Plan du Site du Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle
: cliquez
ici
" Page mise à jour le 8 mars 2010
"
DU LUNDI 2 AOÛT (19 H) AU JEUDI 12 AOÛT
(14 H) 2010
SAUSSURE ET LA PSYCHANALYSE
DIRECTION : Izabel VILELA
ARGUMENT :
Lire Saussure comme Freud et ses successeurs
ont lu Schreber? Comme on lit Wolfson?
Ce "'mal' sous les mots" sous-jacent à
la biographie et aux écrits de Saussure, au-delà
de ses fantomatiques anagrammes, interpelle à la fois les
recherches sur le langage et sur l’inconscient. Car "[le mal],
... s’il attaque le moi et le corps, il s’en prend tout aussitôt
et du même coup à ce qui les conjoint ensemble: le langage"
(M. Pierssens, 1976). Si "tout dans la psychose passe par le langage"(Gilles
Deleuze, 1970), ce dernier, dans ses rapports à l’inconscient
— "normal" ou "pathologique" — y est à la fois mobile, symptôme
et antidote donnant lieu à une paragrammaire qui rassemble
patients, linguistes, poètes, fous littéraires. Saussure
en ce point rencontre tout "un peuple de la parole": Mallarmé,
Proust, Wolfson, Schreber, Unica Zürn, Roussel, Brisset,
Artaud, Pichon, les patients "Z", "Renée" ... tous en quelque
sorte des "logophiles", "naufragés de l’alphabet", dans
la tourmente de la langue. Chez ces sujets en souffrance de pensée
et de langue, au rebours du temps et de toute convention, l’accent
est mis sur un attachement démesuré aux mécanismes
du langage, notamment sous ses aspects formel et sonore, au détriment
du sémantique. Ici, langue et lalangue (Lacan), grammaire
et paragrammaire, normal et pathologique, psychanalyse et linguistique
entretiennent des rapports plus étroits qu’on ne peut souvent
le soupçonner...
Le présent colloque invite, d’un côté,
à réfléchir sur Saussure vis-à-vis de
l’œuvre de Freud et Lacan, et souhaite, d’un autre côté,
attirer l’attention sur le drame inhérent à la biographie
de Ferdinand dont la souffrance est passible d’analogies vis-à-vis
d’autres "cas".
COMMUNICATIONS :
* Michel ARRIVÉ: La notion de "conscience
de la langue" chez Ferdinand de Saussure
* Waldir
BEIVIDAS: Pulsion et affect: phénoménologie
ou sémiologie?
* Gilles
BOURLOT: Genèse du signifiant: Lacan, lecteur de Freud
et de Saussure
* Catherine CALECA:
Malaise dans la langue: quand notre langue devient étrangère
* Hervé CASTANET: Référent
saussurien et jouissance lacanienne
* Anne COSYN & Bernard HARMEGNIES:
Le paradoxe sausurien, l'objet voix et la lalangue
* Mauricio
D'ESCRAGNOLLE: La valeur chez Saussure: un concept métapsychologique?
* Irène FENOGLIO: Héritage
saussurien et héritage freudien chez Emile Benveniste
* Claudie
FRANGNE: L'anagramme, le nom propre et l'incidence clinique
de l'écrit: de Saussure à Lacan
* Anne-Marie HOUDEBINE-GRAVAUD:
Saussure et Freud la résistible rencontre?
* Marie JEJCIC: L’incidence
politique du signifiant lacanien
* Chloé
LAPLANTINE: L'inconscient dans le langage: une sociation
psychologique inévitable et profonde
* Josette
LARUE-TONDEUR: Saussure et les anagrammes
* Josette
LARUE-TONDEUR: Saussure et le personnage mythologique
* Alain LEMOSOF:
Cliniques de lalangue et de la langue maternelle
* Janeta MASPERO:
Saussure et le paradoxe des entités abstraites. La syntaxe,
fait de parole?
* Cécile MATHIEU:
Des mots à la pensée au Cours de linguistique générale,
rencontres et points de rupture
* Claudine NORMAND
& Moustafa SAFOUAN: Différences, valeurs, négation:
peut-on encore en dire quelque chose?
* Joëlle NOUHET-ROSEMAN: Les
onomatopées en japonais: à mi chemin entre les pulsions
et le langage, entre le mot et la chose. Qu'en est-il chez Saussure?
* Marina de PALO: La philosophie structuraliste
face à Saussure et à la psychanalyse
* Maribel
PENALVER VICEA: Un soupçon de folie sur Saussure
* Tereza PINTO: Etre fou et ne pas
être à lier: à propos des "fous de la langue"
et de la notion de suppléance en psychanalyse
* Tiago RAVANELLO: L'affect depuis
Lacan: éléments pour un traitement langagier
de l’affect
* Jacqueline ROUSSEAU-DUJARDIN: Au
prix le plus élevé
* Marlène SAINTE-MARIE PERRIN:
Saussure un surdoué aux marges de la psychose
* Estanislao SOFIA: Du symbolisme
freudien au formalisme lacanien: Saussure lu par Jakobson
lu par Lacan
* Anne-Gaëlle
TOUTAIN: La théorie de la psychose du psychanalyste
Alain Manier: une articulation inédite entre linguistique
et psychanalyse
* Izabel VILELA: Les "Souvenirs"
de Ferdinand de Saussure
* Alain ZAEPFFEL:
La souffrance de Ferdinand de Saussure
* Mareike
WOLF-FEDIDA: Le bilinguisme sur les traces de Saussure. Approche
psychanalytique et phénoménologique
RÉSUMÉS :
Michel ARRIVÉ: La
notion de "conscience de la langue" chez Ferdinand de Saussure
Le syntagme "conscience de la langue"
semble bien n’apparaître qu’une fois dans ce qui est
aujourd’hui connu de Ferdinand de Saussure. Dans le Cours
I de 1907-1908, Riedlinger a noté: "La comparaison aboutit
à l’analyse et il <en> résulte <des éléments
qui sont perçus par la conscience de la langue>, tantôt
un radical, tantôt un suffixe (p. 70).
