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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2012 : un des colloques







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L'ABBAYE DE SAVIGNY (1112-2012)

UN CHEF D'ORDRE ANGLO-NORMAND


DU MERCREDI 3 OCTOBRE (19 H) AU SAMEDI 6 OCTOBRE (18 H) 2012

DIRECTION : Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET, Brigitte GALBRUN, Véronique GAZEAU

ARGUMENT :

Aux confins de la Manche, de l’Ille-et-Vilaine et de la Mayenne, l’abbaye de Savigny est le seul chef d’ordre monastique fondé en Normandie. Sa naissance est liée à un homme d’exception, Vital, qui devient chapelain du comte de Mortain puis choisit la vie érémitique avant de se voir confier des terres par Raoul de Fougères, en 1112, pour y fonder un monastère. Il y meurt en 1122.

Le développement de l’abbaye est rapide. L’afflux des vocations et la protection des princes, comme Henri II Plantagenêt, précipitent la création de filiales en France et en Angleterre: deux sous Vital, avec Dampierre à Mantilly (Orne) et l’abbaye Blanche à Mortain (Manche), trente sous l’abbatiat de son successeur, Geoffroy.

En 1147, Savigny est intégrée à l’ordre cistercien, entraînant avec elle ses trente-cinq filles, majoritairement anglaises. À partir de 1173, la nouvelle église sort de terre, en pierre et plus vaste que la cathédrale de Coutances. Le 1er mai 1243 a lieu la grande fête de la translation des reliques dans le nouvel édifice, une célébration prestigieuse.

La guerre de Cent Ans et les guerres de Religion ne l’épargnent pas. À la veille de la Révolution, dix-sept moines vivent encore dans les locaux. Ils en partent définitivement le 15 décembre 1790 avant l’adjudication des bâtiments détruits et vendus pierre à pierre. Cinquante ans suffisent pour ruiner cette immense abbaye qui occupait près de 7000 mètres carrés au sol.

Le présent colloque envisage de confronter les travaux menés tant en France qu’en Angleterre et, plus globalement, d’apporter de nouveaux éclairages sur l’ordre savignien.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mercredi 3 octobre
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, du colloque et des participants


Jeudi 4 octobre
Matin:
Lecture et relecture des sources
Brigitte GALBRUN: De Dom Auvry à aujourd'hui, quel regard sur Savigny en France? [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen]
Alexis GRÉLOIS: Savigny et l'ordre cistercien: vieux débats et nouvelles questions
Richard ALLEN: Les chartes originales de Savigny aux Archives nationales (des origines jusqu'au XIIIe siècle)

Après-midi:
Séance à l'auditorium des Archives départementales à Saint-Lô
Savigny et les élites laïques
Claude GROUD-CORDRAY: Les premiers bienfaiteurs de l'abbaye de Savigny (1112-1147)
Daniel PICHOT: L'abbaye de Savigny et l'aristocratie (XIIe-XIIIe siècles)
Christophe MAUDUIT: Les comtes de Mortain et l'abbaye de Savigny


Vendredi 5 octobre
Matin:
De la Normandie aux îles Britanniques: l'expansion de l'ordre savignien du XIIe au XVIIe siècle
Janet BURTON: The coming of the Savigniacs Order to Britain
Jean-René LADURÉE: Champagne (Rouez), modeste fille savignacienne ou fondation cistercienne tardive (1188)?
Daniel POWER: "It semid tome the fairest abbay of al Wales": l’abbaye de Neath, fille galloise de l’ordre de Savigny (texte lu par Véronique GAZEAU)

Après-midi:
Lindy GRANT: Etienne de Lexington et Savigny au XIIIe siècle
David M. ROBINSON: The Savignac Abbaye of England and Wales: Architecture & Archeology
Bertrand MARCEAU: La réforme de Savigny au XVIIe siècle
Julien BACHELIER: Entre Normandie et Bretagne, entre terre et ciel: le gisant du château de Fougères

Soirée:
Au Centre culturel, dans l'étable
Concert Vivaldi, L'automne, organisé avec l'Association de sauvegarde de l'église de Savigny (canton de Cerisy)


