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CENTRE CULTUREL INTERNATIONAL DE CERISY

Programme 2013 : un des colloques







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APPOSER SA MARQUE : LE SCEAU ET SON USAGE

(AUTOUR DE L'ESPACE ANGLO-NORMAND)


DU MARDI 4 JUIN (19 H) AU SAMEDI 8 JUIN (18 H) 2013

DIRECTION : Clément BLANC-RIEHL, Jean-Luc CHASSEL, Christophe MANEUVRIER

Organisé par le Centre Michel de Boüard (CRAHAM), l’Office universitaire d’études normandes (OUEN) de l'Université de Caen Basse-Normandie et le service des Sceaux des Archives nationales.

ARGUMENT :

Le sceau, porteur d’une image personnelle, voire intime, rendue publique par la pratique, constitue un objet d’étude à la croisée des sciences humaines et sociales (histoire, histoire de l’art, archéologie, histoire du droit, sociologie, anthropologie). Des travaux récents menés à la fois sur les empreintes de cire et les matrices de sceaux, mais aussi sur les productions diplomatiques, soulèvent de nouvelles questions sur les usages du sceau, spécialement dans l’administration de la preuve, et leur diffusion jusque dans des milieux parfois très modestes. Qui dispose ou peut disposer d’un sceau? Pour quels usages? Où et par qui sont fabriquées les matrices, comment sont-elles conservées ou cancellées?

L’espace normand et anglo-normand, au sein duquel les pratiques sigillographiques furent aussi originales que diversifiées durant l’époque médiévale, sera privilégié, mais on souhaite ouvrir la réflexion à d’autres espaces, européens et méditerranéens, et à d’autres périodes, notamment à l’Antiquité hellénistique et romaine.

Le colloque sera également l’occasion de réfléchir au devenir des collections anciennes (matrices, empreintes, moulages), de faire le point sur l’état de la documentation disponible, sur les inventaires en cours et sur les projets de numérisation et de restauration entrepris récemment, en France et à l’étranger. La multiplication des opérations archéologiques durant ces dernières décennies et l’essor de la détection en Europe de l’Ouest ont également renouvelé l’approche traditionnelle du sceau, tant en ce qui concerne certains types d’empreintes (sur argile ou sur métal) que les matrices.

CALENDRIER DÉFINITIF :

Mardi 4 juin
Après-midi:
ACCUEIL DES PARTICIPANTS

Soirée:
Présentation du Centre, des colloques et des participants


Mercredi 5 juin
Matin:
Introduction: les usages anciens du sceau
Jean-Claude CHEYNET: L'usage des sceaux à Byzance d'après les sceaux des Francs au service de l'Empire

Après-midi:
Le renouvellement des études
Laurent MACÉ: Bullam meam plumbeam impono, le scellement de plomb dans le Midi de la France (XIIe-XIIIe siècles)
Inès VILLELA-PETIT: Images de la cour de Charles VI à travers une collection de sceaux détachés au Cabinet des médailles
Alfons PUIGARNAU: The seals that mark the present time
Maria DO ROSÁRIO BARBOSA MORUJÃO: Sceau et pouvoir: l’usage du sceau par les rois du Portugal au Moyen Age


Jeudi 6 juin
La spécificité des pratiques normandes
Matin:
Clément BLANC-RIEHL: Les sceaux de la Normandie
Christophe MANEUVRIER: L’usage des sceaux dans les campagnes de la Normandie médiévale (XIIe-XIVe siècle)
Caroline SIMONET: Vexin normand et Vexin français: une frontière politique peut-elle tracer une frontière sigillographique?

Après-midi:
Séance accueillie par Bernard BECK à l'Abbaye d'Hambye (avec visites)
Isabelle BRETTHAUER: Apposer la marque de l’autorité: les sceaux de juridiction normands, XIIIe-XVe siècles
Árpád M. NAGY: Le contre-sceau de Rotrou. Les gemmes magiques antiques au Moyen Age
Philippe JACQUET: Comment fabrique-t-on un sceau dans la chancellerie archiépiscopale de Rouen au XIIIe siècle? Les apports récents de la tomographie

Soirée:
Françoise JANIN: Une pratique dénuée de sens? Sceller un traité en France au XXIe siècle


Vendredi 7 juin
Les ecclésiastiques normands et leurs sceaux
Matin:
Agnès PRÉVOST & Marie-Adélaïde NIELEN: La découverte de poils ou cheveux humains dans les sceaux mérovingiens et carolingiens (communication préparée avec Philippe Charlier)
Grégory COMBALBERT: Dire le sceau et l’acte de sceller dans les actes normands (XIIe-début du XIIIe siècle)
Michaël BLOCHE: Les sceaux des abbés et du convent de Fécamp jusqu’au début du XIVe siècle

Après-midi:
Ghislain BRUNEL: Une mode, des techniques: les actes scellés sur lacs de cuir mégissé en France
Christophe MAUDUIT: Sceaux et pratiques sigillaires d’abbés normands (XIIe-XIIIe siècle)
Markus SPÄTH: Différenciation et rattachement. L’élaboration des sceaux des monastères normands et de leurs prieurés anglais au XIIe et XIIIe siècles
Richard ALLEN: Les sceaux du chartrier de l'abbaye de Savigny de 1112 à 1300
Maria DO ROSÁRIO BARBOSA MORUJÃO: Présentation du projet "Créer un corpus de sceaux portugais"


Samedi 8 juin
Matin:
L’élaboration des corpus
Dominique DELGRANGE: Les collections de matrices comme source de l’histoire du sceau
Chantal SENSÉBY: Transcrire sans dessiner les sceaux. Quel sens donner à cette démarche? (France de l’Ouest, XIe-XIIIe siècles) [conférence en ligne sur la Forge Numérique de la MRSH de Caen]
Arnaud BAUDIN: L’inventaire numérique des sceaux de Champagne-Ardenne

Après-midi:
Le sceau prolongement de soi-même?
Ambre VILAIN-DE BRUYNE: Le devenir post-mortem des sceaux médiévaux: le cas des matrices brisées normandes

DÉPARTS

RÉSUMÉS :

Richard ALLEN: Les sceaux du chartrier de l'abbaye de Savigny de 1112 à 1300
La présente communication se propose de faire connaître les sceaux appendus aux chartes provenant de l'abbaye de Savigny, seul chef d'ordre monastique fondé en Normandie qui rejoignit en 1147 l'ordre cistercien. Même mutilé, le chartrier, qui se compose d'environ 1700 chartes, pour l'essentiel des XIIe et XIIIe siècles, est particulièrement riche en documents scellés. Il contient plus de 300 sceaux pour la période allant jusqu'en 1300 de types extrêmement variés (les actes privés y sont spécialement nombreux), dont beaucoup sont inédits, tandis que d'autres présentent des différences par rapport aux exemplaires connus; d'autres, enfin, s'ils n'apportent rien d'original, méritent toutefois d'être scrutés plus attentivement qu'ils ne l'ont été jusqu'à présent, car les spécimens identiques n'existent qu'en très petit nombre. Prétendre, à partir des seules empreintes conservées dans le chartrier savinien, étudier l'apparition et la diffusion du sceau dans la société médiévale chevauchant la frontière sud-ouest du duché normand serait bien sûr imprudent, mais l'analyse du corpus nous offre néanmoins la possibilité d'éclairer l'histoire d'un dossier diplomatique encore quelque peu méconnu, ainsi que celle d'une région qui très souvent fait elle-même un peu figure d'oubliée dans les recherches historiques.