Saussure examinait ce jour-là le problème de la
comparaison des séries où se manifeste ce qu’il
appellera plus tard les "rapports associatifs". L’expression "conscience
de la langue" semble s’en trouver totalement éclairée:
selon le sens "objectif" du génitif, il s’agit de la
conscience qu’on a de la langue, on étant ici le
"sujet parlant". Le problème se complique quand on s’avise
que Saussure procède au moins une fois à l’assimilation
pure et simple de "la langue" et du "sujet parlant", sous la
forme du commentaire parenthétique pleinement explicite
"la langue (c’est à dire le sujet parlant)" (ELG,
p. 39). Il faut, en ce point comme en beaucoup d’autres,
lire Saussure à la lettre: la langue, c’est bien le sujet
parlant. Si la langue est le sujet parlant, la "conscience de la
langue" prend alors nécessairement le sens "subjectif": la langue
dispose de la conscience. La visée de la communication est de
démêler les deux interprétations apparemment opposées
— objective et subjective — de la notion de "conscience de la langue".
L’opposition des deux sens en vient-elle à se neutraliser? Pour
mener cette enquête, on fera intervenir en outre la notion saussurienne
d'"inconscience". Et on s’interrogera sur ses relations avec la notion,
non nommée chez Saussure, d’inconscient: est-il possible, à
propos de Saussure, de parler de l’"inconscient de la langue"?
Waldir BEIVIDAS: Pulsion et affect: phénoménologie
ou sémiologie?
Si l’on poursuit les discussions les plus tranchées, chaudes
et discordantes entre les hypothèses lacaniennes et celles de André
Green, tout de suite on s’aperçoit que le pomme de discorde n’est
que le statut de l’affect dans la théorie psychanalytique batie
par Freud. Condamné par Green (Le discours vivant, 1973)
d’avoir banni, expulsé, conjuré même l’affect de la
théorie, la réponse de Lacan à l’occasion s’est avérée
trop timide en se limitant à un plaidoyer pour le sérieux
de la recherche sur l’affect à partir de sa thèse de l’inconscient
structuré comme un langage (Télévision, 1974).
Et les disciples de Lacan en général n’ont pas su puiser
de l’exortation lacanienne une heuristique plus intéressante et
conséquente. L’affect, tout comme la pulsion, a été
mis hors du langage, mais, à mon avis, dans un discours flou,
sans consistance théorique poussée — comme "résistant"
au langage, ... du côté du "réel", ... du côté
du corps, mais pas le corps biologique et plutôt un soi disant corps
érogène... — et d’autres formulations semblables qui créent
une spèce de phénoménologie sui generis pour
le corps, mais qui ne convainquent pas absolument. Or, la réponse
de Lacan à Green a été, à mon avis, d’une lucidité
sans pair, même si les instruments pour le démontrer à
l’époque n’étaient pas facilement disponibles. Ce n’est qu’avec
les réflexions du Saussure des Ecrits sur la force du facteur
sémiologique du principe de l’arbitraire du signe que l’on peut
démontrer qu’une épistémologie discursive peut
rivaliser avec toutes les épistémologies scientifiques
et même avec la profonde épistémologie philosophique
pour donner à l’affect (et à la pulsion) son statut vraimment
langagier, en donnant suite et soutien à la thèse lacanienne
de l’affect structuré comme langage.
Gilles BOURLOT: Genèse
du signifiant: Lacan, lecteur de Freud et de Saussure
Il s'agira de mettre au jour la matrice
théorique à partir de laquelle Lacan a progressivement
créé sa conception du signifiant. Celle-ci s'inscrit fondamentalement
dans une double filiation; d'une part, une lecture de la théorie
saussurienne du signe et, d'autre part, une lecture de la théorie
freudienne du mot. En ce sens, nous soulignerons la place accordée
à la matière sonore dans la définition
du signifiant, dans la mesure où le sonore du langage forme
à la fois un point de jonction possible entre Freud et de Saussure
et une des spécificités radicales du signifiant selon
Lacan. Nous tenterons ainsi de suivre les différentes étapes
d'une conceptualisation théorique qui touche au jeu du langage
dans ses rapports à l'inconscient et d'en souligner les
implications cliniques.
Catherine CALECA: Malaise dans la langue: quand
notre langue devient étrangère
Que reste-t-il de notre compréhension quand notre interlocuteur
est incompréhensible? Quels sont ces étranges dialogues
où nous nous perdons et où nous dérivons, accrochés
à quoi? Le plus souvent, jusque dans les atteintes les plus graves
de démence, nous avons remarqué la persistance de ce que
nous pouvons nommer un dialogue. Au cours de nos recherches, nous avons
pu noter que les difficultés des uns n'étaient pas sans
effet sur la psyché des autres. Pascal Quignard nous en a donné
un aperçu dans son récit magistral "le nom sur le bout de
la langue". Nous nous interrogerons sur les effets de ces échanges,
que ce soit sur les sujets malades ou sur ceux que nous décrirons
rapidement comme les locuteurs sans problèmes.
Mauricio D'ESCRAGNOLLE: La valeur chez Saussure: un concept
métapsychologique?
De même qu’il n’est guère possible de dissocier la théorie
de la valeur de ses paralogismes, il n’est guère possible de séparer
les deux versants du projet saussurien, celui de la linguistique de la parole
et celui de la linguistique de la langue. Ainsi, les dualismes présents
dans la théorie de Saussure ne constituent pas de simples dichotomies
ou oppositions, mais des dualités inclusives et, en tant que telles,
elles ne s’excluent pas mutuellement, mais s’imbriquent dans une espèce
d’unité paradoxale réflexive. La théorie saussurienne
s’essaye donc à élaborer un modèle susceptible de rendre
compte des paralogismes de l’universalité concrète qu’est la
langue et de la valeur dont la langue se soutienne. Nous allons essayer de
montrer de quelle manière la pensée saussurienne implique de
concevoir que le sujet parlant n’est pas uniquement l’agent qui actualise
les possibilités de la langue, mais qu’il est aussi, en tant que
tel, un effet propre de l’institution de la langue. Autrement dit, de même
que la place de la substance désignée serait un présupposé
posé par le langage, le sujet serait lui aussi un présupposé
posé par le langage et à la réification de présupposition
de la référence correspondrait une réification du sujet
lui-même. C’est dans ce sens que nous croyons possible de démontrer
que le concept de valeur exige pour sa pleine compréhension une perspective
métapsychologique de son statut heuristique au sein de la linguistique
saussurienne.