Samedi 6 octobre
Matin:
De terre, de pierre et de bois: les traces de Savigny
François FICHET DE CLAIRFONTAINE: L'abbaye de Savigny et la recherche archéologique sur les abbayes normandes
Jean-Baptiste VINCENT: Interactions entre paysage et architecture dans les abbayes cisterciennes normandes, exemples d'abbayes savigniennes (XIIe-XIVe siècle)
Aurélie REINBOLD: La structuration du paysage autour des granges de Savigny: étude de cas en Haute-Bretagne
Damien JEANNE: Un noviciat heureux: Hamon de Savigny au service des lépreux (XIIe siècle)

Après-midi:
Figures abbatiales et sainteté savignienne
Jean DUFOUR: Les rouleaux des morts "normands" (1066-1130)
Véronique GAZEAU & Cécile NIEL: Les reliques de Savigny: étude anthropologique et historique

Gilles DÉSIRÉ DIT GOSSET: Conclusions

DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Richard ALLEN: Les chartes originales de Savigny aux Archives national (des origines jusqu'au XIIIe siècle)
Si l'histoire de la conservation d'une large partie du chartrier de Savigny est bien connue, les premières chartes originales saviniennes méritent encore d'être scrutées plus attentivement qu'elles ne l'ont été jusqu'à aujourd'hui. À travers l'examen des actes de ces années, qui font partie du seul fonds monastique médiéval subsistant pour les deux anciens diocèses de Coutances et d'Avranches, cette communication entend donner un aperçu sur le scriptorium abbatial pendant cette période de formation et de déterminer si les données diplomatiques témoignent de certains aspects particuliers de l'histoire de l'abbaye, tel que son rattachement à l'ordre cistercien en 1147. Les chartes de cette période, qu'il s'agisse d'originaux ou de copies, nous permettent en outre de connaître les origines géographiques et sociales des moines de Savigny et de faire une reconstruction de la communauté pendant les cent premières années de son existence.

Julien BACHELIER: Entre Normandie et Bretagne, entre terre et ciel: le gisant du château de Fougères
En 2011, la ville de Fougères a souhaité restaurer le gisant de Raoul II qui dormait dans une tour du château depuis les années 1920. La recherche documentaire a alors permis de retrouver son parcours et peut-être son identité. Le gisant fut acheté par le comte de Lariboisière lors de la destruction de l’abbaye de Savigny au début du XIXe siècle; il reposa dans le bois du parc du château de Monthorin, en Louvigné-du-Désert, exposé au vent et à la pluie. Son petit-fils en fit don à la ville de Fougères entre 1912 et 1925, date à partir de laquelle il fut placé dans la tour de Coigny, exposé cette fois-ci aux touristes. Il y resta jusqu’à la fin des années 1990, puis, à la suite de dégradations multiples, fut retiré de la vue du public et placé dans la tour Raoul.
Faute d’inventaire, l’attribution à Raoul II (1150-1194/1195) ne fut jamais remise en cause. Or, les premiers gisants bretons datent des années 1220-1230. Plusieurs éléments stylistiques plaideraient même pour une œuvre funéraire de la seconde moitié du XIIIe siècle. Ces deux éléments ne sont pas suffisants pour rejeter l’attribution initiale. Mais du côté normand, les érudits du XIXe siècle avançaient quelques indices en faveur de Raoul III (1212-1256). La tradition érudite bretonne, sous l’influence d’Arthur de La Borderie, semble lui avoir préféré Raoul II, qui se révolta à trois reprises (1166, 1173 et 1189) contre le roi d’Angleterre Henri II Plantagenêt. L’attribution est à replacer dans le contexte intellectuel breton du XIXe siècle: le "bretonnisme", où pointait alors un fort nationalisme régional. Sans nom, le gisant de Savigny devait bénéficier de nouvelles recherches iconographiques et textuelles plaidant aujourd’hui plutôt en faveur de Raoul III.

Agrégé d’histoire et doctorant en histoire médiévale sous la direction de Daniel Pichot, UMR 6258 (CERHIO), Université Rennes 2, sur le sujet: "Villes et villages de Haute Bretagne - Les réseaux de peuplement jusqu’au XIIIe siècle".
Bibliographie
"Miracles et miraculés au milieu du XIIIe siècle d’après le Livre des Saints de l’abbaye de Savigny", dans Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, 2011, t. 88, fasc. 426 (mars), p. 21-59.
"Une histoire en Marche: Fougères et la Normandie au Moyen Age (début XIe - milieu du XIVe siècle)", dans Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, t. 88, 2011, fasc. 429 (décembre), p. 423-529.
"Raoul Ier, seigneur de Fougères et fondateur de l’abbaye de Savigny", dans Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, 1er trimestre 2012.
"De Savigny à Fougères: qui est le gisant du château? Etudes préliminaires", avec Pierre Le Don, dans Revue de l’Avranchin et du Pays de Granville, 1er trimestre 2012.