Arnaud BAUDIN: L’inventaire numérique des sceaux de Champagne-Ardenne
L’Inventaire des sceaux de Champagne, établi entre 1912 et 1939 par Auguste Coulon à partir des fonds d’archives de Champagne-Ardenne, demeure à ce jour inédit. Dans son état actuel, cet Inventaire consiste en 2997 moulages conservés aux Archives nationales. C’est la raison pour laquelle les Archives départementales de l’Aube ont engagé, depuis 2010, le recensement de leurs chartes scellées et empreintes de sceaux (environ 1500 pièces). L’inventaire prend en compte les empreintes de toute nature, sans limite chronologique, dans l’ensemble des fonds d’archives. Il applique les normes descriptives internationales en vigueur, intègre les problématiques de conservation préventive, de numérisation, d’encodage des instruments de recherche et de mise en ligne des données, confrontant ainsi archivistes, universitaires et informaticiens. La communication présentera la méthode suivie pour cet inventaire à partir des fonds déjà inventoriés. Elle s’attachera à préciser les partenariats développés afin d’aboutir, à terme, à une édition numérique commune à la Champagne-Ardenne.

Arnaud Baudin est docteur en histoire médiévale de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, membre associé du Laboratoire de Médiévistique Occidentale de Paris (LAMOP) et directeur-adjoint des Archives et du Patrimoine de l’Aube. Ses recherches portent sur le comté de Champagne au Moyen Age et l’emblématique aristocratique et religieuse. Il travaille actuellement à l’inventaire des sceaux et chartes scellées conservées aux Archives départementales de l’Aube et à l’édition du cartulaire de l’abbaye cistercienne de Larrivour.
Publications
Emblématique et pouvoir en Champagne. Les sceaux des comtes de Champagne et de leur entourage (XIe-XIVe siècles), Langres, Éd. Dominique Guéniot, 2012.
Templiers. De Jérusalem aux commanderies de Champagne, Paris, Somogy-Éditions d’Art, 2012 (co-direction avec G. BRUNEL et N. DOHRMANN).
"Les sceaux de l’ordre du Temple", dans Templiers. De Jérusalem aux commanderies de Champagne, Paris, Somogy-Éditions d’Art, 2012, p. 162-166.
"Sigilli nostri impressione signavimus, images et identités sigillaires des évêques de Châlons du XIe au XVIIIe siècle", dans Bulletin des Amis de la cathédrale de Châlons-en-Champagne, n°2, septembre 2010, p. 21-28.
"Vitry-en-Perthois au Moyen Age ou la mutation inachevée d'un bourg castral champenois", dans Mémoires de la Société des Sciences et Arts de Vitry-le-François, t. 41, 2005, p. 5-56.
"De la Champagne à la Morée: l'héraldique de la maison de Villehardouin", dans 1204, la quatrième croisade: de Blois à Constantinople et éclats d'empires (catalogue des expositions du Musée-Château de Blois et du Musée du cabinet des Médailles de la BnF, octobre 2005- janvier 2006), I. VILLELA-PETIT (dir.), Revue française d'héraldique et de sigillographie, t. 73-75, 2005, p. 97-112.
Toutes les publications sur le site du LAMOP: http://lamop.univ-paris1.fr/spip.php?rubrique6.


Clément BLANC-RIEHL: Les sceaux de la Normandie
En matière de sigillographie, comme dans bien d'autres domaines de l'érudition, la Normandie fait figure de pionnier. Alors que les Archives nationales ne commencent à s'intéresser vraiment à la question que dans les années 1840-1850, vingt ans plus tôt, à travers la publication du recueil des sceaux normands de Lechaudé d'Anisy, le corpus sigillaire est pris en compte dans le cadre du développement des études régionales. En 1861, Germain Demay est mandaté par l'administration centrale pour inventorier et mouler les sceaux conservés dans les départements afin de constituer à Paris une collection de tous les sceaux conservés en France. Cette opération d'envergure marque à sa manière la victoire de la centralisation jacobine. Cette communication se propose d'étudier, à travers notamment la comparaison de deux méthodes d'enquêtes et d'analyse documentaire, la manière dont le corpus sigillaire est convoqué, voire exploité, à des fins politiques dans le cadre du tropisme Paris-Province. Elle est aussi l'occasion de revenir sur quelques figures de l'érudition franco-normande du XIXe siècle.

Michaël BLOCHE: Les sceaux des abbés et du convent de Fécamp jusqu’au début du XIVe siècle
Les sceaux des abbés et du convent de la Trinité de Fécamp n’ont jamais fait l’objet d’une étude approfondie sur le long terme. La présente analyse va donc du XIIe siècle au début du XIVe siècle, d’une part en raison d’un corpus d’actes d’abbé originaux et donc d’empreintes de sceaux trop restreint pour la période XIe-XIIe siècles, d’autre part parce que, passé le début du XIVe siècle, c’est une nouvelle ère qui commence pour la sigillographie à Fécamp, avec notamment l’avènement des types armoriés. Un corpus a été constitué à cette fin, à partir de documents des Archives nationales, de la Bibliothèque nationale de France, et des Archives départementales de la Seine-Maritime. Il comprend douze empreintes originales, quelques dessins, et des moulages de la fin du XIXe siècle. Certes il ne comporte aucune matrice, il existe des lacunes pour quelques abbatiats, et certains sceaux ont disparu au cours du XXe siècle, mais il est malgré tout suffisant pour introduire aux sceaux fécampois singuliers à plus d’un titre (contre-sceaux notamment) et encore assez méconnus malgré le prestige de l’abbaye.

Publications
"Les sceaux des abbés et du couvent de la Trinité de Fécamp, XIIe - début du XIVe siècle", dans Tabularia, à paraître.
"Le chartrier de l'abbaye de la Trinité de Fécamp (929-1190): une source importante pour l'histoire anglo-normande",  Études normandes, 2012 (2), à paraître.
"Le chartrier de l'abbaye de la Trinité de Fécamp (928/929-1190), étude et édition critique", dans Positions des thèses soutenues par les élèves pour obtenir le diplôme d’archiviste paléographe, Paris: École nationale des chartes, 2012, p. 33-40.
"Note de lecture: Records, administration and aristocratic society in the Anglo-Norman realm. Papers commemorating the 800th anniversary of King John's loss of Normandy, éd. Nicholas Vincent", dans Bibliothèque de l’École des chartes, t. 168, fasc. 2, 2011, p. 598-600.