Claudie FRANGNE: L'anagramme,
le nom propre et l'incidence clinique de l'écrit: de Saussure
à Lacan
Au point de départ de notre réflexion,
un cas clinique dont on tentera de déplier le cadre
théorique qui lui donne valeur paradigmatique: il s’agit
d’un cas de phobie rapporté par R. Tostain, dans lequel
le signifiant phobique est une forme anagrammatisée du
nom propre (insu) du père. On y voit comment l’inconscient
se saisit d’un jeu de lettres propre à réinscrire
le nom au travers du signifiant. De façon très saussurienne,
de ce jeu littéral tout le texte du patient découle.
Un passage par les textes saussuriens sur l’anagramme vient indirectement
éclairer le cas — lequel invite à aller au-delà
du séminaire IV de Lacan (La relation d’objet) qui envisage
la phobie du "petit Hans" en privilégiant le niveau de la
métaphore, et à regarder du côté des théorisations
de Lacan en 75: non seulement le signifiant phobique se forme par diffraction
littérale du nom propre (la significantisation prend appui sur
le nom) mais quelque chose s’entend dans le signifiant phobique du jouir
des mots de lalangue qui désignent la jouissance. Le cas marque
le retour, sous une forme propre à la phobie d’un principe de nomination,
ineffaçable, lié à la fonction paternelle. On sait
depuis l’analyse freudienne du travail du rêve que l’inconscient
condense et vient à traiter le mot comme une chose mais au-delà
le cas permet d’interroger l’articulation lacanienne entre métaphore
et nomination. Il pose aussi la question du symptôme dans son lien
à l’écriture.
Chloé LAPLANTINE: L'inconscient dans le langage:
une sociation psychologique inévitable et profonde
Saussure propose de penser le fonctionnement hypogrammatique du discours,
qu’il redécouvre immanquablement dans chaque poème ou morceau
de prose latine qu’il observe, comme une "sociation psychologique
inévitable et profonde". Il définit alors l’hypogramme comme
"l’accompagnement habituel, pour tout Latin qui prenait la plume, de la
forme qu’il donnait à sa pensée". L’hypogramme n’apparaît
plus alors à Saussure comme un "casse-tête", une démarche
technique consciente qui se limiterait au "langage poétique", mais
comme une pratique inconsciente, inhérente à l’exercice du
discours pour tout latin. Saussure découvre ainsi quelque chose de
comparable pour le langage à ce que Marcel Mauss découvre pour
le corps en tant que pratique sociale dans "Les techniques du corps" (1934).
Dans cette communication, je tâcherai de mettre en lumière cette
pensée chez Saussure d’un inconscient dans le langage comme "sociation
psychologique inévitable et profonde", dans les textes relatifs
à l’hypogramme et d’autres, et d’en montrer l’enjeu.
Josette LARUE-TONDEUR: Saussure
et les anagrammes
Saussure a manifesté quelques réticences
envers les forces obscures du psychisme en arrêtant ses
recherches sur les anagrammes parce qu’il s’était rendu compte
que ces mots sous-jacents, s’ils existaient, étaient involontaires.
Pourtant ce travail révèle qu’il avait l’intuition
du primat du signifiant, cher à Lacan, qui s’affirme en psychanalyse
et en poésie. Le symbolisme phonétique, encore abordé
avec méfiance, mérite toute l’attention des linguistes.
Il serait dommage d’écarter ce problème délicat
sous prétexte de scientificité alors qu’il recèle
probablement l’une des clés essentielles au fonctionnement de
la parole, qui n’échappe guère à l’affectivité.
Si les phonèmes sont dépourvus de sens dans la langue,
ils en véhiculent dans la parole.
Références bibliographiques
:
Arrivé Michel, Langage et psychanalyse,
linguistique et inconscient (1994, 1ère éd. PUF,
Paris ; 2005, Ed. Lambert-Lucas, Limoges, 266p.)
Arrivé Michel, Le Linguiste et l’Inconscient
(2008 a, Ed. PUF, Paris, 190 p.)
Chastaing Maxime, 1958, "Le symbolisme des voyelles,
signification des i", Journal de Psychologie, n°55
: 403-423 et 461-481.
Chastaing Maxime, "La brillance des voyelles" (1962,
in Archivum Linguisticum, n°14, p.1-13)
Chevalier Jean et Gheerbrant Alain, Dictionnaire
des symboles (1997, Ed. Laffont, Paris, 1060 p.)
Damourette et Pichon, Des mots à la pensée.
Essai de grammaire de la langue française (1930 tome
I & 1943 tome VI, d’Artrey, cité par M. Arrivé 2005a)
Fónagy Ivan, La vive Voix (1983,
Ed. Payot, Paris, préface de Jakobson, 346p.)
Guiraud Pierre, Structures étymologiques
du lexique français (1967, Ed. Larousse, Paris ; 1986,
Ed. Payot, Paris, 278 p.)
Guiraud Pierre, Dictionnaire des étymologies
obscures (1982, Ed. Payot, Paris, 522 p.)
Humboldt (von) Wilhelm, Introduction à
l’œuvre sur le kavi (1836, Über die Verschiedenheit des
menschlichen Sprachbaus und seinen Einfluss auf die geistige
Entwicklung des Menschengeschlechts, traduit en français
par Pierre Caussat, 1974, Paris, Seuil, 444 p.)
Jeandillou Jean-François, L’Analyse textuelle
(1997, Ed. Armand Colin, Paris, 192 p.)
Lacan Jacques, Ecrits (1966, Ed. du Seuil,
Paris, 924p.)
Lacan, Autres écrits (2001, Ed. du
Seuil, Paris, 609 p.)
Monneret Philippe, Le Sens du signifiant
(2003, Ed. Honoré Champion, Paris, 261p.)