Janet BURTON: The coming of the Savigniacs Order to Britain
The history of the order of Savigny in Britain has long been overshadowed by that of the Cistercians. Yet the arrival of the monks of Savigny, with their first plantation on English soil in 1124, predated that of the White Monks by four years, and the man who brought them there was Stephen, count of Mortain, who in 1135 was to become King Stephen of England. Within twenty years there were thirteen houses in England and Wales, of which nine were founded directly from Savigny, and a tenth chose Savigny as its mother house. This paper will consider the networks of power and patronage that brought the Savigniacs to Britain, and the nature of the relationships between those houses, and the central organization of the order between 1124 and the merger with the Cistercian Order.

Janet Burton is professor of Medieval History at the University of Wales Trinity Saint David ; co-director of the Monastic Wales project (www.monasticwales.org) and one of the two general editors of the Journal of Medieval Monastic History to be published by Brepols from 2102. Author of, among others, (with Julie Kerr), The Cistercians in the Middle Ages (Woodbridge: Boydell, 2011); (ed. and transl.), The Foundation History of the Abbeys of Byland and Jervaulx, Borthwick Texts and Studies, 35 (York, 2006), (ed.), The Cartulary of Byland Abbey (Woodbridge: Boydell Press) for the Surtees Society, vol. 208 (2004); The Monastic Order in Yorkshire 1069-1215, Cambridge Studies in Medieval Life and Thought, 40, Cambridge University Press (1999).

Jean DUFOUR: Les rouleaux des morts "normands" (1066-1130)
Seul des 450 rouleaux mortuaires (et documents annexes) édités dans mon Recueil des rouleaux des morts, celui mis en circulation à l’occasion de la mort de Vital de Savigny (1122) est vraiment connu depuis sa publication en fac-similé (Paris, 1909). Il fait partie du groupe des rouleaux qui circulèrent spécialement dans les possessions normandes entre 1066 et 1130, soit d’Angleterre vers le Continent (comme celui de Turgot, évêque de S. Andrews, 1115), soit du Continent vers l’Angleterre (comme ceux de Bruno, 1101-1103, et de Mathilde, abbesse de la Trinité de Caen, 1113-1114). La tradition de ces rouleaux, constitués normalement d’un faire-part de décès (ou encyclique) et d’accusés de réception (ou titres) apposés par les églises visitées lors du passage du messager (ou porte-rouleau), est souvent médiocre. Les trois rouleaux principaux (de Bruno, de Mathilde et de Vital) ont en commun d’avoir été mis en circulation pour des personnages importants et célèbres. Leur encyclique respective est basée sur des poncifs et des citations scripturaires. Les titres sont soit en vers, soit en prose. Ces trois rouleaux présentent de multiples intérêts, notamment au point de vue prosopographique. Chaque fois, l’itinéraire parcouru par le porte-rouleau est immense. Le rouleau de Vital a un grand intérêt spécialement au point de vue paléographique et pour sa décoration (lettres enclavées, dessins). Ces divers rouleaux témoignent de la puissance normande dans la seconde moitié du XIe et la première moitié du XIIe siècle.