Isabelle BRETTHAUER: Apposer la marque de l’autorité: les sceaux de juridiction normands (XIIIe-XVe siècles)
Les sceaux de juridiction sont une des composantes des actes notariés dont la production a connu un essor important à partir de la fin du XIIIe siècle: les sceaux de juridiction sont la marque du pouvoir royal ou princier, au nom duquel les actes sont écrits. L’étude de ces sceaux se développera en plusieurs points: le premier portera sur une étude iconographique et diplomatique afin d’analyser les évolutions générales et la tendance à une certaine uniformisation tant des motifs que des types de scellement. Une fois ces aspects matériels posés, il conviendra de s’interroger sur les coûts de production ou de restauration des sceaux, à travers des mentions comptables. Enfin, le dernier développement mettra en lumière les différents usages qui sont faits du sceau hors celui d’authentification des actes (notamment l’apposition sur des documents de nature privée) et donc la diffusion large auprès de la population.

Publications
"Le rôle du tabellion dans l’élaboration des contrats, l’exemple d’un bail de métairie en Normandie (1371)", Histoire et Sociétés Rurales, n°30, 2e semestre 2008, p.91-103.
(avec Caroline Bourlet et la collaboration de Monique Zerdoun), "L’utilisation du papier comme support de l’écrit de gestion par les établissements ecclésiastiques parisiens au XIVe siècle. Résultats d’enquête", C. Bourlet et M. Zerdoun, éd., Les matériaux du livre médiéval, [actes du colloque du GDR "Matériaux du livre médiéval", Paris, novembre 2007], Turnhout, éd. Brepols, 2010, p.165-202.
"Actes et registres du tabellionage ancien d’Alençon, 1352-1404", Mathieu Arnoux et Olivier Guyotjeannin, (éd.), Tabellions et tabellionages de la France médiévale et moderne, [actes des colloques de septembre 2005 et septembre 2007], Paris, éd. de l’Ecole des Chartes, 2011, p.253-277 ("Mémoires et documents de l’Ecole des Chartes", 90).
"Étude de deux chartriers de laïcs en Basse-Normandie au Moyen Age", De l’usage de l’acte notarié à la fin du Moyen Age, [actes de la table-ronde "Du tribunal au coffre, les usages variés de l’acte notarié à la fin du Moyen Age", organisée par Kouky Fianu, à l’Université d’Orléans, 21 mai 2010], Cahiers de Recherches Médiévales et Humanistes, n°22, 2011, p.431-440.
A paraître
"Y a-t-il un marché de l’acte écrit en Normandie à la fin du Moyen Age?", Quaderni di Ricerca, accepté par le comité de lecture.
(co-éd., avec Mathieu Arnoux), Inventaire des registres de notaires normands antérieurs au XVIe siècle, Cahiers Léopold Delisle, à paraître en 2013.


Ghislain BRUNEL: Une mode, des techniques: les actes scellés sur lacs de cuir mégissé en France
Souvent citée dans les descriptions de chartes ("scellée sur lacs de cuir"), jamais analysée précisément du point de vue matériel, la pratique du scellement des actes avec des lacs ou courroies de cuir noués à travers le repli du parchemin reste un domaine mal connu de la sigillographie. Les Archives nationales (Paris) ont lancé depuis l’automne 2011 une vaste enquête pour recenser, décrire et protéger ces objets précieux et fragiles, conservés principalement dans les archives ecclésiastiques; bien que le repérage soit loin d’être achevé, le corpus actuel dépasse déjà le nombre de 300 items. En plus d’établir la chronologie longue de cet usage - un évêque de Paris scelle encore de cette manière en 1229 et un laïc en 1238 ! -, sa géographie et sa sociologie, on s’attachera à en caractériser la technique car la longueur, l’épaisseur et le nouage de ces attaches sont loin d’être uniformes. Pourquoi maintient-on cet usage ancien au seuil du XIIIe siècle? Quels rapprochements peut-on faire entre son déclin et le développement du scellement sur double queue de parchemin? En fonction de quels critères les sigillants changent les matériaux des attaches de leurs sceaux? L’étude des lacs de cuir permet de rejoindre les préoccupations plus générales de la sigillographie sur l’art de sceller.

Ghislain Brunel est archiviste-paléographe, docteur en histoire médiévale de l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, conservateur en chef du patrimoine, responsable aux Archives nationales (Paris, département du Moyen Age et de l’Ancien Régime) du fonds du Trésor des chartes royal et des archives des établissements ecclésiastiques. Ses recherches portent sur l’histoire de la seigneurie et de la paysannerie dans le nord de la France, ainsi que sur les pratiques de l’écrit au Moyen Age.
Publications
"Chartes et chancelleries épiscopales du nord de la France au XIe siècle", dans À propos des actes d'évêques (études réunies par Michel Parisse en hommage à Lucie Fossier), Nancy, Presses universitaires de Nancy, 1991, p. 227-244.
"Sceaux, art et société au Moyen Age", Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France, 1995, p. 266-272.
Images du pouvoir royal. Les chartes décorées des Archives nationales, XIIIe-XVe siècle, Paris, Archives nationales - Somogy éditions d’art, 2005.
"Du tabellion de l’évêque au tabellion du roi: le cas de la Picardie méridionale aux XIIIe et XIVe siècles", dans Tabellions et tabellionages de la France médiévale et moderne. Etudes réunies par Mathieu Arnoux et Olivier Guyotjeannin, Paris, Ecole nationale des chartes, 2011, p. 85-98.


Jean-Claude CHEYNET: L'usage des sceaux à Byzance d'après les sceaux des Francs au service de l'Empire
Les sceaux de plombs servaient à Byzance à authentifier les documents qu’ils scellaient ou à garder secrète une correspondance ou encore à assurer des garanties pour divers objets, tissus précieux ou reliques par exemple. Les bulles ont été utilisées par les Occidentaux dans trois cas de figures: les mercenaires embauchés par l’Empire, les croisés de la première croisade lorsqu’ils s’établissent sur des territoires jadis byzantins, enfin les Francs qui s’étaient emparés des provinces italiennes. Il se trouve qu’il s’agit presqu’exclusivement de Normands, dont la plupart sont passés par le sud d’Italie.

Grégory COMBALBERT: Dire le sceau et l’acte de sceller dans les actes normands (XIIe-début du XIIIe siècle)
La communication apportera un éclairage non sur le sceau lui-même en tant qu’objet matériel, mais sur la manière dont les auteurs d’actes en parlent, l’annoncent (ou non) et, à travers ces annonces, sur l’importance qu’ils lui accordent et la manière dont ils justifient ou explicitent son utilisation. Après quelques observations sur la fréquence des annonces de sceaux dans la documentation étudiée, selon le moment et les types d’actes, je proposerai d’abord une recension et une analyse du vocabulaire employé pour désigner le sceau, principalement dans les formules de validation des chartes. Sera en particulier quantifié et étudié l’emploi des termes qui, au-delà de sigillum, peuvent faire référence, soit à l’objet matériel, soit au moyen juridique de validation que constitue le sceau. Dans cette perspective, les substantifs dont sigillum est le complément présentent un intérêt particulier. La désignation de l’acte de sceller sera également analysée, en particulier à travers les verbes évoquant l’utilisation du sceau ou le scellement, comme les verbes renvoyant explicitement à l’apposition matérielle du sceau au bas de la charte. Une attention particulière sera portée à la place relative qu’occupent, dans ces formules, les différents moyens de validation mentionnés les uns par rapports aux autres, en particulier le document écrit (considéré comme objet?) et le sceau, souvent évoqués ensemble dans la deuxième moitié du XIIe siècle. Les mentions de l’autorité ou de la nécessité du sceau seront également recensées et étudiées. L’ensemble de ces thématiques sera approché en portant une attention soutenue aux évolutions observables au fil du temps, et en prenant soin de les mettre en rapport avec l’évolution plus générale des pratiques documentaires entre la première moitié du XIIe et la première moitié du XIIIe siècle. La documentation utilisée sera constituée de chartes normandes des XIIe et XIIIe siècles (jusqu’en 1220/1230), en particulier les actes d’évêques. Entre autres, la base de données SCRIPTA (Site caennais de recherche informatique et de publication des textes anciens) sera sollicitée, tout comme l’édition - actuellement en cours de préparation - des actes des évêques d’Evreux en TEI. Des éclairages comparatifs provenant de l’examen d’actes anglais (essentiellement d’actes épiscopaux) pourraient venir compléter l’étude.