Josette LARUE-TONDEUR: Saussure
et le personnage mythologique
L’homme invente des mythes en fonction de l’ambivalence
de son inconscient. Le personnage mythologique est d’une plasticité
telle qu’il peut jouer un rôle ou son inverse, il est comme un
signe linguistique organisé autour du vide par union et désunion
de traits. C’est ce qu’a montré Saussure à propos
des légendes. Le mythe lui-même peut se métamorphoser
en sa variante inverse. L’organisation des parallélismes
et inversions des légendes mythologiques, mise en évidence
par Levi-Strauss, semble refléter l’ambivalence du psychisme.
Les mythes présentent des "points de capiton", selon la métaphore
lacanienne, c’est-à-dire des lieux du texte où l’inconscient
affleure. Ils révèlent le fonctionnement ambivalent
du psychisme et en même temps satisfont ses besoins profonds,
ce qui explique le plaisir et l’émotion esthétique qu’ils
suscitent. L’anthropomorphisme mythologique représente souvent
des éléments ambivalents, c’est-à-dire qui manifestent
des tendances opposées, telles que l’androgynie ou la jalousie
(où l’on peut détecter l’amour et la haine). Les dieux
de la mythologie étaient nécessairement ambivalents
par leur caractère symbolique: dans la langue comme dans l’imaginaire,
la même structure à pôles opposés fournit
aux forces psychiques obscures caractérisées par l’ambivalence
la possibilité d’y infiltrer leurs représentations
symboliques.
Références bibliographiques
:
Arrivé Michel, A la Recherche de Ferdinand
de Saussure (2007 , Ed. PUF, Paris, 230p.)
Ferenczi Sandor, Psychanalyse I (1908-1912
; 1968, Ed. Payot, Paris, traduit par J. Dupont avec la collaboration
de Ph. Garnier, préface du Dr Michaël Balint, 266 p.)
Ferenczi Sandor, Psychanalyse II (1913-1919
; 1970, Ed. Payot, Paris, traduit par J. Dupont et M. Viliker
avec la collaboration de Ph. Garnier, préface du Dr M. Balint,
358 p.)
Grimal Pierre, Dictionnaire de la Mythologie
grecque et romaine (1951, Ed. PUF, Paris ; 6ème éd.
PUF 1979, 576p.)
Lacan Jacques, Ecrits (1966, Ed. du Seuil,
Paris, 924p.)
Lévi-Strauss Claude, Anthropologie structurale
(1958 ; 2003, Ed. Pocket, Paris, 446 p.)
Lévi-Strauss Claude, Des Symboles et
leurs doubles (1989, Ed. Plon, Paris, 270 p.)
Levi-Strauss Claude, "L’homme nu", in Mythologiques
IV (1971, Ed. Plon, Paris, 688 p.)
Vernant Jean-Pierre, L’univers Les dieux Les
hommes (1999, Ed. du Seuil, Paris, 250 p.)
Alain LEMOSOF: Cliniques de lalangue
et de la langue maternelle
La langue maternelle peut être comme l'amour:
la plus merveilleuse comme la plus tragique des aliénations
subjectives. Dans lalangue comme dans l'amour, la jouissance est
toujours en question. Quand cette dernière submerge les capacités
de représentation du sujet, du fait de son histoire singulière
et/ou de l'Histoire collective, il construit des digues plus ou moins
efficaces pour se maintenir dans son existence. On tentera d'en rendre
compte à partir de différents éléments
cliniques. Parallèlement, on interrogera cette notion de jouissance,
qui prit de plus en plus d'importance et de développements
dans l'élaboration de Lacan, comme constituant une limite entre
le champ de la psychanalyse et celui de la linguistique.
Janeta MASPERO: Saussure et le paradoxe des entités
abstraites. La syntaxe, fait de parole?
"En réalité l’idée appelle, non une
forme, mais tout un système latent". Je propose comme point
de départ quelques questions concrètes examinées
par Saussure dans le CLG: celle de la composition nominale, de la flexion
ou encore de l’inversion. On sait que ces interrogations laissent transparaître
la perplexité du linguiste face à l’ambivalence des faits syntagmatiques;
j’associerai à cette réflexion les notes saussuriennes
hors CLG sur ce qu’on appelle traditionnellement les "parties du discours".
On tentera de voir comment les interrogations qui s’en dégagent s’articulent
avec les contextes dans lesquels apparaissent les termes de "sentiment",
"conscience", "subconscient" du sujet parlant, et comment interpréter
l’hésitation de Saussure à propos de la situation paradoxale
du fait syntaxique en regard de la dichotomie langue/parole.
Références bibliographiques :
Michel ARRIVÉ (2007) A la recherche de Ferdinand de
Saussure, PUF.
Michel ARRIVÉ (2008) Le linguiste et l’inconscient,
PUF.
Simon BOUQUET (1995) "Transformations saussuriennes de la grammaire",
Saussure aujourd’hui, Colloque de Cerisy, M. Arrivé
et C. Normand (éds), LINX, n°spécial, pp. 313-322.
Simon BOUQUET (1997) Introduction à la lecture de
Saussure, Payot.
Jean-Claude COQUET (1995) "La syntagmation d’Aristote à
Benveniste", Saussure aujourd’hui, Colloque de Cerisy, M. Arrivé
et C. Normand (éds), LINX, n°spécial, pp. 29-28.
Johannes FEHR (2000) Saussure entre linguistique et sémiologie,
PUF.
Louis HJELMSLEV( [1943] 1971) "Langue et parole", Essais
linguistiques, Minuit, pp. 78-90.
Cécile MATHIEU: Des mots à la
pensée au Cours de linguistique générale,
rencontres et points de rupture
En 1911, alors que Ferdinand de Saussure achève son troisième
cours de linguistique générale, Jacques Damourette et
Édouard Pichon entament l’élaboration d’une grammaire
de la langue française (Des mots à la pensée.
