transparents. Chaillé-sous-les-Ormeaux:
Le dé bleu, 1982; repris dans Une
petite fille silencieuse, André Dimanche,
2001.
- Rougigogne. Paris: Obsidiane, 1983 (tirage
de tête avec un dessin d’Yvon Vey). Tirage de
tête avec une sérigraphie d’Yvon Vey.
- Ancrits. Losne: Thierry Bouchard, 1983.
Tirage de tête avec des eaux-fortes de Patrice
Vermeille.
- Ecrire pour t'aimer: à S.B., Marseille:
André Dimanche, 1984. Tirage de tête avec
deux empreintes de Claude Viallat.
- Bocaux, bonbonnes, carafes et bouteilles (comme).
Paris: Le Castor astral et Le Noroît, 1986
(avec des photographies de Bernard Abadie); repris dans
Les mots longtemps..., Tarabuste, 2004.
- La petite herbe des mots. Chaillé-sous-les-Ormeaux:
Le dé bleu, 1986; repris dans Si peu de
terre, tout.
- La solitude au restaurant. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1987 (tirage de tête avec
des travaux de Thierry-Loïc Boussard); repris
dans Ecrire à côté.
- Une fin d'après-midi à Marrakech.
Marseille: André Dimanche, 1988.
- Un oiseau dessiné, sans titre. Et des
mots. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1988
(avec un dessin de Jillali Echarradi); repris dans La
nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- Le taureau, la rose, un poème. Montpellier:
Cadex, 1990 (avec des dessins de Denise Guilbert)
; repris dans Trois anciens poèmes mis ensemble
pour lui redire je t’aime.
- Je ne prévois jamais ce que je fais quand
je dessine. Paris: Les petits classique du grand
pirate, 1990 (avec des dessins de Jillali Echarradi);
repris dans La nuit vient dans les yeux, Tarabuste,
1997.
- Comme en disant c'est rien, c'est rien.
St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1991 (avec
des dessins de Jillali Echarradi); repris dans
La nuit vient dans les yeux, Tarabuste, 1997.
- On regarde un âne. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1992 (avec une photographie d’abderrazzak
Benchaabane) Tirage de tête avec une aquarelle
d’Areski Aoun ; repris dans Aneries pour mal braire,
Tarabuste, 2006.
- Ecritures courtes. Chaillé-sous-les-Ormeaux:
Le dé bleu, 1992; repris dans Si peu de
terre, tout.
- La poésie, comment dire?. Marseille:
André Dimanche, 1993.
- Des animaux plus ou moins familiers?. Marseille:
André Dimanche, 1993.
- Le renard est un mot qui ruse. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1994 (avec un dessin de Jillali Echarradi);
repris dans La nuit vient dans les yeux,
Tarabuste, 1997.
- Ma guenille. Sens: Obsidiane, 1995.
- Viens, dit quelqu'un. Marseille: André
Dimanche, 1996.
- Essais de courts poèmes. Toulouse:
Cahiers de l’Atelier, 1996 (avec des dessins de François
Mezzapelle).
- La nuit vient dans les Yeux. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1997 (avec des dessins de Jillali Echarradi).
- La peinture du poème s’en va. St.
Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1998.
- Anacoluptères. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1998 (avec des illustrations de Pierre-Yves
Gervais).
- Relation, essai de deuxième ancrit (1962-63;
1996). Saint-Denis d’Oléron: Océanes,
1999.
- Labrego coma (cinco veces). Saint-Jacques
de Compostelle: Noitarenga, 1999 (avec des photographies
d’Emilio Arauxo).
- Si peu de terre, tout. Chaillé-sous-les-Ormeaux:
Le dé bleu, 2000.
- L’Amérique un peu. Montréal:
Trait-d’union, 2000, 77 pages.
- Ecrire à côté. Saint-Benoît-du-Sault:
Editions Tarabuste, 2000, 140 pages.
- Une petite fille silencieuse. Marseille:
André Dimanche, 2001.
- Monsieur l’évêque avec ou sans
mitre. Chaillé-sous-les-ormeaux: Le dé
bleu, 2002 (avec des illustrations de Edwin Apps).
- Mouvementé de mots et de couleurs. Cognac:
Le temps qu’il fait, 2003 (avec des photographies de Lorand
Gaspar). Tirage de tête avec une photographie originale
de Lorand Gaspar.
- Les mots longtemps, qu’est-ce que le poème
attend?, Saint-Benoît-du-Sault: Tarabuste,
2004.
- Sans doute qu’un titre est dans le poème,
Rennes, Wigwam, 2004 (avec des reproductions de
peintures de Mariène Gâtineau); repris
dans Le poème n’y a vu que des mots.