Dominique DELGRANGE: Les collections de matrices comme source de l’histoire du sceau
L’étude des matrices de sceaux, outils servant à imprimer une marque sur de la cire, plus tard sur du papier, a porté principalement sur les objets les plus remarquables, d’un point de vue artistique ou historique, donc sur des cas isolés. Les matrices conservées dans des collections ont jusqu’ici souvent posé plus de problèmes qu'apporté de solutions aux chercheurs. Plusieurs difficultés peuvent expliquer la confidentialité des inventaires et études: la lecture malaisée, la petite dimension et l’état de conservation de certaines pièces, le passage d'une pièce d'une collection à une autre, la présence de nombreux faux, pastiches et copies, et surtout le fait qu'il s'agit d'objets "orphelins", retirés de leur contexte. Les collections de matrices de sceaux méritent d’être encore mieux considérées "comme source de l’histoire du sceau". Au-delà de l’intérêt archéologique, lorsque les lieux et conditions de trouvailles ou le passage d'une collection à une autre ont été documentés, ils apportent un éclairage sur les aspects techniques des pratiques sigillaires et aussi sur la question de l’érudition historique.

Maria DO ROSÁRIO BARBOSA MORUJÃO: Sceau et pouvoir: l’usage du sceau par les rois du Portugal au Moyen Age
Cette communication se propose d’étudier l’usage du sceau par les rois du Portugal du XIIe au XIVe siècle, et de répondre à quelques questions essentielles: pourquoi la spécificité de la royauté portugaise, qui utilise dès le début un sceau héraldique, biface, par rapport à la forme d’écu normand? Sur quels documents était-il apposé aux temps de sa création et diffusion? Quand le sceau en plomb est apparu, dans les premières décennies du XIIIe siècle, quelles étaient les règles de son emploi? En quelles circonstances et pour quel genre de documents la matrice équestre, introduite par Alphonse III, élevé à la cour royale française, était-elle utilisée? Répondre  à ces questions permettra de mieux connaître les usages du sceau royal au Moyen Age au Portugal, de les situer par rapport aux pratiques d’autres royaumes et de comprendre la signification et la valeur qu’on accordait alors à l’apposition sigillaire.

Professeur auxiliaire à la Faculté de Lettres de l’Université de Coimbra (Portugal) ; Maria Do Rosario Barbosa Morujao est docteur en Histoire du Moyen Age avec une thèse sur la cathédrale de Coimbra, en tant qu’institution et chancellerie (XIe-XIVe siècles). Ses principaux intérêts scientifiques sont: histoire religieuse et sociale du Portugal médiéval, paléographie, codicologie, diplomatique et sigillographie.

Philippe JACQUET: Comment fabrique-t-on un sceau dans la chancellerie archiépiscopale de Rouen au XIIIe siècle? Les apports récents de la tomographie
Après l’'apparition du contre-sceau, les modifications internes des liens et l'amélioration des cires, le début du XIIIe siècle est une période où la technique sigillaire se stabilise. La chancellerie archiépiscopale de Rouen adopte très rapidement des modes d’'apposition très "modernes" tout en conservant d'’autres formes plus archaïques. L'’usage de la tomographie, pour révéler la structure des empreintes, cherche à différencier la technique courante de construction du sceau, des méthodes anecdotiques ou personnelles, puis de les comparer avec les pratiques d'’autres chancelleries contemporaines. La confrontation de ces observations est l’'opportunité de faire la synthèse des plus récentes améliorations de l’'imagerie 3D couplée à la tomographie dont les apports vont modifier la consultation et la compréhension des sceaux et ouvrent de nouveaux champs de recherche.

Philippe Jacquet est restaurateur sigillaire, depuis 25 ans. Il a obtenu le Prix des métiers d’'art en 1998 catégorie "Restauration" et le Prix Heilbronn 2005 pour l’'inventaire des sceaux du fonds des Chalon (Jura, coll. privée) et leur restauration. Son entreprise Scel Art’ a été labellisée Entreprise du patrimoine vivant en 2008. Il collabore avec le Centre Ernest-Babelon (Iramat-UMR 5060 CNRS-Orléans) sur l'’étude des colorants des sceaux. Depuis 2007, ses recherches portent sur la fabrication des sceaux plaqués entre le VIIIe et le XIe siècles. Il développe, par ailleurs, depuis 2008, des outils d’imagerie 3D appliqués à la sigillographie.
Publications
"Le sceau de Hardouin de Tonnerre évêque de Langres: sceau et usage de faux", Cahiers Haut-Marnais, 262-263 (2010).
"Radiographie, scanner et sigillographie", M. Gil et JL. Chassel (eds), Pourquoi les sceaux? La sigillographie, nouvel enjeu de l’histoire de l'art, p. 93-103, Lille, 2011.