Essai d’une grammaire de la langue française). Celle-ci
se fonde sur le postulat selon lequel l’étude de la structure
grammaticale d’une langue, "qui baigne en grande partie dans l’inconscient",
permettrait d’accéder à la pensée inconsciente d’une
nation. Les deux linguistes qui ont lu le Cours de linguistique générale
le citent dès les premières lignes de leur grammaire pour contester
la définition saussurienne du langage, envisagé comme un
fait social. Pour ces deux linguistes français, le langage doit être
avant tout considéré sous son angle psychologique, c’est-à-dire
comme la meilleure voie d’accès à l’inconscient. Bien qu’affirmant
à plusieurs reprises leurs divergences de points de vue par rapport
au Maitre genevois, nombreuses sont les réflexions qui, au lieu
de se contredire, semblent pouvoir se compléter. Jacques Lacan,
élève de Pichon, aura su se servir du travail de chacun et
alimenter sa réflexion pour établir à son tour une
théorie de l’inconscient qu’il annonce être "structuré
comme un langage". Nous nous proposons, au sein de notre communication,
de revenir sur ces divergences annoncées par Damourette et Pichon,
d’en examiner la réelle portée et d’observer comment deux
théories qui semblent opposées ont pu alimenter, l’une et
l’autre, la réflexion psychanalytique lacanienne.
Claudine NORMAND & Moustafa SAFOUAN:
Différences, valeurs, négation: peut-on encore
en dire quelque chose?
Ce travail se propose d'interroger la terminologie saussurienne
(et donc aussi sa théorie) sur deux points, à propos
de la définition de l'entité linguistique: l'équivalence
posée entre différence et valeur ;
la portée de l'adjectif négatif associé
à différence sous la forme emphatique "différences
éternellement négatives", qui insiste dans les manuscrits
de 1891 (retrouvés en 1996 et publiés sous le titre Ecrits
de linguistique générale).
Partant de la difficulté soulevée par cet
axiome qui semble ne garder du phénomène linguistique
que la dimension formelle de la structure sans prendre en compte
sa dimension anthropologique, l'hypothèse est que la théorie
lacanienne, qui a repris à Saussure le concept de "différence"
et l'a développé par le "trait unaire", peut nous éclairer
sur les deux modes d'être du langage. On s'appuiera en particulier
sur la thèse récente d'Estanislao Sofia (Problème
de la définition par Saussure des entités linguistiques)
et sur certains chapitres du dernier ouvrage de Mustapha Safouan (Le
langage ordinaire et la différence sexuelle, Odile Jacob 2009).
Maribel PENALVER VICEA: Un soupçon de folie sur Saussure
C´est, pour certains, l’ensemble de l'œuvre de Saussure qui relève
de la folie. Michel Pierssens pose explicitement, en 1979, que "d'une certaine
façon, ce qui devient fou, chez Saussure, c’est sa science". Des
propos du même type sont évoqués par Pierssens dans
Recherches intitulé « les deux Saussure » et
repris dans La Tour de babil. Si Michel Deguy souligne "La folie
de Saussure", Roland Barthes trouvera cette maladie dans ses délires
auditifs, Saussure étant obsédé par l’écoute
anagrammatique des vers anciens. Françoise Gadet et Michel Pêcheux
parlent dans La langue introuvable de l’"obscure folie du décryptage".
À tout cela, il faut ajouter que Saussure apparaît dans le livre
de Blavier sur Les fous littéraires. La duplicité dans
l'œuvre de Saussure a été souvent réitérée.
Il y aurait chez lui un chercheur raisonnable du CLG et un herméneute
fou, celui des anagrammes. Les avis diffèrent (À la recherche
de Ferdinand de Saussure, Michel Arrivé). Si "Les deux Saussure"
existent, certaines positions théoriques invitent à le contester.
À partir de là, deux questions pourraient se poser: 1) Est-il
légitime d'établir une frontière entre deux (ou plusieurs)
parties de l'œuvre de Saussure?; 2) Comment s'explique l'extension du soupçon
de folie à la partie apparemment la plus "rationnelle et raisonnable"
(la recherche linguistique) de l'œuvre de Saussure?
Anne-Gaëlle TOUTAIN:
La théorie de la psychose du psychanalyste Alain Manier:
une articulation inédite entre linguistique et psychanalyse
Nous tentons, dans cette communication consacrée
à la théorie de la psychose du psychanalyste Alain
Manier dans sa dimension de théorie faisant fond sur
la théorisation saussurienne de la langue, de mettre en
lumière les conditions d’une réelle articulation
entre linguistique et psychanalyse. Celles-ci, à la lumière
récurrente des théories de Saussure et de Manier, nous
semblent être, d’une part, une théorisation de
la langue, constitutive d’un point de vue spécifiquement
linguistique et d’un objet objectivable pour d’autres sciences
— c’est l’œuvre, selon nous, du linguiste Saussure —, et, d’autre
part, une utilisation véritable de cette théorisation,
d’un point de vue autre, et rigoureusement constitué dans son
altérité, le point de vue psychanalytique,
qui permet d’en révéler et d’en déployer les enjeux
pour le langage. Cette utilisation fait l’originalité de la
théorie de Manier. Le dessein de Saussure d’ordonner le champ
du langage, repris sur un plan objectal — et de manière imaginaire
— par les structuralistes, prend ainsi corps et réalité.
Références bibliographiques
:
ARRIVE, Michel, Linguistique et psychanalyse
: Freud, Saussure, Hjelmslev, Lacan et les autres, Méridiens-Klincksieck,
Paris, 1986.
ARRIVE, Michel, Langage et psychanalyse,
linguistique et inconscient. Freud, Saussure, Pichon, Lacan,
Lambert-Lucas, Limoges, 2006.
JAKOBSON, Roman, Essais de linguistique
générale, 1- Les fondations du langage, Éditions
de Minuit, Paris, 1963 [2003].
MANIER, Alain, « “Ce fait en quelque
sorte mystérieux” », in Psychanalystes, Revue du
Collège de Psychanalystes, n°22, p. 113-129, Paris,
1987.
MANIER, Alain, Le Jour où l’espace
a coupé le temps, Étiologie et clinique de la psychose,
La Tempérance, Plancoët, 1995 (réédition
Diabase, Plancoët, 2006).
MANIER, Alain, « Le psychotique, Saussure
et le psychanalyste », in Bouquet, Simon (dir.), Saussure,
Cahiers de L’Herne, 2003.