Archiviste-paléographe, Jean Dufour est directeur d’études émérite (Ecole pratique des Hautes Etudes. Section des sciences historiques et philologiques).
Bibliographie
Recueil des rouleaux des morts (VIIIe siècle - vers 1536), publié sous la direction de Jean Favier, Paris, 4 vol., 2005-2008, cartes; vol. 5 sous presse (Recueil des Historiens de la France publié par les soins de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres. Obituaires, série in-4°: Tome VIII).
Les rouleaux des morts, Turnhout, 2009, 296 p., VIII + 109 planches (dont 6 planches couleurs), in-folio (Collection "Monumenta Paleographica Medii Aevi", dirigée par Élisabeth Lalou, Jean-Pierre Mahé et Marc Smith. Series Gallica, vol. 5).
"Le rouleau mortuaire de Boson, abbé de Suse (vers 1130)", dans Journal des savants, 1976, p. 237-254, 5 planches, carte.
"Les rouleaux et encycliques mortuaires de Catalogne (1108-1102)", dans Cahiers de civilisation médiévale, XXe année, 1977, p. 13-48, 4 cartes.
"Pio Abbone orbati sumus: l'annonce du décès d'Abbon, abbé de Fleury (1004)", dans L'écrit dans la société médiévale. Divers aspects de sa pratique du XIe au XVe siècle, Paris, 1991, p. 25-38.
"Les brefs mortuaires échangés entre Notre-Dame de Salles de Bourges et Molesme de 1260 à 1360", dans Mélanges Jean-Yves Ribault, Bourges, 1996, p. 117-121.
"Nouveaux fragments de rouleaux mortuaires intéressant la Lorraine", dans Retour aux sources. Textes, études et documents offerts à Michel Parisse, Paris, 2004, p. 85-97.


François FICHET DE CLAIRFONTAINE: L'abbaye de Savigny et la recherche archéologique sur les abbayes normandes
Depuis une vingtaine d'année, les abbayes bas-normandes font l'objet de recherches archéologiques visant les unes à estimer le potentiel patrimonial subsistant, les autres à reconnaître la genèse, la structuration et l'évolution de ces ensembles. Comme à Juaye-Mondaye, Ardenne à Saint-Germain-la-Blanche-Herbe, Saint-Pierre-sur-Dives (14), Le Vœu à Cherbourg-Octeville (50) ou Saint-Évroult-Notre-Dame-des-Bois (61), l'abbaye de Savigny-le-Vieux a fait l'objet de plusieurs opérations, ici plus limitées, visant à mieux identifier ce qu'il subsiste et restituer cette épaisseur historique et architecturale qu'attestent encore les quelques élévations et aménagements subsistants de ce qui fut l'un des grands ensembles architecturaux religieux normands du Moyen Age. L'occasion est ici donnée de faire le point des divers programmes engagés et de mesurer par leurs résultats le potentiel archéologique restant, tout comme ce que serait l'apport d'un programme d'études susceptible d'enrichir notre approche de l'histoire des ensembles monastiques.

Brigitte GALBRUN: De Dom Auvry à aujourd'hui, quel regard sur Savigny en France?
L’abbaye de Savigny et son fondateur sont au carrefour de trois régions, avec un pied dans deux pays, ce dont le développement de la congrégation bénéficiera. En effet, l’abbaye de Savigny essaime rapidement tant en France qu’en Angleterre. Une progression fulgurante qui nécessite une logistique que la maison mère n’est plus à même de fournir, une des raisons pour laquelle l’ordre Savignacien se donne tout entier à Cîteaux en 1147. Elle prend place au cinquième rang de l’ordre après La Ferté, Pontigny, Clairvaux et Morimond.
À Vital revient le mérite d’avoir fondé Savigny, à Geoffroy, son successeur (1122-1139), celui d’avoir créé l’ordre de Savigny, à Serlon, quatrième abbé (1140-1152), celui d’avoir réalisé la réunion à Cîteaux.
À partir d’une trame acceptée par tous, même si des points de divergence apparaissent, on le verra, les publications sur Savigny ne manquent pas.

Alexis GRÉLOIS: Savigny et l'ordre cistercien: vieux débats et nouvelles questions
Fort riche, l'historiographie consacrée à Savigny et à sa branche s'est focalisée pendant tout le XXe siècle sur la fondation de Vital de Mortain et surtout sur l'incorporation de l'abbaye et de ses filles à l'ordre cistercien, sa datation, ses causes et ses modalités (importance réelle des adaptations rendues nécessaires par l'incorporation, rôle original de Savigny et de ses abbés dans l'ordre aux XIIe et XIIIe siècles). La présente communication aura pour but de dresser un bilan de ces débats très marqués par la question des origines, mais aussi d'indiquer certaines pistes de recherches déjà présentes chez dom Auvry mais malheureusement négligées depuis: relations de Savigny avec les autres institutions religieuses fondées par les ermites de la forêt de Craon, fonctionnement et extension de la filiation après 1147, s'agissant notamment des moniales.