- Trois anciens poèmes mis ensemble pour
lui redire je t’aime. Devois du Château:
Cadex-éditions, 2006 (avec une vignette
de couverture d’Yvon Vey).
- Broussaille de prose et de vers où se trouve
pris le mot paysage. Sens: Obsidiane, 2006 (avec
des reproductions de dessins peints de Khalil El Ghrib).
- Aneries pour mal braire. Saint-Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 2006.
- Khalil El Ghrib, éditions Virgile,
Carnet d’ateliers, 2007 (avec cinq reproductions
de dessins de Khalil El Ghrib). Tirage de tête
sous étui avec un dessin original de Khalil El Ghrib.
- Le poème n’y a vu que des mots, Chaillé-sous-les-Ormeaux:
L’Idée bleue, 2007.
- Un paradis de poussières. Marseille:
André Dimanche, 2007.
- Se os felos atravesan polos nosos poemas?,
Santiago de Compostela, Amastr-N-Gallar, 2008
(avec des photos de Emilio Araúxo).
- Comme pour être un jardin, Tunis, Tawbad,
2008 (bilingue, texte traduit en arabe par
Saleh Diab ; couverture de Anne Slacik).
- Une idée de jardin à Beyrouth,
Soligny-la-Trappe: Ficelle n°84, Rougier. V éditions,
2008 (avec des gravures de Vincent Rougier). Tirage
de tête sous coffret avec une gravure originale
de Vincent Rougier.
- Coudre ton enfance à demain, Contre-allées,
"Poètes au potager", Montluçon, 2008.
[petit livret de quelques poèmes].
- D’autres vanités d’écriture,
Tarabuste éditeur, Saint-Benoît-du-Sault,
2008. [ensemble d’articles sur des poètes
et de petits textes qui essaient de penser les rapports entre
écriture du poème et écriture des
articles, 200 pages].
- 31 poèmes de l’Amérique un peu,
Contre-Pied, Martigues, 2008.
- Bernard Pagès, Elancées de fêtes,
mais tenant / Au socle du monde, Paris, La
pionnière / Pérégrines (avec
des photographies de sculptures de Bernard Pagès).
- Portrait du père en travers du temps,
Nancy, La Dragonne (avec cinq reproductions de lithographies
de Djamel Meskache), 2009. Tirage de tête avec
une lithographie originale de Djamel Meskache.
- Le désir échappe à mon poème,
Paris, Al Manar (avec cinq reproductions de
dessins de Mohamed Kacimi), 2009. Tirage de tête
de 15 exemplaires sur vélin d’Arches.
Livres
à tirage limité
- La transparence du pronom elle, Chambelland,
1970, avec des burins d’Yvon Vey.
- Une bonbonne. Paris: Collectif Génération,
1978 ; repris dans Bocaux, bonbonnes, carafes
et bouteilles (comme).
- Fire. Paris: Collectif Génération,
1981 (avec des photographies de Ian Baxter)
; repris dans La poésie comment dire?.
- Déplier replier le poème; l'abandonner,
le ranger. St. Benoît-du-Sault: Tarabuste,
1988 (avec des travaux de Thierry-Loïc Boussard);
repris dans La nuit vient dans les yeux.
- Paysan comme (quatre fois). Paris: Collectif
Génération, 1989 (avec des peintures
de Jane Hammond, Sonia Guerin, et Ronald King); repris
dans Si peu de terre, tout.
- Comme un geste d'écriture. Paris:
Bernard-Gabriel Lafabrie, 1991 (avec des lithographies
de Lafabrie); repris dans Viens dit quelqu’un.
- Noces: moments que le bonheur te prendrait par
la main; ou par les mots. Nice: La Mètis,
1992 (avec un dessin de Philippe Favier) ; repris dans
Viens dit quelqu’un.
- Passage par sept poèmes d'un autre livre.
La Madeleine: ed. de, 1993 ; repris dans Viens
dit quelqu’un.
- Paroles de l'autre. Nice: Epiar-Cnap, 1993
(avec des sérigraphies de Laura Corti) ; repris
dans Viens dit quelqu’un.
- Une dimension de silence. Liancourt-Saint
Pierre: Atelier de papier, 1993 (avec des gravures d'Isabelle
Baeckeroot et de Didier Godart) ; repris dans Une
petite fille silencieuse.
- L'éternité c'est juste à côté.
St. Benoît-du-Sault: Tarabuste, 1994
(avec des travaux de Patrick Mellet) ; repris dans
La peinture du poème s’en va.
- Haïk de mots pour Essaouira. St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 1994 (avec des lithographies peintes
de M. Kacimi) ; repris dans La peinture du poème
s’en va.