Françoise JANIN: Une pratique dénuée de sens? Sceller un traité en France au XXIe siècle
Cette communication propose, à partir du corpus des traités signés par la France au cours de la première décennie du XXIe siècle, une présentation et une analyse de la pratique actuelle du scellage des traités. Il peut paraître singulier de présenter, dans un colloque consacré pour l’essentiel à la sigillographie médiévale, une intervention dont l’objet porte exclusivement sur les sceaux contemporains. Pourtant, les pratiques diplomatiques contemporaines, oubliées des études diplomatiques, ne sont pas sans rappeler les pratiques médiévales et témoignent d’une continuité qui ne laisse pas d’étonner. Pourquoi scelle-t-on aujourd’hui encore un traité? Pourquoi en scelle-t-on certains et non d’autres? Quelle est la part de la tradition mal connue, voire inconnue et incomprise? Quel sens peut-on accorder à une pratique qui n’a plus d’utilité ni juridique ni fonctionnelle? C’est à ces questions que l’on entend apporter des éléments de réponse. Les sources et le périmètre de cet exposé sont étroitement liés. La chance de l’historien du temps présent est d’avoir accès aux acteurs, et l’entretien accordé par la responsable du service du Protocole du ministère des Affaires étrangères, en charge de la signature des traités, se révèle de fait une source fondamentale dans l’étude projetée, déterminante dans la définition de la période envisagée. Le nombre de traités signés annuellement par la France étant en outre élevé (environ 250 par an), il est nécessaire de privilégier un champ chronologique restreint. Pour ces raisons, il est envisagé d’étudier les traités scellés signés au cours de la première décennie des années 2000. Une approche statistique et typologique des traités scellés et de leurs sceaux constitue la base de la réflexion. Elle doit permettre non seulement de connaître le nombre de traités scellés par rapport au nombre total des traités signés par la France en 2001-2010 (environ un sur dix d’après les premières estimations), mais aussi d’étudier la forme de ces accords (simplifiée ou solennelle) ainsi que le domaine concerné. Ces premiers éléments doivent dans un second temps être mis en relation avec la forme et le motif du sceau.
Cette vue d’ensemble dessinée, il semble nécessaire d’éclairer l’opération même du scellage. Les aspects matériels retiennent d’abord l’attention: à quel moment le traité est-il scellé (immédiatement après la signature ou quelques jours plus tard)? Qui est chargé de l’opération elle-même? La réponse à ces questions laisse entrevoir la place centrale du service du Protocole, qui conduit non seulement les opérations matérielles, mais intervient aussi dans la décision de sceller ou de ne pas sceller un traité. C’est dans les mécanismes et les motivations de cette décision que doit être cherché le sens que revêt l’apposition du sceau sur un traité au XXIe siècle. Il ne saurait bien sûr être question d’y accorder une valeur juridique ou fonctionnelle. Faut-il en déduire pour autant qu’il n’y a là qu’un résidu de formalisme et que cette pratique, dont le sens s’est définitivement perdu, est répétée par simple habitude, de manière aléatoire? Il semble plutôt, d’après les premières observations, que le sceau soit considéré comme l’élément ultime parachevant la forme du traité et, partant, le traité lui-même. L’apposition du sceau permet de "finir le traité", selon l’expression de la chef du service du Protocole, et de traduire ainsi matériellement la haute valeur juridique et symbolique de l’accord. Dans cette hypothèse, le sceau devient un élément de décorum — pris dans l’acception spécifique de ce qui sied et respecte les convenances, le protocole et le cérémonial. Le sceau serait ainsi une marque établissant une hiérarchie entre les traités, les uns banals et ordinaires, les autres "achevés" et dignes, pour tout dire, d’être le trésor de ce Trésor des chartes contemporain qu’est la Conservation des traités du ministère des Affaires étrangères.

Laurent MACÉ: Bullam meam plumbeam impono, le scellement de plomb dans le Midi de la France (XIIe-XIIIe siècles)
La période de développement de la bulle de plomb, depuis le milieu du XIIe jusqu’au dernier quart du XIIIe siècles, semble être assez caractéristique de certains territoires du Midi de la France et, plus précisément, des régions proches du sillon rhodanien. Son emploi y est assez répandu puisque sont concernés aussi bien d’importants princes locaux (comtes de Toulouse, comtes de Forcalquier) que des grands seigneurs territoriaux (les Guilhem de Montpellier, les vicomtes de Marseille) ou de puissantes cités (Arles, Avignon) ainsi que de hauts dignitaires ecclésiastiques (archevêque de Narbonne, évêque de Maguelone). A l’origine de ce type de scellement, interviennent des influences diverses au cœur de ce véritable carrefour culturel: usages de la chancellerie pontificale, mais aussi impériale puisqu’une partie de la région rhodanienne se trouve en terre d’empire, sans oublier l’apport non négligeable des cités maritimes italiennes (Gênes et Pise) dont les élites marchandes sont en contact permanent avec les principales villes portuaires du golfe du Lion.

Publications
"Les seigneurs ensenhatz: deux sceaux de princes musiciens (XIIe siècle)", dans M. Gil et J.-L. Chassel (éds.), Pourquoi les sceaux? La sigillographie, nouvel enjeu de l’histoire de l’art, Lille, 2011, p. 293-310.
"Un clocher, un donjon et l’agneau pascal. Toulouse au reflet de ses sceaux (XIIIe siècle)", dans B. Suau, J.-P. Amalric et J.-M. Olivier (éds.), Toulouse, métropole méridionale: vingt siècles de vie urbaine, Toulouse, 2009, vol. 1, p. 241-255.
"Par le tranchant, la rave et l’hermine. Pouvoir et patronyme: les sceaux des Trencavel (XIIe-XIIIe siècles)", Cahiers de civilisation médiévale, n°202, 2008, p. 105-128.
"Le nom de cire. Jalons pour une enquête sur les sceaux vicomtaux du Midi (XIIe-XIIIe siècles)", dans Vicomtes et vicomtés dans l’Occident médiéval, Toulouse, 2008, p. 305-317.


Christophe MANEUVRIER: L’usage des sceaux dans les campagnes de la Normandie médiévale (XIIe-XIVe siècle)
Il y a longtemps que les spécialistes ont montré combien l’usage du sceau en Normandie était sans égal en France, soulignant notamment l’importance des "sceaux paysans" que l’on ne rencontre nulle part ailleurs dans le royaume. Pourtant, ces sceaux villageois - plus que "paysans" - n’ont guère été étudiés jusqu’à présent. Quels hommes et quelles femmes, dans les villages, pouvaient disposer d’un sceau, et pour quels usages? Pour sceller des actes écrits, bien sûr, mais aussi des poteries, des draps, des souvenirs de pèlerinages, etc., car le sceau est d’abord une marque d’authentification. Mais l’empreinte est également une mise en scène de soi porteuse d’une identité personnelle et sociale. L’étude des sceaux féminins révèle ainsi une évolution du couple et du statut des villageoises. Le choix d’un type de sceau traduit généralement la volonté de marquer son appartenance à un groupe social, mais on observe parfois la volonté d’un individu de se distinguer du commun à travers l’usage d’une matrice de cuivre finement gravée, tandis que de petits chevaliers savaient se contenter d’une matrice grossière en plomb, identique à celle de leurs tenanciers ou de leurs voisins roturiers. Ces matrices de sceaux, même lorsqu’elles étaient fabriquées à l’aide d’un plomb bon marché, étaient destinées à être montrées, comme l’atteste la présence de décors moulés sur leur revers. Sceller un acte écrit était donc une action chargée d’une réelle solennité qui nécessitait une grande maîtrise technique, acquise dans le cadre familial. Souvent, en effet, les marques apposées par des frères, sœurs, ou parents, relèvent des mêmes procédés tandis que d’autres empreintes réalisées par des tiers en diffèrent fortement. Comme l’affirment souvent les annonces de sceaux rédigées à la fin des chartes, l’empreinte était apposée de la main même du sigillant, homme ou femme, dont la maîtrise technique témoigne de la pratique régulière de l’usage du sceau.