Claude GROUD-CORDRAY: Les premiers bienfaiteurs de l'abbaye de Savigny (1112-1147)
À l’occasion de la confirmation solennelle de la fondation de l’abbaye de Savigny par Henri Ier Beauclerc, la cour du duc-roi et l’aristocratie des confins de la Normandie, du Maine et de la Bretagne s’étaient réunies à Avranches. Quelques jours auparavant, les seigneurs du lieu avaient donné leur approbation à la donation de Raoul de Fougères en faveur de l’ermite Vital. C’est également à ces mêmes seigneurs laïcs que le pape Calixte II recommandait la protection du monastère en 1119. Dès ces débuts, l’abbaye, fondée dans un contexte général de renouveau monastique, au carrefour de trois provinces et de trois diocèses, bénéficie donc à la fois d’une protection royale constante, mais également de la générosité d’une large part de l’aristocratie, d’origine géographique et sociale diverse. L’étude des bienfaits accordés à l’abbaye de Savigny laisse entrevoir le lien particulier qui, au-delà du présent lui-même, unissait l’abbaye de Savigny et ses donateurs dans un esprit de conciliation et de préservation des intérêts communs. Elle met par ailleurs en lumière la nature du pouvoir laïc exercé par ces derniers et le rôle de l’abbaye aux frontières du duché de Normandie.

Publications
"Les premiers seigneurs de Saint-Hilaire", Revue de l’Avranchin, t. 88, 2011, p. 137-191 et 303-328.
"Les seigneurs de Saint-Hilaire, une famille de l’aristocratie normande au prisme des sources de l’abbaye de Savigny", Recueil d’études offert en hommage à Emmanuel Poulle. Revue de l’Avranchin, t. 87, 2010, p. 559-576.
"Le Val de Mortain. Morphologie et rôle d'un espace frontière, entre Normandie, Bretagne et Maine, Xe-XIIIe siècles", in Tinchebray 1106-2006. Actes du colloque de Tinchebray (28-30 septembre 2006), Véronique Gazeau et Judith Green dir., Flers, Le Pays Bas-Normand, 2009, p. 189-206.
"Mortain, chef-lieu d’un comté normand, de 933 à 1412", Revue de l’Avranchin, t. 77, 2000, p. 277-313 et t. 78, 2001, p. 1-17.


Damien JEANNE: Un noviciat heureux: Hamon de Savigny au service des lépreux
La Vita du bienheureux Hamon de Savigny écrite dans les années 1180, offre au lecteur un éclairage particulier du noviciat dans une abbaye normande. Entré au monastère de Savigny en 1121 comme novice, Hamon contracte, selon la rumeur publique, la lèpre. Tous ses efforts pour consacrer sa vie aux Écritures semblent réduits à néant, car son état physique l’empêche de devenir moine. C’est pourtant la lèpre qui lui permet de se convertir à la vie monastique.

Jean-René LADURÉE: Champagne (Rouez), modeste fille savignacienne ou fondation cistercienne tardive (1188)?
La fondation de l'abbaye de Champagne dans le Haut-Maine vers 1188 et ses premiers temps sont symptomatiques de l'évolution que connaît l'ordre savignacien dans la seconde moitié du XIIe siècle. Elle est ainsi la première et la seule abbaye savignacio-cistercienne du Maine, indiquant par là-même des modalités particulières de fondation. Sa modestie est notamment à relever et son statut, oscillant entre abbaye, grange, voire prieuré, semble intéressant à relever et à mettre en lien avec l'intégration à l'ordre cistercien, ainsi qu’avec le statut propre du seigneur fondateur, Foulques Riboul. Paradoxalement, à l'échelle de l'abbaye, le corpus documentaire est riche. Bon nombre de chartes se retrouvent aux Archives départementales de la Sarthe et la copie du cartulaire réalisée sur la demande du célèbre Gaignières et non éditée à ce jour diverge de quelques chartes seulement.

Doctorant en histoire médiévale depuis 2008 sous la direction de Daniel Pichot, UMR 6258 (CERHIO) "Centre de Recherches Historiques de l'Ouest", Université Rennes 2, sur le sujet: "Les abbayes cisterciennes et le Bas-Maine entre coopération et conflits féodaux du XIIe au XVIe siècle: l’exemple de Savigny et des abbayes claravalliennes".