MILNER, Jean-Claude, Le Périple
structural, Seuil, Paris, 1989.
SAUSSURE, Ferdinand (de), Cours de linguistique
générale, Payot, Paris, 1922 [1995].
SAUSSURE, Ferdinand (de), Cours de linguistique
générale, Otto Harrassowitz, Wiesbaden,
1967/1974.
SAUSSURE, Ferdinand (de), Premier Cours
de linguistique générale (1907), d’après
les cahiers d’Albert Riedlinger, Pergamon, Oxford, New
York, Séoul, Tokyo, 1996.
SAUSSURE, Ferdinand (de), Deuxième
Cours de linguistique générale (1908-1909), d’après
les cahiers d’Albert Riedlinger et Charles Patois, Pergamon,
Oxford, New York, Tokyo, 1997.
SAUSSURE, Ferdinand (de), Ecrits de linguistique
générale, Gallimard, Paris, 2002.
SAUSSURE, Ferdinand (de) & CONSTANTIN,
Emile, « Ferdinand de Saussure : Notes préparatoires
pour le cours de linguistique générale 1910-1911,
Emile Constantin : Linguistique générale. Cours de
M. le professeur de Saussure 1910-1911 », in Cahiers Ferdinand
de Saussure, n°58, p. 83-289, Droz, Genève, 2005.
Alain ZAEPFFEL: La souffrance de Ferdinand de Saussure
Dans ses carnets consacrés à la poésie gréco-latine,
Ferdinand de Saussure nomme anagramme la dissémination par les poètes
d'un mot dans l'espace d'un ou de plusieurs vers. Toutefois il note: "le
terme anaphonie serait plus juste". Des "fragments phoniques", et non des
lettres, forment donc un "thème". Jean Starobinski parle de variations
sur un mot-thème, de fugue. On pense à ces motets polyphoniques
de Guillaume de Machaut où l'on entend par intervalle, dessous le contrepoint
rythmique serré, la voix du thème grégorien et les syllabes
égrenées du commandement : ME-MEN-TO... Les "fragments phoniques"
dispersés parfois sur six vers, dans les poèmes latins, peuvent
s'entendre comme des voix revêtues du nom d'un héros ou d'un
dieu par le linguiste. Or, la voix ("figure vocale", "onde sonore") est exclue
de la définition du signe par Saussure. Le signe linguistique: "arbitraire",
n'est que "différences oppositives", et la figure vocale ne s'appellera
signifiant que dans sa corrélation à un signifié. Dès
lors, ces carnets ne peuvent-ils apparaître comme la tentative secrète
de réinscrire la voix au cœur du signe afin d'en rémunérer
l'arbitraire? La voix est-elle ce que la linguistique moderne dut sacrifier
pour se constituer comme science? Ferdinand de Saussure ne publia ni ses écrits
ni ses carnets, ni son cours qu'il ne donna qu'oralement.
Mareike WOLF-FEDIDA: Le bilinguisme sur les
traces de Saussure. Approche psychanalytique et phénoménologique
En considérant le bilinguisme sous l'angle
du symptôme en psychopathologie, il est possible d'établir
un parallèle avec la distinction de F. de Saussure entre langue
et langage "où les deux parties du signe sont également psychiques"
(CLG p. 32 et 104). Saussure encourage explicitement le psychologue
"à déterminer la place exacte de la sémiologie",
alors que les linguistes en général rejettent tout renvoi
à la psychologie. Cependant le bilinguisme se situe des deux
côtés, de la langue et du langage, permettant d’explorer
l'ouverture à la sémantique comme ouverture vers le monde
(cf. Benveniste, S et L, p. 21). Cette expérience est à
la fois sémiologique et phénoménologique comme
le suggère Benveniste à plusieurs endroits.
(présentation de notre équipe de recherche,
qui travaille depuis plusieurs années sur ce sujet, et des
résultats de nos travaux)
BIBLIOGRAPHIE :
ALTOUNIAN, Janine. 2003. L'écriture
de Freud: traversée traumatique et traduction.
PUF.
ARRIVE, Michel. 2007. A la recherche
de Ferdinand de Saussure. PUF.
ARRIVE, Michel. (1994) 2005. Langage
et psychanalyse, linguistique et inconscient. Freud, Saussure,
Pichon, Lacan. PUF. Réed. Lambert-Lucas.
ARRIVE, Michel. (1986). Linguistique
et psychanalyse. Freud, Saussure, Hjelmslev, Lacan et les
autres. Préface de Jean-Claude Coquet. Méridiens
Klincksieck.
ARRIVE, M. et NORMAND, C. (dir.). 2001.
Linguistique et psychanalyse. Colloque Cerisy. In
Press Editions.
ASSOUN, Paul-Laurent. 2003. Lacan.
Coll. "Que sais-je?". PUF.
BRISSET, Jean-Pierre. 2001. Œuvres
complètes. Préface et édition de
Marc Décimo. Les Presses du réel.
BRISSET, Jean-Pierre. 1970. La grammaire
logique, suivi de La science de Dieu. Tchou.
CAHIERS FERDINAND DE SAUSSURE n°44,
1990. "Documenti saussuriani conservati a Lipsia e a Berlino",
par Paola Villani, 3-33.
CAHIERS FERDINAND DE SAUSSURE n°21,
1964. "Lettres de Ferdinand de Saussure à Antoine Meillet,
publiés par E. Benveniste", 89-125.
CAHIERS FERDINAND DE SAUSSURE n°17,
1960. "Souvenirs de F. de Saussure concernant sa jeunesse et
ses études", 15-25.
CAMBON, Fernand. 2008. De quoi est
fait l’inconscient. Epel. "Essais".
CHOI, Yong-Ho. 2002. Le problème
du temps chez Ferdinand de Saussure. Préface
de M. Arrivé. L’Harmattan.
CLINIQUES MEDITERRANEENNES n°68,
2003, "Psychanalyse et langage", n° coordonné
par Marie-France Bonnet.
COLLOQUE CERISY, "De la grammaire à
l’inconscient: dans les traces de Damourette et Pichon", dir.