Christophe Maneuvrier est Maître de conférences en histoire du Moyen Age à l’Université de Caen Basse-Normandie, membre du Craham (UMR 6273, CNRS/UCBN), et co-directeur de l’Office Universitaire d’Études Normandes à la MRSH de Caen. Ses recherches portent sur l’usage des sceaux et la pratique de l’écrit dans la Normandie médiévale.
Publications
"Remarques sur les premiers usages du français dans les chartes normandes du XIIIe siècle", Mélanges offerts à Catherine Bougy, Annales de Normandie, 62e année, vol. 62, n°2, juillet-décembre 2012, p. 55-65.
Le registre de Guillaume Guérart, tabellion de Lisieux (1390-1393), Enquêtes Rurales 13, Cahiers de la Maison de la Recherche en Sciences Humaines, LII, Caen, 2011, 344 p.
(avec Marion Thébault), "À propos du cartulaire de Mondaye: Les dépôts de sceaux de référence dans les établissements religieux normands au XIIIe siècle", Annales de Normandie, n°1, 2011, p. 171-176.
(avec Clément  Blanc-Riehl), "La matrice de l’abbaye du Mont Saint-Michel", Annales de Normandie, n°1, 2011, p. 165-169.
(Avec Gilles Rondel), "Une matrice de sceau de Laurent, abbé de Cerisy (1252-1276)", Annales de Normandie, n°1, janvier-juin 2009, 2010, p. 161-164.


Christophe MAUDUIT: Sceaux et pratiques sigillaires d’abbés normands (XIIe-XIIIe siècle)
Dès les années 1130-1150, les actes abbatiaux normands commencent à se munir de sceaux, d’abord laïcs, puis abbatiaux. La communication s’efforcera d’apprécier, à partir de sources normatives (décisions de chapitres généraux, bulles pontificales...), le développement, l’affirmation du sceau abbatial, et, à travers un corpus de 50 sceaux d’abbés bénédictins, cisterciens et de chanoines réguliers, de s’interroger sur l’imago, c’est-à-dire l’image personnelle du sigillant qui représente, emblématise et symbolise l’abbé médiéval. Enfin, on s’interrogera sur la part de liberté dont l’abbé jouit dans le choix de sa désignation, lui dont la vie et l’attitude sont dictées par la règle de son ordre.

Christophe Mauduit est membre associé du CRAHAM (UBCN/CNRS) au sein de l'Université de Caen Basse-Normandie.
Publication
"Les actes abbatiaux en Normandie: l'exemple des diocèses de Coutances et Avranches", dans Tabularia (à paraître).


Árpád M. NAGY: Le contre-sceau de Rotrou. Les gemmes magiques antiques au Moyen Age
Le contre-sceau de Rotrou, archevêque de Rouen entre 1168-1184 (Paris, Archives Nationales, n°6363) est l’empreinte d’une gemme antique décorée d’une iconographie spéciale. Il représente une figure à pied de serpent et à tête de coque, vêtue d’une cuirasse et tenant un bouclier. Ce schéma appartient à une catégorie bien définie des gemmes de l’époque romaine impériale, celle des "gemmes magiques". Après une brève introduction sur ce type d’amulettes antiques, je me propose de présenter l’histoire médiévale de ce schéma iconographique dont la popularité est attestée par des sources littéraires et par plusieurs contre-sceaux et sceaux secrets appartenant à l’élite laïque et ecclésiastique du XIIe et XIIIe siècles dans la partie occidentale de l’Europe. Dans la dernière partie de ma communication, je présenterai des indices qui rendent légitime l’hypothèse selon laquelle deux de ces gemmes auraient été gravés au Moyen Age.

Árpád M. Nagy est directeur de la Collection des Antiquités du Musée des Beaux-Arts, Budapest et Korrespondierendes Mitglied de l’Institut Archéologique Allemand. Son activité scientifique porte entre autres sur les gemmes magiques de l’époque romaine. Il dirige un projet international de construction d’une banque de données sur les gemmes magiques (The Campbell Bonner Magical Gems Project, voir classics.mfab.hu/talismans).

Agnès PRÉVOST & Marie-Adélaïde NIELEN: La découverte de poils ou cheveux humains dans les sceaux mérovingiens et carolingiens (communication préparée avec Philippe CHARLIER)
Nombre de textes font référence à la présence de traces humaines dans les sceaux, tout particulièrement à l'ajout volontaire de cheveux ou de poils de barbe à la cire. Or, bien que certains affirment que "l'usage de la barbe dans les traités et leurs actes est donc un fait acquis et indubitable", les rares textes et sceaux cités sont aujourd'hui disparus. La découverte lors d'un travail de restauration de fibres dans un puis plusieurs sceaux plaqués de rois mérovingiens et carolingiens vient valider ces récits jusqu'alors sans réalité matérielle. Ces fibres auraient pu être un renfort végétal. Mais la période des textes concernés, celle des rois chevelus, et la manière dont ces fibres sont intimement mêlées à la cire, laissent au contraire penser que l'on est en présence d'une pratique volontaire. L'analyse scientifique de fibres prélevées sur plusieurs sceaux du corpus étudié a depuis confirmé leur nature humaine. On doit alors s'interroger sur la valeur symbolique de la présence de ces cheveux dans le sceau, volonté ferme du sigillant de faire corps avec celui-ci. Dans la mesure où la longue chevelure semble être un attribut nécessaire du détenteur du pouvoir, l'introduction de cheveux dans la cire du sceau pourrait avoir la fonction de renforcer et de consolider le pouvoir exécutoire de l'acte, en matérialisant la présence du sigillant en son sein.

Bibliographie
Philippe CHARLIER, Marie-Adélaïde NIELEN, Agnès PREVOST, "Les sceaux des 'rois chevelus', une énigme médiévale", dans Archeologia, n°504, nov. 2012.
Marie-Adélaïde NIELEN, Corpus des sceaux français du Moyen Age. Tome III, Les sceaux des reines et des enfants de France, Paris, Service interministériel des Archives de France, 2011.
Id., Lignages d'Outre-Mer - Introduction, notes et édition critique, Académie des Inscriptions et des Belles-Lettres, Paris, 2003.
Id., La présence latine en Orient au moyen âge, Direction des Archives de France, Centre historique des Archives nationales ; textes réunis par Ghislain Brunel; avec la collab. de Marie-Adélaïde Nielen.
Id., "L'inventaire des sceaux de la Champagne: un projet d'Auguste Coulon", Les sceaux, sources de l'histoire médiévale en Champagne, Actes des tables rondes de la Société française d'héraldique et de sigillographie (Troyes, 14 septembre 2003; Reims, 9 octobre 2004), Paris, 2007, p. 19-22.
Id., "Du comté de Champagne aux royaumes d'Orient: sceaux et armoiries des comtes de Brienne", Chemins d'Outremer, Etudes sur la Méditerranée offertes à Michel Balard, D. COULON, C. OTTEN-FROUX, P. PAGÈS et D. VALÉRIAN (dir.), Byzantina Sorbonensia, 20), t. 2, p. 589-606.
Id., "Les sceaux des reines de France: un instrument de pouvoir?", Des images et des mots: les documents figurés dans les archives, Ch. DEMEULENAERE–DOUYÉRE et C. SOUCHON (dir.), Paris, 2010, p. 21-35.
Id., Les Champenois à la croisade, Templiers: de Jérusalem aux commanderies de Champagne, A. BAUDIN, Gh. BRUNEL, N DOHRMANN (dir.), Somogy éditions d'art, 2012.
Agnès PREVOST, "La conservation des sceaux en cire aux Archives nationales", dans Support tracé, n°8, 2009.
Id., Clauses techniques pour la conservation-restauration des documents scellés et collections sigillographiques. Direction des archives de France, document en ligne, mise à jour 2010.
Id., Actes du colloque du groupement de recherche 2836, "Matériaux du livre médiéval", novembre 2007.
Id., "Records about state of conservation and restoring of seals (Base de donnée pour l’état sanitaire et la restauration des sceaux)", dans Seal conservation research congress, Conseil international des Archives, Merton College, Oxford, mars 2007.