Bertrand MARCEAU: La réforme de Savigny au XVIIe siècle
Réputées en décadence à l'époque moderne, les abbayes cisterciennes connaissent en réalité de nombreux essais de réforme. Savigny est ainsi réformée par les supérieurs de l'ordre de Cîteaux au début du XVIIe siècle, notamment par Denis Largentier, abbé de Clairvaux, qui rend une ordonnance en février 1615 pour l'augmentation du nombre de religieux de l'abbaye normande. En effet, Savigny appartient depuis son intégration dans l'ordre à la filiation claravallienne et suit donc partiellement les efforts des moines abstinents de l'étroite observance cistercienne. Mais cette réforme monastique provoque rapidement des tensions et Savigny se trouve au cœur du conflit qui déchire l'ordre en deux observances. À partir des années 1660, le problème se double des interventions épiscopales et la réforme suscite des oppositions farouches à l'intérieur de la communauté. L'étroite observance étant établie définitivement en octobre 1676, quel sens attribuer à une réforme aussi douloureuse?

Bertrand Marceau, doctorant en histoire moderne à l'Université Paris-Sorbonne (Paris IV), sous la direction d'Alain Tallon (sujet: "L'abbé de Cîteaux et la direction de l'ordre cistercien au XVIIe siècle"); ancien allocataire moniteur puis ATER à l'Université Paris-Sorbonne; professeur en disponibilité de l'Éducation nationale. Les principaux thèmes de recherche sont les suivants: histoire des ordres monastiques; histoire du catholicisme moderne; sociologie des organisations (direction et réforme des organisations; circulation de l'information).
Bibliographie
"Generalabt Nicolas Boucherat und die Klausur (1604-1625). Überlegungen zur Bedeutung der Klausur bei der Klosterreform", Analecta Cisterciensia, t. 61, 2011, p. 61-78.
"Anciens moines contre nouveaux abstinents: l'abbaye de Clairvaux en 1624", in A. Roullet, O. Spina et N. Szczech (éd.), Trouver sa place. Individus et communautés dans l'Europe moderne, Madrid, Éditions de la Casa de Velázquez, "Collection de la Casa de Velázquez - 124", 2011, p. 87-100.
"Le pape, le roi et l'abbé. Défendre à Rome l'autonomie de l'ordre ecclésiastique au début du règne de Henri III (1574-1575)", Mélanges de l'École française de Rome. Italie et Méditerranée, t. 123, n°1, 2011, p. 189-213.
"Le conseiller et le moine. Restaurer l'abbaye de La Ferté-sur-Grosne au début du XVIIe siècle", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Chalon-sur-Saône, t. LXXVIII, 2010, p. 61-76.
"Visite de Port-Royal en 1604", Chroniques de Port-Royal. Port-Royal dans la Réforme catholique (1602-1627), t. 60, 2010, p. 189-200.


Christophe MAUDUIT: Les comtes de Mortain et l'abbaye de Savigny
L’abbaye de Savigny entretient une relation privilégiée avec les comtes de Mortain, ce  qui s’explique par le fait que son fondateur Vital avait été le chapelain du comte Robert de Mortain. Le comte Étienne fonde la première maison de l’ordre de Savigny en Angleterre (Furness). Les raisons du développement rapide de "l’ordre savignacien" - dans les années 1115-1130, tant en Normandie, avec la fondation de Beaubec (1127), que dans le domaine royal, avec la fondation des Vaux-de-Cernay (1118), et en Angleterre, avec la fondation de Quarr (1132) - doivent être recherchées, outre peut-être à travers la réputation de Vital, dans cette relation particulière, dont la communication s’efforcera d’apprécier les développements et les fluctuations.