M. Arrivé, V. Muni Toke, C. Normand, août 2008,
a paraître.
COLLOQUE CERISY, "Freud et le langage",
dir. I. Vilela, septembre 2007, à paraître.
CONSTANTIN, Emile, "Linguistique générale,
Cours de M. le Professeur de Saussure, 1910-1911", in Cahiers
Ferdinand de Saussure, n°58, 2005, 83-290, texte établi
par D. Gambarara et C. Mejía Quijano.
DECIMO, Marc. 2001. Jean-Pierre Brisset,
prince des penseurs, inventeur, grammairien et prophète.
Les presses du réel.
DEGUY, Michel. 1969. "La folie de Saussure",
in Critique, n°260, 19-26.
DONNET, Jean-Luc et GREEN, André.
1973. L’enfant de ça. Psychanalyse d’un entretien:
la psychose blanche. Minuit.
FEHR, Johannes. 2000. Saussure entre
linguistique et sémiologie. Trad. partielle de
F. de Saussure. Notizen aus dem Nachlass, Suhrkamp, 1997. PUF.
FLOURNOY, Olivier. 1986. Théodore
et Léopold, de Théodore Flournoy à la
psychanalyse. La Baconnière.
FORRESTER, John. (1980) 1984. Le langage
aux origines de la psychanalyse. Préface de Pierre
Fédida. Trad. par Michelle Tran Van Khai. Gallimard.
FOUCAULT, Michel. 1963. Roussel.
Gallimard.
FREUD, Sigmund. (1915) 1986. Métapsychologie.
Trad. revue et corrigée par Jean Laplanche et J.-B.
Pontalis. Gallimard.
FREUD, Sigmund. (1905) 1967. Psychopathologie
de la vie quotidienne. Trad. par Serge Jankélévitch.
Payot.
FREUD, Sigmund. (1901) 1988. Le mot
d’esprit et sa relation avec l’inconscient. Trad. par
Denis Messier. "Folio Essais". Gallimard.
FREUD, Sigmund. (1900) 1967. L’interprétation
des rêves. PUF. Trad. par I. Meyerson, révisée
par Denise Berger.
GANDON, Francis. 2006. Le nom de l'absent.
Epistémologie de la science saussurienne des signes.
Lambert-Lucas.
GANDON, Francis. 2002. De dangereux
édifices. Saussure lecteur de Lucrèce. Les
cahiers d’Anagrammes consacrés au De Rerum Natura.
Peeters.
GENETTE, Gérard. 1976. Mimologiques.
Seuil.
GORI, Roland. 1998. "Les anaphonies de
Saussure: la langue à l'œuvre en psychanalyse", in Cliniques
méditerranéennes, n°57-58, 5-17.
GORI, Roland. 1978. Le corps et le
signe dans l’acte de parole. Bordas.
IRIGARAY, Luce. 1985. Parler n’est
jamais neutre. Minuit.
KOHN, Max, (dir.). 2005. "Lectures de
Louis Wolfson", in Recherches en psychanalyse 4 (Langues
et traduction), n° co-dirigé par M. Wolf, H. Abdelouahed
et M. Kohn, Esprit du Temps, 113-157.
KRISTEVA, Julia. 1996. "Les métamorphoses
du ‘langage’ dans la découverte freudienne" (Les modèles
freudiens du langage), in Sens et non-sens de la révolte.
Pouvoirs et limites de la psychanalyse, I. Fayard.
KRISTEVA, Julia. (1966) 1969. "Pour une
sémiologie des paragrammes", in Sèméiotikè.
Recherches pour une sémanalyse. Seuil.
LACAN, Jacques. 1998. Le Séminaire,
Livre V, Les formations de l’inconscient (1957-1958).
Seuil.
LACAN, Jacques. 1985. "Conférence
à Genève sur le symptôme, 04/10/1975", in
Le Bloc-notes de la psychanalyse 5, 5-23.
LACAN, Jacques. 1981. Le Séminaire,
Livre III, Les psychoses (1955-1956). Seuil.
LACAN, Jacques. 1978. Le Séminaire,
Livre II, Le Moi dans la théorie de Freud et dans la
technique de la psychanalyse (1954-1955). Seuil.
LACAN, Jacques. 1975. Le Séminaire,
Livre XX, Encore (1972-1973). Seuil.
LACAN, Jacques. 1974a. Télévision.
Seuil.
LACAN, Jacques. (1973) 2001. "L’étourdit",
in Autres écrits, 449-495. Seuil.
LACAN, Jacques. (1967) 2005. "Place,
origine et fin de mon enseignement", in Mon enseignement,
11-73. Seuil.
LACAN, Jacques. 1966. Ecrits.
Seuil.
LEBENSZTEJN, Jean-Claude. 1972. La
fourche. Gallimard.
LECERCLE, Jean-Jacques. (1990) 1996.
La violence du langage. PUF. Trad. par Michèle
Garlati.
LEIRIS, Michel. 1985. Langage, tangage.
Gallimard.
LEIRIS, Michel. 1969. Mots sans mémoire.
Gallimard.
LIBRES CAHIERS POUR LA PSYCHANALYSE,
n°7. "Le théâtre des mots", Printemps 2003.
LOTRINGER, Sylvère. 1973. "Le
dernier mot de Saussure", in L’Arc, n°54, 71-80.
MAJOR, René, TALAGRAND, Chantal.
2006. Freud. "Folio biographies". Gallimard.
MAJOR, René. 2006. "Depuis Lacan,
une autre conception de la 'cure'", in Journées de
Tours 2005. Depuis Lacan, quelle direction pour la cure?,
59-86. Editions À propos/Société Psychanalytique
de Tours/Institut des Hautes Etudes en Psychanalyse.
MANIER, Alain. 2003. "Le psychotique,
Saussure et le psychanalyste", in Saussure. Cahier
de L’Herne, dir. Simon Bouquet, 285-292.
MANIER, Alain. 1995. Le jour où
l'espace a coupé le temps. Etiologie et clinique de la psychose.
La tempérance.
MANIGLIER, Patrice. 2006. La vie énigmatique
des signes. Saussure et la naissance du structuralisme.