Alfons PUIGARNAU: The seals that mark the present time
The Catalan historian, lawyer and polititian Ferran de Sagarra i Siscar (1853- 1939) studied for his lifetime the medieval and modern seals of Catalunya. Between 1916 and 1932 he published his five volumes of the Catalan Sigillography: Inventory, Description, and Study of the Seals of Catalonia recording more than five thousand of royal, civil and ecclesiastical different seals. His work is still considered a masterpiece and was awarded both with the Martorell Prize of Spanish archaeology for his unpublished work Sigil.lografia Catalana in 1912, and the Prix Duseigneur of the l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres of Paris in 1935. This paper is an analysis of the Ferran de Sagarra personal notes he had taken for preparing his sigillography. Throught an accurate study of his own notes and drawings it is possible to record how his historiographical motivations and political intentions evolved during this project. At the end of the nineteenth century Sagarra begun studying these seals and he go his work finished when the Spanish Republica took the political power in Spain (1931). This is a case of how a scholar who studied an entire collection of seals chaned his mind from being not interested in real politics to publish a work on sigillography with a clear intention of uncovering the essence of his own national political identity. The main objective of this paper is to show a significant example of the use of seals as a progressive legitimation for political nationalist purposes at the beginning of the twentieth century. It is ultimately the good historian contemporary use of the seals with a new historiographical intention. The used primary sources are holded at the section of Manuscripts and Rare books in the National Library of Catalonia (BDC). They are in seven boxes of documentation concerning Sagarra’s work on sigillography with special regard to the medieval period of the count-‐kings † of the Crown of Aragon. Medieval manuscripts of the Archives of the Crown of Aragon and seals linked with the medieval history of Catalonia from different Spanish and French arhives will also be used. With this work I want to establish an ideological linkage between the Middle Ages and the present times; to consider the study of seals as a posibility for historical manipulation and national memory; to think on seals in terms of historiographical tendencies; to unveil a fresh collection of unpublished contemporary manuscript sources; and to analyse the relationship between history and intention in the use of seals.

Alfons Puigarnau (Barcelone 1968) studied his degree in Art History at the University of Barcelone (1992) and his doctorate at the Pompeu Fabra University (1999) on the theology of light in the iconography of the Maiestas Domini in the 12th century. Associate Professor of Aesthetics and Art History ay the Internacional University of Barcelona since 2001. Since 1995 he develops this topic in contact with the Warburg Institute (London) and links it to Medieval Political Theology, Neoplatonism and Art, Ceremonies of breaking Seals and the role of sigillography concerning its historiographic role for medievalism and its contact with Contemporary senses of nations and nationalisms. He has published with Brill (Leiden) and Brepols (Turnhout).

Chantal SENSÉBY: Transcrire sans dessiner les sceaux. Quel sens donner à cette démarche? (France de l’Ouest, XIe-XIIIe siècles)
A partir de la fin du XIe siècle, l’usage du sceau se répand dans le Val de Loire tout en cohabitant avec d’autres formes de validation des actes. Son emploi s’intensifie au XIIe siècle. En revanche, comme l’a souligné dès 1993 J.-L. Chassel, les cartulaires des XIe-XIIIe siècles proposent peu de dessins de sceau. Assurément, ils ne traduisent pas une indifférence des cartularistes à ce signe de validation. Mais ce parti pris surprend au moment où le sceau, image personnelle du sigillant et donc signe identitaire, fait florès. Selon certaines analyses récentes, les médiévaux, en annonçant la validation par le sceau dans l’eschatocole, rendraient inutile la reproduction du sceau en copie sous forme de dessin. Toutefois, les croix de validation et les devises parfois, elles aussi très fréquemment annoncées, sont transférées du document d’origine vers le recueil de copies. La question mérite par conséquent d’être réexaminée à la lumière de considérations récentes sur le cartulaire et les pancartes de Saint-Aubin d’Angers et d’observations faites sur d’autres cartulaires ligériens.

Agrégée d’histoire, maître de conférences à l’Université d’Orléans, Chantal Senséby est l’auteur d’un doctorat consacré à la société et aux formes de peuplement en Touraine méridionale aux XIe et XIIe siècles (1995). Depuis 1997, elle a réorienté ses recherches sur les pratiques documentaires et judiciaires dans les établissements religieux ligériens. Elle a soutenu en 2012 un dossier d’Habilitation à diriger des recherches intitulé: L’écrit documentaire. Production et usage dans le Val de Loire (France de l’Ouest, XIe et XIIe siècles).

Caroline SIMONET: Vexin normand et Vexin français: une frontière politique peut-elle tracer une frontière sigillographique?
Lorsque le comté du Vexin se trouve partagé au XIe siècle entre duc de Normandie et roi de France, le sceau connaît encore un usage très restreint. Cette frontière politique persiste pendant tout le XIIe siècle, précisément au moment où se forgent bon nombre d’usages sigillaires, à mesure que le sceau se diffuse dans la société. Lorsque la Normandie intègre le domaine royal en 1204, le Vexin normand a reçu une structure institutionnelle différente de celle du Vexin français, administré pour sa part comme le reste du domaine royal depuis plus d’un siècle. Cette césure politique et institutionnelle a-t-elle eu des répercussions sur le sceau, outil avant tout juridique? Cette communication tentera de définir, pour les XIIe-XIIIe siècles, le profil sigillographique d’une région à l’origine unique mais arbitrairement coupée en deux par une volonté politique forte et qui ainsi s’est trouvée en situation de marche, tant côté français que normand.

Publications
"Les sceaux des évêques et des abbés. Des emblèmes dans l’Eglise", dans Histoire et images médiévales: héraldique et emblèmes, Thématique n°25 (mai-juin 2011).
"La dévotion mariale en Laonnois au Moyen Age: le legs des sceaux", L’ami du Laonnois, n°47 (janvier-février 2011).
"Changer d’armoiries au Moyen Age: l’exemple des sceaux du Laonnois", L’ami du Laonnois, n°45 (janvier 2010).
Sceau et pouvoir à Laon et à Soissons (XIe-XVe siècles), Thèse soutenue à Paris I - Panthéon-Sorbonne (2008).