Daniel PICHOT: L'abbaye de Savigny et l'aristocratie (XIIe-XIIIe siècles)
L’abbaye de Savigny a toujours entretenu de fortes relations avec l’aristocratie et doit à ces liens étroits une bonne part de sa fortune. On doit s’interroger sur ce succès. Les fondations, les donations s’adressaient jusque-là aux grandes abbayes bénédictines dont Marmoutier était le meilleur représentant. Une rupture de "l’amitié" évoquée dans un article de F. Mazel dans la Revue historique pour Saint-Victor de Marseille, peut ouvrir une piste de réflexion sans être exclusive.
- Une fondation assistée par l’aristocratie: Vital l’ermite évolue dans le milieu aristocratique et au plus haut niveau. Après le patronage du comte de Mortain, il obtient celui du seigneur de Fougères. La fondation de l’abbaye voit un grand rassemblement des puissants de la région autour du roi lui-même. La prédication et l’action du réformateur ne les éloignent pas et son discours visiblement rencontre la sympathie des aristocrates.
- Les donateurs (XIIe-XIIIe siècles): L’étude des donateurs met en lumière la présence des grands lignages de toute la région. Sans égards pour les limites territoriales, Savigny joue d’ailleurs de sa position aux confins. Les Fougères, les Mayenne mais aussi les Vitré plus éloignés, sans parler des ducs de Bretagne font des dons, mais provoquent aussi visiblement ceux de leurs clientèles de vassaux. Une certaine concurrence se fait, mais tardivement, au profit de certaines maisons cisterciennes patronnées par de grandes familles. L’abbaye sait jouer de sa position et n’hésite pas à solliciter. Bien plus, dans ces régions où l’autorité est confuse, elle n’hésite pas à demander de grandes chartes confirmatives aux réels détenteurs de l’autorité. L’abbaye maîtrise parfaitement ses relations avec les réseaux aristocratiques.
- Les atouts de Savigny: Ce que Savigny offre concrètement n’est pas obligatoirement très différent de ce qu’offraient les abbayes anciennes: l’association de prières, les obits, les sépultures, mais aussi l’habit. Nombre d’aristocrates y entrent, renforçant des liens étroits avec les lignages. Il faut compter sur le prestige du saint fondateur, sur la spiritualité nouvelle proposée par les moines et sans doute aussi sur leur attitude neuve envers la réforme et les donateurs mais dans quelle mesure? Malgré les apparences, l’abbaye de Savigny met en place un nouveau modèle de relations avec l’aristocratie.

Bibliographie
"Les cartulaires manceaux de Savigny: essai d'étude économique et sociale", tiré à part de la Revue de l'Avranchin et du Pays de Granville, 1976, 157 p.
"La grange du Fayel et la mise en valeur du pays de Vitré au XIIe siècle", dans Bulletin et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, 1976, p.21-30.
"XIe-XIIe siècles: Le temps des réformes", dans Histoire religieuse du Maine, Dom Oury, dir., Chambray, 1978, p.59-82.
"Le Bas-Maine du Xe au XIIIe siècle: étude d'une société", supplt. n°7 de La Mayenne, archéologie, histoire, Laval, 1995, 455p. (édition intégrale de la thèse de Doctorat).
"Histoire du diocèse du Mans du Xe au XIVe siècle", dans La Mayenne, archéologie, histoire, n°21, 1998, p.53-92.
Le village éclaté, habitat et société dans les campagnes de l'Ouest au Moyen Age, Rennes, 2002, 395 p.
"Savigny: une abbaye entre Normandie, Bretagne et Maine", dans Quaghebeur J., Merdrignac B., Bretons et Normands au Moyen Age, Rivalités, malentendus, convergences (Colloque de Cerisy), PUR, avril 2008, p. 241-257.
Pichot D., "Bretagne/Maine: de la marche à la frontière entre Vitré et Laval (VIe-XVe siècle)", dans Catala M., Le Page D., Meuret J.-C. (dir.), Frontières oubliées Frontières retrouvées. Marches et limites anciennes en France et en Europe, Enquêtes et Documents, Rennes 2011, p.87-100. Colloque Chateaubriant, 2010.


Aurélie REINBOLD: La structuration du paysage autour des granges de Savigny: étude de cas en Haute-Bretagne
L’abbaye de Savigny a installé cinq granges dans l’actuel département d’Ille-et-Vilaine (Champ-Fleury, Fayel, le Ferré, Louvigné et Vaux, auxquelles s’ajoutent les possessions de Marches). Si les granges s’insèrent dans un paysage partiellement occupé, leur mode d’installation et leur évolution divergent. Parmi un ensemble de documents, les chartes de fondation de trois d’entre elles sont idéales pour étudier le paysage et son organisation au moment de l’installation des granges au XIIe siècle. En confrontant systématiquement les données historiques, archéogéographiques et archéobotaniques, nous définirons dans quel environnement végétal, territorial et juridique, ces granges s’installent et comment elles s’y intègrent. Nous essaierons ensuite de percevoir les transformations qu’elles ont engendrées (changements de pratiques agricoles, création de moulins et des coutumes qui leur sont attachées, orientation du parcellaire en fonction de l’activité des granges).