Editions Léo Scheer.
MARGES LINGUISTIQUES, n°7/8, 2004,
Langue, langage, inconscient. Linguistique et psychanalyse,
dir. M. Arrivé et I. Vilela.
MASSON, Céline. 2007. Shmattès,
la mémoire par le rebut. Lambert-Lucas.
MEJIA QUIJANO, Claudia. 2008. Le cours
d’une vie. Portrait diachronique de Ferdinand de Saussure.
Cécile Defaut.
MEJIA QUIJANO, Claudia. 2005. "Rudolf
Engler. L’ouvrage d’un philologue artiste", in Cahiers
Ferdinand de Saussure, n°58, 5-19.
MENAHEM, Ruth. 1986. Langage et folie.
Les Belles Lettres.
MILNER, Jean-Claude. 1978. L’amour
de la langue. Seuil.
NORMAND, Claudine. 2000. Saussure.
Les Belles Lettres.
PARRET, Herman. "Les manuscrits saussuriens
de Harvard", in Cahiers Ferdinand de Saussure, n°47,
1993, 179-234.
PETITJEAN, SMITH & THIELLEMENT (dir.).
2006. Schreber Président. Fage Editions.
PIERSSENS, Michel. 1986. La tour de
Babil. La fiction du signe. Minuit.
PIÑOL-DOURIEZ, Monique (dir.).
1997. Pulsions, représentations, langage.
Delachaux et Niestlé.
PONTALIS, J.-B.; LE CLEZIO, J.M.G.; AUSTER,
Paul; AULAGNIER, Piera; DORRA, Max; FOUCAULT, Michel; ALFERI,
Pierre et CUSSET, François. 2009. Dossier Wolfson
ou L’affaire du Schizo et les langues. Gallimard.
PRADO DE OLIVEIRA, Luiz Eduardo. 1997.
Freud et Schreber. Les sources écrites du délire,
entre psychose et culture. Èrès.
PRADO DE OLIVEIRA, Luiz Eduardo. 1996.
Schreber et la paranoïa. Le meurtre d’âme.
L’Harmattan.
PRADO DE OLIVEIA, Luiz Eduardo (org.).
1979. Cas Schreber: contributions psychanalytiques
de langue anglaise. PUF.
REVUE INTERNATIONALE DE PSYCHOPATHOLOGIE,
n°7, 1992, dir. D. Widlöcher, P. Fédida.
REY, Jean-Michel. 1973. "Saussure avec
Freud", in Critique, n°309, 136-167.
RICŒUR, Paul. 1965. De l’interprétation.
Essai sur Freud. Seuil.
RIFFATERRE, Michel. 1974. "Paragramme
et signifiance", in Recherches, n° 16. Repris
dans La production du texte, pp. 75-88. Seuil. 1979.
SAUSSURE, Cahier de l’Herne, 2003,
dirigé par Simon Bouquet.
SAUSSURE, Ferdinand de. 2002. Ecrits
de linguistique générale. Texte établi
et édité par Simon Bouquet et Rudolf Engler. Gallimard.
SAUSSURE, Ferdinand de. (1916) 1972.
Cours de Linguistique générale. Payot.
Edition critique par Tullio de Mauro (1967), traduit de l’italien
par L.-J. Calvet.
SAUSSURE, Ferdinand de. 1968-1974. Cours
de linguistique générale de Ferdinand de Saussure,
édition critique par Rudolf Engler. 2 tomes. Otto
Harrassowitz. Rééd. 1989-1990.
SCHREBER, Daniel Paul. (1903) 1973. Mémoires
d’un névropathe. Seuil. Trad. par Paul Duquenne
et Nicole Sels.
SECHEHAYE, Marguerite. (1950) 1972. Journal
d’une schyzophrène. 4 éd., PUF.
Recherches, n°16 / Sémiotext(e),
1974. "Les deux Saussure". Revue du CERFI, Fontenay-sous-bois.
STAROBINSKI, Jean. (1971) 2009. Les
mots sous les mots. Gallimard. Rééd. Ed.
Lambert-Lucas.
SUENAGA, Akatane. (2005). Saussure,
un système de paradoxes. Langue, parole, arbitraire
et inconscient. Préface de Michel Arrivé.
Lambert Lucas.
TALAGRAND, Chantal. (2006). "De la métaphore
à l’oxymore/d’une trace à l’autre", in Journées
de Tours 2005. Depuis Lacan, quelle direction pour la cure?,
49-58. Editions À propos/Société Psychanalytique
de Tours/Institut des Hautes Etudes en Psychanalyse.
URIBURU, Maria Eugenia, Etat actuel
sur la bibliographie de l’écrivain Louis Wolfson:
l’étudiant en de langues étrangères,
Mémoire de Master Recherche, Université Paris
VII, UFR Sciences humaines et cliniques, septembre 2007.
VANIER, Alain. 1998. Lacan. Les
Belles Lettres.
VILELA, Izabel. "Le mal sous les mots
ou le silence de l’oracle", in Freud et le langage,
colloque Cerisy 2007, à paraître.
VILELA, Izabel. 2007a. "A propos de quelques
liens entre Freud, des linguistes et philologues dans les
années 1885-1915: le cas de F. de Saussure", in Topique,
n°98, 181-195.
VILELA, Izabel. 2007b. "Au risque de
la(langue): le langage est déstructurant comme l’inconscient",
in Langage&Inconscient, n°3, 121-139.
VILELA, Izabel, "Le désir de Saussure
ou le chant du si(cy)gne. Une lecture critique de Claudia
Mejía Quijano, Le cours d’une vie", in Langage
et Inconscient, n°5 (à paraître).
VILELA, Izabel, Saussure: les "Souvenirs
de jeunesse" et le chant du signe. Republication commentée
des "Souvenirs de F. de Saussure concernant sa jeunesse et
ses études". Essai (à paraître).
WOLFSON, Louis. (1970) 2009. Le schizo
et les langues. Gallimard, re-édition.
ZÜRN, Unica. (1970) 1971. L’Homme-Jasmin.
Impressions d’une malade mentale. Gallimard. Trad. par
Ruth Henry et Robert Valançay.