Markus SPÄTH: Différenciation et rattachement. L’élaboration des sceaux des monastères normands et de leurs prieurés anglais au XIIe et XIIIe siècles
À partir de la conquête de l’Angleterre par les Normands en 1066 jusqu’à la fin du Moyen Age, les mondes monastiques de part et d’autre de la Manche entretiennent des relations très étroites d’un point de vue institutionnel, économique, mais aussi culturel. A l'inverse, on peut constater que souvent l’iconographie et le style des sceaux monastiques ont été totalement différents: le motif du saint patron dans une apparence archaïque en Normandie, une esthétique avancée des images de l’architecture religieuse gothique de l’autre côté de la Manche. La conception artistique des sceaux et leur fonction dans le processus d’usage et d’échange des monastères et de leurs prieurés sont au centre de cette contribution.

Markus Späth est docteur en histoire et histoire de l’art médiévale de l’Université d’Hambourg/Allemagne. Depuis 2008, il est Dilthey-Fellow de Fondation "Volkswagen" à l’Université "Justus Liebig" de Giessen, où il dirige un projet sur les images des sceaux corporatives aux XIIIe et XIVe siècles.
Publications
"The body and its parts: iconographical mataphors of corporate identity in 13th century common seals", dans Pourquoi les sceaux? La sigillographie nouvel enjeu de l’histoire de l’art, éd. Jean-Luc Chassel/Marc Gil, Villeneuve d’Ascq: PU du Septentrion, 2011, p. 383-399.
(éditeur) Die Bildlichkeit korporativer Siegel im Mittelalter. Kunstgeschichte und Geschichte im Gespräch (sensus. Studien zur mittelalterlichen Kunst 1), Cologne: Boehlau Verlag, 2009.
"Individuum und Gruppe. Zu einem Bildkonzept nord- und ostfranzösischer Stadtsiegel des 12. und 13. Jahrhunderts", dans Francia 36 (2009), p. 67-90 (avec un résumé français).


Ambre VILAIN-DE BRUYNE: Le devenir post-mortem des sceaux médiévaux: le cas des matrices brisées normandes
Si la pratique sigillaire s’inscrit fondamentalement dans une démarche juridique de validation des actes, si l’adoption et la diffusion d’un sceau à l’échelle d’un continent ne cessent d’interroger l’historien sur les transformations de la société médiévale, l’étude de ces riches problématiques n’épuise pas un objet dont la valeur ontologique n’est plus à démontrer. Le lien puissant unissant le sigillant à la matrice de son sceau explique un certain nombre de pratiques culturelles différentes de celles ayant prévalu à la définition même de cet objet. Quelques indices archéologiques, comme les lieux de découverte ou les traitements parfois violents que ces images ont subis, impliquent des formes de ritualisation qui n’ont par ailleurs laissé aucune trace documentaire. La découverte de plusieurs matrices brisées en Normandie, dont celle d’un ecclésiastique de la fin du XIIIe siècle, nous a conduit à rassembler un corpus plus large d’objets ayant subi des traitements physiques particuliers. Considérant la destruction de la matrice dans un cadre post-mortem nous nous interrogerons sur les acteurs, les lieux et la manière dont on brise ces objets. Par ailleurs, l’abondance des matrices retrouvées intactes, dont le nombre est en constante augmentation, permet-elle d’envisager a contrario la conservation comme un fait majeur dans le cadre de la memoria? Cette contribution se donne pour objectif de poser les jalons d’une réflexion sur les usages post-mortem des matrices de sceaux au cours du Moyen Age.

Médiéviste et sigillographe, Ambre Vilain-De Bruyne est spécialiste de l'histoire de la représentation des villes médiévales qu’elle a étudiée dans le cadre de sa thèse de doctorat soutenue en 2011 devant l’Université de Lille III. Elle a assuré le co-commissariat de l'exposition Empreintes et matrices, les sceaux du patrimoine historique et artistique du Nord, XIIe-XVIIIe siècle (Lille, Palais des Beaux-Arts, 2008). Chercheur invité au Département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France entre 2009 et 2012, elle avait en charge la publication du catalogue des matrices de sceaux de cette institution. Depuis novembre 2012, elle est pensionnaire à l’Institut national d’histoire de l’art.
Publication
"Les sceaux de Delft et d’Ypres à la fin du Moyen Age: entre simple signe et observation du monde visible", dans Pourquoi les sceaux? La sigillographie, nouvel enjeu de l’histoire de l’art (Villeneuve d’Ascq, 2011).


Inès VILLELA-PETIT: Images de la cour de Charles VI à travers une collection de sceaux détachés au Cabinet des médailles
Le Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France conserve un ensemble assez méconnu de matrices et empreintes de sceaux, médiévaux pour la plupart. A côté du fonds ancien, constitué à la Révolution et enrichi d’acquisitions ponctuelles, des 690 matrices publiées par Gustave Schlumberger en 1914 et léguées en 1929, et des 204 empreintes et 83 matrices léguées plus récemment par le collectionneur lyonnais Claudius Côte (1962), le don en septembre 1885 par la comtesse Octave de Bastard d’Estang des collections de son beau-père, l’historien Auguste de Bastard d’Estang (1792-1883), y a fait entrer 258 empreintes acquises en mars 1830 d’un ancien commis au Cabinet des titres. La provenance de ces dernières, sans doute la Chambre des Comptes de Paris, est corroborée par le contenu de la collection : sceaux royaux, des grands feudataires et des officiers de la couronne. Bien que détachés, ces sceaux sont identifiés et surtout datés sur les languettes de parchemin, ce qui laisse espoir de retrouver les actes correspondants.
A la faveur des observations menées lors de deux campagnes de restauration successives, en 2007 et 2011, qui ont permis de traiter l’ensemble de la collection, nous nous interrogerons en premier lieu sur la matérialité de l’empreinte, ses colorants, les altérations et la conservation de la cire. Dans leur grande majorité de la seconde moitié du XIVe et de la première moitié du XVe siècle, ces sceaux, où prédominent ceux des membres de la cour du roi Charles VI, constituent un corpus relativement homogène qui autorise une approche comparative. On s’intéressera tout particulièrement à la transmission des modèles de mise en page. L’étude sera enfin l’occasion de reprendre l’inventaire de la collection Bastard à partir de la liste succincte dressée par Germain Demay et publiée anciennement (Léopold Delisle, Les collections de Bastard d’Estang à la Bibliothèque nationale, Nogent-le-Rotrou, 1885).

Inès Villela-Petit, archiviste paléographe, diplômée de l’Ecole du Louvre, conservateur du patrimoine, historienne de l’art, est présentement conservatrice au Département des monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque nationale de France, où elle est notamment en charge des collections sigillographiques: "Les techniques de moulage des sceaux du XVe au XIXe siècle", Bibliothèque de l'Ecole des Chartes, t. 152, 1994, p. 511-520 ; "Devises de Charles VI dans les Heures Mazarines, la personnalisation d'un manuscrit", Scriptorium, t. 55, 2001, n°1, p. 80-92 ; Le Gothique international: L’Art en France au temps de Charles VI, Paris, 2004 ; dir. 1204, la quatrième croisade (Revue française d’héraldique et de sigillographie, t. 73-75), Paris, 2005 (www.i-villela-petit.fr).

Avec le soutien
de l'Université de Caen Basse-Normandie,
de la Société Française d’Héraldique et de Sigillographie (SFHS)
et de la Société d'histoire du droit et des institutions des pays de l'Ouest de la France