Doctorante, CERHIO UMR 6258 (Centre de Recherches Historiques de l’Ouest), CReAAH UMR 6566 (Centre de Recherches en Archéologie, Archéosciences, Histoire).

David M. ROBINSON: The Savignac Abbaye of England and Wales: Architecture & Archeology
The Savigniacs were introduced to England in 1124-1127, settling at Furness in Lancashire. This was only the second daughter house of the entire congregation, but it was a royal foundation, and it drew the attention of the Anglo-Norman elite to Savigny’s new brand of monasticism. By 1147, when merger with the Cistercians took place, there were already 14 Savigniac abbeys spread across England and Wales, with two more in Ireland. In due course, there were almost 30 British and Irish houses in the congregation.
Hitherto, architectural studies of the buildings have not sought to emphasize the specific Savigniac family links. Indeed, it is a difficult task, especially as so little English and Welsh Savigniac architecture survives from before the 1147 merger. But there are several important traces, notably at Furness. And much more survives from late 12th and early 13th centuries, at both the pre- and post-1147 sites. This paper will review what is known of the architectural and archaeological evidence, assessing to what extent, if any, Savigniac building differed from that of those houses in the principal Cistercian families.

Jean-Baptiste VINCENT: Interactions entre paysage et architecture dans les abbayes cisterciennes normandes, exemples d'abbayes savigniennes (XII-XIV siècle)
La Normandie est pourvue de vingt quatre abbayes cisterciennes dont neuf sont d’origine savignienne, suite à leur rattachement à l’ordre en 1147. Elles sont un facteur marquant dans le paysage, façonné pour l’implantation des édifices monastiques mais aussi pour tirer parti de toutes les ressources naturelles utiles à leur économie. Dans ce cadre, une méthodologie globalisante (topographie, hydrologie, hydraulique, architecture, étude des sources, etc.) permet de déterminer le niveau d’anthropisation nécessaire à la construction des édifices, essentiels à la vie religieuse. De ce fait, les bâtiments monastiques doivent être pensés comme un ensemble cohérent dans un vaste programme de construction sur un territoire donné, où l’aménagement du paysage est primordial afin d’allier toutes les contraintes, les bâtiments, la symbolique et les ressources naturelles. Ainsi, depuis trois ans, des relevés topographiques et des études de bâti ont été menés sur seize abbayes qui possèdent encore des aménagements significatifs contribuant entre-autres à la connaissance de l’architecture cistercienne normande dont Savigny se réclame.

Doctorant allocataire moniteur, Université de Rouen, laboratoire du GRHis (Groupe de Recherche d’histoire de l’Université de Rouen), Membre associé du CRAHAM (Centre de Recherche Archéologie et d’histoire Antique et Médiévale UMR 6273).
Bibliographie
"L’abbaye de Mortemer, implantation et architecture", Abbayes cisterciennes, Dossiers d’Archéologie, n°340/ Juillet-Août 2010, p. 26-31.
"Les cisterciens en Normandie", Les Normands, de la Normandie au royaume de Sicile, Histoire antique et médiévale, HS n°28, Août 2011, p. 48-50.
"Normandie (Calvados et Eure). Études topographiques et architecturales d'abbayes cisterciennes normandes", Archéologie médiévale, t. 41, 2011, p. 253-257. Plus en détail, Barbery, p. 253-254; La Hoguette, p. 254; Saint Ouen le Pin, p. 254; Villers Canivet, p. 254-256; Radepont, p. 256; Lisors, p. 256-257 ; Bonneville sur Iton, p. 256.
(A paraître) "Une approche archéologique globale des abbayes cisterciennes normandes: l’exemple de l’abbaye de Fontaine-Guérard", Journée archéologique de Haute-Normandie 2011, Publications des Universités de Rouen et du Havre, Rouen, 2012.


Avec le soutien
du Conseil général de la Manche
et de l’Université de Caen Basse-Normandie
(Office Universitaires d’Etudes Normandes et Centre Michel de Boüard (UMR CNRS / UCBN 6273))