- Si on voit tout sans rien voir?. Nice: Epiar-Cnap,
1995 (avec des travaux de Sonia Guerin) ; repris
dans Ecrire à côté.
- Petite note sur le désir d'écrire.
Paris: Collectif Génération,
1996 (avec des interventions de Françoise Quardon).
- Voyages au centre de la chair. Paris: La Voix
du Regard, 1996 (collectif; peintres et poètes).
- Le corps qui maintient. Paris: Editions
Maeght, 2001 (avec deux gravures de Jean-luc Parant)
; repris (modifié) dans Un paradis de poussières.
- On a traversé des territoires indiens.
Montpellier et Saint-Hilaire du Rosier: Editions
de livres objets "Le Galet", 2001 (sept poèmes
manuscrits avec sept pastels de Thierry Lambert)
; repris dans L’Amérique un peu.
- Comme un brouillon continué. L’Ile
Rousse et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits
avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris dans
Un paradis de poussières.
- Si le corps dit, vraiment?. L’Ile Rousse
et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits
avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris (un peu
modifié) dans Un paradis de poussières.
- Comme un repli du temps dans le jardin diminué.
L’Ile Rousse et Montpellier, 2002 (poème manuscrit
avec des peintures de Julius Baltazar) ; repris dans
Un paradis de poussières.
- Caresse d’écriture à des couleurs.
Nice et Montpellier, 2002 (poèmes manuscrits
avec une gouache, un travail peint et des gravures
de Gérard Serée qui a fabriqué le livre)
; repris dans Le poème n’y a vu que des mots.
- Comme pour être un jardin. Paris: Robert
et Lydie Dutrou éditeurs, "En Puisaye"
n°10, 2002 (avec Cinq lithographies de Jean-Paul
Agosti et une gravure originale pour les exemplaires de
l’édition de luxe).
- Un reste de fruit qu’on a mangé.
Gallargues-le-Montueux: A travers, 2003 (3 pages de
poèmes pour accompagner une photographie
de Jacques Clauzel) ; repris dans Le poème
n’y a vu que des mots.
- La mémoire de personne. Lyon: C.
D’hervé, éditeur, 2004 (avec une
eau-forte de Richard Texier).
- Un p’tit garçon, je sais plus. Paris:
Bernard-Gabriel Lafabrie, 2004 (avec six linogravures
de Joan Hernandez Pijuan).
- Ecriture aux objets d’encre. Octon: Verdigris,
2005 (avec quatre gravures en manière
noire de Judith Rothchild; exemplaires de tête avec
une mezzatinte supplémentaire de Judith Rothchild;
typographie, étuis et coffrets de Mark Lintott).
- Du sensible et de la plume d’ange, St. Benoît-du-Sault:
Tarabuste, 2005 (avec des travaux de Khalil El
Ghrib) ; repris dans Khalil El Ghrib.
- Un, deux... seize. Paris, Pompignan: Anne
Slacik éditrice, 2005 (texte dans seize livres
peints par Anne Slacik).
- Petit volucraire patoisé, La Touche,
"Collection privée", 2006 (livre fabriqué,
illustré et calligraphié par Guerryam).
- Une galbule, Gallargues-le-Montueux, éditions
A Travers, 2006 (avec une photographie de Jacques
Clauzel) ; repris dans Le poème n’y a vu
que des mots.
- On s’imagine, Youl 2007 (livre fabriqué
et illustré par Youl).
- Serge Fauchier, "Entre peinture et poème,
l’éclairage vient peut-être de l’écart",
Méridianes, Montpellier, 2007 (avec aussi
un texte de Christian Limousin).
- Un seul mot, Nice, Atelier gestes et traces,
2008 (livre manuscrit avec 5 gravures de Gérard
Serée qui a fabriqué le livre).
- Trois ou quatre petits livres et quelques plus
grands formats de papier, Rivière – Montpellier
– Vitry, 2009 (quatre poèmes avec une peinture
de Julius Baltazar).
- Paroles du corps à travers ton pays,
Anger, Atelier de Villemorge, 2009, (cinq poèmes
avec deux gravures sur bois de Jacky Essirard, 16
exemplaires).
Cassette
- L'obscurité qui nous prend par la main.
Paris: Artalect, 1994.(repris en CD chez Artalect,
en 2006).
Avec le soutien du Centre de Télé-Enseignement
Lettres de l'Université de Provence,
du Centre Transdisciplinaire d’Epistémologie
de la Littérature de l’Université de Nice-Sophia
Antipolis
et du Centre Régional des Lettres de Basse-Normandie